En marge du 12e Forum du CAAID tenu il y a quelques jours à Alger, le directeur général de l’ABS a annoncé l’ouverture prochaine d’une succursale à Niamey. Une étape stratégique qui transformerait la banque en véritable pôle bancaire régional en Afrique de l’Ouest. La Banque algérienne au Sénégal (ABS), active dans ce pays depuis…
La Banque algérienne au Sénégal s’étend : cap sur le Niger et la Côte d’Ivoire

Agriculture : Dangote Group révise à la hausse son investissement en Éthiopie

Le conglomérat nigérian a annoncé une réévaluation substantielle du coût de son projet industriel d’envergure à Gode, dans le sud-est de l’Éthiopie. Passé de 2,5 à plus de 4 milliards de dollars, ce chantier est désormais bien plus qu’une usine d’engrais : il englobe un gazoduc, une centrale électrique et des unités de transformation, dessinant les contours d’un pôle agro-industriel inédit pour la Corne de l’Afrique.
Annoncée le 17 mai lors d’une visite d’Aliko Dangote sur le chantier de Gode en compagnie du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, la réévaluation du budget reflète un élargissement significatif de la portée initiale du projet. En plus de l’usine d’engrais à proprement parler, dont la capacité de production est fixée à 3 millions de tonnes par an, le complexe intégrera désormais un gazoduc de 110 kilomètres, une centrale électrique de 120 MW, une usine d’emballage en polypropylène ainsi qu’une unité de mélange d’engrais NPK (azote, phosphore, potassium) d’une capacité de deux millions de tonnes, selon les précisions apportées par le groupe sur le réseau X. La construction avait officiellement démarré en octobre 2025, dans le cadre d’un accord conclu en août 2025 avec l’Ethiopian Investment Holdings (EIH), le fonds souverain éthiopien, qui détient 40 % du capital de la coentreprise, contre 60 % pour Dangote Group.
Un enjeu de souveraineté alimentaire pour l’Éthiopie
Pour Abiy Ahmed, ce projet dépasse largement le cadre d’un simple investissement industriel. Lors de la visite du site, le Premier ministre a qualifié l’initiative de « stratégique », visant à « stimuler l’agriculture, renforcer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance aux importations ». L’enjeu est considérable : l’Éthiopie, dont le secteur agricole représente environ 35 % du PIB, importe actuellement la totalité de ses besoins en engrais. En 2024, le pays s’est ainsi approvisionné à hauteur de 2,32 millions de tonnes sur les marchés internationaux, selon les données du Centre international de développement des engrais (IFDC). La mise en production de l’usine Dangote permettrait à terme de substituer une large partie de ces importations, réduisant l’exposition du pays aux fluctuations des prix mondiaux.
Le modèle nigérian transposé à l’échelle de la Corne de l’Afrique
Avec ce chantier éthiopien, Aliko Dangote entend reproduire la réussite industrielle déjà engrangée au Nigeria. Son usine d’urée de Lekki, alimentée par 100 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour, produit 3 millions de tonnes d’engrais annuellement et couvre déjà 65 % des besoins intérieurs du géant ouest-africain. Pour sécuriser l’approvisionnement en gaz de l’unité éthiopienne, le groupe a signé en mars 2026 un accord sur 25 ans avec le géant chinois GCL. Ce gaz naturel sera extrait du champ de Calub, dans le bassin de l’Ogaden, et acheminé jusqu’au site de Gode via le pipeline dédié de 110 km intégré au projet. Ce modèle intégré – de l’extraction gazière à la production d’engrais, en passant par la transformation locale – constitue un pari ambitieux sur la capacité de l’Éthiopie à devenir un acteur régional de l’agro-industrie.
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Flux financiers Afrique-Moyen Orient : investissements saoudiens dans les infrastructures de transport en Afrique de l’Ouest

Par des financements directs ou des partenariats renforcés, l’Arabie saoudite emploie un certain nombre d’instruments ou véhicules financiers pour investir dans le secteur du transport en Afrique de l’Ouest. La promesse, annoncée au Future Investment Initiative Africa (FIIA) en 2024, devrait atteindre 41 milliards de dollars, sur 10 ans. Une orientation qui corrobore une stratégie…
TRIBUNE : Diriger ensemble – la coopération multilatérale pour consolider la paix

Par Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger, champion de l’UA pour la ZLECAF et le président de la fondation Issoufou Mahamadou (FIM). Le nouveau paradigme doit permettre à l’Afrique de réaliser les ambitions de l’agenda 2063, notamment de mettre en place des institutions démocratiques adaptées et stables, de promouvoir le capital humain de faire…
Chronique- Indexation des prix à la pompe, difficile équilibre entre préservation des finances publiques et protection du pouvoir d’achat
Pendant un choc pétrolier, les marchés mondiaux sont frappés de plein fouet. Les gouvernements vivent un dilemme. Entre appliquer la vérité des prix, en indexant directement la hausse, et maintenir l’équilibre des budgets ou soulager les opérateurs économiques et les ménages, les stratégies sont loin d’être faciles.
Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, les cours du pétrole brut sont bien au-delà des 100 $ le baril (Brent à 109,24 $ et le WTI à 105,89 $), avec une tendance à la hausse. De tels cours sont loin des hypothèses hautes dela plupart des budgets de pays en voie de développement. Un transfert direct des fluctuations du marché international du brut à la pompe entraîne des tensions inflationnistes en cascade. Actuellement, les populations subissent l’impact. A une flambée des engrais, des denrées de première nécessité, qui composent le panier de la ménagère, s’ajoute un surenchérissement des coûts logistique en général…
Plusieurs stratégies économiques et sociales peuvent être mises en branle par les pays en développement pour atténuer le ou les chocs. Elles vont de l’indexation brute et quotidienne à une compensation totale, en passant par une réforme et un ajustement des mécanismes de prix (lissage), en passant par un ciblage des subventions, des politiques sectorielles d’accompagnement ou encore des mesures monétaires et de contrôle des marchés.
Indexation ou pas ?
Le plus gros risque qu’encourt un Etat qui privilégie la vérité des prix ou l’indexation à la pompe, en cas de choc pétrolier, reste un soulèvement social. Les ménages, pris à la gorge, peuvent braver la rue dans d’interminables manifestations tant que durera la crise. Ceux, qui comptent l’éviter, optent pour un mécanisme de lissage des prix. Cette stratégie repose sur le fait qu’une formule mathématique est fixée. Elle est basée sur le plafonnement de la variation du prix à la pompe (par exemple, pas + de 3% de hausse ou de baisse) d’un mois à l’autre, indépendamment de la volatilité du baril de brut. Cette formule a l’avantage que l’Etat absorbe les surplus, lors des pics, et renfloue ses caisses, lorsque les cours redescendent. Dans ce registre, une fiscalité modulable, via des taxes « flottantes » peut aussi être adoptée. Elle permet d’éviter que la hausse ne soit démultipliée par les taxes. Des réductions temporaires sont alors possibles sur les droits de douane ou la TVA sur les hydrocarbures, pour amortir le choc à la pompe.
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Par une compensation moins pondérée, certains gouvernements peuvent décider d’appliquer des subventions ciblées sur les secteurs clés, catalyseurs de l’inflation. Un Etat peut décider de maintenir ses soutiens qu’au carburant professionnel, par exemple. L’avantage est que cela permet de bloquer la transmission de l’inflation de second tour (panier de la ménagère), des prix du transport en commun… Un Etat peut aussi décider de réinjecter les économies budgétaires réalisées en indexant les prix à la pompe au citoyen lambda, dans des programmes de bourses familiales (Subsidie Swap).
Autres options
Rompre le lien ou la dépendance immédiate entre ménages et coût du carburant peut passer par la mise en place de mesures structurelles à court et moyen terme. Un soutien massif aux transports publics, qui passe par leur effectivité (lignes de bus aux normes, de tramways et trains propres, fréquents et ponctuels), par le gel des tarifs, permet une offre de transport public accessible et un budget « mobilité » stable des classes les moins nanties. La promotion du covoiturage est aussi une option.
Sous cet angle, des subventions à la souveraineté alimentaire locale passeraient par l’assistance aux exploitants agricoles pour acquérir des engrais et intrants agricoles à des prix abordables. L’Etat peut aussi favoriser des circuits courts de distribution pour limiter le nombre de km nécessaires pour nourrir les localités.
Relativement aux mesures monétaires et contrôle des marchés, même pour moi qui suis un adepte de l’instauration de loi sur la liberté des prix et la concurrence, à condition qu’elle englobe l’article qui impose l’affichage des prix, en cas de choc pétrolier, elles restent nécessaires pour limiter les comportements spéculatifs. Nos Etats doivent veiller sur le contrôle et la réglementation des prix des denrées de première nécessité. De leur côté les banques centrales doivent relever un tant soit peu leur taux directeurs pour ancrer les anticipations d’inflation et stabiliser la monnaie locale. Il est admis qu’une monnaie forte ou stable (avec une bonne proportion de dollar américain dans son panier) permet de réduire mécaniquement le coût d’une facture pétrolière, libellée en dollars.
Droit des affaires en Afrique : Six (6) réformes qui façonnent le premier trimestre 2026

Depuis sa création en 1993, l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) s’est imposée comme le socle juridique commun de dix-sept pays africains, majoritairement francophones. En unifiant les règles qui gouvernent la vie’des entreprises de leur création à leur liquidation, en passant par les contrats, les sûretés et le recouvrement des créances…
Identiko Integrated Solutions : le Nigéria à la conquête des scènes technologiques

À l’occasion du dernier GITEX Global de Dubaï, nous avons rencontré Modupe Ogunnaike, spécialiste software et représentante d’Identiko Integrated Solutions, entreprise nigériane spécialisée dans les solutions ICT. Elle nous explique pourquoi les salons technologiques internationaux sont devenus des leviers stratégiques incontournables pour les acteurs africains du numérique, et comment son entreprise entend tirer parti de ces rencontres pour renforcer son positionnement sur le marché local.
Africa Income : Pouvez-vous vous présenter ainsi que les services de votre entreprise ?
Modupe Ogunnaike : Je m’appelle Modupe Ogunnaike et je représente Identiko Integrated Solutions, une entreprise spécialisée dans le développement de logiciels à destination des entreprises. Nous proposons à nos clients une gamme complète de solutions ICT, couvrant la cybersécurité, les infrastructures numériques, les solutions cloud, ainsi que la gestion des identités et le contrôle des accès. Notre structure compte entre 50 et 200 collaborateurs, avec des équipes réparties à Lagos et à Abuja, mais également à l’international, au-delà de nos frontières nigérianes.
Les startups et PME africaines du secteur technologique considèrent de plus en plus les salons internationaux, les GITEX par exemple, comme une formidable vitrine à l’échelle mondiale. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Pour notre part, notre participation au GITEX ou à des événements de cette envergure répond à un objectif précis : identifier des partenaires désireux de s’implanter sur le marché nigérian. Nous cherchons à nous positionner en tant que partenaires de référence pour ces acteurs étrangers, en servant d’intermédiaire entre eux et leurs clients potentiels au Nigeria. Dans la mesure où ces entreprises ne peuvent pas opérer directement sur notre marché, nous devenons, en quelque sorte, le visage de leur marque au Nigeria. Lors du GITEX Global de Dubaï, nous avons eu l’opportunité de nouer des contacts très prometteurs. Il nous reste désormais à consolider ces relations afin de formaliser des partenariats officiels et d’apporter ces nouvelles solutions à notre clientèle nigériane.
Lorsque vous évoquez des partenaires officiels, s’agit-il d’entreprises privées, d’institutions publiques, ou d’autres types d’organisations ?
Notre démarche au GITEX consiste à identifier des partenaires – qu’ils soient publics ou privés – à la pointe de l’innovation technologique. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est au cœur de toutes les dynamiques, et nous recherchons des partenaires complémentaires proposant des solutions susceptibles de renforcer notre offre de services au Nigeria. Nous sommes très sélectifs dans nos critères : nous cherchons des solutions de cybersécurité véritablement innovantes enrichies par l’IA. Il ne s’agit pas de nier l’existence de solutions déjà disponibles sur le marché, mais bien d’identifier ce qui peut nous permettre d’aller plus loin et d’améliorer substantiellement ce que nous proposons déjà.
Lorsque vous rencontrez une entreprise aux activités similaires aux vôtres, qu’attendez-vous d’elle pour créer de la valeur ajoutée ?
La question centrale est celle-ci : qu’apporte-t-elle que nous n’avons pas encore ? Le partenariat repose précisément sur cette logique de complémentarité et de soutien mutuel. Il existe des capacités que nous ne possédons pas encore, et que d’autres entreprises maîtrisent parfaitement. Ensemble, nous pouvons identifier les points de convergence entre nos services respectifs et tirer parti de l’expertise de chacun. C’est davantage une démarche de co-construction que de compétition. Et je dois dire que cette édition du GITEX a été une réussite pour nous : nous avons atteint nos objectifs, notamment en rencontrant directement des fabricants OEM et en établissant des partenariats concrets. Nous repartons avec la satisfaction d’avoir accompli ce pour quoi nous étions venus.
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Propos recueillis par Maimouna DIA
Banques au service de l’essor industriel : la stratégie de souveraineté économique de l’UEMOA

Au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), la BCEAO crée les conditions macro, via son taux directeur bas, actuellement à 3% pour réduire les coûts d’emprunt. Le boost de l’industrialisation viendrait surtout des banques commerciales et de développement qui doivent orienter plus de crédits vers le moyen et long terme et les secteurs productifs.
La croissance des pays de l’UEMOA dépend encore de l’exportation de matières premières. Le besoin de diversification via la transformation locale se pose avec acuité pour plus de souveraineté et de sécurité alimentaire ; nonobstant une insécurité dans certaines zones du Sahel et les chocs climatiques. En dépit d’une croissance robuste ces dernières années (6,7% en 2025 après 6,2% en 2024), l’UEMOA fait face à des défis majeurs pour son industrialisation. Une industrialisation, portée par l’agriculture, les industries extractives et manufacturières, les services… reste confrontée à des financements limités des investissements industriels. A une faible part du crédit au secteur privé, soit environ 25 à 30% du PIB contre plus de 100% dans les économies avancées, s‘ajoutent des coûts élevés du crédit et un accès restreint pour les PME ainsi que les projets à longs terme, sachant que les crédits à long et moyen terme sont souvent en contraction relative. Une liquidité bancaire, parfois tendue et une transmission imparfaite de la politique monétaire vers les taux débiteurs vient corser ce rôle de catalyseur de la croissance que pourrait jouer les banques locales.
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Tant bien que mal, la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) tente de jouer son rôle pivotal via sa politique monétaire. Une politique prioritairement axée sur la stabilité des prix avec une inflation ciblée autour de 2% et sur le soutien à la croissance. Lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire du 04 mars 2026, effective depuis le 16 mars, son taux directeur a été abaissé, passant de 3,25 à 3% et le taux du guichet de prêt marginal d’un quart de point passant de 5,25 à 5%. L’assouplissement des conditions de financement, l’encouragement des crédits à l’économie (encours en hausse de 5 ;6% en 2025) ont ainsi été explicitement visés. Ce soutien de l’activité vise aussi l’industrie. Il est évident que des taux plus bas, qui réduisent le coût du refinancement bancaire, favorisent un environnement propice aux investissements.
Quelle partition des banques locales et régionales
Relais directs du financement industriel, les banques commerciales jouent-elles réellement le jeu ? Jusqu’à présent et dans la pratique leur contribution reste limitée par un focus sur le court terme et une prudence accrue face aux risques. En 2025, le crédit à court terme représentait une part de 79%. Les produits innovants ou le leasing gagneraient à être encouragés. Afreximbank (Banque africaine d’import export), institution panafricaine majeure pour l’industrialisation en Afrique de l’Ouest, zone Uemoa, finance directement des projets de transformation manufacturière ou agroalimentaire, des infrastructures favorisant le commerce et des PME tournées sur l’export. Pour accélérer la diversification et la ZLECAf, avec un focus sur la valeur ajoutée locale, elle structure un certain nombre de financements innovants, tels que l’affacturage, et diverses lignes de crédit. Quant à Ecobank, leader panafricain avec une large couverture UEMOA, elle soutient le commerce intra régional et des projets industriels.
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AES-CEDEAO : La guerre des corridors recompose le commerce ouest-africain

Depuis la sortie définitive du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, actée le 29 juillet 2025, la géographie commerciale de l’Afrique de l’Ouest se réinvente à marche forcée. Entre ruptures institutionnelles et pragmatisme économique, de nouveaux corridors d’échanges émergent, redessinant les routes de transit et distribuant les rôles entre ports, États et opérateurs. Une reconfiguration profonde, porteuse d’opportunités autant que de fragilités.
Dans ce contexte, le Togo s’est imposé comme le grand bénéficiaire de la recomposition régionale. Les statistiques de fin août 2024 montrent que les échanges du Togo avec les pays de l’AES représentent 74 % de l’ensemble de ses échanges, contre 64 % il y a cinq ans, soit une progression de 10 points , selon Philippe Tchodie, Commissaire général de l’Office Togolais des Recettes. Le port de Lomé, classé entre le 93e et le 96e rang mondial des ports à conteneurs en 2024, s’est hissé au rang de porte d’entrée privilégiée du Sahel enclavé, au détriment du port de Cotonou, pénalisé par la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger.
L’interconnexion douanière Lomé-Bamako, une révolution logistique
Pour sécuriser et formaliser ces flux, des mesures concrètes sont en cours. Le projet d’interconnexion des systèmes d’informations douanières entre le Togo et les pays de l’AES a amorcé sa phase pilote le 10 mars 2025, avec pour premier axe le corridor Lomé-Bamako. Ce système, fondé sur le logiciel Sydonia World, est appelé à s’étendre au corridor Lomé- Ouagadougou-Niamey. L’objectif : accélérer le transit des marchandises, réduire la fraude douanière et sécuriser les recettes fiscales des États partenaires. Une avancée saluée en juin 2024 par Adama Ilboudo, directeur général des douanes du Burkina Faso, lors de la signature de l’accord d’interconnexion.
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Le port de Lomé n’est pas seul dans la bataille. À la suite de l’embargo de la CEDEAO sur le Mali en 2022, le Port Autonome de Conakry a réussi à monter de moins de 5 % à 20 % du trafic malien. En mai 2024, 11 000 tonnes de blé ont transité par Conakry pour Bamako, et 65 500 tonnes de blé russe ont emprunté le même corridor en fin d’année. Parallèlement, un protocole de coopération a été formalisé pour le corridor Conakry-Ouagadougou, avec la perspective d’ouverture d’un bureau de liaison togolais dans l’enceinte portuaire. Les ports de Nouakchott et de Dakhla, via le Maroc, constituent d’autres alternatives en gestation pour contourner les dépendances traditionnelles.
La BCEAO et l’UEMOA, ciment d’une intégration résiduelle
Malgré la fracture politique, un lien monétaire et économique subsiste entre AES et CEDEAO. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont toujours membres de l’UEMOA, qui leur garantit la libre circulation des biens et des personnes avec les pays membres de cette union. Seuls les échanges avec les pays de la CEDEAO n’appartenant pas à l’UEMOA sont affectés par leur retrait. Sur le plan budgétaire, l’AES a introduit depuis mars 2025 un Prélèvement Communautaire de 0,5 % sur les importations en provenance de pays tiers, à l’exception notable des États de l’UEMOA, préservant ainsi un socle commun d’intégration.
La Banque confédérale, levier de souveraineté économique
Pour aller au-delà de la simple gestion des corridors existants et financer de nouvelles infrastructures, l’AES mise sur une institution propre. Le 23 mai 2025, les ministres des Finances de l’AES ont adopté les statuts fondateurs de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Cette banque a vocation à financer les grands projets d’infrastructure, d’énergie et d’industrialisation, réduisant ainsi la dépendance financière extérieure. Les projections estiment qu’un corridor pleinement opérationnel pourrait réduire de 20 à 30 % les coûts d’importation-exportation, générer jusqu’à 150 000 emplois d’ici 2035 et stimuler les échanges commerciaux de plusieurs milliards de dollars.
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