samedi 21 février 2026
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Chronique- Les technologies de l’eau au service de l’Afrique

Les technologies de l’eau jouent un rôle crucial dans la réponse aux défis majeurs d’accès à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique, qui impactent la santé, le développement socio-économique et la sécurité alimentaire du continent. Face au caractère stratégique de la ressource de plus en plus d’Etats s’approprient leur gestion pour un maillage et une qualité, aux standards.

Près de 320 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable en Afrique. Les disparités sont criantes, notamment entre zones urbaines et rurales. En matière d’eau, dans le sens large du terme, cet élément essentiel à la vie, l’Afrique est confrontée à un certain nombre de défis. Ils vont d’un accès limité aux infrastructures à un assainissement insuffisant, en passant par la qualité de l’eau, les aléas du changement climatique…

Surtout en milieu rural, l’accès est limité aux infrastructures. Cet état de fait oblige les populations, souvent les femmes et les filles, à parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau.

La problématique de la qualité de l’eau se pose aussi avec acuité. Sa carence est synonyme de contamination par des agents pathogènes et des polluants chimiques. La conséquence est la propagation de maladies hydriques, telles que le choléra, les diarrhées, la fièvre typhoïde, etc.

Nul n’ignore que les effets du changement climatique, avec des sécheresses prolongées et des inondations, perturbent les cycles hydrologiques. Pire, ils réduisent les ressources en eau douce disponibles, produisent beaucoup de dégâts et des dommages colossaux.

Fautes de moyens, de nombreuses communautés africaines sont exemptes d’assainissement adéquat.Une grande partie de la population n’a pas accès à des systèmes d’assainissement liquide, ce qui aggrave la pollution fécale des sources d’eau.

Technologies clés

Des solutions technologiques modulaires, durables et adaptées aux réalités locales sont développées pour surmonter les obstacles énumérés ci-dessus.

En matière de traitement et purification de l’eau potable, des technologies, essentielles pour rendre l’eau salubre, en particulier dans les zones éloignées, sont disponibles et adaptées au continent. Parmi celles-ci, les technologies membranaires qui fonctionnent en osmose inverse et ultrafiltration.Elles sont de plus en plus utilisées pour le dessalement des eaux saumâtres ou le traitement des eaux de surface et souterraines. Leur modularité et leur compatibilité avec l’énergie solaire photovoltaïque, surtout sans batterie, les rendent idéales pour les zones isolées.

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Un autre procédé passe par la désinfection solaire (SODIS). Il s’agit d’une utilisation de l’énergie solaire (rayonnement UV) pour désinfecter l’eau contenue dans des bouteilles transparentes, une méthode simple et peu coûteuse.

Aussi, des stations de traitement sont utilisés pour petits réseaux ruraux. Elles combinent souvent des techniques comme la coagulation, la floculation, la filtration sur sable et charbon actif, et la désinfection par chloration ou électrocoagulation. Des systèmes mobiles existent également dans ces process de filtration/potabilisation.

Quid de la gestion des ressources et distribution ?

Les solutions préconisées plus haut visent à sécuriser et optimiser l’approvisionnement. Contrairement aux contrats d’affermage et autres concessions qui ont eu lieu pendant un temps, l’adduction et la distribution doivent être misesen place par des réseaux d’adduction d’eau potable (AEP). Des réseaux qui englobent des stations de traitement, des réservoirs, jusqu’à des bornes-fontaines. Cet ensemble devant simplifier l’accès et le paiement, par des systèmes modernes et économiques dans les quartiers défavorisés. Pour un franc-succès de ces technologies en Afrique, certes une approche globale est préconisée, mais certaines gestions peuvent être délicates, notamment les partenariats public-privé (PPP).A mon avis, si ces derniers se développent pour financer et gérer les infrastructures, permettant une meilleure efficacité de la distribution de l’eau, ils doivent rester locaux. Par un renforcementdes capacités, l’implication des acteurs locaux et la formation pour l’installation, la maintenance, et la réparation des équipements, restent cruciales pour assurer la durabilité des solutions technologiques.

L’innovation écoresponsable n’est pas à négliger. En effet, l’intégration des énergies renouvelables (solaire notamment) est un facteur clé pour des solutions autonomes et économiques.

Pour l’exploitation de forages et puits, il serait utile de poursuivre le développement de pompes électriques robustes, souvent alimentées par énergie solaire. Dans certains cas, l’utilisation de la technologie pour le contrôle à distance et l’optimisation des systèmes d’approvisionnement en eau ou systèmes de télégestion.

Traitement et réutilisation des eaux usées

Relativement eaux usées et de ruissellement, la gestion est vitale pour la santé publique et la préservation des ressources.

Un appel est lancé à nos ingénieurs et techniciens spécialisés dans la conception de stations d’épuration pour les zones rurales ou périurbaines, souvent développées dans le cadre de projets de recherche collaboratifs. Ces stations d’épuration modulaires etadaptées seraient d’un apport significatif. Une épuration qui va jusqu’à la gestionet la valorisation des boues d’épurationdes boues.

Dans la réutilisation des eaux usées traitées, des processus avancés permettent de les injecter dans l’irrigation agricole ou industrielle. Il en est de même dans l’exploitation des eaux de ruissellement. Cette réutilisation permet de réduire la pression sur les sources d’eau douce. Il s’agit d’une ressource si importante que dans de nombreuses villes européennes que j’ai visitées, j’ai constaté des gouttières aux toits de tous les bâtiments et édifices.  

Côte d’Ivoire : baisse prévisionnelle de la production cacaotière 2025-2026

La Côte d’Ivoire est le premier pays producteur mondial de cacao, suivie du Ghana. Les deux pays voisins de l’Afrique de l’Ouest représentent plus de 60% de l’offre mondiale et comptent à travers cette Initiative, assurer le leadership de la filière au niveau mondial. (Crédit Dr).

Une baisse pour la troisième année consécutive soutenue principalement par trois facteurs concomitants.

La prochaine récolte de cacao en Côte d’Ivoire devrait connaître une forte baisse pour la troisième année consécutive, selon des sources proches du dossier, relayées par Reuters. Cette baisse s’explique par les inquiétudes liées au déclin des récoltes et de la production, ont indiqué jeudi à Reuters deux sources du Conseil du café et du cacao (CCC). Malgré une baisse attendue de 30 % des arrivages de fèves de cacao dans les deux principaux ports du pays entre janvier et mars 2026, les sources du CCC ont précisé qu’aucun risque de défaut de paiement n’est actuellement anticipé pour l’ensemble de la récolte. La baisse de production anticipée est due à l’insuffisance des investissements des agriculteurs, au vieillissement des exploitations, aux maladies des cultures et à l’irrégularité des précipitations, selon les sources.

« Nous sommes plutôt satisfaits du début de saison et les arrivages actuels sont conformes à nos prévisions. La récolte est précoce et les volumes importants, mais cela devrait diminuer entre janvier et mars 2026 », a déclaré un responsable de la CCC à Reuters.

Les deux responsables de la CCC ont également noté que les tendances de la contrebande transfrontalière de cacao se sont largement inversées cette année, avec des volumes de contrebande plus faibles vers la Guinée et le Libéria, et un flux réduit de cacao entrant en Côte d’Ivoire en provenance des pays voisins. « Nos arrivages sont principalement alimentés par le cacao du Libéria et de Guinée, car les acheteurs y trouvent de meilleurs prix… mais il s’agit de quantités marginales par rapport à ce que nous exportions auparavant », a déclaré une première source du CCC.

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Cependant, les données préliminaires du CCC de novembre prévoient une baisse de 25 à 30 % de la production de cacao intermédiaire, une tendance qui pourrait s’aggraver avec la saison sèche de l’harmattan (décembre-avril) et les risques de sécheresse persistants, a indiqué une deuxième source du CCC. Pour gérer l’approvisionnement durant cette fin de récolte difficile et cette récolte intermédiaire complexe, le CCC prévoit de procéder à des contrôles de stocks et de limiter les achats des exportateurs afin de garantir la stabilité du marché, tout en proposant l’intégralité de la production de cacao intermédiaire exclusivement au comptant afin de maintenir les niveaux de broyage.

Télécoms : Les actions d’Airtel Africa s’envolent en bourse portées par les spéculations autour du paiement mobile

Airtel Africa plc est une société basée au Royaume-Uni, fournisseur de services de télécommunications et de transfert mobile. La Société opère au Nigeria, en Afrique de l'Est et en Afrique francophone. (crédit : Dr).

Sur un trend haussier, la croissance d’Airtel Africa est portée par la stabilité du naira et les hausses de prix. L’introduction en bourse du secteur de paiement mobile du groupe prévue au premier semestre 2026 a créé une effervescence autour des actions d’Airtel Africa. Et ce, dans un contexte où le paiement mobile est devenu incontournable pour de nombreux Africains. Airtel Money a traité 193 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025.

Les actions d’Airtel Africa s’envolent au FTSE à l’approche de son introduction en bourse dans le secteur des services de paiement mobile. L’excellente performance d’Airtel Africa (AAF.L) au sein du FTSE 100 cette année, juste derrière le groupe minier aurifère Fresnillo (FRES.L), a mis en lumière le secteur des télécommunications africain, souvent négligé par les investisseurs internationaux. Figurant parmi les deux premiers opérateurs dans chacun des 14 pays africains où elle est présente, dont le Nigeria, Airtel représente un pari judicieux pour les spécialistes des marchés émergents. La stabilisation du naira nigérian a été un facteur clé de la hausse de 164 % du cours de son action, permettant à la croissance de ses activités de données et de paiement mobile de se répercuter positivement sur ses résultats.

« On ne voit pas toujours ce genre de rendements, mais la croissance sous-jacente était bien présente », a déclaré Sergey Dubin, gestionnaire de portefeuille chez Harding Loevner à New York, actionnaire d’Airtel depuis plusieurs années, dans les colonnes de Reuters. « Elle ne se reflétait tout simplement pas dans les résultats financiers en dollars américains en raison de la dépréciation des monnaies locales », a-t-il précisé.

Le naira s’est apprécié depuis janvier pour atteindre 1 447,79 nairas pour un dollar. Cette appréciation fait suite aux dévaluations de 2023 et 2024 qui l’avaient fait chuter jusqu’à 1 690 nairas pour un dollar, annulant ainsi la croissance à deux chiffres d’Airtel en monnaie locale, convertie en dollars. Par ailleurs, le Nigeria a autorisé des hausses de prix après un gel de 12 ans, augmentant les tarifs de 50 % début 2025. Le bénéfice net d’Airtel a presque quintuplé pour atteindre 376 millions de dollars début septembre. La réévaluation d’Airtel repose en grande partie sur la prise en compte par le marché de la croissance de sa filiale de paiement mobile, Airtel Money, dont l’introduction en bourse est prévue au premier semestre 2026. Airtel Africa, détenue majoritairement par l’indien Bharti Airtel (BRTI.NS), se négocie à 4,6 fois son résultat d’exploitation prévisionnel, contre moins de 3 il y a seulement quatre mois, et est valorisée à 14,6 milliards de dollars.

Le boom des télécoms africains par les transferts mobiles

Bien que les actions d’autres opérateurs africains aient également progressé, surpassant largement celles des opérateurs télécoms mondiaux, contrairement à Airtel, elles restent inférieures à leurs records historiques. Le kényan Safaricom, pionnier du paiement mobile en 2007, a vu son cours bondir de 70 % en dollars américains cette année, tandis que MTN a plus que doublé et Vodacom progresse de 52 %.  Le groupe américain de paiements Mastercard a pris une participation dans Airtel Money en 2021, valorisant l’entreprise à 2,65 milliards de dollars. Deux ans plus tard, il a pris une participation dans la branche monétaire de MTN. Selon John Karidis, analyste chez Deutsche Bank, qui s’est confié à Reuters, cette transaction valorisait Airtel Money à 9,4 fois son résultat d’exploitation prévisionnel après contrats de location. Il estime que l’entreprise devrait valoir au moins 13 fois cette valeur, soit environ le double des activités télécoms d’Airtel.

« Les perspectives de croissance structurelle de ses marchés des télécommunications et monétaires resteront solides pendant encore plusieurs années », a-t-il écrit ce mois-ci, relevant son objectif de cours à 390 pence, ce qui représente un potentiel de hausse de 30 %.

Sur un continent où une grande partie de la population n’a pas accès aux services bancaires, les opérateurs télécoms ont joué un rôle essentiel dans l’accès aux services financiers. Au deuxième trimestre de cette année, Airtel Money a traité des transactions d’une valeur annualisée de 193 milliards de dollars, soit une hausse de 36 %, un montant équivalent au PIB total du Nigeria. L’intérêt pour cet investissement ne se limite pas aux services vocaux – dont les revenus sont en baisse – mais s’étend aux données et au paiement mobile. La faible pénétration du téléphone et la croissance démographique offrent en effet des perspectives de croissance à long terme.

Chronique- Une sécurité économique, basée sur le spectre d’agro-industries et d’industries minières modernes en Afrique

Le développement d’agro-industries et d’industries minières modernes et intégrées est considéré comme un levier essentiel pour l’établissement d’une sécurité économique durable en Afrique, en allant au-delà de la seule subsistance. En fonction des terroirs, les filières de la ferme à la fourchette, du minerai au lingot, ne manquent pas…

Les agro-industries et industries minières modernes et intégrées jouent un rôle important dans la sécurité économique en Afrique. Elles impliquent la transformation des produits agricoles (des bassins halieutiques aux terres fertiles) et miniers, créant ainsi une valeur ajoutée significative. Une telle approche va au-delà de l’exportation de matières premières brutes. Ce type de structures sont la pierre angulaire pour transformer les secteurs agricole et minier africains d’une source de subsistance risquée à un puissant moteur de croissance économique et de sécurité nationale en Afrique.

En augmentant la productivité, en réduisant les pertes après récolte (jusqu’à 40 % dans certains cas), grâce au conditionnement et à la transformation, et en assurant la disponibilité des aliments tout au long de l’année, ces agro-industries réduisent la dépendance à des importations alimentaires coûteuses. Même son de cloche au niveau des industries minières intégrées qui vont de la mine à la fonderie.

Par la même occasion,ces industries génèrent des emplois décents, non seulement dans les exploitations agricoles, mais aussi dans les usines de transformation, le transport, la logistique, et la commercialisation. Les activités agricole et minière ont un fort pouvoir de réduction de la pauvreté.

Diversification économique et stimulation de secteurs connexes

En passant d’une économie basée sur l’extraction de matières premières à une économie de transformation, les pays africains deviennent moins vulnérables aux chocs des prix mondiaux des produits de base.

Le développement de l’agro-industrie et d’une industrie minière intégrée tire l’investissement dans les infrastructures (routes, électricité, eau, assainissement…), l’énergie, et les services (financement, technologies).

Malgré ce potentiel immense, plusieurs défis structurels doivent être relevés pour concrétiser une telle vision.

A mon sens, il est important de s’attaquer à la problématique des infrastructures déficientes. En effet, le manque d’infrastructures de transport (autoroutes et voies express), de stockage (chaîne du froid) et d’énergie fiable, rend la transformation et l’accès aux marchés difficiles et coûteux.

Un autre défi et non des moindres à surmonter est lié à l’accès aux financements et à la technologie. Les petits exploitants et les PME agro-industrielles peinent à obtenir des financements pour investir dans des technologies modernes et améliorer la productivité. Avouons que les atouts du continent, ajoutés à l’émergence de la nanotechnologie rendent cet handicap moins insurmontable.

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Relativement au changement climatique, une exploitation qui tienne compte de l’impact environnemental doit être privilégiée. Dans cet ordre d’idées, il faut tenir compte de la dégradation des terres et des phénomènes météorologiques extrêmes qui peuvent menacer la production agricole. Cela nécessite des investissements dans l’irrigation, les technologies de précision et les pratiques résilientes.

Bien entendu, un environnement des affaires, qui promeut le respect des contrats, la stabilité macroéconomique et la clarté réglementaire, reste crucial pour attirer les investissements privés nationaux et étrangers dans ces secteurs.

Opportunités et voies de modernisation

Pour parvenir à de franc-succès, des stratégies, telles que la création de Zones de Transformation Agro-industrielle Spéciales (SAPZ), de P2I (Plateformes industrielles intégrées)… promues par des aménageurs-développeurs nationaux, gérés de façon autonome, doivent être mises en œuvre.

Dans ces espaces, l’utilisation de technologies modernes (semences améliorées, mécanisation, drones, capteurs) devrait être à la page, pour augmenter les rendements et améliorer l’efficacité de la production.

Des espaces deformation de jeunes entrepreneurs, d’agriculteurs aux pratiques agricoles modernes et à la gestion d’entreprise, pourraient y être domiciliés ou multipliés dans les pays. Pour couronner tout, la mise en place de partenariats solides entre petits exploitants et grandes entreprises agro-industrielles (agriculture contractuelle) ou minières, coulerait de source pour garantir un marché stable et un accès aux intrants.

Mines : 1 000 tonnes de cobalt artisanal traçable, une première pour la RDC

D'après une circulaire gouvernementale, le Congo a instauré de nouvelles conditions pour les exportateurs de cobalt, ce qui pourrait compliquer le système de quotas récemment mis en place. (Crédit : DR)

Le Congo détient 72 % des réserves de cobalt et assure 74 % de l’approvisionnement des marchés mondiaux. Fort de ce monopole, l’organisme gouvernemental EGC vise à aligner sa production sur les normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) internationales. Et ce, dans un contexte où la demande mondiale de cobalt devrait augmenter de 40 % d’ici 2030, sous l’effet de la croissance des véhicules électriques et du stockage de l’énergie.

L’agence nationale du cobalt de la République démocratique du Congo a produit ses 1 000 premières tonnes de cobalt artisanal traçable, une étape cruciale pour la formalisation du secteur dans ce pays qui fournit une grande partie du métal utilisé dans les batteries à l’échelle mondiale. Le Congo détient environ 72 % des réserves mondiales de cobalt et représente plus de 74 % de l’offre, provenant en grande partie de mines artisanales informelles. L’exploitation minière artisanale est vitale pour le Congo, employant entre 1,5 et 2 millions de personnes et faisant vivre indirectement plus de 10 millions de personnes. Le cobalt non réglementé échappe à tout contrôle officiel, ce qui rend son approvisionnement difficile à tracer et le rend vulnérable aux confiscations gouvernementales. Cette incertitude réduit la quantité de cobalt issu de sources éthiques et fait grimper les prix du cobalt traçable. Afin de freiner la surproduction et de soutenir les prix, le Congo a instauré des quotas d’exportation en octobre, après plusieurs mois d’interdiction. Ce système de quotas, géré par l’ARESCOM, l’autorité de régulation du secteur, limite les exportations et encourage la transformation locale en rendant moins attractif l’exportation de cobalt brut.

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Entreprise Générale du Cobalt (EGC), créée en 2019 en tant que filiale de la Gécamines, entreprise minière d’État, a annoncé jeudi la production de ses 1 000 premières tonnes de cobalt artisanal traçable lors d’une cérémonie à Kolwezi, ville minière congolaise. L’entreprise a déclaré que son modèle de traçabilité permettra d’assainir la chaîne d’approvisionnement et d’aligner la production sur les normes environnementales, sociales et de gouvernance internationale.

« Notre vision est de transformer le cobalt artisanal en un atout stratégique sous contrôle congolais », a déclaré le PDG Eric Kalala lors du lancement à Kolwezi, cœur de la production de cobalt du Congo. « Chaque tonne achetée par EGC doit refléter non seulement la valeur du minerai, mais aussi la dignité de ceux qui l’extraient », a-t-il précisé selon les informations reportées par Reuters.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale de cobalt devrait augmenter de 40 % d’ici 2030, portée par la demande de véhicules électriques et de stockage d’énergie. Les constructeurs automobiles et les entreprises d’électronique exigent de plus en plus de preuves d’un approvisionnement éthique, ce qui incite les producteurs à éliminer le travail des enfants et les pratiques dangereuses. EGC prévoit de développer son activité au-delà des 1 000 tonnes initiales, tout en augmentant ses capacités de raffinage et en conquérant une part plus importante du marché artisanal, a précisé M. Kalala. EGC n’a pas précisé comment les 1 000 tonnes initiales seront commercialisées.

Maroc : Comment le plan d’autonomie scellé par l’ONU déverrouille le Hub Logistique du Royaume ? Najib Cherfaoui, expert maritime, répond aux questions d’Africa Income

Najib Cherfaoui, Expert Portuaire et Maritime, auteur des deux encyclopédies « flotte de commerce du Maroc de 1886 à 2040 » et « Ports du Maroc, de la naissance à 2060 ». ( Crédit : DR)

La consécration du plan d’autonomie par la « raison internationale » le 31 octobre 2025 aux nations-unies aligne la souveraineté du Maroc sur le droit de la mer, affirme Najib Cherfaoui, Expert Portuaire et Maritime, auteur des deux encyclopédies « flotte de commerce du Maroc de 1886 à 2040 » et « Ports du Maroc, de la naissance à 2060 ». Il nous rappelle que cette reconnaissance sécurise davantage, entre aux autres, la pérennité des accords relatifs à l’exploitation des ressources de la mer face aux contestations, le Maroc étant le garant légitime de la ressource marine. Sur le plan logistique, elle est un catalyseur direct pour les investissements massifs dans les ports du Sud, comme Dakhla Atlantique et Laâyoune où le Maroc a déjà concédé à d’importants investissements. Ces infrastructures offrent des garanties aux armateurs, créant des itinéraires rentables et maîtrisés. La façade maritime du Sahara marocain est d’ailleurs l’unique « Option Nord » pour un commerce avec l’Afrique, s’inscrivant dans le prolongement de la Route de la Soie. Le nouveau port de Dakhla a été élevé au statut de ressource maritime mondiale face aux perturbations géopolitiques (Mer Rouge). Le Maroc a érigé l’économie bleue en priorité nationale pour la sécurité énergétique et alimentaire. Elle favorise l’essor de l’aquaculture et des énergies marines, ainsi que la création massive d’emplois qualifiés, précise M. Cherfaoui dans cet entretien avec Africa Income.

Africa Income :  Comment le soutien international avec la validation par l’ONU du plan d’autonomie du Sahara proposé par le Maroc change-t-il la donne juridique pour la sécurisation et la pérennisation des accords de pêche futurs notamment avec l’UE, en particulier face aux contestations régulières devant les tribunaux européens ?

Najib Cherfaoui  : Je préfère dire que le 31 octobre 2025, dans le cadre des Nations Unies (ONU), la « raison internationale » a consacré le plan d’autonomie du Sahara proposé par le Maroc. Or, il se trouve que le « Droit de la mer » fait partie des grandes réalisations de l’ONU : Cette convention définit de manière pacifique la « Souveraineté d’un État sur un espace maritime du point de vue législatif, exécutif et judiciaire », étant entendu que cette souveraineté est économiquement exclusive. Plus précisément, l’État côtier, ici le Maroc, est garant du respect des clauses arrêtées en termes de sécurisation et de pérennisation des ressources marines ainsi que de leur exploitation. Ainsi, le Maroc a compétence pleine et entière non seulement pour établir des concessions de pêche mais aussi pour imposer des quotas afin de préserver durablement la biodiversité marine. En conséquence, par rapport à cette question, il ne peut y avoir matière à objection, de quelque façon que ce soit, aussi bien dans le passé, le présent ou le futur.

 Le plan d’autonomie du Maroc est-il un catalyseur direct pour attirer des investissements massifs et durables dans l’extension et la modernisation des ports du Sud comme Laâyoune ou Dakhla Atlantique ? Et quelles garanties supplémentaires apporte-t-il aux armateurs étrangers ?

Le plan d’autonomie du Maroc a toujours eu pour ambition le développement puissant et uniforme du littoral moyennant des investissements lourds d’origine nationale, ainsi la construction de Dakhla Atlantique qui vient s’ajouter aux deux quais îlots situés à l’intérieur de la baie protégée par un bras de terre de 37 km de long. Il y a également trois grands ports de taille imposante à Laâyoune. Ces infrastructures génèrent évidemment des pôles de croissance autour desquelles peuvent prospérer les activités des navires marchands : C’est précisément en ces réalisations que réside la garantie apportée aux armateurs étrangers, en permanence à la recherche d’un itinéraire profitable, équilibré et maîtrisé.

De quelle manière la stabilisation politique et juridique de la façade maritime du Sahara renforce-t-elle concrètement le statut du Maroc en tant que hub logistique majeur entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, notamment en termes de nouvelles lignes maritimes et de capacités de transport ?

La question n’est pas celle d’une quelconque stabilisation, en fait le sujet évoqué dans votre interrogation se situe dans une autre dimension, à une échelle en rapport avec les mouvements récents de l’univers maritime. Voici de quoi il retourne. L’hinterland du continent africain est actuellement desservi par trois corridors Est, Ouest et Sud. Le système portuaire du Maroc offre l’unique option Nord pour un commerce réinventé avec le reste du monde. Pour comprendre ce dernier point, il faut remonter à 2013, année où la Chine lance l’idée d’une liaison globale en direction du Proche-Orient, Afrique et Europe, incluant les communications terrestres et maritimes : C’est la nouvelle route de la soie [One Belt-One Road]. Dans le sillage de ce projet, il y a émergence naturelle d’un prolongement reliant Pékin à la côte atlantique de l’Afrique, plaçant par là-même le Système portuaire du Maroc au cœur des échanges planétaires. Enfin, en initiant le nouveau Port « Dakhla Atlantique » (2016), le Maroc a fait le pari de l’avenir. Plusieurs évènements, dont ceux de la mer Rouge (2023), ont incité les armateurs à opter pour le passage par le cap de Bonne-Espérance, hissant « Dakhla Atlantique » au statut de ressource maritime mondialement identifiée comme telle. En conséquence, ce statut engage résolument la région dans une voie forte et diversifiée, plaçant la ressource humaine au centre des enjeux socio-économiques, notamment par la création massive d’emplois qualifiés et diversifiés.

 Au-delà de l’exploitation halieutique traditionnelle, comment la stabilité accrue va-t-elle faciliter les investissements dans la haute valeur ajoutée de l’Économie Bleue (aquaculture, transformation industrielle du poisson) et la création d’emplois ?

En ce qui concerne les investissements, il n’y a jamais eu aucun doute ni aucune hésitation. Ainsi, au Maroc, l’Économie Bleue est alignée sur le référentiel des exigences de la sécurité énergétique et alimentaire du pays. Il s’agit essentiellement du taux de couverture de cette double sécurité par la ressource marine mobilisable au niveau national. Pour fixer les idées, il s’agit principalement des énergies marines et de l’aquaculture, en couplage avec certaines composantes transverses majeures, ainsi les secteurs halieutique, portuaire et transport maritime y compris les biotechnologies et l’exploration des eaux douces sous-marines. Enfin, par rapport aux compétences professionnelles, la question est liée aux besoins en termes de filières et en termes de capacité par filière, avec pour ultime objectif l’enrichissement du bassin de l’emploi en permettant le libre accès à la gamme complète de tous les métiers de l’économie bleue.

Propos recueillis par Maimouna DIA

Chronique- Et si l’AgTech était le leap frog pour l’Afrique 

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Le secteur agroindustriel connaît une accélération majeure des innovations, portée par l’intelligence artificielle (IA), la robotique, l’agriculture de précision et les solutions durables. Ces avancées, qui visent à optimiser la productivité, réduire l’impact environnemental et répondre aux défis climatiques, sont en train d’être adoptées de plus en plus ailleurs dans le monde.  

Les récents salons, tels qu’Agritechnica 2025 et CES 2025, ont révélé d’intéressantes tendances de l’AgTech. Des innovations qui s’inscrivent dans une dynamique mondiale. Le marché de l’AgTech devrait atteindre 56,74 milliards de dollars d’ici 2030, avec une croissance de 12,9 % pour l’agriculture intérieure.

En France et en Europe, des événements comme Agritechnica 2025 ont mis l’accent sur la convergence entre précision, automatisation et durabilité, avec des collaborations comme ABB-LandingAI pour l’IA générative en robotique agroalimentaire. Cependant, des défis persistent, tels que la courbe d’apprentissage pour les petites exploitations et les investissements initiaux.

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Pour une adoption réussie, les acteurs agroindustriels sont encouragés à former les opérateurs et à intégrer ces outils via des partenariats. ICL Planet, pour les solutions biologiques, pourrait être pris comme exemple. Ces technologies ne se contentent pas d’améliorer l’efficacité. Elles redéfinissent l’agro-industrie pour une résilience accrue face au changement climatique, tout en favorisant une production plus éthique et rentable.

Des pistes

Grâce aux biotechnologies et solutions durables, il est possible de réaliser une édition génétique de cultures résistantes à la sécheresse. Par ces solutions, il est possible d’utiliser les nanotechnologies pour une fertilisation ciblée ou obtenir des suppléments anti-méthane pour le bétail (Rumin8, Octometha). Les bénéfices sont multiples. Ils vont de la réduction des émissions de CO2 de 30 % d’ici 2030, à la valorisation des biodéchets en fertilisants.

Les nouveaux process dans l’agriculture de précision et l’IoT (internet des objets) permet d’employer des capteurs connectés et le GPS pour une gestion en temps réel des parcelles, intégrant la blockchain pour la traçabilité. La résultante est une augmentation des rendements de 15-20 %, et de surcroît une traçabilité complète de la ferme à l’assiette pour la conformité réglementaire. En Amérique du Nord, des solutions, telles que Stara (télémétrie Topper), des drones Airinov pour l’analyse hydrique, sont largement adoptées (61 %). Sous nos latitudes, tous ces jeunes inventeurs de drones pourraient être mis à contribution.

Avec les énergies renouvelables, des fermes intelligentes, qui utilisent des moteurs à hydrogène, solaire ou hydraulique, pour engins agricoles ou l’hydrogène vert produit par biomasse, c’est une agriculture écologique qui va avoir le vent en poupe. Pas besoin de réinventer la roue. Juste acquérir les générateurs, genre Kubota Hydrogen Engine ou autres intégrés dans les tracteurs Fendt à Agritechnica, pour ensuite fondre ses propres modèles mieux adaptés.

L’IA, qui est en train de devenir incontournable, peut être utilisée pour analyser des données massives (météo, sol, rendements) et simuler des scénarios via des « jumeaux numériques » (digital twins). De telles analyses permettent une optimisation des ressources (eau, engrais) jusqu’à 30 %, une prédiction des rendements avec une précision accrue. Cette innovation peut être intégrée dans les fermes verticales pour une production organique.

Avec une formation accélérée, nombre de jeunes et moins jeunes, en quête d’emplois générateurs de revenus, peuvent s’épanouir dans cette branche.

RDC : le FMI approuve une nouvelle tranche de financement

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, a séjourné au Haut-Katanga et à Kinshasa respectivement du 22 au 25 octobre et du 25 octobre au 5 novembre 2025. (Crédit : DR).

L’économie congolaise continue de faire preuve de résilience, avec une croissance économique supérieure à 5 % en 2025 et 2026 selon les projections du FMI, tandis que l’inflation en glissement annuel a ralenti à 2,5 % en octobre 2025. Malgré les avancées diplomatiques, le conflit armé dans la partie Est du pays persiste, aggravant la crise humanitaire et pesant beaucoup sur le budget de l’Etat. Une discipline budgétaire soutenue, une coordination renforcée entre les politiques budgétaire et monétaire, et une accélération des réformes structurelles sont essentielles pour sauvegarder la stabilité macroéconomique, renforcer la résilience économique et jeter les bases d’une croissance plus inclusive et durable.

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, a séjourné au Haut-Katanga et à Kinshasa respectivement du 22 au 25 octobre et du 25 octobre au 5 novembre 2025, dans le cadre des discussions relatives à la deuxième revue du programme économique et financier soutenu par l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi qu’à la première revue du programme axé sur la lutte contre le changement climatique soutenu par l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). A l’issue des discussions, M. Ahokpossi a fait la déclaration suivante :

« La mission du FMI et les Autorités de la RDC sont parvenues à un accord préliminaire au niveau des services sur la deuxième revue du programme économique et financier triennal de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FEC ainsi que sur la première revue du programme triennal axé sur lutte contre le changement climatique de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FRD, sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI. L’examen du dossier par le Conseil d’administration est prévu pour décembre 2025 ».

L’activité économique congolaise continue de faire preuve de résilience, avec une croissance du PIB réel supérieure à 5 % aussi bien 2025 qu’en 2026 selon les projections, portée par le dynamisme continu du secteur extractif, selon le FMI. La stabilité extérieure s’est renforcée, soutenue par l’accumulation continue de réserves internationales et la réduction du déficit du compte courant, bien que les réserves restent toujours en-deçà du niveau d’adéquation recommandé de couverture des importations. Dans le contexte de ralentissement de l’inflation et d’augmentation des taux d’intérêt réels, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) a baissé à 17,5 % en début octobre, le taux directeur qui était inchangé à 25 % depuis août 2023. L’inflation en glissement annuel a davantage chuté à 2,5 % en octobre 2025, bien en deçà de la cible de 7 % de la BCC. Cette forte baisse de l’inflation est en grande partie due à une forte appréciation du Franc Congolais consécutive à l’application de mesures prudentielles correctives aux réserves obligatoires sur les dépôts en devises des banques commerciales. Dans ce contexte, la mission encourage les Autorités à renforcer la transparence et la communication sur les opérations du marché des changes, ainsi que la coordination entre les politiques budgétaire et monétaire, afin de préserver la stabilité des prix. Le conflit armé dans la partie Est de la RDC continue d’exercer des pressions importantes sur les finances publiques, avec une persistance des dépassements sur les dépenses exceptionnelles de sécurité jusqu’au troisième trimestre de 2025. Ces pressions ont été partiellement compensées par des économies réalisées sur le train de vie de l’État et grâce à la re-priorisation des dépenses d’investissement, conformément au plan de contingence annexé à la Loi de finance rectificative de 2025. Conjuguées à une bonne collecte de recettes budgétaires, y compris grâce à la rationalisation des subventions aux carburants dans le secteur minier, ces mesures ont permis de contenir le déficit budgétaire intérieur base caisse en deçà du plafond programmé à fin juin 2025. Une poursuite de la prudence budgétaire sera essentielle pour créer l’espace nécessaire pour les dépenses prioritaires, dont celles liées à l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la région du Kasaï.

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Afin de sauvegarder la viabilité budgétaire tout en protégeant les dépenses prioritaires sociales et d’investissement, le projet de loi de finances 2026 repose sur la poursuite des efforts de rationalisation des dépenses courantes non prioritaires, permettant de compenser partiellement le besoin anticipé de dépenses importantes liées à la sécurité. Ces mesures de rationalisation des dépenses seront complétées par des initiatives d’accroissement des recettes budgétaires, dont le déploiement du système de la facturation normalisée de TVA, la poursuite de la suppression des subventions aux carburants dans le secteur minier, et le non-renouvellement de l’exonération de TVA et de droits de douane sur l’importation de produits alimentaires de base dans le contexte de décélération de l’inflation.

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Les progrès sur l’agenda des réformes structurelles restent encourageants, particulièrement dans la modernisation de la gestion des finances publiques (GFP). Les Autorités ont réalisé des progrès vers l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor (DGTCP), la déconcentration graduelle de l’ordonnancement des dépenses dans les ministères sectoriels, et la mise en place du compte unique du Trésor (CUT). Cependant, des efforts additionnels restent nécessaires pour mener ces réformes à terme. Bien que le respect de la chaîne de la dépense ait été renforcé à la suite de la refonte du cadre juridique y relatif, le recours aux procédures d’urgence reste élevé à cause des dépenses exceptionnelles de sécurité plus élevées que prévu en raison de la persistance du conflit armé. La mission encourage les Autorités à intensifier les efforts en matière de mobilisation des recettes intérieures, de gestion des investissements publics, de contrôle des abus sur la paie, de gouvernance, et de transparence, surtout dans le secteur extractif, afin de lutter efficacement contre l’enrichissement illicite et la corruption, et améliorer l’environnement des affaires.

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 Les services du FMI ont salué la mise en œuvre dans les délais impartis de la mesure de réforme (MR) de la FRD, relative à la préparation sous forme d’annexe au projet de loi de finances 2026, d’une analyse quantitative des coûts budgétaires liés aux chocs climatiques. La mission du FMI s’est également félicitée de la mise en œuvre plutôt que prévu de la MR portant sur l’élaboration d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophe naturelles. Les Autorités sont encouragées à maintenir le cap, en continuant de jeter les bases pour une mise en œuvre dans les délais impartis des autres MRs qui arriveront à échéance lors des revues ultérieures. La mission exprime sa gratitude aux Autorités, aux hauts cadres de l’Administration, aux services techniques, aux différents interlocuteurs, dont les représentants de la société civile et du secteur privé, aussi bien à Kinshasa qu’au Haut-Katanga, ainsi qu’aux partenaires au développement, pour leur hospitalité, leur soutien continu et les échanges constructifs.

Leadership- Asma Chaabi, invitée par le Pacte des Femmes Engagées

Le Pacte global des femmes Leaders invite Asma Chaabi lundi 10 novembre 2025 à une causerie, intitulée « Rencontre avec Asma Chaabi – Femmes engagées ». La rencontre, prévue à Casa Aguayo Barrio del Alto, Heroica Puebla de Zaragoza à México, fait suite au Prestigieux Prix « FEMMES D’EXCELLENCE EXCEPTIONNELLES – CREER UN MONDE MEILLEUR POUR TOUS » que vient de recevoir Asma Chaabi, lundi 27 octobre à Mexico.  

Asma Chaabi, première femme élue maire du Maroc, figure emblématique du leadership international, femme d’affaires et philanthrope, engagée pour l’égalité et le leadership des femmes, est invitée à une conversation inspirante, lundi prochain. Les qualificatifs ci-dessus ne sont pas miennes. J’ai juste paraphrasé les propos de l’invitation de Mmes DHC Veronica Tellez Ponce, Présidente nationale du Pacte global des femmes leaders (Pacto Global de Mujeres Lideres) et Teresa Salvatierra, Présidente de la section de Puebla.

Elles ont clairement signifié que c’est lui témoigner leur profonde reconnaissance et admiration pour sa brillante carrière en tant que première femme élue démocratiquement maire d’une ville de l’histoire du Maroc, ainsi que pour son travail d’artiste, de femme de culture, de philanthrope et de défenseure active des droits humains et de l’égalité des genres. Doit-on rappeler qu’Asma a été, par le passé, invitée par le président George W. Bush à Washington, D.C., pour commémorer la Journée internationale des femmes, puis par le président Barack Obama à sa cérémonie d’investiture en 2009, en reconnaissance de son parcours exceptionnel de pionnière et de son rôle de leader mondial.

Une source d’inspirations

« Votre leadership est une source d’inspiration pour des milliers de femmes, à travers le monde, en particulier pour celles qui créent des espaces de participation, d’entrepreneuriat et de prise de décision au sein de leurs communautés. », relève-t-on dans le courrier qui est adressé à Asma Chaabi. Elles ont ajouté que : « Ce serait donc un véritable honneur pour nous de vous accueillir à Puebla. »

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La conférence, prévue sur une durée de 50 minutes à destination des femmes entrepreneures et dirigeantes, sera sous forme de session interactive et conviviale. Ce sera l’occasion de découvrir son parcours, d’aborder le leadership engagé et d’échanger avec elle. Ce cheminement, cette vision et cette expérience contribueraient grandement à renforcer la vocation du leadership féminin promue par le Pacte mondial des femmes dirigeantes au Mexique et en Amérique latine, croient les auteures de l’invitation.

Gageons que cette initiative, qui coordonne les efforts de développement économique, humain et social, fondée sur les principes de sororité, de collaboration et d’entraide entre les femmes, qui dirigent et transforment leurs communautés, sera à la hauteur.

Soudan : violences et décadence d’un pays jadis « prospère »

Le conflit n'est pas idéologique, mais une lutte de pouvoir pour le contrôle total de l'État et de ses ressources. Le principal point de discorde était l'accord-cadre de transition démocratique. Cet accord prévoyait l'intégration des Forces de soutien rapide (FSR) au sein de l'armée régulière (FAS). Les généraux n'ont pas pu s'entendre sur les modalités de cette intégration. Burhan voulait que l'armée soit la force dominante, Hemetti ne voulait pas perdre son autonomie et ses sources de revenus. (Crédit : DR).

Des atrocités dont des exécutions sommaires sont relayées sur les réseaux sociaux après la capture par la milice paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR) de la ville soudanaise d’Al – Fashir. Ces scènes d’une violence insoutenable rapportées par des témoins, font réagir la communauté internationale, qui assiste impuissante depuis bientôt trois ans à cette guerre fratricide. Le pays jadis parmi les principaux exportateurs d’or et de pétrole d’Afrique est en dérive depuis la cession du Sud et le départ d’Omar El-Bachir emporté en 2019 par les conséquences du marasme économique qui a suivi l’Indépendance du Sud Soudan.  

Des centaines d’hommes abattus puis disparus après la chute d’une ville soudanaise aux mains des paramilitaires, selon des témoignages recueillis par Reuters. Lesquels font états d’exécutions sommaires, de tortures et de détentions arbitraires. Des militants et des analystes mettent en garde depuis longtemps contre des représailles à caractère ethnique de la part des Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, si elles s’emparaient d’al-Fashir, dernier bastion de l’armée soudanaise au Darfour. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a fait part d’autres témoignages vendredi, estimant que des centaines de civils et de combattants non armés auraient été exécutés. De tels meurtres sont considérés comme des crimes de guerre. Les RSF, dont la victoire à al-Fashir marque une étape importante dans la guerre civile soudanaise qui dure depuis deux ans et demi, ont nié ces exactions, affirmant que ces récits avaient été fabriqués par leurs ennemis et lançant des contre-accusations à leur encontre.

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La direction des FSR a ordonné des enquêtes sur toute violation commise par des membres des FSR et plusieurs personnes ont été arrêtées, a-t-il déclaré. Il a ajouté que les FSR avaient aidé les habitants à quitter la ville et appelé les organisations humanitaires à venir en aide aux personnes restées sur place. Les États-Unis ont déclaré que les RSF avaient commis un génocide à Geneina et l’attaque fait l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale. L’armée soudanaise et d’autres acteurs accusent les Émirats arabes unis de soutenir les RSF, accusations que l’État du Golfe réfute.

Un pays exsangue depuis l’indépendance du Sud-Soudan

La capture d’al-Fashir par les RSF accentue la division géographique d’un pays déjà réduit par l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, après des décennies de guerre civile. Les manifestations massives qui ont conduit au renversement d’Omar el-Béchir par l’armée en avril 2019 étaient directement liées à la crise économique désastreuse et chronique que traversait le Soudan. En obtenant son indépendance, le Soudan du Sud a emporté environ 75 % des réserves et de la production de pétrole de l’ancien Soudan. Le pétrole représentait auparavant une part écrasante des recettes publiques et des devises étrangères (plus de 50 % du budget et 95 % des exportations). Leur perte soudaine a provoqué une pénurie chronique de devises, essentielles pour importer les produits de base.

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L’État n’avait plus assez de dollars pour financer les importations essentielles, y compris les produits subventionnés comme la farine pour le pain et le carburant. Cette absence de devises a entraîné une chute brutale de la livre soudanaise et une hyperinflation (atteignant environ 70 % en 2018). Le pouvoir d’achat de la population s’est effondré. Mais tout s’est accéléré en 2018 suite à la décision du gouvernement de tripler le prix du pain après la suppression des subventions sur le blé, sur recommandation du FMI. Les manifestations, initialement déclenchées par la hausse du prix du pain et la vie chère, se sont rapidement transformées en un mouvement politique exigeant la chute du régime après 30 ans de pouvoir.  Le 11 avril 2019, l’état-major a déposé Omar el-Béchir par un coup d’État militaire, mettant fin à son règne.

 La « Guerre des deux généraux »

Il s’en suit la guerre meurtrière des 2 généraux. L’expression utilisée pour décrire le conflit armé qui a éclaté au Soudan le 15 avril 2023 et qui oppose les deux principales factions militaires du pays. C’est une lutte de pouvoir brutale et dévastatrice qui a plongé le Soudan dans une catastrophe humanitaire. Le conflit n’est pas idéologique, mais une lutte de pouvoir pour le contrôle total de l’État et de ses ressources. Le principal point de discorde était l’accord-cadre de transition démocratique. Cet accord prévoyait l’intégration des Forces de soutien rapide (FSR) au sein de l’armée régulière (FAS). Les généraux n’ont pas pu s’entendre sur les modalités de cette intégration. Burhan voulait que l’armée soit la force dominante, Hemetti ne voulait pas perdre son autonomie et ses sources de revenus. Hemetti et les FSR contrôlent d’importantes ressources économiques, notamment des mines d’or. L’intégration signifiait perdre ce contrôle au profit de l’État ou de l’armée.

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