Accueil Blog Page 4

Investissements : Google franchit le cap du milliard de dollars investi en Afrique

Le géant américain a dépassé son objectif quinquennal d'un milliard de dollars d'investissement sur le continent africain. À l'occasion du premier Africa Cloud Summit de Johannesburg, la filiale d'Alphabet a dévoilé une série d'initiatives portant sur les infrastructures et le développement de l'intelligence artificielle. (Crédit : DR)

Le géant américain a dépassé son objectif quinquennal d’un milliard de dollars d’investissement sur le continent africain. À l’occasion du premier Africa Cloud Summit de Johannesburg, la filiale d’Alphabet a dévoilé une série d’initiatives portant sur les infrastructures et le développement de l’intelligence artificielle.

Google a annoncé mercredi avoir dépassé son objectif d’un milliard de dollars d’investissement en Afrique fixé sur cinq ans. Le groupe américain a profité du premier Africa Cloud Summit, réuni à Johannesburg, pour rendre publiques plusieurs initiatives destinées à accélérer la croissance numérique du continent. Ces annonces prolongent le lancement, en 2025, d’une région cloud dédiée à Johannesburg. Le groupe implantera un pôle de connectivité dans la province sud-africaine du Cap-Oriental, premier d’une série de quatre installations de ce type prévues sur le continent. Ce site reliera l’Afrique à l’Australie via le câble sous-marin Umoja, ainsi qu’à l’Inde par une nouvelle route. L’objectif affiché est de renforcer la résilience et la capacité des connexions internet en Afrique, un enjeu structurel pour l’essor des services numériques.

L’intelligence artificielle au cœur du dispositif

L’entreprise a également confirmé l’ouverture au Ghana du premier laboratoire africain d’IA appliquée. Cette structure associera des startups locales aux chercheurs de Google et offrira un accès anticipé aux modèles d’intelligence artificielle du groupe. En parallèle, un programme doté de plus d’un million de dollars, mené en partenariat avec l’Akuna Group de l’acteur britannique Idris Elba, formera des créateurs issus de communautés sous-représentées aux récits assistés par l’IA.

A lire aussi : IA- Vodafone élargit son partenariat avec Google

Sur le volet développement économique et communautaire, Google et l’organisation WeThinkCode se sont engagés à financer un centre d’innovation numérique à Soweto, dans la banlieue de Johannesburg, pour un montant de trois millions de rands (environ 183 468 dollars). Le groupe a par ailleurs indiqué que son programme d’accélération de startups soutiendra quinze entreprises sud-africaines. Cet appui s’inscrit dans un engagement plus large visant à accompagner cinquante jeunes pousses africaines entre 2024 et 2028. « L’opportunité que représente l’IA pour l’Afrique est considérable, et Google est déterminé à jouer son rôle aux côtés des Africains pour l’aider à la concrétiser », a déclaré James Manyika, vice-président senior chargé de la recherche et de la technologie, cité par Reuters. Ces annonces confirment la montée en puissance des grands acteurs technologiques mondiaux sur un continent perçu comme l’un des futurs relais de croissance du numérique et de l’intelligence artificielle.

A lire aussi : Géographie : l’UA appelle à adopter la carte reflétant la taille réelle de l’Afrique

Mines : l’or guinéen ne sortira plus brut

La Guinée affiche son ambition de devenir une plateforme régionale de raffinage de l'or, rejoignant un mouvement plus large des pays producteurs ouest-africains qui cherchent désormais à transformer leur métal jaune sur place plutôt que de l'exporter brut vers le Moyen-Orient ou au-delà. (Crédit : DR).

Conakry mise sur une nouvelle raffinerie parmi les plus importantes du continent pour transformer localement l’or extrait dans la sous-région, alors que le président Mamady Doumbouya vient d’interdire avec effet immédiat les exportations d’or brut.

La Guinée affiche son ambition de devenir une plateforme régionale de raffinage de l’or, rejoignant un mouvement plus large des pays producteurs ouest-africains qui cherchent désormais à transformer leur métal jaune sur place plutôt que de l’exporter brut vers le Moyen-Orient ou au-delà. Cette stratégie vise à capter davantage de valeur ajoutée localement, dans un contexte de cours de l’or toujours élevés. Le ministre des Mines, Bouna Sylla, a indiqué à Reuters que si chaque pays d’Afrique de l’Ouest disposait de sa propre raffinerie, cela ne poserait pas de problème : c’est la compétitivité économique, et non la politique, qui déterminerait les gagnants. Conakry a déjà construit une nouvelle installation capable de traiter la production de toute la sous-région, présentée comme l’une des plus grandes du continent africain. Selon Bangaly Steve Touré, directeur adjoint du Fonds d’investissement minier guinéen, cette usine de 30 millions de dollars traitera dans un premier temps 530 tonnes métriques par an (environ 17 millions d’onces), avant de monter en puissance jusqu’à 733 tonnes à pleine capacité. Le démarrage commercial est attendu en juillet, sous réserve des dernières approbations réglementaires.

UNE DÉCISION PRÉSIDENTIELLE POUR RETENIR LA VALEUR À DOMICILE

La semaine dernière, le président Doumbouya a interdit l’exportation d’or brut avec effet immédiat. Cette mesure intervient alors que la Guinée, déjà premier producteur mondial de bauxite, cherche à conserver davantage de valeur économique sur son territoire plutôt que de la voir captée à l’étranger. La Guinée n’est pas seule dans cette dynamique. Le Ghana, premier producteur d’or du continent, ainsi que le Mali et le Burkina Faso, travaillent également au développement de capacités de raffinage domestique pour capter une part plus importante de la valeur du métal précieux. En Guinée, la production industrielle d’or reste dominée par AngloGold Ashanti et Nordgold. L’Afrique de l’Ouest dans son ensemble aurait produit environ 11 millions d’onces en 2025, selon des estimations sectorielles.

MOINS DE 1 % DE VALEUR RETENUE LOCALEMENT

Le ministre Sylla a précisé que la Guinée avait produit environ 2,32 millions d’onces l’an dernier, pour une valeur estimée à 7 milliards de dollars, mais que le pays ne retenait localement que moins de 1 % de cette valeur. Il a souligné que l’enjeu dépassait la seule question des revenus et des emplois, citant l’exemple des Émirats arabes unis qui, sans produire d’or, ont développé une importante capacité de raffinage afin de stimuler une croissance économique plus large. La Guinée entend bâtir une chaîne de valeur comparable. Conakry prépare un décret destiné à encourager le raffinage local et prévoit des réformes pour formaliser la production artisanale et améliorer la traçabilité de l’or d’ici 2026, selon les deux responsables. Structurée en partenariat public-privé, cette raffinerie s’inscrit dans une stratégie plus vaste de développement des industries en aval, à l’image des efforts déjà engagés dans le secteur de la bauxite.

A lire aussi : Guinée : La méga-mine de Simandou licencie

Le FMI débloque 348,5 millions de dollars pour la RDC

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi 27 juin 2026 un décaissement de près de 350 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo, à l'issue des revues de deux programmes de soutien budgétaire et climatique. Kinshasa entend affecter ces fonds à des priorités stratégiques : adaptation au changement climatique, infrastructures, développement social et consolidation des réserves extérieures.

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi 27 juin 2026 un décaissement de près de 350 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo, à l’issue des revues de deux programmes de soutien budgétaire et climatique. Kinshasa entend affecter ces fonds à des priorités stratégiques : adaptation au changement climatique, infrastructures, développement social et consolidation des réserves extérieures.

C’est une bouffée d’air pour les finances publiques congolaises. Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a validé, vendredi 27 juin 2026, un décaissement global de 348,5 millions de dollars au profit de la République démocratique du Congo (RDC). Ce montant résulte de l’achèvement simultané de deux revues programmatiques distinctes, signal fort de la cohérence des réformes engagées par Kinshasa sous supervision internationale. La troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) dégage une première tranche de 258,2 millions de dollars. Parallèlement, la deuxième revue du programme relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) permet de libérer 90,3 millions de dollars supplémentaires. Ces deux instruments répondent à des objectifs distincts mais convergents : la stabilisation macroéconomique pour le premier, le renforcement de la résilience face aux chocs climatiques pour le second.

Une affectation en deux volets détaillée par le ministre des Finances

Le ministre des Finances, Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, a d’emblée précisé la destination de ces fonds. Selon ses déclarations transmises par communiqué, environ 193,9 millions de dollars seront affectés au soutien budgétaire direct, avec pour objectif de financer des mesures d’adaptation au changement climatique, des projets d’infrastructure et des programmes de développement social. Le solde – soit près de 154,6 millions de dollars – sera quant à lui orienté vers la consolidation des réserves extérieures du pays et le soutien à la balance des paiements. Un enjeu critique pour une économie congolaise exposée aux fluctuations des cours des matières premières et à des tensions de liquidité récurrentes.

Un signal de cohérence réformiste à destination des investisseurs

Au-delà des montants, ce double déblocage revêt une dimension politique et symbolique. En validant simultanément deux revues programmatiques, le FMI envoie un signal positif sur la trajectoire de réformes adoptée par les autorités de Kinshasa. Le ministre Fwamba a d’ailleurs souligné l’engagement du gouvernement envers son partenariat avec l’institution de Bretton Woods et la mise en œuvre continue de politiques visant à promouvoir stabilité, résilience et développement à long terme. Pour la RDC, troisième économie subsaharienne par la taille de son territoire et première au monde pour ses réserves de cobalt, maintenir la confiance des bailleurs multilatéraux est un préalable indispensable à l’attractivité des investissements directs étrangers. Ce décaissement intervient dans un contexte marqué par la nécessité de financer la reconstruction dans les zones affectées par les tensions à l’Est du pays, tout en maintenant un cadre macroéconomique crédible. La Facilité pour la résilience et la durabilité, instituée par le FMI en 2022, est par ailleurs un instrument relativement récent, conçu pour aider les pays à bas revenu à intégrer les risques climatiques dans leurs politiques économiques. Son activation au profit de la RDC témoigne de la reconnaissance internationale des vulnérabilités environnementales du pays, notamment dans le bassin du Congo, poumon vert du continent africain.

A lire aussi : Congo : le gouvernement envisage la recapitalisation de la BCC

Tourisme : Maroc, Kenya, Rwanda, Tanzanie, 4 stratégies gagnantes

L’Afrique, de par ses populations, ses sites naturels et son patrimoine historique, a de quoi figurer parmi les destinations touristiques les plus prisées au monde. (Crédit : DR).

Le Kenya, le Maroc, le Rwanda et la Tanzanie sont des pays qui ont misé sur le tourisme comme pilier de développement. Cependant, il s’agit de 04 modèles de réussite distinctes du tourisme africain. Leurs leviers stratégiques diffèrent considérablement, bien qu’ils partagent une ambition de croissance.  Le pari du sport et du prestige au RwandaQuant…

Ce contenu est réservé aux membres du niveau Premium, Semestriel, et Mensuel uniquement.
Adhérer
Déjà membre ? Connectez-vous ici

Restructuration de dettes : le Club de Paris plaide la réforme du cadre commun

Créé dans la foulée de la pandémie de Covid-19, le Cadre Commun (Common Framework) du G20 visait à accélérer les restructurations de dette pour les pays les plus vulnérables. (Crédit : D).

Dans son rapport annuel 2025, le Club de Paris dresse un bilan nuancé du mécanisme international de restructuration de la dette des pays pauvres. Si la proportion de pays en détresse s’est légèrement améliorée, le processus reste trop lent et trop fragmenté. Éthiopie, Chine, FMI et créanciers privés s’affrontent sur les règles du jeu.

Créé dans la foulée de la pandémie de Covid-19, le Cadre Commun (Common Framework) du G20 visait à accélérer les restructurations de dette pour les pays les plus vulnérables. Quatre ans plus tard, le bilan est contrasté. Le Club de Paris, réuni en assemblée annuelle à Paris, reconnaît des avancées : pour la première fois depuis 2017, davantage de pays à faible revenu, soit 52 %, présentent un risque d’endettement faible ou modéré, contre 48 % exposés à une détresse élevée ou déjà en défaut. Mais cette amélioration conjoncturelle ne doit pas masquer les failles structurelles du dispositif.

« Le Cadre Commun doit aller plus vite et embarquer simultanément tous les créanciers », a déclaré Thomas Revial, co-président du Club de Paris.

Le Ghana, la Zambie et le Tchad ont bien finalisé leurs restructurations dans ce cadre. Pour d’autres, notamment l’Éthiopie, le mécanisme reste compliqué.

Éthiopie : un cas d’école des dysfonctionnements

L’Éthiopie cristallise les tensions. Après avoir conclu un accord de principe avec ses créanciers officiels – dont la Chine et la France – en mars 2025, le pays se retrouve bloqué dans un bras de fer avec les détenteurs de son eurobond d’un milliard de dollars en défaut. Les créanciers officiels ont rejeté l’accord initial proposé par les obligataires, le jugeant insuffisant au regard du principe de « comparabilité de traitement », qui exige que toutes les parties prenantes acceptent des pertes équivalentes. De leur côté, les créanciers privés contestent le niveau de décote qui leur est demandé, estimant que l’amélioration des perspectives économiques éthiopiennes ne justifie pas de telles concessions. Ils ont brandi la menace de poursuites judiciaires, une posture que beaucoup dans la communauté financière internationale perçoivent comme une attaque frontale contre la crédibilité même du Cadre Commun.

Pour Astewaye Woldemichael, conseiller principal au ministère éthiopien des Finances, le problème est de conceptionqui s’est exprimé dans les colonnes de Reuters : « Le FMI et les créanciers officiels doivent s’engager plus tôt avec les créanciers privés. Laisser le débiteur combler seul cet écart analytique est un défaut de conception du système ».

Premier créancier bilatéral de l’Éthiopie, la Chine a pris position avec fermeté. Xuan Changneng, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, appelle à « mobiliser tous les efforts pour faire respecter strictement le principe de comparabilité de traitement » et à mettre en place des mécanismes juridiques coordonnés pour « contenir les litiges malveillants des investisseurs obligataires ». Sans citer explicitement l’Éthiopie, le message est clair : la menace de recours judiciaires par des créanciers privés fragilise l’ensemble de l’architecture de restructuration et doit être endiguée. Cette prise de position de Pékin s’inscrit dans un contexte plus large de définition des règles du jeu de la finance de développement en Afrique.

Le statut de créancier privilégié en débat

Un autre point de friction concerne le Statut de Créancier Privilégié (SCP), traditionnellement reconnu au FMI et à la Banque mondiale pour les protéger de toute décote. Le problème : une centaine d’institutions financières de développement dans le monde revendiquent aujourd’hui ce statut, sans cadre juridique clair. Lors des restructurations ghanéenne et zambienne, des banques de développement comme Afreximbank ont été contraintes d’accepter des pertes, soulevant des questions d’équité. Xuan Changneng et Sonja Gibbs, directrice générale de l’Institut de Finance Internationale (IIF), plaident conjointement pour l’adoption de règles claires et opposables sur l’éligibilité au SCP. « L’absence de règles claires a non seulement ralenti les restructurations, mais a aussi soulevé des interrogations sur le partage équitable du fardeau », note le vice-gouverneur chinois. Un chantier qui s’annonce complexe, tant les intérêts en jeu sont divergents.

A lire aussi : l’Ethiopie normalise ses relations avec l’UE

Conflit au Moyen-Orient : le FMI en soutien de l’Afrique

Nommé à la tête du département Afrique du FMI le 1ᵉʳ mai 2026, Zeine Zeidane a réaffirmé l'engagement du Fonds à soutenir les économies africaines fragilisées par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, tout en saluant le potentiel de croissance à long terme du continent. Crédit : Reuters.

Nommé à la tête du département Afrique du FMI le 1ᵉʳ mai 2026, Zeine Zeidane a réaffirmé l’engagement du Fonds à soutenir les économies africaines fragilisées par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, tout en saluant le potentiel de croissance à long terme du continent.

Lors d’un briefing presse tenu à Londres le 22 juin 2026, Zeine Zeidane a indiqué que le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà conclu des accords de principe pour un financement augmenté en faveur du Burkina Faso, de la Gambie et de São Tomé-et-Príncipe, en réponse aux effets du conflit sur leurs économies. Pour l’Éthiopie, qui dispose d’un programme FMI en cours, le Fonds a procédé à une accélération d’environ 200 millions de dollars de financement.

Des délais de normalisation de six à sept mois

Le nouveau directeur a averti que les perturbations liées au conflit pourraient prendre plusieurs mois à se résorber. Si un cessez-le-feu est déjà en vigueur, les pays du Golfe estiment qu’il faut généralement entre six et sept mois pour que la production et les exportations reprennent pleinement. Zeidane a également souligné le rôle du Moyen-Orient en tant qu’exportateur majeur d’engrais, dont les répercussions sur la sécurité alimentaire et les coûts de production agricole en Afrique sont susceptibles d’être significatives.

L’Afrique, « prochain moteur de croissance mondial »

Malgré ces défis immédiats, Zeidane s’est montré résolument optimiste quant aux perspectives à long terme de la région. Il a rappelé qu’avant la crise actuelle, l’Afrique subsaharienne figurait parmi les zones de croissance les plus dynamiques au monde et avait accompli des progrès notables en matière de consolidation budgétaire. « L’avenir, le prochain moteur de croissance du monde, ce sera l’Afrique », a-t-il déclaré. « Nous devons soutenir l’Afrique pour lui permettre de libérer son potentiel. » Zeidane, qui a rejoint le FMI en 2012, a notamment exercé les fonctions de Premier ministre, de gouverneur de banque centrale et de conseiller économique à la présidence en Mauritanie. Il succède à Abebe Aemro Selassie, parti à la retraite en mai 2026.

A lire aussi : TRIBUNE : Diriger ensemble – la coopération multilatérale pour consolider la paix

Finance : Absa Bank renforce son contrôle sur sa filiale kényane pour 238 millions de dollars

Absa Group a annoncé vendredi son intention de porter sa participation dans Absa Bank Kenya jusqu'à 85 %, contre 68,5 % actuellement. Et ce, à travers une offre publique d'achat évaluée à environ 238 millions de dollars. Crédit : Dr).

Le groupe sud-africain propose de racheter jusqu’à 896 millions d’actions aux minoritaires d’Absa Bank Kenya, au prix de 34,50 shillings l’unité. Une opération qui illustre l’offensive des banques sud-africaines en Afrique de l’Est, à l’heure du retrait des établissements européens.

Absa Group a annoncé vendredi son intention de porter sa participation dans Absa Bank Kenya jusqu’à 85 %, contre 68,5 % actuellement. Et ce, à travers une offre publique d’achat évaluée à environ 238 millions de dollars (30,9 milliards de shillings kényans). Le groupe de Johannesburg, troisième banque sud-africaine par les actifs, propose de racheter jusqu’à 895,99 millions d’actions ordinaires aux investisseurs minoritaires, soit un maximum de 16,5 % du capital de la filiale cotée à Nairobi.

Une prime de 20 % pour les minoritaires

Le prix proposé s’établit à 34,50 shillings par action, soit une prime de 20 % sur le cours moyen pondéré des 30 derniers jours, et de 28,2 % sur celui des 180 jours. L’offre multiplie la valeur d’Absa Bank Kenya à 8,2 fois, calculée en incluant les bénéfices de l’exercice clos en décembre 2025. Au lendemain de l’annonce, le titre de la filiale kényane a bondi jusqu’à 12 % à la Bourse de Nairobi. Le groupe a précisé qu’il entendait maintenir la cotation d’Absa Bank Kenya au Nairobi Securities Exchange à l’issue de la transaction. Cependant, il ne prévoyait pas de modifier ni la stratégie, ni l’équipe dirigeante, encore moins les effectifs ou les opérations quotidiennes de l’établissement.

L’Afrique de l’Est, pilier de la stratégie panafricaine

Le Kenya est un marché stratégiquement important pour Absa Group et demeure central dans les ambitions de croissance en Afrique de l’Est du groupe, a déclaré Charles Russon, directeur exécutif chargé des régions africaines, rapporté par Reuters. L’opération vise notamment à réduire l’écart entre le risque consolidé que le groupe porte déjà sur sa filiale et la part des bénéfices qu’il en capte effectivement. Les régions africaines hors Afrique du Sud ont représenté 31 % du bénéfice courant du groupe en 2025, le Kenya contribuant à lui seul à environ 19 % des profits de ce portefeuille, selon SBG Securities. La rentabilité des capitaux propres d’Absa Bank Kenya a atteint 23 % l’an dernier, contre 14,9 % pour le groupe.

Une vague d’acquisitions sud-africaines

L’opération s’inscrit dans un mouvement d’expansion des banques sud-africaines en Afrique de l’Est. Elles comblent le vide laissé par le repli des établissements européens et accompagnent la hausse des échanges continentaux et des investissements dans l’énergie et les infrastructures. En janvier, Nedbank Group a annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire de 66 % dans le kényan NCBA Group pour environ 13,9 milliards de rands. La Banque africaine de développement table sur une croissance de 5,9 % en Afrique de l’Est cette année, la plus élevée du continent. L’offre reste subordonnée à l’approbation de la Capital Markets Authority kényane. Elle devrait s’ouvrir le 30 juin pour se clôturer le 11 août 2026, sous réserve de modification requise.

Dette sénégalaise : le revirement de Sonko qui pourrait débloquer le FMI

Le leaders des patriotes prévient toutefois qu'il s'opposera à toute approche sacrifiant les objectifs économiques de long terme à des indicateurs de court terme. Crédit : DR

Hier farouche opposant à toute restructuration de la dette, Ousmane Sonko adopte désormais un ton pragmatique. À quelques jours de la reprise des négociations avec le Fonds monétaire international, ce virage du nouveau président de l’Assemblée nationale rebat les cartes pour un pays dont l’endettement avoisine les 132 % du PIB. Le ton a évolué…

Ce contenu est réservé aux membres du niveau Premium, Semestriel, et Mensuel uniquement.
Adhérer
Déjà membre ? Connectez-vous ici

La Libye scelle ses accords de partage de production avec les majors internationales

Les contrats associent plusieurs acteurs de premier plan. L'espagnol Repsol et la compagnie publique turque Türkiye Petrolleri figurent parmi les signataires, aux côtés de l'italien Eni et de QatarEnergy.(Crédit : DR).

À l’issue de son premier appel d’offres pétrolier depuis près de vingt ans, la Compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) a signé une série d’accords de partage de production avec plusieurs groupes énergétiques étrangers. Une nouvelle étape franchie par Tripoli pour relancer l’investissement et porter sa capacité de production à 2 millions de barils par jour.

La Libye franchit un cap dans la reconquête de son industrie pétrolière. La National Oil Corporation (NOC) libyenne a annoncé ce lundi la signature d’accords de partage de production avec plusieurs compagnies énergétiques internationales. Et ce, au terme du premier cycle d’attribution de licences organisé par le pays depuis près de deux décennies. L’information a été communiquée par le président de la NOC, Massoud Suleman, dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux.

Un tour de table international

Les contrats associent plusieurs acteurs de premier plan. L’espagnol Repsol et la compagnie publique turque Türkiye Petrolleri figurent parmi les signataires, aux côtés de l’italien Eni et de QatarEnergy. Un consortium réunissant le hongrois MOL Group, Türkiye Petrolleri et Repsol complète ce dispositif. La diversité des partenaires – européens, turcs et qataris – illustre l’attractivité retrouvée du sous-sol libyen, riche en hydrocarbures mais longtemps délaissé par les investisseurs en raison de l’instabilité politique. Ces signatures concrétisent l’appel d’offres lancé en 2025, par lequel la NOC a attribué des superficies d’exploration à des groupes étrangers. L’objectif affiché par ce pays membre de l’OPEP est d’attirer les capitaux nécessaires pour relever sa capacité de production à 2 millions de barils par jour, contre environ 1,4 million actuellement.

Un signal de confiance malgré les divisions

Pour Massoud Suleman, ces accords traduisent une confiance grandissante dans le secteur pétrolier et gazier libyen. Ils doivent soutenir les activités d’exploration, de développement et la croissance de la production nationale. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de l’attribution, en février, de blocs d’exploration à des compagnies parmi lesquelles Chevron, Eni, QatarEnergy et Repsol. Il s’agissait alors du premier cycle de licences depuis 2007. Ces avancées interviennent en dépit des divisions politiques persistantes entre les administrations rivales de l’est et de l’ouest du pays, qui continuent de fragiliser la gouvernance des ressources. Pour la Libye, la relance de la production pétrolière constitue un levier économique majeur dans un contexte de reconstruction nationale encore inachevé.

Chronique- Programmes d’appui à l’international aux PME-PMI africaines

Les stratégies de développement économique en Afrique considèrent à plus d’un titre l’accompagnement et l’internationalisation des PME-PMI. Plusieurs types de programmes locaux, régionaux et internationaux existent ou sont possibles pour assister nos entreprises à exporter, s’intégrer aux chaines de valeur mondiales ou lever des fonds.

Les PME-PMI constituent le socle essentiel des économies structurées, en Afrique. Soutenir leurs portefeuilles à l’étranger équivaut à renforcer ces économies. Fort heureusement, des programmes existent, tandis que d’autres peuvent être mis en œuvre, dans ce sens. Nos Etats, qui ont très tôt compris l’approche, ont mis en place des institutions dédiées dans la garantie ou dans l’accompagnement de la PME-PMI à l’export. On peut citer, le Fongip (Fonds de garantie aux investissements prioritaires), l’ADEPME et l’ASEPEX au Sénégal, le CEPECI en Côte d’Ivoire, l’AMDIE, la Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise (SNGFE, ex CCG) et son levier Tamwilcom, Maroc PME au Maroc… 

Par l’international, les Etats africains doivent réorienter leurs développements respectifs d’abord au niveau intra-africain. Au niveau continental, des initiatives et cadres institutionnels sont déjà mis en place ou en cours.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), projet, qui ambitionne d’interconnecter les marchés africains, en constitue un cadre institutionnel idéal. Au-delà de la chute des tarifs douaniers, le succès de la ZLECAF ne peut faire l’économie de programmes d’accompagnement spécifiques pour une mise à niveau des PME. Pour commercer ensemble, il est nécessaire d’adopter des standards et normes de qualité en phase aux exigences des marchés transfrontaliers.

Au sein de l’UA (Union africaine), une stratégie pour les PME existe. Elle vise à insérer les PME-PMI dans des consortia régionaux d’exportation et à développer des grappes industrielles compétitives.  

Avec la BAD, le programme PME pour l’Afrique ou Making Finance Work for Africa (MFW4A), œuvre à connecter les PME aux marchés des capitaux régionaux et internationaux. A titre d’exemple, le récent partenariat avec la BRVM en Afrique de l’ouest.

Au niveau local, l’exemple plutôt réussi du Maroc peut être cité. En effet, les programmes Go To Market et d’appui aux Primo-Exportateurs du ministère de l’Industrie et du commerce, mais aussi ceux baptisés Tatwir, Imtiaz-Croissance et Business Academy de l’Agence nationale pour la promotion de la PME (Maroc PME) font leurs preuves. Outre le continent africain, les PME-PMI marocaines sont présentes dans l’UE, en Russie, aux Etats Unis…

Les atouts des coopérations bilatérale et multilatérale

Il est vrai que le soutien des agences de coopération bilatérale, telles que la GIZ (coopération allemande) qui pilote de nombreux programmes de mise à niveau, d’accès au financement et de transformation digitale  pour les PME, l’AfD et sa filiale Proparco, l’USAID, la JICA (Japon-Afrique), l’ACDI (Canada-Afrique), FOCAC (Chine-Afrique)… ont permis de générer des milliards de dollars aux PME africaines. Les échanges réciproques, la capacitation et le transfert de compétences et de technologies devraient davantage être le soubassement des engagements.

A côté des programmes d’appui à l’innovation et aux filières, telles que ceux de la FAO et le CIRAD, le dispositif Bceao dans l’Uemoa pour l’AgriTech, la MiningTech, le SportTech, des institutions comme la SFI, filiale de la Banque mondiale, ou Afreximbank et son FEDA (Fonds de développement des exportations en Afrique) proposent des projets de renforcement des capacités managériales, d’outils de partages des risques de crédit pour encourager les banques à financer l’export.  

Africa leadership