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Chronique- Conséquences d’un baril cher pour l’Afrique

Au moment où, le monde retient son souffle avec les tensions au Moyen Orient, le renchérissement du baril de brut est au cœur des préoccupations des pays africains. Le tandem USA-Israël a encore frappé, en fin de semaine dernière, la République islamique d’Iran. Ce dernier pays a fermé presque immédiatement le Détroit d’Ormuz avant de riposter, ciblant les bases américaines dans la région et Israël. Même si certains marchés semblent faire fi, maintenant des cours corrects, une flambée est à craindre en cas de guerre qui dure. Un pétrole cher, au-dessus de 100 $, aurait des conséquences très contrastées, selon que le pays africain soit exportateur net ou importateur net.

La majorité écrasante des pays africains sont importateurs nets de pétrole. Si la guerre, déclenchée unilatéralement par les Etats Unis d’Amérique et Israël, perdure un certain nombre d’effets sont attendus sur le continent, notamment au sein de cette catégorie de pays. Avec ce choc géopolitique, aux oubliettes une croissance à deux chiffres, bonjour la hausse des coûts du carburant, du transport y compris fret maritime, camionnage, aérien, mais aussi de l’électricité, des engrais… Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, le baril de Brent à 77,82 $, s’apprécie de + 7,31% par rapport à la veille, tandis que le WTI affiche 70,86 $ soit +5,40%. A cette augmentation forte de la facture énergétique, s’ajouteront une inflation accélérée, surtout alimentaire, et une dégradation de la balance commerciale. En effet, les coûts de production agricole en hausse impacteraient défavorablement et durement les ménages pauvres, tandis que les réserves de change seront sous pression. Plus de devises seraient dépensées pour importer du brut et des produits raffinés. A une volatilité accrue, les chocs pétroliers, rendant peu aisée la planification économique, s’ajouterait une pression sur les budgets. Doit-on rappeler que beaucoup de gouvernements, qui ne pratiquent pas l’indexation des cours sur les prix, subventionnent les carburants. Ces dépenses exploseraient avec un baril surenchéri. A contrario, les dépenses de santé, d’éducation … fléchiraient.  

L’alternative, énergie propre et renouvelable

Le corollaire à ces effets néfastes serait des tensions sociales, et une accentuation  de la pauvreté, consécutives à la hausse du coût de la vie. Un bémol au désastre attendu serait des investissements plus rapides dans les énergies renouvelables, essentiellement dans le solaire.

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Les rares pays exportateurs de brut connaîtraient un boom des revenus en devises, une amélioration de la croissance, boostée par un doublement des cours, un renforcement budgétaire avec plus de ressources pour assurer les dépenses publiques. Mais gare à des pièges classiques, tels que la Dutch disease ou maladie hollandaise, une dépendance accrue au pétrole et pire encore la concussion et la corruption d’une gouvernance peu vertueuse des rentes pétrolières. La maladie hollandaise émane d’une appréciation seule et réelle de la monnaie qui peut entraîner une perte de compétitivité des autres secteurs, comme l’agriculture et l’industrie.

Gageons que la sagesse l’emportera et que les équilibres géopolitiques seront maintenus.

Iran-choc pétrolier 2026 : L’Afrique de l’Ouest entre manne providentielle et défi de la souveraineté

En ce début mars 2026, l'envolée des cours mondiaux révèle une nouvelle carte de la puissance énergétique régionale. Entre l'émergence de nouveaux producteurs et l'entrée en scène d'infrastructures colossales, le continent tente de transformer ce risque géopolitique en opportunité historique. (Crédit : DR).

Alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis propulsent le baril de Brent vers les 90 dollars ce lundi 2 mars, le paysage énergétique africain se fracture. Si les nouveaux champions comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal profitent de revenus records, le Nigéria mise sur la méga-raffinerie Dangote pour briser sa dépendance historique et protéger son économie du chaos mondial.

L’onde de choc partie du détroit d’Ormuz fait trembler les marchés, mais en Afrique de l’Ouest, la réponse n’est plus la même qu’auparavant. En ce début mars 2026, l’envolée des cours mondiaux révèle une nouvelle carte de la puissance énergétique régionale. Entre l’émergence de nouveaux producteurs et l’entrée en scène d’infrastructures colossales, le continent tente de transformer ce risque géopolitique en opportunité historique.

Côte d’Ivoire et Sénégal : L’heure de la récolte

La métamorphose est spectaculaire pour la Côte d’Ivoire. Portée par le succès du gisement géant Baleine, elle s’affirme désormais comme un acteur pétrolier majeur, pompant plus de 150 000 barils par jour. Cette manne offre au gouvernement ivoirien des marges budgétaires inédites pour financer son développement, même si le défi reste de contenir l’inflation importée sur les produits raffinés. Le Sénégal savoure également son nouveau statut. Avec le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), Dakar devient le partenaire privilégié d’une Europe en quête désespérée d’alternatives au gaz du Moyen-Orient. Pour ces deux nations, la crise internationale agit comme un puissant accélérateur de croissance.

Le paradoxe du consommateur : Riche en pétrole, cher à la pompe

Pourtant, être producteur ne signifie pas être immunisé. C’est tout le paradoxe de cette crise de 2026 : bien que l’État ivoirien ou sénégalais s’enrichisse grâce aux exportations de brut, le citoyen, lui, subit la hausse des prix mondiaux. Les produits raffinés (essence, diesel) restant indexés sur les cours internationaux, le coût du transport et de l’électricité thermique continue de grimper à Abidjan comme à Dakar. Les gouvernements se retrouvent face à un arbitrage délicat : utiliser la manne pétrolière pour subventionner les prix à la pompe ou laisser l’inflation s’installer pour préserver les budgets de l’État.

Nigéria : Le grand gagnant avec la raffinerie Dangoté

Mais le véritable tournant se joue à Lagos. Longtemps paradoxal — premier producteur de brut mais importateur massif d’essence — le Nigéria dispose aujourd’hui d’un bouclier : la raffinerie Dangote. Avec sa capacité de 650 000 barils par jour cette infrastructure monumentale change la donne en 2026. En raffinant son propre pétrole sur place, le Nigéria réduit drastiquement sa dépendance aux importations coûteuses facturées en dollars. La raffinerie ne se contente plus de satisfaire le marché intérieur de plus de 230 millions d’habitants ; elle exporte désormais ses surplus vers ses voisins, positionnant le pays comme le nouveau centre névralgique du raffinage en Afrique de l’Ouest. Dans ce contexte de baril cher, cette souveraineté énergétique permet au Nigéria de stabiliser sa monnaie, le Naira, et d’amortir le choc des prix à la pompe pour sa population.

Le Sahel sous haute pression

Le contraste est brutal pour les pays de l’hinterland. Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’envolée du brut reste une taxe étouffante. Sans accès à la mer et sans capacités de raffinage équivalentes, ces pays subissent de plein fouet l’explosion des coûts de transport. Le prix des denrées de base grimpe en flèche, rappelant l’urgence d’une intégration énergétique régionale où les surplus de la raffinerie Dangote ou du gaz sénégalais pourraient, à terme, sécuriser toute la zone CEDEAO. Toutefois, la crise de mars 2026 confirme une réalité : l’Afrique de l’Ouest ne veut plus être une simple victime des soubresauts mondiaux. Entre la montée en puissance de la Côte d’Ivoire et l’indépendance industrielle offerte par Dangote au Nigéria, la région dessine les contours d’une résilience nouvelle. Le défi reste maintenant de transformer ces profits records en une baisse durable du coût de la vie pour les populations.

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Dette publique- Le Sénégal ploie, mais ne rompt pas

Le gouvernement du Sénégal a hérité d’une dette de plus de 130%, loin des critères de convergence de la Cedeao. Environ 7 milliards de $ d’emprunts non déclarés par le régime du président Macky Sall, d’après l’administration nationale. A fin 2024, la dette était estimée à 132% du PIB, par le FMI. Face à des échéances de règlement d’eurobonds en mars prochain, le pays, qui a su mobiliser des fonds du marché national et régional, fait preuve de résilience et entend honorer ses engagements.

Aux détenteurs d’Eurobonds, échéance mars 2026, le Sénégal doit plus de 480 millions de $.  En dépit d’un fardeau de la dette, de la suspension d’un programme de prêt du FMI de 1,8 milliard de $, suite à la révélation d’une dette cachée, assez de financements permettront de surmonter cette épreuve. Les recettes fiscales  (IS, TVA, impôts sur les dividendes…),  ajoutées aux fonds mobilisés sur le marché régional, serviront à dépasser cet écueil.

Un bref historique des eurobonds fait ressortir 07 sorties, entre 2009 et 2024. Sur celui du 06 mars 2018, il avait alors été levé 2,2 milliards de $, en 02 tranches respectivement 1 Mrd $ et 1,2 Mrd $) avec 02 maturités de 10 ans à 4,75%  et 30 ans à 6,75%. La tranche de 10 ans prévoit que le remboursement du principal soit amorti sur les 3 dernières années de sa durée de vie, c’est-à-dire, 2026, 2027 et 2028.

Une solvabilité, au beau fixe

M. Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a toujours exprimé une volonté limpide de rupture, de transparence et de redressement économique de l’économie sénégalaise. Face aux défis financiers majeurs, le gouvernement du Sénégal a opté à préserver la souveraineté économique. Honorer les engagements de l’Etat vis-à-vis des partenaires financiers, en dépit du fardeau de la dette et faisant fi à la dégradation de notes de certaines agences, a été le crédo. Ces efforts, en termes de lutte contre la corruption et la concussion, pour assainir les finances publiques et redynamiser l’économie, mais aussi impulser un train de mesures courageuses et structurelles, sont en train de porter des fruits. La résilience du Sénégal commence à faire tache d’huile. Ce pays gère sa dette sans restructuration. Outre les signes positifs avec Mme Kristalina Georgieva, DG du FMI, lors des Assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods à Washington en octobre 2025, la nouvelle cheffe de mission du FMI à Dakar, Mme Mercedes Vera Martin, reçue en janvier 2026 par le chef de l’Etat, s’emploie à renforcer les bases d’un futur dialogue.

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Sur le marché régional quelque 510 milliards f CFA ont été levés, depuis le début de 2026. Sur l’année 2026, un tel programme vise 4 132 milliards f CFA

Au plan macroéconomique, Ce pays résolument tourné vers le développement multiplie les programmes, dans divers secteurs (ferroviaire, portuaire, minier, logistique, agrobusiness, formation…), en phase avec l’Agenda national de Transformation. Mieux encore, grâce à une envolée spectaculaire, de 155 % de ses exportations à fin décembre 2025, le Sénégal amorce un tournant historique. Le rebond du commerce extérieur, porté par les hydrocarbures et l’or, contribue à réduire nettement le déficit commercial

Les bonnes nouvelles s’enchainent. La BAD et la Caisses de Dépôts et de Consignations Africaines viennent de lancer une concertation de haut niveau pour accélérer la mise en place d’une nouvelle architecture financière africaine.

Télécom :  Belles performances 2025 d’Orange portées par l’Afrique et le Moyen-Orient

Le chiffre d'affaires annuel de l’opérateur téléphonique Orange pour 2025 s'est élevé à 40 396 millions d'euros, en hausse de 0,9 % par rapport à l'année précédente (+374 millions d'euros), grâce à la croissance des services aux particuliers (+2,2 %, soit +675 millions d'euros). (Crédit : DR).

Tiré par l’Afrique et le Moyen-Orient, le groupe Orange a réalisé d’excellents résultats en 2025. La croissance de l’EBITDA a été de 3,8 % et et le flux de trésorerie organique en hausse de 8,3 %, atteignant 3,7 milliards d’euros.  L’opérateur de téléphonie a enrégistré une forte progression du nombre de clients en France, en Europe et en Afrique & Moyen-Orient, soit +19,6 millions de clients en un an. Mais les performances les plus solides ont été nrégistrée avec une croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires et de l’EBITDAaL en Afrique & Moyen-Orient. Les plans d’efficacité mis en œuvre en France et en Europe ont contribué à ces résultats. L’accord contraignant avec Lorca pour l’acquisition de la totalité du capital de MasOrange a été une étape décisive pour renforcer le leadership d’Orange en Espagne.

Le chiffre d’affaires annuel de l’opérateur téléphonique Orange pour 2025 s’est élevé à 40 396 millions d’euros, en hausse de 0,9 % par rapport à l’année précédente (+374 millions d’euros), grâce à la croissance des services aux particuliers (+2,2 %, soit +675 millions d’euros). La dynamique observée dans les services aux particuliers a été partiellement compensée par un recul des services aux entreprises (-3,9 %, soit -229 millions d’euros). La région Afrique et Moyen-Orient a été le principal moteur de cette croissance, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12,2 % (+918 millions d’euros), porté par la progression de ses quatre principaux leviers de croissance (+18,6 % pour les données mobiles, +18,4 % pour le haut débit fixe, +18,0 % pour Orange Money et +10,4 % pour le B2B).

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En France, la performance commerciale a été solide, avec un trimestre record pour la fibre (les meilleurs gains nets depuis le quatrième trimestre 2022). Dans un marché toujours concurrentiel, la croissance des services aux particuliers hors PSTN2 a été de +0,6 % (68 millions d’euros) sur l’année. Les évolutions structurelles des services aux grossistes (-6,5 % ou -286 millions d’euros) ont continué de peser sur le chiffre d’affaires, entraînant un recul de 2,1 % (-377 millions d’euros) par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires en Europe a progressé de 2,2 % (+156 millions d’euros), principalement grâce à la croissance des services aux particuliers (+3,0 %).

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La tendance baissière du chiffre d’affaires d’Orange Business (-4,8 % ou -367 millions d’euros) s’explique à nouveau par la baisse du chiffre d’affaires des services fixes uniquement (-7,6 % ou -223 millions d’euros). La croissance du chiffre d’affaires d’Orange Cyberdefense a été dynamique (+6,8 % ou +80 millions d’euros), tandis que les services informatiques et d’intégration ont reculé (-2,3 % ou -86 millions d’euros) dans un contexte de marché informatique tendu. En termes de performances commerciales, le Groupe a conservé sa position de leader de la convergence en Europe (France incluse), avec un total de 9,3 millions de clients convergents (+1,9 %). Les services mobiles ont totalisé 272,8 millions d’accès dans le monde (+7,8 %). Les services fixes ont totalisé 38,1 millions d’accès dans le monde (-0,6 %), dont 16,5 millions d’accès au très haut débit, un segment qui a continué d’afficher une forte croissance (+13,0 %).

Chronique- Ces détails, de vrais standards pour hisser vers le haut nos villes

Un aéroport peu défraichi, mal entretenu, à la signalétique qui laisse à désirer, des voies de communications trop étroites, sujettes à d’incessants embouteillages que le tintamarre de klaxons rend lassants… d’inutiles marchandages qu’un affichage obligatoire des prix priverait le grand public, sont des tares à corriger sans délai, pour inscrire nos agglomérations dans le gotha des endroits agréables à vivre, où le taux de retour peut être élevé, pour un étranger.

L’Afrique s’urbanise de plus en plus. Le taux d’urbanisation va doubler d’ici 2050, passant de 40 à 70%. En termes de population, environ 1,4 à 2,5 milliards personnes vivront alors dans les villes. Il ne faut pas se leurrer, certaines de nos villes sont trop bruyantes, pas proprettes du tout. D’autres sentent mauvais ! Ces assertions sont à peine exagérer.

Nos villes côtières, qui sont gratifiées par Dame Nature d’un climat idéal, avec une température moyenne de 25°C, voient quasiment toutes leurs eaux usées déversées directement dans l’océan, sans prétraitement ! La résultante ce sont des eaux de baignade de piètre qualité, une cueillette conchylicole à interdire… au moins, le temps d’assainir. Pour des plages, arborant le Pavillon Bleu, il faudra revenir !

Aujourd’hui, il est grand temps de s’asseoir autour d’une table, pour établir les états généraux de nos villes. Aucun aspect ne doit être négligé. De la restructuration des villes existantes au respect strict de schémas directeurs des nouvelles. De larges avenues, un aménagement urbain qui laisse la place aux espaces verts où des espèces endémiques doivent être privilégiées, des lieux de loisirs, de culte et des commerces, et des places publiques doivent être au cœur de tels travaux. Dieu sait que nous disposons de compétences en la matière qui ne demandent qu’à s’exprimer. C’est tout bénef, dans la mesure où de tels chantiers génèreraient emplis et revenus.

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Une fois que le cadre est bien assaini et que les espaces sont bien dégagées, quid de la bienséance ? Dans nombre de nos villes, un transport par taxis « clandos »- comprenez clandestins- est exercé et toléré, en parallèle à un autre, officiellement reconnu. Vu que certaines autorités se complaisent dans un certain capharnaüm hérité, le bouchon est poussé plus loin ! Au lieu d’accroître le nombre de taxis officiels et imposer le retour du compteur sur les taxis, avec un tarif minimum pour une course, elles laissent les citoyens à la merci des chauffeurs pour des marchandages qui peuvent être interminables. Pourtant, une rapide extrapolation, relativement aux données économiques et pratiques courantes, permettrait de fixer un tarif homologué au km et accepté par tous. Il est grand temps. Une ville, comme Dakar au Sénégal, qui doit organiser les JOJ en novembre 2026, doit se mettre au pas, sans délai. Des lois sur la liberté des prix et la concurrence aideraient beaucoup à hisser la qualité des commerces et des produits. La qualité finirait par prendre le dessus sur la non qualité.

Au nom du mieux-être

Concernant le bruit, il faudra légiférer s’il le faut. Dans tous les cas, des spots publicitaires dans les médias y compris les réseaux sociaux aideraient à lutter contre la course aux décibels. Et ceux, qui érigent des tentes dans les rues ou désirent organiser des « concerts », n’auront qu’à louer des espaces dédiés, à l’image des discothèques enfouies dans d’épais murs au 3ème sous-sol…

A mon avis, un dernier point à trait à la logistique, principalement le transport routier. Un trafic routier bien fluide est impossible sans de larges voies ou qui sont élargies, avec des carrefours et virages à la bonne dimension, et dotées de feux tricolores. C’est un minimum. Rester sur du « 2 fois voies », balisées de trottoirs de 15 cm, pendant deux décennies, alors que le parc automobile ne fait que s’accroître, c’est à peine croyable.

Mettons nos villes en chantiers pour améliorer, le bien vivre et les hisser aux standards des métropoles respectées à travers le monde.  

Agriculture : entre blocages des stocks et impayés, la détresse des producteurs de cacao ivoiriens  

En Côte d’Ivoire, la filière cacao est depuis le début de l’année confrontée à crise majeure de commercialisation. Cette dernière s'est caractérissée par un blocage des exportations et une chute brutale des cours mondiaux après que ces derniers ont atteint leur plus haut niveau fin 2024. (Crédit : DR).

L’Afrique fournit 60% de la production mondiale de cacao et la Côte d’Ivoire est le premier producteur du continent, selon l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO). Mais le pays qui subit le diktat des prix du marché fixés par les bourses internationales doit faire face aux alliés de la fluctuation des prix en baisse depuis fin 2024. Face à ces aléas, les producteurs sont les plus impactés, malgré les mesures prises par l’Etat ivoirien.

En Côte d’Ivoire, la filière cacao est depuis le début de l’année confrontée à crise majeure de commercialisation. Cette dernière s’est caractérissée par un blocage des exportations et une chute brutale des cours mondiaux après que ces derniers ont atteint leur plus haut niveau fin 2024. Selon les estimations des associations de producteurs de cacao ivoiriens, plus de 700 000 tonnes de cacao sont actuellement entre les mains des producteurs ou stockés dans des ports.  Pour cause, un décalage entre les prix fixes de 2 800 FCFA/kg pour 2025-2026, garantis par l’Etat et les prix du marché mondial qui ont chuté de 12 000 FCFA/kg en fin 2024 à environ 4200 FCFA/kg début 2026. Une baisse de près de 70% du kg de cacao faisant que les exportateurs s’abstiennent d’acheter car le prix bord champ est jugé trop élevé par rapport au marché international. Les producteurs, privés de revenus, ne peuvent plus couvrir leurs besoins vitaux. Face au risque de crise sociale, le gouvernement ivoirien via le Conseil Café Cacao a lancé fin janvier 2026 un programme de rachat des stocks. L’objectif est de racheter jusqu’à 100 000 tonnes d’ici fin mars 2026 pour un coût estimé à 280 milliards de FCFA afin d’injecter des liquidités dans la filière. 

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La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de fragilité prolongée. En effet, la campagne 2023/2024 s’est achevée sur un déficit mondial, avec une production ivoirienne tombée à environ 1,76 million de tonnes contre près de 2,2 millions habituellement. Aussi, le phénomène El Niño a provoqué des sécheresses et des pluies irrégulières, favorisant des maladies qui ravagent les plantations. Malgré les hausses de prix affichées, plus de la moitié des producteurs vivent toujours sous le seuil de pauvreté, gagnant moins de 1,15 $ par jour selon la Banque mondiale. Le secteur, qui représente 14 % du PIB ivoirien et fait vivre plus de 5 millions de personnes, reste dans l’attente d’une stabilisation des marchés internationaux pour débloquer totalement la chaîne de valeur. 

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Economie : Lancement de l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique à Dakar

Aux participants à l'atelier, il a demandé des propositions de financements y compris innovants, avec un séquençage cohérent, espérant une nouvelle impulsion du cinéma sénégalais. (Crédit : AI).

Organisé par le Cabinet du Secrétariat d’Etat à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique, sous l’égide du ministère sénégalais de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, et en collaboration avec un certain nombre de professionnels et de partenaires, l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, prévu sur 03 jours, a été officiellement entamé, mardi 10 février 2026 à Dakar.

L’industrie du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique est génératrice de revenus et d’emplois. Le Sénégal est un grand pays de cinéma ! Les initiateurs de l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, qui ont présenté, mardi 10 février 2026 à Dakar, cet ambitieux programme, en présence des autorités de tutelle, d’acteurs du monde du cinéma sénégalais et de partenaires, ne s’y sont pas trompés. Ils croient dur comme fer avoir misé sur le bon cheval. On peut le croire, à l’issue du round up du cinéma sénégalais sur 70 ans, réalisé par Gélongal et projeté à l’entame de la cérémonie d’ouverture officielle. C’est un sous-secteur riche qui ne demande que les moyens de rayonner davantage.

Sous la présence effective de M. Amadou Ba, ministre la Culture, de l’artisanat et du tourisme, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que des partenaires et d’ambassadeurs de pays amis, mais aussi de membres du Réseau Africain du cinéma présents à Dakar, les travaux ont démarré. Avant de procéder à l’ouverture officielle, il a loué l’engagement des professionnels dans leur volonté d’accompagner l’Etat du Sénégal. Un Etat qui entend imprimer des inflexions majeures dans ce sous-secteur, durant la période 2026-2030, et dans le moyen terme, en phase avec la Vision Sénégal2050. Le ministre a mis l’accent sur les nombreux Prix et Distinctions remportés par le cinéma sénégalais à l’étranger, entre 2012 à 2026, tels que Etalon de Yenenga, Tanit d’Or et d’Argent, aux Sotigui Awards, au Festival de Cannes, à la Berlinale… Aux acteurs qui œuvrent dans un Art de la liberté qui permet d’écrire l’histoire, un art qui n’est pas neutre, le ministre de tutelle a attiré l’attention sur le rôle important qu’ils peuvent jouer dans la prise de conscience des populations. Un art qui englobe les séries TV dont le rayonnement dépasse nos frontières. Ce fut l’occasion pour M. Amadou Ba se s’incliner sur la mémoire de la cinéaste-journaliste Halima Gadji qui nous a récemment quitté, ainsi que tous les autres grands noms de la profession. Il n’a pas non plus occulté les grands défis en face, dans un secteur à fort potentiel. Un sous-secteur, à même de générer 5 milliards de $ de CA et 5 millions d’emplois, selon des chiffres de l’Unesco, qu’il a rapportés. Pourtant à son avis, il reste sous exploité et pourrait atteindre 20 milliards sui les différents intervenants arrivent à conjuguer leurs efforts. Certes du côté de l’Etat sénégalais, des salles de cinéma sont ouvertes et des unités mobiles lancées, le FOPICA (Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle) finance tant bien que mal, d’autres mécanismes existent, tels que la Loi n° 2002-18 du 15 avril 2002, portant règles d’organisation des activités de production, d’exploitation et de promotion cinématographiques et audiovisuelles, mais d’autres défis et enjeux ont trait à la révision du Code cinématographique, à l’amélioration des compétences, à la reconstitution du patrimoine… Aux doléances pour des infrastructures culturelles et cinématographiques à Dakar et dans les régions, telles que l’instauration d’un Centre national cinématographique, à l’instar du CMC (Centre marocain de cinématographie), il a rassuré les uns et les autres. Ce combat devra être porté par tous, ainsi que celui de la formation et de l’adaptation au numérique et à l’IA. Aux participants, il a demandé des propositions de financements y compris innovants, avec un séquençage cohérent, espérant une nouvelle impulsion du cinéma sénégalais.

La construction de notre propre récit

Qui mieux que le cinéaste Moussa Sène Absa pouvait mieux introduire la rencontre ? Il souligné que c’est une belle occasion qui leur est ainsi offerte pour jeter les bases d’un renouveau, de l’avenir du cinéma, avec Plan stratégique et d’actions chiffré. « Le Sénégal est une terre de cinéma, de récits… C’est une terre qui a construit le lit de plusieurs cinémas d’Afrique, voire du monde. » a-t-il ajouté.  Saluant tous les honneurs à l’actif du cinéma sénégalais, de Ben Diogoye Bèye, à Sembène Ousmane, en passant par Alain Gomis, et fier d’être sénégalais et africain, celui que le milieu nomme affectueusement « doyen » ou « père » n’en a pas moins attiré l’attention sur le contexte actuel, marqué par le doute et des questionnements. De son avis, c’est l’heure du Back to the basics. Il n’a pas manqué de précisé « Nous avons besoin de fondamentaux et d’aller de l’avant dans la construction de notre propre récit, à défaut de voir les autres construire notre dynamisme. »

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Au cours de son intervention, Moussa Sène Absa a noté que lorsqu’il donne des cours au Centre Yennenga d’Alain Gomis, il évoque souvent un certain nombre d’enjeux. Outre la production d’un Centre cinématographique, il met l’accent sur la Formation (A good film is a good story and vice-versa), sur l’érection d’une Cité du Cinéma et sur le Festival du cinéma de Dakar.

Lui succédant M. Germain Coly, à la tête de la Direction de la Cinématographie et de l’audiovisuel, présentera les TDR (Termes de références) de l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, ou Atelier de construction collective, devant servir de véritable feuille de route du sous-secteur. Il s’agit de Formation & Patrimoine, Economie, Fiscalité & Cadre légal, le Marché & la Diffusion, «et enfin la Gouvernance. Dans un contexte économique, marqué au Sénégal et en Afrique par des flux tendus par endroits, il a magnifié son potentiel économique. Pour le Directeur général de la Cinématographie et de l’audiovisuel, les revenus qu’on peut y tirer peuvent être quadruplés. Profitant de l’élan actuel et de la bonne volonté politique de l’Etat sénégalais (Vison Sénégal2050), couplé à l’ère du numérique et de l’IA qui permet de comprimer les coûts de production, il trouve qu’un saut qualitatif peut être réalisé. Précisant la méthodologie de travail des différents sessions de cet atelier dont les recommandations serviront de rampe de lancement aux Etats Généraux de la Culture que le ministre Amadou Ba a annoncés.   

Infrastructures : Le Sénégal porte d’entrée de Dubai Port World (DPW) sur l’Afrique occidentale et le monde

Une étude menée par Oxford Economics et rendue publique mardi dernier à Dakar - portant sur l’impact socio-économique des activités de Dubaï Port World (DPW) au Sénégal - révèle que la société émiratie a contribué en moyenne à hauteur de 555 milliards de francs CFA au PIB du pays et à des recettes fiscales estimées à plus de 112 milliards FCFA, entre 2022 et 2024, compte non tenu de près de 170 000 emplois créés. Photo : vue aérienne du port autonom de Dakar (PAD) - @PAD

Avec plus d’un milliard USD d’investissements, l’entreprise émiratie Dubai Port World mène son plus gros investissement portuaire en Afrique de l’Ouest au Sénégal. Des projets qui tournent autour du Port Autonome de Dakar (PAD) et du Port minéralier en eau profonde de Ndayane. Au-delà du dynamisme économique engendré par ce projet pour le Sénégal, révélé dans une étude récente, ces investissements offrent à l’entreprise du golfe une position avantageuse et une ouverture sur le reste du monde du fait de la position stratégique du Sénégal sur la façade ouest atlantique.

Une étude menée par Oxford Economics et rendue publique mardi dernier à Dakar – portant sur l’impact socio-économique des activités de Dubaï Port World (DPW) au Sénégal – révèle que la société émiratie a contribué en moyenne à hauteur de 555 milliards de francs CFA au PIB du pays et à des recettes fiscales estimées à plus de 112 milliards FCFA, entre 2022 et 2024, compte non tenu de près de 170 000 emplois créés.  Les activités de DPW se sont en parties traduites par une contribution moyenne annuelle au PIB de 3,8% équivalant à 1,1 milliard USD par an. Pour l’emploi, c’est plus 170 000 emplois soutenus dans tout le pays (soit 3,1 % de l’emploi national) et des recettes fiscales soutenues de l’ordre de 203 millions USD en moyenne par an, correspondant à 3,5 % des recettes fiscales du pays. La cérémonie de partage des conclusions de l’étude sur la contribution socio-économique de DP World au Sénégal s’est déroulée le mardi 03 février à Dakar, en présence du directeur de DP World Dakar, Clarence Rodrigues, de la ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Fatou Diouf, et du directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, entre autres officiels Sénégalais.

Le Sénégal : un pôle stratégique vers l’Afrique et le monde portuaire

Par ailleurs, le terminal Dubai Port World (DPW) de Dakar est la principale porte d’entrée maritime d’Afrique de l’Ouest de la compagnie émiratie, car il est stratégiquement situé pour connecter le commerce régional aux marchés mondiaux. Doté d’une technologie de manutention de pointe, d’opérations portuaires efficaces et de solides liaisons multimodales avec les corridors commerciaux intérieurs, il facilite la circulation fluide des marchandises à travers l’Afrique et au-delà, stimulant ainsi la croissance économique et la résilience des chaînes d’approvisionnement dans toute la région, explique la compagnie Dubai Port World (DPW). Grâce à ses opérations logistiques ancrées dans le port de Dakar et au développement du port en eau profonde de Ndayane, DP World adopte une approche intégrée réunissant terminaux, entreposage, coordination douanière et transport multimodal au sein d’une opération optimisée.

« En transformant des services indépendants en une solution logistique unifiée, nous proposons des services de logistique contractuelle et de transport de marchandises plus rapides, plus intelligents et plus résilients », précise Dubai Port World sur son site.

Au Sénégal, les projets de DP World sont parmi les plus importants de la sous-région. D’abord le port de Ndayane, en eau profonde, située à près de 50 Km de la capitale devrait désengorger la ville et faire du pays un hub logistique majeur pour l’Afrique de l’Ouest. C’est un projet de 1,2 milliards USD, qui seront financé à hauteur de 850 millions de dollars par DP World en partenariat avec l’organisme anglais, British International Investment (BII). Les travails entamés en 2024 devront s’achever en 2028. Aussi DPW compte développer une Zone Economique Spéciale (ZES) de 600 hectares autour de l’aéroport International Blaise Diagne (AIBD) et de la nouvelle ville de Diamniadio. La modernisation du Port Autonome de Dakar (PAD) est l’autre volet de ce partenariat. Depuis plus d’une décennie, DPW a investi près de 300 millions USD pour moderniser l’infrastructure, faisant passer sa capacité de traitement de 300 00 à 800 000 EVP (équivalent vingt pieds) en 2023.

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Chronique- Quels clés pour un transport aérien performant

Ethiopian Airlines ne connaît pas la crise. Lundi 20 avril, depuis le siège de Boeing près de Washington, le PDG du groupe, Mesfin Tasew, a officialisé la conversion de six options en commandes fermes de Boeing 787-9 Dreamliner, portant à 26 le nombre total d'appareils de ce type attendus par la compagnie à partir de 2028. (Crédit : Ethiopian Airlines)

Atterrir sur certains aéroports en Afrique au sud du Sahara est souvent synonyme de désolation. Des tarmacs, quasi-vides, avec 02 ou 03 avions au maximum! Dans un tel secteur, où la croissance peut-être très rapide et importante, très au-delà de la moyenne mondiale, mais avec des marges très faibles (environ 1,3 % en moyenne) pour les compagnies africaines, les performances de leaders, tels qu’Ethiopian Airlines, peuvent inspirées.

En Afrique au sud du Sahara, le secteur aérien peut-être très porteur. Pourtant, le constat reste jusqu’à présent amer, avec des sociétés ou offices nationaux de gestion des aéroports et des compagnies aériennes surendettées ou qui battent de l’aile. Les coûts élevés et des barrières structurelles, pour ne citer que ceux-là, grèvent les marges des compagnies aériennes.

A mon avis, en se concentrant sur un certain nombre de facteurs clés, le transport aérien dans cette partie du continent peut profiter d’un avenir radieux. Le premier poste pour grandir est d’avoir une flotte moderne, bien entretenue et durable. Rappelons qu’aux indépendances, certaines compagnies, qui desservent maintenant pratiquement tout le continent, ne disposaient que d’un seul avion. Un avion, exposé actuellement dans un musée et qui- figurez-vous- vole toujours.

Ensuite, il faudra s’attaquer à la réduction de coûts opérationnels et fiscaux. L’allègement des taxes aéroportuaires, de surcharges carburant ou encore des redevances, parmi les plus élevés au monde, ajouté à la résolution des fonds bloqués, peuvent être un accélérateur de la rentabilité.

Un autre grand chapitre a trait à rendre effective la libéralisation du marché aérien (Open Sky). Une lueur d’espoir scintille avec la mise en œuvre réelle de la Décision de Yamoussoukro ou SAATM (Single African Air Transport Market). Elle a enregistré plus de 38 signataires en 2025-2026. Toutefois, l’application concrète, c’est-à-dire la 5ème liberté, la suppression des restrictions) reste inégale.

La suppression de taxes punitives (ticket, tourisme, solidarité) permettrait de réduire les tarifs intra régionaux de 20 à 40%, aux dessertes point à point à ouvrir dare-dare. Un focus doit être mis sur l’intra africain (Dakar- Casablanca, Dakar- Brazzaville, Abidjan- Lagos, …) seulement 15 à 20% du trafic actuel). Pas besoin de rallier Banjul depuis Dakar, en remontant par  Londres ! Un exemple, à peine exagéré… La création de corridors ouverts, tels que Free Route Airspace en Afrique de l’ouest/Central depuis 2025, génèrerait des économies de carburant et de temps.

Management, Hubs connectés, vision à long terme…

Nos compagnies aériennes et nos sociétés de gestion des aéroports iraient de l’avant, si un management compétent et autonome, du genre Ethiopianization, couplé de partenariats stratégiques, est pratiqué. Outre le transfert de compétences, de tels partenariats faciliteraient la diversification des activités. Aux côtés du tourisme et transport de passagers, le fret express, le cargo, le low-cost régional, restent des nichent porteuses. En misant sur une flotte durable (SAF ou Sustainable Aviation Fuel) local, Hybride/ Electrique, eVTOL, nos compagnies pourraient être attractives pour des financements verts.

L’élan doit aussi aller vers le développement de Hubs puissants et dotés d’une connectivité régionale. Encore une fois, le modèle Ethiopian Airlines, avec le hub Addis-Abeba, ultra-efficace, doublé d’une flotte moderne et géré de façon autonome, permet des profits constants… D’autres hubs émergents, tels que Nairobi, Johannesburg, Lagos, Abidjan, Kigali… se dotent de nouveaux aéroports ou sont en extensions, avec des capacités pouvant monter jusqu’à 110 M pax/an, avec des chaines d’approvisionnement MRO (Maintenance) locale, ce qui a pour avantages une réduction des coûts et du temps d’immobilisation.

Les normes de sécurité doivent être au top et conformes à ICAO SARPs. C’est là un levier majeur pour attirer des investissements et des partenariats. Pour éviter les blacklists et autres restrictions, d’importants investissements doivent être mis dans la formation, la certification et les audits.

Transport : Les points clés de l’accord Cameroun – Qatar Airways

Avec la ratification officielle, le 29 janvier 2026, de l'accord de transport aérien entre Yaoundé et Doha, le Cameroun s'offre un accès direct au réseau de Qatar Airways. (Crédit : DR).

Avec la ratification officielle, le 29 janvier 2026, de l’accord de transport aérien entre Yaoundé et Doha, le Cameroun s’offre un accès direct au réseau de Qatar Airways. Mais au-delà du prestige de l’emblématique sur le tarmac de Douala et Yaoundé, quels sont les véritables enjeux économiques et stratégiques de ce mariage entre l’Afrique centrale et le géant qatari ? Plongée au cœur d’un partenariat qui promet de redessiner la carte du ciel africain.

Après la signature initiale de l’accord à Doha en janvier 2025, le décret présidentiel de janvier 2026 marque le début opérationnel de cette coopération. Le Cameroun devient ainsi une porte d’entrée majeure pour la compagnie qatarie en Afrique centrale (zone CEMAC). L’accord prévoit une liberté de traficc avec des droits de trafic illimités et sans restriction pour les vols de passagers et de fret. Les aéroports de Douala et de Yaoundé-Nsimalen sont retenus comme première destinations pour accueillir les vols directs depuis Doha. L’arrivée de Qatar Airways devrait stimuler la concurrence, ce qui pourrait entraîner une baisse du prix des billets d’avion pour les Camerounais vers l’Asie et le Moyen-Orient.

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Le partenariat vise à désenclaver le Cameroun sur le plan international par accès direct au réseau mondial de Qatar Airways qui regroupe plus de 170 destinations. Par ricochet, il s’agit pour le Cameroun d’augmenter ses recettes fiscales aéroportuaires et le développement de l’exportation de produits agricoles camerounais vers les pays du Golfe. Des discussions sont en cours pour une coopération technique avec Camair-Co, afin d’aider la compagnie nationale à se restructurer et à devenir un transporteur régional de référence. En nouant ce partenariat, le Cameroun se positionne pour briser le quasi-monopole d’Ethiopian Airlines sur les trajets vers l’Est. C’est un signal fort pour les investisseurs et les touristes du Moyen-Orient et d’Asie, rendant la destination Cameroun plus « visible » et accessible. Mais le succès de ce partenariat dépendra aussi de la modernisation des infrastructures au sol (qualité de l’accueil, rapidité des services douaniers) pour répondre aux standards de Qatar Airways, qui s’est fait plusieurs fois distingués pour la qualité de son service.

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L’arrivée de Qatar Airways au Cameroun, bien plus qu’une simple formalité administrative ; est un catalyseur de croissance. Si le passager camerounais y gagne en confort et en connectivité mondiale, l’économie nationale, elle, se dote d’un levier puissant pour booster son commerce et son attractivité. Le défi reste désormais de taille : les infrastructures aéroportuaires nationales sauront-elles se hisser à la hauteur des standards d’excellence de Doha ? Une chose est sûre, le décollage est désormais acté, et le Cameroun semble enfin prêt à prendre son envol sur la scène internationale.

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