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AES-CEDEAO : La guerre des corridors recompose le commerce ouest-africain

Depuis la sortie définitive du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, actée le 29 juillet 2025, la géographie commerciale de l’Afrique de l’Ouest se réinvente à marche forcée. (Crédit : DR).

Depuis la sortie définitive du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, actée le 29 juillet 2025, la géographie commerciale de l’Afrique de l’Ouest se réinvente à marche forcée. Entre ruptures institutionnelles et pragmatisme économique, de nouveaux corridors d’échanges émergent, redessinant les routes de transit et distribuant les rôles entre ports, États et opérateurs. Une reconfiguration profonde, porteuse d’opportunités autant que de fragilités.

Dans ce contexte, le Togo s’est imposé comme le grand bénéficiaire de la recomposition régionale. Les statistiques de fin août 2024 montrent que les échanges du Togo avec les pays de l’AES représentent 74 % de l’ensemble de ses échanges, contre 64 % il y a cinq ans, soit une progression de 10 points , selon Philippe Tchodie, Commissaire général de l’Office Togolais des Recettes. Le port de Lomé, classé entre le 93e et le 96e rang mondial des ports à conteneurs en 2024, s’est hissé au rang de porte d’entrée privilégiée du Sahel enclavé, au détriment du port de Cotonou, pénalisé par la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger.

L’interconnexion douanière Lomé-Bamako, une révolution logistique

Pour sécuriser et formaliser ces flux, des mesures concrètes sont en cours. Le projet d’interconnexion des systèmes d’informations douanières entre le Togo et les pays de l’AES a amorcé sa phase pilote le 10 mars 2025, avec pour premier axe le corridor Lomé-Bamako. Ce système, fondé sur le logiciel Sydonia World, est appelé à s’étendre au corridor Lomé- Ouagadougou-Niamey. L’objectif : accélérer le transit des marchandises, réduire la fraude douanière et sécuriser les recettes fiscales des États partenaires. Une avancée saluée en juin 2024 par Adama Ilboudo, directeur général des douanes du Burkina Faso, lors de la signature de l’accord d’interconnexion.

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Le port de Lomé n’est pas seul dans la bataille. À la suite de l’embargo de la CEDEAO sur le Mali en 2022, le Port Autonome de Conakry a réussi à monter de moins de 5 % à 20 % du trafic malien. En mai 2024, 11 000 tonnes de blé ont transité par Conakry pour Bamako, et 65 500 tonnes de blé russe ont emprunté le même corridor en fin d’année. Parallèlement, un protocole de coopération a été formalisé pour le corridor Conakry-Ouagadougou, avec la perspective d’ouverture d’un bureau de liaison togolais dans l’enceinte portuaire. Les ports de Nouakchott et de Dakhla, via le Maroc, constituent d’autres alternatives en gestation pour contourner les dépendances traditionnelles.

 La BCEAO et l’UEMOA, ciment d’une intégration résiduelle

 Malgré la fracture politique, un lien monétaire et économique subsiste entre AES et CEDEAO. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont toujours membres de l’UEMOA, qui leur garantit la libre circulation des biens et des personnes avec les pays membres de cette union. Seuls les échanges avec les pays de la CEDEAO n’appartenant pas à l’UEMOA sont affectés par leur retrait. Sur le plan budgétaire, l’AES a introduit depuis mars 2025 un Prélèvement Communautaire de 0,5 % sur les importations en provenance de pays tiers, à l’exception notable des États de l’UEMOA, préservant ainsi un socle commun d’intégration.

La Banque confédérale, levier de souveraineté économique

Pour aller au-delà de la simple gestion des corridors existants et financer de nouvelles infrastructures, l’AES mise sur une institution propre. Le 23 mai 2025, les ministres des Finances de l’AES ont adopté les statuts fondateurs de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Cette banque a vocation à financer les grands projets d’infrastructure, d’énergie et d’industrialisation, réduisant ainsi la dépendance financière extérieure. Les projections estiment qu’un corridor pleinement opérationnel pourrait réduire de 20 à 30 % les coûts d’importation-exportation, générer jusqu’à 150 000 emplois d’ici 2035 et stimuler les échanges commerciaux de plusieurs milliards de dollars.

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BT EXPERTISE : Le cabinet qui arme les entreprises africaines face aux défis sécuritaires du numérique

Comment rester performant tout en protégeant ses actifs ? C’est précisément la question à laquelle tente de répondre BT Expertise (BTE), un cabinet de conseil basé à Dakar, qui affiche l’ambition de rendre les organisations résilientes, compétitives et conformes aux standards internationaux. (Crédit : Dr).

Dans un monde où la digitalisation s’accélère et les cybermenaces se multiplient, les entreprises africaines se trouvent à un tournant stratégique. Comment rester performant tout en protégeant ses actifs ? C’est précisément la question à laquelle tente de répondre BT Expertise (BTE), un cabinet de conseil basé à Dakar, qui affiche l’ambition de rendre les organisations résilientes, compétitives et conformes aux standards internationaux.

Fondé pour accompagner les banques, entreprises et entités publiques de la sous-région ouest-africaine, BT Expertise s’est construit autour d’une conviction : la performance durable ne peut exister sans une maîtrise rigoureuse des risques et une transformation digitale bien conduite. Le cabinet intervient aussi bien en local qu’à l’échelle régionale, avec une approche méthodologique structurée et un accompagnement sur mesure à chaque étape d’un projet.

Quatre pôles d’expertise, une vision intégrée

BTE articule son expertise et ses innovations autour de quatre domaines d’intervention complémentaires, auxquels s’ajoutent un pôle formation et une gamme de solutions propriétaires. La cybersécurité et la sécurité des systèmes d’information constituent le cœur historique du cabinet. De la gouvernance à la cyber-résilience, en passant par la détection d’incidents et la gestion de crise, la société déploie des dispositifs opérationnels complets pour protéger les actifs numériques de ses clients. La gouvernance, le risque et la conformité (GRC) représentent le second pilier. Cartographie des risques, contrôle interne, audit de conformité, mise en conformité réglementaire : le cabinet adopte une approche globale et intégrée pour aider ses clients à piloter efficacement leurs activités, à anticiper les sanctions et à prendre des décisions fondées sur des faits. La digitalisation et l’automatisation des processus constituent le troisième axe. Il s’agit, en effet, d’aider les acteurs du public et du privé africain dans l’élaboration de stratégies digitales adaptées, le pilotage de projets de transformation et le développement d’applications web et mobiles intégrant l’intelligence artificielle. L’objectif visé étant d’améliorer la rentabilité et l’expérience client. La prévention et la lutte contre la fraude complètent le dispositif. Dans un secteur financier de plus en plus exposé, BTE accompagne les organisations dans le renforcement de leur gouvernance anti-fraude, à cartographier les risques associés et à mettre en place des mécanismes de détection et de traitement diligents.

L’innovation par des solutions logicielles propriétaires

Au-delà du conseil, BTE se distingue par une suite de solutions technologiques, développées en interne. D’abord l’E-SSI a été conçu pour la gouvernance automatisée de la sécurité des SI et l’E-AVR pour la gestion des vulnérabilités par actifs. Puis l’E-LCF a été dédiée à la prévention et la détection de la fraude sur les transactions, alors que l’E-DIGITAL se focalise sur la digitalisation et l’automatisation. Enfin, le cabinet innove avec son outil l’E-GRC consacré au pilotage intégré des risques encourus, ainsi que par l’usage de l’E-GRH pour la gestion automatisée des ressources humaines. Ces outils permettent à chaque organisation, quelle que soit sa taille ou son secteur, de disposer d’un arsenal technologique moderne permettant de gagner en temps et en efficacité, sans avoir à développer ces briques en interne.

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Africa Forward à Nairobi : le rendez-vous économique Afrique-Europe s’ouvre le 11 mai

Le 11 mai 2026, l'Université de Nairobi accueillera le forum d'affaires "Africa Forward | Inspire & Connect", un événement inédit co-organisé par Bpifrance, Business France et Proparco sous le haut patronage d'Emmanuel Macron et William Ruto. (Crédit : AFD)

Le 11 mai 2026, l’Université de Nairobi accueillera le forum d’affaires « Africa Forward | Inspire & Connect », un événement inédit co-organisé par Bpifrance, Business France et Proparco sous le haut patronage d’Emmanuel Macron et William Ruto. Plus de 1 500 décideurs économiques sont attendus pour repenser les liens entre l’Afrique, la France et l’Europe.

C’est dans l’enceinte symbolique de l’Université de Nairobi que se tiendra, ce lundi 11 mai 2026, le forum « Africa Forward | Inspire & Connect ». Pensé comme un espace de dialogue et d’affaires à haute valeur stratégique, l’événement s’inscrit dans le cadre plus large du Sommet Africa Forward, qui ambitionne de redessiner les contours des relations économiques entre le continent africain, la France et l’Europe.

Un forum au sommet

Placé sous le haut patronage du président français Emmanuel Macron et du président kényan William Ruto, le forum bénéficie d’un soutien politique au plus haut niveau. Co-organisé par trois institutions : Bpifrance, Business France et Proparco (Groupe AFD), il rassemblera plus de 1 500 participants : investisseurs, dirigeants d’entreprises, décideurs publics africains, français et européens. Un plateau qui témoigne de l’ambition affichée par les organisateurs de faire de Nairobi un véritable carrefour de la coopération économique Nord-Sud.

Des secteurs stratégiques à la croisée des chemins

Au cœur des discussions : l’énergie, l’agro-industrie, le numérique, la santé et les villes durables. Autant de filières jugées déterminantes pour l’avenir du continent africain, et dans lesquelles les entreprises françaises et européennes entendent jouer un rôle de premier plan. Le forum se veut ainsi un pont entre les besoins de financement et de développement africains, et les capacités d’investissement et d’innovation venues d’Europe.

Finance : Maintien du rythme des fusions-acquisitions au premier trimestre 2026 en Afrique

En ce qui concerne les fusions-acquisitions en Afrique, le contexte de 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique déjà forte en 2025. Selon le rapport du cabinet Herbert Smith Freehills (HSF) Kramer, la valeur des opérations entrantes a progressé de plus de 40 % par rapport à 2024, et les opérations sortantes d’entreprises africaines ont bondi de près de 85 % en valeur. (Crédit : DR).

En ce qui concerne les fusions-acquisitions en Afrique, le contexte de 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique déjà forte en 2025. Selon le rapport du cabinet Herbert Smith Freehills (HSF) Kramer, la valeur des opérations entrantes a progressé de plus de 40 % par rapport à 2024, et les opérations sortantes d’entreprises africaines ont bondi de près de 85 % en valeur. L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya ont concentré environ 70 % de la valeur totale des fusions et acquisitions enregistrées sur le continent en 2025, avec respectivement 35 %, 20 % et 15 % de la valeur globale. Les secteurs les plus actifs sont la finance/fintech, l’énergie (pétrole, gaz, mines) et la consommation. Les secteurs les plus dynamiques demeurent la consommation avec plus de 180 transactions, portée par des acquisitions majeures en Afrique du Sud, suivi de l’énergie avec des opérations stratégiques en Côte d’Ivoire, au Kenya et au Nigeria, et les services financiers, reflétant l’intérêt croissant pour la bancarisation et les fintechs.  Le premier trimestre 2026 a été marqué par la continuité des dossiers de fusions et acquisitions entamées l’année précédente.

D’abord, dans le domaine énergétique, Vitol acquiert les actifs d’Eni en Côte d’Ivoire. Cette acquisition par Vitol des actifs d’Eni en Côte d’Ivoire et en République du Congo pour 1,65 milliard de dollars constitue l’une des opérations phares de la région. Elle renforce la présence de Vitol en Afrique tout en lui assurant un approvisionnement en GNL et des synergies commerciales. Cette opération illustre la tendance des majors pétrolières européennes à céder leurs actifs africains en faveur de leur transition énergétique. Une acquisition qui peut s’avérer une bonne affaire pour Vittol si l’incertitude liée à la volatilité des prix du pétrole, avec un baril à plus de 110 dollars fin mars, perdure au-delà de la guerre Israël-USA contre l’Iran.

Air Liquide se désengage de 12 filiales africaines

Toujours dans l’énergie, Air Liquide se désengage de 12 filiales africaines pour Erium Quels sont les dessous de ces cessations ? Air Liquide a finalisé la cession de ses participations dans 12 filiales en Afrique de l’Ouest, Centrale et dans l’océan Indien au fonds de private equity Adenia IV (Adenia Partners), qui opère désormais sous la marque Erium. L’opération couvre entre autres le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Togo. Cette opération ne date pas de 2026 mais de l’été 2024. L’acquisition a été officiellement finalisée le 22 juillet 2024, après avoir été annoncée pour la première fois en mars 2024. Elle marque la naissance d’Erium, groupe panafricain leader des gaz industriels et médicaux, qui remplace désormais la marque Air Liquide au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Madagascar, Mali, République Démocratique du Congo, Sénégal et Togo. Les 12 entités cédées représentaient moins de 10 % du chiffre d’affaires du groupe – un signal fort sur le poids relatif de ces marchés dans la stratégie globale de l’entreprise.

Mariage Flutterwave – Mono, deux acteurs majeurs de la Fintech africaine

Au Nigeria, le trimestre a été marqué entre autres par le mariage Flutterwave – Mono, deux acteurs majeurs de la Fintech africaine Le 5 janvier 2026, Flutterwave, la plus grande fintech africaine, a acquis la startup nigériane d’open banking Mono dans une transaction entièrement en actions évaluée entre 25 et 40 millions de dollars. Cette acquisition réunit deux acteurs majeurs des infrastructures fintech africaines. La transaction est décrite comme le signal d’ouverture d’une vague de consolidation du secteur fintech en Afrique. Le mariage Flutterwave–Mono n’est pas simplement une acquisition de plus : c’est le premier acte d’une recomposition profonde de l’infrastructure fintech africaine, où les acteurs de taille moyenne devront choisir entre fusionner, pivoter ou disparaître. Malgré l’optimisme généré par l’accord, la Banque Centrale du Nigéria (CBN) n’a pas encore approuvé le lancement opérationnel de l’open banking, émettant des réserves sur la question de l’accès aux données personnelles.

Bourse : First Atlantic Bank rejoint le Ghana stock exchange

La cotation en bourse de First Atlantic Bank (FAB) sur la Ghana Stock Exchange en décembre 2025 a permis à PCM Capital Partners de réaliser une sortie complète – un indicateur fort de liquidité pour le capital-investissement en Afrique de l’Ouest. Le Ghana Stock Exchange a été le marché africain le plus performant en 2025, avec un rendement annuel de 79,43 %. Cette opération intervient dans un contexte particulièrement porteur pour la place ghanéenne. Le Ghana Stock Exchange avait terminé l’année 2025 comme le marché africain le plus performant, affichant un rendement annuel exceptionnel de 79,43 %. Une performance qui reflète le regain de confiance des investisseurs envers l’économie ghanéenne, après plusieurs années marquées par une crise macroéconomique sévère et un programme d’ajustement imposé par le Fonds monétaire international (FMI).

Fusion entre Robex Resources et Predictive Discovery dans les mines

Dans le secteur minier la fusion entre Robex Resources et Predictive Discovery illustre la tendance actuelle à la consolidation des sociétés aurifères de taille moyenne. L’entité fusionnée renforce ses ressources et ses réseaux de production, se positionnant comme un acteur régional majeur du secteur aurifère. Le nouvel ensemble se veut désormais comme un acteur régional de référence dans le secteur aurifère ouest-africain, avec une présence renforcée au Ghana et des ambitions de croissance qui pourraient se traduire par de nouvelles acquisitions dans les mois à venir. À l’heure où le cours de l’or évolue à des niveaux historiquement élevés, cette fusion tombe à point nommé pour tirer parti d’un environnement de marché particulièrement favorable.

 La BEAC à l’action pour un marché unifié de la CEMAC

La BEAC a lancé, le 17 mars 2026, un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner quatre entreprises qui bénéficieront de la prise en charge de leurs frais d’introduction en bourse sur la Bvmac (Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, basée à Douala). Ce mécanisme incitatif vise à développer le compartiment actions du marché financier unifié de la CEMAC. Cette démarche intervient dans un contexte où plusieurs places boursières africaines intensifient leurs efforts pour attirer de nouveaux émetteurs, dans un environnement de concurrence croissante entre marchés du continent. La Bvmac, longtemps perçue comme l’une des bourses les moins actives d’Afrique subsaharienne, cherche ainsi à se repositionner comme un véritable moteur du financement de l’économie centrafricaine.

Finance : Deal bancaire panafricain entre Afrique de l’Est – Ouest

L’opération la plus emblématique du début 2026 concerne l’Afrique de l’Est, mais a des répercussions dans l’espace CEDEAO. En effet, Nedbank (Afrique du Sud) a soumis le 21 janvier 2026 une offre pour acquérir 66 % de NCBA Group (Kenya) pour environ R13,9 milliards (~856 millions USD). Le 19 février, la Capital Markets Authority du Kenya a accordé une exemption réglementaire clé, permettant à Nedbank de procéder à son acquisition partielle sans lancer une OPA totale. L’importance de cette opération pour l’espace UEMOA tient au fait que NCBA opère en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, en plus de son réseau principal en Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda).

Maroc : Effervescence du marché des fusions acquisitions

Le Maroc a enregistré près de 100 opérations de fusions-acquisitions en 2025, soit une progression de 65 % par rapport à l’année précédente – l’une des plus fortes du continent. Une accélération spectaculaire qui place le pays juste derrière les trois géants que sont l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya. En 2026, le marché marocain des fusions acquisitions est stimulé par les stratégies de diversification (Génération Green, Plan Azur) et une attractivité renouvelée pour les investissements directs étrangers.

Côte d’Ivoire – FMI : nouvelle coqueluche des bailleurs de fonds, Abidjan récompensé de sa discipline financière

Alors que des pays comme le Sénégal peinent à convaincre les bailleurs de fonds, un accord conclu au niveau des services du Fonds monétaire international (FMI) le 30 avril 2026 ouvre la voie à un déblocage massif de fonds en faveur d'Abidjan. Fruit d'années de réformes budgétaires et d’amélioration du climat des affaires, cette enveloppe de près de 844 millions de dollars confirme la trajectoire solide d'une économie ouest-africaine en pleine ascension. (Crédit : DR)

Alors que des pays comme le Sénégal peinent à convaincre les bailleurs de fonds, un accord conclu au niveau des services du Fonds monétaire international (FMI) le 30 avril 2026 ouvre la voie à un déblocage massif de fonds en faveur d’Abidjan. Fruit d’années de réformes budgétaires et d’amélioration du climat des affaires, cette enveloppe de près de 844 millions de dollars confirme la trajectoire solide d’une économie ouest-africaine en pleine ascension.

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé hier avoir conclu un accord avec les autorités ivoiriennes. À l’issue d’une mission de deux semaines à Abidjan, le FMI et les autorités ivoiriennes sont parvenus à un accord portant sur la cinquième revue des accords de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Mécanisme élargi de crédit (MEC), ainsi que sur la quatrième revue du Fonds pour la résilience et la durabilité (FSR).  L’achèvement de ces revues par le Conseil d’administration du FMI entraînera deux décaissements d’un montant total d’environ 843,9 millions de dollars, dont 509,5 millions de dollars au titre des accords MEDC/FEC, et 334,4 millions de dollars au titre de la FRD. Ces fonds, l’équivalent d’environ 471 milliards de francs CFA, restent soumis à l’approbation formelle du Conseil d’administration dans les semaines à venir. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit d’un signal fort adressé aux marchés internationaux et aux partenaires de développement, selon le FMI.

Des réformes budgétaires saluées

Ce déblocage récompense des années de discipline budgétaire engagées depuis le lancement des programmes en 2023. L’un des succès les plus notables réside dans la réduction du déficit budgétaire, en passe de respecter cette année le plafond de 3 % du PIB fixé par l’UEMOA, une première depuis la crise de la Covid-19. Cette performance repose sur deux leviers complémentaires : une mobilisation accrue des recettes fiscales et une gestion rigoureuse des dépenses publiques. De nouvelles avancées dans le cadre de la Stratégie de Mobilisation des Recettes à Moyen Terme, incluant des mesures visant à élargir l’assiette de l’impôt et à renforcer le respect de la réglementation, devraient porter les recettes fiscales à 15,7 % du PIB en 2026, contre 15 % du PIB en 2025. Cette marge de manœuvre supplémentaire sera déterminante pour financer les investissements dans les infrastructures et les secteurs sociaux prioritaires, analyse le communiqué du FMI.

Une croissance portée par des fondamentaux économique solides

Sur le plan macroéconomique, la Côte d’Ivoire affiche une vitalité économique. Après une croissance de 6,2 % estimée pour 2024, le PIB s’est accéléré à 6,3 % en 2025, porté par le dynamisme du secteur des services, des hydrocarbures et des mines. Le recul rapide de l’inflation, qui s’est stabilisé en 2025, offre un espace de manœuvre pour le pouvoir d’achat des ménages.  En 2026, la croissance devrait se maintenir autour de 6,7 % en moyenne, avec une inflation inférieure à 3 %, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA. Ces indicateurs témoignent d’une économie qui a su tenir le cap dans un contexte mondial incertain, marqué notamment par des tensions commerciales et des chocs géopolitiques.

Le climat, un pilier incontournable du programme

Au-delà de l’orthodoxie budgétaire, c’est aussi la dimension climatique du programme ivoirien qui a retenu l’attention du FMI. Sous l’accord de la Facilité pour la résilience et la durabilité, les discussions ont porté sur la mise en œuvre de réformes climatiques structurelles. Parmi les mesures phares figurent l’introduction d’un étiquetage du budget climatique, l’évaluation des risques budgétaires liés au climat, ainsi que l’intégration de critères climatiques dans la gestion des investissements publics. Ces engagements s’inscrivent dans une ambition plus large : faire d’Abidjan un acteur de référence en matière de financement climatique sur le continent. Un rôle que la Côte d’Ivoire entend pleinement assumer, après avoir obtenu l’hébergement du Bureau régional Afrique du Fonds Vert pour le Climat.

Une dynamique d’accords qui s’emballe pour la Côte d’Ivoire

L’annonce du FMI vient couronner une séquence diplomatique et financière particulièrement dense pour Abidjan. À l’occasion des réunions de printemps du FMI et du groupe de la Banque mondiale tenues à Washington du 13 au 18 avril 2026, la Côte d’Ivoire a concrétisé la signature de plusieurs accords importants, dont le deuxième Compact MCC, le pacte national pour l’eau dans le cadre de l’initiative « Water Forward », et un protocole d’accord avec la société américaine ABD Group pour un montant de 500 millions d’euros en faveur des secteurs de la santé, de l’hydraulique et de l’éducation.  Un accord de mise en œuvre du deuxième Compact du Millennium Challenge Corporation d’un montant de 300 millions de dollars a également été signé, visant à faire de la Côte d’Ivoire un pôle énergétique régional solide et durable. Autant de signaux qui convergent vers une même conclusion : la Côte d’Ivoire s’affirme comme l’une des destinations d’investissement les plus attractives d’Afrique de l’Ouest. 

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Avec cet accord avec le FMI, Abidjan capitalise sur plusieurs années de réformes pour engranger des ressources décisives. La balle est désormais dans le camp du Conseil d’administration du Fonds, dont l’approbation formelle devrait être une formalité au regard des performances affichées.

La BMCI change de mains : Holmarcom rachète la filiale marocaine de BNP Paribas

BNP Paribas et Holmarcom Finance Company ont finalisé un accord portant sur la cession de la participation majoritaire du groupe français dans la Banque Marocaine pour le Commerce et l'Industrie. (Crédit : DR).

Trente ans après s’être imposé comme actionnaire minoritaire aux côtés du géant français, le groupe marocain Holmarcom franchit une étape décisive en prenant le contrôle total de la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie. Un accord signé le 29 avril 2026 qui rebat les cartes du paysage bancaire national et consacre la montée en puissance des grands conglomérats privés marocains.

C’est l’aboutissement d’un processus engagé en toute discrétion. BNP Paribas et Holmarcom Finance Company ont finalisé un accord portant sur la cession de la participation majoritaire du groupe français dans la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie. Les deux groupes avaient annoncé l’entrée en discussions exclusives le 12 décembre 2025. Cinq mois plus tard, l’accord est signé, et la nouvelle tombe comme une confirmation de ce que les observateurs du secteur pressentaient depuis plusieurs années : BNP Paribas, engagé dans une rationalisation de ses actifs à l’international, allait tôt ou tard se séparer de sa filiale marocaine de banque de détail, selon les informations de nos confrères le DESK Maroc. L’accord porte sur la cession par BNP Paribas à HFC de l’intégralité de sa participation majoritaire de 67 % dans la BMCI. Les conditions financières de la transaction n’ont pas été divulguées, mais l’impact sur les ratios du groupe français est mesuré : BNP Paribas évalue l’impact de cette opération sur son ratio CET1 à environ 15 points de base à la date de réalisation de la transaction. Une cession qui se réalise donc sans douleur excessive pour le bilan du groupe, tout en lui permettant de recentrer ses priorités stratégiques, selon les informations de la banque.  

Holmarcom : la construction d’un champion national

Derrière cette acquisition se profile la vision d’un homme et d’un groupe : Mohamed Hassan Bensalah, PDG du groupe Holmarcom, qui dirige ce conglomérat familial avec l’ambition affichée de bâtir un pôle financier intégré à l’échelle du Maroc. Partenaire historique et actionnaire de la BMCI depuis plus de 30 ans, le groupe Holmarcom entend, à travers cette opération, accélérer sa stratégie de développement sur le marché bancaire. Cette ambition se matérialiserait par un rapprochement entre Crédit du Maroc et la BMCI, en vue de faire émerger un acteur bancaire de plus grande envergure, doté d’expertises et de capacités renforcées. En d’autres termes, Holmarcom cherche à fusionner les forces, les réseaux et les expertises pour créer une entité capable de rivaliser avec les grands acteurs historiques du secteur. Le groupe s’impose désormais comme le quatrième acteur du secteur bancaire marocain. Mohamed Hassan Bensalah a d’ailleurs posé clairement les termes de son ambition dans le communiqué conjoint publié à l’occasion de l’accord : il s’agit de bâtir un groupe financier intégré autour de la banque, de l’assurance et des services financiers spécialisés, dans une perspective de long terme, au service du développement économique du Royaume. 

BNP Paribas : un retrait partiel

La cession de la BMCI ne signifie pas pour autant la fin de la présence française au Maroc. BNP Paribas a tenu à le souligner avec insistance. La transaction s’accompagnera de la mise en place d’un partenariat commercial de long terme entre les deux groupes, permettant aux clients de la BMCI, ainsi qu’à ceux de BNP Paribas opérant au Maroc, de continuer à bénéficier de services complémentaires à forte valeur ajoutée.  Le groupe français entend se repositionner sur des segments à plus forte valeur ajoutée. BNP Paribas prévoit de poursuivre le développement des activités de BNP Paribas CIB (Corporate & Institutional Banking) et des activités de location longue durée avec Arval Maroc. Thierry Laborde, directeur général délégué du groupe, a résumé l’esprit de cette transition : il s’agit pour BNP Paribas de préserver son ancrage historique au Maroc tout en s’appuyant sur un partenariat solide avec Holmarcom pour continuer à servir ses clients locaux à travers la BMCI. 

Une finalisation sous conditions réglementaires

La transaction ne sera effective qu’une fois les feux verts obtenus auprès des autorités de tutelle. La réalisation effective de cette transaction, attendue pour le 4e trimestre 2026, est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires requises au Maroc, notamment auprès de Bank Al-Maghrib et du Conseil de la concurrence. Une étape incontournable pour une opération de cette envergure, qui touchera directement des milliers de clients, d’entreprises et de collaborateurs des deux institutions. Il est également convenu qu’après la réalisation de la transaction, BNP Paribas accompagnera l’intégration de la BMCI au sein du groupe Holmarcom durant la phase de transition. Une clause qui traduit la volonté des deux parties d’assurer une passation de pouvoir fluide, sans rupture de continuité pour les clients ni pour les équipes sur le terrain. Au-delà de la dimension financière, c’est bien un tournant symbolique qui s’opère : cette opération efface la dernière grande empreinte française au Maroc dans la banque universelle, ouvrant une nouvelle ère pour le secteur bancaire marocain, désormais plus que jamais aux mains de ses acteurs nationaux. 

Tunisie : le président Saïed limoge sa ministre de l’Énergie en plein vote sur les renouvelables

Le président tunisien Kais Saïed a révoqué mardi la ministre de l'Énergie, Fatma Thabet, sans fournir aucune explication officielle sur les motifs de cette décision. (Crédit : DR).

Alors que le Parlement s’apprêtait à statuer sur des projets d’énergie renouvelable représentant 600 mégawatts et 500 millions d’euros d’investissements, Kais Saïed a brutalement écarté Fatma Thabet de son ministère. Une décision sans explication officielle, prise dans un contexte de vive contestation politique.

Le président tunisien Kais Saïed a révoqué mardi la ministre de l’Énergie, Fatma Thabet, sans fournir aucune explication officielle sur les motifs de cette décision. Il a nommé en remplacement le ministre du Logement et des Infrastructures, Salah Eddine Zouari, pour assurer l’intérim. Le timing de ce limogeage interpelle : il intervient le jour même où le Parlement devait se prononcer sur des projets structurants d’énergie renouvelable, portant sur une capacité de 600 mégawatts et un investissement total de 500 millions d’euros, soit environ 585 millions de dollars.

Des contrats accusés de colonialisme énergétique

Ces projets, présentés comme un pilier de la stratégie tunisienne d’expansion des énergies propres, sont loin de faire l’unanimité. Plusieurs parlementaires et partis politiques s’y opposent fermement, dénonçant une forme de « colonisation énergétique ». Au cœur de leur critique : l‘exclusion de la société nationale d’électricité, la STEG, des contrats attribués, selon eux, exclusivement à des entreprises étrangères. Un choix que les opposants jugent incompatible avec la souveraineté économique du pays et les intérêts des travailleurs tunisiens du secteur.

Une transition énergétique sous haute tension

La Tunisie cherche à diversifier son mix énergétique et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Mais la méthode retenue pour y parvenir cristallise les tensions. La révocation de Fatma Thabet, qu’elle soit liée à la gestion de ces dossiers ou à des considérations politiques plus larges, illustre la fragilité de la gouvernance énergétique dans un pays où les choix industriels se doublent d’enjeux de souveraineté nationale. Le vote parlementaire du jour s’annonce comme un test de la capacité du gouvernement Saïed à imposer sa vision malgré une opposition grandissante.

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Le Congo lance une garde minière de 100 millions de dollars soutenue par les États-Unis

Les rebelles du M23 se sont emparés l'année dernière de plusieurs territoires qu'ils continuent d'occuper dans la province du Nord-Kivu. (Crédit : DR).
L'Inspection générale des mines (IGM) de la RDC a annoncé lundi la création d'une garde minière paramilitaire chargée de sécuriser les sites d'extraction et les chaînes d'approvisionnement en minéraux. (Crédit : DR)

Face à la contrebande et à l’insécurité qui fragilisent ses filières minières, la République démocratique du Congo (RDC) déploie une force paramilitaire inédite, financée par un partenariat stratégique avec Washington et Abou Dhabi. Un signal fort adressé aux investisseurs occidentaux dans la course aux minéraux critiques.

L’Inspection générale des mines (IGM) de la RDC a annoncé lundi la création d’une garde minière paramilitaire chargée de sécuriser les sites d’extraction et les chaînes d’approvisionnement en minéraux. Ce nouveau corps sera progressivement déployé dans l’ensemble des régions minières du pays, avec un objectif de plus de 20 000 personnels d’ici fin 2028. Un premier contingent de 2 500 à 3 000 agents devrait être opérationnel dès décembre 2026, après six mois de formation en collaboration avec l’armée. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de Kinshasa de réformer en profondeur un secteur minier gangréné par la contrebande, le manque de traçabilité et l’insécurité chronique – en particulier dans l’est du pays, où une rébellion soutenue par le Rwanda continue de perturber les opérations.

Washington et Abou Dhabi au cœur du financement

Le programme bénéficiera d’un budget de 100 millions de dollars, mobilisé dans le cadre de partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. Ce soutien s’inscrit dans la continuité du partenariat minerals signé en 2025 entre Kinshasa et Washington, par lequel les États-Unis cherchent à contrebalancer la domination chinoise sur les matières premières critiques. Dans ce sillage, la société américaine Virtus a repris le contrôle du minier cuivre-cobalt Chemaf, et d’autres entreprises occidentales ont exprimé leur intérêt pour des actifs congolais, y compris dans des zones actuellement tenues par des groupes armés.

« La volonté du Président de la République est d’assainir l’ensemble du secteur minier, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais. », a confié à Reuters Rafael Kabengele, Inspecteur général des mines

Remplacer l’armée par une garde spécialisée

La nouvelle unité reprendra les missions de sécurité actuellement assurées par les forces armées congolaises. Son mandat couvrira la protection des sites miniers, l’escorte des expéditions de minéraux depuis les zones d’extraction jusqu’aux installations de traitement et aux postes frontaliers, ainsi que la sécurisation des investissements étrangers. Ce transfert de responsabilité vise à professionnaliser la sécurité du secteur et à instaurer une chaîne de contrôle plus rigoureuse, de l’extraction à l’exportation.

Un message aux investisseurs dans la course aux minéraux critiques

Premier producteur mondial de cobalt et deuxième fournisseur de cuivre, la RDC dispose également de vastes réserves de lithium, de coltan et d’or. Autant d’atouts stratégiques dont Kinshasa entend tirer parti à l’heure où la demande mondiale en minéraux critiques explose, portée par la transition énergétique et la course aux technologies vertes. En lançant cette garde minière, le gouvernement congolais envoie un signal clair aux investisseurs : la sécurisation du secteur et la transparence des chaînes d’approvisionnement sont désormais des priorités d’État, dans un contexte de compétition géopolitique intense pour l’accès aux ressources minérales africaines.

Chronique- Quels atouts d’une monnaie nationale pour un Etat riche en or, à l’heure de la cryptomonnaie

L’Afrique est l’avenir. D’ici 2050, un enfant sur trois dans le monde, vivra dans ce continent, d’après la Banque mondiale. Toutefois, avoir du potentiel ne suffit pas. Pour mettre rapidement les pays africains, ne disposant pas d’outils catalyseurs, sur la rampe du développement, il est nécessaire d’avoir les outils adaptés aux réalités locales, notamment la monnaie, véhicule indispensable d’échange et d’investissement.

Tout Etat africain, surtout ceux disposant d’importantes réserves en minerais, gagnerait à disposer de sa propre devise monétaire, adossée à l’or, valeur-refuge, par excellence, pour la stabilité et le prestige. Mais à l’ère de la cryptomonnaie qui permet à la fois transfert rapide et spéculation, l’atout majeur serait la complémentarité.  

Au sein d’un continent, riche en or- on ne le répètera jamais assez- mais où les dernières tendances de la pauvreté rappellent que si la précarité recule dans plusieurs régions du monde, elle se concentre de plus en plus en Afrique, où 7 personnes pauvres sur 10 vivent désormais, un tel revirement pour maîtriser sa monnaie, facteur essentiel de développement, reste vital.

Pour un investisseur fortuné en Afrique en 2026, l’idée d’une monnaie nationale adossée à l’or représente un changement de paradigme face à la montée des cryptomonnaies. Des cas concrets existent. Le projet du Zimbabwe avec le ZiG, de l’Eco au sein de la CEDEAO ou encore les réflexions au sein de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) peuvent être cités.

Que d’atouts

Alors que les cryptomonnaies offrent une sortie du système bancaire, une monnaie « or » africaine offre une souveraineté tangible. Pour les opérateurs économiques, elle peut d’abord assurer la protection contre l’effondrement monétaire (Inflation-Proof). Beaucoup de fortunes africaines ont été érodées par les dévaluations brutales du Naira nigérian, du Cedi ghanéen, de Livres…

Ensuite, en termes de valeur intrinsèque, contrairement aux cryptomonnaies qui reposent sur un algorithme et la confiance du marché, une monnaie adossée à l’or repose sur un actif physique réel détenu en réserve.

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En outre, pour les acteurs de la vie économique, une monnaie, adossée à l’or avec une banque centrale disposant de stocks d’or, favorise la stabilité du pouvoir d’achat.Cela permet de conserver sa fortune localement sans avoir besoin de la convertir systématiquement en dollars ou en euros pour éviter la fonte de son capital.

Une passerelle entre le monde « On-Chain » et l’économie réelle

À l’heure de la cryptomonnaie, une monnaie nationale « or » sert de stablecoin naturel. Un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est « indexée », ou mieux arrimée, à un actif stable pour éviter la volatilité du Bitcoin. L’objectif est d’avoir la vitesse de la blockchain avec la stabilité du dollar, de l’euro ou de l’or. Quant au mécanisme, pour chaque jeton émis numériquement, l’émetteur doit (en théorie) détenir la même valeur en réserve (cash, obligations ou or physique).

En 2026, de nombreux pays africains explorent la tokenisation de leurs réserves d’or. Pour un investisseur, cela signifie pouvoir passer d’un actif numérique (crypto) à une monnaie nationale stable, convertible en or physique, facilitant les transactions de luxe ou immobilières. Cette facilité de conversion est un atout supplémentaire.

A cela s’ajoute le fait qu’il y ait moins de« friction » réglementaire. En effet,utiliser une monnaie nationale stable est beaucoup plus simple pour la conformité fiscale que de manipuler des cryptos, souvent ciblées par les régulateurs.

Souveraineté et « De-risking » vis-à-vis de l’occident

L’or est l’actif de liberté par excellence pour les élites. Une monnaie, basée sur l’or, permet d’effectuer des transactions internationales (notamment avec les BRICS+), sans dépendre du réseau SWIFT ou des sanctions américaines. C’est une indépendance au dollar.

Pour un investisseur africain, savoir que sa richesse est garantie par de l’or stocké sur le continent (et non dans des serveurs à l’étranger ou des banques européennes) renforce la sécurité psychologique et politique. Cette garantie physique locale est importantissime.

Le dernier atout auquel, je voudrais faire allusion ici, relève de la qualité d’une devise nationale forte à servir de levier bancaire sur actif tangible. Le gros défaut de la cryptomonnaie reste la difficulté d’obtenir un crédit important en l’utilisant comme collatéral. Une monnaie stable, car adossée à l’or, permet aux banques locales de proposer des financements plus sains. Un opérateur économique peut mettre en gage ses avoirs en « monnaie-or » pour financer des projets industriels ou agricoles, avec des taux d’intérêt bien plus bas que dans une économie inflationniste.

Là où le bât pourrait blesser reste dans une utilisation déraisonnée de la planche à billets et un contrôle laxiste des changes. L’instauration d’un Office des changes pour réguler, notamment les sorties de devises, reste indispensable pour réussir un tel changement de paradigmes. Envoyer des devises à l’étranger à tout va devra être aux oubliettes, du moins pendant les premières périodes de lancement. Il y va de même de l’implantation d’une industrie minière locale intégrée, c’est-à-dire de la mine au lingot.

Article publié le 25-01-2026, mis à jour.

Economie : Seuls 50 % des pays appliquent les lois pour l’égalité économiques des femmes

Les lois visant à garantir l'égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu'à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu'on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. (Crédit : DR).

Les lois sur l’égalité des chances économiques pour les femmes sont appliquées à moitié dans le monde. Seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi-totale, selon une étude de la Banque Mondiale publiée le 24 février 2026. En Afrique subsaharienne, des progrès notables ont été constatés.

Les lois visant à garantir l’égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu’à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu’on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. Même si ces lois étaient pleinement appliquées, les femmes ne bénéficieraient que des deux tiers des droits légaux des hommes. Pour la première fois, le dernier rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue non seulement le degré d’égalité inscrit dans la législation, mais aussi la mesure dans laquelle ces lois sont appliquées. Les juristes interrogés estiment que les lois encourageant la pleine participation économique des femmes ne sont appliquées qu’à moitié, ce qui montre que les gouvernements ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Malgré les progrès réalisés dans l’adoption de nouvelles lois sur l’égalité des chances, les économies disposent en moyenne de moins de la moitié des politiques et des services nécessaires à leur application. Seules 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi totale. Cette situation empêche les économies d’atteindre leur plein potentiel de croissance et de création d’emplois.

« Mais lorsqu’il s’agit d’appliquer ces lois, la note moyenne chute à 53. Et lorsque l’on évalue les systèmes nécessaires à la mise en œuvre de ces droits, la note d’adéquation n’est que de 47. Ces chiffres révèlent d’énormes inégalités d’opportunités, et les conclusions de ce rapport fournissent aux décideurs politiques des informations précieuses pour enrayer le déclin du potentiel de croissance des économies en développement. »

Le rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue la situation économique des femmes dans le monde selon 10 domaines clés, dont la sécurité face aux violences, l’accès aux services de garde d’enfants, l’entrepreneuriat, la protection de l’emploi, la propriété des biens et la sécurité de la retraite. Il identifie la sécurité face aux violences comme une lacune majeure, limitant la capacité des femmes à travailler de manière stable. « La véritable égalité commence par la sécurité. » « Que ce soit à la maison, au travail ou dans l’espace public, les femmes méritent d’être protégées pour s’épanouir », a déclaré Norman Loayza, directeur du Groupe des indicateurs de politique de la Banque mondiale. « À l’échelle mondiale, nous sommes loin du compte. Nous ne disposons que d’un tiers des lois de sécurité nécessaires, et même celles-ci ne sont pas appliquées dans 80 % des cas. »

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Malgré ces conditions, des progrès sont constatés en matière de législation sur l’égalité des chances. En effet, au cours des deux dernières années, 68 économies ont adopté 113 réformes législatives positives dans la plupart des domaines de la vie économique des femmes, les progrès les plus importants concernant l’entrepreneuriat et la protection contre les violences. Sept pays ont également étendu le congé de paternité afin de mieux répartir les responsabilités familiales et de soutenir l’emploi des femmes.

Aussi, l’Afrique subsaharienne a mis en œuvre 33 réformes au cours des deux dernières années, soit le plus grand nombre de toutes les régions. Madagascar et la Somalie ont levé les interdictions faites aux femmes de travailler dans des secteurs tels que la construction, l’industrie manufacturière et l’agriculture. De la même manièr dans le monde arabe, L’Égypte, la Jordanie et Oman ont progressé. L’Égypte a été le pays le plus réformateur au monde au cours des deux dernières années, améliorant son score en matière d’égalité juridique de près de 10 points. Les réformes récentes ont porté le congé parental rémunéré de 90 à 120 jours pour les mères, instauré un jour de congé rémunéré pour les pères, rendu obligatoire l’égalité salariale et autorisé les demandes d’aménagement du temps de travail.

Article publiée le 24 – 02 – 2026, mis à jour.

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