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Cacao ivoirien : sous tension, les producteurs pointent le déficite pluviométrique

red and white Theobroma cacao
les producteurs de cacao ivoiriens espèrent un retour du temps propice pour soutenir la récolte de septembre à février.

Après une semaine marquée par un déficit pluviométrique, les producteurs de cacao ivoiriens espèrent un retour du temps propice pour soutenir la récolte de septembre à février. Les perspectives restent prometteuses, à condition d’entretenir rigoureusement les plantations, selon un reportage de Reuters auprès des agriculteurs du premier pays producteur mondial de cacao .

Dans la plupart des régions cacaoyères de Côte d’Ivoire, les producteurs attendent un ensoleillement plus généreux pour accompagner le développement de la campagne principale, qui s’étend de septembre à février. Cet appel intervient après une semaine de pluies inférieures à la moyenne et un rafraîchissement des températures. Le pays, premier fournisseur mondial de fèves de cacao, traverse actuellement sa saison des pluies, qui court habituellement d’avril à la mi-novembre. Malgré le déficit hydrique récent, plusieurs planteurs estiment que l’humidité des sols demeure suffisante pour nourrir les arbres pendant encore quelques semaines.

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Si les prévisions sont jugées encourageantes, les producteurs alertent sur un risque bien identifié : sans application rigoureuse d’engrais et de pesticides ce mois-ci, les fruits pourraient dépérir et compromettre la récolte. « Il peut faire très froid par moments. C’est maintenant qu’il faut traiter les cultures, sinon les pertes seront importantes », prévient dans les colonnes de l’agence Reuters, Kouassi Kouame, planteur près de Soubré, dans l‘ouest du pays. Dans cette zone, seuls 0,6 mm de pluie sont tombés la semaine écoulée, soit 11,6 mm sous la moyenne quinquennale. Dans les régions méridionales d’Agboville et de Divo, ainsi que dans l’est à Abengourou, où les précipitations sont également restées faibles, les producteurs se montrent plus sereins : de nombreux fruits continuent de proliférer sur les cabosses. Si les conditions restent favorables jusqu’en septembre, la récolte principale pourrait s’annoncer abondante de la mi-octobre à décembre.

Dans le centre-ouest, à Daloa, comme dans les régions centrales de Bongouanou et Yamoussoukro, les plantations ont bien produit malgré des pluies déficitaires. Mais un excès d’eau en septembre pourrait fragiliser les cultures et favoriser l’apparition de maladies. Sur l’ensemble du territoire, les températures hebdomadaires ont oscillé entre 24,4 et 27,4 degrés Celsius, un niveau que les planteurs jugent propice, à condition qu’elles soient accompagnées d’un ensoleillement suffisant.

Vision 2040 : Lomé mise sur les capitaux privés pour financer sa transformation économique

Le gouvernement togolais a réuni le jeudi 30 juillet à Lomé les organisations patronales, des entreprises et des bailleurs de fonds afin de définir la contribution des acteurs privés à sa stratégie Vision 2040. (Crédit : DR).

Le Togo entend faire du secteur privé le principal moteur de son développement à l’horizon 2040. Le gouvernement togolais a réuni le jeudi 30 juillet à Lomé les organisations patronales, des entreprises et des bailleurs de fonds afin de définir la contribution des acteurs privés à sa stratégie Vision 2040. Ce cadre ambitieux prévoit un doublement du produit intérieur brut (PIB) par habitant et une réduction du taux de pauvreté sous le seuil de 15 %.

Les autorités abordent cette échéance avec un indicateur favorable. Le stock d’investissements directs étrangers présents dans le pays a progressé de 27,3 % en 2025, un bond qui témoigne d’un regain d’attractivité et de la confiance croissante des opérateurs internationaux à l’égard de l’économie togolaise. Pour Lomé, cette dynamique valide le pari d’un modèle de croissance davantage adossé aux capitaux privés qu’au financement public, dont les marges de manœuvre restent contraintes. La rencontre du 30 juillet visait précisément à traduire cet élan en engagements concrets. Il s’agissait de préciser le rôle attendu des entreprises et des organisations patronales dans le financement des chantiers structurants des quinze prochaines années : infrastructures, industrialisation, agriculture, services et transition numérique figurent parmi les secteurs appelés à mobiliser des ressources privées substantielles.

La question des contreparties reste ouverte

Si la volonté politique est affichée, l’équation économique demeure incomplète. L’État togolais n’a pas encore précisé les contreparties qu’il compte offrir aux entreprises pour sécuriser et rentabiliser leurs engagements de long terme. Or, la mobilisation durable de capitaux privés suppose un cadre clair : incitations fiscales, garanties publiques, stabilité réglementaire, mécanismes de partage des risques ou encore facilités d’accès au foncier et au crédit. Ces dispositifs constituent souvent le facteur décisif dans la décision d’investir sur un horizon aussi long. Les bailleurs de fonds, également présents à Lomé, pourraient jouer un rôle de catalyseur en cofinançant certains projets ou en apportant des garanties susceptibles de rassurer les investisseurs privés.

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Vision 2040 engage le Togo sur une trajectoire de quinze ans dont la réussite dépendra de la capacité de l’État à transformer l’intérêt actuel des investisseurs en engagements pérennes. La progression du stock d’IDE offre une base solide, mais elle ne saurait suffire sans un partenariat public-privé structuré et lisible. Le rendez-vous du 30 juillet marque ainsi une première étape. Les prochains mois diront si Lomé parvient à définir les termes d’un contrat de confiance avec le secteur privé, condition sine qua non d’un doublement du PIB par habitant et d’un recul durable de la pauvreté.

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Dossier tourisme – Portrait : Idrissa Samaké, Responsable Food & Beverage à Tanger

Avant d’intégrer le Grand Mogador, Idrissa Samaké a offert ses services au Grand Hôtel Villa de France, ainsi qu’à l’Hôtel El Minzah, en tant que de Responsable de Restaurants, pendant 8 ans. (Crédit : DR).

De grands groupes hôteliers misent sur le continent africain. Fort heureusement, ils trouvent sur place un personnel, qualifié et professionnel, pour transformer leurs essais respectifs.

Idrissa Samaké, lorsqu’on croise Idrissa Samaké, c’est son sourire affable qui captive ! Loin d’être de façade, c’est une jovialité qui n’occulte pas le professionnalisme d’un responsable qui a l’œil à tout. En dépit de l’attention accordée à ses interlocuteurs directs, il a ce rare et subreptice balayage panoramique qui lui permet de capter les moindres détails de son périmètre pour apporter d’éventuelles corrections. Samaké est attentionné de sorte que chaque client croit qu’il est là pour lui seul. S’il a mis le pied à l’étrier à Casablanca puis Rabat, juste après sa formation professionnelle à la mi-90, notamment au sein du complexe Hôtelier Le Dawliz, en tant que Maître d’Hôtel, Chef de rang au sein des restaurant la Gardenia, le Shangri-la, une bonne partie de sa carrière se réalise à Tanger.

Depuis un peu plus de 3 ans, c’est au Grand Mogador Sea View de Tanger au Maroc, où ce polyglotte, qui parle 6 langues, officie en tant que Responsable Food & Beverage.

Une nouvelle corde à son arc. Son parcours l’a conduit à occuper, dans la ville du Détroit, les fonctions de Responsable de Restaurant à l’hôtel El Minzah et au Grand Hôtel Villa de France à Tanger, de Responsable de Service de Restauration des 2 Palais de Son Altesse Royale, alors Prince Héritier Salman Bin Abdelaziz Al Saoud, devenu actuel Roi d’Arabie saoudite, de Responsable Room Service, de Banquet et 1er Maître d’Hôtel… Nous mettons des points de suspension, dans la mesure où il serait quasi-impossible de retracer le parcours de ce rofessionnel de l’hôtellerie et de la restauration, depuis qu’il décrocha son Diplôme de Technicien en Hôtellerie, option Restaurant-Réception avec la Mention Très Bien en 1994 à l’Ecole hôtelière ERFOUD (Errachidia- Maroc).

Un itinéraire protéiforme, éclectique

Avant d’intégrer le Grand Mogador, Idrissa Samaké a offert ses services au Grand Hôtel Villa de France, ainsi qu’à l’Hôtel El Minzah, en tant que de Responsable de Restaurants, pendant 8 ans. Il y a dirigé les points de vente, notamment au niveau des restaurants, des salles de banquet et de réunion, mais aussi le room service, avec une équipe de plus de 20 serveurs. Il a notamment assuré la gestion des réclamations, l’évaluation du personnel et participé à l’établissement des plans d’action, sans omettre la gestion des formations.

Parmi ses challenges, gérer la restauration d’un Palais royal-celui du roi d’Arabie saoudite, Achakar & Rmilate à Tanger, ce qui n’est pas à la portée de tout professionnel d’hôtellerie. En effet, au cours de l’année 2014, pendant plus d’un semestre, Idrissa Samaké a été Responsable Service de Restauration, en collaboration avec des chefs de cuisine de nationalités différentes de Son Altesse Royale Salman Bin Abdelaziz Al Saoud, alors Prince Héritier, actuel Roi d’Arabie saoudite Il dirigea alors une brigade de plus de 50 serveurs, selon les normes spécifiques des palais. Retraçant cette expérience, Idrissa nous rappelle qu’il se chargeait personnellement des repas du Prince, durant ses séjours au Maroc.

Mais le parcours d’Idrissa, c’est aussi son passage pendant une décennie au Movenpick Hotel et Casino, Malabata à Tanger. Il y est arrivé en tant que Maitre d’Hôtel, Room Service et Mini Bar, gérant un staff de 18 à 20 personnes, pendant 2 ans, avant de réintégrer, pendant 9 ans, ce mastodonte de 240 chambres, 3 restaurants, 02 bars, 01 espace banquet, 01 snack-piscine, en tant que Responsable Restaurant, Room Service et Banquet. Il était alors à la tête d’un service de 20 à 25 personnes. Entre temps, il occupa brièvement le poste de Maitre d’Hôtel, Room Service en 2003 au Sofitel Thalasso Marina Smir, Groupe Accor. Un établissement de 140 chambres, 03 restaurants, 01 bar, et un espace banquet, où il a dirigé un staff de 15 personnes. Idrissa Samaké est un concentré de professionnalisme, qui rappelle que l’Afrique à les talents nécessaires pour assurer les différentes étapes de la chaine production de son industrie hotellière, et qui méritent d’être mis davantage en exergue.

Portrait réalisé par Daouda Mbaye

Startups africaines : les douze qui ont marqué le deuxième trimestre 2026

Le deuxième trimestre 2026 confirme la mutation profonde de l'écosystème des startups africaines. Après un premier trimestre marqué par un rebond du capital, les mois d'avril et de mai ont révélé un marché qui privilégie désormais la qualité à la quantité : moins de tours de table, mais des montants plus élevés concentrés sur des entreprises matures. (Crédit : DR).

Entre concentration du capital, vague stablecoin et domination égyptienne, tour d’horizon des startups qui se sont distinguées en avril et mai 2026. Le deuxième trimestre 2026 confirme la mutation profonde de l’écosystème des startups africaines. Après un premier trimestre marqué par un rebond du capital, les mois d’avril et de mai ont révélé un marché…

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Devises africaines : le cedi, le naira et le shilling ougandais sous pression face au dollar

Entre janvier et fin juin 2026, seules quatre des dix-sept principales monnaies africaines suivies se sont appréciées face au dollar américain. (Crédit : DR).

Les monnaies du Ghana, du Nigeria et de l’Ouganda devraient reculer face au billet vert durant la semaine s’achevant le jeudi 30 juillet, tandis que le shilling kényan et le kwacha zambien resteraient globalement stables, selon les informations de Reuters. Demande soutenue de devises fortes, flambée des cours pétroliers et déséquilibres entre offre et demande dessinent une trajectoire baissière pour plusieurs devises du continent.

Les marchés des changes africains affichent une orientation contrastée. Trois grandes monnaies devraient céder du terrain face au dollar, sur fond de tensions persistantes entre une demande de devises fortes en hausse et une offre insuffisante. Au Ghana, le cedi reste sous pression, la demande soutenue de dollars des entreprises dépassant l’offre disponible. Selon les données LSEG, la monnaie s’échangeait à 11,61 pour un dollar jeudi, contre 11,50 une semaine plus tôt. « Nous avons observé une demande accrue de devises de la part des comptes d’entreprises locales, en particulier dans les secteurs de l’énergie et du commerce », a indiqué Andrews Akoto, responsable du trading chez Absa Bank Ghana à Reuters. Il souligne qu’à la dernière adjudication de devises de la banque centrale, les offres d’achat ont dépassé de plus de 3,5 fois l’offre disponible, laissant présager un maintien de la pression sur le cedi. Au Nigeria, le naira devrait également s’affaiblir, principalement en raison des achats de devises des importateurs de carburant, dont l’appétit continue de peser sur la monnaie.

A lire aussi : Nigeria : 2 milliards de dollars pour révolutionner le numérique

En Ouganda, le shilling devrait prolonger ses récentes pertes, alimentées par la reprise des combats au Moyen-Orient qui pousse à la hausse les cours mondiaux du brut. Les banques commerciales cotaient le shilling à 3 735/3 745 pour un dollar, contre une clôture de 3 685/3 695 le jeudi précédent. « Le shilling a subi des pertes ces derniers jours en raison de la dynamique des marchés mondiaux de l’énergie… nous anticipons de nouvelles baisses à court terme, à moins d’une détente de la situation géopolitique au Moyen-Orient », selon un spécialiste interrogé par l’ageencee britannique, tablant sur un repli vers 3 750 cedi dans les prochains jours. À l’inverse, deux devises tirent leur épingle du jeu. Le shilling kényan devrait demeurer globalement stable, prolongeant une tendance de fond bien ancrée. En Zambie, le kwacha devrait rester relativement stable, soutenu par la hausse des cours du cuivre. Jeudi, les banques commerciales cotaient la monnaie du deuxième producteur africain de cuivre à 18,54 pour un dollar, contre 18,44 une semaine auparavant. Et les prix du cuivre devraient se maintenir à court terme, ce qui devrait soutenir la monnaie locale.

Tchad : secteur clé, l’agriculture réhausse la croissance économique à 5,6 % en 2025

L'économie tchadienne a progressé de 5,6 % en 2025, portée par les performances du secteur agricole, selon la note sur la situation économique du Tchad 2025 présentée le 23 juillet 2026 à N'Djaména par la Banque mondiale. (Crédit : DR)

L’économie tchadienne a enregistré une croissance de 5,6 % en 2025, portée par les performances du secteur agricole, selon la note sur la situation économique du Tchad 2025 présentée le 23 juillet 2026 à N’Djaména par la Banque mondiale. Intitulé « Libérer le potentiel des MPME et la création d’emplois », le rapport met en lumière une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques, tout en préconisant une accélération des réformes en faveur du secteur privé.

Le secteur agricole s’est imposé comme le principal moteur de la croissance économique tchadienne en 2025. Lors de la présentation des résultats, Mvogo Jean-Paul, spécialiste principal du secteur privé à la Banque mondiale, a précisé que le déficit budgétaire s’était contracté, revenant de 2,1 % du PIB en 2024 à 1,7 % en 2025, à la faveur d’une progression de 23,7 % des recettes non pétrolières. Cette dynamique s’explique notamment par la facturation électronique, la modernisation de la TVA et le renforcement de l’administration fiscale. Les recettes publiques ont ainsi atteint 17,8 % du PIB, contre 16,1 % en 2024, en dépit du repli des revenus pétroliers, tandis que les dépenses se sont établies à 19,4 % du PIB, sous l’effet de l’augmentation des investissements publics. Le ratio de la dette publique s’inscrit lui aussi en recul, passant de 32,7 % du PIB en 2024 à 30,2 % en 2025. Pour 2026, la Banque mondiale anticipe une croissance de 5,2 %, soutenue par le secteur non pétrolier, en particulier l’agriculture, les services et l’industrie.

Les MPME au cœur des réformes

Le rapport relève toutefois que l’économie tchadienne demeure largement dominée par les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), dont une part considérable évolue dans le secteur informel. Si le climat des affaires s’est amélioré en 2025, Mvogo Jean-Paul juge que des réformes supplémentaires s’avèrent nécessaires pour favoriser la création d’emplois de qualité. Il préconise en particulier d’accélérer les réformes douanières, de faciliter l’accès aux services publics, d’instituer un fonds dédié aux femmes et aux jeunes entrepreneurs, de consolider la justice commerciale, de lever les contraintes foncières, d’améliorer les infrastructures, de poursuivre la digitalisation et de renforcer l’accompagnement des PME. « En 2025, le climat des affaires s’est amélioré, mais le secteur informel a besoin de soutien pour créer des emplois de qualité », a-t-il souligné.

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Le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a observé que cette croissance de 5,6 %, soit 2,1 % par habitant, s’est accompagnée d’un recul du taux de pauvreté, ramené de 42,5 % en 2024 à 40,7 % en 2025. « Ces progrès méritent d’être salués. Ils témoignent de la résilience de l’économie tchadienne ainsi que des efforts consentis par les autorités et les organisations dans un environnement de développement exigeant », a-t-il déclaré. Présent à la cérémonie, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Matthieu, a rappelé que les MPME constituent l’ossature du tissu économique national et que le gouvernement entend poursuivre ses efforts en vue de renforcer le dialogue avec le secteur privé, notamment dans la perspective de l’industrialisation.

Des réformes au service de la réduction de la pauvreté

Pour le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, les performances enregistrées en 2025 s’inscrivent dans la dynamique du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui rassemble 268 projets. Il a estimé que cette croissance concourt au recul de la pauvreté et a réaffirmé l’objectif de soustraire trois millions de Tchadiens à la pauvreté d’ici cinq ans, grâce notamment aux réformes engagées en matière de digitalisation et d’amélioration du climat des affaires. « Ce fut une année exceptionnelle, car nous avons lancé le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, qui comprend 268 projets. Le taux de croissance de 5,6 % établi par la Banque mondiale a permis de faire reculer la pauvreté. Notre ambition est de soustraire trois millions de Tchadiens à la pauvreté d’ici cinq ans », s’est-il félicité.

Interview : Les marchés africains du tourisme mûrissent

Réda Faceh - Vice-President Development - Northern, Western & Central Africa, Groupe Accor

Dans cet entretien Réda Faceh, expert reconnu du secteur hôtelier, fort de plus de 25 ans d’expérience – revient pour Africa Income – entre autres sur la transformation profonde de ses usages de consommation que connaît l’Afrique, comment le Groupe Accor y surfe, adaptant la demande par des offres Premium via des marques comme Mövenpick,…

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Gazoduc Nigeria-Maroc : la CEDEAO scelle un accord historique à Freetown

Les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont signé dimanche à Freetown, en Sierra Leone, l'accord intergouvernemental régissant le développement du gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. (Crédit ; DR).

Réunis en sommet à Freetown, les chefs d’État de la CEDEAO ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. Un projet de 25 milliards de dollars appelé à devenir un corridor énergétique majeur reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe.

Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé dimanche à Freetown, en Sierra Leone, l’accord intergouvernemental régissant le développement du gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. Cet acte marque l’adhésion collective des États ouest-africains à l’initiative. « Ne soyez pas surpris quand le gaz arrivera chez vous », a lancé le président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio.

Un corridor de près de 6 800 kilomètres

Le gazoduc est conçu pour transporter du gaz naturel du Nigeria vers le Maroc à travers 13 pays côtiers de l’Atlantique, avec des interconnexions vers les États sahéliens enclavés. L’infrastructure disposera d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, dont jusqu’à 15 milliards pourraient être exportés vers le Maroc et l’Europe, le reste alimentant les marchés régionaux.

Genèse et prochaines étapes

Lancé en 2016 par le roi Mohammed VI et le défunt président nigérian Muhammadu Buhari, le projet bénéficie du soutien continu de l’actuel président Bola Ahmed Tinubu. Il est développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC Ltd). La prochaine phase prévoit la création d’une société de projet basée à Casablanca et d’une Autorité supérieure du gazoduc établie à Abuja, avant la décision finale d’investissement.

Mondial 2030 : le Maroc vise 60 000 lits hôteliers supplémentaires

Le Maroc prévoit d'étendre sa capacité hôtelière de 60 000 lits, soit environ un cinquième du total actuel, d'ici la co-organisation de la Coupe du monde 2030, a indiqué la ministre du Tourisme. (Crédit : DR)/

Fort de son parcours en Coupe du monde et de son statut de co-organisateur du Mondial 2030, le Maroc entend accroître sa capacité hôtelière d’un cinquième d’ici l’échéance. Un chantier adossé à un plan d’investissement de 20 milliards de dollars.

Le Maroc prévoit d’étendre sa capacité hôtelière de 60 000 lits, soit environ un cinquième du total actuel, d’ici la co-organisation de la Coupe du monde 2030, a indiqué la ministre du Tourisme. « Nous voyons la Coupe du monde 2030 comme un accélérateur, et non comme une fin en soi », a déclaré Fatim-Zahra Ammor à Reuters. Le pays a déjà ajouté 45 000 lits en quatre ans, portant le total actuel à un peu plus de 300 000.

Un investissement de 20 milliards de dollars

Le gouvernement investit plus de 190 milliards de dirhams (environ 20 milliards de dollars) pour construire et étendre le rail, les routes, les aéroports, les stades et d’autres infrastructures urbaines, en vue d’un tournoi co-organisé avec le Portugal et l’Espagne. Le tourisme emploie des centaines de milliers de Marocains et contribue à hauteur d’environ 7 % du produit intérieur brut. Première destination d’Afrique, le Maroc a accueilli près de 20 millions de touristes l’an dernier et vise 26 millions de visiteurs d’ici 2030. La banque centrale table sur des recettes touristiques record de 161 milliards de dirhams en 2027. La prochaine phase de croissance ciblera la Chine, les États-Unis et le Moyen-Orient via une meilleure connectivité aérienne, le royaume cherchant aussi à diversifier son offre au-delà de Marrakech et Agadir, notamment vers Rabat.

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TRIBUNE : « L’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent »

Par Selma Malika Haddadi, ambassadrice, vice-présidente de la commission de l'union africaine (UA). (Crédit : DR).

Par Selma Malika Haddadi, ambassadrice, vice-présidente de la commission de l’union africaine (UA)

L’Afrique a réalisé des progrès significatifs en matière de connectivité, et ces progrès constituent une base solide sur laquelle nous devons désormais bâtir. Les statistiques de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquent qu’à la fin de 2024, le haut débit mobile couvrait 86 % de la population africaine. Pourtant, 14 % n’ont toujours aucune possibilité de connexion, et ce chiffre atteint 25 % dans les zones rurales. Si la 4G couvre 70 % de la population, la 5G n’en couvre que 11 %. Plus révélateur encore est le fossé des usages : des millions de personnes vivent dans des zones servies par le réseau, mais restent exclues en raison du coût des appareils, du coût des données, de compétences numériques limitées et d’une faible confiance dans les systèmes numériques. Il ne s’agit pas d’un problème marginal pour l’Afrique que nous construisons.

La vision formulée dans l’Agenda 2063 ne peut se réaliser sur des fondements numériques fragiles, concentrés à l’extérieur ou socialement excluant. Un continent incapable de connecter ses populations de manière fiable, de gouverner ses données et de sécuriser ses réseaux aura du mal à s’industrialiser, à tirer profit des opportunités du commerce électronique, à être compétitif, à fournir des services à grande échelle et à protéger son autonomie stratégique dans un monde où l’infrastructure numérique façonne de plus en plus le pouvoir. Nous avons également constaté, de façon très claire, que la résilience n’est plus une préoccupation abstraite. L’expérience de l’Union africaine elle-même, suite aux vulnérabilités de cybersécurité identifiées dans les systèmes de son siège en 2017 et portées à l’attention du public en 2018, a souligné à quel point nos Institutions peuvent être exposées en l’absence d’une infrastructure numérique sécurisée et souveraine. Elle a rappelé avec force qu’à l’ère du numérique, notre capacité à gouverner, à communiquer et à agir efficacement dépend non seulement de la connectivité, mais aussi de la sécurité, de l’intégrité et du contrôle des systèmes qui la sous-tendent.

« L’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent »

Le défi qui nous attend n’est donc pas simplement de connecter l’Afrique. Il s’agit de connecter l’Afrique d’une manière résiliente par nature, souveraine dans ses capacités, inclusive dans son accès et continentale dans sa logique. Et pourtant, au milieu de tout cela, un travail important est déjà en cours sur notre continent. Au niveau de l’Union africaine, la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique 2020-2030 a défini l’orientation continentale vers une société et une économie numériques intégrées et inclusives, et vers un marché unique numérique pour l’Afrique. Le Cadre de politique des données de l’UA façonne également une approche africaine commune de la gouvernance des données et des normes partagées. La Convention de Malabo fournit un instrument juridique sur la cybersécurité et la protection des données personnelles. Le Protocole de la ZLECAf sur le commerce numérique promeut des règles harmonisées et des principes communs pour le commerce numérique en Afrique. Dans les États membres, nous constatons également des exemples concrets de cette évolution. Permettez-moi de souligner quelques exemples régionaux non exhaustifs : en Afrique de l’Est, l’Initiative nationale du Kenya pour un réseau dorsal de fibre optique témoigne de la volonté d’étendre la fibre terrestre comme pilier de la transformation nationale. En Afrique de l’Ouest, le Nigéria fait progresser la transformation numérique en développant l’infrastructure de connectivité et en renforçant les écosystèmes de l’économie numérique. En Afrique centrale, le Gabon développe son infrastructure nationale de fibre optique et renforce sa position au sein de l’écosystème numérique régional. En Afrique australe, des pays comme le Botswana poursuivent leur transformtion numérique grâce à des investissements dans la connectivité et l’innovation, renforçant ainsi leur rôle au sein de l’économie numérique régionale. En Afrique du Nord, l’Algérie continue de faire preuve de leadership grâce au développement de ses infrastructures et de ses capacités spatiales, notamment le déploiement réussi de technologies satellitaires qui améliorent la surveillance environnementale et l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Ces exemples, conjugués aux nombreux efforts déployés par les États membres représentés ici aujourd’hui, démontrent que l’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent.

« La souveraineté des télécommunications et les infrastructures publiques numériques relèvent donc d’un même impératif continental »

Pour maximiser l’impact de ces efforts, il est essentiel de développer des corridors permettant de connecter tous les types d’infrastructures : industrielles, numériques et de transport. Cet environnement favorable se renforce également à l’échelle mondiale. Sous la présidence sud-africaine du G20, l’inclusion numérique, les infrastructures publiques numériques (IPN), la connectivité sécurisée et les capacités d’IA centrées sur l’Afrique ont été intégrées plus clairement au débat politique international. Cela témoigne d’une reconnaissance internationale croissante du fait que la place de l’Afrique à l’ère numérique doit aller au-delà de la simple consommation. L’Afrique développe déjà des capacités en matière de réseaux, de calcul, d’ensembles de données, de normes et de talents. La souveraineté des télécommunications et les infrastructures publiques numériques relèvent donc d’un même impératif continental : garantir que les systèmes qui façonnent notre avenir reflètent les priorités africaines et l’indépendance de l’Afrique. Nos cadres, politiques, initiatives et efforts connexes doivent contribuer à l’établissement de normes internationales, et non se contenter de s’y conformer. Le Pacte numérique mondial et les autres initiatives internationales doivent donc tenir compte des positions, des demandes et des attentes de l’Afrique afin que nous puissions collaborer d’égal à égal, en apportant une expertise essentielle à la gouvernance numérique mondiale, et non en tant que bénéficiaires de solutions conçues de l’extérieur.

« Nous ne pouvons construire des systèmes qui connectent les Africains si nous restons déconnectés dans notre vision ».

Il existe une vérité encore plus profonde. Quelle que soit l’interopérabilité de nos systèmes, la sophistication de nos réseaux, le nombre de plateformes, de protocoles et de réseaux que nous développons, ils resteront incomplets s’ils ne reposent pas sur une volonté continentale et politique partagée. Nous ne pouvons construire des systèmes qui connectent les Africains si nous restons déconnectés dans notre vision.

« Nous ne pouvons bâtir une infrastructure continentale fiable sans instaurer la confiance mutuelle. Nous ne pouvons parler d’interopérabilité tout en tolérant une fragmentation des objectifs ».

Le panafricanisme nous rappelle que l’Afrique s’élève avec le plus de force lorsqu’elle agit de manière cohérente. C’est pourquoi des plateformes telles que le Sommet mondial des technologies africaines sont si importantes. Ce ne sont pas de simples espaces de conférence, mais des instruments de rassemblement pour l’harmonisation. Ces initiatives rassemblent les gouvernements, l’industrie, la société civile et les institutions continentales autour d’une mission commune : définir une vision partagée de la souveraineté africaine des télécommunications, promouvoir le partage des infrastructures, renforcer la sécurité des réseaux et faire progresser l’interopérabilité continentale. Aussi sophistiqués que soient les systèmes que nous construisons, ils seront obsolètes si nous ne poursuivons pas ce chemin ensemble, en tant que continent uni, avec un objectif commun et une détermination collective.

« La promesse d’un marché continental ne saurait se concrétiser avec des règles déconnectées, des normes inégales et des systèmes cloisonnés. »

Dans cet esprit, permettez-moi de souligner cinq priorités qui devraient guider notre travail à l’avenir. Premièrement, la résilience dès la conception. L’Afrique doit bâtir une architecture de connectivité résiliente et diversifiée, couvrant les systèmes terrestres, maritimes et spatiaux émergents, afin de garantir la continuité même en cas de perturbation. Il est également capital de réduire la fracture numérique. Une connectivité inaccessible financièrement, peu fiable ou inutilisable de manière pertinente ne constitue pas une inclusion. L’accessibilité financière, la culture numérique, les appareils et la pertinence des services doivent rester au cœur des préoccupations. Aussi les capacités de calcul et de localisation des données sont d’importance majeure. Si l’Afrique veut être véritablement compétitive dans l’économie numérique et à l’ère de l’IA, nous devons renforcer les capacités nationales et régionales en matière de centres de données, de stockage en nuage et de calcul. De même l’interopérabilité et la réduction de la fragmentation réglementaire doivent être érigées. La coordination transfrontalière du spectre et des technologies est également essentielle.

« À mesure que notre environnement numérique s’intègre davantage, la coordination en matière de gestion du spectre et de planification technique sera indispensable pour garantir une connectivité sans faille. »

Le terrain est déjà fertile. Sur tout notre continent, les fondements d’un avenir plus intégré et souverain se dessinent. L’Union africaine continuera de jouer son rôle en favorisant la coordination, la cohérence et l’orientation stratégique, et en soutenant les États membres dans la transformation de leurs progrès nationaux en une force continentale. Les éléments sont déjà en place. Il faut désormais une harmonisation rigoureuse, des investissements ciblés et une détermination collective. Un seul câble ne suffit pas à construire un réseau. C’est la force des systèmes interconnectés qui garantit la fiabilité. Tel est le défi qui nous attend en tant que continent. Il faudra que toutes les nations africaines, agissant solidairement, construisent une architecture de télécommunications résiliente, fiable, efficace et souveraine.

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