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La 5ème Edition du Forum de Paris sur la Paix, pour « Sortir de la multicrise et prévenir une polarisation mondiale destructrice »

(Crédit: Dr)

Tenu au Palais Brongniart à Paris, les 11 et 12 novembre 2022, la 5ème édition du Forum sur la Paix, placée cette année sous le thème « Sortir de la multicrise et prévenir une polarisation mondiale destructrice qui mettrait en péril les efforts collectifs sur de nombreux défis cruciaux pour l’Humanité », vient de baisser ses rideaux.

Unanimes, les 32 chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que les 5 000 participants au dernier Forum de Paris sur la Paix qui vient de s’achever hier, ont défendu que la réponse aux défis mondiaux passe par des négociations de paix. En d’autres termes, ils se sont mis d’accord que   dialogue et résolution des problèmes mondiaux vont de pair. Justin Vaïsse, Fondateur et Directeur général du Forum de Paris sur la Paix, l’a très bien résumé. De son avis, « La leçon de cette 5ème Edition est que la réponse aux défis mondiaux et les négociations de paix vont de pair. Lorsque nous faisons avancer le dialogue, nous facilitons la résolution des problèmes mondiaux et ceux qui réduisent le risque de guerre ».

Au cours de 80 panels et tables rondes, les débats ont été riches et quelque 70 projets ont été présentés. Des débats, qui n’ont occulté aucun périmètre ; ils sont allés des conflits au climat en passant par la famine, l’espace extra-atmosphérique, le développement inclusif… 

Forte présence des femmes

Parmi les temps forts, les allocutions d’ouverture de personnalités de haut niveau, telles que Sa Majesté la reine Rania Al Abdullah de Jordanie, Gustavo Petro, président de la République de Colombie et David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM). La Reine Rania Al Abdullah de Jordanie a justement attiré l’attention sur le rôle des leaders du monde. « Nous qui détenons encore les leviers sociaux, économiques et politiques du pouvoir, nous devons tout simplement faire mieux. Notre pouvoir n’est pas un droit ; c’est une confiance. Notre travail est d’être de bons intendants de notre temps », a-t-elle soutenu.

La Forum de Paris sur la Paix a aussi planché sur « Mettre en valeur l’Amérique latine et fournir un espace de dialogue pour prévenir les conflits ». Fabienne Hara, Secrétaire générale du Forum, notera dans ce sens « C’est dans des réponses concrètes aux défis mondiaux que les risques de guerre sont réduits, mais le Forum est aussi un lieu discret de négociation diplomatique et de réconciliation entre adversaires ». La présence remarquée des femmes est concrétisée par ce projet retenu (The Global Partner Network for Feminist Foreign Policy) et qui sera accéléré par le Scale-up Program. L’universalisme face à la guerre a été évoqué- la crise russo-ukrainienne oblige. Cela a poussé le président français Emmanuel Macron a insisté sur le fait qu’il faut continuer à rendre effectif ce multilatéralisme (…) pour cela, dira-t-il, « il faut réformer nos institutions internationales, rendues inefficaces lorsqu’elles ne reflètent plus un équilibre ». Etc.

Des initiatives et des réalisations

Certes, cette édition a été un franc-succès, néanmoins les méthodes, pour apporter des solutions aux difficultés, amorcées, résolues en partie, ou de l’heure, diffèrent. Les propos du Président Bissau guinéen face à pairs, qui semblait leur demander, à l’avenir, d’éviter des résolutions laborieuses de crise en tapant sur la fourmilière- cas de Mouammar Kadhafi en Libye et Saddam Hussein en Irak- vont dans ce sens.

Parmi les principales initiatives et réalisations, « le Lancement de l’Initiative Agir Ensemble pour une filière responsable des minéraux critiques », « Réunir les négociateurs vénézuéliens », « le Lancement du Laboratoire de Protection en ligne des Enfants », « le Lancement du Rapport d’Alerte précoce et d’intervention en cas de pandémie », « le Rapport d’avancement : commission de dépassement climatique », « le Rapport d’avancement et nouveaux supporters pour Net Zero Space ».  Cette dernière initiative, qui a fêté son anniversaire et qui se focalise sur la protection de l’environnement orbital de la Terre et une dynamique politique internationale autour de l’urgence de la question des débris spatiaux, a été mise à jour. Les acteurs du monde entier sont prêts à prendre des mesures urgentes pour mettre en place une utilisation durable de l’espace extra-atmosphérique.

Compte tenu du fait que le Forum ne concerne pas seulement de grands livrables, il adopte une approche ascendante pour accélérer des initiatives concrètes. En effet, le Forum de Paris sur la Paix continue de démontrer que dans un contexte d’environnement international dégradé, il est encore possible de faire progresser les solutions de gouvernance, d’intensifier les projets et de lancer de nouvelles initiatives. Nous avons appris que depuis sa création, le Forum a soutenu et accompagné plus de 400 projets qui répondent aux défis transfrontaliers de notre époque. Au sein de l’Espace dédié Solutions, les porteurs de projets ont échangé avec les acteurs publics et privés et ont présenté leurs réponses concrètes aux défis internationaux.

Scale-up Program, un Accélérateur

A l’issue du Forum, dix projets ont été retenus par un jury pour bénéficier d’un accompagnement dédié et personnalisé, sachant que la prise en charge est complète, pendant une année. Le programme SCUP (Scale-up Program) a été lancé en 2018 pour fournir un soutien personnalisé (non financier) d’un an en faveur du développement de 10 des projets présentés au Forum de Paris sur la Paix. Le SCUP est un accélérateur qui mobilise des ressources au sein du Secrétariat du FPP et de la communauté du Forum pour aider à renforcer ces solutions et à amplifier leur impact.

Les 10 projets accompagnés sont :
 Joint Environment Venture for South Asia Porté par Conciliation Resources

Ce projet est une plateforme de collaboration environnementale de part et d’autre de la frontière entre l’Inde et le Pakistan, créant un espace où les scientifiques et les communautés peuvent collaborer et innover pour relever les défis climatiques communs.

African Farmers as Climate Entrepreneurs Porté par Climate Action Platform for Africa

Le projet vise à prouver que les petits exploitants agricoles africains peuvent générer des revenus importants grâce à des approches intelligentes sur le plan climatique et, ce faisant, contribuer activement et utilement à la lutte contre le changement climatique.

Global Index on Responsible AI Porté par Research ICT Africa

L’indice mondial sur l’IA responsable mesure les progrès réalisés en matière d’utilisation responsable de l’IA, dans plus de 120 pays du monde.

QLEVER solution to fight hate online Porté par Equal Rights and Independent Media

La solution QLEVER encourage l’esprit critique et renforce la résistance des jeunes du Kirghizstan, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan à la désinformation et aux discours haineux en ligne, grâce à une plateforme unique de « Serious Game ».

EmpatIA: AI to solve public issues in Latin America Porté par ILDA

Le projet explore l’utilisation de l’apprentissage automatique pour la transparence des gouvernements, l’action climatique et l’environnement en Amérique latine en se concentrant sur l’ouverture, l’inclusion et les politiques basées sur des preuves.

Measuring impact, to finance the future Porté par Vested Impact

Vested Impact exploite des millions de points de données pour évaluer et quantifier automatiquement l’impact non financier des entreprises, et orienter les financements vers les entreprises qui font des bénéfices et une différence.

Global Partner Network for Feminist Foreign Policy Porté par International led by Center for Research on Women (ICRW)

The Global Partner Network for Feminist Foreign Policy est un réseau informel, mondial et multipartite et un espace dédié à l’avancement des politiques étrangères féministes dans le monde entier.

Humanitarian Assistance Digital Infrastructure Porté par COMMIT GLOBAL

Commit Global a construit un écosystème numérique unique pour répondre aux besoins des réfugiés ukrainiens en matière d’informations officielles, de logements et de ressources vérifiés, de soins de santé et de services éducatifs.

Jouhouzia – Protection du patrimoine lors des urgences Porté par Biladi

Le projet vise à sauvegarder le patrimoine dans les situations d’urgence. Il met en relation des soldats et des experts du patrimoine en mettant en œuvre des opérations de sauvetage du patrimoine. L’explosion de Beyrouth a été sa première mission.

PREZODE – Preventing Zoonotic Disease Emergence Porté par CIRAD

Opérationnalisation de l’initiative One Health: PREZODE et ses partenaires, tels que la Wildlife Conservation Society (WCS), favorisent les synergies et éliminent les cloisonnements sectoriels, du niveau local au niveau mondial, afin de prévenir le risque d’émergence de maladies infectieuses émergentes d’origine animale.

Pétrole : Face à Eni et Shell le Nigéria de nouveau débouté

Dans l’affaire du bloc pétrolier offshore OPL 245 le Nigéria a de nouveau essuyé un revers face aux majors pétrolières Eni et Shell. Le pays qui espérait une indemnisation dans ce dossier qui date de plus d’une décennie a été débouté par la cour d’appel de Milan.
Déjà, les procureurs avaient abandonné les poursuites pénales connexes, innocentant Eni et Shell, ainsi que plusieurs cadres dirigeants dont le directeur général d'Eni, Claudio Descalzi

Dans l’affaire du bloc pétrolier offshore OPL 245 le Nigéria a de nouveau essuyé un revers face aux majors pétrolières Eni et Shell. Le pays qui espérait une indemnisation dans ce dossier qui date de plus d’une décennie a été débouté par la cour d’appel de Milan. Retour sur une affaire rocambolesque.

Une cour d’appel de Milan a rejeté vendredi la demande d’indemnisation du Nigéria de 1,092 milliard de dollars contre le groupe énergétique italien Eni ENI et Shell. Une décision prise dans le cadre d’une procédure civile relative à un contrat pétrolier de 1,3 milliard de dollars. Déjà, les procureurs avaient abandonné les poursuites pénales connexes, innocentant Eni et Shell, ainsi que plusieurs cadres dirigeants dont le directeur général d’Eni, Claudio Descalzi. Le verdict porte sur l’une des plus importantes affaires de corruption présumée de l’industrie pétrolière. Il s’agit d’un accord dans lequel Eni et Shell ont acquis le champ pétrolier offshore OPL 245 en 2011 pour régler un différend de longue date sur la propriété.

Soupçon de corruption

La licence du bloc pétrolier offshore OPL 245 du Nigéria a expiré, a confirmé Eni en réponse aux questions posées lors de leur assemblée générale annuelle de 2021. La licence pour le bloc, estimée à 482 millions de barils de pétrole, a expiré le 11 mai. Soit dix ans après que Shell et Eni aient payé 1,3 milliard de dollars pour la licence dans le cadre d’un accord émaillé d’un scandale qui avait déclenché de nombreuses enquêtes et procès criminels. Cependant, en dépit de l’expiration de la licence, le champ a été comptabilisé comme un actif dans les comptes de la société Eni pour 2020. La major pétrolière italienne a reconnu que cela devra peut-être être réévalué « lors de la préparation des prochaines informations financières ». De son côté, Shell a estimé la valeur de sa part à 50 % dans la licence en 2020, a expliqué l‘ONG globale witness.
Nigéria : La méga – raffinerie de Dangote presque achevée

Eni a demandé en 2018 que le Nigeria convertisse la licence en une nouvelle licence d’exploitation pétrolière, dans le cadre des approbations gouvernementales nécessaires pour accélérer le forage. En mars 2019, le président Buhari a rejeté la demande et déclaré qu’aucune autre demande ne serait prise en compte tant que les procédures pénales et civiles de Milan et de Londres concernant l’accord de 2011 n’auraient pas été conclues. Depuis la réponse de Buhari, les filiales nigérianes d’Eni et de Shell ont également été accusées au Nigeria de corruption dans le cadre de l’accord : elles ont nié les actes répréhensibles et le procès se poursuit. La licence a expiré avant la fin des procédures judiciaires de Milan et du Nigeria. En mars 2021, Shell, Eni et d’autres accusés ont été acquittés à Milan pour des accusations de corruption internationale présumée dans le cadre de l’accord. Cette même cour a rejeté en appel ce vendredi 10 novembre la demande d’indemnisation du Nigéria de 1,092 milliard de dollars contre le groupe énergétique italien Eni et Shell. Le verdict intervient alors que le Nigéria tente de convaincre de sa capacité à endiguer la corruption dans le secteur pétrolier.

Chronique : démographie – nous serons 8 milliards le 15 novembre 2022

Au-delà de la coïncidence, c’est un signe hautement significatif. Constatons que, c’est pendant que se déroule la COP 27 à Sharm El Sheikh en Egypte, la population mondiale va atteindre la barre de 8 milliards. L’Afrique, qui va désormais compter 1,4 milliards d’âmes, aura le rythme de croissance démographique le plus rapide. Quels sont les enjeux ?

Saviez-vous que depuis le 28 juillet dernier, le monde vit à crédit jusqu’à la fin de l’année ? Selon les calculs de Global Footprint Network, ce « jour du dépassement » est la date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble de ce que les écosystèmes peuvent régénérer en un an ! Justement, à la COP 27, entre autres axes, on s’attend à des mesures et actions dans l’innovation et les technologies propres, une autre utilisation de l’eau et agriculture dans la crise climatique. Dans ce contexte marqué du dépassement des ressources naturelles, la démographie poursuit sa croissance, voire galope dans certaines parties de la terre, singulièrement en Afrique au sud du Sahara. Gageons que les promesses de financements verts ne seront pas vaines.

Ceux, qui défendent le concept du « Shape the World », sont pour un Plan Marshall pour ce continent. C’est d’autant plus judicieux qu’à la fin du siècle, la population africaine pourrait tripler. S’inscrivant dans la tendance actuelle de l’urbanisation mondiale, si ces populations manquent d’infrastructures de base, elles seraient sevrées d’une qualité de vie aux conséquences incalculables. C’est le moment d’investir massivement- à coups de centaines de milliards de dollars – sur ces utilités, mais aussi sur l’éducation et la formation, l’amélioration des compétences, sans omettre la R&D et l’innovation. Forts heureusement, des fonds d’investissement, qui ont su apprécier ces filons, sont prêts à jouer le jeu et financer presque les yeux fermés.

La chance de l’Afrique repose sur les bonnes pratiques accumulées dans d’autres parties du monde, mais aussi sur sa créativité, la jeunesse de sa population et, contrairement à des zones à forte empreinte carbone, de ressources naturelles transformables par une autre industrie, basée sur l’infiniment petit et qui s’éloigne d’énergies tirées de ressources polluantes.

A lire aussi : Afrique : le changement climatique réduit la croissance du PIB

Chaque territoire, chaque nation dispose d’avantages comparatifs. A notre sens, l’atout majeur, dont dispose le continent noir, est à trouver dans la mise en place d’Aménageurs-Développeurs à même de faciliter des investissements pour un développement inclusif. Il reviendrait à ces structures, émanant d’organes étatiques à gestion autonome, d’aménager les espaces dédiés, en les dotant de toute la logistique nécessaire (route, autoroute, rail, électricité, eau courante, assainissement, jusqu’à la connexion internet par la fibre optique), mais aussi la sûreté et la sécurité. L’érection de pôles industriels et services induits, ayant pour corollaire une génération de revenus, la qualité de vie aidant, permettra un IDH plus conséquent.

AIF : un total de 63,8 milliards de dollars de promesses d’investissements en 2022

Depuis sa création en 2018, la plateforme Africa Investment Forum a mobilisé plus de 100 milliards de dollars de promesses d’investissement.

L’événement Market Days de cette année – le troisième depuis 2018 – a été placé sous le thème : « Construire la résilience économique par des investissements durables ». Il s’est tenu dans un contexte de défis économiques mondiaux qui ont été aggravés par les impacts du changement climatique, de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Investisseurs et chefs de gouvernements ont été au rendez-vous.

Cette année, les Market Days de l’Africa Investment Forum – la principale plateforme d’investissement du continent – a attiré 31 milliards de dollars de promesses d’investissements africains et mondiaux peut -on lire dans un communiqué de la Banque Africaine de Développement (BAD). Combinés aux 32,8 milliards de dollars générés par les Africa Investment Forum Market Days de 2021, tenus en ligne, le forum a mobilisé un total de 63,8 milliards de dollars de promesse d’investissement en 2022. L’événement qui s’est déroulé du 02 au 04 novembre à Abidjan a connu la participation de plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains. Lesquels ont noué des accords avec les investisseurs potentiels. Parmi eux ces officiels le vice-président Ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, qui a représenté le président Alassane Ouattara. Parmi les autres participants, la présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, le président ghanéen Nana Akufo-Addo, le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa, le vice-président libérien Jewel Howard Taylor, le vice-président tanzanien Philip Mpango, le premier ministre du Cabo Verde José Ulisses Correia e Silva et le premier ministre Patrick Achi de Côte d’Ivoire.

Investissements dans les secteurs clés de l’économie africaine

L’engagement des partenaires a mis en évidence leur volonté de contribuer à libérer le potentiel d’investissement de l’Afrique dans des secteurs essentiels tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, les industries créatives, le sport et les transactions qui soutiennent les femmes entrepreneurs. Les partenaires fondateurs du forum sont la Banque africaine de développement, Africa50, l’Afreximbank, la Société financière africaine, la Banque de développement de l’Afrique australe, la Banque européenne d’investissement, la Banque islamique de développement et la Banque du commerce et du développement (d’Afrique de l’Est). Les partenaires ont déclaré que les résultats de cette année ont dépassé les attentes, d’autant plus que le monde est actuellement aux prises avec de nombreux défis économiques sans précédent. Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, préssident de la BAD a salué les résultats du forum et l’engagement des partenaires. « Malgré les défis, nous n’avons pas peur, et nous n’avons ni désespéré ni perdu espoir. Nous sommes enthousiastes et déterminés à atteindre un objectif collectif… accélérer la conclusion de transactions pour transformer l’Afrique et son paysage d’investissement »,a-t-il déclaré.

Le président émérite et directeur général du Groupe de la Banque du commerce et du développement, Admassu Tadesse, a souligné la valeur de « l’esprit AIF », qui représente une avancée pour faire progresser et conclure les accords.

Pour Tadesse : « Malgré les crises mondiales en cours, nous devons garder les yeux sur la balle. Nous devons continuer à encourager et à permettre les investissements dans l’agriculture et l’industrie ainsi que dans les infrastructures. En produisant nos propres aliments et en fabriquant davantage, nous pourrons accroître nos échanges commerciaux. Il en résultera une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre liées à des importations lointaines, tout en générant davantage d’emplois et d’opportunités pour nos populations ».

Pour le président d’Afreximbank, Benedict Oramah, cette année, l’Africa Investment Forum reflète, par le nombre, les attitudes et la diversité de ses participants, l’intérêt et l’optimisme des investisseurs mondiaux à l’égard du continent et de ses opportunités. Depuis sa création en 2018, la plateforme Africa Investment Forum a mobilisé plus de 100 milliards de dollars de promesses d’investissement.

Tribune : Une Allée, Boubacar Joseph Ndiaye, sur l’île de Nantes

Devant cette plaque, Allée Boubacar Joseph Ndiaye, qui- espérons-le- symbolise un geste important dans la réconciliation et la réparation, SE El Hadji Magatte Sèye, Ambassadeur du Sénégal en France, Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et ex-Maire de Nantes, Me Augustin Senghor, Maire de Gorée, Eloy Coly, Conservateur actuel de la Maison des Esclaves, Alassane Guissé,

C’est samedi dernier, 15 octobre 2022 que la ville de Nantes en France et une délégation sénégalaise, ont inauguré, en partenariat avec l’Association des Amis de l’île de Gorée au Sénégal, la plaque de l’Allée, dédiée à feu Boubacar Joseph Ndiaye, ex-Conservateur de la Maison des Esclaves à Gorée.

Les sites historiques, lieux de mémoire, et autres reliques historiques, ont le mérite de nous ancrer dans un passé qui fortifie notre futur. C’est d’autant plus efficient lorsque le conservateur est hors pair, voire exceptionnel, doté d’un talent d’orateur rarissime. L’île mémoire de Gorée qui abrite la Maison des Esclaves, à 5 km au large de Dakar, s’enorgueillit d’un avoir un, en la personne de Boubacar Joseph Ndiaye, de 1962 à sa mort. Pour l’immortaliser, depuis samedi dernier, une Allée, dans le quartier Prairie-au-Duc dans l’île de Nantes, a été inaugurée et porte désormais son nom.

Devant cette plaque, Allée Boubacar Joseph Ndiaye, qui- espérons-le- symbolise un geste important dans la réconciliation et la réparation, SE El Hadji Magatte Sèye, Ambassadeur du Sénégal en France, Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et ex-Maire de Nantes, Me Augustin Senghor, Maire de Gorée, Eloy Coly, Conservateur actuel de la Maison des Esclaves, Alassane Guissé, Conseiller municipal (Groupe Ecologiste), Olivier Château, Adjoint à la Mairie de Nantes, et les filles et belle – fille de Joseph Ndiaye, venus rehausser de leur présence, cette date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de l’Humanité.  

Un passé triste, sillon d’un avenir radieux

L’esclavage a été un crime odieux contre l’Humanité. Toutes ces personnalités l’ont condamné de concert et s’accordent sur un futur plus radieux dans un développement inclusif où l’exclusion de l’exploitation de l’homme par l’homme sera bannie. Le conservateur qui est maintenant honoré en France, a toujours travaillé dans ce sens. Doit-on rappeler que Joseph Ndiaye, comme on l’appelait communément au Sénégal et à travers le monde, a été ancien combattant du corps des Tirailleurs Sénégalais ? Il a combattu dans l’armée française pendant la seconde guerre mondiale et en Indochine. Parmi ses décorations, figurent Croix de guerre et Chevalier de l’Ordre national du Mérite (France), Officier de l’Ordre national du Lion (Sénégal)…

Cette manifestation a été aussi l’occasion de revenir sur l’état de la conservation de lieux historiques, de site de mémoires et autres reliques. Si les financements ne dépendent que des droits de visite, les reliques, monuments et vestiges sont appelés à péricliter. Des moyens plus conséquents peuvent provenir d’un aménagement plus conséquent qui englobe la multiplication de maisons d’hôtes (à partir de l’existant), de commerces, de boutiques de souvenirs, et qui concourt à une stratégie de développement au bénéfice des communes où ils sont domiciliés et des populations locales.  

Exposition Maison des Esclaves et Boubacar Joseph Ndiaye
Exposition Maison des Esclaves et Boubacar Joseph Ndiaye

Hôtellerie : en partenariat avec Msafiri, IHG Hotels & Resorts étoffe son réseau en Afrique

IHG compte plus de 6 000 hôtels ouverts dans plus de 100 pays, et plus de 1 800 en cours de développement, selon les chiffres communiqués par le groupe.

IHG s’associe à Msafiri Limited pour étendre son réseau sur les marchés africains. Holiday Inn Nairobi Two Rivers Mall, et The Fairview Nairobi au Kenya ainsi que l’hôtel Crowne Plaza Dar Es Salaam en Tanzanie sont maintenant ouverts et accueillent des invités. Dans chaque établissement, IHG Hotels & Resorts et les nouveaux propriétaires devront rehausser l’expérience des clients en effectuant des rénovations et des améliorations conformément aux termes du partenariat. Il s’agit aussi pour la société hotellière d’incorporer les marques de fabrique et les normes du groupe IHG.  

« L’industrie africaine de l’hôtellerie et du tourisme a résisté aux perturbations des deux dernières années, avec un nombre croissant de voyageurs entrants, soulignant le potentiel de la région », a commenté Haitham Mattar, directeur général, Inde, Moyen-Orient et Afrique chez IHG.

Pour le groupe, son expansion au Kenya et en Tanzanie témoigne de la façon dont IHG Hotels & Resorts encourage ce potentiel et répond rapidement à la demande suite à la reprise post-Covid-19. Il se dit ravi que ces propriétés rejoignent la famille IHG et offre à ses clients l’hospitalité exceptionnelle pour laquelle il est connu. Un représentant du groupe a déclaré dans le communiqué de presse du 03 novembre d’IHG : « Nous sommes ravis de renforcer notre partenariat avec IHG et d’élargir ensemble notre portefeuille sur de nouveaux marchés et différentes marques ». L’apport de son partenaire qui comprend Actis et Westmont Hospitality est un partenariat important pour IHG, reconnait l’hotellier.

Pour mieux saisir les opportunités en Afrique

L’Afrique a un énorme potentiel de croissance pour les MICE, les affaires et les loisirs. La franchise avec IHG intervient dans un contexte où la destination Afrique attire de plus en plus de touristes. Et les trois établissements concernés sont situés dans des lieux stratégiques et espèrent profiter de cette manne financière. « Nous nous attendons à ce que les trois propriétés bénéficient de la force et de l’échelle des systèmes mondiaux, de la technologie et du solide programme de fidélité d’IHG ». Funke Okubadejo, directeur de l’immobilier chez Actis, a déclaré :« Nous sommes ravis d’établir une relation avec IHG, par le biais de notre joint-venture avec Westmont Hospitality, et cela prolonge notre expérience en matière d’investissement dans des opportunités immobilières passionnantes dans des endroits clés en Afrique ». IHG Hotels & Resorts est une société hôtelière mondiale, avec 17 marques hôtelières et IHG One Rewards, l’un des plus grands programmes de fidélité hôteliers au monde. La compagnie compte plus de 6 000 hôtels ouverts dans plus de 100 pays, et plus de 1 800 en cours de développement, selon les données fournies par le groupe.

Congo : gros coup de pouce à l’industrie de la transformation locale du bois

L'exploitation du bois est l'un plus grands employeurs en République du Congo mais ne contribue que peu au PIB du pays du fait de la faiblesse de l'industrie locale de transformation.

Après plusieurs échéances reportées, le gouvernement congolais a décidé l’interdiction, à partir du 1er janvier 2023, des exportations de bois non transformé. Une mesure qui vise à permettre au secteur forestier notamment aux industries locales du secteur, principaux employeurs du pays, d’augmenter leurs contributions au PIB national à travers un développement des différentes filières de transformation du bois. Sauf que la mesure risque de se confronter à plusieurs obstacles notamment des pertes fiscales que les autorités entendent compenser par des mesures d’accompagnement et des incitations destinées à attirer davantage les investissements.

Cette fois, c’est officiel ! L’’interdiction d’exportation de grumes en République du Congo est désormais effective à compter du 1er janvier prochain. Dans une correspondance datée du 21 octobre dernier, la ministre de l’Économie forestière Rosalie Matondo a indiqué qu’à compter du 1er janvier 2023, « les exportations de bois en provenance du Congo ne porteraient que sur des produits semi-finis ou finis ». Selon le courrier susmentionné, cette mesure est prise en application des dispositions de l’article 97 alinéa 1 de la loi 33-2020 du 8 juillet 2020 portant code forestier et qui sont relatives à « l’interdiction d’exporter des produits bois en grumes issus des forêts naturelles et des forêts plantées en République du Congo ». En ce sens, les services techniques du ministère, notamment la Direction générale de l’économie forestière (DGEF) et le Service de contrôle des produits forestiers à l’exportation ont été chargé de veiller à l’application de cette mesure dès la date de son entrée en vigueur. Selon la ministre congolaise, la mise en œuvre de cette mesure d’interdiction d’exportation du bois brut devrait permettre au secteur forestier et plus largement aux industries du secteur d’augmenter leurs contributions au Produit Intérieur Brut (PIB) et donc d’augmenter les recettes de l’État.

« Le secteur forestier est l’un des plus grands employeurs de la République du Congo, et contribue au désenclavement et au développement de l’arrière-pays. Il génère un nombre important d’emplois directs et indirects dans les services aussi bien en milieu rural qu’urbain », a rappelé par la même occasion la ministre Rosalie Matondo, en charge de l’économie forestière.

Nouvelle stratégie de développement de l’industrie locale du bois

L’adoption de cette mesure fait suite à un processus enclenché depuis plusieurs années et qui s’est accéléré en 2020 dans le cadre de la nouvelle politique du gouvernement en matière d’industrie du bois prônée par le chef de l’État Denis Sassou N’Guesso. Face à l’amenuisement progressif des recettes tirées de l’exploitation du pétrole, le gouvernement congolais avait pris la décision d’imposer de nouvelles taxes, un permis réservé exclusivement aux Congolais ainsi que la transformation intégrale des grumes sur le territoire national couplé à l’alimentation du marché intérieur. Lors d’un discours sur l’état de la nation devant le Parlement qu’il a prononcé en 2020, au plus fort de la crise économique que traversait le pays et qui a été accentuée par la pandémie de la Covid-19, le Président congolais a annoncé la promulgation du nouveau code forestier. Lequel apportait plusieurs innovations, dont l’élargissement de l’assiette fiscale du secteur forestier ; l’institution du régime de partage de production qui était adossé à l’obligation de la transformation intégrale des grumes dans le pays. Selon les autorités congolaises, l’entrée en vigueur du nouveau code forestier qui a été adopté par le Parlement en juillet 2020, devrait contribuer à renforcer la gouvernance et la transparence dans la gestion des ressources forestières.

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Entre autres objectifs visés à travers le nouveau texte, « une appropriation plus rationnelle des ressources générées par le secteur forestier au Congo à travers la fixation d’un régime efficace de redevances afin d’accroître la performance fiscale du secteur forestier », comme l’a indiqué le Chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso, qui n’a pas manqué de souligner que « l’amélioration des recettes de l’État est une condition sine qua non pour soutenir et accélérer la reconfiguration de l’espace économique et financier national ».

Le nouveau Code est ainsi venu remplacer l’ancien des années 2000 dont les principales dispositions étaient devenues caduque au regard du contexte international marqué par les enjeux liés à la lutte contre les changements climatiques ainsi qu’aux différents traités, accords et instruments juridiques relatif au secteur auxquels a adhéré le pays. Il s’agit, notamment, de la directive de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), adoptée en septembre 2020 et qui porte sur l’interdiction de l’exportation du bois sous forme de grumes par tous les pays du Bassin du Congo à compter du 1er janvier 2022. En mai 2010, le gouvernement congolais avait signé également un Accord de Partenariat Volontaire (APV) avec l’Union européenne (UE), sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux. Un accord qui a été ratifié en juillet 2012, pour garantir une exploitation légale des forêts.

Une dynamique régionale qui butte à de nombreux obstacles

Le secteur forestier est l’un des plus grands contributeurs au PIB de l’économie congolaise et le principal pourvoyeur d’emplois directs et indirects dans les services aussi bien en milieu rural qu’urbain. Il faut dire que le pays regorge d’importantes superficies forestières dont l’exploitation génère de substantielles entrées fiscales. Cependant, la transformation locale est en berne malgré l’ambition affichée des autorités d’accroître la part du secteur forestier dans le PIB du pays, grâce notamment à la création de zones économiques spéciales dotées d’avantages fiscaux, où serait transformé le bois. En 2017 déjà, le gouvernement congolais avait envisagé l’interdiction de l’exportation du bois brute mais la mesure n’a pas fait long feu tout comme celle des pays membres de l’Afrique centrale qui viennent de repousser encore l’échéance fixée en 2023. Certains pays de la zone comme le Gabon ont franchi le cap mais le manque de préparation du secteur n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés notamment de compenser la perte des taxes sur les exportations de grumes qui constitue la principale source de fiscalité forestière, loin devant les taxes sur la superficie et les taxes d’abattage.

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C’est justement un des défis pour les autorités congolaises et qui inquiètent certains opérateurs et investisseurs du secteur. Selon ces derniers et comme il a été convenu dans le cadre de la CEMAC, une période transitoire de plusieurs années sera nécessaire afin de procéder aux études préalables de maturation des projets d’investissements dans la transformation du bois, retenus dans le cadre de la première phase du processus d’interdiction des exportations du bois en grume dans l’espace communautaire. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’à l’issue de la 38e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique centrale (UEAC), qui s’est tenue le 28 octobre 2022 à Yaoundé, au Cameroun, le gabonais Daniel Ona Ondo, le président de la commission de la Cemac, a annoncé le report sine die de l’entrée en vigueur de l’interdiction des exportations des bois en grumes par les pays membres. La principale raison est que la directive sur la filière bois qui porte sur l’interdiction de l’exportation des grumes rencontre des obstacles en raison de « son coût fiscal énorme. Selon ses explications, rien que la mise en œuvre de cette mesure devrait, par exemple, entraîner au Cameroun des pertes de recettes de près de 80 milliards de FCFA comme c’était le cas au Gabon où l’entrée en vigueur de la mesure a engendré au Trésor du pays une perte de 75 milliards de FCFA.

Il est donc préférable que des mesures d’accompagnement soient d’abord mise en œuvre pour préparer l’industrie locale à la nouvelle la mesure. Initialement prévue pour entrer en vigeur le 1er janvier 2022, elle avait été reportée, dans un premier temps, pour le 1er janvier 2023 avant finalement d’être à nouveau renvoyée aux calendes grecques. La zone qui englobe le bassin du Congo, deuxième poumon de la planète n’est pas encore prêt et le renvoi de l’entrée en vigueur de la mesure d’interdiction devrait permettre, en plus de la maturation des projets d’investissements, aux exploitants forestiers de mieux préparer l’arrimage à la nouvelle donne, avec l’accompagnement de la Commission de la Cemac.

 « Pour éviter que le changement de paradigme soit brutal et mette les entreprises du secteur en difficulté, la Commission de la Cemac a pris sur elle la responsabilité d’accompagner les États pour faciliter ledit changement. Elle va financer avec l’appui de la BAD, l’élaboration des études de faisabilité sur les projets identifiés, afin de juger de leur maturité. Un dispositif régional de fiscalité forestière harmonisé est prévu, ainsi que l’évaluation des mesures de soutien aux entreprises », avait expliqué en ce sens, Duval Antoine Dembi, expert en charge de la question au sein de l’organisation communautaire.

Chronique :  gagner le combat du conditionnement pour la sécurité alimentaire en Afrique

(Crédits : Dr)

Le changement climatique et son corollaire de financements verts sont des sujets de l’heure en Afrique. Sur ces rapports entre Climat et Biodiversité, on évoque la convergence des agendas et des financements, néanmoins il persiste des niches d’abondance notamment dans le domaine du conditionnement en Afrique.

Face au défaut de conservation, de conditionnement, nous vivons des situations ubuesques dans des pays en voie de développement. Dans le secteur primaire – encore très mal organisé dans nombre de pays africains – les exploitants agricoles (cultivateurs, bergers et pêcheurs) continuent de connaître de grosses pertes de récoltes, estimées en milliards de dollars. Il n’est pas rare que des moissons surabondantes soient purement et simplement enterrées, faute de moyens adéquats de conservation. En période de forte lactation, les surplus de lait sont donnés aux animaux ou tout simplement versés par terre… Il arrive que des fruits pourrissent au pied des arbres… La Banque mondiale et la FAO évaluaient naguère ces pertes à 37% de la production, soit environ 48 milliards de dollars, ou l’équivalent du PIB du Ghana en 2017.

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C’est le lieu de souligner qu’à la veille de la COP27, prévue du 06 au 18 novembre 2022 à Sharm El Sheikh, des solutions, notamment en termes d’infrastructures, existent. Outre une très bonne logistique pour relier les zones de productions aux marchés et sites d’exportation, la condition sine qua non est de vaincre le combat du conditionnement. Juste au préalable, il faudra mener une large concertation avec les coopératives ou associations d’exploitants dans les ressources minières, agricoles, halieutiques, de l’élevage. Ainsi, nous gagnerons à ériger, sans délais, des entités maîtrisant l’emballage et le conditionnement, après un benchmark pointu. Pour ce faire, des pistes peuvent être trouvées dans des partenariats public-privé, des joint-ventures… Si certains Etats n’y arrivent pas à titre individuel, quitte à mutualiser les efforts pour des sites sous-régionaux. Il s’agira de surfer sur les bonnes pratiques à travers le monde, singulièrement l’eco-emballage, un conditionnement tous azimuts et labellisé.

Congo : expulsion de l’ambassadeur du Rwanda alors que les rebelles du M23 s’emparent d’une ville stratégique

En représailles au soutien présumé du Rwanda aux rebelles du M23 dans les provinces orientales du Congo, la République démocratique du Congo (RDC) a donné 48 heures à l’ambassadeur rwandais Vincent Karega pour quitter le pays. Une décision prise alors les rebelles du M23 ce sont emparés d’une ville stratégique.

Le groupe rebelle, que les autorités congolaises accusent de soutenir s’est emparé de la ville de Kiwanja dans l’est du Congo. Ces rebelles ont coupé ainsi la capitale du Nord-Kivu, Goma, de la moitié supérieure de la province. D’après le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya:

« Cela est en partie dû à la persistance du pays (de Karega) à attaquer la RDC et à soutenir les mouvements terroristes du M23 »

Une brigade d’intervention de l’ONU, qui soutient les forces gouvernementales, a également déclaré dans un communiqué que quatre casques bleus avaient été blessés dans les combats. Le contingent de l’armée congolaise qui protégeait la ville était parti la veille, ont indiqué des habitants. L’armée a effectué des retraits stratégiques des zones peuplées pour éloigner les combats des villes et protéger les civils.

Les troubles au Nord-Kivu ont rompu des mois de calme relatif dans l’est du Congo après la reprise des affrontements entre l’armée et les militants du M23. Depuis le mois de mai dernier, le M23 a mené son offensive la plus soutenue depuis des années, tuant des dizaines de personnes et forçant au moins 40 000 personnes à fuir en seulement une semaine. Près de 200 000 personnes avaient déjà été déplacées au cours de l’année écoulée avant même la dernière flambée de violence. La résurgence du M23 a exacerbé les tensions régionales et suscité des manifestations meurtrières contre la mission de maintien de la paix de l‘ONU en RDC, que les civils accusent de ne pas les protéger.

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Les forces de l’armée ont affronté les combattants rebelles à plusieurs reprises depuis la reprise des combats le 20 octobre. Lors de ce combat, ils ont tué au moins quatre civils et forçant plus de 23 000 personnes à fuir leurs maisons, selon les Nations Unies. Les deux groupes ont accusé l’autre d’avoir initié les violences.

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