dimanche 22 février 2026
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Forum Africain sur la Garantie financière : 600 milliards de dollars mobilisés par des institutions financières en faveur des MPMEs

Bien qu'il représente 90 % des entreprises, une contribution de 40% au PIB africain et plus de 50% des postes d'emploi, le secteur des MPMEs en Afrique fait face à de nombreux obstacles dont les difficultés liées à l'accès aux financements.

Dans le cadre de la Semaine africaine de l’Industrialisation dont l’édition 2022 s’est étalée du 20 au 25 novembre, s’est tenue à Niamey, au Niger, le premier Forum Africain sur la Garantie financière, une initiative d’une coalition d’institutions financières continentales. A cette occasion, elles se sont engagées à mobiliser sur un an, une enveloppe d’un milliard de dollars soit environ 600 milliards FCFA en faveur des Micro, petites et moyennes entreprises (MPMEs), afin de stimuler leur contribution à l’accélération de leur contribution à l’économie africaine à travers différents mécanismes de garanties et de mécanisme.

La première édition du Forum africain sur la Garantie financière s’est déroulé du 21 au 22 novembre 2022 à Niamey, la capitale nigérienne qui a également accueilli, le 25 novembre dernier, un Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) sur l’industrialisation et la diversification économique, dans le cadre de la célébration de la Semaine africaine de l’Industrialisation. Le Forum qui a réunit durant deux (02) jours, des décideurs politiques ainsi que des acteurs économiques et des experts et autres chefs d’institutions financières et responsables d’établissement bancaires, est une initiative du Fonds de Solidarité Africain (FSA), de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), du Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique (FAGACE), de l’African Garantee Fund (AGF) et de l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA). Les échanges ont essentiellement porté sur la réduction des risques en matière d’investissement et de commerce pour les micro, metites et moyennes entreprises (MPMEs) africaines à travers plusieurs panels qui ont notamment portés sur la nécessaire coalition mondiale des MPME africaines, le rôle des garanties et des assurances ; les perspectives des banques commerciales, le rôle des parties prenantes non financières dans les MPMEs ainsi que l’intégration régionale dans le cadre de la ZLECAf.

Utiliser les instruments de garantie pour atténuer les risques pour les MPMEs africaines

Au sortir du Forum, les institutions financières partenaires ont adopté une déclaration dite « Déclaration de Niamey« , dans laquelle elles ont réaffirmé leur plein engagement à faciliter l’accès aux financements pour les micros, petites et moyennes entreprises africaines. Elles se sont également engagées à utiliser leurs instruments de garantie et de financement dans le strict respect du mode opératoire de chaque institution pour faciliter la mobilisation d’un milliard de dollars américains, soit l’équivalent d’environ 600 milliards de FCFA, sur les douze prochains mois, en soutien aux MPMEs africaines comme première tranche des facilités financières en appui à cette catégorie d’entreprises.

A lire aussi : Niamey : Les ministres régionaux réactivent le projet du gazoduc transsaharien

Dans cette dynamique, le Niger qui a abrité cette première édition du Forum a été choisi comme pays hôte d’une expérience pilote qui va se traduire par un accompagnement des institutions financières africaines de garantie et de la BADEA dans le cadre de la stratégie du pays de soutien aux PMEs pour véritablement changer la situation actuelle et assurer un accès effectif des PME nigériennes aux financements bancaires conformément au mode opératoire de chaque Institution. Pour ce projet pilote, une enveloppe de cent cinquante millions de dollars américains, soit l’équivalent d’environ cent milliards de FCFA de garanties sera mise à la disposition du dispositif d’appui au financement des PME en cours de mise en place sous la houlette du Conseil économique, social et culturel (CESOC) du pays. Les institutions partenaires de la coalition ont également convenu de la mise en place d’une Task Force composée des représentants des institutions impliquées pour assurer le suivi de la mise en œuvre des engagements pris dans la Déclaration.

Les MPMEs, véritable épine dorsale des économies africaines

Des différents exposés et interventions des panélistes durant les deux jours du Forum, il a été mis en évidence le rôle et la contribution des micro, petites et moyennes entreprises (MPMEs) qui sont considérées comme l’épine dorsale des économies africaines avec 90 % des entreprises qui relèvent de cette catégorie sur le continent et une contribution au PIB africain à 40% ainsi plus de 50% en termes de création d’emplois dont une bonne part est destinée aux jeunes et aux femmes. Dès lors, les MPMES constituent une source majeure d’emplois et produisent d’importantes recettes intérieures et d’exportation sur le continent. Avec 80% des nouveaux postes dans le secteur formel sont créés par les MPMES, leur rôle dans la création d’emplois est plus important pour absorber entre dix et douze millions de jeunes qui entrent sur le marché du travail chaque année. Le développement des MPMES est un instrument clé de la croissance économique à travers la création d’emplois et la contribution au PIB et par conséquent, elles constituent un important facteur de réduction de la pauvreté d’autant plus, comme cela a été mis en exergue, elles sont également de loin les principaux producteurs alimentaires en Afrique et dans le monde en général et elles constituent également un puissant catalyseur pour combler l’écart entre les genres, car elles garantissent la participation pleine et active des femmes à l’économie et à la société. Les MPMES sont enfin un vecteur de redistribution de revenus et par conséquent, de prospérité et de paix sociale.

Cependant, malgré cette importance, force est de reconnaître que la contribution des MPMES africaines est encore bien en deçà de leur potentiel en raison des nombreux défis auxquels elles sont confrontées. Ces défis relèvent d’un accès limité au financement et aux débouchés commerciaux. Celles-ci sont, en effet, souvent considérées comme trop petites pour s’adapter aux modèles d’affaires des institutions financières de développement, et trop risquées pour les banques commerciales et les institutions financières traditionnelles. Les estimations de la Société financière internationale (SFI) révèlent en ce sens que 40 % des MPMES du secteur formel dans les pays en développement ont un besoin de financement non satisfait de 5.200 milliards de dollars américains chaque année.

« Il est donc crucial que Nous, les décideurs, les partenaires et les financiers africains, unissions nos efforts pour libérer pleinement le potentiel des MPMES, qui sont vitales pour l’avenir des économies du continent en améliorant l’environnement des affaires, en renforçant leurs capacités et leur accès au crédit », a estimé le Directeur général du FSA pour qui,  « les perspectives d’industrialisation du continent reposeront également sur la libération du potentiel de croissance des petites, moyennes et micro-entreprises, laquelle croissance est conditionnée par leur accès au financement ».

Des initiatives pour faciliter l’accès aux financements des MPMEs

Cette vision partagée par différents intervenants notamment l’économiste et banquier d’affaires Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et Managing Partner de SouthBridge, a reçu l’échos des décideurs politiques.  C’est pourquoi, le Premier ministre du Niger tenu à saluer cette initiative qui va donner un coup d’accélérateur à l’industrialisation du continent. « L’industrialisation est le plus grand facteur de transformation économique du continent par ses effets sur la création des richesses, sur l’emploi l’amélioration des revenus et la réduction de la pauvreté », a déclaré M. Ouhoumoudou Mahamadou qui a ajouté que pour les jeunes nations avec un faible tissu industriel et peu de moyens financiers, une des voies d’accélération de leur industrialisation, réside dans la promotion du secteur manufacturier et l’agro-industrie.

« Ces secteurs en effet sont facilement accessibles aux petites et moyennes entreprises disposant de peu de ressources financières et managériales. Parce que justement elles disposent de peu de ressources financières et managériales, malgré leur potentiel de création d’emploi et des ressources, les PMEs constituent des entreprises à risque tant du point de vue de leurs partenaires financiers que commerciaux », a souligné le Chef du gouvernement.

Le ministre nigérien des Finances Dr Ahmat Jidoud a également rappelé la contribution combien importante ainsi que les enjeux stratégiques dont est porteur toute initiative d’appui au développement des MPMES à l’économie africaine. Il n’a pas manqué de déplorer que malheureusement, les MPMEs africaines font face à de nombreux obstacles nombreux qui limitent leur potentiel, en particulier dans la recherche de financements. « Ces obstacles concernent entre autres le niveau élevé des taux d’intérêt, une offre inadaptée des services financiers aux besoins des populations, les coûts relativement élevés des facteurs, l’exigence de collatéraux non adaptés à la situation réelle des populations, notamment les femmes et les jeunes, l’absence de mécanismes de garantie des activités risquées, notamment agricoles, et l’absence d’éducation financière pour beaucoup de MPMEs opérant dans le secteur informel », a cité le ministre Jidoud qui a aussi ajouté qu’en outre, l’insuffisance d’infrastructures de transport, de commerce et de connectivité accroit considérablement le risque porté par ces entreprises. Le ministre nigérien s’est donc félicité, à juste titre, de l’initiative conjointe de ces institutions financières qui selon lui, constitue une innovation supplémentaire et une preuve de synergies d’interventions entre les institutions financières, publiques comme privées, visant à soutenir le développement des MPMEs africaines.

Burkina Faso : La CEDEAO s’enquiert de la conduite de la transition

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE, a reçu, samedi en audience, une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le Médiateur de l’institution pour le Burkina Faso. ( Image archive, 04 octobre 2022).

Afin de mieux s’informer sur l’état de la transition au Burkina Faso, le Médiateur de la CEDEAO a échangé avec le capitaine Ibrahima Touré. La question du comité de suivi et d’évaluation de la Transition a été examinée pour s’assurer de la continuité du processus devant mener à la fin de cette transition dans les délais convenus.

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE, a reçu, samedi en audience, une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le Médiateur de l’institution pour le Burkina Faso, l’ancien Président du Niger, Mahamadou ISSOUFOU. Le Médiateur de la CEDEAO, a déclaré, au terme de l’audience, être venu au Burkina pour procéder à l’évaluation de la situation de la Transition dans le pays afin de faire un rapport aux Chefs d’Etat, au prochain Sommet ordinaire de la communauté, le 4 décembre prochain à Abuja au Nigéria.

Les échanges ont essentiellement porté sur les missions de la Transition qui se résument à « la reconquête du territoire sous contrôle terroriste, la résorption de la crise humanitaire, le retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi la mobilisation de ressources afin de permettre à la Transition de réaliser ses missions », a affirmé Mahamadou ISSOUFOU, dans un communiqué du 27 novembre.

La question du comité de suivi et d’évaluation de la Transition a également été examinée dans une atmosphère très franche, selon le Médiateur qui a confié avoir eu une «  vue parfaite de l’ensemble des questions abordées et salue l’ouverture d’esprit, l’ouverture au dialogue du Président de la Transition ». Issoufou a aussi été mandaté par le Secrétaire général des Nations Unies, en rapport avec l’Union africaine, la CEDEAO et le G5 Sahel, pour assurer une évaluation stratégique, la sécurité et le développement dans les pays du « Sahel géopolitique ». Cette entité regroupe les pays sous menace terroriste et du crime organisé. Le mandataire a ainsi sollicité le soutien du Président de la Transition, qui lui a promet tout son soutien.

A lire ausi : Burkina Faso : hausse des recettes minières en pleine crise sécuritaire

Après le coup d’Etat du 30 septembre, qui a chassé au pouvoir le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba – qui avait pris par coup d’Etat la place de son prédécesseur légalement élu Roch Marc Kaboré – le capitaine Ibrahima Touré avait promis des assises nationales pour rétablir l’ordre constitutionnelle. Il s’agit ainsi de respecter des engagements pris avec la Cédéao, et notamment le retour à l’ordre constitutionnel en juillet 2024 conformément au calendrier établi par Damiba.  Mi-octobre, ces assises ont été organisées par la junte au pouvoir. Parmi les décisions majeures, la nomination du capitaine Ibrahim Traoré comme chef de la transition et le maintien de la durée de la transition à 21 mois à compter d’octobre.

RDC : satisfait des réformes, le FMI envisage un nouvel décaissement de 200 millions de dollars

Crédit : DR

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur les politiques économiques en vue de l’achèvement de la troisième revue dans le cadre de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce qui ouvre la voie à un nouvel décaissement d’environ 200 millions de dollars pour le soutien à la balance des paiements du pays. Au terme des négociations menées en octobre et novembre dernier, l’institution de Brettons Woods a estimé qu’en dépit des chocs externes récurrents et la hausse de l’inflation, la reprise post-COVID continue de prendre de l’ampleur, avec une croissance attendue à 6,6 % en 2022. Il reste toutefois à poursuivre la mise en œuvre prudente de certaines réformes structurelles sur lesquelles le gouvernement a pris de fermes engagements budgétaires en dépit des défis sociopolitiques et d’un contexte politique et sécuritaire plein d’incertitudes.

Il va falloir attendre la prochaine réunion du Conseil d’administration du FMI prévu en décembre pour confirmer l’approbation d’un nouvel décaissement, mais à en croire les principales conclusions de la troisième revue du programme de réformes économiques appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC), la RDC est en bonne voie pour bénéficier de 200 millions de dollars supplémentaires de la part du FMI pour soutenir sa balance des paiements. Après évaluation, les principaux indicateurs sont au vert, mais il reste encore quelques défis à relever, selon les experts de l’institution de Bretton Woods, qui ont séjourné pendant plusieurs jours, du 19 octobre au 02 novembre, à Kinshasa où ils ont échangé avec les principales autorités politiques et acteurs économiques du pays. A l’issue de cette visite ainsi que des discussions qu’elle a qualifiées de « fructueuses« , Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour la RDC a déclaré que les autorités congolaises et l’équipe du FMI sont parvenues à un accord au niveau des services sur les politiques économiques en vue de l’achèvement de la troisième revue dans le cadre de l’accord au titre de la FEC, un mécanisme qui fournit une aide financière aux pays qui connaissent des difficultés prolongées dans le paiement de leurs dettes.  L’accord qui doit être soumis à l’approbation de la direction du FMI et à l’examen du Conseil d’administration, prévu en décembre 2022, prévoit l’approbation d’un nouvel décaissement de 152,3 millions de Droits de tirages spéciaux (DTS), soit environ 200 millions de dollars, pour le soutien à la balance des paiements de la RDC.

L’activité économique sur une bonne dynamique

Selon les experts du FMI, le PIB réel de la RDC fait preuve de résilience, avec une croissance anticipée à 6,6 % en 2022, soutenue par une production minière plus élevée que prévu. L’inflation devrait dépasser 12 % d’ici fin 2022, en raison de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires et des carburants, exacerbée par la guerre en Ukraine et les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement alors que le compte courant a affiché un excédent au premier semestre grâce à la vigueur des exportations, et, à fin octobre, les réserves internationales brutes ont atteint environ 2 mois d’importations, bien au-dessus de l’objectif fixé au début de l’accord au titre de la FEC.  De son coté, le solde budgétaire intérieur est projeté à 1,1 % du PIB, ce qui est conforme aux engagements du programme. Des recettes budgétaires plus élevées grâce à des évolutions favorables dans le secteur minier, ont aidé à faire face aux pressions sur les dépenses résultant de l’escalade du conflit à l’Est, à l’augmentation des dépenses dans les ministères et les institutions publiques et au remboursement des arriérés aux distributeurs de carburant, a aussi mis en évidence le FMI dans un communiqué publié le 21 novembre dernier.

« Les perspectives restent positives. Les services du FMI prévoient une croissance de 6,3 % en 2023 dans un contexte de resserrement des politiques économiques sur le plan interne et de ralentissement mondial qui devraient peser sur la croissance. Les perspectives à moyen terme restent favorables, soutenues par l’expansion de la production minière et la dynamique des réformes envisagées. « . Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour la RDC

À la suite de ce satisfecit du FMI, le ministre des Finances Nicolas Kazadi a animé une conférence de presse mardi dernier à Kinshasa en compagnie du ministre d’État en charge du Budget, Aimé Bodji, de la gouverneure de la Banque Centrale du Congo (BCC), Malangu Kabedi et du représentant pays du Fonds Monétaire International (FMI), Gabriel Leost. L’occasion pour les représentants du gouvernement congolais de se réjouir des conclusions de l’accord de service de la troisième revue avec le FMI. Au cours de ces échanges avec la presse, le ministre du Budget, a d’ailleurs tenu à rappeler que, le programme avec le FMI, a déjà permis un décaissement d’un appui budgétaire à hauteur de 503 millions USD.

« Il y a plusieurs retombées, être en programme de manière générale permet au pays de bénéficier de l’appui budgétaire. C’est de l’argent disponible pour l’Etat et au cours de cet exercice, nous avons bénéficié de l’appui budgétaire de 750 millions USD, cela a permis déjà un décaissement de 503 millions USD qui ont été orientés vers le programme de développement de 145 territoires. Donc il y a des avantages au-delà du fait que le pays gagne en crédibilité, il y a des investisseurs qui viennent, il y a aussi un gain quand un pays bénéficie d’un programme avec le FMI« , a indiqué Aimé Bodji Sangara.

Il a aussi rappelé que dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, une attention particulière est accordée sur des réformes structurelles, « ce qui nous a permis d’améliorer la gouvernance budgétaire et les recettes publiques « . Pour le ministre des Finances Nicolas Kazadi, cet accord au titre de la troisième revue du programme va soutenir l’économie congolaise d’autant qu’il intervient au moment où le pays fait face à plusieurs défis notamment la situation sécuritaire à l’Est du pays ainsi que les répercussions des chocs qui affectent l’économie mondiale.

« Cette troisième revue intervient à un moment un peu particulier avec comme vous le savez les évènements nationaux et internationaux qui affectent notre pays et qui se sont accélérés ces derniers temps avec d’abord, la guerre en Ukraine, ensuite la crise à l’Est de notre pays. « , a poursuivi le ministre Nicolas Kazadi qui a ajouté qu’en dépit de ces défis, le gouvernement va poursuivre les réformes pour atteindre les objectifs auxquels il s’est engagé à travers le programme avec le FMI et cela conformément aux hautes instructions du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Des réformes prudentes pour relever des défis persistants

Dans son dernier communiqué du 21 novembre, le FMI a rappelé que les engagements budgétaires pris dans le cadre de l’accord au titre de la FEC visent un déficit budgétaire intérieur de 0,7 % du PIB en 2023. « Des efforts soutenus de mobilisation des recettes et la maîtrise des dépenses courantes, des subventions aux carburants et de la masse salariale laisseront de l’espace pour des dépenses sociales supplémentaires et l’apurement des arriérés intérieurs« , ont prôné les experts qui soulignent également que les recettes imprévues contribueront à constituer des marges budgétaires pour répondre aux chocs.

RDC : attaque meurtrière dans l’Est du pays

Le FMI a par ailleurs indiqué qu’une politique monétaire proactive contribuera à ancrer l’inflation, tandis que la poursuite de l’accumulation de réserves est nécessaire compte tenu des chocs externes récurrents. « Les réformes visant à renforcer le cadre de la politique monétaire et la gouvernance de la banque centrale amélioreront la gestion de la liquidité et l’efficacité de la politique monétaire », ont ajouté les experts pour qui, également, après l’approbation du projet de loi sur les banques commerciales, un ambitieux programme de réformes financières visant à renforcer les cadres de réglementation, de supervision et de résolution bancaire contribuera à renforcer la résilience du secteur bancaire. Le FMI a de nouveau insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à l’amélioration des cadres de lutte contre la corruption, la simplification du système fiscal, l’amélioration de la transparence dans le secteur minier, « y compris en publiant tous les nouveaux contrats miniers et ceux renégociés », ainsi que la mise en œuvre des procédures visant à publier les informations sur les bénéficiaires effectifs des contrats publics.

Sortir du tout minier pour restructurer l’économie du pays

Des réformes que le gouvernement s’attèle à mettre en œuvre comme l’atteste l’engagement pris par le ministre des Finances sur la publication prochaine des contrats miniers en particulier le protocole d’accord signé en février entre le gouvernement et le groupe Fleurette de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.  « En principe dans les prochains jours, il va être rendu public. On espère le faire avant la fin de la semaine. On tournera la page de ce contrat pour aller de l’avant. Cela permettra au pays de récupérer ses actifs miniers puis d’avancer« , a-t-il déclaré devant la presse. Pour atteindre ces objectifs consistent surtout à développer une économie diversifier, les autorités congolaises ont besoin d’accompagnement notamment dans le cadre de l’accord au titre de la FEC. Ce dernier a été approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 15 juillet 2021 pour une durée de 36 mois afin d’aider le pays à répondre aux besoins de financement liés à la pandémie de COVID-19 pour la RDC.

Economie : le Ghana tente le pétrole contre l’or

Le vice-président du Ghana, Mahamudu Bawumia, prend la parole lors d'une table ronde sur l'état de la région Afrique lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI. /VCG Photo

Pour enrayer la fonte de ses réserves de devises et l’affaiblissement du Cedi, sa monnaie locale, le Ghana veut acheter ses produits pétroliers avec de l’or plutôt qu’en dollars américains. Par cette stratégie, le pays qui a finalement fait appel au FMI, espère sortir de son endettement et de la crise financière dans laquelle il s’est embourbé.

Le Ghana prévoit d’acheter du pétrole avec de l’or au lieu de dollars américains. Le gouvernement ghanéen travaille en effet sur une nouvelle politique d’achat de produits pétroliers avec de l’or plutôt qu’avec ses réserves en dollars américains, a déclaré jeudi le vice-président Mahamudu Bawumia sur Facebook. Les réserves internationales brutes du Ghana s’élevaient à environ 6,6 milliards de dollars fin septembre 2022, ce qui équivaut à moins de trois mois de couverture des importations. Cela représente environ 9,7 milliards de dollars à la fin de l’année dernière, selon le gouvernement, relayé par Reuters.

Ghana : comment Accra s’est finalement résigné à faire appel au FMI

L’annonce de Bawumia a été faite alors que le ministre des Finances, Ken Ofori-Atta, a annoncé des mesures pour réduire les dépenses et augmenter les revenus dans le but de lutter contre une crise de la dette en spirale. Lors d’une présentation du budget 2023 au Parlement jeudi, Ofori-Atta a averti que la nation ouest-africaine courait un risque élevé de surendettement et que la dépréciation du cedi a gravement affecté la capacité du Ghana à gérer sa dette publique. Le gouvernement négocie un programme de secours avec le Fonds monétaire international alors que le pays producteur de cacao, d’or et de pétrole fait face à sa pire crise économique depuis une génération.

Une stratégie innovante

Cette décision vise à lutter contre la diminution des réserves de devises étrangères associée à la demande de dollars par les importateurs de pétrole, ce qui affaiblit le cedi local et augmente le coût de la vie. L’utilisation de l’or empêcherait le taux de change d’avoir un impact direct sur les prix du carburant ou des services publics. Car les vendeurs locaux n’auraient plus besoin de devises pour importer des produits pétroliers, a-t-il expliqué.

Si elle est mise en œuvre comme prévu pour le premier trimestre 2023, la nouvelle politique « changera fondamentalement notre balance des paiements et réduira considérablement la dépréciation persistante de notre monnaie », a déclaré Bawumia. « Le troc de l’or contre du pétrole représente un changement structurel majeur », a-t-il ajouté.

La politique proposée est peu commune. Alors que les pays échangent parfois du pétrole contre d’autres biens ou matières premières, de telles transactions impliquent généralement qu’un pays producteur de pétrole reçoive des biens non pétroliers plutôt que l’inverse. Le Ghana produit du pétrole brut mais il dépend des importations de produits pétroliers raffinés depuis la fermeture de sa seule raffinerie après une explosion en 2017.

Restructuration de la dette Tchadienne : une bouée de sauvetage pour de nombreuses économies africaines

Il faut dire que ces accords, dans la continuité de ceux conclus avec Glencore en 2018, devront permettre la poursuite du programme avec le FMI, la conclusion de la prochaine revue de la Facilite élargie de crédit (FMI) et le décaissement dune nouvelle tranche de financement au bénéfice du Tchad d’ici fin décembre 2022, après décision du Conseil d’administration du Fonds.

Après plus de deux ans de négociations et d’attente, le Tchad est enfin parvenu à un accord avec ses principaux créanciers au titre du cadre du commun du G20, une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie du pays, le premier à bénéficier de l’initiative lancée en 2020 par plusieurs créanciers internationaux institutionnels et privés pour alléger la dette des pays pauvres. Des pays africains déjà lourdement endettés espèrent en bénéficier pour atténuer l’impact des chocs de la conjoncture économique mondiale sur leurs économies alors que les conditions d’accès aux marchés internationaux se rétrécissent, ce qui réduit davantage la marge de manœuvres des dirigeants confrontés à une amplification des défis socioéconomiques.

C’est une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie tchadienne et une lueur d’espoir pour d’autres pays, à l’image de la Zambie et de l’Ethiopie, qui attendent depuis 2020 de bénéficier également d’un accord sur l’assouplissement de leurs dettes au titre du Cadre commun du G20. Le Tchad a attendu deux années de laborieuses négociations pour enfin parvenir à un accord pour la restructuration de sa dette extérieure avec ses principaux créanciers bilatéraux et avec le négociant suisse Glencore, le plus gros créancier privé qui détient près d’un tiers de la dette extérieure du pays, une dette contractée durant les années 2013 et 2014 dans le cadre des accords qualifiés à l’époque de « pétrole contre argent ».

Dans un communiqué de presse suite à cet accord, officialisé le 11 novembre dernier, le ministre tchadien des finances du budget et des comptes publics, Tahir Hamid Nguilin a tenu à rappeler pour s’en féliciter,  que la République du Tchad qui est le premier pays à avoir adhéré au cadre Commun pour les traitements de dette du G20 et du club de Paris, est aussi le premier pays à parvenir à un accord à ce titre, « conformément aux engagements pris auprès du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de son programme de Facilité élargie de crédit (FEC) et avec le soutien de la Banque Mondiale, du club de Paris et du Comité des créanciers bilatéraux officiels co-préside par la France et l’Arabie Saoudite ». Selon les détails donnés par le ministre, en plus d’être conformes aux engagements pris par le pays dans avec le FMI, les paramètres de ce traitement de la dette sont également conformes aux principes du cadre commun, et permettent de restaurer la soutenabilité de la dette publique, tout en assurant une protection contre la volatilité des prix du pétrole grâce à l’introduction de mécanismes de traitement contingent.

 « Cet accord de traitement de la dette du Tchad cadre avec les objectifs du programme appuyé par le FMI approuvé en décembre 2021. Il réduit le risque de surendettement à un moment où les perspectives économiques mondiales sont incertaines, et fournit une protection contre des risques économiques qui pourraient peser sur le Tchad, tels que la baisse des prix des produits pétroliers. Lorsqu’il sera officialisé, cet accord devrait permettre, d’ici la fin de l’année, d’achever les première et deuxième revue par le FMI de l’accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit en faveur du Tchad, ce qui aidera à placer l’économie du Tchad sur la voie de la croissance durable et de la réduction de la pauvreté », s’est de son côté également réjouit Kristalina Georgieva, la Directrice générale du FMI.

Il faut dire que ces accords, dans la continuité de ceux conclus avec Glencore en 2018, devront permettre la poursuite du programme avec le FMI, la conclusion de la prochaine revue de la Facilite élargie de crédit (FMI) et le décaissement dune nouvelle tranche de financement au bénéfice du Tchad d’ici fin décembre 2022, après décision du Conseil d’administration du Fonds. Les détails de l’accord passé entre Ndjamena et l’ensemble de ses créanciers ne sont pas encore connus mais d’après une source citée par l’agence de presse Reuters, ils consistent en un rééchelonnement important qui sera effectué en 2024, c’est-à-dire la dernière année où le Tchad recevra l’assistance financière du FMI. Autant dire que pour le pays, en pleine transition et qui fait face à de nombreux défis politiques, socioéconomiques et sécuritaires, cet accord constitue une véritable bouée de sauvetage dans un contexte économique mondiale encore pleins d’incertitudes.

Des initiatives d’allègement de la dette en faveur des pays pauvres endettés

L’accord obtenu par le Tchad avec ses principaux créanciers offre une fenêtre d’opportunité pour plusieurs autres pays du continent qui frappent à la même porte depuis des mois pour voir le poids de leurs dettes aussi alléger. En 2020, au plus fort de l’impact de la crise de la Covid-19 qui a amplifié les chocs sur de nombreuses économies africaines, une initiative a été lancée par plusieurs créanciers bilatéraux et multilatéraux en faveur d’un allègement à défaut d’une annulation de la dette publique et pour un rééchelonnement de la dette privée de l’Afrique. C’est ainsi qu’a vu le jour l’Initiative de suspension du service de la dette des pays dits les plus pauvres (ISSD), inspirée au Club de Paris et au G20, par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Une quarantaine de pays dont plusieurs pays africains étaient éligibles et ont ainsi pu certes garder dans leurs caisses près de 13 milliards de dollars, selon les estimations du FMI, mais l’initiative a pris fin le 31 décembre 2021 alors que trois (03) pays, parmi les plus surendettés du continent à savoir le Tchad, l’Ethiopie et la Zambie qui en ont fait la demande n’ont pas pu obtenir gain de cause. Parallèlement, les pays du G20 ont lancé en novembre de la même année, un nouveau « cadre commun pour les traitements de la dette au-delà de l’ISSD » qui prévoit un engagement à « plus de transparence  et à une comparabilité de traitement », c’est-à-dire que tous les créanciers, publics et privés, doivent accepter de faire un effort équivalent sans que toutefois, rien n’oblige les créanciers privés qui sont les moins enclins à abandonner leurs dettes, à s’y rallier. C’est dans ce cadre que le Tchad a pu parvenir à conclure son accord avec ses principaux créanciers, ce qui offre une lueur d’espoir aux autres pays candidats d’autant que, entre temps, plusieurs autres économies sont venus s’ajouter à la liste des pays à fort risque d’endettement.

Le poids de la dette, un fardeau de plus pour de nombreuses économies fortement impactées par les crises

Il faut dire qu’alors que les pays d’Afrique subsaharienne semblaient emprunter la voie d’une reprise vigoureuse, au sortir d’une longue pandémie, fin 2021, « cette amélioration a été brutalement interrompue par une série de bouleversements sur les marchés internationaux, ce qui exerce de nouvelles pressions sur les dirigeants de la région », comme l’a relevé le FMI dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques régionales pour la région, d’octobre dernier. En plus du choc de la Covid-19, les économies africaines ont été affectés par l’aggravation de l’insécurité alimentaire qui a été amplifiée par la guerre en Ukraine ainsi qu’un ralentissement de l’économie mondiale du fait de l’incertitude qui prévaut sur les marchés internationaux.

Selon Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, les récents bouleversements qui s’ajoutent à la série de chocs subis ces dernières années, ont tous réduis la marge d’action des autorités de la région. La dette publique a atteint environ 60 % du PIB, soit un niveau d’endettement que la région n’avait pas connu depuis le début des années 2000. La part des fonds privés à coût plus élevé a augmenté dans la composition de la dette, avec pour conséquences une hausse des coûts du service de la dette et un accroissement des risques de refinancement. De fait, 19 des 35 pays à faible revenu de la région se trouvent en situation de surendettement ou présentent un risque élevé de surendettement.

Dans le contexte actuel de ralentissement attendu de l’activité économique africaine et des perspectives peu dynamiques projetées à court terme, M. Selassie a estimé, entre autres priorités pour l’action publique dans la région la nécessité pour les pays de la région de continuer à veiller à consolider leurs finances publiques afin de préserver leur viabilité budgétaire, à plus forte raison dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt. Des cadres budgétaires à moyen terme crédibles, y compris pour la gestion efficace de la dette, peuvent en ce sens contribuer à réduire les coûts d’emprunt et pour certains pays présentant de fortes vulnérabilités liées à la dette, « une restructuration ou un rééchelonnement de la dette pourrait s’imposer, ce qui met en évidence la nécessité d’améliorer la mise en œuvre du cadre commun du G20 ».

En 2022, en effet et selon les estimations de l’institution de Breton Woods, la dette devrait rester élevée en Afrique subsaharienne, à 58,6 % du PIB. Les gouvernements africains ont consacré 16,5 % de leurs recettes au service de la dette extérieure en 2021, contre moins de 5 % en 2010. Ce chiffre cache par ailleurs des disparités importantes, puisque des pays comme l’Angola, la Zambie, le Ghana, ou le Gabon consacrent plus de 40% de leurs recettes au remboursement de la dette externe avec plus de 60% pour l’Angola et si la tendance se poursuit, le Nigeria devrait par exemple consacrer plus de 130% de son PIB au remboursement des services de la dette à l’horizon 2026 !

Selon toujours les mêmes estimations, 38 pays considérés comme pauvres de la région sont actuellement en situation de surendettement, et 14 risquent fortement de les rejoindre. Par ailleurs, dans un contexte de coûts d’emprunt élevés, il devient difficile d’emprunter sur les marchés nationaux et internationaux, tandis que le resserrement des conditions financières mondiales affaiblit les monnaies et augmente le coût des emprunts externes pour les pays africains. La conjoncture macro-économique mondiale risque en effet de noircir encore plus le tableau avec les remontées de taux d’intérêts décrétées par les banques centrales occidentales pour lutter contre l’inflation, et en particulier par la Réserve fédérale américaine, qui ont fait grimper le dollar par rapport aux monnaies locales africaines, rendant le remboursement de dettes libellées en dollar encore plus coûteux. Si la monnaie de certains pays exportateurs d’hydrocarbures résiste, d’autres marquent le pas comme le rand sud-africain qui a par exemple cédé 10% de sa valeur par rapport au dollar sur les trois derniers mois alors que pour le cédi ghanéen, la baisse a atteint même 25% sur la même période.

L’allégement de la dette, une mesure vitale pour de nombreux pays africains

Face à cette situation qui risque d’atténuer l’impact des efforts consentis par les économies africaines ces dernières années pour sortir de la pauvreté et qui réduit la marge de manœuvres des gouvernants à soutenir les populations les plus vulnérables qui sont les plus affectées par l’amplification des chocs, il y a nécessité d’agir. L’allègement de la dette des pays qui en ont le plus besoin est devenue même une urgence vitale pour certains pays comme l’a récemment déclaré le ministre zambien des Finances Situmbeko Musokotwane.  » Notre capacité à participer à l’économie mondiale est limitée. Tout ce que nous pouvons faire est d’exhorter nos partenaires, les créanciers, à considérer cela comme une question d’urgence. C’est ce que nous demandons. De la rapidité, de la rapidité, de la rapidité, voilà ce dont nous avons besoin « , a-t-il déclaré alors que son pays, avec l’aide du FMI, continue toujours les négociations pour parvenir à un accord pour la restructuration de sa dette dans le cadre du cadre commun du G20.

Il faut dire qu’en dépit de l’urgence, la mise en œuvre effective du cadre piétine comme l’atteste le fait que seul le Tchad a jusque-là pu en bénéficier. C’est pourquoi du reste pourquoi, le FMI qui accompagne la plupart des économies africaines dans leurs stratégies de réformes structurelles et de relance économiques, se fait de plus en plus l’avocat des gouvernements africains pour exhorter les créanciers à accélérer l’allègement de la dette car les retards limitent la croissance sur un continent confronté à toute une série de défis, de la forte inflation à l’insécurité alimentaire. L’un des facteurs qui retardaient le processus était jusque-là la réticence de certains créanciers importants comme la Chine, à se joindre au Comité.

Aussi, avait expliqué en avril dernier, la directrice du FMI Kristalina Georgieva, la mise en œuvre du cadre commun piétine car il n’y a « pas de procédure, ni d’échéancier clairement établis », et aussi du fait « qu’il n’y a aucune incitation pour les pays à intervenir et à demander «  la restructuration de la dette dans ce cadre. Elle avait toutefois souligné qu’y renoncer n’était pas une solution car il n’y a pas d’alternative pour mobiliser les pays sur l’allègement de la dette des pays à faibles revenus et depuis, les choses semblent évoluer et en octobre dernier lors des dernières Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, Nadia Calvino, présidente du Comité monétaire et financier international (CMFI), l’instance qui oriente les travaux du FMI, a indiqué « qu’ il y a eu un engagement unanime à renforcer le cadre commun pour le rendre opérationnel et à essayer d’avoir un calendrier concret, clair, grâce à l’engagement fort de certains acteurs clés  » comme la Chine. « Nous avons travaillé d’arrache-pied pour que tous les créanciers s’assoient autour de la table, les créanciers du Club de Paris …, les créanciers officiels comme la Chine, l’Arabie saoudite, l’Inde, les Émirats arabes unis et les créanciers du secteur privé « , avait ajouté Kristalina Georgieva.

Des pistes pour faire du Tchad, une expérience réussie et un modèle pour les autres pays

L’accord dont vient de bénéficier le Tchad s’annonce donc de bon augure pour les économies africaines surtout compte tenu du resserrement de la marge de manœuvre dont disposent les pays fortement endettés qui peuvent s’attendre à parvenir à des accords les prochains mois pour dégager des marges de manœuvres budgétaires nécessaires pour atténuer les chocs et poursuivre leurs efforts de lutte contre la pauvreté.

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Comme il a été le premier à en bénéficier, la réussite de l’expérience au Tchad va certainement déterminer l’efficacité du nouveau mécanisme. Malgré certaines inquiétudes sur ce point, le FMI estime que le cadre peut et doit tenir ses promesses plus rapidement. En ce sens, plusieurs pistes ont été identifiées comme la garantie d’atteindre les objectifs visés. Il s’agit, premièrement, de clarifier les différentes étapes et échéances du processus lié au cadre commun car comme l’estime le Fonds, conjugué à un rapprochement plus précoce des créanciers officiels avec le pays débiteur et les créanciers privés, cet éclaircissement contribuerait à accélérer les prises de décisions. Deuxièmement, une suspension totale et ininterrompue du service de la dette pendant la durée des négociations permettrait de soulager le pays débiteur au cours d’une période difficile, en même temps qu’elle inciterait à accélérer les procédures afin de parvenir à l’accord de restructuration proprement dit. Troisièmement, le cadre commun doit mieux préciser les modalités d’application de l’obligation de traitement comparable, y compris, si nécessaire, en mettant en œuvre les politiques du FMI relatives aux arriérés, afin que créanciers et débiteurs se sentent davantage en confiance. Et enfin, quatrièmement, et c’est important, le cadre commun doit être étendu à d’autres pays fortement endettés qui peuvent bénéficier d’une action coordonnée des créanciers. Une résolution de la dette rapide et ordonnée est dans l’intérêt des créanciers et des débiteurs.

« En plus d’être bénéfique pour les pays concernés, un traitement efficace des premiers dossiers renforcera la confiance accordée au cadre commun », a plaidé la Directrice générale du FMI qui sur ce point, estime « qu’une restructuration rapide de la dette du Tchad agira comme un précédent essentiel pour d’autres pays ». En Éthiopie, poursuit Kristalina Georgieva, le Comité des créanciers doit poursuivre le travail technique qui permettra d’apporter de premières garanties relatives à l’allègement de dette une fois la situation stabilisée alors qu’en Zambie, les créanciers du G20 doivent former un comité de créanciers officiels dans les meilleurs délais et se mettre en relation avec les autorités et les créanciers privés s’agissant de l’allègement de dette, tout en suspendant temporairement les remboursements pendant la durée des discussions relatives à la restructuration. « Si ce n’est pas le cas, le pays pourrait se retrouver confronté au dilemme intenable entre réduction des dépenses prioritaires et accumulation d’arriérés » prévient le FMI pour qui « les difficultés liées à la dette se font pressantes et il est urgent d’agir ».

La foundation Bill & Melinda Gates augmente son budget pour l’Afrique

En 2021, la Fondation a apporté un soutien caritatif de 6,7 milliards de dollars

Alors que les donateurs traditionnels de l’Afrique se concentrent sur le cas ukrainien, la Fondation Bill & Melinda Gates revoit à la hausse sa contribution. Elle promet 7 milliards de dollars d’aide aux pays africain, destinés à soutenir des secteurs clés de l’agriculture, de la santé, des problèmes liés au genre.

Bill Gates avait prévu une baisse des donations occidentaux vers l’Afrique dans le contexte de la guerre en Ukraine pour laquelle américains et européens se sont particulièrement mobilisés. Pour tenter d’atténuer l’impact, la fondation Bill et Mélinda Gates a déclaré jeudi qu’elle investira 7 milliards de dollars en Afrique au cours des quatre prochaines années, alors que Bill Gates a averti que la crise ukrainienne réduisait le montant de l’aide destinée au continent.

« Les budgets européens sont profondément touchés par la guerre en Ukraine et donc en ce moment la tendance de l’aide n’est pas à la hausse », a déclaré le milliardaire co-fondateur de Microsoft Corp (MSFT.O) aux journalistes de l’Université de Nairobi lors d’une visite au Kenya.

 L’investissement de la Fondation, qui représente une augmentation de 40 % par rapport au montant dépensé au cours des quatre années précédentes, ciblera des projets de lutte contre la faim, la maladie, la pauvreté et l’inégalité entre les genres. Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, va bénéficier de la plus grande part, selon les informations relayées par l’agence Reuters. En 2021, la Fondation a apporté un soutien caritatif de 6,7 milliards de dollars et a promis 1,4 milliard de dollars pour aider les petits exploitants agricoles du monde à faire face au changement climatique.

Le Kenya et une grande partie de l’Afrique de l’Est souffrent de leur pire sécheresse depuis quatre décennies. La sécheresse, aggravée par les conflits et la pandémie de COVID-19, a poussé plus de 10 millions de personnes dans la région « au bord d’une crise alimentaire », a déclaré cette semaine le groupe de secours chrétien basé aux États-Unis, World Vision.

Angola : Isabel Dos Santos dément le mandat d’arrêt d’Interpol

Isabel Dos Santos – la première femme milliardaire d'Afrique, est la fille ainée de José Eduardo dos Santos qui a dirigé l'Angola pendant 38 ans. (Crédit : DR).

Vendredi des médias portugais on fait état d’un mandat d’arrêt émis par Interpole contre Isabel Dos Santos. Une information vite démentie par les avocats de l’intéressée, qui, a traversé des épreuves difficiles ces dernières années.

L’agence de police internationale Interpol a émis un mandat d’arrêt international contre la milliardaire angolaise et fille de l’ancienne présidente du pays, Isabel dos Santos, a rapporté vendredi l’agence de presse portugaise Lusa. Selon cette dernière, citant un document officiel, le mandat d’INTERPOL a été émis après que les procureurs angolais ont demandé à l’agence de « localiser, arrêter et extrader » dos Santos a rapporté nos confrères de Reuters. Isabel dos Santos, qui nie les faits qui lui sont reprochés a cependant démenti l’existence d’un mandat d’arrêt à son encontre. « Les avocats d’Isabel dos Santos ont consulté la base de données d’Interpol et constaté qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, une quelconque référence à l’émission d’un mandat », a-t-elle répliqué dans un communiqué.

Selon les informations distillées par Lusa, Isabel dos Santos, 49 ans, est recherchée pour divers crimes, notamment des allégations de détournement de fonds, de fraude, de trafic d’influence et de blanchiment d’argent. Elle fait face à des accusations de corruption depuis des années, y compris des allégations de l’Angola en 2020 selon lesquelles elle et son mari auraient détourné 1 milliard de dollars de fonds publics vers des entreprises dans lesquelles ils détenaient des participations pendant la présidence de son père, notamment le géant pétrolier Sonangol. Elle a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible.

Il faut dire que celle qui a longtemps figuré dans le palmarès des femmes les plus riches au monde a traversé des périodes difficiles ces dernières années. Son père Jose Eduardo dos Santos, est décédé en juillet de cette année après avoir dirigé l’Angola pendant près de 40 ans avant de démissionner en 2017. En 2020 l’ex milliardaire angolaise a perdu son mari, Sindika Dokolo qu’elle a épousé en 2002, dans un accident de plongé à Dubai.

Sénégal : après analyse, le FMI accord une prolongation de crédit au pays

Fonds Monétaire International (FMI). Logo.

Le FMI accorde au Sénégal une prolongation de crédit jusqu’en janvier 2023 après examen. L’approbation a été faite alors que le FMI vient dans un bulletin de pointer les forces et faiblesses de l’économie sénégalaise.

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la demande de prolongation de crédit du Sénégal jusqu’au 10 janvier 2023, afin de laisser le temps d’achever les examens de crédit et de politique, a indiqué jeudi le Fonds dans un communiqué. L’approbation a été faite alors qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Edward Gemayel, s’est rendue au Sénégal du 4 au 15 novembre 2022, pour procéder à la sixième et dernière revue dans le cadre de l’Instrument de Coordination des Politiques Economiques (ICPE) et à la troisième et dernière revue dans le cadre de la Facilité de Crédit de Confirmation (FCC) et de l’Accord de Confirmation (AC).

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 La demande, approuvée le 15 novembre, concerne un accord de confirmation de 18 mois et un accord au titre de la facilité de crédit de confirmation (SBA/SCF). Le SBA/SCF a été approuvé en juin 2021 avec un accès aux droits de tirage spéciaux (DTS) de 453 millions. Il a été suivi d’un accès supplémentaire de 129,44 millions de DTS approuvé en juin 2022.

L’inflation à son plus haut niveau depuis une décennie au Sénégal

Commentant les faiblesses de l’économie sénégalaise, le FMI pointe la faiblesse de la demande extérieure, la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, et l’appréciation du dollar américain qui ont eu un impact négatif sur l’économie sénégalaise. Ainsi, la croissance économique de cette année a été révisée à la baisse à 4,7 %. L’inflation, qui a atteint son plus haut niveau depuis plusieurs décennies, a été revue à la hausse à 8,5 %. Les pressions inflationnistes, liées en grande partie à la flambée des prix des denrées alimentaires, s’avèrent plus larges et plus persistantes que prévu, entraînant de graves difficultés pour les ménages, notamment les plus vulnérables.

« Compte tenu des marges de manœuvre budgétaires limitées, des efforts graduels d’assainissement budgétaire sont nécessaires à moyen terme pour préserver la viabilité de la dette », a précisé le FMI.

Ces efforts devraient débuter en 2023 par une plus grande mobilisation de recettes fiscales en s’appuyant sur la bonne performance de cette année et une utilisation limitée des réserves budgétaires, ce qui permettrait au gouvernement de contenir le déficit budgétaire autour de 5% du PIB.

Forte croissance de l’économie sénégalaise en 2023

Mais pour l’institution de Bretton Wood l’économie devrait rebondir en 2023 avec une forte reprise de la croissance à 8,3 % grâce au début de la production de pétrole et de gaz et en l’absence d’une nouvelle escalade de la guerre en Ukraine. L’inflation devrait reculer sous l’effet d’une bonne récolte attendue et de la baisse des prix internationaux des produits de base.

Climat : A la COP 27, les pays africains refusent une transition énergétique « forcée »

"l'Afrique est pleinement convaincue et engagée en faveur d'un taux net zéro et soutient l'agenda climatique, mais là où nous divergeons, c'est sur le calendrier", résume ainsi Amani Abou-Zeid, commissaire à l'énergie de l'Union africaine (UA)

A la COP 27, dont les travaux se déroulent du 06 au 18 novembre à Charm el-Cheick, en Egypte, les négociations sur l’agenda pour une véritable et concrète transition énergétique s’annoncent comme le véritable enjeu pour l’Afrique. Les pays africains maintiennent leur engagement quant à l’Accord de Paris de 2015 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais au regard de leur faible empreinte carbone, ils n’entendent pas faire de concession sur un abandon brusque et dans l’immédiat des combustibles fossiles comme le réclament les pays développés. Ces derniers qui peinent à honorer leurs promesses de financements en faveur des pays pauvres et plus affectés par le changement climatique et qui n’hésitent pas à revenir aux combustibles fossibles si besoin, comme l’a montré la crise russo-ukrainienne. Ce qui risque de faire capoter des négociations déjà tendues alors que les initiatives ne manquent pas pour une transition juste, inclusive et équitables vers des énergies vertes sans compromettre le développement de l’Afrique.

C’est un véritable pavé dans la marre que vient de jeter la ministre de l’Environnement du Congo-Brazzaville, Arlette Soudan-Nonault qui a décidé de claquer la porte des négociations sur le climat qui se déroulent dans le cadre de la COP 27 en Egypte. A travers ce geste, qui est loin d’un coup d’éclat, la ministre congolaise a expliqué s’insurger contre la non prise des intérêts des pays africains par les pays riches dans le cadre de l’accord visé sur l’agenda de la transition énergétique destinée à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris de 2015 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Pour aller vers une transition avec des énergies propres, il nous faut des financements ce qui n’est pas encore le cas », a-t-elle déclaré aux médias.

C’est tout l’enjeu pour les pays africains pour cette 27e COP, la 5e qui se tient sur le continent africain depuis 1992. Il faut dire que dans le sillage des décisions issues de la COP 26 de Glasgow, une vingtaine de pays développés soutenues par quelques ONGs et institutions occidentales ont, en effet, décidé d’imposer aux Etats-parties de la Convention cadre des nations unies sur le climat, l’abandon dans les plus brefs délais, de l’exploitation des combustibles fossiles et d’œuvrer pour une intensification rapide du déploiement des énergies propres dans le cadre d’une transition vers des systèmes énergétiques à faibles émissions afin de lutter contre le changement climatique. Selon le dernier rapport du Groupe international des experts sur le climat (GIEC), « il s’agit d’un impératif pour atteindre les objectifs visés et ainsi prévenir les pires effets de la crise climatique ».  Comme l’a d’ailleurs mis en avant, Selwin Hart, le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’action climatique qui reconnait toutefois que « les pays en développement, en particulier les plus pauvres, auront besoin d’aide pour faire la transition vers un avenir basé sur les énergies renouvelables ».  

En effet, alors que l’empreinte carbone de l’Afrique est la plus faible de tous les continents, avec environ 3 % des émissions mondiales de CO2, les pays les plus riches n’ont pas rempli leurs promesses de 100 milliards de dollars par an aux pays en développement à partir de 2020 pour les aider à faire face aux conséquences du réchauffement climatique et à rendre leurs économies plus vertes, atteignant seulement 83 milliards de dollars, selon les estimations de l’ONU.

Enjeux divergents

Pour les pays africains, les enjeux sont ailleurs car trop stratégique. Le continent s’est certes greffé à la dynamique mondiale de lutte contre le changement climatique à travers ses multiples engagements et initiatives visant à l’atteinte des émissions nettes de carbone nulles, mais n’occulte pas aussi la nécessité qui urge de disposer de plus de financements pour progressivement s’affranchir des combustibles fossiles sans toutefois compromettre son développement économique. « l’Afrique est pleinement convaincue et engagée en faveur d’un taux net zéro et soutient l’agenda climatique, mais là où nous divergeons, c’est sur le calendrier », résume ainsi Amani Abou-Zeid, commissaire à l’énergie de l’Union africaine (UA) qui s’appuie sur la position commune arrêtée par les pays africains sur cette question au cœur du rendez-vous de Charm el-Cheick. En prélude à la COP 27, les ministres et représentants des différents pays du continent sont parvenus, en effet, à accorder leurs violons pour défendre leurs intérêts communs. C’est ce qui a été arrêté début octobre lors de la Pré-COP 27 qui s’est tenue à Kinshasa, en RDC, sur la base des discussions déjà engagées en marge de la dernière édition de la Semaine africaine du pétrole, qui s’est tenue du 03 au 07 octobre au Cap, en Afrique du Sud.

A l’exemple de l’Afrique du sud, les pays africains ont besoin de financements
pour une transition vers des énergies propres.

Il faut dire que pour les pays africains, l’équation est toute simple. Avec une population estimée actuellement à 1,3 milliard d’habitants et devrait doubler d’ici à 2050, l’Afrique a pour objectif de mettre une énergie abordable et fiable à la disposition de tous d’ici à 2063, conformément à l’Agenda de l’organisation continentale. Les pays africains ont besoin de mettre en valeur leur potentiel en ressources naturelles pour financer leur transition énergétique tout en apportant des réponses aux multiples défis de développement auxquels ils font face. D’autant qu’en vertu de l’accord de Paris de 2015, les nations les plus développées ont l’obligation d’aider les pays en développement à réduire leurs émissions dans le cadre des efforts mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique. Or, ces engagements n’ont pas encore été tenus alors que, non seulement, l’Afrique qui ne contribue que très faiblement à la pollution mondiale, en paie déjà un lourd tribut des conséquences du dérèglement climatique et participe également à travers différentes initiatives comme la Grande muraille verte, au sauvetage de la planète.

« Même si elle ne contribue que pour moins de 4% des émissions de gaz à effets de serre, l’Afrique souscrit à l’objectif ultime de neutralité carbone ; mais dans le cadre d’une transition énergétique concertée, juste et équitable, en lieu et place de décisions unilatérales qui portent préjudice à notre processus de développement, y compris l’accès universel à l’électricité dont 600 millions d’africains restent encore privés. (…) Les pays africains supportent de plus le coût avec le développement de projets verts financés souvent par recours à la dette alors même que la mise en œuvre de l’adaptation doit se faire par des dons conformément aux engagements convenus ». Macky Sall, Président du Sénégal et Président en exercice de l’UA.

Défis africains

Comme il fallait s’y attendre donc, le financement de la transition écologique notamment en Afrique est l’un des principaux points chauds de la COP27. Les prémisses étaient perceptibles dès la COP 26 et à l’édition 2022 du grand raout du climat, les pays africains étaient décidés à défendre leurs intérêts stratégiques dans le cadre des négociations en cours. Le Président sénégalais et Président en exercice de l’Union Africaine (UA), Macky Sall, avait ‘ailleurs annoncé les couleurs aux premiers jours de la 27e édition de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP 27) à l’occasion du Sommet des chefs d’Etat qui marquait l’ouverture des travaux : « l’Afrique est venue au rendez-vous de Sharm el Sheikh dans un esprit de participation responsable au sauvetage de la planète ; résolue à faire l’histoire et non à la subir ». Ceux qui ont pris à la légère les déclarations du chef de l’Etat sénégalais ont vite fait de déchanter car au fil des négociations qui sont depuis entrées dans le vif des sujets, force est de reconnaitre que cette fois, les pays africains sont plus que jamais décider à ne pas se contenter de nouvelles promesses ou d’engagements de financements, mais de défendre véritablement leurs intérêts surtout sur des questions aux intérêts stratégiques pour le continent. La décision que vient de prendre la ministre congolaise de l’Environnement en est, si besoin est, la parfaite illustration que les pays africains ne sont pas prèts d’abandonner de sitôt l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, des ressources sur lesquels ils comptent pour accélérer leur développement et financer leur transition vers des énergies renouvelables.

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L’abandon dans l’immédiat des combustibles fossiles comme le réclament les pays riches et particulièrement européens, pourrait s’avérer suicidaire pour de nombreuses économies africaines selon plusieurs experts et pour le Président Ougandais Yoweri Museveni, il s’agit même « d’une hypocrisie » de l’Europe à l’égard de l’Afrique sur cette question climatique et les politiques énergétiques. Dans un long réquisitoire publié par plusieurs médias en pleine COP 27, il a fustigé la réouverture en Europe de centrales à charbon face à la crise énergétique causée par la guerre en Ukraine, alors que, dans le même temps, le Vieux continent demande aux nations africaines de ne pas utiliser de combustibles fossiles. « Nous n’accepterons pas une règle pour eux et une autre pour nous », a écrit le Président Museveni qui a dénoncé le fait que « l’Europe utilise les combustibles fossiles de l’Afrique pour sa propre production d’énergie » tout en refusant « l’utilisation par l’Afrique de ces mêmes combustibles pour la sienne ».

« Nous ne permettrons pas que le progrès de l’Afrique soit la victime de l’échec de l’Europe à atteindre ses propres objectifs climatiques », a encore prévenu le Chef de l’Etat Ougandais pour qui « l’incapacité de l’Europe à atteindre ses objectifs climatiques ne devrait pas être le problème de l’Afrique ».

La colère du Président s’explique certainement par les pressions que font exercer les pays européens, à travers leurs institutions et ONGs, pour décourager ou faire annuler de grands projets d’investissements dans les énergies fossiles notamment le gaz, dans son pays. Lors de la « Journée de la décarbonisation« , le vendredi 11 novembre à l’occasion de la COP 27, des centaines de manifestants ont fustigé certains de ces gigantesques projets notamment celui annoncé en février dernier par la multinationale TotalEnergies et la compagnie chinoise CNOOC qui porte sur un accord d’investissement de 10 milliards de dollars avec l’Ouganda et la Tanzanie pour la construction d’un oléoduc de plus de 1.400 kilomètres reliant les gisements du lac Albert, dans l’ouest de l’Ouganda, à la côte tanzanienne.

C’est aussi une autre facette de cette « hypocrisie » que dénoncent certains pays africains. Alors qu’en marge de COP 26 de Glasgow (Ecosse), et à l’initiative du Royaume-Uni, 19 pays occidentaux et certaines institutions, se sont collectivement engagés à mettre un terme au financement public international des combustibles fossiles à partir de la fin de 2022, un rapport que vient de rendre public ce lundi une ONG internationale allemande fait ressortir que plus de 40 pays de continent sont actuellement engagés dans des projets de développement de champ gazier ou pétrolier. Le montant estimé des investissements s’élève à près de 400 milliards de dollars dont près de 100 milliards de la part de banques ou d’institutions de pays riches. C’est autant que ce qui a été promis à l’Afrique annuellement et à partir de 2020 pour accompagner sa transition énergétique !

Une transition énergétique juste, inclusive et équitable à l’image du modèle sud-africain

Pour l’Afrique, le principal défi, c’est d’amener les pays riches, grands pollueurs du monde, à assumer leurs responsabilités vis-à-vis des pays pauvres par le biais « d’une transition énergétique juste, inclusive et équitable« . C’est ce qu’a plaidé par exemple le Président de la République du Niger Bazoum Mohamed, pour qui « une telle transition devrait permettre à l’Afrique d’exploiter ses ressources énergétiques notamment fossiles, condition sine qua non, pour favoriser son développement industriel durable et éradiquer la pauvreté« .

D’autant que les alternatives ne manquent pas pour accompagner les pays africains vers cette transition énergétique sans prendre le risque de compromettre son développement. Dans un récent rapport, la Fondation Mo Ibrahim a mis en évidence que les énergies renouvelables et le gaz représentent le meilleur choix stratégique pour combler le déficit énergétique du continent africain, ce qui a été déjà avancé par l’Agence internationale de l’Energie (AIE) qui dans ses scénarios Le gaz naturel, dont le continent regorge de potentiel, peut par ailleurs faciliter l’élimination progressive des combustibles fossiles plus polluants. « L’augmentation de son utilisation dans la production d’électricité permettra aux pays africains d’éliminer progressivement les combustibles les plus polluants tels que le charbon, le diesel, le fioul lourd et la biomasse traditionnelle », a indiqué le rapport, dans lequel les experts s’accordent aussi sur le fait que l’augmentation de la part du gaz dans le mix énergétique de l’Afrique n’augmentera que marginalement sa part des émissions mondiales de carbone. « Si l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud triplaient leur consommation d’électricité en utilisant exclusivement du gaz naturel, cela n’ajouterait en effet que 0,6 % aux émissions de carbone à l’échelle mondiale. », indique le rapport de la Fondation Mo Ibrahim. L’exemple le plus illustratif est le plan de l’Afrique du Sud, principal producteur et consommateur de charbon du continent, mais aussi un des douze plus grands pollueurs du monde.

Dans un long réquisitoire publié par plusieurs médias en pleine COP 27, le Président Ougandais Yoweri Museveni a fustigé la réouverture en Europe de centrales à charbon face à la crise énergétique causée par la guerre en Ukraine, alors que, dans le même temps, le Vieux continent demande aux nations africaines de ne pas utiliser de combustibles fossiles.

En 2021, le gouvernement sud-africain a obtenu 8,5 milliards de dollars de prêts et de subventions d’un groupe de pays riches pour financer la transition vers des solutions plus écologiques. Bien que l’accord soit en ce jour resté en suspens, en raison de négociations tendues avec les pays donateurs sur la manière dont l’argent doit être dépensé, le plan de l’Afrique du Sud est jugé par les experts et institutions de référence en la matière pourrait être une référence pour les pays qui passent des sources d’énergie très polluantes aux énergies renouvelables. Dans le cadre du plan de transition élaboré par le gouvernement sud-africain, des turbines et des panneaux solaires remplaceront progressivement les centrales à charbon très polluantes et ainsi le pays, dont le charbon représente 80%de la production d’électricité avec ses impacts socioéconomiques, espère réaliser ses engagements de décarbonisation tout en promouvant le développement durable et en assurant une transition juste pour les travailleurs et les communautés concernés. La concrétisation de ce plan et notamment les détails de son financement seront au cœur des négociations de la COP 27 afin de garantir son succès et ainsi confirmer l’idée selon laquelle d’énormes investissements dans les sources renouvelables africaines, pour la plupart inexploitées, pourraient rapidement sevrer le continent des combustibles fossiles dans le cadre d’une transition juste, inclusive et équitable. C’est tout ce que réclament les pays africains mais comme l’a si bien rappelé, encore une fois, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a reconnu que le plan de l’Afrique du Sud, qui pourrait être reproduit dans d’autres pays africains, semble être une telle action crédible : « les paroles en l’air ne suffiront pas. Nous avons besoin d’actions crédibles et de responsabilité ».

Benin : renforcement du réseau offgrid avec 1,7MW

. L'objectif est d'installer 1,7 MW de capacité photovoltaïque et 3 MWh de capacité de batteries dans l'ensemble des 12 localités

Le Benin dispose d’un énorme potentiel en énergie solaire à l’instar de tous les pays africains. Un avantage que NEoT Offgrid Africa va aider le pays à exploiter, en développant un projet d’énergie solaire de 1,7 mégawatt (MW) en partenariat avec deux autres entreprises.

NEoT Offgrid Africa, GDS International et ARESS unissent leurs forces pour développer et exploiter une sélection de mini-réseaux au Bénin En effet, NEoT Offgrid Africa, une plateforme d’investissement dans l’énergie, fondée par le français EDF (EDF.PA) et le gestionnaire d’actifs parisien Meridiam, ont annoncé lundi qu’ils travaillaient avec deux autres sociétés pour développer un projet d’énergie solaire de 1,7 mégawatt (MW) au Bénin . Les eux partenaires sur ce projet sont GDS International, filiale du groupe énergétique français Générale du Solaire, et la société ouest-africaine de transition énergétique ARESS. Ensemble, ils travailleront sur un projet de mini-réseau pour fournir de l’électricité dans 12 localités rurales, dont 3 MWh de capacité de batterie qui alimenteront en électricité plus de 5 000 foyers et entreprises. Un projet pilote d’électrification hors réseau régulée au Bénin prévu sur un an.

Electrifier 12 localités au Bénin d’ici un an

Le partenariat débute par un premier projet phare visant à électrifier 12 localités au Bénin d’ici un an. Ce projet se déroule dans le cadre de l’appel à propositions de projets lancé par le MCA-Bénin II Offgrid Clean Energy Facility (OCEF). Un financement du Millennium Challenge Corporation, qui est la phase pilote de la nouvelle réglementation de l’électrification hors réseau au Bénin, une première en Afrique de l’Ouest. Le projet représente un investissement de 8,5 millions d’euros, cofinancé par NEoT Offgrid Africa, en tant que partenaire financier du projet, et MCA Bénin II. L’objectif est d’installer 1,7 MW de capacité photovoltaïque et 3 MWh de capacité de batteries dans l’ensemble des 12 localités, alimentant en électricité plus de 5 000 foyers et entreprises. Le projet a été développé par GDS International, et sera co-construit par GDS International et l’ARESS. L’ARESS sera également l’opérateur du projet.

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