dimanche 22 février 2026
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Chronique : Changement climatique – La lutte contre l’écocide, en appoint 

De 1990 à 2020, la superficie des zones forestières protégées s’est accrue. De 191 millions d’ha, elle est passée à 726 millions d’ha. Quant à celle faisant l’objet d’un plan de gestion, elle s’est beaucoup appréciée depuis 2000, passant de 233 millions d’ha à un peu plus de 2 milliards d’ha en 2020.

Au moment où la Terre est à la croisée des chemins pour entamer une transition énergétique, à même de sortir d’une crise écologique globale, les investissements dans des technologies industrielles irrespectueuses de l’environnement sont de plus en plus bannis.

L’écocide ou géocide est un crime international, caractérisé par un endommagement grave de tout ou partie des communs planétaires et/ou d’un système écologique de la Terre. Des limites ont été atteintes, voire dépassées, parce que des écosystèmes ont été détruits, avec comme corollaire la destruction de fondements de notre civilisation, la menace des conditions de vie sur Terre, etc. Parmi ces limites, les observateurs mettent le doigt sur le changement climatique, le changement d’usage des sols, la perte de l’intégrité de la biosphère, ou encore la modification des cycles biochimiques (phosphore et azote). Selon la FAO, 420 millions d’hectares de forêt sont perdus depuis 1990. Des terres, affectées à d’autres utilisations nocives à l’environnement, singulièrement à une agriculture intensive.

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Les décideurs sont de plus en plus conscients quand il s’agit d’opérer un investissement d’envergure. Le green, une énergie propre et une économie sobre en carbone, voire décarbonée, sont à l’ordre du jour. Les études d’impact environnemental sont devenues courantes et constituent un préalable. Il est vrai que les suivis laissent à désirer. Si dans certains projets, l’investisseur se plaît à informer sur la réhabilitation des sites déjà exploités, notamment à travers le remblaiement et la reforestation, allant jusqu’à baptiser plants d’oliviers, de grenadiers… du nom des bonnes volontés qui se prêtent au jeu, cependant dans d’autres, particulièrement dans le secteur minier, l’exploitant laisse derrière lui des excavations sur des terrains dévastés et pollués.

Un concept remis à la page

Le concept a évolué et est remis en selle. De la Conférence des Nations Unies à Stockholm, en 1972, lorsque le Premier ministre suédois, Olof Palmer, l’évoqua, fustigeant l’opération Ranch Hand de l’armée américaine au Vietnam (utilisation de défoliants), à la Déclaration de Rio à l’issue du Sommet de la Terre de 1992, la Cour Pénale internationale a commencé à avoir les coudées franches pour déterminer la gravité et imposer des mesures coercitives. Fort heureusement, les décideurs se penchent davantage sur cette problématique.

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De 1990 à 2020, la superficie des zones forestières protégées s’est accrue. De 191 millions d’ha, elle est passée à 726 millions d’ha. Quant à celle faisant l’objet d’un plan de gestion, elle s’est beaucoup appréciée depuis 2000, passant de 233 millions d’ha à un peu plus de 2 milliards d’ha en 2020. Toutefois, cette tendance reste différenciée, selon les pays. Il arrive que des poumons verts ou des forêts classées soient spoliés avec des empiètements de projets agricoles ou immobiliers. Entre 2010 et 2020, des pays, tels que l’Angola, la Bolivie, le Brésil, le Cambodge, l’Indonésie, le Mozambique, le Myanmar, le Paraguay, la RDC, la Tanzanie, ont enregistré des pertes annuelles nettes moyennes de superficie forestière considérables. C’est tout le contraire en Australie, au Chili, en Chine, aux Etats Unis d’Amérique, en France, en Inde, en Italie, en Roumaine, en Turquie ou au Vietnam, où des gains annuels nets moyens ont été enregistrés, sur cette période. On s’accorde sur le fait qu’une transition juste et globale repose désormais sur de nouvelles règles de l’économie mondiale. Un cadre juridique contraignant est nécessaire pour mettre fin aux anciennes pratiques coloniales et destructrices et pour garantir que toutes les industries assument la responsabilité de leur impact sur les travailleurs, les communautés et les écosystèmes.  Dans les pays en voie de développement qui envisagent des projets structurants, une loi sur l’écocide pourrait fournir ce garde-fou.

Afrique : Joe Biden invite l’UA à devenir membre permanent du G-20

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa et Macky Sall, président du Sénégal et président de l'Union africaine, ont poussé Biden à accroître leur représentation au G-20, a déclaré Devermont. (Manuel Balce Ceneta/AP)

Le président Biden va annoncer la semaine prochaine le soutien des États-Unis à l’Union africaine pour qu’elle devienne membre permanent du Groupe des 20 nations. Il s’agit de satisfaire une revendication des pays africaines qui se sont sentis marginalisés dans les prises de décisions majeures relatives notamment à la pandémie du coronavirus, à la crise alimentaire et au changement climatique.

Les Etats-Unis veulent avoir l’Union africaine (UA) comme membre permanent du G-20. Ce dernier est un forum très influent réunissant les 20 économies les plus puissantes du monde. L’Afrique du Sud est le seul membre du continent, rejoignant plusieurs participants d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Biden fera cette annonce lors du Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique de la semaine prochaine à Washington, a déclaré Judd Devermont, directeur principal des affaires africaines du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. L’Union africaine représente les 55 États membres du continent.

« Il est plus que temps que l’Afrique ait des sièges permanents à la table des organisations et initiatives internationales », a déclaré Devermont dans un communiqué relayé par le Washington Post. « Nous avons besoin de plus de voix africaines dans les conversations internationales qui concernent l’économie mondiale, la démocratie et la gouvernance, le changement climatique, la santé et la sécurité. »

Les dirigeants africains ont exprimé pendant des années leur frustration d’être exclus des discussions sur les affaires mondiales et les crises qui les affectent, du coronavirus à la sécurité alimentaire. Ils se sentent souvent des spectateurs alors que les pays occidentaux dirigent la plupart des organismes internationaux. Ces frustrations ont atteint leur paroxysme lors de la pandémie de coronavirus, lorsque les pays africains ont été particulièrement touchés par les retombées. Malgré la vaste expérience des pays africains en matière de surveillance et de protocole des maladies, ils n’ont pas été inclus dans les décisions sur des questions telles que quand masquer, s’il faut interdire les voyages et quand tester avant de voyager, a déclaré Mvemba Dizolele, directeur et chercheur principal à l’Africa Africa programme au Centre d’études stratégiques et internationales.

Les pays africains se sont également sentis laissés pour compte dans la distribution des traitements et des vaccins contre les coronavirus, les recevant souvent juste avant leur expiration et sans capacité de stockage et de distribution suffisante. Alors que les États-Unis ont fait don de plus de vaccins que tout autre pays – et ont augmenté l’aide aux vaccins au début de cette année – une part beaucoup plus faible d’Africains est vaccinée contre le virus qu’aux États-Unis, en Europe et dans une grande partie de l’Asie. Il y a une myriade de raisons à cela, notamment une capacité de distribution limitée et le scepticisme vis-à-vis des vaccins, en plus de l’approvisionnement insuffisant des pays qui produisent les vaccins.

L’Afrique du Sud accuse les pays riches de thésauriser les vaccins

L’Afrique abrite également des pays qui sont parmi les plus touchés par la hausse des températures, les sécheresses et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes alimentés par le changement climatique. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa et Macky Sall, président du Sénégal et président de l’Union africaine, ont poussé Biden à accroître leur représentation au G-20, a déclaré Devermont. Ramaphosa a directement demandé à Biden de soutenir l’adhésion de l’Union africaine au G-20 lors de sa visite à la Maison Blanche en septembre, tandis que Sall a également pressé Biden sur la question et lui a écrit plusieurs fois. Alors que le G-20 est composé principalement de pays individuels, l’Union européenne en est membre, en plus de trois pays européens – l’Allemagne, la France et l’Italie.

Maghreb – Moyen Orient : 1 milliard de dollars des USA pour lutter contre l’insécurité alimentaire

Au-delà de la convoitise et du climat, la décision de Biden intervient alors que les pays africains et d’autres pays du Sud ont subi le poids de l’impact économique de l’invasion russe de l’Ukraine. Ces pays ont été durement touchés par une crise alimentaire mondiale, ainsi que par la hausse des prix des engrais et du carburant, ce qui a rendu difficile pour les États-Unis d’obtenir leur soutien lors des votes de l’ONU qui ont condamné la Russie pour l’invasion, car ils blâment souvent les sanctions occidentales pour leur situation critique, selon le communiqué de la Maison Blanche.

La BCEAO relève ses taux directeurs

La liquidité bancaire dans l’Union reste adéquate et les crédits octroyés à l’économie par le secteur bancaire ont augmenté de 16,5% à fin octobre 2022.

Pour faire face à l’inflation, la BCEAO relève ses taux directeurs. L’information a été donnée dans un communiqué de presse N°04/2022 de la réunion ordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BCEAO tenue le 9 décembre 2022 à Dakar.

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé, le 9 décembre 2022, de relever de 25 points de base les taux directeurs de la Banque Centrale, à compter du 16 décembre 2022. Ainsi, le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques passe de 2,50% à 2,75%. Cette hausse, la troisième de cette année, s’inscrit dans le cadre de la normalisation graduelle de la politique monétaire entamée depuis juin 2022. Elle devrait contribuer à ramener progressivement l’inflation dans l’intervalle cible de la Banque Centrale (1% à 3%) sur le moyen terme.

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Le taux d’inflation dans l’Union, en hausse depuis plusieurs mois, a atteint 8,4% en octobre 2022. Cette évolution est due essentiellement au renchérissement des produits alimentaires de grande consommation et du transport, avec l’ajustement des prix à la pompe des produits pétroliers par les pays de l’Union suite à l’envolée des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Pour sa part, l’inflation sous-jacente, qui mesure l’évolution du niveau général des prix hors produits frais et énergie, s’est également maintenue à un niveau élevé de 5,4% en octobre 2022. Par ailleurs, la liquidité bancaire dans l’Union reste adéquate et les crédits octroyés à l’économie par le secteur bancaire ont augmenté de 16,5% à fin octobre 2022. Au cours des mois à venir, le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire.

Zone UEMOA : malgré une croissance dynamique, l’inflation galopante assombrit les perspectives

Malgré l'impact des chocs que connait l'économie mondiale qui se traduisent par une hausse notable de l'inflation au sein des pays membres de l’UEMOA, les perspectives économiques pour l'année 2023 sont globalement favorables avec un taux de croissance projeté à 7,3%.

La situation économique dans l’espace communautaire ainsi que les perspectives dans une conjoncture mondiale pleine d’incertitudes a été l’un des principaux sujets à l’ordre du jour du 23e Sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui s’est tenu lundi 05 décembre 2022 à Abidjan, en Côte d’ivoire. En dépit d’une résilience que fait montre l’activité économique avec une croissance du PIB attendue à 5,7% cette année et 7,3% projeté en 2023, l’inflation ne cesse de galoper et devrait atteindre 7,5% en 2022 contre 3,6% l’année dernière.

C’est au lendemain d’un autre Sommet, celui de la Cédéao qui s’est tenu à Abuja, au Nigeria, que les dirigeants de l’UEMOA se sont donner rendez-vous dans la capitale économique ivoirienne pour faire le point sur les évènements importants de la vie de notre l’espace communautaire ainsi que sur les défis à relever pour consolider l’union économique et monétaire. A cette occasion, le chef de l’Etat ivoirien qui assure la présidence de la Conférence a tenu à rappeler que cette rencontre statutaire se tient dans un contexte particulier marqué par des crises profondes qui affectent le monde entier qui n’épargnent malheureusement pas la sous-région.

En effet, a indiqué Alassane Dramane Ouattara, « nos Etats sont confrontés aux conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui se traduisent par des difficultés d’approvisionnement, et la flambée des prix des denrées alimentaires et énergétiques. Cette situation, comme vous le savez, intervient au moment où nos économies se relevaient du choc causé par la pandémie de COVID-19 ».

Des économies résilientes malgré les chocs

Dans sa présentation de l’Etat de l’Union, le Président ivoirien s’est toutefois félicité le président ivoirien, « les mesures mises en œuvre, par nos gouvernements, ont permis d’atténuer les effets néfastes de cette crise dans notre Union ». Ainsi, a-t-il aussi salué, au plan économique, les économies des Etats de l’UEMOA sont demeurées résilientes avec un taux de croissance de l’Union a légèrement fléchi et est attendu à 5,7% en 2022, après un taux de 6,1% en 2021. Cependant, a-t-il aussi mis évidence, le taux d’inflation devrait passer de 3,6% en 2021 à 7,5% en 2022 au sein de l’UEMOA. Pour le Président Ouattara, cette hausse bien que galopante est cependant moindre comparée à l’Europe où elle atteint plus de 10% et même 20% dans plusieurs pays africains.

UEMOA : Birahim Diouf nouveau directeur du DC-BR

La Conférence des dirigeants de l’UEMOA a été précédée d’une série de session des experts ainsi que celle des ministres sur la situation monétaire au sein de l’espace communautaire. Dans l’exposé qui résume la situation fait par le ministre togolais de l’Economie et des finances, Sani Yaya, président du Conseil des ministres, il ressort qu’au cours de l’année 2022, l’activité économique est restée soutenue, en dépit d’une conjoncture internationale morose et d’un environnement sociopolitique et sécuritaire interne fragile. La bonne dynamique du taux de croissance du PIB de l’Union qui est estimé à 5,7% en 2022, après 6,1% en 2021, nonobstant les divers chocs subis, est selon ses explications, notamment consécutive à l’intensification des investissements dans les Etats membres ainsi qu’à la bonne tenue des activités manufacturières, commerciales et des 8 services. Le taux d’inflation qui est estimé à 7,5% en 2022 contre 3,6% en 2021, est de son coté, essentiellement la conséquence de la persistance des tensions sur les prix des produits alimentaires et pétroliers ainsi que sur les postes des fonctions logement et transport. Le ministre togolais a par ailleurs souligné que le déficit budgétaire s’établirait à 6,1% en 2022 contre 5,5% du PIB en 2021. Il a en outre fait savoir que les Etats membres de l’Union restent confrontés à de multiples défis, dans un contexte de persistance de la guerre russo-ukrainienne. Et pour y faire face avec efficacité, a poursuivi le ministre Sani Yaya, “les actions à mettre en œuvre devraient viser la maîtrise de l’inflation, l’amélioration des performances des administrations fiscales, la rationalisation des dépenses publiques et l’optimisation de la dette publique’’

La maitrise de l’inflation, défi majeur dans l’UEMOA

Afin de faire face à la situation et atténuer l’impact des chocs sur leurs économies, les dirigeants de l’Union ont donné de nouvelles orientations à la Commission ainsi qu’à ces différentes institutions notamment la Banque centrale (BCEAO) ou la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) de poursuivre et renforcer leurs actions et programmes en soutien aux états afin de les aider à faire face aux chocs. Les perturbations de l’économie mondiale, dont les perspectives restent incertaines, sont de nature à hypothéquer cette embellie que connait l’activité économique des Etats membres de l’UEMOA, l’une des zones économiques les plus dynamiques du continent. D’autant qu’en plus des conséquences de la persistance des chocs, les pays de la sous-région font face à une amplification des menaces sécuritaires.

Comme l’a relevé le Président ivoirien, qui à passer le relais à la tête de la Conférence des chefs d’Etat Mohamed Bazoum, « malgré les efforts de nos pays respectifs, la situation demeure, préoccupante et contraint nos Etats à accroître les investissements dans le domaine de la défense et de la sécurité au détriment de certains projets de développement cruciaux, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation ».

La maitrise de l’inflation constitue de ce fait, des principaux défis à relever pour les pays membres de l’UEMOA, qui en plus de l’impact de l’économie mondiale sur leurs économies respectives, font face à une double crise sécuritaire et alimentaire. Pour l’heure, les pays membres semblent tenir bon et font mieux que leurs états voisins au sein de la Cédéao. Cependant, la persistance de la morosité de la situation économique mondiale risque d’assombrir leurs perspectives de croissance alors que les défis socioéconomiques restent ambiants au sein de l’espace communautaire.

Maroc : Sothema prend une participation dans le capital de la startup Ziwig

Le pipeline de nouveaux produits développés par Ziwig comprend également des dispositifs novateurs dans le diagnostic d’un large éventail de pathologies lourdes, notamment les cancers féminins.

Le leader marocain de l’industrie pharmaceutique Sothema joint ses forces à une startup européenne respécialisée dans l’affinement du diagnostic médical avec des dispositifs ultrasophistiqués et accessibles aux professionnels de santé. La startup Ziwig a développés une gamme de produits basés sur les ARN et l’intelligence artificielle Ziwig utilisables pour une meilleure prise en charge médical des maladies comme les cancers.

Au Maroc Sothema a pris une participation dans le capital de Ziwig. Le leader marocain de l’industrie pharmaceutique Sothema a joint ses forces à la startup européenne Ziwig qui révolutionne le diagnostic médical Conformément à sa Responsabilité Sociétale envers la santé des femmes et en cohérence avec son engagement en faveur de la promotion de l’innovation médicale et pharmaceutique, a annoncé le groupe pharmaceutique dans un communiqué.

« Nous sommes fiers d’annoncer ce partenariat qui confirme notre engagement historique en faveur de l’innovation et de la R&D et qui s’est matérialisé par des projets réussis comme la production locale de tests anti-covid 19 et le lancement d’une unité de production de dispositifs médicaux », se félicite Lamia Tazi, PDG de Sothema.

La startup fondée par Yahya El Mir, originaire du Maroc a introduit un dispositif révolutionnaire appelé Ziwig Endotest ®. Ce dernier devrait apporter espoir à des millions de femmes qui souffrent de douleurs pelviennes. Le pipeline de nouveaux produits développés par Ziwig comprend également des dispositifs novateurs dans le diagnostic d’un large éventail de pathologies lourdes, notamment les cancers féminins. Ce qui correspond à son engagement dans la lutte contre ces pathologies en étant le premier laboratoire en Afrique à produire localement des biosimilaires anticancéreux, innovants et accessibles financièrement, ajoute-t-elle. De son côté, Yahya El Mir, a exprimé sa joie qu’un « tel rapprochement puisse avoir lieu entre des entreprises qui font de l’innovation un levier important ». « Nous sommes heureux de nous unir avec Sothema qui reste un grand laboratoire pharmaceutique au Maroc et en Afrique », a-t-il déclaré. Ziwig Endotest®, première d’une longue liste d’innovations basées sur les ARN et l’intelligence artificielle Ziwig fait partie de ces pousses qui cherchent à exploiter le potentiel de la technologie des ARN afin de développer des solutions innovantes aux problèmes de santé les plus complexes. Cette technologie a eu le vent en poupe durant la crise du Covid-19 en rendant possible une riposte thérapeutique aussi sophistiquée que rapide à travers les vaccins. Aujourd’hui, cette technologie est largement employée dans une panoplie de traitements expérimentaux, préventifs et curatifs, tels que les vaccins anti-cancéreux. Elle sert également au développement de dispositifs médicaux de dernière génération comme Ziwig Endotest ®. En cours de lancement dans l’ensemble des marchés européens, ce dispositif permet d’obtenir en quelques jours un diagnostic fiable de l’endométriose, une maladie qui touche plus de 180 millions de femmes dans le monde, grâce à un simple prélèvement de la salive.

 « Il s’agit d’une véritable révolution pour les femmes et pour leur prise en charge médicale, avec une performance supérieure à celle de tous les outils de diagnostic actuellement disponibles (cœlioscopie, IRM, échographie pelvienne), laquelle performance ayant été démontrée grâce à une grande étude clinique réalisée en collaboration avec 6 centres français spécialisés en endométriose », explique El Mir.

En plus de sa valeur thérapeutique avérée pour les femmes, ce rapprochement entre Sothema et Ziwig devrait avoir un impact sur le développement des deux parties, d’abord sur le marché européen où Ziwig Endotest ® est largement distribué, et ensuite aux Etats-Unis qui représente la moitié du marché mondial des dispositifs médicaux, ce dernier s’élevant à plus de 530 millions de dollars en 2020 avec une croissance annuelle de 5%, a précisé Lamia Tazi. Pour rappel, une cérémonie de signature de l’accord entre Sothema et Ziwig a eu lieu le 02 décembre 2022.

Bénin : un budget rehaussé de 3.000 milliards FCFA pour 2023

Le ministre d'Etat en charge des Finances du Bénin, Romuald Wadani, devant les députés à l'Assemblée nationale.

L’Assemblée nationale du Bénin a adopté, la semaine dernière, le projet de loi de finances pour l’année 2023 avec un budget équilibré en recettes et en dépenses à 3.033,337 milliards de francs FCFA dont près du tiers de l’enveloppe consacré au social selon le gouvernement. Avec une croissance du PIB projetée à 6,5%, l’économie béninoise surfe sur des perspectives favorables en dépit de la conjoncture mondiale morose et doit faire face à certains risques avec les élections législatives prévues l’année prochaine mais aussi et surtout, les menaces sécuritaires dont la prise en charge vont nécessiter un plus grand effort budgétaire. Ce qui risque de contrecarrer certaines ambitions du gouvernement.

C’est à l’unanimité par les députés béninois ont adopté, le jeudi dernier, le projet de loi de finances pour la gestion 2023 qui a été soumis par le gouvernement et défendu à l’Assemblée nationale par le ministre d’Etat, en charge de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, après plusieurs semaines d’examen en commission et de débats en plénière.

« Le Budget de l’Etat que cette loi porte, marque une accélération du ‘’Hautement social’’ annoncé par le Président de la République, M. Patrice Talon. Avec ce budget, notre pays va continuer à se développer, tout en mettant en place des politiques économiques et sociales pour le mieux être de nos populations », s’est félicité le ministre à la suite de l’obtention du feu vert du Parlement.

De manière générale, le budget général pour 2023 qui s’élève à 3033 milliards de francs CFA a été adopté dans le cadre de la mise en œuvre des nouvelles réformes budgétaires induites par l’entrée en vigeur de la nouvelle loi organique relative aux Lois des Finances. Selon le gouvernement, ses orientations sont en parfaite cohérence avec le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2021-2026 et dans son articulation et conformément, cette loi des finances matérialise la politique économique et sociale de l’Etat en phase avec l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). 

Un budget orienté vers le social

Selon les explications du ministre des Finances, plus du tiers du budget, soit environs 1000 milliards FCFA seront consacrés aux actions et initiatives sociales. C’est ainsi que le budget de l’État pour la gestion 2023, porte de nouvelles initiatives sociales et renforce les allocations budgétaires au profit des programmes existants. Il s’agit, à titre illustratif, du projet de renforcement des filets sociaux en République du Bénin « GBESSOK »  dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des ménages dans l’extrême pauvreté et leur autonomisation socio-économique, de l’accès à l’électricité à tous les ménages d’ici 2026 ainsi que d’autres mesures destinées à venir en appui aux couches les plus vulnérables et à améliorer les conditions des travailleurs tout en veillant  à renforcer la classe moyenne.

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 Sur ce dernier registre, le gouvernement envisage la revalorisation des salaires des agents de l’État et selon le Secrétaire général Adjoint et porte-parole du gouvernement a expliqué que les options retenues par le gouvernement satisferont à coup sûr les attentes des partenaires sociaux. En ce sens, une rencontre entre le gouvernement et les partenaires sociaux est prévue du 06 au 08 décembre selon Wilfried Léandre Houngbédji, qui n’a pas manqué de souligner que ce qui est prévu pour les travailleurs est chiffré à plusieurs dizaines de milliards de FCFA chaque année. « Si cela est possible, c’est parce que le gouvernement a travaillé pour bâtir une économie résiliente. Nous allons continuer le travail », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse qu’il animée au lendemain de l’adoption de la loi des finances. Le Porte-parole du gouvernement a aussi assuré que l’Exécutif est en train de négocier avec le secteur privé pour que cette mesure soit étendue dans le cadre des efforts du gouvernement à créer « les conditions pour l’essor de l’entreprise ». La loi des finances comprend également plusieurs mesures destinées à soutenir la croissance de l’économie béninoise avec des incitations pour le secteur industriel, la promotion de l’investissement ainsi que la création de l’emploi et aussi des réformes fiscales accompagnées de reformes visant à améliorer la gouvernance et la mobilisation des recettes.

Des perspectives économiques favorables et aussi des menaces

Pour 2023, le gouvernement béninois vise une croissance du PIB de 6,5%. En dépit de la conjoncture mondiale défavorable avec la multiplication des chocs, l’économie béninoise connait une bonne dynamique comme en atteste la dernière notation du pays, d’octobre 2022, par l’agence internationale de notation financière Fitch qui a maintenu la notation de B+ attribuée à la République du Bénin, avec perspective stable. Selon l’agence, cette confirmation s’explique par la résilience du pays face à la pandémie de Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne, ainsi que de la qualité de ses fondamentaux économiques, malgré un contexte macroéconomique global dégradé. Fitch a aussi salué notamment les perspectives de croissance de l’économie béninoise, dans un cadre budgétaire sain marqué par un endettement modéré et un déficit maîtrisé. 
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Pour Fitch, le dynamisme de l’économie béninoise et son rebond marqué en 2021, à 7,2%, suivi d’une croissance de 5,5% attendu en 2022 va se maintenir malgré les chocs externes et avec des projections d’une croissance moyenne de 6% sur 2023-2024, portée par le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Dans sa note, l’agence a par ailleurs mis en exergue l’exposition modérée du Bénin aux pressions inflationnistes actuelles, en raison de la qualité des récoltes et des mesures de soutien introduites par le gouvernement afin de limiter les répercussions de la hausse des prix sur la population. Le niveau d’inflation est ainsi demeuré contenu en 2022, s’établissant à 1,3% entre janvier et août. L’agence a aussi mis en avant le programme conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI), qui participe à couvrir les besoins de financement du gouvernement et soutient le retour à une trajectoire de consolidation fiscale, anticipée dès 2022. Dans ce cadre, les analystes prévoient une augmentation progressive des recettes du gouvernement, portée par le programme de réformes en cours et la forte croissance économique avec un solde budgétaire devrait ainsi converger en 2024 vers la norme communautaire de -3,0%. Aussi, le niveau d’endettement public du pays est contenu puisque l’agence l’estime à 49,8% du PIB en 2021, soit un niveau inférieur aux pays de notation équivalente, et nettement plus faible que la norme communautaire de l’UEMOA. Mieux, Fitch s’attend par ailleurs à une diminution du taux d’endettement public du Bénin à partir de 2024, portée par la performance budgétaire du Bénin et le dynamisme de la croissance. 

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En dépit de ces fondamentaux solides ainsi que des perspectives favorables, l’économie béninoise fait face à certains risquent qui peuvent ralentir cette dynamique. En plus des élections législatives de 2023, le pays fait face à une montée des menaces sécuritaires avec la multiplication des attaques terroristes ces derniers mois dans les zones frontalières avec le Burkina, le Niger ou le Togo. Ce qui va engendrer un nouvel effort budgétaire pour renforcer les capacités du pays en matière de défense et de sécurité et qui risquent de détourner certains investissements sociaux vers d’autres défis urgents.

RDC : Glencore solde ses litiges à cout de 180 millions de dollars

. Selon les termes de l’accord, Glencore International AG, a promis de verser 180 millions de dollars américains à la RDC où le groupe continuera à mettre en œuvre son programme d'éthique et de conformité pour lequel la société s'est engagée à continuer à appliquer sa résolution avec le DOJ.

La compagnie minière anglo-Suisse Glencore annonce un accord avec la RDC dans le dossier d’accusation de corruption. Le mineur qui a promis de verser 180 millions de dollars américains à la RDC a entamé un programme d’éthique et de conformité. Dans ce dernier il s’est engagé à mettre en œuvre sa résolution avec le ministère de la Justice des États-Unis (« DOJ »).

Glencore a conclu un accord avec la République démocratique du Congo (« RDC ») couvrant toutes les réclamations présentes et futures découlant de tout acte de corruption présumé par le groupe Glencore en RDC entre 2007 et 2018 (« Accord »), a annoncé Glencore dans un communiqué du 05 décembre.

Cela inclut les activités de certaines activités du Groupe qui ont fait l’objet de diverses enquêtes menées, entre autres, par le ministère de la Justice des États-Unis (« DOJ ») et la National Financial Intelligence Unit et le ministère de la Justice de la RDC. Selon les termes de l’accord, Glencore International AG, a promis de verser 180 millions de dollars américains à la RDC où le groupe continuera à mettre en œuvre son programme d’éthique et de conformité pour lequel la société s’est engagée à continuer à appliquer sa résolution avec le DOJ. L’accord est régi par le droit congolais et les aveux ont été faits conformément à la résolution de Glencore avec le ministère de la Justice américaine.

« Glencore est un investisseur de longue date en RDC et est heureux d’avoir conclu cet accord pour faire face aux conséquences de sa conduite passée. Glencore a activement promu son programme d’éthique et de conformité en RDC ces dernières années et se réjouit de continuer à travailler avec les autorités de la RDC et d’autres parties prenantes pour faciliter la bonne gouvernance et les pratiques commerciales éthiques dans le pays « , a déclaré Kalidas Madhavpeddi, président de Glencore.

Comme indiqué dans son annonce du 24 mai 2022, relative à la résolution des litiges existants en coordination avec les autorités américaines, britanniques et brésiliennes, avant que la société ne soit informée des enquêtes du DOJ, Glencore a investi des ressources substantielles dans le développement d’un programme d’éthique et de conformité de premier ordre. La société a un conseil d’administration et une équipe de direction renouvelés, y compris dans ses opérations en RDC, qui se consacrent à la promotion d’une culture d’intégrité, de responsabilité et de transparence, précise Glencore

Finance islamique : en Afrique subsaharienne, une croissance tirée par les banques halals et les sukuk

Les capitaux nationaux africains pourraient investir 15 à 20 milliards de dollars à long terme dans le développement du Continent,selon l'Africa Finance Corporation (AFC).

La finance islamique a le vent en poupe en Afrique subsaharienne dans un contexte mondial caractérisé par un rétrécissement des conditions d’accès aux financements sur les marchés internationaux de la finance classique. Une dynamique portée par les banques halal et les Sukuk mais aussi une croissance soutenue des fonds d’investissements « charia-compatible » comme vient de le mettre en évidence un rapport publié par la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), la filiale dédiée au secteur privé de la Banque islamique pour le développement (BID) en collaboration avec Refinitiv, un fournisseur américano-britannique de données et d’infrastructures sur les marchés financiers.

Selon le rapport qui vient d’être rendu public, les actifs de la finance islamique en Afrique subsaharienne ont atteint quelques 10 milliards de dollars en 2021 contre 8 milliards de dollars en 2020. Avec 3 milliards de dollars d’actifs, soit 30% du total, les banques islamiques ou « halal » font jeu égal avec les obligations islamiques ou « sukuk » avec eux aussi 3 milliards de dollars d’actifs soit 30% du total alors que les fonds d’investissement « charia-compatible » absorbent 2 milliards de dollars d’actifs. Le reste, soit près de 2 milliards d’actifs, est reparti entre les compagnies d’assurances « Takaful » ainsi que d’autres institutions financières conforme aux préceptes de l’Islam dans la région notamment les sociétés spécialisées dans la microfinance, les compagnies de leasing, les fintechs et les sociétés de courtage. Selon le rapport de l’ICD, bien que les actifs de la finance islamique en Afrique subsaharienne demeurent très modestes comparativement à d’autres régions du monde, plusieurs pays de la région enregistrent une croissance assez soutenue et dynamique de la finance islamique ces dernières années durant lesquels certains se classent même parmi les pays qui enregistrent les meilleures performances au niveau mondial. C’est le cas du Nigeria, le pays le plus peuplé du continent qui figure parmi les 5 pays où les actifs de la finance islamique ont enregistré les plus fortes progressions en 2021. Avec 53% de sa population de confession musulmane, la finance islamique a enregistré une hausse de 101% des actifs « halal », un dynamisme qui s’explique notamment par la forte augmentation du nombre des sukuk souverains, c’est à dire émises par l’Etat, et « corporate » qui sont émises par des entreprises essentiellement privés.

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En seconde position, arrivent le Burkina avec une progression de 27% ainsi que l’Ethiopie avec 26% en termes de forte progression des banques islamiques. Le cas de l’Afrique du Sud, autre géant de l’économie africaine, est plus édifiant sur cette croissance de la finance islamique en Afrique subsaharienne puisque la nation arc-en-ciel pointe à la 7è position à l’échelle mondiale en termes de nombre de fonds d’investissement islamiques avec plus de 100 fonds en activité et le 9è rang pour ce qui est des actifs sous gestion des fonds d’investissement avec près de 2 milliards de dollars de stock.

Une croissance portée par de bonnes perspectives au niveau mondial

Cette croissance de la finance islamique en Afrique subsaharienne s’inscrit dans la droite ligne de la dynamique que connait le secteur à l’échelle mondiale où selon la même source, le total des actifs a atteint 3958 milliards de dollars en 2021, soit une hausse notable de 17% par rapport à 2020. Comparé à 2015, ces actifs ont presque doublé et cette tendance va se poursuivre durant les prochaines années pour s’établir à 5900 milliards de dollars à l’horizon 2026. Selon les données du rapport, c’est la République islamique d’Iran qui se classe au premier rang des pays ayant le plus grand stock d’actifs « halal » en 2021 avec 1235 milliards de dollars d’actifs, devant l’Arabie saoudite avec 896 milliards, la Malaisie avec 650 milliards, les Emirats arabes unis (E.A.U) avec 252 milliards et le Qatar avec 186 milliards. En terme de répartition des actifs, ce sont les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) notamment l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar qui s’ accaparent de plus de 40% de ces actifs avec 1617 milliards de dollars, suivis  devant  les autres pays de la région Moyen-Orient & Afrique du Nord (MENA) avec 1300 milliards;  l’Asie du Sud-est avec 803 milliards, l’Europe avec 113 milliards, l’Asie du Sud avec 107 milliards, l’Afrique subsaharienne  avec 10 milliards) et, enfin,  les Amériques avec 8 milliards de dollars d’actifs.

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Le rapport indique également qu’à l’échelle mondiale et par branche d’activité, quelques 566 banques islamiques répertoriés concentrent 70% du total de ces actifs soit 2765 milliards de dollars. Les obligations ou Sukuks arrivent en seconde position avec 713 milliards de dollars soit 18% du total des actifs, devant les fonds islamiques avec 238 milliards ainsi que les autres catégories d’institutions financières islamiques notamment les établissements de micro finance et les sociétés de leasing avec 169 milliards de dollars et les compagnies d’assurances Takaful avec 73 milliards d’actifs.

L’Afrique, nouvel eldorado de la finance islamique

La finance islamique surfe donc sur des vents favorables en Afrique où elle ne cesse de progresser à un rythme assez soutenu. Face à leurs immenses besoins de financements et confronté aux difficultés d’accès aux ressources auprès des institutions financières classiques, les pays africains se tournent de plus en plus vers cette alternative qu’offre l’important stock d’actifs que détiennent les institutions islamiques en quête d’opportunités de croissance sur le continent.

« L’Afrique, c’est en effet le nouvel eldorado de la finance islamique. Fort de ses 600 millions de musulmans aujourd’hui et sans doute près d’un milliard avant le mitan du siècle, le continent a besoin de tout et les financements y sont aussi rares que précieux. Des besoins de base aux sauts technologiques, de la finance islamique 1.0 aux « Islacoins » … le continent africain peut tout absorber tant sa croissance de rattrapage est vitale, si tant est que sa gouvernance institutionnelle et le renforcement rigoureux de ses écosystèmes financiers soient durables », estime par exemple l’expert Anouar Hassoune Co-Directeur du MBA Finance Islamique (Financia Business School) et Professeur de finance islamique à Financia Business School.

Le dynamisme de la finance islamique en Afrique subsaharienne s’illustre ces derniers temps par la série d’émissions souveraines et corporate conforme aux prescriptions de la Charia. Une croissance qui s’appui par la présence de plus en plus d’acteurs sur le marché ainsi que la diversification des offres pour stimuler tant la demande que l’offre sur le continent. Conscient de ‘l’opportunité qu’offre cette manne, les économies africaines s’adaptent à cette donne à travers l’adoption de réglementation afin d’encadrer le secteur. C’est le cas par exemple au niveau des pays de l’UEMOA qui disposent déjà d’un cadre juridique adapté et déjà en vigueur alors qu’en Afrique centrale, la réglementation y afférente entrera en vigueur à partir de janvier 2023 au sein des pays membres de la CEMAC. Plusieurs pays ainsi que des entreprises ont réalisé avec succès, des émissions de fonds « halal » et désormais, la dynamique s’étend aux Partenariats Publics Privés (PPP) avec la signature de plusieurs partenariats de grande envergure et nécessitant d’importants montants pour le financement de projets d’infrastructures sur le continent.

Mortalité maternelle et infantile : la bonne dynamique s’essouffle en Afrique

Une enquête menée par l’OMS en 2022 dans 47 pays africains a révélé que la Région compte 1,55 travailleur de la santé (médecins, personnel infirmier et sage-femmes confondus) pour 1000 habitants, un ratio inférieur au seuil de densité de 4,45 travailleurs de la santé pour 1000 habitants nécessaire pour fournir les services de santé essentiels et atteindre la Couverture sanitaire universelle.

Les progrès réalisés par l’Afrique en matière de mortalité maternelle et infantile sont en recul, a conclu un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En Afrique subsaharienne, selon l’Atlas 2022, environ 390 femmes perdront la vie pendant l’accouchement pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2030.

Selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié le 01 décembre, un ralentissement des progrès réalisés au cours de la dernière décennie dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile est projeté dans la Région africaine. L’Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 a évalué les neuf cibles relatives à l’objectif de développement durable (ODD) de santé. Il relève qu’au rythme actuel des progrès, des investissements accrus s’avèrent nécessaires pour accélérer les résultats vers l’atteinte de ces cibles. La réduction de la mortalité maternelle figure parmi les plus difficiles à atteindre.

L’Afrique loin de la moyenne mondiale de mortalité maternelle et infantile

En Afrique subsaharienne, selon l’Atlas 2022, environ 390 femmes perdront la vie pendant l’accouchement pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2030. Cette estimation est cinq fois supérieure à la cible des ODD fixée pour 2030, qui est de faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes. Elle est également très loin de la moyenne de 13 décès pour 100 000 naissances vivantes observée en Europe en 2017. C’est plus que la moyenne mondiale de 211.

« L’Afrique a enregistré certains des taux de réduction les plus rapides au monde pour les principaux objectifs de santé, mais la dynamique semble s’affaiblir. Pour de nombreuses femmes africaines, cela signifie que l’accouchement reste un risque persistant et des millions d’enfants ne vivent pas assez longtemps pour célébrer leur cinquième anniversaire », a déclaré Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

 En vue d’atteindre la cible des objectifs de développement durable, l’Afrique devra réduire de 86 % ses taux par rapport à la situation qui prévalait en 2017, date de la dernière notification des données, ce qui constitue un exploit irréaliste en considérant le recul observé actuellement. Le taux de mortalité infantile dans la Région se situe à 72 décès pour 1000 naissances vivantes. Au taux annuel de baisse de 3,1 %, l’on s’attend à un scénario de 54 décès pour 1000 naissances vivantes à l’horizon 2030, ce qui est bien supérieur à la cible de réduction qui est fixée en-dessous de 25 décès pour 1000 naissances vivantes.

« Il est essentiel que les gouvernements procèdent à un changement radical de cap, qu’ils relèvent les défis et accélèrent le rythme pour atteindre les objectifs relatifs à la santé. Ces objectifs ne sont pas de simples étapes, mais les fondements mêmes d’une vie plus saine et du bien-être pour des millions de personnes », a ajouté la Directrice régionale.

L’Afrique a enregistré certains des taux de réduction les plus rapides au monde pour les principaux objectifs de santé, mais la dynamique semble s’affaiblir. Bien que la Région connaisse un ralentissement dans la réalisation des principaux objectifs relatifs à la santé tels que la couverture vaccinale, elle a fait des progrès remarquables dans certains domaines au cours de la première décennie du XXIème siècle.

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La mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 35 %, le taux de mortalité néonatale a baissé de 21 % et la mortalité maternelle a diminué de 28 %. Au cours de la dernière décennie, les progrès enregistrés sur toutes les trois cibles ont stagné, en particulier en ce qui concerne la mortalité maternelle. Dans les faits, l’Afrique a obtenu des avancées dans le domaine de la planification familiale, car 56,3 % des femmes en âge de procréer (âgées de 15 à 49 ans) ont satisfait leurs besoins en matière de planification familiale avec des méthodes contraceptives modernes en 2020. Toutefois, la Région reste loin de la moyenne mondiale qui se situe à 77 % et reste la moins performante en termes de planification familiale.

Chronique : Mondial 2022, de l’économie dans le sport

S&P Global Market Intelligence, fournisseur mondial de services d'information et d'analyse financières, estime dans sa dernière analyse, qu’au cours du Mondial 2022 de football, le Qatar devrait générer 6,5 milliards de dollars.

Depuis un peu plus de dix 10 jours, la Coupe du monde de football, qui se déroule au Qatar, galvanise les foules et occupe tous les espaces médiatiques. Grosse machine à sous, elle va générer à la Fifa, au pays organisateur et aux opérateurs privés la bagatelle de 6,5 milliards de dollars. En athlétisme, sports automobile, nautique ou en rugby, la filière du sport démontre sans cesse son volet lucratif, pour peu que les décideurs saisissent les opportunités.

Plus que jamais, les opportunités commerciales sur le terrain et en dehors, notamment dans le secteur de la technologie, des médias et des télécommunications, ne manquent pas. S&P Global Market Intelligence, fournisseur mondial de services d’information et d’analyse financières, estime dans sa dernière analyse, qu’au cours du Mondial 2022 de football, le Qatar devrait générer 6,5 milliards de dollars. Ce chiffre record dépasse tous les tournois précédents et représentant quatre fois les revenus, lors de la Coupe du Monde en Corée et au Japon en 2002. Comparés aux revenus de la Coupe du monde 2018 en Russie, alors de 5,2 milliards de dollars, le bond est de 25%.

La FIFA, maître d’œuvre, fait mieux que tirer son épingle du jeu et soutient que tous les revenus étant redistribués dans le sport, pendant les 64 matchs que se disputent les équipes qualifiées, réparties dans 8 groupes de 4. Les débours ne comprennent que les coûts liés à l’événement, les redevances aux nations membres, la gouvernance et d’autres frais d’administration. Parallèlement, le pays organisateur bénéficie de retombées diverses, liées au tourisme, commerce et autres services, tout comme bien d’autres opérateurs privés à travers le monde.

Les droits de diffusion, le gros lot

Plus généralement, les manifestations sportives mondiales génèrent des revenus colossaux, provenant surtout des droits de retransmission, de la publicité et du parrainage, et un peu moins de la billetterie. Si dans certains pays, les groupes de médias arrivent à s’entendre pour se partager les droits de diffusion, gros lot de tels événements sportifs, dans d’autres les organes de régulation de l’audiovisuel ont du pain sur la planche pour arbitrer, voire départager des chaines. Au football, ces droits peuvent être si onéreux que des groupes médiatiques surenchérissent pour s’octroyer l’exclusivité – Groupe TF1 a déboursé 130 millions d’euros pour mondial 2014 au Brésil – pour ensuite les rétrocéder sous licence, en France. Une partie des meilleurs matchs peut être diffusée en clair, tandis que la totalité passe sur des chaines payantes. D’autres encore ne diffusent que quelques matchs y compris ceux de leur équipe nationale, des ½ et de la finale. Tous les acteurs se frottent les mains. A titre d’exemple, sur TF1, la grille tarifaire du spot publicitaire de 30 secondes à la mi-temps du match France-Australie (le premier au mondial) ne valait pas moins de 245 000 €, soit 160 709 470 f CFA ! Une publicité qui investit tous les espaces allant de l’athlète (de haut en bas, soit maillot, short, bas, casque, godasse…) au terrain (panneaux publicitaires, espaces VIP…), les véhicules et équipements divers.

Les enjeux sont énormes. En Afrique francophone, l’opérateur togolais New World TV, qui a remporté les droits de diffusion en Afrique francophone, a été attaqué par le groupe sénégalais EMedia Invest (1,12 million d’euro, soit 720 millions f CFA pour 10 matchs) qui a décidé d’ester au Tribunal Arbitral du Sport- la RTS, ayant revendiqué l’exclusivité au Sénégal). En Russie, pays que la Fifa a banni des compétitions internationales, les 3 chaines Channel One, Match TV et VGTRK, ont bien pu négocier et bénéficier de droits de retransmission pour 39 millions de dollars, équitablement répartis (13 millions de dollars chacune) …

Les paris et équipements sportifs

A côté des Droits de diffusion et la publicité, le business des paris et les équipements constituent une manne financière qui chiffre en milliards de dollars. Du basketball au polo, en passant par le golf, l’équitation, les sports nautiques, de courses mécaniques, l’athlétisme, qu’elles soient de prestige ou populaires, toutes ces disciplines sont fortement porteuses de revenus. La bataille des marques est omniprésente et interfère quelque fois jusque dans les équipes où le branding de stars s’opposait à l’équipementier national… Quant aux paris, ils constituent un pan entier du développement du sport. En termes de billetteries, excepté le cachet affectif et le rush sur les premières émissions d’avant Event, les chiffres restent encore dans les normes. Au Qatar, les billets du Mondial ont varié de la catégorie préférentielle à 11 dollars, réservée aux locaux, à 1 607 $ pour la finale. Des tarifs officiels qui flambent facilement au marché noir, à la veille des rencontres.

Gare aux dérives

Les chiffres faramineux, qui peuvent rendre les disciplines sportives inaccessibles au citoyen lambda, ont ouvert de plus en plus des brèches pour une diffusion illégale dans les réseaux sociaux, voir sur Internet via l’IP (Internet Protocol), en dépit des outils anti-piratages et l’intensification de la lutte contre le streaming classique. Dans le sillage des paris sportifs, un autre bémol a trait aux à la triche et aux matchs ou épreuves truqués. Justement, il faudra que les spectateurs fassent l’économie de passions.  C’est d’autant plus juste quand le sport, qui normalement unit, invite au respect, suscite les rencontres… arrive à produire malheureusement, malgré des slogans répétés (pour le respect, anti-racistes), des hymnes sifflés, provoque des émeutes, paradoxalement souvent après des victoires, telles que vécues présentement à Bruxelles, à Anvers, et à Liège.

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