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Conflit au Moyen-Orient : le FMI en soutien de l’Afrique

Nommé à la tête du département Afrique du FMI le 1ᵉʳ mai 2026, Zeine Zeidane a réaffirmé l'engagement du Fonds à soutenir les économies africaines fragilisées par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, tout en saluant le potentiel de croissance à long terme du continent. Crédit : Reuters.

Nommé à la tête du département Afrique du FMI le 1ᵉʳ mai 2026, Zeine Zeidane a réaffirmé l’engagement du Fonds à soutenir les économies africaines fragilisées par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, tout en saluant le potentiel de croissance à long terme du continent.

Lors d’un briefing presse tenu à Londres le 22 juin 2026, Zeine Zeidane a indiqué que le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà conclu des accords de principe pour un financement augmenté en faveur du Burkina Faso, de la Gambie et de São Tomé-et-Príncipe, en réponse aux effets du conflit sur leurs économies. Pour l’Éthiopie, qui dispose d’un programme FMI en cours, le Fonds a procédé à une accélération d’environ 200 millions de dollars de financement.

Des délais de normalisation de six à sept mois

Le nouveau directeur a averti que les perturbations liées au conflit pourraient prendre plusieurs mois à se résorber. Si un cessez-le-feu est déjà en vigueur, les pays du Golfe estiment qu’il faut généralement entre six et sept mois pour que la production et les exportations reprennent pleinement. Zeidane a également souligné le rôle du Moyen-Orient en tant qu’exportateur majeur d’engrais, dont les répercussions sur la sécurité alimentaire et les coûts de production agricole en Afrique sont susceptibles d’être significatives.

L’Afrique, « prochain moteur de croissance mondial »

Malgré ces défis immédiats, Zeidane s’est montré résolument optimiste quant aux perspectives à long terme de la région. Il a rappelé qu’avant la crise actuelle, l’Afrique subsaharienne figurait parmi les zones de croissance les plus dynamiques au monde et avait accompli des progrès notables en matière de consolidation budgétaire. « L’avenir, le prochain moteur de croissance du monde, ce sera l’Afrique », a-t-il déclaré. « Nous devons soutenir l’Afrique pour lui permettre de libérer son potentiel. » Zeidane, qui a rejoint le FMI en 2012, a notamment exercé les fonctions de Premier ministre, de gouverneur de banque centrale et de conseiller économique à la présidence en Mauritanie. Il succède à Abebe Aemro Selassie, parti à la retraite en mai 2026.

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Finance : Absa Bank renforce son contrôle sur sa filiale kényane pour 238 millions de dollars

Absa Group a annoncé vendredi son intention de porter sa participation dans Absa Bank Kenya jusqu'à 85 %, contre 68,5 % actuellement. Et ce, à travers une offre publique d'achat évaluée à environ 238 millions de dollars. Crédit : Dr).

Le groupe sud-africain propose de racheter jusqu’à 896 millions d’actions aux minoritaires d’Absa Bank Kenya, au prix de 34,50 shillings l’unité. Une opération qui illustre l’offensive des banques sud-africaines en Afrique de l’Est, à l’heure du retrait des établissements européens.

Absa Group a annoncé vendredi son intention de porter sa participation dans Absa Bank Kenya jusqu’à 85 %, contre 68,5 % actuellement. Et ce, à travers une offre publique d’achat évaluée à environ 238 millions de dollars (30,9 milliards de shillings kényans). Le groupe de Johannesburg, troisième banque sud-africaine par les actifs, propose de racheter jusqu’à 895,99 millions d’actions ordinaires aux investisseurs minoritaires, soit un maximum de 16,5 % du capital de la filiale cotée à Nairobi.

Une prime de 20 % pour les minoritaires

Le prix proposé s’établit à 34,50 shillings par action, soit une prime de 20 % sur le cours moyen pondéré des 30 derniers jours, et de 28,2 % sur celui des 180 jours. L’offre multiplie la valeur d’Absa Bank Kenya à 8,2 fois, calculée en incluant les bénéfices de l’exercice clos en décembre 2025. Au lendemain de l’annonce, le titre de la filiale kényane a bondi jusqu’à 12 % à la Bourse de Nairobi. Le groupe a précisé qu’il entendait maintenir la cotation d’Absa Bank Kenya au Nairobi Securities Exchange à l’issue de la transaction. Cependant, il ne prévoyait pas de modifier ni la stratégie, ni l’équipe dirigeante, encore moins les effectifs ou les opérations quotidiennes de l’établissement.

L’Afrique de l’Est, pilier de la stratégie panafricaine

Le Kenya est un marché stratégiquement important pour Absa Group et demeure central dans les ambitions de croissance en Afrique de l’Est du groupe, a déclaré Charles Russon, directeur exécutif chargé des régions africaines, rapporté par Reuters. L’opération vise notamment à réduire l’écart entre le risque consolidé que le groupe porte déjà sur sa filiale et la part des bénéfices qu’il en capte effectivement. Les régions africaines hors Afrique du Sud ont représenté 31 % du bénéfice courant du groupe en 2025, le Kenya contribuant à lui seul à environ 19 % des profits de ce portefeuille, selon SBG Securities. La rentabilité des capitaux propres d’Absa Bank Kenya a atteint 23 % l’an dernier, contre 14,9 % pour le groupe.

Une vague d’acquisitions sud-africaines

L’opération s’inscrit dans un mouvement d’expansion des banques sud-africaines en Afrique de l’Est. Elles comblent le vide laissé par le repli des établissements européens et accompagnent la hausse des échanges continentaux et des investissements dans l’énergie et les infrastructures. En janvier, Nedbank Group a annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire de 66 % dans le kényan NCBA Group pour environ 13,9 milliards de rands. La Banque africaine de développement table sur une croissance de 5,9 % en Afrique de l’Est cette année, la plus élevée du continent. L’offre reste subordonnée à l’approbation de la Capital Markets Authority kényane. Elle devrait s’ouvrir le 30 juin pour se clôturer le 11 août 2026, sous réserve de modification requise.

Dette sénégalaise : le revirement de Sonko qui pourrait débloquer le FMI

Le leaders des patriotes prévient toutefois qu'il s'opposera à toute approche sacrifiant les objectifs économiques de long terme à des indicateurs de court terme. Crédit : DR

Hier farouche opposant à toute restructuration de la dette, Ousmane Sonko adopte désormais un ton pragmatique. À quelques jours de la reprise des négociations avec le Fonds monétaire international, ce virage du nouveau président de l’Assemblée nationale rebat les cartes pour un pays dont l’endettement avoisine les 132 % du PIB. Le ton a évolué…

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La Libye scelle ses accords de partage de production avec les majors internationales

Les contrats associent plusieurs acteurs de premier plan. L'espagnol Repsol et la compagnie publique turque Türkiye Petrolleri figurent parmi les signataires, aux côtés de l'italien Eni et de QatarEnergy.(Crédit : DR).

À l’issue de son premier appel d’offres pétrolier depuis près de vingt ans, la Compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) a signé une série d’accords de partage de production avec plusieurs groupes énergétiques étrangers. Une nouvelle étape franchie par Tripoli pour relancer l’investissement et porter sa capacité de production à 2 millions de barils par jour.

La Libye franchit un cap dans la reconquête de son industrie pétrolière. La National Oil Corporation (NOC) libyenne a annoncé ce lundi la signature d’accords de partage de production avec plusieurs compagnies énergétiques internationales. Et ce, au terme du premier cycle d’attribution de licences organisé par le pays depuis près de deux décennies. L’information a été communiquée par le président de la NOC, Massoud Suleman, dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux.

Un tour de table international

Les contrats associent plusieurs acteurs de premier plan. L’espagnol Repsol et la compagnie publique turque Türkiye Petrolleri figurent parmi les signataires, aux côtés de l’italien Eni et de QatarEnergy. Un consortium réunissant le hongrois MOL Group, Türkiye Petrolleri et Repsol complète ce dispositif. La diversité des partenaires – européens, turcs et qataris – illustre l’attractivité retrouvée du sous-sol libyen, riche en hydrocarbures mais longtemps délaissé par les investisseurs en raison de l’instabilité politique. Ces signatures concrétisent l’appel d’offres lancé en 2025, par lequel la NOC a attribué des superficies d’exploration à des groupes étrangers. L’objectif affiché par ce pays membre de l’OPEP est d’attirer les capitaux nécessaires pour relever sa capacité de production à 2 millions de barils par jour, contre environ 1,4 million actuellement.

Un signal de confiance malgré les divisions

Pour Massoud Suleman, ces accords traduisent une confiance grandissante dans le secteur pétrolier et gazier libyen. Ils doivent soutenir les activités d’exploration, de développement et la croissance de la production nationale. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de l’attribution, en février, de blocs d’exploration à des compagnies parmi lesquelles Chevron, Eni, QatarEnergy et Repsol. Il s’agissait alors du premier cycle de licences depuis 2007. Ces avancées interviennent en dépit des divisions politiques persistantes entre les administrations rivales de l’est et de l’ouest du pays, qui continuent de fragiliser la gouvernance des ressources. Pour la Libye, la relance de la production pétrolière constitue un levier économique majeur dans un contexte de reconstruction nationale encore inachevé.

Chronique- Programmes d’appui à l’international aux PME-PMI africaines

Les stratégies de développement économique en Afrique considèrent à plus d’un titre l’accompagnement et l’internationalisation des PME-PMI. Plusieurs types de programmes locaux, régionaux et internationaux existent ou sont possibles pour assister nos entreprises à exporter, s’intégrer aux chaines de valeur mondiales ou lever des fonds.

Les PME-PMI constituent le socle essentiel des économies structurées, en Afrique. Soutenir leurs portefeuilles à l’étranger équivaut à renforcer ces économies. Fort heureusement, des programmes existent, tandis que d’autres peuvent être mis en œuvre, dans ce sens. Nos Etats, qui ont très tôt compris l’approche, ont mis en place des institutions dédiées dans la garantie ou dans l’accompagnement de la PME-PMI à l’export. On peut citer, le Fongip (Fonds de garantie aux investissements prioritaires), l’ADEPME et l’ASEPEX au Sénégal, le CEPECI en Côte d’Ivoire, l’AMDIE, la Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise (SNGFE, ex CCG) et son levier Tamwilcom, Maroc PME au Maroc… 

Par l’international, les Etats africains doivent réorienter leurs développements respectifs d’abord au niveau intra-africain. Au niveau continental, des initiatives et cadres institutionnels sont déjà mis en place ou en cours.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), projet, qui ambitionne d’interconnecter les marchés africains, en constitue un cadre institutionnel idéal. Au-delà de la chute des tarifs douaniers, le succès de la ZLECAF ne peut faire l’économie de programmes d’accompagnement spécifiques pour une mise à niveau des PME. Pour commercer ensemble, il est nécessaire d’adopter des standards et normes de qualité en phase aux exigences des marchés transfrontaliers.

Au sein de l’UA (Union africaine), une stratégie pour les PME existe. Elle vise à insérer les PME-PMI dans des consortia régionaux d’exportation et à développer des grappes industrielles compétitives.  

Avec la BAD, le programme PME pour l’Afrique ou Making Finance Work for Africa (MFW4A), œuvre à connecter les PME aux marchés des capitaux régionaux et internationaux. A titre d’exemple, le récent partenariat avec la BRVM en Afrique de l’ouest.

Au niveau local, l’exemple plutôt réussi du Maroc peut être cité. En effet, les programmes Go To Market et d’appui aux Primo-Exportateurs du ministère de l’Industrie et du commerce, mais aussi ceux baptisés Tatwir, Imtiaz-Croissance et Business Academy de l’Agence nationale pour la promotion de la PME (Maroc PME) font leurs preuves. Outre le continent africain, les PME-PMI marocaines sont présentes dans l’UE, en Russie, aux Etats Unis…

Les atouts des coopérations bilatérale et multilatérale

Il est vrai que le soutien des agences de coopération bilatérale, telles que la GIZ (coopération allemande) qui pilote de nombreux programmes de mise à niveau, d’accès au financement et de transformation digitale  pour les PME, l’AfD et sa filiale Proparco, l’USAID, la JICA (Japon-Afrique), l’ACDI (Canada-Afrique), FOCAC (Chine-Afrique)… ont permis de générer des milliards de dollars aux PME africaines. Les échanges réciproques, la capacitation et le transfert de compétences et de technologies devraient davantage être le soubassement des engagements.

A côté des programmes d’appui à l’innovation et aux filières, telles que ceux de la FAO et le CIRAD, le dispositif Bceao dans l’Uemoa pour l’AgriTech, la MiningTech, le SportTech, des institutions comme la SFI, filiale de la Banque mondiale, ou Afreximbank et son FEDA (Fonds de développement des exportations en Afrique) proposent des projets de renforcement des capacités managériales, d’outils de partages des risques de crédit pour encourager les banques à financer l’export.  

La diaspora africaine, moteur silencieux du développement du continent

Longtemps perçue comme une ressource humaine perdue pour le continent, la diaspora africaine s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable du développement économique de l’Afrique. (Crédit : DR)

 Ils sont médecins à Paris, ingénieurs à Londres, entrepreneurs à New York ou traders à Dubaï. Mais chaque mois, chaque trimestre, ils n’oublient pas le continent qui les a vus naître. La diaspora africaine estimée à plus de 40 millions de personnes à travers le monde est devenue, souvent dans l’ombre, le premier bailleur de…

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Hydrocarbures : le Gabon engage 10 milliards de dollars pour son après-pétrole

Exxon signe un accord avec le Gabon pour explorer du pétrole et du gaz. Ce protocole d'accord, non contraignant, marque l'expansion des activités du premier géant pétrolier américain en Afrique. (Crédit : Africa Income)

Le 8 juin 2026, Libreville a lancé les travaux d’un port en eau profonde adossé au gisement de fer de Belinga. Avec un investissement de près de 5 643 milliards de FCFA, le projet incarne l’ambition gabonaise de passer d’une économie de rente à une économie de transformation.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé le lundi 8 juin 2026 au lancement officiel des travaux du futur port minéralier de Kobé-Kobé, un projet destiné à renforcer la transformation industrielle et la souveraineté économique du Gabon. D’un montant global estimé à 10 milliards de dollars, soit près de 5 643 milliards de FCFA, le programme repose sur quatre piliers : le développement portuaire, les infrastructures ferroviaires, la production énergétique et l’industrialisation locale. Situé dans la zone de Nyonié, sur la façade atlantique de la province de l’Estuaire, l’ouvrage doit devenir opérationnel en 2031.

Belinga, le fer au cœur du dispositif

La logique industrielle du projet repose sur la valorisation d’une ressource majeure. En associant un port de nouvelle génération à un corridor ferroviaire destiné à relier les gisements miniers de Belinga à la façade atlantique, le Gabon entend transformer ses ressources naturelles en levier de croissance. Le gisement de Belinga est considéré comme l’un des plus importants d’Afrique. Les capacités annoncées sont considérables. Le projet prévoit la construction d’un port d’une capacité de traitement annuelle de 110 millions de tonnes, comprenant un terminal minéralier destiné aux exportations de fer, des installations dédiées aux marchandises générales, aux conteneurs, ainsi qu’un terminal offshore.

Un avantage logistique naturel pour le Gabon

Kobé-Kobé bénéficie d’atouts physiques rares dans la sous-région. Avec un tirant d’eau compris entre 14 et 16 mètres, le port disposera d’un avantage naturel majeur dans une région où plusieurs infrastructures portuaires atteignent aujourd’hui leurs limites opérationnelles. Les navires de très grande capacité pourront y accoster directement, réduisant les coûts logistiques et renforçant l’attractivité du territoire pour les investisseurs internationaux. Le montage du projet associe acteurs publics et privés. Le partenariat signé en avril 2026 entre l’État gabonais, Africa Global Logistics et Algest Investment Bank traduit la volonté de construire une chaîne économique complète allant de l’extraction à la commercialisation internationale. L’opérateur AGL est déjà actif dans le pays, où il emploie une main-d’œuvre composée à plus de 80 % de ressortissants gabonais, selon une source au sein du comité de pilotage.

Un pari social et géopolitique

L’enjeu dépasse le seul secteur minier. Les autorités avancent le chiffre de 160 000 emplois directs et indirects ; pour un pays de 2,3 millions d’habitants dont la population active est estimée à environ 800 000 personnes, le complexe pourrait à pleine maturité représenter près de 20 % de la population active nationale. Initié sous la magistrature de Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet incarne une doctrine de restauration de la souveraineté économique nationale, alors que Libreville prépare l’épuisement progressif des réserves pétrolières qui portent encore le budget de l’État.

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Benin : Tournée de Wadagni et le pari de l’intégration dans l’UEMOA – CEDEAO

Le président béninois Romuald Wadagni a entamé le mardi 9 juin 2026 une visite d'amitié et de travail au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau. Crdit : DR

En moins de deux semaines après son investiture, le nouveau président béninois Romuald Wadagni aura visité sept des huit capitales de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Une séquence diplomatique resserrée qui place la coopération régionale et la monnaie commune au cœur de son mandat.Une tournée surtout des capitales de la zone franc.

Le président béninois Romuald Wadagni a entamé le mardi 9 juin 2026 une visite d’amitié et de travail au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau. Ces trois visites ciblent exclusivement des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, zone qui regroupe huit États partageant le franc CFA et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Cette séquence prolonge une démarche engagée dès les premiers jours du mandat. Le président s’était déjà rendu au Nigeria le 1er juin, au Niger et au Burkina Faso le 2 juin, au Togo le 3 juin et en Côte d’Ivoire le 4 juin. Avec les étapes sénégalaise, malienne et bissau-guinéenne, le chef de l’État aura ainsi couvert en moins de deux semaines sept des huit pays membres de l’UEMOA.

Coopération économique, solidarité et sécurité

Selon le communiqué de la présidence béninoise, les entretiens avec les plus hautes autorités de chaque pays s’articulent autour de trois axes. Les échanges portent sur les perspectives de coopération économique et commerciale, la solidarité entre peuples ouest-africains et les questions de sécurité régionale. Le choix des partenaires n’a rien d’anodin. Dakar, Bamako et Bissau appartiennent tous à l’UEMOA, tout comme les capitales déjà visitées au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. La monnaie commune apparaît ainsi comme le fil conducteur d’une diplomatie qui cherche à consolider les liens dans un espace traversé par des fractures politiques.

Le Mali, un partenaire au statut singulier du Benin

Le Mali, dirigé par le général Assimi Goïta, entretient des relations complexes avec les institutions régionales depuis son retrait de la CEDEAO, officialisé en janvier 2025. Le pays demeure néanmoins membre de l’UEMOA, ce qui fait de la zone monétaire le dernier cadre institutionnel reliant des capitales par ailleurs divisées sur le plan diplomatique. La Guinée-Bissau, de son côté, représente un partenaire plus modeste mais stratégiquement positionné sur la façade atlantique ouest-africaine.

Un agenda à préciser

Le communiqué de la présidence ne précise pas les dates exactes de chaque étape ni la durée totale de la tournée, et les agendas officiels des rencontres avec les chefs d’État concernés n’ont pas encore été rendus publics. Pour les investisseurs et opérateurs régionaux, cette offensive diplomatique signale toutefois la volonté du Bénin de jouer un rôle moteur dans la relance de l’intégration commerciale au sein de la zone franc. Reste à mesurer, dans les prochains mois, la traduction concrète de ces engagements en accords bilatéraux opérationnels.

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Ethiopian Airlines : une commande de 25 jets régionaux prévue dans 3 mois

Ethiopian Airlines décidera probablement dans les trois prochains mois d’une commande de 25 jets commerciaux de plus petites tailles destinés à étendre son réseau local, a déclaré son directeur général, Mesfin Tasew Bekele, samedi soir en marge d’un rassemblement de dirigeants du secteur aérien au Brésil. Photo éthiopian airlines

Le premier transporteur africain envisage une commande de 25 appareils de plus petite capacité pour densifier son réseau domestique et régional. Airbus, Embraer et Boeing sont en lice, alors que la compagnie compose avec une flambée de ses coûts de carburant liée à la guerre en Iran.

Ethiopian Airlines décidera probablement dans les trois prochains mois d’une commande de 25 jets commerciaux de plus petites tailles destinés à étendre son réseau local, a déclaré son directeur général, Mesfin Tasew Bekele, samedi soir en marge d’un rassemblement de dirigeants du secteur aérien au Brésil. Premier transporteur du continent avec une flotte de 147 appareils, la compagnie étudie l’Airbus A220, l’Embraer E-2 et le Boeing 737 MAX 7, ce dernier devant être certifié cette année par l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA). Les appareils seraient déployés à la fois sur les liaisons intérieures et vers les pays voisins. « Il y a quelques difficultés, mais cela devrait se faire d’ici trois mois », a indiqué Mesfin Tasew Bekele à propos du calendrier, sans préciser la nature de ces difficultés.

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Le programme A220 reste déficitaire et fait face à une concurrence soutenue du brésilien Embraer. Comme d’autres transporteurs, Ethiopian Airlines doit composer avec la hausse des prix du carburant provoquée par la guerre en Iran. La compagnie a réduit ses fréquences vers le Moyen-Orient pour s’adapter à une demande en baisse, ramenant par exemple ses vols vers Dubaï de trois à deux par jour. À l’échelle du réseau, le transporteur dépense désormais environ 60 % de plus en kérosène, tout en ayant résolu ses craintes d’approvisionnement. « Nous avons réglé le problème de la disponibilité, c’est désormais sous contrôle », a précisé le dirigeant en marge du sommet annuel de l’Association internationale du transport aérien (IATA), réuni ce week-end à Rio de Janeiro. Mais la question du prix reste un sujet sérieux. Et l’arbitrage à venir entre Airbus, Embraer et Boeing constituera un signal important sur les choix industriels du leader africain, dans un contexte où la maîtrise des coûts d’exploitation pèse plus que jamais sur la rentabilité des compagnies du continent.

Ebola – RDC : le plan à 518 millions US de l’OMS pour endiguer l’épidémie

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé vendredi 5 juin un plan conjoint de 518 millions de dollars sur six mois, appelant à une mobilisation financière et à un engagement politique pour stopper la propagation du virus. (Credit photo : Reuters)

L’Organisation mondiale de la santé a dévoilé un plan conjoint de six mois, doté de 518 millions de dollars pour combattre l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Avec 381 cas confirmés et 62 décès en RDC, l’épidémie figure déjà parmi les quatre plus importantes de l’histoire, alors que les autorités sanitaires reconnaissent rester en retard sur sa progression.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé vendredi 5 juin un plan conjoint de 518 millions de dollars sur six mois, appelant à une mobilisation financière et à un engagement politique pour stopper la propagation du virus. La stratégie vise à aider la RDC et l’Ouganda voisin à contenir leurs foyers, tout en accompagnant d’autres pays dans leur préparation à d’éventuels cas, notamment par un renforcement du dépistage aux frontières, ont précisé l’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).

L’épidémie est restée indétectée pendant plusieurs semaines, a indiqué l’Africa CDC lors du même point presse, plaçant les autorités sanitaires en situation de retard. À ce jour, la RDC compte 381 cas confirmés et 62 décès, tandis que l’Ouganda enregistre 19 cas et deux décès. L’épidémie implique la rare souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni traitement ni vaccin homologué. « Si on la compare aux précédentes épidémies de Bundibugyo, c’est la plus grave que nous ayons connue », a souligné le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya. Sur le plan financier, les bailleurs ont promis à ce stade 315,8 millions de dollars, un montant revu à la baisse par rapport à une première estimation de 498 millions, certains donateurs ayant, selon Jean Kaseya, « corrigé » leurs chiffres sans plus de précisions. L’Africa CDC avait annoncé le 15 mai la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, l’OMS la déclarant peu après urgence de santé publique de portée internationale.

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Le dépistage demeure un obstacle majeur : les tests habituels n’ont initialement pas détecté la souche Bundibugyo, et l’obtention des résultats prend plusieurs jours, voire plus d’une semaine. La défiance et les résistances communautaires entravent également la riposte, avec des attaques signalées contre des équipes funéraires et des centres de traitement. Pour faire face aux risques sécuritaires, l’OMS a indiqué vendredi avoir reçu trois véhicules blindés de la mission de maintien de la paix des Nations unies en RDC. La capacité des bailleurs à honorer rapidement leurs engagements et à restaurer la confiance des populations conditionnera l’efficacité d’un plan dont l’OMS reconnaît elle-même qu’il accuse, pour l’heure, un temps de retard.

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