samedi 21 février 2026
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Chronique- Quels atouts d’une monnaie nationale pour un Etat riche en or, à l’heure de la cryptomonnaie

L’Afrique est l’avenir. D’ici 2050, un enfant sur trois dans le monde, vivra dans ce continent, d’après la Banque mondiale. Toutefois, avoir du potentiel ne suffit pas. Pour mettre rapidement les pays africains, ne disposant pas d’outils catalyseurs, sur la rampe du développement, il est nécessaire d’avoir les outils adaptés aux réalités locales, notamment la monnaie, véhicule indispensable d’échange et d’investissement.

Tout Etat africain, surtout ceux disposant d’importantes réserves en minerais, gagnerait à disposer de sa propre devise monétaire, adossée à l’or, valeur-refuge, par excellence, pour la stabilité et le prestige. Mais à l’ère de la cryptomonnaie qui permet à la fois transfert rapide et spéculation, l’atout majeur serait la complémentarité.  

Au sein d’un continent, riche en or- on ne le répètera jamais assez- mais où les dernières tendances de la pauvreté rappellent que si la précarité recule dans plusieurs régions du monde, elle se concentre de plus en plus en Afrique, où 7 personnes pauvres sur 10 vivent désormais, un tel revirement pour maîtriser sa monnaie, facteur essentiel de développement, reste vital.

Pour un investisseur fortuné en Afrique en 2026, l’idée d’une monnaie nationale adossée à l’or représente un changement de paradigme face à la montée des cryptomonnaies. Des cas concrets existent. Le projet du Zimbabwe avec le ZiG, de l’Eco au sein de la CEDEAO ou encore les réflexions au sein de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) peuvent être cités.

Que d’atouts

Alors que les cryptomonnaies offrent une sortie du système bancaire, une monnaie « or » africaine offre une souveraineté tangible. Pour les opérateurs économiques, elle peut d’abord assurer la protection contre l’effondrement monétaire (Inflation-Proof). Beaucoup de fortunes africaines ont été érodées par les dévaluations brutales du Naira nigérian, du Cedi ghanéen, de Livres…

Ensuite, en termes de valeur intrinsèque, contrairement aux cryptomonnaies qui reposent sur un algorithme et la confiance du marché, une monnaie adossée à l’or repose sur un actif physique réel détenu en réserve.

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En outre, pour les acteurs de la vie économique, une monnaie, adossée à l’or avec une banque centrale disposant de stocks d’or, favorise la stabilité du pouvoir d’achat.Cela permet de conserver sa fortune localement sans avoir besoin de la convertir systématiquement en dollars ou en euros pour éviter la fonte de son capital.

Une passerelle entre le monde « On-Chain » et l’économie réelle

À l’heure de la cryptomonnaie, une monnaie nationale « or » sert de stablecoin naturel. Un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est « indexée », ou mieux arrimée, à un actif stable pour éviter la volatilité du Bitcoin. L’objectif est d’avoir la vitesse de la blockchain avec la stabilité du dollar, de l’euro ou de l’or. Quant au mécanisme, pour chaque jeton émis numériquement, l’émetteur doit (en théorie) détenir la même valeur en réserve (cash, obligations ou or physique).

En 2026, de nombreux pays africains explorent la tokenisation de leurs réserves d’or. Pour un investisseur, cela signifie pouvoir passer d’un actif numérique (crypto) à une monnaie nationale stable, convertible en or physique, facilitant les transactions de luxe ou immobilières. Cette facilité de conversion est un atout supplémentaire.

A cela s’ajoute le fait qu’il y ait moins de« friction » réglementaire. En effet,utiliser une monnaie nationale stable est beaucoup plus simple pour la conformité fiscale que de manipuler des cryptos, souvent ciblées par les régulateurs.

Souveraineté et « De-risking » vis-à-vis de l’occident

L’or est l’actif de liberté par excellence pour les élites. Une monnaie, basée sur l’or, permet d’effectuer des transactions internationales (notamment avec les BRICS+), sans dépendre du réseau SWIFT ou des sanctions américaines. C’est une indépendance au dollar.

Pour un investisseur africain, savoir que sa richesse est garantie par de l’or stocké sur le continent (et non dans des serveurs à l’étranger ou des banques européennes) renforce la sécurité psychologique et politique. Cette garantie physique locale est importantissime.

Le dernier atout auquel, je voudrais faire allusion ici, relève de la qualité d’une devise nationale forte à servir de levier bancaire sur actif tangible. Le gros défaut de la cryptomonnaie reste la difficulté d’obtenir un crédit important en l’utilisant comme collatéral. Une monnaie stable, car adossée à l’or, permet aux banques locales de proposer des financements plus sains. Un opérateur économique peut mettre en gage ses avoirs en « monnaie-or » pour financer des projets industriels ou agricoles, avec des taux d’intérêt bien plus bas que dans une économie inflationniste.

Là où le bât pourrait blesser reste dans une utilisation déraisonnée de la planche à billets et un contrôle laxiste des changes. L’instauration d’un Office des changes pour réguler, notamment les sorties de devises, reste indispensable pour réussir un tel changement de paradigmes. Envoyer des devises à l’étranger à tout va devra être aux oubliettes, du moins pendant les premières périodes de lancement. Il y va de même de l’implantation d’une industrie minière locale intégrée, c’est-à-dire de la mine au lingot.

Finance : La Banque mondiale pointe la faiblesse des IDE dans les 56 économies à revenus intermédiaires au cours des dernières décennies

Une plus grande rigueur budgétaire sera essentielle pour que les marchés intermédiaires puissent réaliser leur plein potentiel dans les années à venir. (Crédit : DR).

Les économies des pays en développement situés dans la tranche supérieure, un ensemble d’économies dont plus d’un tiers de ces marchés se situent en Afrique subsaharienne et considérées comme le terrain d’expérimentation des futures superstars économiques – n’ont généralement pas exploité tout leur potentiel ces dernières décennies, selon une nouvelle étude de la Banque mondiale publiée ce 20 janvier. En moyenne, la croissance des investissements par habitant au cours des années 2020 a été inférieure à la moitié de celle des années 2010. Cependant, l’expérience des économies les plus performantes parmi les marchés frontières recèle des enseignements précieux pour les 56 économies qui composent actuellement ce groupe.

Les économies pays à revenus intermédiaires n’ont pas exploité tout leur potentiel depuis 2010. La croissance des investissements a été divisée par deux, plus fortement que dans les autres économies à revenu faible et émergente. Pour les investisseurs internationaux en quête d’opportunités au-delà des économies à revenu élevé, les marchés intermédiaires représentent une position médiane : ils sont généralement moins intégrés aux marchés financiers mondiaux que les marchés émergents, mais plus que les autres économies en développement qui n’appartiennent ni aux catégories « émergentes », ni aux catégories « frontières ». La création de ces deux catégories d’actifs dans les années 1980 et 1990 – une initiative grandement facilitée par la Société financière internationale du Groupe de la Banque mondiale – a contribué à canaliser d’importants flux d’investissements privés vers les pays en développement.

« Hormis une poignée d’économies ayant obtenu la notation d’investissement au cours des 25 dernières années, les marchés frontières représentent sans doute la plus grande déception du développement économique », a déclaré Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président chargé de l’économie du développement au sein du Groupe de la Banque mondiale. « Les populations des marchés frontières sont, en moyenne, plus instruites et vivent plus longtemps que celles des autres économies en développement. La qualité de leurs politiques et de leurs institutions est supérieure. Certains de ces marchés sont riches en ressources naturelles. Pourtant, ils n’ont pas su transformer ces atouts en progrès et demeurent les opportunités les plus faciles à saisir pour les pays en développement. »

Les marchés intermédiaires abritent aujourd’hui 1,8 milliard de personnes, soit un cinquième de la population mondiale, et devraient accueillir près de 800 millions d’habitants supplémentaires au cours des 25 prochaines années, soit plus que le reste du monde réuni. Plus d’un tiers de ces marchés se situent en Afrique subsaharienne. Nombre d’entre eux sont riches en minéraux qui seront indispensables aux nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables, aux télécommunications et à l’électronique grand public. Leurs institutions sont souvent plus solides que celles des autres économies en développement. De plus, ils présentent un attrait particulier pour les investisseurs : au cours des 25 dernières années, les actions cotées sur ces marchés ont évolué de manière largement indépendante des conditions financières mondiales, lesquelles n’ont expliqué qu’un huitième des fluctuations de leurs cours, une proportion bien moindre que pour les économies avancées ou les marchés émergents.

« Ces économies joueront un rôle crucial pour relever le défi de l’emploi auquel sont confrontés les pays en développement : elles représenteront près d’un cinquième des 1,2 milliard de jeunes qui atteindront l’âge de travailler dans ces pays au cours de la prochaine décennie », a déclaré M. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur du Groupe des perspectives. « Les marchés frontières les plus performants ont emprunté des voies différentes. Mais ils ont convergé vers des stratégies communes : des politiques favorables à la croissance, des infrastructures propices à l’investissement, une meilleure gestion budgétaire et un environnement institutionnel attractif pour les investissements privés. Les résultats ont été considérables : le revenu par habitant du quart supérieur a presque quadruplé au cours des 25 dernières années. »

Cependant, les économies frontières ont généralement peu progressé en matière d’attraction des investissements depuis 2000. Au cours des 25 dernières années, le taux de croissance des investissements par habitant dans ces économies a fortement ralenti, chutant à seulement 2 % dans les années 2020, soit moins de la moitié du taux des deux décennies précédentes. Aujourd’hui, les économies intermédiaires ne représentent que 3,1 % des entrées de capitaux mondiales et moins de 5 % de la production économique mondiale. Si l’on se base sur la législation en vigueur, les marchés frontières ont réalisé des progrès considérables en matière d’ouverture de leurs marchés financiers au cours des 25 dernières années : ils sont désormais environ deux fois moins ouverts que les économies avancées, contre environ un cinquième en 2000. Le développement effectif des marchés financiers, cependant, est resté lent. Les marchés des devises nationales, par exemple, demeurent relativement sous-développés et les banques et institutions financières nationales ont tendance à moins prêter aux ménages et aux entreprises que sur les marchés émergents.

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Une plus grande rigueur budgétaire sera essentielle pour que les marchés intermédiaires puissent réaliser leur plein potentiel dans les années à venir. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB ont augmenté, tandis que les recettes sont restées stables. Il en résulte une forte augmentation du fardeau de la dette et des défauts de paiement. Aujourd’hui, un marché intermédiaire type consacre une part plus importante de son PIB au paiement net des intérêts de sa dette (environ 2,5 %) que les marchés émergents ou les autres économies en développement. Près de 40 % des marchés frontières ont connu au moins un défaut de paiement entre 2000 et 2024. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les marchés frontières ont enregistré plus de défauts de paiement que tous les autres pays réunis. Malgré tout, certains marchés émergents ont mieux géré ces écueils. Le Vietnam, l’un des pays les plus pauvres du monde au début du siècle, figure désormais parmi les dix économies à la croissance la plus rapide de ces 25 dernières années. Le Rwanda, sorti de la guerre civile des années 1990, est devenu l’une des plus belles réussites économiques d’Afrique subsaharienne, misant fortement sur le tourisme et les services. Par ailleurs, quatre marchés émergents – la Bulgarie, le Costa Rica, le Panama et la Roumanie – ont accédé au statut de pays à revenu élevé depuis 2012. Pour exploiter pleinement leur potentiel, ces économies devront faire bien plus que simplement ouvrir leurs marchés. Elles devront les développer et mettre en place les mécanismes institutionnels nécessaires à leur gestion.

Politique publique- Forum économique Maroc-Sénégal, courant janvier dans le Royaume

Le patronat marocain, réuni autour de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) organise, lundi 26 janvier 2026 à partir de 15h, au siège de la CGEM à Casablanca, une rencontre économique Maroc-Sénégal. Cette réunion, en partenariat avec l’Agence Nationale chargée de la Promotion de l’Investissement et des Grands Travaux du Sénégal (APIX), réunira des opérateurs économiques et des acteurs institutionnels des deux pays.

Le Sénégal et le Maroc maintiennent des relations socio-économiques multiséculaires. Elles sont fort heureusement vivifiées par des rencontres économiques, plus ou moins régulières. S’inscrivant dans la démarche de la Haute Commission Mixte entre les Gouvernements marocain et sénégalais, dont la 15ème Session, suivie des Journées économiques maroco-sénégalaises, est prévue à Dakar en 2026, un Forum économique, rescousse du secteur privé, se tiendra, lundi 26 janvier à Casablanca.

S’il est vrai que la dernière session de la Grande Commission mixte remonte à plusieurs années, les derniers signes de rapprochements ont dicté la revitalisation majeure du cadre de coopération. Suite à la visite de M. Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le 10 novembre 2025 à Rabat, pendant laquelle, il avait réitéré, de concert avec son homologue marocain M. Nasser Bourita, c’est la preuve du renforcement d’un partenariat exemplaire fondé sur la confiance, la fraternité et une vision partagée du développement du continent.

La rencontre CGEM-APIX en témoigne. A en croire un document officiel qui nous est parvenu, elle sera rehaussée par la participation de M. Aziz Akhannouch, Chef du Gouvernement du Royaume du Maroc, et de M. Ousmane Sonko, Premier Ministre de la République du Sénégal.

Priorités de développement partagées

Nous apprenons que cette rencontre vise à renforcer les partenariats économiques bilatéraux, à travers l’identification de nouvelles opportunités d’investissement et de co-développement. « Elle permettra également de faire le point sur l’état d’avancement des travaux du Groupe d’Impulsion Économique Maroc–Sénégal, en tant que mécanisme clé de dynamisation des échanges et de concrétisation de projets structurants. », précise, par ailleurs le communiqué.

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La coopération économique entre le Sénégal et le Maroc englobe un large périmètre. Les autorités des deux pays ont mis l’accent, ces dernières années, sur le commerce, l’investissement et la finance, ainsi que sur des initiatives régionales, telles que l’initiative royale pour l’Afrique Atlantique, le projet de gazoduc Nigéria-Maroc, dont le Sénégal devrait jouer un rôle clé.

Dans cette même veine, ce Forum économique s’inscrit dans la promotion de la coopération Sud-Sud. Une coopération, fondée sur la complémentarité des économies marocaine et sénégalaise et notamment sur l’implication active du secteur privé dans les priorités de développement partagées (Win-Win).

Tech : Centres de données en Afrique, un potentiel de 1500 milliards US  

L’Afrique unie autour des centres de données, c’est un potentiel numérique estimé à 1 500 milliards de dollars menacé par les défis de la transmission et de la fragmentation. Le constat émane d’une étude d’Africa Data Centres (ADC) dévoilée ce janvier. (Crédit : DR)

Alors que les dynamiques de digitalisation à l’échelle du continent convergent pour façonner l’économie de l’intelligence artificielle (IA) de demain, l’Afrique affirme aujourd’hui une ambition partagée : s’imposer comme un marché dynamique, technologiquement souverain et compétitif, où des infrastructures numériques de rang mondial génèrent des retombées socio-économiques inédites, dans un environnement fragmenté. Car au-delà de l’obsolescence des infrastructures de transmission, la fragmentation constitue — en l’absence d’une réponse collective et coordonnée — un obstacle majeur au déploiement à grande échelle des centres de données. Réglementations hétérogènes, maturité inégale des marchés et normes transfrontalières non harmonisées contribuent à accroître les coûts, à limiter l’expansion et à affaiblir la confiance des investisseurs. Le constat émane d’une étude d’Africa Data Centres (ADC) dévoilée ce janvier.

L’Afrique unie autour des centres de données, c’est un potentiel numérique estimé à 1 500 milliards de dollars menacé par les défis de la transmission et de la fragmentation. Au cœur de cette vision collective se trouve un levier stratégique majeur : les centres de données. Ces infrastructures physiques, conçues pour héberger les capacités de calcul, de stockage et de connectivité, constituent l’ossature même des flux de données de bout en bout. Bien plus que de simples priorités nationales ou régionales, les centres de données représentent des actifs stratégiques essentiels. Ils forment le socle d’une économie numérique moderne et les moteurs fondamentaux de l’innovation, de la productivité et de la compétitivité propres à  » l’ère de l’intelligence « . Leur rôle est déterminant pour permettre à l’Afrique d’accélérer la montée en puissance de son économie numérique, de déployer des capacités avancées en intelligence artificielle et de rivaliser à l’échelle mondiale. Ces perspectives reposent sur des trajectoires réalistes et mesurables, comme l’attestent plusieurs indicateurs clés. Le marché africain des centres de données devrait ainsi atteindre 6,81 milliards de dollars d’ici 2030, contre 3,49 milliards de dollars en 2024, affichant un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 11,8 %.

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Dans la mesure où l’intelligence artificielle ne peut se déployer à grande échelle sans infrastructures de centres de données, le potentiel du marché africain de l’IA est tout aussi significatif. Évalué à 4,51 milliards de dollars en 2025, il pourrait dépasser 16,5 milliards de dollars d’ici 2030, avec un TCAC de 27,42 %, illustrant l’impact déterminant des centres de données sur la transformation économique du continent. Des défis structurels qui précèdent les opportunités. Malgré ces perspectives prometteuses, plusieurs obstacles structurels persistent, au premier rang desquels figure la transmission. Ce défi constitue l’un des freins les plus durables au développement des infrastructures critiques de l’IA et pourrait entraver les ambitions de compétitivité mondiale de l’Afrique. Cette analyse est partagée par le Dr Krishnan Ranganath, Directeur régional – Afrique de l’Ouest chez Africa Data Centre (ADC), qui se définit comme le plus vaste réseau africain de centres de données interconnectés, neutres vis-à-vis des opérateurs et des fournisseurs de services cloud. L’organisme met en avant ses trente ans d’expérience dans les domaines des centres de données, du cloud, de la connectivité et des services informatiques managés, ainsi qu’une expertise sur le paysage numérique africain.

« Les fondamentaux de la transmission ne sont pas encore en place à l’échelle régionale. Il s’agit d’un problème commun et de l’un de nos principaux défis, qu’il concerne la transmission de l’électricité ou la bande passante Internet », souligne le Dr Ranganath.

 » L’Afrique produit de l’électricité en quantité, mais les infrastructures de transmission sont vieillissantes, et les défis liés aux réseaux, aux fibres terrestres et à la distribution demeurent. La construction de centres de données est, en soi, relativement simple ; leur connectivité, en revanche, est essentielle ».

Lorsque les installations reposent sur une connectivité insuffisante, ou que les coûts de connexion sont élevés tandis que la disponibilité énergétique reste limitée, elles deviennent de simples structures inertes, incapables de répondre aux enjeux qu’elles sont censées résoudre. Chaque pays a besoin d’un réseau robuste. Il est impératif de consolider les fondamentaux dès aujourd’hui afin que, dans un horizon de cinq à dix ans, les infrastructures numériques africaines puissent converger efficacement.

Fragmentation : un frein majeur à l’échelle continentale

Dans plusieurs pays africains, des exigences strictes en matière de localisation et de souveraineté des données obligent les organisations à traiter et à stocker les informations localement. Cette divergence réglementaire engendre déjà des surcoûts significatifs et freine la croissance du secteur, selon l’étude de l’ADC . Les initiatives d’intégration régionale s’en trouvent affaiblies, réduisant la capacité de l’Afrique à se positionner comme un hub numérique et d’intelligence artificielle de référence, dans un environnement réglementaire complexe où les déploiements sont contraints, les investissements transfrontaliers dissuadés et l’innovation limitée. L’accumulation de ces facteurs empêche aujourd’hui le continent d’atteindre l’échelle, l’efficacité et les volumes d’investissement nécessaires pour rivaliser durablement sur la scène mondiale. Néanmoins, l’avenir numérique de l’Afrique ne saurait reposer exclusivement sur les centres de données.

« La véritable question est de savoir comment garantir une digitalisation complète du continent « , poursuit le Dr Ranganath.  » Comment bâtir une économie et une Afrique numériques ? Les centres de données constituent une composante essentielle, mais ils doivent s’inscrire dans une vision globale englobant les réseaux, l’énergie, les compétences humaines, les entreprises et les consommateurs. L’ensemble de ces éléments est indissociable de l’économie numérique ».

La collaboration, clé de l’ascension numérique africaine

Du Maroc au Kenya, de l’Égypte au Nigeria et à l’Afrique du Sud, de nombreux pays accélèrent la mise en œuvre de leurs stratégies d’infrastructures numériques, attirent les hyperscalers et se préparent à l’avènement de l’économie de l’IA, alors que la demande en intelligence artificielle, cloud computing, fintech et technologies numériques progresse de manière exponentielle. Cette dynamique positive se reflète également dans les projections économiques : le marché africain du cloud computing pourrait atteindre 45 milliards de dollars d’ici 2031, celui de la fintech 65 milliards de dollars d’ici 2030, et l’économie numérique africaine 1 500 milliards de dollars d’ici 2030. Toutefois, cette dynamique, à elle seule, ne suffira pas à concrétiser les ambitions africaines. La fragmentation des règles, des normes, des niveaux de préparation et de la maturité des marchés risque non seulement de créer des pôles de développement isolés, mais aussi de compromettre l’ensemble du potentiel du continent. Pour le Dr Ranganath, une étape décisive s’impose afin de poser les bases d’une montée en puissance numérique coordonnée. Il estime que si des pays du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest s’alignent, et que huit à dix pays issus de quatre régions différentes coopèrent étroitement, des avancées concrètes vers une Afrique unifiée pourront émerger, en parallèle de l’action des associations professionnelles et des instances compétentes.

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Chronique- La logistique, partie névralgique d’une manifestation sportive réussie

Les athlètes, les joueurs et leurs staffs respectifs, sont le cœur d’une manifestation sportive et les spectateurs son âme, mais la logistique en est le système nerveux. Sans elle, l’événement s’effondre, peu importe la qualité du spectacle sportif. Parallèlement à l’existant, organiser un grand événement sportif du type JO, JOJ, Coupe du Monde, Coupe d’Afrique des Nations (CAN)… revient à piloter une « ville éphémère », où l’erreur n’est pas permise.

Pour la réussite de l’organisation d’une grande manifestation sportive, la logistique reste le facteur clé. Elle est d’autant plus importante que partout à travers la planète on a coutume de dire « Une bonne logistique est celle que l’on ne remarque pas. » Donc, si tout se passe bien, on ne parle que des scores. Par contre, lorsque la logistique échoue, on ne parle que du chaos.

Les enjeux modernes de durabilité et digital doivent être pris en compte, de prime abord.  Aujourd’hui, une logistique réussie doit répondre à deux nouveaux impératifs, à savoir une logistique verte et la Smart Logistics. Il s’agit de réduire l’empreinte carbone, via des flottes de véhicules électriques, la gestion circulaire des déchets et la fin du plastique à usage unique. Segundo, l’utilisation de la data en temps réel permettrait d’anticiper les goulots d’étranglement aux entrées ou gérer les stocks de nourriture pour éviter le gaspillage.

Pour une logistique au top, un certain nombre de piliers sont donc à maîtriser. A mon avis, il faut réussir la gestion des flux et anticiper, voire faire face au défi du mouvement. C’est sans doute l’aspect le plus visible et le plus critique. Il est essentiel de garantir un transport millimétré entre le village, les sites d’entraînement et de compétition. Un retard de bus peut disqualifier une équipe, un champion ou décaler une retransmission TV mondiale.

Au niveau des spectateurs, il faudra gérer « l’accueil et le dernier kilomètre ». Il s’agit d’acheminer des dizaines de milliers de personnes simultanément, tout en assurant la sécurité et la fluidité aux entrées. Outre des autoroutes, des TGV (300 km en juste 2 h), et des relais entre aéroports et points de ramassage, où des navettes gratuites peuvent les acheminer vers les stades, les réceptifs doivent être disponibles et bon marché. A mi-parcours de la CAN2025 au Maroc, le royaume, qui a mis les petits plats dans les grands, a offert aux fédérations nationales africaines, ambassades et consulats respectifs, en accord avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) la possibilité de convoyer les supporters en avion, bus climatisés, TGV, trains rapides… vers les différents stades. Les amateurs du football ont l’embarras du choix, d’autant plus que, comme sur Tanger, de la gare du TGV au stade, des navettes gratuites sont disponibles pour rejoindre le Grand Stade de Tanger. Nombre de pays ont organisé des caravanes de supporters, dotés de lots de billets d’entrée, vers les différents stades, tous situés dans des villes où un transport multimodal existe déjà.

Quant aux officiels et médias, avec des milliers de journalistes, leurs besoins en zones de travail équipées et navettes dédiées, doivent être satisfaits. A cela s’ajoute la logistique de l’ombre, celle-là qui a trait aux accréditations et à la sécurité. La FAN ID de la CAN 2025 en est l’exemple patent. Chaque personne présente doit être identifiée. La logistique gère la fabrication et la distribution de milliers de badges, ainsi que le déploiement des agents de sécurité et du matériel de contrôle (scanners, caméras, barrières, stadistes, volontaires…).

Supply Chain « Éphémère » & Overlays

Un autre pilier, non des moindres, repose sur une Supply Chain « Éphémère ». En effet, contrairement à une usine, de tels événements sportifs ont une date de début et de fin fixes. En plus de l’équipement sportif à acheminer et qui peut se composer de tonnes de matériel spécifique, la restauration ou catering, pour nourrir les joueurs et athlètes (besoins nutritionnels stricts), les volontaires et le public, est un défi à relever. Cela représente souvent des millions de repas sur une période très courte, avec une gestion complexe de la chaîne du froid et des déchets. Il est vrai que les chaînes hôtelières et les chefs personnels de certaines équipes arrivent à pallier certaines difficultés.

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La logistique, c’est aussi transformer un espace vide en stade fonctionnel. Cet aménagement des sites ou Overlays a trait aux installations de tribunes provisoires, de la mise en place de l’énergie (groupes électrogènes de secours), de la connectivité (5G, Wi-Fi pour la diffusion), voire d’une signalétique adéquate, afin que personne ne se perde dans les enceintes.

Des spectateurs, qui savent apprécier un haut standard d’organisation et d’infrastructures (existantes, parce que non surfacturées), ont mis la main à la patte, allant jusqu’à nettoyer les gradins après des matchs de football pendant la CAN2025 au Maroc. Une compétition pendant laquelle, les stades ont été plus pleins que vides, lors des matchs n’impliquant pas le pays organisateur…

Finance : Le Sénégal rejette toute restructuration de sa dette

Après l’épisode de la « dette cachée » dont l’existence est toujours débattue, le Sénégal écarte toute solution de restructuration envisagé par le FMI. Le pays dont la volonté de transparence à été salué par l’institution du Bretton Woods, est parvenu à se financer depuis plus d’un an principalement sur les marchés locaux et régionaux en adoptant des mécanismes novateurs.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a déclaré jeudi que le pays, lourdement endetté, n’aurait pas besoin de mettre en œuvre de plan de restructuration malgré un calendrier de remboursement difficile. La nation ouest-africaine est aux prises avec une dette qui, selon le Fonds monétaire international (FMI), atteignait 132 % du PIB fin 2024, après que l’actuel gouvernement a révélé des milliards de dettes non déclarées par l’administration précédente. Rappelons que lors de sa visite de travail en novembre dernier, le FMI avait conclu que l’économie du Sénégal demeure résiliente en 2025, soutenue par le démarrage de la production de pétrole et de gaz ainsi que par la reprise du secteur agricole. L’organisme a dans son communiqué du 6 novembre appelé le pays à poursuivre ses progrès en matière de gestion de la dette, de renforcement des institutions budgétaires et de gouvernance sera déterminante pour maintenir une croissance soutenue et la confiance des investisseurs. Ainsi lors de sa dernière sortie tout en reconnaissant que le pays était confronté à des échéances de remboursement particulièrement difficiles cette année, Ousmane Sonko s’est dit confiant quant à la capacité du Sénégal à trouver des solutions. Le gouvernement a activé plusieurs leviers et innové pour combler avec succès le déficit.   

Le fonds Monétaire a analyséen novembre que « les autorités ont fait preuve d’un engagement fort en faveur de la transparence et des réformes, en prenant des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée passée et renforcer l’intégrité des finances publiques, tout en reconnaissant que des efforts importants seront encore nécessaires pour faire face aux pressions élevées sur la dette ».

« Nous estimons que nos projections de croissance et de recettes sont raisonnables, et cela ne fait aucun doute. Elles ont été validées par tous nos partenaires, y compris le Fonds. Le principal problème réside dans le financement », a expliqué Ousmane Sonko.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a déclaré que le Sénégal espérait finaliser « très rapidement » un programme avec le FMI, ajoutant que des progrès avaient été réalisés sur de nombreux points liés à la gestion de la crise de la dette du pays. Pour le FMI, les discussions avec le Sénégal restent productives et se concentrent sur les actions requises pour traiter les vulnérabilités budgétaires et de dette mises en évidence par l’épisode de la « dette cachée », dont l’existence reste à confirmer pour les partisans de l’ancien gouvernement de Macky Sall. Ce qui posera une base solide pour la poursuite des échanges dans les semaines à venir en vue d’un éventuel nouveau programme soutenu par le FMI.

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Angola : Shell acquiert des parts de Chevron et consolide sa stratégie africaine

Shell acquiert des participations dans des blocs offshore angolais auprès de Chevron. (Crédit : DR).

Shell acquiert des parts de Chevron sur fond de renforcement de la présence des majors pétroliers européens en Afrique. Shell a en effet conclu un accord avec Chevron pour l’acquisition de participations dans deux blocs offshores non exploités situés en eaux ultra-profondes au large de l’Angola, a annoncé mardi le géant pétrolier européen.

Shell acquiert des participations dans des blocs offshore angolais auprès de Chevron. Les grandes compagnies pétrolières européennes ont annoncé leur intention de d’investir des milliards en Angola, deuxième producteur de pétrole brut d’Afrique subsaharienne après le Nigeria. L’Angola a entrepris d’importantes réformes réglementaires afin d’attirer les investissements dans son secteur énergétique, où il vise une production supérieure à un million de barils par jour.

« De nouvelles explorations, comme en Angola, sont essentielles pour maintenir la production jusqu’en 2030 », a déclaré Shell, qui souhaite accroître sa production de gaz de 1 % d’ici 2030 et maintenir sa production de pétrole stable indique le document. Les majors pétroliers européens compte ainsi s’implanter durablement en Angola.

Renforcement des compagnies pétrolières européennes en Afrique

 Le 25 décembre dernier Cabinda Gulf Oil Company Limited (« CABGOC »), filiale de Chevron en Angola, et ses partenaires du Bloc 0 ont annoncé dans ce communiqué consulté par Africa Income, avoir produit avec succès les premiers barils de pétrole du projet South N’dola.  Assemblé dans les provinces de Cuanza Sul et de Cabinda, en Angola, le projet South N’dola vise à développer les ressources en hydrocarbures du Bloc 0, en acheminant le pétrole vers le terminal de Malongo et le gaz associé vers Angola LNG, renforçant ainsi l’infrastructure énergétique du pays. En effet, une douzaine de puits de production devraient produire environ 25 000 barils de pétrole par jour et 50 millions de pieds cubes standard de gaz par jour. Un pipeline de production de 15 km relie la plateforme de tête de puits au complexe de Mafumeira.

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Tribune : l’exception potentiel extractif et géopoplitque du Niger suscite des convoitises

Par Mahaman Laouan Gaya, Expert International en Energie et Pétrole, Ancien Ministre de la République du Niger ( Crédit : Dr).

Exportateur de minerais et d’hydrocarbures, le Niger n’a pas fini de réveler tout son potentiel en ressources minières et énergétiques. Le pays qui n’est pas le seul à être dirigé par des putschistes est néanmoins l’un qui cristalliste le plus les réactions occidentales, dés lors que les nouvelles autorités menancent de couper le pont avec les alliés traditionnels de Niamey. Frontralier avec le Mali, l’Algérie, la Lybie, le Tchad, le Burkina Faso, le Nigéria et le Bénin, le en plus de ses énormes ressources naturelles, est l’épicentre du Sahel, nous explique Mahaman Laouan Gaya, Expert International en Energie et Pétrole, et ancien Ministre du Niger.

Par Mahaman Laouan Gaya, Expert International en Energie et Pétrole, Ancien Ministre de la République du   Niger                       (Article publié le 18 octobre 2023, mise à jour le 06 janvier2026)

Le Niger, dont le territoire est constitué à plus de 90% de bassins sédimentaires (un réceptacle de gisements d’hydrocarbures gazeux, liquides et solides), « coincé » géographiquement et géologiquement entre l’Algérie, la Libye et le Nigéria – tous gros producteurs d’hydrocarbures et qui exportent 1,7 million à 2,3 millions de barils de pétrole par jour – il est certain, que tôt ou tard, ce pays connaitra le même miracle pétrolier que ses voisins sus-mentionnés. Depuis 2011, ce sont les réserves pétrolifères du bassin Oriental (dit bassin du Tchad) qui sont en exploitation (notamment les gisements du bloc Agadem). D’intenses recherches sont en cours sur d’autres gisements du même bassin (Oriental) et de grosses et très agréables surprises, dans le bassin Occidental (bassin des Ullimenden) à cheval entre la partie Ouest du Niger, l’Est du Mali, le Nord du Burkina Faso et le Sud algérien ne sont pas à exclure. En effet, cette zone dite des « Trois frontières » que les experts pétroliers appellent aussi le « Koweït du Sahel »… au vu de son probable potentiel pétrolier et gazier) détiendrait un inestimable potentiel pétrolier et autres ressources minières et énergétiques stratégiques (uranium, cobalt, lithium, hydrogène naturel,…). A cela s’ajoute pour le Niger, la construction d’une prochaine du gazoduc (Trans Saharian Gas Pipeline – TSGP) d’une longueur totale de 4128 km devant relier les gisements de gaz naturel de Warri au Nigeria pour aboutir à Hassi R’Mel en Algérie, en passant par le Niger sur une distance de 841 km. Ce gazoduc d’une capacité annuelle de 30 milliards m3 doit approvisionner l’Europe de l’Ouest en gaz naturel.

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Les puissances étrangères (grosses consommatrices d’hydrocarbures) et détentrices des plus hautes technologies en sont très conscientes de ces enjeux. Les menaces de sanctions économiques et de l’isolement diplomatique des Occidentaux, ajoutés à l’insistance de la France à attaquer militairement le Niger (à la suite du coup d’Etat du 26 juillet 2023 qui renversa le régime trop pro-français de Bazoum-Issoufou) en sont très révélateurs de l’énorme potentiel en ressources extractives énergétiques (uranium, pétrole, lithium, cobalt,….) du pays et de la ferme intention de la France à ne pas perdre ces abondantes ressources naturelles. La position géographique, géologique et géo-politique du Niger, lui confèrent tous les atouts pour être un hub énergétique stratégiquement bien positionné entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord et l’Afrique Centrale, si bien entendu une ferme volonté politique et diplomatique l’y accompagne.

Niger :

Chronique- Quelle passerelle entre pharmacie et pharmacopée en Afrique

En Afrique, la complémentarité entre la pharmacie moderne (biomédecine) et la pharmacopée traditionnelle ne relève plus seulement de la survie, mais d’une stratégie de santé publique intégrée. Bien que longtemps opposées, ces deux approches convergent aujourd’hui pour former un système de soins hybride.

Pour un grand nombre de pays africains, la dénomination du substantif « médicament », en les langues locales, recoupe « plante, arbre ». Ceci augure du potentiel énorme de la pharmacopée. Aussi, si la pharmacie moderne peut se targuer d’atouts, tels que précision, standardisation, réponse aux urgences, la pharmacopée traditionnelle se met en exergue par son accessibilité, son acceptabilité culturelle et son approche holistique. Néanmoins, l’une et l’autre présentent quelques limites.Au manque de dosage précis et aux risques de toxicité si non contrôlée de cette pharmacopée font face comparativement les coûts élevés et d’éventuelles ruptures de stocks, compte tenu d’une industrie pharmaceutique balbutiante qui impose par endroits des importations.

Toujours est-il qu’une certaine complémentarité peut être développée. Elle s’articulerait autour du «Médicament Traditionnel Amélioré » (MTA), sorte de pont scientifique, de cadres réglementaires (Vision 2025-2026), d’un meilleur accès, et d’une meilleure collaboration des tradipraticiens et pharmaciens.

Le MTA, exemple le plus concret de synergie, peut servir de pont scientifique. En effet, le MTA utilise le savoir ancestral (choix des plantes) et l’applique aux standards de la pharmacie moderne. Il formule des dosages précis, des tests de toxicité. Elle réalise des formes galéniques, comme les gélules ou sirops. L’objectif avoué est de rendre les remèdes traditionnels plus sûrs et reproductibles. Fort heureusement, des pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Bénin ont intégré certains MTA dans leurs listes de médicaments essentiels, disponibles en officine.

Une complémentarité d’accès et de coût

La pharmacie moderne et la pharmacopée se répartissent souvent le rôle de premier recours, selon le contexte. Pour environ 80 % de la population africaine, la pharmacopée reste la première porte d’entrée, en raison de son coût abordable et de sa disponibilité géographique immédiate (herboristes locaux). Parallèlement, la pharmacie moderne prend souvent le relais pour les urgences chirurgicales, les infections bactériennes graves ou les pathologies complexes, nécessitant des équipements de pointe.

En termes de collaboration des acteurs (tradipraticiens et pharmaciens), l’OMS encourage désormais une collaboration formelle. Dans plusieurs pays, tels que le Burundi, la Côte d’Ivoire… des protocoles sont mis en place, afin que les tradipraticiens orientent les cas graves vers les hôpitaux, et que les médecins respectent le recours culturel des patients. Un tel système d’orientation reste primordial.

R&D et cadres réglementaires (Vision 2025-2026)

Relativement à la Recherche et Développement, Prometra (Promotion of Medecine and Treatment from Africa) réalise une œuvre colossale, notamment au Sénégal avec le Dr Erick Gbodossou. Prometra est une organisation internationale, vouée à la préservation et à la restauration de la médecine traditionnelle africaine et des sciences autochtones. Elle constitue un institut de recherche scientifique et culturelle, un centre de pratique médicale et un instrument d’intégration africaine et de relations internationales.

C’est de bonne guerre. Les laboratoires pharmaceutiques modernes s’appuient sur l’ethnobotanique pour identifier de nouvelles molécules actives. C’est la « bioprospection », où le savoir traditionnel sert de guide à l’innovation moléculaire. Nos facultés de pharmacie doivent promouvoir les travaux dans cette direction.  

La Vision 2025-2026 appuie l’instauration de cadres réglementaires. Le paysage évolue avec des structures officielles. Des directions nationales sont érigées. Presque tous les ministères de la Santé disposent désormais d’une direction dédiée à la médecine traditionnelle. Aux niveaux régional et international, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) publie des volumes de la Pharmacopée de l’Afrique de l’ouest, codifiant les plantes pour qu’elles soient reconnues scientifiquement par les pharmaciens. Le cas de Prometra, évoqué plus haut, reste un exemple patent. À la 8ème Edition du Forum Galien, placée sous le thème « Souveraineté Médicamenteuse en Afrique », fin décembre 2025, Mme Flora Salikhova, directrice exécutive de l’ONG, n’a pas manqué de souligner l’importance de la légalisation de la médecine Africaine comme préalable à cette souveraineté

Finance : l’Egypte encaisse un financement de plusieurs milliards US du Qatar

L'Égypte a reçu 3,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord de développement soutenu par le Qatar pour un projet immobilier et touristique de luxe sur sa côte méditerranéenne. (Crédit : DR).

L’Égypte reçoit 3,5 milliards de dollars dans le cadre d’un accord de développement sur sa côte méditerranéenne soutenu par le Qatar. Cette annonce marque une étape majeure dans la coopération économique entre Le Caire et Doha. Le versement confirmé par le gouvernement égyptien ce mardi 30 décembre 2025, constitue la première tranche financière d’un mégaprojet qui vise à transformer la côte nord-ouest de l’Égypte.

L’Égypte a reçu 3,5 milliards de dollars dans le cadre d’un accord de développement soutenu par le Qatar pour un projet immobilier et touristique de luxe sur sa côte méditerranéenne. Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’engagement d’investissement de 7,5 milliards de dollars de Doha envers Le Caire, a indiqué mardi un communiqué du gouvernement. Cette annonce marque une étape majeure dans la coopération économique entre Le Caire et Doha. En effet, le versement de 3,5 milliards de dollars, confirmé par le gouvernement égyptien ce mardi 30 décembre 2025, constitue la première tranche financière d’un mégaprojet qui vise à transformer la côte nord-ouest de l’Égypte.

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Le développement se concentre sur la région d’Alam El-Roum (et Samla), située dans le gouvernorat de Matrouh. Ce projet pharaonique prévoit un investissement total d’environ 29,7 milliards de dollars à terme,sur une superficie de plus de 2 000 hectares (20 millions de m²) le long de 7,2 km de littoral. Ces infrastructures comprennent des complexes résidentiels de luxe, des marinas internationales, des terrains de golf, des hôtels, ainsi que des établissements éducatifs et gouvernementaux. L’accord ne se limite pas au paiement initial pour le terrain. Il repose sur un partenariat stratégique entre l’Autorité égyptienne des nouvelles communautés urbaines (NUCA) et la société Qatari Diar. La tranche de 3,5 milliards $ reçue en décembre 2025 correspond à la valeur du terrain et constitue un investissement direct étranger (IDE). L’Égypte recevra des unités résidentielles d’une valeur de 1,8 milliard de dollars lors de leur vente et percevra 15 % des bénéfices nets du projet une fois que les coûts d’investissement auront été récupérés par le Qatar.

Contexte Stratégique

Ce projet s’inscrit dans la lignée de l’engagement de 7,5 milliards de dollars pris par le Qatar envers l’Égypte pour soutenir son économie. Il fait suite à d’autres investissements massifs dans la région, comme le projet émirati de Ras Al-Hekma, et vise à attirer les devises étrangères tout en créant, selon les estimations, environ 250 000 emplois.

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