dimanche 22 février 2026
Accueil Blog Page 13

Chronique- Industrie du loisir et de l’amusement, un gisement d’opportunités

Pour les pays africains, l’industrie du loisir et de l’amusement, en plein essor à l’échelle mondiale, représente une manne potentielle considérable. En capitalisant sur leur richesse culturelle, leur jeunesse et leur dynamisme économique croissant, ces nations peuvent transformer ce secteur en un véritable moteur de développement socio-économique.

Pour conforter ses populations, l’Afrique dispose de pistes quasi-naturelles, à condition de lutter contre la multiplication d’agences budgétivores, la déforestation… Grand est mon étonnement, lorsque j’entends des économies à plus de 80% informelles, dans cette partie du monde ! Dans l’industrie du loisir et de l’amusement (Entertainment), les bénéfices potentiels sont multiples et variés pour nos pays à populations jeunes, évoluant dans des espaces environnementaux, socio-culturels riches. Ils vont de la création d’emplois à la diversification économique, en passant par le renforcement de l’attractivité touristique et la promotion du patrimoine culturel. En effet, les chantiers peuvent aller du développement de parcs à thème, valorisant l’histoire et les contes africains, au soutien à l’industrie cinématographique et de la musique pour créer des produits culturels attractifs, jusqu’à la création de circuits touristiques, mettant en avant l’artisanat local et les traditions villageoises, l’organisation de festivals internationaux de musique, de danse, de cinéma, ou de sports, l’investissement dans l’écotourisme, en protégeant les zones naturelles et en formant des guides locaux. Bien entendu, de tels événements et activités doivent être sûrs et encadrés pour respecter les us et coutumes locaux. Il n’est pas question de rave-parties où les participants squattent des terrains privés et oublient leurs prénoms à la fin !!! Parmi les autres défis à relever, il faut noter le financement, les infrastructures (routes, transports, énergie, connectivité internet…) et la formation.

Un moteur de croissance et de développement durable

Avec une vision stratégique, des politiques de soutien adéquates et une collaboration entre les secteurs public et privé, l’industrie du loisir et de l’amusement peut devenir un moteur de croissance et de développement durable pour les pays africains.

Voici un secteur permettant la diversification économique et la création d’emplois. Le développement du secteur peut effectivement diversifier les économies africaines, souvent trop tributaires de l’exportation de ressources naturelles. De la gestion hôtelière à l’animation de parcs de loisirs, en passant par la restauration et l’artisanat local, l’industrie du loisir génère un large éventail d’opportunités d’emplois pour différentes qualifications. Pour formaliser la masse d’informels et élargir l’assiette fiscale, l’Entertainment encourage la création de petites et moyennes entreprises (PME), de TPME, voire d’Auto-Entrepreneurs, dans des domaines connexes, comme les services touristiques, la production de souvenirs, ou l’organisation d’événements.

En termes de valorisation du patrimoine culturel et naturel, c’est une occasion rêvée de mettre en avant la richesse africaine. Nombre de pays africains peuvent développer des attractions, basées sur leur histoire, leurs traditions, leur musique, leur artisanat, et leur biodiversité unique. Cela permet de préserver et de promouvoir une identité culturelle, adaptée au monde moderne. Des combats de lutte au Sénégal, sans certains kharfakhuffas (gris-gris) terrifiants ou qui détonnent, seraient très porteurs !

A lire aussi: Chronique- Absorber l’afflux d’emplois jeunes et femmes en Afrique

En investissant dans des éco-lodges, des circuits de découverte de la faune et de la flore, et des expériences culturelles immersives, l’Afrique peut attirer un tourisme durable et à forte valeur ajoutée.

Les préalables infrastructures, formation…

Dans la niche festivals, foires artisanales, rencontres culturelles et événements sportifs, le soutien étatique peut dynamiser les économies locales et attirer des visiteurs nationaux et internationaux.

Comme je viens de le souligner plus haut, les investissements dans les transports, l’hébergement, les communications, et les infrastructures de loisirs (parcs, musées, centres culturels) sont indispensables. Aussi, il est crucial d’investir dans la formation du personnel dans les domaines de l’hôtellerie, de la gestion de sites touristiques, de l’animation, de la sécurité, et de la conservation. A mon sens, il faudra un savant mix entre le haut de gamme et le rustique, avec plus de penchant vers un rustique détenu par les locaux, au début des programmes de développement touristique. En outre, le secteur public, tout comme le privé se doivent d’ériger parcs publics, centres de loisirs, et autres lieux culturels qui contribuent au bien-être des citoyens.

Dans tout ce processus, il reste important de capaciter les populations locales formées qui exploitent eux-mêmes leurs espaces au lieu de les louer à vils prix à des spéculateurs pressés de les revendre et brouiller les pistes d’appropriation. Les marchés et lots de boutiques bien achalandées autour des sites de tourisme et de loisirs, sécurisés par des commissariats discrets et une inspection du tourisme en civil, restent nécessaires.

Chronique- In Memoriam Bob Marley, les leçons économiques d’un sage

Robert Nesta Marley, alias Bob, lead vocal des Wailers, a disparu depuis le 11 mai 1981. D’outre-tombe, ses recommandations nous parviennent toujours pour nous réconcilier avec notre passé, nous ragaillardir et emprunter sans haine ni frustration, la voie du progrès.

Un lundi matin, de ce mois de mai, il y a 44 ans, jour pour jour, la nouvelle tomba raide comme un couperet, le roi du Reggae, Bob Marley, venait de nous quitter, à la fleur de l’âge. Il était alors âgé d’à peine 36 ans ! Roi du reggae, c’est un qualificatif trop réducteur pour ce géant jamaïcain de la musique qui fut à la fois un sage, un professeur, un exemple de courage, un chantre de l’amour (No Woman, No Cry), un mentor…

Très pédagogue, Bob s’adressait directement à nous ! « Ce que la vie m’a appris, je le partagerai avec ceux qui veulent apprendre » était son leitmotiv. Je trouve extraordinaire que son discours est d’une acuité qui dépasse l’entendement. Si nombre de ses messages étaient destinés à la jeunesse du monde, il n’en demeure pas moins qu’il interpellait le monde entier (no regard to race, sans distinction de races).

Des stratégies de développement, toutes tracées

Son fameux refrain « If you listen carefully now, you’ll hear », pour « Si vous écoutez attentivement, vous entendrez », est devenu un classique dans nombre de familles, traduit litteralement par « Celui qui n’entend pas, verra » ! Dans son album « Uprising », le « Soulèvement », le Sage de Kingston nous interroge directement « Why do you look so sad and forsaken ?… pour « Pourquoi as-tu l’air si triste et hagard ? ». Cet optimiste hors pair rappelait « When one door is closed, another is opened », pour « Quand une porte est fermée, une autre s’ouvre ». Dans cet album où il chante l’amour (Could You beloved, Forever Loving Jah… ce soldat de la paix universelle appelle aussi à la résilience et l’attachement à son passé historique. La chanson culte « Redemption Song » qui est une injonction qui perdure, plus qu’une complainte, avec le fameux « Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can’t free our minds », « Émancipons-nous de l’esclavage mental, personne d’autre que nous-mêmes ne peut libérer notre esprit », en est l’illustration. Ce tube planétaire qui se termine sur une note inachevée, nous nourrit de courage et nous gonfle d’espoir. Réécouter « Have no fear for atomic energy, none of them can’t stop the time », « Ne craignez pas l’énergie atomique, aucune d’entre elles ne peut arrêter le temps », peut ragaillardir n’importe quel sceptique. Tout au long de sa carrière musicale, Bob Marley n’a cessé de nous interpeller à l’engagement au développement durable, au travail, à la résilience et à une fierté recouvrée !

Se réconcilier avec son patrimoine socio-culturel pour triompher

Ayant fait un diagnostic sans complaisance du système (No chains around my feet, but I’m not free », « Pas de chaînes autour de mes pieds, mais je ne suis pas libre »), il nous incite à lui résister. Dans One drop, qui figure sur l’album Survival (illustré par une image d’une cinquantaine de drapeaux Africains, barrée du plan d’un bateau négrier du commerce de la honte), il nous suggère « Resisting against the system… We no want no devil philosophy… Resisting against ism and skism », « Résister au système… Nous ne voulons pas de philosophie du diable… Résister aux ismes et aux anticonformistes ». Un discours importantissime pour une jeunesse qui compte relever les défis de la souveraineté, du développement économique inclusif. Justement dans Babylon System, qui figure sur cet album, Bob Marley attire l’attention sur un groupe de faux dévots et vampires qui ne sont intéressés que par leurs profits, en dépit des maisons de culte et écoles construites… « Babylon system is a vampire, sucking the blood of the sufferers, building churches and universities… Le système babylonien est un vampire, suçant le sang des malades, construisant des églises et des universités… » Face à de tels fléaux, Bob a plaidé un Jour nouveau, « A New Day » sans « Rat race ou Course de rats », mais aussi l’Unité africaine « Africa Unite », pour éviter les querelles et réunifier les familles séparées, depuis les razzias jusqu’à la Conférence de Berlin 1884-1885, « No more trouble ». Par ses hymnes de la Victoire dans « Positive Vibration », Zimbabwe … il clame « Everyone got a right to decide his own destiny », pour « Chacun a le droit de décider de son propre destin », « I don’t want my people to be tricked by mercenaries » pour « Je ne veux pas que mon peuple soit trompé par des mercenaires », ou encore dans Who That cap fit «Who Jah bless, no one curse », pour « Celui que Dieu bénit, personne ne peut nuire », il continue de retracer des stratégies gagnantes et de l’espoir pour un développement durable et inclusif en Afrique et à travers le monde.

Aujourd’hui, le monde se remémore un géant, un humaniste qui a su tracer une voie à suivre pour le salut de l’humanité, à travers sa musique, très en phase avec son discours. Nous en avons compulsé une toute petite partie.   

Bourse de Casablanca- La Société Gestionnaire du Marché à Terme (SGMAT) étrenne son visa AMMC

La Société Gestionnaire du Marché à Terme vient d’annoncer que l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a visé le document d’information relatif au premier instrument à terme, listé au Maroc. La BC poursuit ses innovations.

Le dynamisme du marché financier marocain se passe de commentaires. Fidèle à sa mission d’enrichir, de manière continue l’offre de produits et services, de développer et de déployer une stratégie globale commune aux différentes composantes du marché boursier, d’en développer l’infrastructure, de contribuer à son développement et de gérer des entités consécutives de l’infrastructure relevant de la Holding, la BC introduit une innovation de taille.

Avec le visa de l’AMMC en poche, la SGMAT va déployer un nouvel instrument. Il s’agit d’un contrat à terme ferme sur l’indice MASI 20. C’est un produit financier innovant, standardisé et conforme aux normes internationales, relève-t-on dans un communiqué qui nous est parvenu. Cet instrument à terme, premier du genre à être listé au Maroc, porte sur l’achat et la vente fermes à terme de l’indice boursier MASI 20. Pour rappel, cet indice reflète la performance des 20 entreprises les plus liquides, parmi les 40 plus grandes capitalisations flottantes de la Bourse de Casablanca (BC).

A lire aussi: AFIS 2024- Le gotha de la finance africaine se donne rendez-vous à Casablanca

Parmi les principales caractéristiques du contrat, une taille de 10 MAD par point d’indice, un dépôt de garantie initial de 1 000 MAD, un cycle de négociation en continu par point d’indice, des échéances trimestrielles (mars, juin, septembre, décembre) et un mode de dénouement en espèces.

Un outil performant

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la volonté de dynamiser le marché financier marocain en offrant aux investisseurs un outil performant pour la gestion du risque et la diversification de leurs portefeuilles, note-t-on du côté de la BC.

Rappelons que la Bourse de Casablanca, créée en 1929, se positionne aujourd’hui parmi les principales places en Afrique. Elle exerce sous la tutelle du Ministère marocain de l’Economie et des Finances, dans le cadre d’un cahier des charges. À fin 2024, elle comptait 77 sociétés cotées et sa capitalisation boursière a atteint près de 752,4 milliards de MAD. Depuis quelques années, elle a renforcé son ouverture sur les places financières africaines, ainsi que ses relations avec les opérateurs du continent.

Sénégal- Vote de résolutions d’accusation de 5 ex-ministres pour être traduits devant la Haute Cour de Justice

L’Assemblée nationale du Sénégal a voté, par une écrasante majorité, des résolutions, ce jeudi 8 mai 2025, pour accuser cinq anciens ministres du régime de l’ex-président Macky Sall et les traduire devant la Haute Cour de justice.

Le Sénégal vient de poser aujourd’hui un jalon imoortant dans la lutte contre la corruption et la concussion. C’est une étape importante dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance qui est en train d’être franchie dans ce pays. En effet, l’Assemblée nationale du Sénégal a voté, jeudi 8 mai 2025, une résolution pour accuser cinq anciens ministres du régime de l’ex-président Macky Sall et les traduire devant la Haute Cour de justice.

Cette décision fait suite à la reddition des comptes et à un rapport de la Cour des comptes de 2023 qui a mis en lumière des irrégularités diverses dans la gestion des fonds publics, surtout du Fonds Force Covid de 1000 milliards f cfa, soit 1,5 milliard €, financé par l’Etat Sénégalais, des bailleurs et le citoyen lambda. Le parquet financier de Dakar avait annoncé, en avril, sa volonté de poursuivre plusieurs personnalités, dont d’anciens ministres.

La Haute Cour de justice est une juridiction spéciale au Sénégal compétente pour juger le Président de la République et les membres du gouvernement pour des crimes ou délits, commis dans l’exercice de leurs fonctions. A noter que cette affaire, soulevée sous l’ancien régime du Président Macky Sall, marque une étape importante dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance au Sénégal.

Face aux Juges de la Haute Cour de justice

La prochaine étape sera l’instruction du dossier par la Haute Cour de justice, qui devra vérifier les charges retenues à l’encontre des anciens ministres, dans le respect des droits de la défense.

Dans le détail, voici le résultat des votes pour les résolutions d’accusation des 05 ex-ministres devant être jugés devant la Haute Cour de Justice:

  • – Sur M. Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel: 117 voix POUR- 08 CONTRE- 01 ABSTENTION sur 165 députés
  • – Sur M. Amadou Mansour Faye, ex-ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement : 116 voix POUR- 10 CONTRE- 00 ABSTENTION sur 165 députés
  • – sur Mme Sophie Gladima, ex-ministre du Pétrole et des mines: 118 voix POUR- 07 CONTRE- 02 ABSTENTIONS sur 165 députés
  • – Sur M. Ismaïla Madior Fall, Ex-ministre de la Justice, Garde des Sceaux: 117 voix POUR- 08 CONTRE- 02 ABSTENTIONS sur 165 députés
  • – et sur Mme Ndèye Salimata Diop Dieng, ex-ministre de la Femme, du genre et de la protection des enfants: 115 voix POUR- 10 CONTRE- 01 ABSTENTION sur 165 députés

Chronique- Ressources naturelles, fin des arbitrages d’exploitation

Mines de fer, de manganèse, d’or, de phosphates… quels sont les avantages d’une exploitation minière endogène en Afrique au sud du Sahara, par rapport à des partenariats budgétivores et dont la répartition des bénéfices est incertaine ?

L’ambition est un puissant levier. Une exploitation endogène des ressources minières en Afrique au sud du Sahara offre des perspectives de gains économiques et de développement importants. Toutefois, sa réussite dépendra de la capacité des pays (secteurs Public et Privé) à mobiliser les investissements nécessaires, à développer l’expertise locale, à améliorer les infrastructures et à garantir une gestion transparente et responsable du secteur. Le libéralisme le plus rétrograde n’impose pas de brader les bijoux de famille !

Dans cette région, l’exploitation des mines de fer, de manganèse, d’or et de phosphates, par des acteurs locaux, pourrait générer des bénéfices considérables.

Contrairement aux partenariats où une part importante des bénéfices peut être transférée à l’étranger, une exploitation endogène permettrait de réinvestir les gains dans l’économie locale, favorisant le développement et la création de richesse au sein du pays.

Une gestion nationale des mines privilégierait l’embauche de main-d’œuvre locale, contribuant à réduire le chômage et à développer les compétences au sein de la population.

Développement industriel et renforcement de la souveraineté

Un autre atout et non des moindres a trait au fait quel’exploitation endogène pourrait stimuler la mise en place d’industries de transformation des matières premières sur place, augmentant la valeur ajoutée des ressources et diversifiant l’économie.

La maîtrise de ses ressources naturelles est un pilier de la souveraineté d’un État. Une exploitation endogène renforcerait l’autonomie des pays d’Afrique au sud du Sahara dans leurs décisions économiques et stratégiques.

A lire aussi: exploitation minière en Afrique

Des entreprises nationales, publiques, gérées de façon autonome, ou privées, seraient potentiellement plus sensibles aux besoins des communautés locales et plus enclines à mettre en œuvre des pratiques d’exploitation responsables sur les plans social et environnemental.

Des challenges à emporter

Les défis à relever pour une exploitation minière endogène réussie en Afrique au sud du Sahara restent importants. Les besoins en investissements étaient massifs. Pendant longtemps, le secteur minier a requis des capitaux considérables pour l’exploration, l’extraction et la transformation.  Avant certains de ces pays n’avaient pas toujours les ressources financières nécessaires. Aujourd’hui, avec l’avènement de nano-usines, il est possible de contourner cette entrave.

A cela s’ajoutel’exploitation minière moderne qui exige des compétences pointues en géologie, en ingénierie minière, en métallurgie, etc., qui peuvent faire défaut localement.

En termes de défis infrastructurels, souvent, les zones minières sont éloignées et manquent d’infrastructures de transport (routes, chemins de fer, ports), d’énergie et de communication adéquates.

Mais de notre point de vue, l’un des plus gros handicaps a trait aux risques de mauvaise gouvernance et de corruption. Une gestion opaque du secteur minier par des acteurs décideurs politiques nationaux pourrait entraîner des problèmes de corruption et de détournement de fonds, limitant les retombées positives pour la population.

Vivement qu’on se débarrasse de gouvernants qui préfèrent des bunkers remplis de devises et de lingots chez eux que de places fortes dans nos banques centrales remplies de lingots raffinés sur place.

Phosphates du Sénégal

Si nous prenons l’exemple du Sénégal dans l’exploitation du phosphate. Avec les Industries chimiques du Sénégal (ICS) et Senchim, ce pays possède déjà une expérience significative dans l’exploitation de ses ressources minières, notamment la filière des phosphates qui a réussi une transformation jusqu’aux dérivés phosphatés et à l’acide phosphorique. L’extension de cette expertise à d’autres minerais pourrait être une voie prometteuse pour renforcer l’économie nationale. Aujourd’hui le Sénégal n’a besoin de personne pour exploiter son phosphate qui, rappelons-le, affleure par endroits !

Les partenariats avec des entreprises étrangères peuvent apporter des solutions à certains de ces défis, en termes de financement, de technologie et d’accès aux marchés mondiaux. Néanmoins, il est crucial que ces partenariats soient transparents, équitables et bénéficient réellement aux pays africains, en évitant les accords qui favorisent excessivement les intérêts des partenaires étrangers au détriment du développement local. En effet, une approche stratégique pourrait consister à développer progressivement les capacités nationales, tout en sélectionnant des partenariats bénéfiques et bien encadrés. Surtout ne pas perdre de vue que les Etats n’ont pas d’amis, mais plutôt des intérêts !

Tech : la RDC se rétracte et accorde une licence à Starlink

iliale de SpaceX, le fournisseur d'accès internet par satellite étend rapidement ses services sur le continent et est présent dans plus d'une douzaine de pays. (Crédit : Starlink).

La République démocratique du Congo a annoncé vendredi être le dernier pays africain en date à accorder une licence à Starlink, la société du milliardaire Elon Musk, et que l’entreprise commencerait bientôt ses activités.

La RDC revient sur sa décision initiale et accordde une licence à Starlink.  Filiale de SpaceX, le fournisseur d’accès internet par satellite étend rapidement ses services sur le continent et est présent dans plus d’une douzaine de pays. La Somalie et le Lesotho lui ont accordé des licences en avril. Le Congo, déchiré par la guerre, a une faible connectivité, avec seulement environ 30 % de la population utilisant Internet en 2023, selon l’Union internationale des télécommunications. Le gouvernement avait auparavant refusé d’autoriser l’accès à Starlink, des responsables militaires avertissant que ce réseau pourrait être utilisé par des groupes rebelles, notamment le M23, soutenu par le Rwanda, qui a conquis plus de territoire que jamais dans l’est du pays cette année.

A lire aussi : Investissements : la RDC cible 1,5 milliard US d’autofinancement du budget 2024

En mars 2024, l’Autorité congolaise de régulation des postes et télécommunications (ACPT) a déclaré que l’utilisation de Starlink était interdite et que les contrevenants s’exposeraient à des sanctions. La même entité a annoncé vendredi que l’entreprise avait obtenu une licence et qu’elle « procéderait au lancement de ses services dans les prochains jours », selon des informations relayées par Reuters. Starlink cherche également à s’implanter en Ouganda voisin. Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré mardi avoir eu une réunion productive avec des représentants de Starlink.

Perspectives : la Banque mondiale anticipe une baisse des prix des matières premières à un niveau record

Une plus grande rigueur budgétaire sera essentielle pour que les marchés intermédiaires puissent réaliser leur plein potentiel dans les années à venir. (Crédit : DR).

Selon les dernières Perspectives des marchés des matières premières de la Banque mondiale, le ralentissement de la croissance économique coïncide avec une offre pétrolière abondante, ce qui devrait entraîner une chute des prix mondiaux des matières premières à leur plus bas niveau des années 2020. Ce déclin pourrait atténuer les risques d’inflation à court terme liés à la hausse des barrières commerciales, mais il pourrait également entraver les perspectives de progrès économique dans deux économies en développement sur trois.

Les prix mondiaux des matières premières devraient chuter de 12 % en 2025, puis de 5 % supplémentaires en 2026, pour atteindre des niveaux jamais observés depuis 2020. En termes nominaux, les prix resteraient supérieurs à ce qu’ils étaient avant le début de la pandémie. Corrigés de l’inflation, ils devraient toutefois tomber pour la première fois sous la moyenne de 2015 à 2019. Cela marquerait la fin d’un boom alimenté par le rebond de l’économie mondiale après la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. L’affaiblissement des perspectives de croissance constitue le dernier choc en date à frapper l’économie mondiale dans une décennie qui s’avère extraordinairement tumultueuse pour les marchés des matières premières. La volatilité des prix des matières premières a été plus élevée que lors de toute décennie précédente depuis au moins les années 1970. Il reste à voir si cela marque le début d’une ère plus turbulente pour les marchés des matières premières, selon la Banque Mondiale. Mais la conjonction des tensions commerciales, des conflits, des risques géopolitiques et des fréquents chocs climatiques rend cette éventualité plus probable.

« La hausse des prix des matières premières a été une aubaine pour de nombreuses économies en développement, dont les deux tiers sont exportateurs de matières premières », a déclaré Indermit Gill, économiste en chef et vice-président principal pour l’économie du développement du Groupe de la Banque mondiale.

« Mais nous assistons actuellement à la plus forte volatilité des prix depuis plus de 50 ans. La combinaison d’une forte volatilité et de prix bas est source de difficultés. Les économies en développement devront prendre trois mesures pour se protéger : premièrement, rétablir la discipline budgétaire ; deuxièmement, créer un environnement plus propice aux affaires pour attirer les capitaux privés ; troisièmement, libéraliser les échanges partout où l’opportunité se présente. »

Les prix mondiaux des matières premières sont en baisse depuis 2023, contribuant à contenir l’inflation globale à l’échelle mondiale. Par exemple, la flambée des prix de l’énergie a ajouté plus de 2 points de pourcentage à l’inflation mondiale en 2022. En 2023 et 2024, cependant, la baisse des prix de l’énergie a contribué à réduire l’inflation. Cette tendance à la baisse des prix de l’énergie devrait s’intensifier cette année, atténuant potentiellement certains des effets sur les prix de la hausse des droits de douane dans les grandes économies. Les prix de l’énergie devraient baisser de 17 % cette année pour atteindre leur plus bas niveau en cinq ans, avant de chuter de 6 % supplémentaires en 2026. Les prix du pétrole brut Brent devraient s’établir en moyenne à seulement 64 dollars le baril en 2025, soit une baisse de 17 dollars par rapport à 2024, et à seulement 60 dollars en 2026. Les prix du charbon devraient chuter de 27 % cette année et de 5 % supplémentaires en 2026, à mesure que la croissance de la consommation de charbon pour la production d’électricité dans les économies en développement ralentit. Ces perspectives reflètent les prévisions d’une croissance économique plus faible ainsi qu’un ralentissement à long terme de la demande mondiale de pétrole. En 2025, l’offre mondiale de pétrole devrait dépasser la demande de 0,7 million de barils par jour. L’adoption rapide des véhicules électriques a également freiné la demande : en Chine, premier marché automobile mondial, plus de 40 % des voitures neuves achetées l’année dernière étaient des véhicules à batterie ou hybrides. C’est près de trois fois la part de 2021.

A lire aussi : Chronique : les marchés des matières premières face à la double crise palestienne et ukrainienne

Les prix des denrées alimentaires devraient également reculer, de 7 % en 2025 et de 1 % supplémentaire en 2026. Malgré cela, les Nations Unies estiment que l’insécurité alimentaire aiguë dans certaines des régions les plus touchées du monde s’intensifiera cette année, touchant 170 millions de personnes dans 22 économies extrêmement vulnérables. La baisse des prix des denrées alimentaires devrait soutenir les efforts humanitaires, notamment dans un contexte de réduction des financements humanitaires. Mais elle ne s’attaquera pas aux causes profondes de la faim aiguë, qui trouvent en grande partie leur origine dans les conflits.

A lire aussi : Nigéria : prêt de 500 millions de la Banque Mondiale

Le prix moyen de l’or, un choix populaire pour les investisseurs en quête de « refuge », devrait atteindre un nouveau record cette année avant de se stabiliser en 2026. L’or occupe une place particulière parmi les actifs, son prix augmentant souvent en période d’incertitude géopolitique et politique, notamment en cas de conflit. Au cours des deux prochaines années, le prix de l’or devrait rester supérieur d’environ 150 % à la moyenne des cinq années précédant la pandémie de COVID-19. En revanche, le prix des métaux industriels devrait chuter en 2025-26, la demande s’affaiblissant dans un contexte de tensions commerciales croissantes et de faible activité persistante dans le secteur immobilier chinois. Une section spéciale du rapport révèle que les cycles d’expansion et de récession des prix des matières premières sont devenus particulièrement intenses dans les années 2020. Ces cycles prononcés peuvent nuire à la discipline budgétaire et à la croissance économique à long terme de ces économies. Depuis 1970, la durée moyenne de ces cycles a été d’environ quatre ans, les récessions durant un peu plus longtemps que les expansions, selon l’analyse. Entre 2020 et 2024, la durée a toutefois été réduite de moitié.

Mali : les sous-traitants victimes collatérales du litige avec Barrick Gold

Photo : Mine d'or au Mali (Crédit : DR)

Au Mali les sous-traitants de Barrick Gold au Mali licencient du personnel en raison du conflit qui l’oppose à l’Etat. Des centaines d’emplois liés à l’industrie minière sont ainsi menacés.

L’incertitude continue d’entourer les activités de Barrick à Loulo-Gounkoto au Mali. Un climat d’incertitude qui plombe l’activités des sous-traitant de ce secteur minier. Selon des informations diffusées par Reuters, au moins quatre sous-traitants employant plusieurs centaines de personnes au sein du complexe minier de Barrick Gold au Mali licencient à la suite d’un conflit qui oppose depuis deux ans le mineur canadien à l’État.

A lire aussi :Mali- Korali-Sud devient une grande Mine

Certains sous-traitants ont déclaré n’avoir reçu aucun paiement de Barrick depuis des mois. Ces licenciements indiquent que le conflit entre le deuxième producteur d’or mondial et le Mali reste toujours sans solution. Les activités du complexe Loulo-Gounkoto de Barrick, une source majeure de production d’or pour l’entreprise canadienne et la plus grande exploitation minière du Mali, sont suspendues. Et ce, depuis que le gouvernement lui a saisi environ 3 tonnes de stock d’or du minier, l’accusant de faillir à ses obligations fiscales. Le gouvernement malien, arrivé au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021 et ayant introduit un nouveau code minier en 2023, bloquait les exportations d’or de l’entreprise depuis début novembre. La filiale locale de Boart Longyear, BLY Mali, a annoncé dans une lettre datée de vendredi la liquidation de l’entreprise suite à la suspension de son contrat avec Barrick le 25 janvier, qui, selon elle, « a placé BLY dans une situation irrémédiablement compromise ».

Chronique- D’abord semer les graines de la vente

La vente d’une production de qualité n’est pas une simple étape consécutive à la production, mais bien le pilier fondamental sur lequel repose toute initiative agricole réussie. Une analyse rigoureuse des marchés potentiels, la compréhension des exigences des acheteurs et la mise en place de stratégies de commercialisation efficaces doivent précéder tout investissement dans la production.

En amont de tout projet agricole, il y a les débouchés à déterminer ! Cette approche proactive permet de minimiser les risques, d’optimiser la rentabilité et d’assurer la viabilité à long terme de l’entreprise agricole. En d’autres termes, pour cultiver le succès, il faut d’abord semer les graines de la vente. Un schéma similaire m’amène à soutenir que LA VENTE DOIT PRÉCÉDER LA PRODUCTION.

Trop souvent, l’enthousiasme initial d’un projet agricole se concentre sur la production elle-même. Face à une demande importante et mal satisfaite, le souci d’autosuffisance alimentaire doublée d’une substitution des importations par une production locale, nous poussent à mettre le paquet sur la sélection des semences, les techniques de culture, l’optimisation des rendements… Pourtant, négliger la question fondamentale de la commercialisation de cette future production revient à construire une maison sans porte de sortie.

Analyse approfondie des débouchés commerciaux potentiels

Avant d’investir temps, énergie et ressources financières dans la terre, une analyse approfondie des débouchés commerciaux potentiels s’avère non seulement judicieuse, mais absolument essentielle pour la pérennité de toute initiative agricole.

A mon avis, le premier poste sur lequel insister doit être l’identification des Besoins du Marché. Comprendre les demandes spécifiques des consommateurs, des grossistes, des transformateurs ou des marchés locaux est en effet la première étape. Quels types de produits sont recherchés ? Quelles sont les exigences, Un certain nombre de questions doit être posée, en termes de qualité, de quantité, de conditionnement et de calendrier de livraison ? Cette connaissance précise permet d’orienter les choix de production vers des cultures ou des élevages réellement demandés, évitant ainsi le risque de se retrouver avec des invendus.

L’étape suivante doit être centrée sur l’étude du marché. Elle permettra d’évaluer les prix pratiqués et d’estimer le potentiel de revenus. Sans cette information, il est impossible de déterminer si l’entreprise agricole sera viable financièrement. Connaître les prix potentiels aide à établir un budget réaliste, à anticiper les coûts de production et à s’assurer d’une marge bénéficiaire suffisante pour assurer la pérennité de l’exploitation.

A lire aussi: Souveraineté alimentaire en Afrique

Tertio, il s’agira d’identifier et sécuriser les canaux de distribution. Avant la récolte, cette étape  reste cruciale. Cela peut impliquer la négociation de contrats avec des acheteurs, la mise en place d’un système de vente directe, l’adhésion à des coopératives ou l’exploration de marchés en ligne. Un réseau de distribution fiable et efficace garantit que la production pourra être écoulée dans des délais raisonnables et à des conditions avantageuses.

Adaptation de la Production aux Exigences de Qualité

Les attentes en matière de qualité varient considérablement, selon les marchés. En dépit des efforts et engagements de nos pays, en termes de Contribution Déterminée au Niveau National (CDN), visant une réduction des émissions de GES (Gaz à effets de serre), les manques à gagner sur certaines zones d’exportation peuvent être importants. Les critères d’entrée dans ces marchés comprennent des exigences en amont, telles que calibre, aspect, absence de défauts, certifications, etc. L’agriculteur peut adapter ses pratiques de production pour y répondre. Investir dans la qualité, dès le départ, augmente considérablement les chances de trouver des acheteurs et d’obtenir de meilleurs prix.

D’un commun accord avec le secteur privé, l’Etat peut harmoniser la mise en œuvre de plans de décarbonation, notamment pour répondre au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’UE, qui impose une taxe carbone sur les importations.

Une autre étape non moins importante consiste en la minimisation des risques et des pertes. Produire sans avoir de débouchés clairs expose l’exploitant agricole à des risques importants.  Des invendus, la détérioration des produits et récoltes, des fluctuations de prix défavorables … peuvent être le lot d’un planning bâclé. Une stratégie de vente bien définie permet d’anticiper ces problèmes et de mettre en place des solutions pour les atténuer, réduisant ainsi les pertes financières.

Conséquences d’une négligence de la vente

Ne pas tenir compte de la finalité de toute production, à savoir la vente peut aboutir à une accumulation de stocks et aboutir à du gaspillage.Une production abondante sans marché pour l’absorber conduit inévitablement à des pertes importantes, singulièrement si une industrie de transformation, un stockage adéquat respectant la chaîne du froid, des marchés de gros, une bourse de produits agricoles, des halles modernes… font défaut.

L’incapacité à vendre la production se traduit par un manque de revenus, rendant difficile le remboursement des investissements et la pérennisation de l’activité. La résultante serait des difficultés financières et un surendettement, surtout en cas d’absences d’assurance agricole.

De mon point de vue, l’effet le plus déplorable serait le découragement et l’abandon. Il paraît évident que face aux pertes et à l’incertitude, l’agriculteur peut se décourager et être contraint d’abandonner son projet.

Sénégal : poursuites judiciaires pour malversations dans le fonds Covid-19

ls sont une trentaine à être convoqués par la justice la semaine dernière, pour aider à démêler le scandale politico-judiciaire de la gestion jugée frauduleuse du fonds Covid-19 au Sénégal.

Au Sénégal, les nouvelles autorités qui ont fait de la transparence une promesse électorale, procèdent aux premières poursuites judiciaires pour malversations dans le cadre de la gestion du fonds Covid-19.  Hauts fonctionnaires, artistes, animateurs et anciens ministres sont en lice.

Ils sont une trentaine à être convoqués par la justice la semaine dernière, pour aider à démêler le scandale politico-judiciaire de la gestion jugée frauduleuse du fonds Covid-19 au Sénégal. Cinq anciens ministres du gouvernement de l’ex-président Macky Sall sont désormais dans le viseur de la justice. Ces derniers sont parmi une liste de trente personnalités du show-business, du sport, de la politique. Des centaines de millions de Fcfa soit plusieurs dizaines de milliers d’euros ont été remis à des animateurs, artistes, sportifs ou communicateurs traditionnels, considérés comme des relais communautaires pour redistribuer et faire passer le message, de la prévention et des mesures d’hygiène à adoptées, auprès des couches populaires où ils ont une forte audience.

Un dossier lancé sous Macky Sall

Baptisé « Force Covid-19″, ce fonds, financé par l’Etat sénégalais et des bailleurs pour un montant de 1.000 milliards FCFA (1,5 milliard d’euros) sous l’ancien président Macky Sall, était notamment destiné à renforcer le système sanitaire, à soutenir les ménages, le secteur privé et à maintenir les emplois. Dans un rapport d’audit publié en décembre 2022, la Cour des comptes a relevé plusieurs irrégularités dans la gestion de ce fonds. Il s’agit notamment des surfacturations à hauteur de 2,7 milliards de francs CFA (4,1 millions d’euros) dans l’achat de riz destiné aux ménages défavorisés et d’un montant de 42 millions de francs CFA (environ 60.000 euros) pour l’acquisition de gel hydro-alcoolique. Ils sont poursuivis pour « détournement de deniers publics, escroquerie, concussion et corruption », déclaré le procureur à la presse. En riposte, les partisans de l’ancien régime dénoncent une chasse aux sorcières initiée par le régime populiste du PASTEF à cours d’idées et de compétences, face aux Sénégalais de plus en plus impatients de voir les nombreuses promesses électorales se réaliser.

A lire aussi : Maroc -Sénégal code de la famille

Africa leadership