dimanche 22 février 2026
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Energie : Kowry Energy se déploie en Afrique de l’Ouest

(Crédit : Dr).

Kowry Energy met en service des systèmes d’énergie solaire décentralisés au Sénégal, Nigéria et Mali. 16 mois après la création de l’entreprise, le fournisseur, spécialisé dans l’accès en énergie pour l’Afrique subsaharienne, démarre effectivement quatre systèmes d’énergie solaire décentralisés dans les trois pays.  

Kowry Energy fournit des systèmes d’énergie hybrides destiné au renforcement et à l’autonomisation des communautés et des entreprises. L’analyse des données fournies par ces systèmes numérisés permettent de fournir des solutions visant à stimuler la demande pour accélérer la croissance des économies locales. Ces projets mis en service sont les premiers d’un ensemble de portefeuilles dans chaque pays, qui seront livrés au cours des trois prochaines années.

Au Sénégal, Kowry Energy a conçu un système d’énergie solaire photovoltaïque décentralisé de 10 kWp avec stockage par batterie pour Sud Solar Systems. Le système électrifie deux bâtiments publics et sept micro-entreprises dans la communauté de Bani au sud du Sénégal avec une électricité verte et abordable. Il a été conçu pour soutenir les activités génératrices de revenus tout en dynamisant le potentiel économique de la communauté. Au Mali voisin, à Djine, Kowry Energy a conçu un mini-réseau de 69 kWp. Lequel permet de stocker sur batterie et un générateur de secours pour Access Energie. Djine est un pôle agricole dans la zone cotonnière du Mali, Le projet permettra de fournir une électricité fiable à 3 000 résidents, 40 micro-entreprises et dix bâtiments publics.

« Les pays d’Afrique ont réussi à surmonter la pandémie et doivent à présent faire face à l’incertitude et aux défis posés par le changement climatique, l’insécurité alimentaire. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos clients pour supprimer l’obstacle majeur qui entrave la croissance des entreprises dans les communautés qu’ils desservent », a déclaré Ndiarka Mbodji, PDG et Fondatrice de Kowry Energy,

Au Nigéria, pour son client Proserve Energy Services, Kowry Energy a conçu deux systèmes d’énergie solaire photovoltaïque de 286 kWp. Ils sont destinés à une usine de recyclage de matières plastiques et une usine de transformation alimentaire à Abuja. Ce qui remplace respectivement plus de 50 % et 95% de leur demande fourni jusqu’ici par des générateurs diesel. Les systèmes solaires montés sur toits, réduisent collectivement les émissions de CO2 de 208 521 kg par an et les couts opérationnels de plus 35%.

« L’accès á une énergie propre, fiable et abordable est le pilier de toute économie, sur lequel peuvent être construites les bases d’une société et d’un développement durables. Ces projets inauguraux valident notre concept et la pertinence de notre offre unique », a-t-il ajouté.

Niger : Investissements massifs dans l’autosuffisance en riz d’ici 2030

La Côte d’Ivoire réunit ses partenaires pour mobiliser 1,3 milliard US en faveur du secteur rizicole riz.. (Crédit : Dr).

Le Niger ambitionne de couvrir ses besoins en riz d’ici 2030. Pour ce faire, le gouvernement vient de dévoiler une stratégie qui va nécessiter la mobilisation de quelques 653 millions de dollars sur dix ans pour accroitre la production locale et viser le marché de l’export.

Vaste pays sahélien qui couvre une superficie de 1.267. 000.000 de km2 avec de riches terres irrigables, le Niger importe à ce jour l’essentiel de ses besoins en riz de l’extérieur. Actuellement et selon les données officielles, la production locale du pays ne couvre qu’environ un sixième de ses besoins nationaux en riz soit 440.000 tonnes par an et ces dernières années. Les importations nigériennes se sont envolées puisque, selon les mêmes données, elles ont été multipliées par près de trois en dix ans pour atteindre 460 000 tonnes en 2021. Les effets du changement climatique qui se sont traduits ces dernières années avec des cycles de sécheresse et d’inondations ainsi que les récentes répercussions de la guerre russo-ukrainienne sur les marchés alimentaires mondiaux, ne cessent d’accentuer la pression sur les finances du pays qui se voit ainsi dans la nécessité de miser sur ses multiples potentialités agricoles, notamment les terres irrigables et les aménagements le long du fleuve Niger, pour réduire sa forte dépendance aux importations notamment pour ce qui concerne le riz. C’est ainsi que le gouvernement nigérien vient de dévoiler une ambitieuse stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR) qui, sur une période de dix ans (2021-2030), vise à rehausser significativement la production agricole. Il s’agit, selon les explications du ministre de l’Agriculture Dr Issa Alambeidji, de contribuer à moyen terme:

« A une augmentation durable de la production nationale de riz en quantité et en qualité et ainsi satisfaire à long terme les besoins et exigences des consommateurs avec la perspective d’exporter l’excédent sur les marchés sous régional et international ».

Financement public et privé

Selon la feuille de route présentée par le ministre à Niamey en ce mois de septembre, le coût de cette stratégie est estimé à 425,8 milliards de francs CFA soit quelques 650 millions de dollars US dont une première d’ici 2025 qui va nécessiter une enveloppe de 287 milliards de FCFA. La seconde phase va mobiliser, d’après les mêmes estimations, 139 milliards de francs CFA à partir de 2026 jusqu’en 2030.

« Le financement de la mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse s’articule autour de la mobilisation des ressources internes et externes et à cet effet, le gouvernement va privilégier l’appui budgétaire global ou sectoriel ainsi que les autres modes de financement notamment les Partenariats public et privé (PPP), les fonds communs ainsi que les conventions et les accords de financement », a annoncé le ministre de l’Agriculture Dr Issa Alambeidji.

A terme, l’objectif visé est de passer d’une production de 128.000 tonnes en 2021 à 1,458 million de tonnes en 2030, soit 948.000 tonnes de riz paddy. L’atteinte de ces objectifs permettra, selon le ministre, d’assurer une couverture des besoins de consommation de riz blanc à 100% en 2025 et 132% à l’horizon 2030 avec à la clé, la création de 420.000 nouveaux emplois et 2.000 nouvelles entreprises de transformation dans le secteur.

La nouvelle stratégie nationale sera mise en œuvre en accordant la priorité à l’accroissement des surfaces exploitées, une gestion optimale des ressources en eau, la promotion de l’utilisation des semences améliorées et des fertilisants ainsi que la mécanisation de la riziculture, l’amélioration de la compétitivité du riz local, la promotion de l’accès des acteurs aux crédits ainsi que le renforcement de leur capacité opérationnelle notamment en matière de transport, stockage  ou transformation de la production. Aussi, ont annoncé les autorités, un accent particulier sera accordé à la recherche et à la diffusion de la recherche et des pratiques innovantes de production.

Il convient de noter que cette stratégie sectorielle destinée à la production du riz s’inscrit dans le cadre plus global de celle visant l’autosuffisance alimentaire à travers l’initiative « les Nigériens nourrissent les nigériens » (3N) du gouvernement nigérien. A cela s’ajoute le fait que l’agriculture représente un pilier majeur et stratégique de l’économie nigérienne dont le poids est estimé à 85%. Selon les statistiques du Réseau des chambres d’agriculture du Niger (RECA), le riz local, troisième céréale après le mil et le sorgho tant au point de vue superficie que de la production ne représente que 1,7% du chiffre d’affaires du secteur de la production agricole primaire et seulement 2,3% du volume moyen des céréales produites annuellement. Dans son ambition de rehausser sa production nationale, le pays bénéficie déjà de l’appui de différents partenaires techniques et financiers notamment la coopération japonaise (JICA) à travers la principale société nationale « Riz du Niger » (RINI).

Chronique: Afrique, vivement l’industrialisation X.0

Le temps, où l’économie informelle était encouragée, est en train d’être révolu. Pour plus de valeur ajoutée, une industrialisation, portée par une flottille de PME-PMI, voire de TPE et micro-entreprises, est nécessaire. Aussi, c’est par le biais de structures bien établies et enregistrées que la traçabilité a droit de cité. Pour ce faire, les pouvoirs, de concert avec les institutionnels et forces vives ont intérêt à encourager la mise en place de fonds d’investissement sur des activités à forte valeur ajoutée. C’est à ce niveau que le capital-risque et les fonds d’amorçage prennent toute leur dimension. Ces fonds peuvent être apportés par des privés ou des caisses et institutionnels ou encore des fonds de pension. Le principe est simple : accompagner généralement les jeunes et moins jeunes porteurs de projets au business plan bien ficelé dans la création de leur entreprise. Il faut comprendre qu’accompagner va au-delà de financer tout court, mais comprend une formation à la gestion d’entreprise, un suivi pendant et après la naissance de la structure. Une fois que l’entreprise, qui peut-être une start-up, entame sa vitesse de croisière, le capital-risqueur se retire, récupérant du coup sa mise de départ. Dans la pratique, la principale opportunité c’est lors d’un appel public à l’épargne, notamment une introduction en Bourse. Il pourra alors financer une autre idée.

Chronique : CEDEAO- entre critères de convergence et économies complémentaires

Une fois ces préalables acquis dans nos pays, il est nécessaire de promouvoir l’entrepreneurship ou la culture d’entreprise. Encourager la culture d’entreprise passe par la simplification des procédures certes, mais aussi par une acceptation de contribuer à l’effort au développement. Cela suppose donc une taxation simplifiée, dans ce sens et seulement dans ce sens. Sans aucun doute, certaines tentatives seront vouées à l’échec, mais le taux de sinistralité doit être le plus faible possible et ne doit pas empêcher de nouvelles tentatives. Enfin, le jeu en vaudra la chandelle, dans la mesure où la création de ces entreprises irait de pair avec l’accroissement de l’industrialisation du continent et l’introduction de nouveaux produits et services africains, brevetés de surcroît, sur tous les marchés. Il est grand temps de transformer, de valoriser les ressources agricoles, halieutiques, minières… d’un continent riche.

Finance : la BAD investit 100 millions dollars dans le programme « nourrir l’Afrique »

Crédits: BAD

La Banque africaine de développement (BAD) émet une nouvelle obligation thématique « Nourrir l’Afrique » de 100 millions de dollars américains sur 7 ans, à échéance septembre 2029. Par cet investissement l’institution veut contribuer à réduire la pauvreté en Afrique, à mettre un terme à la faim et à la malnutrition.

La Banque africaine de développement a émis, le 14 septembre 2022, une obligation thématique d’un montant de 100 millions de dollars américains, arrivant à échéance en septembre 2029, soit une maturité de 7 ans. L’obligation est destinée à l’une de ses cinq grandes priorités opérationnelles, « Nourrir l’Afrique ». La nouvelle émission a été arrangée par Citigroup Global Markets Limited et vendue sous forme de placement privé à un seul investisseur japonais, Norinchukin Bank. Lequel soutient les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la foresterie. Grâce à cet investissement dans l’obligation thématique « Nourrir l’Afrique » de la BAD, l’investisseur entend soutenir les initiatives de la Banque et contribuer à accroître la production alimentaire en Afrique.

Afrique : en partenariat avec la BAD, le Japon va investir 5 milliards dans 4 secteurs prioritaires

Depuis 2015, la BAD a émis des obligations thématiques liées aux cinq priorités opérationnelles de sa stratégie décennale appelées le « Top 5 » (ou « high5 » en anglais) afin de financer des projets liés à chacune des « Top 5 ». Cette obligation thématique est destinée à soutenir la priorité stratégique « Nourrir l’Afrique ». La Banque s’efforcera de consacrer un montant égal au produit net de l’émission à des projets qui visent à faire avancer cette priorité, conformément à sa politique de prêts. Dans le cadre de sa priorité « Nourrir l’Afrique », la Banque africaine de développement veut réduire la pauvreté en Afrique, mettre un terme à la faim et à la malnutrition, faire de l’Afrique un exportateur net de denrées alimentaires. Avec l’objectif de porter le continent au sommet des chaînes de valeur orientées vers l’exportation, dans lesquelles elle possède un avantage comparatif. A terme, l’objectif global de la stratégie « Nourrir l’Afrique » est de faire de l’Afrique un exportateur net de denrées alimentaires d’ici à 2025.

Finance : Le Cameroun devient le 36eme Etat membre d’Africa Finance Corporation

(Crédits: Dr)

Le Cameroun rejoint l’Africa Finance Corporation et devient le 36e État membre pour promouvoir une économie manufacturière. Le pays s’associe à l’organisation pour créer notamment des infrastructures industrielles permettant de transformer localement des ressources. Des investissements qui devraient contribuer à réduire les exportations de minerais bruts, favoriser la création d’emplois, le transfert de compétences et l’augmentation des recettes d’exportation.

En devenant le 36e État membre de l’AFC, le Cameroun promet d’oeuvrer avec la corporation sur des infrastructures clés. L’objectif est d’approfondir l’intégration, de permettre le remplacement des importations et de développer la capacité manufacturière et industrielle. Lesquelles devraient représenter 40 % du PIB, dans le cadre du programme Vision 2035 du gouvernement. Premier fournisseur de solutions d’infrastructures en Afrique, l’AFC a, à ce jour, alloué plus de 300 millions de dollars au Cameroun afin de tirer profit des ressources naturelles du pays. Il s’agit notamment du maïs, du manioc, du coton, du cacao, du pétrole et du gaz, ainsi que des métaux de transition énergétique tels que le cobalt et le nickel.

Le premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, a déclaré : « Nous nous engageons à travailler avec l’AFC pour construire de façon rapide et durable des infrastructures de soutien essentielles qui contribueront au développement du Cameroun ».

Ayant pour mission de solutionner les défis les plus urgents du continent, l’AFC a investi plus de 10 milliards de dollars. Des investissements au cours de ces 15 dernières années, en profitant de son accès unique aux marchés de capitaux mondiaux pour stimuler le développement, intégrer les économies régionales et transformer les vies. Grâce à son approche d’investissement écosystémique, l’AFC a élaboré et financé des projets. Parmi eux la première zone industrielle neutre en carbone en Afrique, la zone économique spéciale de Nkok. Cette dernière a fait du Gabon le plus grand exportateur de bois de placage au monde, rapportant 1 milliard de dollars de recettes d’exportation annuelles et créant plus de 30 000 emplois. Avec un investissement de 150 millions de dollars, l’approche est en train d’être adaptée par la plateforme Arise au Bénin et au Togo. L’investissement devraient générer respectivement 750 millions et 2 milliards de dollars en PIB supplémentaire. Le gouvernement camerounais mise sur les partenariats public-privé pour aider à construire des infrastructures susceptibles de créer davantage de possibilités de valorisation et d’avoir un impact réel sur sa population diversifiée.

« Ayant déjà investi 300 millions de dollars dans notre pays, l’AFC a fait ses preuves en matière de fourniture d’infrastructures de base », a déclaré Ngute.

La présence du Cameoun au sein l’AFC étend l’organisation à plus de la moitié de l’Afrique centrale, regroupant le Tchad, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo et le Gabon.

Etude :  L’Africa Risk-Reward Index 2022, entre opportunités et incertitudes en Afrique

(Crédits: Dr).

L’Afrique reste une terre d’opportunités, mais les défis à relever sont énormes pour les investisseurs potentiels. Le Covid-19, la guerre russo-ukrainienne et la crise alimentaire qui s’en suivent ont mis les économies africaines à rudes épreuves. Une pression supplémentaire qui pose avec acuité les questions relatives à la nécessité d’une meilleure gouvernance, de parvenir à l’autosuffisance alimentaire et d’adopter une stratégie efficace face aux injonctions pour la transition énergétique.

« Quand l’incertitude devient une opportunité », C’est l’intitulé de la septième édition de l’Africa Risk-Reward Index du cabinet international de conseil spécialisé en gestion des risques Control Risks et son partenaire, le cabinet de conseil en économie Oxford Economics. La crise économique mondiale déclenchée par le Covid-19, le changement climatique et la guerre Russie-Ukraine poussent l’Afrique à se repositionner sur le plan géopolitique et dans l’économie mondiale. Ces brusques changements présentent des opportunités importantes pour les pays et les investisseurs précise l’étude publiée le 20 septembre 2022.

Saisir les opportunités en Afrique malgré l’incertitude

Les saisir sera plus que jamais impératif, a souligné l’étude. En effet, le PIB de l’Afrique a augmenté d’environ 6,9% en 2021, ce qui reflète une dynamique positive. Cependant, le continent continuera à être confronté à l’incertitude. En 2021, environ 22 millions d’emplois ont été perdus en raison de la pandémie, et 30 millions de personnes ont sombré dans l’extrême pauvreté. On estime que 1,8 million de personnes supplémentaires s’ajouteront à ce nombre en 2022. L’augmentation des prix, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et le changement climatique ont exacerbé la crise alimentaire qui sévit sur le continent. Par ailleurs, le ressentiment antigouvernemental, déjà élevé, est en hausse à travers l’Afrique, les populations estimant que les dirigeants sont incapables de relever les défis socioéconomiques. Cette année, les ratios risque-rendement brossent le tableau d’un continent à la croisée des chemins, où les opportunités abondent dans un contexte de grande incertitude. Le rapport est axé sur trois grands thèmes et présente une synthèse des points de vue sur le devenir de l’Afrique quant à la sécurité alimentaire, la bonne gouvernance et la transition énergétique.

L’Afrique et la transition énergétique

Concernant le rôle de l’Afrique dans la transition énergétique mondiale, le document indique que l’urgence de la transition énergétique mondiale et de l’abandon des combustibles fossiles, combinée à la perturbation des marchés européens de l’énergie, a suscité un regain d’intérêt pour l’énergie en Afrique. Et ce, à la fois comme source d’énergie pour d’autres parties du monde et en tant que continent susceptible de brûler les étapes du développement grâce à l’adoption généralisée des énergies propres.

« La transition [énergétique] en Afrique doit se faire graduellement ; de nombreux pays doivent et devront exploiter leurs combustibles fossiles tout en développant activement les énergies renouvelables. Les pays à fort potentiel de GNL, tels que l’Angola, le Mozambique, la Tanzanie et le Nigeria, susciteront l’intérêt soutenu des investisseurs et il sera important de suivre les débats sur la fin du torchage », a déclaré Patricia Rodrigues, analyste senior chez Control Risks.

Aux côtés de la transition énergétique, la sécurité alimentaire est le deuxième volet sur lequel s’est penchée l’étude d’Africa Risk-Reward Index 2022.

Sécurité alimentaire et bonne gouvernance en Afrique

La perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales provoquée d’abord par la pandémie de Covid-19, puis plus récemment par le conflit en Ukraine, a mis en évidence la dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’extérieur pour la plupart de ses produits de base, ainsi que les graves lacunes des chaînes d’approvisionnement internes du continent, notamment la chaîne alimentaire. En Afrique, la plupart des activités liées à l’agriculture sont des activités de subsistance ; mais lorsque ce n’est pas le cas, le transport des produits agricoles de la ferme au consommateur final est coûteux. L’important déficit énergétique et en infrastructures de transport reste « un obstacle majeur à la résolution de ce problème ».

« (…) La résolution de ce problème nécessitera des investissements publics et privés dans le stockage et l’entreposage, l’agro-industrie, les infrastructures agricoles et les services financiers. Les avancées technologiques des fintechs et de l’agriculture ainsi que le déploiement de la ZLECAf pourraient favoriser les progrès nécessaires, a déclaré Jacques Nel, responsable d’Africa macro, Oxford Economics Africa.

 Des solutions pour favoriser l’autosuffisance alimentaire et la création d’emplois. Dans un contexte où de nombreux gouvernements sont à court d’argent et font face à une vague de mécontentement. En effet, le ressentiment antigouvernemental est important et augmente parmi de nombreuses populations africaines, les dirigeants étant accusés de ne pas s’attaquer à la hausse du coût de la vie, a souligné l’étude. Mais cette pronostique est susceptible de s’améliorer si des dispositions sont prises, selon les perspectives économiques de la Banque Africaine de Développement (BAD) sur l’Afrique en 2022. Elle émet une série de recommandations politiques pour mieux reconstruire et engendrer des économies résilientes en Afrique. Parmi elles, accélérer la vaccination contre le virus Covid-19 et appuyer véritablement les industries pharmaceutiques nationales, réduire la dépendance à l’égard de sources uniques d’approvisionnement alimentaires et relancer les économies.

Niger : un budget de 4,9 milliards de dollars pour 2023

Le gouvernement nigérien en Conseil des ministres (Crédit : Dr).

Le gouvernement du Niger vient d’adopter son projet de loi de finances pour l’exercice budgétaire 2023 qui s’équilibre en recettes et en dépenses à un montant de 3 245,44 milliards de francs CFA, soit 4,9 milliards de dollars, en hausse de près de 12% par rapport à l’exercice précédent. Malgré une conjoncture assez difficile sur le plan alimentaire et sécuritaire, le pays surfe sur des perspectives favorables portées par des prévisions optimistes du redressement de la production agricole ainsi que de l’accélération de la mise en œuvre de grands projets d’investissement notamment dans le secteur pétrolier.

Le projet de loi des finances pour l’année budgétaire 2023 a été adopté à l’issue d’un Conseil des ministres présidé par le Chef de l’Etat, Mohamed Bazoum, et s’inscrit conformément aux grandes orientations exposées par le ministre des Finances, Dr Ahmed Jidoud, il y a quelques semaines devant le Parlement où le texte sera soumis à nouveau pour examen et adoption lors de la session budgétaire qui s’ouvrira début octobre prochain. Ainsi, pour l’année prochaine, le budget s’équilibre en recettes et en dépenses à un montant de 3 245,44 milliards de francs CFA contre 2 908,59 milliards de FCFA en 2022, soit une hausse de 11,58%. C’est pour la première fois de l’histoire du pays que le budget dépasse la barre des 3000 milliards de francs CFA, une hausse qui pourrait s’expliquer en grande partie en rapport avec les perspectives prometteuses de la croissance du Niger qui devrait rebondir en 2022 et 2023 après un net ralentissement en 2021.  C’est ce qu’anticipe le FMI comme indiqué dans sa dernière note de conjoncture sur les perspectives macroéconomiques du pays.

Après le net ralentissement qui l’a ramenée à 1,3 % en 2021, sous l’effet des conséquences néfastes de chocs climatiques et de l’insécurité sur le secteur agricole, la croissance devrait repartir à la hausse pour atteindre 6,9 % en 2022, à la faveur du redressement de la production agricole et de l’accélération de la mise en œuvre de grands projets d’investissement liés à l’oléoduc destiné à l’exportation du pétrole brut qui doit relier le Niger au Bénin, a déclaré, en juin dernier, Mme Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe et présidente par intérim du Fonds.

Et ce, à l’issue de l’achèvement par le Conseil d’administration du Fonds de la première revue de l’accord triennal 2021-2024 en faveur du Niger au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Toutefois, et selon ce qu’avait déjà estimé M. Antonio David, le chef de mission des services du FMI qui s’est rendue au Niger dans le même cadre, malgré ces perspectives économiques à court et moyen termes globalement favorables, « des risques baissiers pèsent en raison de la volatilité des prix des produits de base dont les denrées alimentaires, de la vulnérabilité aux chocs climatiques et de l’insécurité ».  

Perspectives favorables malgré la persistance des défis et des chocs

Le Niger fait, en effet, face à une crise alimentaire aiguë cette année avec environ 4,4 millions de personnes qui devraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire pendant la période de soudure. En outre, relève-ton, « l’insécurité au Sahel et l’instabilité politique dans les pays voisins, ainsi que l’incertitude des conditions climatiques, continuent de faire peser des risques sur les perspectives économiques du Niger ». Des difficultés que la persistance de la guerre en Ukraine pourrait aussi aggraver en accentuant les pressions à la hausse sur les prix des denrées alimentaires au niveau mondial et au niveau local. Selon le gouvernement nigérien, le budget pour le prochain exercice a été élaboré en tenant compte de ce contexte national et international et surtout des défis structurels qui restent persistants sur le plan du développement humain. En 2023, les prévisions de croissance sont projetées à 5,2% du PIB en raison notamment de la hausse attendue de la production agricole et surtout de l’accélération des investissements notamment dans le secteur pétrolier. La construction en cours du pipeline Niger-Bénin, d’une longueur de 1.982 kms pour un investissement de 2.400 milliards de francs CFA – environ 4,5 milliards de dollars US – devrait permettre au pays de porter sa production d’or noir de 20.000 actuellement à 100.000 barils de brut par jour à sa mise en service attendue fin 2023. A la clé, une hausse substantielle des investissements et surtout des recettes d’exportations. Une embellie sur laquelle le Président Bazoum Mohamed, arrivé au pouvoir en avril 2021, compte pour répondre aux multiples attentes socioéconomiques des citoyens de ce pays parmi les plus pauvres de la planète.

RDC : Les Emirats Arabes unis investissements dans trois secteurs de l’économie Congolaise

(Crédits: Dr).

La République Démocratique du Congo et les Emirats Arabes Unis signent un protocole d’accord pour un investissement d’un milliard de dollars américains. Des investissements dans les secteurs de l’économie congolaise. pour un investissement d’un milliard de dollars américains. Des investissements dans les secteurs de l’économie congolaise.

Le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a présidé, dans son cabinet de travail, à la Primature, le 17 septembre, la cérémonie de signature d’un protocole d’accord entre la société Primera Group Limited, un consortium émirati, qui a représenté le secteur privé des Émirats arabes unis et le gouvernement congolais, représenté par le ministère des Mines, pour renforcer et augmenter les échanges bilatéraux entre ces deux pays.

RDC : Le pays recouvre des fonds issus de la corruption

Les Emirats Arabes Unis ont été représentés par la société Primera Group Limited, un consortium émirati évoluant dans le secteur privé. La ministre des Mines Antoinette N’Samba Kalambay a représenté le gouvernement congolais. Le but étant de renforcer et augmenter les échanges bilatéraux entre ces deux pays. Ce protocole d’accord est un nouveau pas pour le lancement des investissements émiratis à venir en République Démocratique du Congo. A cette occasion, Salem Aljaberi, le Chargé d’affaires – commis à la préparation de l’ouverture en novembre prochain de l’Ambassade des Émirats Arabes Unis à Kinshasa – a affirmé qu’au cours de l’année prochaine, beaucoup d’entreprises du secteur privé des Émirats Arabes Unis vont se bousculer aux portillons de la République Démocratique du Congo (RDC). Et ce, pour investir dans les domaines de l’Agriculture, des Mines, et des énergies renouvelables. Selon lui, l’ouverture de l’Ambassade des Émirats Arabes Unis à Kinshasa, au mois de novembre 2022, constituera l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations entre les deux pays. Une étape pour qu’il y ait beaucoup plus d’investissements au courant de l’année prochaine. Les deux parties ont présenté cette cérémonie comme étant la concrétisation des accords conclus entre le Président des Émirats Arabes Unis, Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane et le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo lors de sa visite en octobre 2021 à Abou Dhab

Chronique: CEDEAO- entre critères de convergence et économies complémentaires

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Fondés sur des indicateurs économiques, à respecter par les pays membres, les critères de convergence lient les pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Ils tournent autour de ratios relatifs à la dette publique (inférieure à 70%), au déficit budgétaire public (3%), comparés au PIB, à la stabilité du taux de change, à la maîtrise de l’inflation (10% maximum) …

Mais dans des pays où une bonne partie de l‘économie se situe dans l’informel, où des chantiers importants sont entrepris pour justement une transition de l’informel vers le formel, où des statistiques fiables sont difficiles à avoir dans certains secteurs, ne met-on pas des critères qui ne seront pas respectés ? Lorsque les dépassements, qui doivent être exceptionnels et temporaires, deviennent permanents alors les critères de convergence n’apparaissent que comme un paravent. Ils ne doivent aucunement être une sorte d’effet de mode à mettre en place, pour faire une analogie à d’autres espaces économiques existants ailleurs dans le monde. La conjoncture aidant, la 58ème Session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue en janvier 2021 par visioconférence, entérinait l’exemption des États membres de respect de ces critères de convergence macroéconomique.

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Pour sortir d’un tel carcan, des économies complémentaires, une configuration essentielle pour faire gagner des points de croissance au commerce sous régional, restent nécessaires. Cette partie du continent ne manquent pas de ressources naturelles, réparties de façon différenciée pour permettre aux « spécialistes des mines » d’alimenter en produits finis et dérivés ceux des zones plus humides et par conséquent agricoles… Que les pays côtiers commercent avec ceux de l’hinterland, et vice-versa. Ces activités, qui ne doivent souffrir d’aucune non-qualité, ne doivent pas se cantonner aux secteurs primaires et secondaires. A l’image du reste du continent, qui pullule de créativité, le tertiaire, notamment avec l’e-commerce, doit se développer dans toute sa diversité. Une feuille de route, comprenant la zone panafricaine de libre-échange et la monnaie unique ECO gagnerait à inclure le Nilar (monnaie-or africaine), le raffinage de métaux précieux et toute l’industrie annexe, à même d’engendre des marchés et comptoirs de niveau mondial.

Terrorisme : Le Tchad renouvelle sa confiance à la force Barkane

(Crédits: Dr).

Alors que la force barkane a été contrainte de plier bagages au Mali, le Tchad, un autre pays du Sahel continue sa collaboration avec les forces françaises dans la lutte contre le terrorisme. Le nouveau Commandant de la Force Barkhane a été reçu par le Président du Conseil Militaire de Transition (PCMT).

Le Tchad et la France continuent leur coopération dans la lutte contre le terrorisme. Le Président du Conseil Militaire de Transition du pays, le général Mahamat Idriss Deby Itno a accordé une audience au Général Bruno Baratz, nouveau Commandant de la Force Barkhane, le vendredi 16 septembre 2022. Premier pas au palais de la République et premier entretien avec le chef de l’Etat tchadien pour le général Bruno Baratz. Introduit par l’Ambassadeur de France au Tchad, M. Bertrand Cochery, l’officier général qui s’est récemment installé à la tête du poste de commandement établi à N’Djamena, est venu se présenter au Chef de l’Etat, par ailleurs Président en exercice du G5 Sahel. Au-delà de la présentation des civilités, le nouveau Commandant de la Force Barkhane a pu faire avec le Chef de l’Etat une appréciation de la situation sécuritaire dans le Sahel à la lumière des dernières évolutions.  C’est le 3ème Chef d’Etat africain que le Général Bruno Baratz rencontre, dans l’objectif, dit-il, de mieux cerner les besoins en termes de soutien que la Force Barkhane, dans sa phase actuelle de ré-articulation, pourrait apporter aux Armées sahéliennes.

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L’officier français a déjà visité les villes de Faya et Abéché et s’est fait une idée des conditions de stationnement des différents détachements. Le Tchad qui abrite le poste de commandement, à l’entendre parler, consolide son statut d’allié privilégié et crédible dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Dans l’accomplissement de sa mission depuis son poste établi à N’Djamena, le Général Bruno Baratz compte surtout exploiter les possibilités de développer des entrainements conjoints entre les Forces armées tchadiennes et françaises. Un axe qui, selon ses dires, va renforcer la connaissance mutuelle et la fraternité en arme au quotidien. Conseil Militaire de Transition dirigé par Mahamat Idriss Déby Itno, alors général de l’armée tchadienne et fils du président Idriss Déby Itno, prend le pouvoir à la suite du décès de ce dernier, dont on soupçonne que la mort soudaine soit un assassinat non ciblé lié à des affrontements avec le Fact, un groupe armé libyen. Cette prise du pouvoir viole la Constitution tchadienne promulguée le 4 mai 2018, qui est alors suspendue par l’Armée, en même temps que l’Assemblée nationale est dissoute. Au moment de prendre le pouvoir, l’armée promet que des élections libres et démocratiques seront organisées dans le pays sous dix-huit mois, après une période de transition et d’apaisement.

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