dimanche 22 février 2026
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Chronique : Financements verts, qu’attend l’Afrique de la COP27 ?

(Crédits ; Dr).

Le continent africain fait face à des besoins colossaux, en termes d’infrastructures. D’ici 2040, ils sont estimés dans une fourchette, oscillant entre 40 000 et 63 000 milliards $ par an, selon la BAD (Banque africaine de développement). Combler ce déficit criard doit être conjugué à une stratégie qui met en avant la transition énergétique. A quelques semaines de la COP27, prévue en novembre en Égypte, l’Afrique dont l’empreinte carbone reste très faible, avec moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre, relance les pays développés. L’appel, qui leur a été récemment lancé au Sommet de Rotterdam, pour soutenir le continent face au changement climatique, restera-t-il lettre morte ? Un changement à tous les niveaux qui nécessite une transformation socio-économique radicale.

G5 Sahel : La BAD finance la production d’énergie renouvelable à grande échelle

Gageons que le Jour de la Finance, lors de cette COP27, permettra d’apporter des débuts de solutions contre un continent qui subit de plein fouet les effets du changement climatique. Au niveau des pays côtiers, l’érosion fait des ravages, des îles, menacées de passer sous le niveau de la mer et qui seront immergées si rien n’est fait, des coraux sont en train de mourir, entrainant un appauvrissement du plancton… Outre, le décaissement des fonds promis par les pays développés, la réduction du coût des Green Bonds par les banques multilatérales et autres institutions financières internationales, seront au menu des discussions. A Copenhague, en 2009, les pays développés s’étaient engagés à verser 100 milliards de dollars par an… Dans sa quête vers un mix énergétique, peu carboné, l’Afrique a la chance de ne pas perpétuer les erreurs commises par des pays du Nord. Nombre de pays africains ont dans ce sens une feuille de route qui englobe une part croissante en énergie renouvelable et le passage à une économie circulaire sans gaspillage.

Aussi, il faut des moyens pour établir sa CDN (Contribution Déterminée au niveau Nationa), plan d’action climatique, visant à réduire les émissions et à s’adapter aux effets des changements climatiques que chaque Partie de l’Accord de Paris est tenue d’établir et mettre à jour tous les 5 ans.  Pourtant, rappelons qu’au vu de l’écart important entre les réductions des émissions nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C et les émissions actuellement prévues, tous les pays ont été invités, dans la cadre du Pacte de Glasgow pour le Climat de novembre 2021, à revoir et à renforcer les objectifs dans leurs CDN en 2022. A mon avis, dans de nombreux pays africains, une action concertée sera plus pertinente. Toujours est-il que les dernières CDN de Colombie (neutre en Carbone en 2050), du Maroc (réduction des émissions de 46% d’ici 2030), du Rwanda (réduction des émissions de 38% d’ici 2030) … peuvent être des stimulants sérieux, à condition que les financements suivent.

FAO : Baisse des prix des produits alimentaires, mais les céréales restent sous pression

(Crédits : FAO).

L’indice des prix mondiaux de l’agence alimentaire des Nations Unies a chuté pour le sixième mois consécutif en septembre. Il s’est éloigné des sommets historiques enregistrés plus tôt cette année après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le rapport du FAO pointe néanmoins la pression persistante sur les produits céréaliers et alerte sur le risque de famine dans 45 pays.

L’Indice L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 136,3 points en septembre, soit une baisse de 1,1 pour cent par rapport au mois d’août. C’est ce qu’a déclaré le FAO vendredi dernier en se basant sur son indice des prix, qui suit les produits alimentaires les plus échangés au niveau mondial. Il suit l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires couramment échangés. L’indice a chuté depuis un record de 159,7 en mars. Le chiffre de septembre était toutefois supérieur de 5,5 % à celui de l’année précédente. C’est l’Indice FAO des prix des huiles végétales qui est à l’origine de cette baisse, puisqu’il a cédé 6,6% dans le mois pour atteindre son niveau le plus bas depuis février 2021. Les cours internationaux des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza ont tous fléchi. La persistance de stocks importants d’huile de palme, coïncidant avec la hausse saisonnière de la production en Asie du Sud-Est, a tiré vers le bas les prix de cette denrée.

Le prix des céréales sur un trend haussier

L’Indice FAO des prix des céréales, en revanche, a progressé de 1,5 pour cent par rapport au mois d’août a révélé le nouveau rapport du FAO. Les prix internationaux du blé ont enregistré un rebond de 2,2 pour cent, sous l’effet de préoccupations concernant l’état des cultures en Argentine et aux États-Unis d’Amérique où prédomine un temps sec, mais cette progression a aussi pour causes le rythme rapide des exportations de l’Union européenne, qui se double d’une forte demande interne, et l’incertitude accrue qui pèse sur le prolongement de l’initiative céréalière de la mer Noire au-delà du mois de novembre. Les prix mondiaux du maïs n’ont quasiment pas bougé, la vigueur du dollar des États-Unis ayant permis de contrebalancer la pression exercée par la contraction des perspectives d’approvisionnement. Et ce, alors que les prévisions de production ont encore été revues à la baisse aux États-Unis d’Amérique et dans l’Union européenne. L’Indice FAO des prix de tous les types de riz a progressé de 2,2 pour cent, en grande partie en raison des changements apportés par l’Inde à sa politique d’exportation ainsi que des inquiétudes concernant les répercussions des graves inondations au Pakistan.

Baisse de la production céréalière en perspectives

La FAO a aussi fait paraître son dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, signalant une nouvelle baisse des estimations de la production céréalière mondiale pour 2022, qui s’établissent à présent à 2 768 millions de tonnes, soit 1,7 pour cent en dessous du chiffre de 2021. Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2023 devraient se contracter de 1,6 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture, pour s’établir à 848 millions de tonnes.

« On s’attend à un léger recul du rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial qui, après avoir été de 31 pour cent l’année précédente, tomberait à 29,7 pour cent en 2022-2023, soit un niveau encore relativement élevé au regard des antécédents », précise le document.

Nouvelle alerte sur le risque de famine

Selon le dernier rapport Perspectives de récolte et situation alimentaire, une publication trimestrielle du Système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’alimentation et l’agriculture (SMIAR) de la FAO, 45 pays, dont 33 en Afrique, neuf en Asie, deux en Amérique latine et dans les Caraïbes et un en Europe, ont besoin d’une aide alimentaire extérieure. Des sécheresses s’étendant sur plusieurs années ont engendré une situation d’insécurité alimentaire grave en Afrique de l’Est, où certaines parties de la Somalie risquent d’être touchées par la famine si l’aide humanitaire n’est pas intensifiée. Des taux d’inflation élevés, des environnements macroéconomiques difficiles et la dépréciation des monnaies aggravent l’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier.

Capital-risque : Comment l’Afrique a percé sur fond de ralentissement mondial

L’Afrique attire les fonds d’investissements privés. Une dynamique progressive depuis 2016 pour atteindre un montant record au premier semestre 2022. Des investissements à priori dans le secteur traditionnel de la finance mais aussi de nouveaux domaines.

Le volume des investissements en Afrique a connu une forte hausse dans la période post-covid19, selon un rapport publié le 29 septembre par l’Association africaine de capital-investissement et de capital-risque (AVCA). Une dynamique confirmée au premier semestre de l’année 2022 où les fonds d’investissements privés – fonds de private equity, de capital-risque, de dette privée, d’infrastructures et fonds immobiliers – ont misé 4,7 milliards dollars sur l’Afrique dans 338 transactions. L’écosystème de l’innovation et des investissements en Afrique a connu un début d’année mouvementé. Les sombres prédictions et le ralentissement mondial de 2022 avec l’inflation et la faible croissance ont fait planer le doute sur la résilience du Capital-risque en Afrique pour l’année en cours. Mais l’afflux des capitaux sur le continent en 2022 au premier semestre indique le contraire.

Evolution annuelle des fonds capital-risque depuis 2016 en Afrique

Alors que le marché mondial du capital-risque a connu d’importants contractions, l’Afrique affiche une croissance annuelle de 133 % par rapport au premier semestre 2021. Si la croissance se maintient au 2e semestre 2022, le volume total des transactions devrait atteindre environ 900 transactions d’ici fin 2022. Soit une hausse de 38 % en glissement annuel par rapport aux 650 transactions réalisées en 2021. Aussi, la valeur du capital généré par les startups africaines pourrait atteindre 7 milliards de dollars fin 2028. Soit une augmentation de 35 % en glissement annuel par rapport aux 5,2 milliards de dollars levés en 2021.

Les transactions multirégionales ont représenté une petite proportion du volume des transactions mais la plus grande part de la valeur au premier semestre 2022. Elles ont généré 14 % du volume des transactions de capital-risque, mais 45 % des transactions entre 2016 et 2021. Plus précisément, elles sont passées de 17 transactions avec une valeur cumulée de 0,5 milliard de dollars américains en 2016, à 44 transactions avec une valeur cumulée de 1,8 milliard de dollars en 2021.

Part de la valeur des transactions de capital-risque en Afrique par région et dans les 3 principaux pays au niveau régional au premier semestre 2022

Sur les 42 transactions multi-régions qui ont eu lieu au 1er semestre 2022, 16 transactions (38 %) concernaient des entreprises qui ont poursuivi la diversification géographique via l’expansion directe des activités. 15 transactions (36%) ont porté sur des entreprises qui ont tiré parti des transactions fusions pour faciliter leur expansion régionale.  

Mainmise des secteurs traditionnels dans le capital-risque

Lorsqu’elle est catégorisée à partir d’un niveau sectoriel, l’étude a révélé la finance comme secteur le plus actif en volume (32 %). Soit une valeur de 44 % suivi de la consommation 17%. Dépassant les technologies de l’information, le secteur industriel est apparu comme le troisième secteur le plus actif en volume au 1er semestre 2022, représentant 16% du nombre total des opérations de capital-risque conclues au cours de la période. Mais d’autres secteurs émergent. Dans le domaine de l’éducation, le nombre de startups EdTech qui ont relevé des fonds ont augmenté de 64 % au cours de la dernière année, passant de 14 au 1er semestre 2021 à 23 au 1er semestre 2022. Le rapport sur les activités de capital privé en Afrique 2021 d’AVCA a également révélé que le secteur des services publics a dominé les investissements dans les infrastructures en 2021, représentant 56 % du volume des transactions, avec un accent sur le climat. Cette bonne dynamique des investissements est une opportunité pour l’Afrique qui représente à peine 1 % du financement mondial du capital-risque au premier semestre 2022.

Afrique : La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance pour 2022

Selon la Banque mondiale, le ralentissement important de la croissance mondiale et la chute des prix des produits de base non énergétiques ont pesé sur l'activité économique de l'Afrique subsaharienne, en particulier dans les pays exportateurs de métaux. (Crédits : Banque Mondiale)

Dans son rapport « Africa’s Pulse », la Banque mondiale exhorte les États africains à réorienter leurs politiques publiques vers des secteurs à impact sur le développement. Un réajustement à opérer au moment où le ralentissement de la croissance, et le contexte macroéconomique difficile affectent durement le continent.

La Banque mondiale (BM) a abaissé, mardi 4 octobre, ses prévisions de croissance économique pour l’Afrique subsaharienne. L’institution estime que la région devrait globalement pâtir du ralentissement de la croissance mondiale, de la sécheresse, de la remontée des taux d’intérêt et de l’envolée de l’inflation. Dans sa dernière édition du rapport Africa’s Pulse, l’institution prévoit désormais une croissance économique de 3,3% dans la région en 2022, contre une précédente prévision de 3,6% datant d’avril dernier. La BM a expliqué les causes de la baisse de la demande des matières premières africaines. Des causes liées entre autres à la hausse de l’inflation dans un contexte de guerre en Ukraine, à la multiplication des vagues de sécheresse et au relèvement des taux d’intérêt à l’échelle mondiale. Au 31 juillet, 29 des 33 pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels des données disponibles présentaient des taux d’inflation supérieurs à 5 %. Par ailleurs, 17 pays affichaient une inflation à deux chiffres. Citant les chiffres de son rapport mondial sur les crises alimentaires – actualisé en milieu d’année –, la Banque mondiale rappelle que plus d’un Africain sur cinq souffre désormais de la faim. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë a été estimé à 140 millions en 2022, contre 120 millions en 2021. Rien qu’en Afrique de l’Est, 55 millions de personnes seront en situation d’insécurité alimentaire aiguë, contre 41 millions en 2021.

Des prévisions à la baisse

En résumé, ces économies africaines sont confrontées à une série de défis pour leur reprise post-pandémique. Les retombées économiques des multiples crises affectant la région ont fait baisser les revenus des ménages, augmenté la pauvreté, creusé les inégalités et aggravé l’insécurité alimentaire. Ainsi, les gains – dans la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités, le développement du capital humain et le développement durable – réalisés par la région au cours de la dernière décennie sont gravement menacés . Une série de mesures à court terme combinés à ceux à moyen et à long terme peuvent renforcer la capacité des pays africains à être résilients et à saisir les opportunités pour débloquer une croissance qui améliore la productivité tout en protégeant les couches vulnérables.

La contribution des différents secteurs

77e Assemblée de l’ONU :  La BAD réitère ses priorités dans la lutte contre l’extrême pauvreté

La 77e Assemblée générale des Nations Unies vient de se terminer à New York
(Crédits: AP/Mary Altaffe

La Banque africaine de développement a obtenu des engagements jugés productifs autour de ses priorités stratégiques. Et cela lors des réunions de la 77e Assemblée générale des Nations Unies qui viennent de se terminer à New York. Environ 30 millions d’Africains ont basculé dans la pauvreté l’année dernière, principalement en raison du COVID-19, de la crise climatique et de la guerre en Ukraine. 

La Banque africaine de développement a mis en place une facilité de 1,5 milliard de dollars pour aider l’Afrique. Ceci par le biais du programme de Facilité africaine de production alimentaire d’urgence. Un financement pour produire 38 millions de tonnes métriques de nourriture – blé, riz, maïs et soja – pour une valeur totale de 12 milliards de dollars. Ce qui permettra de soutenir 20 millions d’agriculteurs. Les points saillants de la réunion comprenaient un appel urgent à un financement accru pour atténuer les effets du changement climatique et de l’insécurité alimentaire.

Le changement climatique a été un thème récurrent dans de nombreuses discussions de l’AGNU de la banque, en particulier la nécessité d’un financement urgent pour les pays les plus menacés par le changement climatique. L’UNGA 77 a réuni des dirigeants mondiaux, des militants de la société civile, des acteurs du secteur privé et des jeunes du monde entier. Pendant deux semaines à New York le dialogue portait sur le thème « Un moment décisif : des solutions transformatrices à des défis interdépendants ».

Le Groupe de la Banque africaine de développement a rejoint le Global Leadership Council dans une nouvelle initiative visant à développer une énergie propre et fiable et à lutter contre le réchauffement climatique. Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, le Dr Akinwumi Adesina, a dirigé la délégation de la Banque aux réunions. Il a joué un rôle actif dans les discussions qui ont abouti à une déclaration internationale pour mettre fin à la malnutrition et au retard de croissance.

Chronique : de la loi sur la liberté des prix et la concurrence en Afrique

(Crédits: Dr)

De nos jours, les incontournables d’un marché florissant et générateur de revenus dans les pays d’Afrique passent par le gommage des incohérences sur l’établissement des prix et la promulgation de lois sur la liberté des prix et la concurrence. De nos jours, les incontournables d’un marché florissant et générateur de revenus dans les pays d’Afrique passent par le gommage des incohérences sur l’établissement des prix et la promulgation de lois sur la liberté des prix et la concurrence.  Laquelle a le mérite d’apporter plus de transparence au consommateur en imposant un affichage obligatoire des prix, de hisser vers le haut la qualité… En affichant les prix, les professionnels permettent aux consommateurs de comparer les offres et acheter en connaissance de causes. Aussi, les commerçants ont l’obligation de garantir une information éclairée concernant les prix. Un affichage des prix qu’impose une réglementation, une loi, a l’avantage d’informer obligatoirement sur les prix, quelles que soient les modalités de vente (épicerie, boutique, e-commerce, à domicile…). Des prix indiqués visiblement dans la monnaie nationale et TTC, y compris l’indication de frais supplémentaires éventuelles. Cette obligation de renseigner sur le tarif est tout aussi valable pour les prestataires de services. En cas de promotion, le fournisseur doit impérativement indiquer à côté du tarif promotionnel, son prix de référence ou prix avant réduction. Par exemple, le prix minimum, au cours de 30 j précédents l’offre promotionnelle). Le texte s’enrichirait de dispositions claires contre les faux rabais…

Chronique: CEDEAO- entre critères de convergence et économies complémentaires

En outre, l’avantage d’un tel texte législatif permettra d’élargir l’assiette fiscale en intégrant la majeure partie des opérateurs économiques qui s’activent dans l’informel, dans le circuit formel, un statut Auto-Entrepeneur aidant.  En effet, à la longue, la qualité va pousser, hors du circuit, voire du secteur, la non-qualité, selon les lois du marché. La clientèle finit toujours par faire le tri, distinguer un meilleur approvisionnement et bannir le marchand ambulant, aux produits et services douteux, et qui encombre boulevards et carrefours. Lorsque le législateur estime des inefficiences de marché ou trouve que des produits et services sont stratégiques et/ou sensibles, une régulation des prix reste nécessaire. Un tel mécanisme de fixation des prix se fait par une autorité administrative qui se substitue à la concurrence. Au niveau des utilités (eau, électricité, assainissement…), des denrées de première nécessité les plus consommées, telles que le sucre, le riz, le mil, hydrocarbures… l’Etat, par un système de péréquation, fixe les prix. Le succès de la régulation dépend, bien entendu, d’une Caisse de Compensation ou de Péréquation qui fonctionne correctement. A défaut, le privé ne peut suivre et le système périclite.

Une Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, outillée, veillerait au grain pour le respect de telles dispositions, indispensables à un marché prospère. Sachant qu’en cas de litige, concernant l’affichage d’un prix en boutique, grande surface ou supérette, le consommateur doit avoir la possibilité de faire recours à une plateforme digitale ou le dossier peut être traité avec diligence et en référé. Un système analogue est à mettre en place pour la concurrence entre les opérateurs privés, contre toute concurrence déloyale.

Burkina Faso : Damiba déchu, une nouvelle junte au pouvoir

(Crédits: Dr)

Huit mois après son putsch, Damiba a été forcé de quitter le pouvoir par une nouvelle junte. Des accrochages ont eu lieu entre les différentes fractions de l’armée burkinabé. Les populations s’en sont prises violemment à des intérêts français avant l’annonce d’un accord le dimanche.

Le chef militaire autoproclamé du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a accepté une démission conditionnelle offerte par le président Paul-Henri Damiba pour éviter de nouvelles violences après le coup d’État de vendredi, selon des informations relayées par Reuters.  Une reddition sous sept conditions dont une garantie de la sécurité de Damiba et de la sécurité des soldats qui le soutenaient, le respect des promesses faites au bloc régional d’Afrique de l’Ouest de revenir à la règle constitutionnelle.

Dans une déclaration, le nouveau chef de la junte, Ibrahim Traoré, a annoncé un retour à l’ordre après de violentes manifestations. Et ce, contre l’ambassade de France et des jours de combats, alors que sa faction a tenté de renverser le gouvernement. Le nouveau coup d’Etat met à jour les divisions au sein de l’armée burkinabé. De nombreux soldats prônent un désengagement de la France et la diversification des partenaires avec notamment la Russie pour sécuriser le pays. L’équipe de Traoré a exhorté les populations à mettre fin aux attaques contre l’ambassade de France. Cette dernière a été la cible de manifestations après qu’un officier a déclaré que la France a abrité Damiba. Des informations aussitôt niées par le Quai d’Orsay. Du côté des nouveaux tenants du pouvoir, l’heure est à l’apaisement.

« Nous vous invitons à poursuivre vos activités et à vous abstenir de tout acte de violence et de vandalisme… notamment celui contre l’ambassade de France et la base militaire française », a déclaré l’officier fidèle à Traoré, appelant au calme dans un communiqué à la télévision nationale.

La nouvelle junte a déclaré que le capitaine Traoré continuera à agir en tant que président. Et cela jusqu’à ce qu’un président civil ou militaire de transition soit désigné dans les semaines à venir. Damiba, le chef de la junte déchu avait lui aussi accédé au pouvoir par un coup d’État, en janvier 2022, contre le gouvernement civil de Roch Marc Kaboré. Ce dernier qui avait perdu tout soutien face à la montée de la violence des extrémistes islamistes. L’incapacité de Damiba à arrêter les groupes militants avait suscité la colère dans les rangs des forces armées de l’ancienne colonie française.

Tech : Digital Africa lance Fuzé pour financer des startups en Afrique

'Crédis: Dr)

Digital Africa met en place un dispositif de financement pour l’émergence de la tech en Afrique Francophone. d’aujourd’hui et de demain dans le domaine de la tech. 

Baptisé fuze, il s’agit d’un dispositif d’investissement pilote de 6,5 millions d’euros. Il sera réparti sous forme de tickets pouvant atteindre 50 000 euros. Un modèle pour répondre aux besoins des plus mal desservis en matière d’entrepreneuriat en Afrique. Il s’adresse aux entrepreneurs du Maroc, de la Tunisie, du Rwanda, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Le projet s’étendra aux autres pays de l’Afrique francophone à partir de 2023.

L’objectif de Fuzé est d’investir dans des startups africaines qui proposent des solutions technologiques au service de l’économie réelle. Ceci, afin d’amorcer leur activité et de se focaliser sur leurs efforts de développement. Plus précisément, Digital Africa a souhaité se concentrer sur une étape spécifique qui est mal desservie et sous-financée en Afrique. C’est la phase « d’idéation », étape pendant laquelle le projet se consolide. Ce dispositif est donc particulièrement innovant puisqu’il ne s’agit pas de dons, mais bien d’investissement. Un investissement accompagné d’un engagement de Digital Africa aux côtés des startups.

Cette initiative a rencontré un très large succès avec 257 candidatures reçues provenant de 40 pays africains. 11 startups ont été financées pour un total de 3,88 millions d’euros en quelques mois. Ce fonds, de 5 millions d’euros, a permis à des entreprises innovantes de surmonter leurs problématiques de financement, renforcer leur attractivité et crédibiliser leur démarche. Cette première capacité de financement avec l’aide de Digital Africa sur tickets allant de 175.000 à 600.000 euros consolide la croissance des startups en capacité d’effectuer des levées de fonds pour clore leur phase de développement et passer celle de l’industrialisation.

« Avec Fuzé, nous apportons une solution simple aux talents africains……nous facilitons l’accès au financement de façon transparente et ouverte à tous, pour une meilleure réussite de la tech Made in Africa », a déclaré Stephan-Éloïse Gras, Directrice Générale de Digital Africa.

À noter que le fonds Fuzé est le fruit du rapprochement entre Digital Africa et Proparco. Il s’inscrit également dans le cadre de sa feuille de route 2022-2025 qui vise à soutenir 200 startups africaines à différents stades de leur croissance avec un large éventail d’offres à leur disposition. Digital Africa a également lancé avec Proparco, le Fond Bridge qui offre une première capacité de financement aux entreprises «Made In Africa» en phase d’amorçage.

Benin : La BOAD investit dans un complexe agro-industriel

L'accord de financement a été paraphé le 19 septembre dernier à Cotonou par M. Serge EKUE, Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et M. Gilles GUERARD, Président du Conseil d’Administration de la société Coca-Cola Donga Bottling Company SA (CCDBC SA).

La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et la société Coca-Cola Donga Bottling Company SA (CCDBC SA) ont procédé, la semaine dernière à Cotonou, à la signature d’un contrat de prêt d’un montant de 20 milliards FCFA. Soit 30 millions de dollars pour l’implantation et l’exploitation d’un complexe brassicole et d’une ligne de fabrication de canettes dans la zone industrielle de Seme-Podji au Bénin.

L’usine, la première du genre dans la zone UEMOA vise à apporter une contribution à l’approvisionnement du marché en produits de qualité, la création d’emplois et la création de richesses. Dans un communiqué, la banque ouest-africaine a indiqué que le projet permettra de produire dans le cadre d’un partenariat avec The Coca-Cola Company, 385.000 hectolitres de boissons gazeuses dès la première année et 730 000 hectolitres à partir de la 5ème année de sa mise en œuvre. Aussi, en moyenne 7 300 hl d’eaux minérales seront produits sur la période ainsi 64 millions de canettes à partie de la première année et 200 millions de canettes à partir de la 4ème année.

« La mise en place de l’unité de fabrication de canettes, première du genre dans l’espace UEMOA, permettra de satisfaire la demande des brasseurs notamment des pays de l’UEMOA pour ce type d’emballage, de plus en plus utilisé et conforme aux normes environnementales », a déclaré Serge Ekué, Président de la BOAD.

Il s’est dit ravi de signer le contrat de prêt de 20 Milliards de FCFA avec Coca-Cola Donga Bottling Company SA au Bénin pour l’implantation d’un complexe brassicole et d’une ligne de fabrication de canettes.

Soutien aux champions nationaux

« Le soutien aux champions nationaux est une réalité à la BOAD », a indiqué le président Serge Ekué. Ainsi, a-t-il ajouté, en décidant d’accompagner CCDBC SA, « la BOAD s’inscrit dans une dynamique de soutien aux champions nationaux et selon l’institution financières, le projet s’insère parfaitement dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2021-2026) du Bénin notamment en son pilier n°2 « poursuite de la transformation structurelle de l’économie ». Il trouve également son ancrage dans le plan stratégique de la BOAD dénommé « Plan DJOLIBA », notamment en son axe opérationnel n°2 relatifs à « la contribution et la création de valeur et d’emplois productifs en appui aux Etats et au secteur privé », a poursuivi Ekué.

Selon la BOAD, le projet porte à 901,386 milliards de francs CFA, le volume global des engagements de la Banque au Bénin, dont 36,381 milliards de francs CFA en faveur du secteur agro-industriel. Il convient de rappeler que la nouvelle société Coca-Cola Donga Bottling Company SA (CCDBC) a été désignée comme embouteilleur de The Coca-Cola Company au Bénin à compter du 1er juillet 2022. Elle s’est ainsi confier le mandat de produire et de commercialiser tous les produits des marques disponibles dans le pays de la multinationale américaine notamment Coca-Cola, Fanta, Sprite et Schweppes, entre autres. Une décision qui réaffirme l’engagement au Bénin du géant mondial des boissons d’accélérer la croissance en créant un écosystème industriel productif qui générera de la valeur pour les clients et les consommateurs grâce à l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement, des technologies de dernière génération au service des clients ainsi que le recours à des entreprises locales pour une meilleure prise en compte des enjeux locaux.

Zimbabwe : Invictus Energy entame les travaux de forage sur Cabora Bassa

(Crédits : Dr).

Au Zimbabwe, la société australienne Invictus Energy a annoncé le démarrage des travaux de forage dans le cadre du projet gazier de Cabora Bassa. Il s’agit d’une campagne de forage de deux puits d’exploration, prévue depuis plusieurs mois.

Au Zimbabwe, la compagnie australienne Invictus Energy a annoncé qu’elle a levé à travers une opération de placement privé, 25 millions de dollars australiens (17,2 millions USD). Et ce dans le cadre du projet gazier de Cabora Bassa.Invictus Energy Limited a fait le point sur les activités de son projet Cabora Bassa, détenu et exploité à 80 % par la société, au Zimbabwe. La société a annoncé que le forage du puits d’exploration Mukuyu-1 dans le SG 4571 a commencé le 24 septembre. Le forage commencera à partir du conducteur installé à 67m jusqu’à une profondeur prévue d’environ 650m dans la section du trou intermédiaire de 17½ pouces.

Mukuyu est l’un des prospects d’exploration pétrolière et gazière à forer dans le monde en 2022. Il cible un potentiel de ressources prospectives combinées de 20 trillions de pieds cubes et 845 millions de barils de condensat de gaz conventionnel. Soit environ 4,3 milliards de barils d’équivalent pétrole sur une base brute moyenne non risquée. Le puits Mukuyu-1 sera foré à une profondeur prévue de 3 500 mètres. Le forage et l’évaluation du puits devraient prendre environ 50 à 60 jours. La société fournira des mises à jour régulières au fur et à mesure de la progression de la campagne de forage de deux puits. Le puits Mukuyu-1 sera suivi du puits Baobab-1, qui testera une zone indépendante le long de la marge du bassin dans le bloc EPO 1849 et dont la réalisation prendra environ 30 à 40 jours.

« Nous prévoyons de commencer le forage début septembre« , a déclaré Barry Meikle, directeur national d’Invictus, sur le site du puits à Muzarabani. Invictus Energy a signé l’accord d’exploration, de développement et de production avec le Zimbabwe en 2018. Elle prévoit de construire une installation de transformation du gaz en électricité pour alimenter le réseau national. Le pays est en proie à des pénuries d’énergie forçant des coupures jusqu’à 15 heures par jour.

« Nous avons un déficit d’énergie dans ce pays, donc si nous sommes en mesure de faire un projet de gaz à l’électricité à court terme, il y aura un avantage immédiat en termes de production d’électricité », a déclaré Meikle à l’AFP. Ce sera le début d’une très grande industrie. « Si nous réussissons, ce projet sera transformationnel – un changement de jeu pour le Zimbabwe », a déclaré Joe Mtizwa, vice-président d’Invictus Energy. Mais les écologistes sont méfiants.

« Pour l’instant, le projet est au stade de l’exploration, l’impact sur l’environnement est donc marginal », a déclaré l’écologiste Farai Maguwu. Mais « lorsque le projet battra son plein, nous nous attendons à une grave pollution de l’environnement », a prévenu le fondateur du Centre for Natural Resource Governance. Maguwu a déclaré qu’il craignait que la construction de centaines de kilomètres de gazoducs entraîne le déplacement de personnes, ainsi que la destruction de la végétation et des habitats des animaux. En cas de succès, cela pourrait conduire à la première production de gaz du Zimbabwe et soulager les problèmes d’électricité du pays. 

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