lundi 23 février 2026
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Libye- Pourparlers à Tripoli pour sortir la crise de la Banque centrale

La Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a annoncé, lundi avoir tenu des discussions à Tripoli, pour tenter de résoudre la crise de la Banque centrale. Cette décision a déclenché un blocus de la production pétrolière et menace de provoquer la pire crise, depuis des années pour le principal exportateur d’énergie.

Pour sortir la Libye de la crise de la Banque centrale (BCL), la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a conduit des échanges entre les différentes parties. L’impasse a été déclenchée lorsque des factions occidentales ont tenté, le mois dernier, de renverser le gouverneur vétéran de la Banque centrale, Sadiq al-Kabir, et de le remplacer par un Conseil rival, conduisant les factions orientales à arrêter toute production pétrolière. La MANUL a déclaré que les consultations ont été conclues sur une compréhension « significative » et que les deux parties ont convenu de soumettre un projet d’accord à leurs chambres respectives pour examen. L’objectif est finaliser et de signer l’accord ce mardi 03 septembre 2024. Les prix du pétrole ont légèrement augmenté lundi, récupérant une partie des pertes de la fin de la semaine dernière, alors que les exportations de pétrole libyen sont restées interrompues. Parallèlement, les inquiétudes concernant une augmentation de la production de l’OPEP restent pressantes.

La Banque centrale, un point focal

Des représentants de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’État libyens, d’une part, et du Conseil présidentiel, d’autre part, ont participé aux pourparlers organisés par la MANUL qui ont duré de la matinée du lundi jusqu’à tard dans la nuit. La BCL est l’unique dépositaire légal des revenus pétroliers libyens. Elle verse les salaires des fonctionnaires à travers tout le pays. Si ces fonctions sont compromises par la crise actuelle, les Libyens en ressentiront bientôt les conséquences. Si la lutte pour le contrôle se prolonge, tous les salaires de l’État, les transferts entre banques et les lettres de crédit nécessaires aux importations deviendront impossibles. Le corollaire sera le gel de l’économie et du commerce international de la Libye. Les factions de l’Est, y compris la Chambre des représentants (HoR), dirigé par le président Aguila Saleh, et l’Armée nationale libyenne (LNA), sous le commandement du Général Khalifa Haftar, s’opposent à la tentative du Conseil de la présidence basé à Tripoli de renverser le gouverneur de la CBL, al-Kabir.

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Le blocus pétrolier, imposé par la partie orientale, va progressivement priver la BCL de nouveaux fonds et réduire les condensats disponibles pour les centrales électriques. Parmi les conséquences, la reprise incessante des délestages de courant électrique. En raison de la fermeture des champs pétroliers, la National Oil Corporation (NOC), compagnie pétrolière publique, a déclaré que la production totale avait chuté à un peu plus de 591 000 b/j, le 28 août, contre près de 959 000 b/j trois jours auparavant. Cela représente des pertes de plus de 120 millions de dollars, sur ces trois jours. A titre comparatif, la production était d’environ 1,28 million de b/j le 20 juillet, selon la NOC.

RDC- Quels débouchés pour l’or extrait à l’Est

Crédit : DR

Après avoir pris le contrôle total de Primera Gold, qui avait un contrat exclusif d’achat et de vente d’or extrait dans l’Est, la République démocratique du Congo (RDC) est à la recherche de nouveaux acheteurs d’or de ses provinces de l’Est.

Au moment où l’once d’or, soit 31,10 g, flirte avec 2 500 dollars sur les cours mondiaux, Joseph Kazibaziba, Directeur général de Primera Gold, affirme que cette société, désormais détenue à 100 % par le gouvernement de la RDC, souhaite inviter d’autres investisseurs à acheter l’or extrait des provinces de l’Est.

Pour l’organisme de surveillance « Le Congo n’est pas à vendre », un groupe de 14 organisations congolaises et internationales qui militent pour la transparence dans les secteurs minier et financier, le gouvernement devait clarifier les raisons pour lesquelles Primera s’est retirée du contrat et a demandé une enquête. Primera Gold a récemment été confrontée à des difficultés pour acheter de l’or dans l’Est du Congo, à cause de commerçants illicites qui font passer le minerai en contrebande au Burundi, en Ouganda et au Rwanda. En mars 2024, le rapport indique que les exportations de Primera Gold ont diminué à 164 kg d’or par mois, contre une moyenne mensuelle de 500 kg entre mai et octobre 2023.

Endiguer les pertes dues à la contrebande

Rappelons que le Groupe Primera, basé aux Émirats arabes unis, a récemment vendu sa participation dans Primera Gold, basée au Congo. Pour la petite histoire, c’était une co-entreprise, entre ce Groupe et le gouvernement Congolais. La contrebande avait entraîné la perte de millions de dollars de recettes fiscales chaque année et a contribué à financer des groupes armés déstabilisant l’Est du pays, riche en minérais précieux. L’accord RDCongo-Groupe Primera, signé en 2022, a été alors présenté comme un moyen d’assainir le secteur minier artisanal du pays. Ce contrat a donné à Primera Gold une participation majoritaire dans deux co-entreprises, avec des droits exclusifs d’exportation d’or extrait artisanalement, à un taux préférentiel de 0,25 %.

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Aujourd’hui, l’accord controversé, selon lequel il s’était vu accorder le droit exclusif de commercialiser l’or extrait par de petits producteurs ou soi-disant mineurs artisanaux dans l’Est du Congo, a été aboli. « Nous sommes très ouverts à de nouveaux acquéreurs et cherchons même à trouver des acquéreurs en Europe. », vient de dévoiler le Directeur général de Pimera Gold. La licence d’entreprise du groupe Primera aux Émirats arabes unis a expiré depuis le mois de mars, selon les documents gouvernementaux…

Chronique- ZLECAf, entre chimères et désillusions, si…

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente un marché de 1,3 milliard de consommateurs et un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. Elle ambitionne de sortir de la pauvreté des millions de personnes, d’ici 2035. Avec des économies fortement différenciées, l’Afrique risque ne risque-t-elle pas de voir ces desseins rester des vœux pieux ?

Qu’on ne s’y méprenne, la ZLECAf attise des convoitises ! Depuis plus de 5 ans, les Etats africains ont entamé les échanges dans la cadre de sa mise en œuvre. En effet, depuis le lancement en mars 2018 à Kigali et des pourparlers entamés depuis le 1er janvier 2021, certains Etats piaffent d’impatience pour son entrée en vigueur. Mais doit-on mettre la charrue avant les bœufs ?

Parmi ceux qui se présentent, sans modestie, en donneurs de leçons et n’y voient qu’un vaste marché pour écouler leurs biens et services, il serait utile de rappeler les objectifs essentiels de la ZLECAf. Justement, comment sortir des millions de personnes de la pauvreté, sans évoquer le co-développement, une coopération franche et équilibrée ?

Les indicateurs ont beau être alléchants, avec des chiffres qui donnent le tournis, néanmoins le contexte africain reste différent. En dépit d’un potentiel impressionnant et nombre d’économies émergentes, nous sommes aussi en face d’un certain nombre d’Etats dont l’économie est à 80% informelle- des PPTE, Pays pauvres très endettés ! Un tel constat dicte une période de latence, d’au moins une dizaine d’années, pour la mise à niveau de ces dernières économies, le numérique aidant.

Sortir des économies du statut PMA 

Etre un pays moins avancé (PMA) n’empêche pas de pouvoir commercer dans un espace de coopération win-win. La question que tous les observateurs se posent est de savoir si les économies émergentes, qui vont surtout tirer partie de la ZLECAf, du moins lors de son entrée en vigueur, sont prêtes à accompagner la mise à niveau des PMA ?

Dans tous les cas, un certain nombre de batailles devront être gagnées avant toute éventuelle Zone de Libre-Echange. La bataille de la transformation des matières brutes, des ressources minières, donc de l’industrialisation, sera la primordiale… L’Afrique produit des fruits tropicaux. Malheureusement, une grande quantité continue de pourrir sous les arbres ! Aucun effort n’est fait pour soutenir la labellisation, le packaging de ces produits tropicaux au goût exquis et leur commercialisation dans les marchés domestiques et extérieurs.

La bataille devra être initiée simultanément à celle de la qualité, de l’adoption de normes conformes aux standards internationaux. Le combat des infrastructures pour doter les centres industriels, mais aussi les agglomérations, de toutes les utilités, devra aussi être entamé sans délai. L’éducation, la formation et les domaines de la santé constituent d’autres pans entiers qui attendent des investissements colossaux. Quels sont ces Etats africains, grands défenseurs de la ZLECAf, qui vont financer à fonds perdus- ne serait-ce qu’à travers des associations professionnelles nationales- ces grands chantiers, indispensables et en amont de toute ZLE qui se respecte ? A défaut, les piliers, déjà très faibles, de ces économies vont s’effondrer et les banqueroutes vont se succéder, jetant des milliers de travailleurs dans la rue. A terme, au lieu de lutter contre la pauvreté et créer plus de concorde dans un continent qui peut être grenier du monde et locomotive de plus de concorde sur terre, la ZLECAf serait source de désolation, de misères et de frustrations.

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On peut le croire, dans la mesure où certaines économies émergentes adoptent déjà un double langage. Au moment où ils louent la ZLECAf et inondent certains marchés de leurs biens et services, ils mettent en place des mesures protectionnistes à peine voilées et très éloignées de la sauvegarde, se déclinant sous forme de normes de protections du consommateur, de calibrage ou qualité des produits… Ceux qui hésitent à faire des efforts au niveau macro, sans omettre la bonne gouvernance, vont-ils faire un clin d’œil à cette nécessité d’approfondir l’engagement et la participation du secteur privé ? Ausculter ces questions permettra de dépasser un mercantilisme de bas étage, nouveau bras armé d’un néocolonialisme encagoulé.

Ghana- Signature d’un accord pour la construction d’un nanoréacteur nucléaire

Le Ghana a signé, jeudi 29 août 2024, un accord avec un développeur américain, pour la construction d’un petit réacteur nucléaire, utilisant la technologie NuScale Power (SMR.N).

Le Ghana est en quête de construire sa première centrale nucléaire. Au cours du Sommet Américano-Africain sur l’Energie Nucléaire à Nairobi, Nuclear Power Ghana et Regnum Technology Group ont signé, jeudi dernier, un accord pour déployer un petit réacteur modulaire NuScale VOYGR-12, ou SMR (Small Modular Reactor). C’est du moins ce qui a été dévoilé par le Département d’État américain. Les SMR sont plus petits que les réacteurs actuels et peuvent être construits en usine. Toutefois, des questions subsistent. Seront-elles un jour commercialisées à large échelle? Les États-Unis cherchent à promouvoir des technologies qu’ils considèrent comme propres et à les vendre aux pays en développement. L’Administration du Président Joe Biden a estimé que l’énergie nucléaire, qui produit de l’électricité pratiquement sans émissions, est essentielle dans la lutte contre le changement climatique. En revanche, ce type d’énergie produit des déchets nucléaires à longue durée de vie.

Sécurité énergétique et décarbonation, par le nucléaire

NuScale est la seule entreprise à disposer d’une licence pour construire un SMR aux États-Unis. L’année dernière, elle a annulé son seul projet aux États-Unis, en raison de la hausse des coûts. Parmi les autres prétendants à la centrale au Ghana, figuraient également le groupe français EDF et la China National Nuclear Corporation, a déclaré, au mois de mai, un responsable du ministère de l’Énergie du Ghana. Le sud-coréen Kepco et sa filiale Korea Hydro Nuclear Power Corporation, ainsi que le russe ROSATOM, étaient aussi en compétition pour le contrat qui devrait s’étendre sur la prochaine décennie, avait alors déclaré ce responsable.

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Pour Aleshia Duncan, Sous-Secrétaire Adjointe à la Coopération internationale au ministère américain de l’Énergie, « Le Ghana et de nombreux autres pays africains se tournent vers l’énergie nucléaire pour atteindre leurs objectifs de développement économique, de sécurité énergétique et de décarbonation. Il est impératif que les États-Unis restent un partenaire fort et engagé, offrant une expertise technique et des ressources, pour assurer le déploiement réussi de l’énergie nucléaire sur tout le continent. »

Liberia- Fermeture de Bong Mines, filiale de China Union

L’Agence libérienne de protection de l’environnement a décidé de fermer, mercredi dernier, les opérations de la mine de fer Bong Mines, propriété de China Union. Le régulateur libérien a sévi pour sanctionner la violation de plusieurs réglementations environnementales.

Au Libéria, les autorités ne badinent pas avec l’irrespect du cahier des charges dans le secteur minier. China Union, qui avait repris Bong Mines, situées à environ 150 km au nord-est de Monrovia, la capitale, avec un investissement de 2,6 milliards de dollars en 2008, vient d’en faire les frais. L’agence libérienne de protection de l’environnement (Environment Protection Agency- EPA) a pris la décision de fermer Bong Mines pour plusieurs fautes graves. D’abord ce complexe minier a fonctionné sans permis de rejet d’effluents dans une zone humide (Wetland). Ensuite, il a fait des fautes dans la construction d’une usine de traitement de ces effluents. Les effluents doivent être pré-traités avant rejet dans la nature, mais selon une règlementation spécifique des autorités libériennes. D’après l’agence de régulation du Libéria, des violations ont été signalées à deux reprises, depuis le mois de juin. Outre une mise en demeure, elle a infligé une amende à la mine qui n’a pas daigné répondre. « China Union a ignoré, de manière flagrante, les avertissements d’EPA et a continué à fonctionner sans aucun permis environnemental, poursuivant ainsi la dégradation et la pollution de l’environnement », apprend-on du côté de l’agence. La fermeture restera en vigueur « jusqu’à ce que la conformité totale soit atteinte et que les préoccupations environnementales identifiées soient dûment traitées », vient de révéler l’agence libérienne de régulation.

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Pour mémoire, cette filiale de China Union effectuait sa première expédition de minerai de fer en 2014. Le fer est un minerai abondant au Liberia, mais le secteur a été décimé par des décennies de sous-investissements. La production de Bong Mines a été stoppée pendant le conflit qui a duré de 1989 à 2003.

Cameroun- Se conformer aux exigences de traçabilité de l’UE

En Côte d’Ivoire, la filière cacao est depuis le début de l’année confrontée à crise majeure de commercialisation. Cette dernière s'est caractérissée par un blocage des exportations et une chute brutale des cours mondiaux après que ces derniers ont atteint leur plus haut niveau fin 2024. (Crédit : DR).

L’Association camerounaise du cacao et du café a signé, mercredi 28 août 2024, des accords avec six exportateurs de cacao pour déployer une plateforme qui fournira des données sur la localisation des plantations, afin de se conformer à une réglementation européenne imminente sur les produits sans déforestation.

L’Union européenne est le plus grand marché du Cameroun. Bon an mal, ce pays y exporte environ 80 % du total des exportations de fèves de cacao. Pour la campagne agricole 2023/2024, cela représente 185 613 tonnes métriques, selon les données de l’Office national du cacao et du café du Cameroun. Toutefois, en vertu de la nouvelle règle de l’UE, qui entrera en vigueur d’ici la fin de cette année, les ingrédients de fabrication du chocolat et autres intrants ne seront pas acceptés sur ce marché, s’ils ont été produits sur des terres déboisées ou dégradées, après le 31 décembre 2020, une date qui correspond aux engagements internationaux existants.

e-Phyto

S’aligner sur e-Phyto

La plateforme de traçabilité, gérée par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café du Cameroun, permettrait aux acheteurs de l’UE de demander les coordonnées des plantations, appartenant aux producteurs de cacao, ont indiqué les responsables. Ce dispositif permettra d’interroger ensuite de manière anonyme les détenteurs de données, la plupart des plantations de cacao ayant déjà été géoréférencées par les opérateurs du secteur. « C’est une excellente initiative du secteur privé, avec l’implication du gouvernement. Il ne s’agit pas seulement de respecter les règles de l’UE, mais de montrer que le produit est le meilleur du monde », a déclaré SE Jean-Marc Chataigner, ambassadeur de l’UE au Cameroun. Ce dernier a ajouté que l’UE n’avait pas encore été impliquée dans le processus.

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Quant à M. Narcisse Olinga, Directeur adjoint en charge du Commerce extérieur, il a fait savoir que 260 000 tonnes, soit environ 80 % de la production de cacao du Cameroun, répondent déjà aux exigences de traçabilité de l’UE. « Nous sommes très optimistes et atteindrons 100 %, d’ici à ce que la réglementation devienne applicable », a-t-il déclaré. De son côté, M. Kate Fotso, PDG de Telcar Cocoa, coentreprise de Cargill, a déclaré que les réglementations devaient être correctement respectées pour la protection des intérêts des acheteurs, des petits exportateurs et du pays dans son ensemble. A noter que les six exportateurs comprennent Telcar Cocoa, Ofi Cam, filiale d’Olam International, Neo Industry, Atlantic Cocoa Corporation, Sic-Cacaos, ainsi que le FODECC (Fonds de développement des filières cacao et café du Cameroun).

A défaut de diversifier ses débouchés, le Cameroun verra ses exportations de cacao plafonner… une des conséquences de se conformer à cette nouvelle norme UE.

Sommet Afrique Chine- un ballet de Présidents Africains

La 9ème édition du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) se tiendra à Pékin, du 4 au 6 septembre 2024. Plusieurs chefs d’États africains devraient y prendre part, pour diversifier leurs partenariats économiques et stratégiques avec le pays du Soleil Levant.

A l’instar de plusieurs de ses pairs africains, le président nigérian, Bola Tinubu, participara au FOCAC 2024. L’agenda de ses rencontres comprend une entrevue avec le dirigeant chinois, Xi Jinping, la semaine prochaine. Au menu des échanges, la coopération dans les domaines de l’économie, de l’agriculture et de la technologie satellitaire, a déclaré, mardi 27 août 2024, un porte-parole du gouvernement nigérian, Ajuri Ngelale. « Cela fera partie d’un engagement plus large où les deux chefs d’État discuteront de questions d’intérêt mutuel non seulement dans le domaine de l’économie, mais également sur des questions de sécurité nationale, régionale et internationale », a-t-il ajouté.

Un riche programme, en perspective

L’Afrique est au cœur du programme phare de coopération économique de la Chine. Même son de cloche, du côté de nombreux pays africains. Justement, le programme du président Tinubu en Chine comprendra des visites de sites, dans deux grandes entreprises chinoises, à savoir Huawei Technologies et China Rail and Construction Corporation. Doit-on rappeler que le Nigeria cherche à achever une ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV), devant relier Ibadan, dans le sud-ouest du pays, à la capitale Abuja?

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Le chef de l’Etat nigérian rencontrera également 10 PDG (Présidents directeurs généraux) de grandes entreprises chinoises dans les domaines des technologies de l’information et de la communication, du pétrole et du gaz, de la production d’aluminium, de la construction de ports maritimes et portuaires, des services financiers et du développement de technologies satellitaires. Le Nigeria recherche des investissements pour stimuler son économie, qui est aux prises avec une inflation à deux chiffres, des pénuries de devises étrangères et des problèmes, tels que le vol de pétrole brut.

Soudan- Désastre à l’Est, après la rupture du barrage d’Arbaat

Suite à l’effondrement du barrage d’Arbaat, à 20 km au nord de Port Soudan, samedi dernier, le nombre de victimes ne cesse de grimper et dépasse les 130 annoncées au début. Les dégâts, causés par l’inondation, chiffrent en millions de dollars, vu que la rupture du barrage a isolé des dizaines de villages et petites communautés.

Au Soudan, les fortes précipitations de la semaine dernière ont eu raison du barrage d’Arbaat qui a finalement cédé. Les fortes pluies, arrivées beaucoup plus tôt que d’habitude, ont provoqué de graves inondations, dans l’Est du pays. Les victimes se comptent par centaines. Aux 130 morts, s’ajoutent des centaines de personnes portées disparues. Les dégâts matériels sont colossaux, d’autant plus que les inondations ont conduit à l’isolement de dizaines de villages. En effet, plusieurs localités sont toujours bloquées dans les plateaux et montagnes avoisinants et de l’autre côté du fleuve.

Fort heureusement, les secours continuent de s’organiser et d’affluer sur la zone dans ce pays, toujours handicap par une guerre civile. Des convois humanitaires, à destination du Darfour et d’autres régions du Soudan, notamment via le point de passage d’Adré à la frontière entre le Soudan et le Tchad, récemment été ouvert à l’aide, sont confrontés au défi supplémentaire de voir des infrastructures essentielles endommagées, à la suite de pluies inhabituellement fortes au Soudan. L’Association soudanaise des écologistes révèle que la ville est menacée par la soif dans les prochains jours.

Pire crise humanitaire au monde

Les infrastructures du Soudan, déjà détériorées et en mauvais état avant même que la guerre n’éclate en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide paramilitaires, sont bien ébranlées et compliquent les secours. Déjà la crise consécutive à la guerre civile avait conduit l’ONU l’a qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les deux factions belligérantes ont détourné des ressources vers le conflit, laissant les infrastructures à l’abandon. Cette catastrophe, avec la rupture du barrage, est comme la goutte qui fait déborder le vase. L’organisation humanitaire de l’ONU Ocha a estimé que 317 000 personnes ont été touchées, depuis juin, par les inondations dans 16 des 18 États du Soudan. D’ailleurs, l’OMS vient de signaler plusieurs cas de choléra, liés aux inondations.

Nigeria- Plus de 3 % de croissance économique, au 2ème trimestre

L’économie nigériane a progressé de 3,19 % au deuxième trimestre 2024, par rapport au même trimestre de l’année dernière. Une croissance, portée par une production de pétrole brut plus élevée et la performance du secteur des services, selon les données de l’agence statistique.

Au Nigéria, dès le premier trimestre 2024, la croissance, observée à 2,98 %, a été plus accentuée que celle, enregistrée à 2,51 % au deuxième trimestre de 2023. Cette tendance s’est confirmée au second trimestre, avec un taux de croissance de 3,19 %. Certes cette bonne tenue reste bien en deçà des 6 %, visés par le président Bola Tinubu et annoncés à sa prise de fonctions. Face aux difficultés économiques, le président nigérian a lancé des réformes pour tenter de stimuler la production, au ralenti depuis environ une décennie, notamment en réduisant les subventions et en dévaluant de la monnaie du pays, le naira.

Une croissance différenciée, selon les secteurs

Il s’est avéré que les réformes, dans ce pays, le plus peuplé d’Afrique, que les réformes ont alimenté l’inflation, déclenchant des manifestations contre le coût de la vie. La Banque centrale du Nigéria (CBN) a dû augmenter son taux directeur par quatre fois, cette année. Le Bureau national des statistiques a déclaré que le secteur des services a connu une croissance de 3,79 % sur un an, au deuxième trimestre, contribuant à 58,76 % du PIB. Le secteur pétrolier, qui représente la majeure partie des recettes publiques et des réserves de change, a fait un saut de 10,15 %, tandis que l’agriculture a progressé de 1,41 %. Quant à la production industrielle, elle a augmenté de 3,53 %.

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A noter que le Nigéria a enregistré une production pétrolière journalière moyenne de 1,41 million de barils par jour (mbpj), au deuxième trimestre, en hausse, par rapport à la moyenne quotidienne de 1,22 mbpj au même trimestre de 2023. Pourvu que cela dure. A fin 2024, le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 3,1 % de l’économie nigériane.

RDCongo- L’Etat bloque le deal Chemaf-Norinco

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) s’oppose à une proposition de Chemaf SA, de vendre ses mines de cuivre et de cobalt dans le pays au groupe chinois Norin Mining.

Chemaf, partenaire de longue date du négociant en matières premières Trafigura, a annoncé, en juin, avoir accepté de vendre ses mines en Répubique démocratique du Congo (RDC) à l’unité du géant de la défense et de l’industrie, China North Industries Corp (Norinco), soutenu par l’État chinois. Chemaf SA s’est mise en vente, l’année dernière, en raison d’une crise de trésorerie qui bloquait l’expansion de ses projets, Etoile et Mutoshi, en RDC, alors que les prix du cobalt chutaient.

Kizito Pakabomba, ministre congolais des Mines, a déclaré que l’accord constituait une violation des accords de location de la société minière publique Gécamines avec Chemaf. Le ministre a recommandé que la transaction soit interrompue, selon le compte-rendu d’une réunion du conseil des ministres. Le Conseil des ministres a adopté la recommandation du ministère des Mines de suspendre la transaction. « Considérant la violation flagrante des clauses du contrat d’affermage entre la Gécamines et la Chemaf SA, il a été recommandé l’arrêt de la transaction en cours, suite à l’opposition de la Gécamines », précise le procès-verbal. Un porte-parole de Chemaf SA a déclaré que la société continuerait à travailler avec les autorités congolaises, pour faire progresser la transaction signée.

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La Gécamines a déclaré, le mois dernier, qu’elle détenait les droits miniers sur les mines de Chemaf et qu’elle était également opposée à l’accord avec Norinco. Les mineurs chinois, dont la plupart sont soutenus par l’État chinois, sont devenus les plus gros investisseurs au Congo. Notons que la deuxième économie mondiale recherche activement des approvisionnements en cuivre et en cobalt pour son industrie des véhicules électriques, en pleine expansion. En RDCongo, premier fournisseur mondial de cobalt, Norinco exploite déjà le cuivre et le cobalt de Comica et de Lamikal.

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