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Les Emirats arabes unis misent sur la RDC : un partenariat stratégique et ambitieux

Longtemps restée en marge des circuits d'investissement du Golfe, la République démocratique du Congo s'impose désormais comme une destination incontournable pour les capitaux émiratis. Photo archives Félix Tshisekedi, à l'Elysée, Paris, le 30-04-2024.

De Dubaï à Kinshasa, la coopération économique entre les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo (RDC) prend une ampleur inédite. Tourisme, infrastructures, énergie, numérique : les deux pays multiplient les accords et les engagements financiers, faisant de la RDC l’un des partenaires africains privilégiés d’Abou Dhabi.

Longtemps restée en marge des circuits d’investissement du Golfe, la République démocratique du Congo s’impose désormais comme une destination incontournable pour les capitaux émiratis. En l’espace de quelques mois, les annonces se sont succédé à un rythme soutenu, traduisant une volonté politique affirmée des deux côtés de tisser des liens économiques durables. Le signal le plus fort est venu de Dubaï. Lors du Sommet Émirats arabes unis–Afrique tenu du 25 au 29 octobre 2025, la RDC a obtenu un financement de 1,882 milliard de dollars américains pour développer son secteur touristique, soit 31 % du total de six milliards de dollars prévus pour l’ensemble du continent africain. Quatre projets ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs émiratis : le développement des circuits et des aires protégées de l’ouest du pays, incluant le Jardin zoologique et botanique de Kinshasa, le Parc marin de Mangrove de Mwanda, le Parc national de Kundelungu, ainsi que la Réserve de Mbombo-Numene.

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Mais le tourisme n’est que la vitrine d’un partenariat bien plus vaste. En février 2026, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé à Abou Dhabi un accord de partenariat économique global, à l’issue de deux années de négociations. Cet accord couvre des secteurs aussi variés que les mines, les infrastructures portuaires, les énergies renouvelables ou encore la coopération entre banques centrales. Les échanges commerciaux entre les deux pays auraient bondi de 27 % entre 2023 et 2025, selon les autorités congolaises.

La diversification économique portée par Kinshasa

Sur le front des infrastructures, les engagements prennent forme concrètement. La coopération prévoit notamment la construction de deux ports secs et de routes dans le corridor de Lobito par le groupe Abu Dhabi Ports, ainsi que des investissements dans les ports de Matadi et de Boma. Des projets structurants dont la RDC, pays enclavé aux besoins logistiques colossaux, a cruellement besoin. La transition énergétique est également au cœur de l’agenda commun. Un accord avec les Émirats arabes unis est en cours de finalisation pour financer des centrales solaires dans le Kasaï et le Katanga. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de diversification économique portée par Kinshasa, alors que les projections du ministère du Plan prévoient un ralentissement de la croissance minière à 7,1 % en 2025, contre 12,5 % l’année précédente. Le secteur numérique n’est pas en reste. Le ministre congolais de l’Économie numérique a reçu en février 2026 une délégation de la société The Founding, basée aux Émirats arabes unis, venue présenter des projets de centres de données destinés à accompagner le développement des infrastructures numériques en RDC.

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Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique diplomatique entamée depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. L’ouverture de l’ambassade des Émirats arabes unis à Kinshasa en 2023 a symbolisé cette nouvelle ère de coopération entre les deux nations, tandis que le volume des échanges commerciaux bilatéraux est passé de 1,5 milliard à plus de 4 milliards de dollars. Reste désormais à transformer ces promesses en réalités tangibles. Le gouvernement congolais travaille à la mise en place de fiches de projets d’investissement, en coordination avec les ministères des Finances, du Budget, des Affaires foncières et des Infrastructures, afin de permettre à la RDC de s’approprier pleinement ces fonds. Un défi institutionnel majeur pour un pays qui, malgré ses richesses exceptionnelles, peine encore à concrétiser ses ambitions de développement.

Afreximbank mise 2,5 milliards de dollars sur la raffinerie Dangote : un pari historique

Le 31 mars 2026, au Caire, Afreximbank a officialisé sa souscription de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d'un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). (Crédit ; Dr)

La Banque Africaine d’Import-Export devient le premier bailleur de fonds d’un prêt syndiqué de 4 milliards de dollars accordé à la plus grande raffinerie du continent. Une opération qui dépasse le simple financement pour incarner une vision : celle d’une Afrique capable de produire, raffiner et commercer par elle-même.

C’est une transaction qui fera date dans l’histoire financière et industrielle du continent africain. Le 31 mars 2026, au Caire, Afreximbank a officialisé sa souscription de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d’un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). Une participation qui représente la part la plus importante du consortium, co-arrangé avec Access Bank, et qui positionne la banque panafricaine comme le pivot financier du plus grand complexe de raffinage du continent.

Un mastodonte industriel à consolider

Implantée au Nigeria, la raffinerie Dangote est entrée en activité de raffinage en février 2024. Avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, elle n’a pas d’équivalent en Afrique. Mais derrière les chiffres impressionnants se cache un impératif stratégique : sécuriser le modèle financier d’une infrastructure dont dépend une large partie de l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés du continent. C’est précisément l’objet de ce prêt à terme d’une durée de cinq ans. L’objectif affiché est triple : consolider les financements existants, optimiser la structure du capital de DPRP et l’aligner sur le statut désormais pleinement opérationnel de la raffinerie, tout en soutenant son plan de croissance à long terme. En renforçant la flexibilité du bilan de l’entreprise, cette facilité de crédit vise à asseoir durablement la raffinerie comme fournisseur stratégique, non seulement pour les marchés africains, mais aussi à l’échelle mondiale.

Un mastodonte industriel à consolider

Depuis le lancement des opérations de raffinage, la banque avait déjà accordé à DPRP une facilité de fonds de roulement d’un milliard de dollars. Elle est également intervenue en qualité de conseiller financier dans le cadre de l’initiative « Naira-for-Crude », un mécanisme innovant permettant l’achat de pétrole brut et la vente de produits raffinés en monnaie locale nigériane, s’affranchissant ainsi de la dépendance aux devises étrangères. Une initiative aux implications bien au-delà du Nigeria, tant elle illustre la possibilité de construire des circuits commerciaux souverains à l’échelle du continent. Lors d’une réunion au Caire entre le conseil d’administration d’Afreximbank et la direction du groupe Dangote, le Dr George Elombi, Président de la banque, a affirmé que : la dimension africaine de l’investissement est au cœur de la démarche. Rappelant qu’Afreximbank a injecté près de 15 milliards de dollars dans le groupe Dangote depuis 2015.

Il a insisté sur le sens profond de cet engagement : « Lorsque nous investissons en nous-mêmes, nous faisons plus que créer des emplois et de la richesse — nous construisons un avenir sûr et résilient pour notre continent. »

Le prêt syndiqué a suscité un intérêt marqué auprès d’un consortium d’institutions financières africaines et internationales, signe que la confiance dans le projet Dangote — et plus largement dans le potentiel industriel de l’Afrique — dépasse les frontières du continent. Pour Aliko Dangote, président et directeur général de Dangote Industries Limited, cette opération constitue « une étape importante dans le renforcement des fondements financiers » de la raffinerie et prépare l’entreprise à sa prochaine phase de croissance.

Un signal fort pour l’industrialisation africaine

Au-delà de l’enjeu sectoriel, cette transaction s’inscrit dans une narrative plus large : celle d’un continent qui entend réduire sa dépendance aux importations de produits raffinés, dynamiser le commerce intra-africain des hydrocarbures et bâtir une véritable sécurité énergétique. En mobilisant des capitaux à cette échelle pour un actif industriel continental, Afreximbank envoie un signal aux investisseurs : l’Afrique est capable de financer, de construire et de faire fonctionner ses propres infrastructures stratégiques. La raffinerie Dangote n’est plus seulement un projet nigérian. Elle est devenue, avec ce jalon financier, un symbole de ce que l’ambition et l’exécution africaines peuvent accomplir — à grande échelle, et dans la durée.

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Sénégal- Qui sont dérangés par une gestion transparente et efficiente de la dette ?

Au Sénégal,  un nouveau pouvoir a les rênes du pays depuis bientôt deux ans. Ayant hérité, selon un auditeur indépendant, d’une dette abyssale de plus de 40 milliards de $, soit plus de 130% du PIB, dont au moins 7 milliards de $ dissimulés, il a opté pour une gestion  transparente et conforme aux règles en vigueur. L’ère de l’opacité dans la mobilisation des ressources financières est révolue au Sénégal.

Aux allégations de journaux étrangers, honteusement reprises par des périodiques locaux, portant sur une dette pseudo-secrète de 650 millions de $ pour éviter un défaut de paiement, le gouvernement du Sénégal apporte un démenti catégorique, preuves à l’appui.

Depuis deux ans, le Sénégal, qui a mis en avant la souveraineté, optant pour un PRES (Plan de redressement économique et social, JUBBANTI KOOM), rejetant toute restructuration de sa dette, a fonctionné sans le FMI. Depuis deux ans, le pays n’a presque pas connu de scandales de corruption ou de détournements de deniers publics, ni de surfacturation. Opérant un excellent profilage de la dette, le gouvernement du Sénégal déroule sa stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT), dans le respect de l’autorisation parlementaire, en phase avec les Lois de finances  en 2025, à savoir la LFI (la Loi de finances initiale) 2025, la LFR1 (la Loi de finances rectificative) 2025 et la LFR2 2025. Notre pays, le Sénégal reste pleinement engagé à poursuivre la gestion prudente, transparente et responsable de sa dette publique, aime à défendre M. Cheikh Diba, ministre des Finances et du budget (MFB).

Une communication transparente

Il y a quelques semaines des thuriféraires avançaient que le pays serait en défaut de paiement le 13 mars. Il n’en a rien été. Actuellement ceux, mus par une volonté de saper le développement du pays, soutiennent vaille que vaille la souscription d’une dette secrète… Malheureusement pour ces derniers, le ministère des finances et du Budget (MFB) vient rappeler que le recours à des instruments de financements diversifiés constitue un axe fondamental de la stratégie de mobilisation des ressources. Cette démarche est régulièrement partagée dans sa communication, notamment lors de son passage à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025. Le montant de 650 Millions de $, levé auprès d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, s’inscrit dans une démarche cohérente, maitrisée et assumée, avec une communication transparente vis-à-vis des partenaires et du peuple sénégalais, à travers l’Hémicycle.

Rappelons qu’à la page 31 de LFI 2026, il est clairement stipulé que le Ministère des finances est autorisé à contracter ces emprunts, à recevoir des dons au nom de l’Etat du Sénégal et à lever des ressources de trésorerie pour un montant total de 6 266, 693 milliards f CFA.  Ces financements pourront être mobilisés soit le marché national, soit sur le marché extérieur auprès de pays ou organismes. Qui plus est, dans le Rapport économique et financier 2025, annexé à la LFI 2026, il est inscrit noir sur blanc, à la page 39 (finances.gouv.sn/app/uploads/REf-LFI-2026.pdf), que le gouvernement pourrait recourir au Total Return Swap (TRS) pour couvrir ses besoins de financement. Le recours aux TRS, instruments financiers pour transférer le risque et le rendement d’un actif sous-jacent, permet d’attirer des investisseurs étrangers, afin d’approfondir le marché domestique et d’en améliorer la liquidité. Il s’agit d’opérations conduites sur le marché des titres publics dans  le cadre de sept opérations entre avril et novembre 2025, conformément au calendrier d’émission. Tous ces points et d’autres, au nombre d’une dizaine, sont rendus publics par l’argentier de l’Etat sénégalais. Il y dévoile que ces conditions d’emprunt sont beaucoup plus avantageuses, avec un taux net supporté d’environ 7,1%, nettement inférieur aux taux sur les marchés internationaux. Contre des niveaux moyens oscillant entre 12 et 11%, sur les marchés eurobonds en 2025, ces opérations ont permis de réaliser des économies substantielles au Trésor public sénégalais.

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Comment ce même FMI peut-il déclaré, selon certains journaux, que le Sénégal a emprunté secrètement des centaines de millions de $ sans les déclarer publiquement ? Le MFB soutient au contraire que l’exécution du plan de financement a fait l’objet d’un partage régulier avec le FMI, par messages écrits ainsi que des réunions sur le détail des mobilisations de financement, y compris les opérations de TRS. Ce département ministériel ajoute que les montants, mobilisés dans le cadre de l’exécution du plan de financement 2025, ont exclusivement servi à couvrir les besoins dudit plan. Ils ne sauraient en aucune manière adresser ceux de l’exercice 2026 en cours. L’argentier de l’Etat rappelle qu’il est de notoriété publique que l’échéance de l’Eurobond, à laquelle l’article du Financial Times fait référence, a été honorée en mars 2026. Les fins de non-recevoir d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank aux sollicitations de FT en disent long sur le crédit à son article.

Quid du fardeau hérité, loin des critères de convergences CEDEAO ?

Pourquoi Financial Times n’a rien publié sur la dette cachée de 7 milliards de $, contractée au nez et à la barbe du FMI, par le régime précédent au Sénégal ? Tout au moins, avait-il soutenu que « depuis le scandale des obligations thonières « Tuna bonds » au Mozambique, dans les années 2010, le Sénégal est devenu un test pour la capacité du FMI à lutter contre les cas de dette cachée et pour évaluer jusqu’où il est prêt à aller pour exiger un allègement de la dette d’autres créanciers, afin de garantir ses plans de sauvetage ». Qu’attend d’ailleurs l’Etat du Sénégal pour exiger un démenti à publier dans leurs colonnes sans délais ?

Le Sénégal ne veut être le cobaye de personne et entend poursuivre ce PRES, premier palier d’un redressement national indispensable pour restaurer les équilibres macroéconomiques et préparer la transformation structurelle du pays. Le FMI et tous les partenaires, réellement intéressés par le développement du continent africain, doivent s’inscrire dans cette dynamique et traquer les pratiques qui ont pondéré, jusqu’à présent son essor, en dépit de ressources abondantes.

Economie : Rationalisation de l’eau pour générer 250 millions d’emplois, principalement en Afrique

Rééquilibrer l'utilisation de l'eau dans le système alimentaire mondial est essentiel pour répondre durablement à la demande alimentaire future et pourrait créer 245 millions d'emplois à long terme, principalement en Afrique subsaharienne, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié le 19 mars. Photo : Barrage de la renaissance africaine en Ethiopie. Crédit : Dr

Une utilisation plus intelligente de l’eau pourrait nourrir 10 milliards de personnes et créer près de 250 millions d’emplois, selon le communiqué sur un nouveau rapport de la Banque Mondiale du 19 mars, envoyé à la Africa Income. Cette approche innovatrice de gestion de l’eau agricole établit un lien entre la disponibilité en eau, la production alimentaire et le commerce, surtout dans les pays plus vulnérables comme ceux d’Afrique Subsaharienne.

Rééquilibrer l’utilisation de l’eau dans le système alimentaire mondial est essentiel pour répondre durablement à la demande alimentaire future et pourrait créer 245 millions d’emplois à long terme, principalement en Afrique subsaharienne, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié aujourd’hui. Ce cadre novateur de gestion de l’eau agricole établit un lien entre la disponibilité en eau, la production alimentaire et le commerce. En classant les pays selon leur niveau de stress hydrique et leur statut d’importateurs ou d’exportateurs de produits alimentaires, il permet d’identifier les régions où le développement de l’agriculture pluviale peut accroître la production alimentaire, celles où les investissements dans l’irrigation peuvent créer des emplois et stimuler la croissance, celles où l’utilisation de l’eau doit être rééquilibrée pour protéger les écosystèmes et la productivité future, et celles où le commerce offre une voie plus durable que la production locale.

« La manière dont nous gérons l’eau pour l’alimentation aura des répercussions profondes sur l’emploi, les moyens de subsistance et la croissance économique. En faisant des choix plus judicieux quant aux lieux de culture, à la répartition de l’eau et à la manière dont le commerce soutient la sécurité alimentaire, nous pouvons renforcer la résilience, élargir les perspectives et préserver les ressources dont nous dépendons tous », a déclaré Paschal Donohoe, directeur général et responsable de la gestion des connaissances du Groupe de la Banque mondiale.

Pour atteindre ces objectifs, il faudra une participation et un financement accrus du secteur privé, aux côtés d’investissements publics, soutenus par des politiques, des institutions et des réglementations efficaces afin de stimuler la production alimentaire, de créer des emplois et de favoriser une croissance durable. Le financement public seul ne peut garantir les services durables, l’innovation et l’échelle nécessaires pour développer l’irrigation, améliorer ses performances et maintenir les résultats obtenus. Les agriculteurs, principaux utilisateurs et investisseurs de l’irrigation, sont déjà disposés à co-investir lorsque l’accès au financement, à des équipements de qualité, aux marchés et aux outils numériques réduit les risques et les coûts de transaction auxquels ils sont confrontés.

« Lorsque les investissements dans les infrastructures et les ressources naturelles, les politiques favorables aux entreprises et la mobilisation des capitaux privés convergent, l’impact peut être supérieur à la somme de ses composantes », a déclaré Guangzhe Chen, vice-président pour la planète au sein du Groupe de la Banque mondiale.

Il a également ajouté qu’en reliant les données mondiales aux réalités nationales, ce cadre peut aider les décideurs politiques à gérer les compromis et à adapter la production alimentaire aux réalités actuelles de l’eau et du climat, en assurant simultanément alimentation, emplois et résilience.

L’expansion de l’irrigation là où l’eau est disponible, conjuguée à la modernisation des systèmes existants, devrait nécessiter un investissement supplémentaire de 24 à 70 milliards de dollars par an jusqu’en 2050. Les gouvernements consacrent déjà environ 490 milliards de dollars par an au soutien agricole, principalement sous forme de subventions. La réorientation d’une partie de ces dépenses, associée à une réforme réglementaire, au recours à des financements mixtes et à des partenariats public-privé, permettra de mobiliser des capitaux privés, notamment grâce au co-investissement des agriculteurs, et de garantir la sécurité alimentaire et hydrique de manière financièrement durable.

9 milliards de dollars d’ci 2030 et 5 milliards annuels pour AgriConnect

Dans son rapport la Banque mondiale annonce travailler en collaboration avec les pays, les entreprises, les partenaires et les populations pour traduire ces constats en actions concrètes. Une collaboration qui consiste à combiner réformes politiques, investissements publics et capitaux privés afin de renforcer les systèmes alimentaires, de créer des emplois et de protéger les ressources naturelles. Il s’est engagé à doubler le financement annuel du secteur agroalimentaire pour atteindre 9 milliards de dollars d’ici 2030 et à mobiliser 5 milliards de dollars supplémentaires par an dans le cadre de l’initiative AgriConnect pour aider les petits exploitants agricoles à passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture excédentaire. À travers les piliers « L’eau pour l’alimentation » et « L’eau pour la planète » de son plan de mise en œuvre de la stratégie pour l’eau, le Groupe de la Banque mondiale s’attaque au double défi de la sécurité hydrique et alimentaire en renforçant les systèmes de production alimentaire et en améliorant les moyens de subsistance des agriculteurs.

Chronique : Cet emploi à portée de main, frein à l’émigration clandestine en Afrique

Les douloureuses opérations de rapatriement de migrants irréguliers, largués dans le désert ou laissés à leur sort loin de nulle part, cesseront-elles un jour? Nous osons l’espérer, compte tenu des potentialités et opportunités qui ne demandent qu’à être saisies dans les pays émetteurs.   

Une stratégie efficace développement touristique permettrait de générer des milliers d’emplois et des revenus colossaux à la jeunesse africaine. Dans nos pays, nous disposons de perles. Quand je pense à la beauté de nos innombrables parcs naturels, quasiment à l’état sauvage, à des  sites, tels que celui mégalithique de Wanar dans le centre ouest du Sénégal, ou encore aux dompteurs de caïmans du Burkina Faso, je me demande pourquoi ces pays n’en profitent pas assez, en termes de retombées ?

Les îles du Delta du Saloum au Sénégal sont pittoresques et d’une beauté inouïe, mais quelles infrastructures logistique et sécuritaire sont mises en place ou envisagées, pour une implantation et une fréquentation à la dimension de leur splendeur.

A une piètre promotion s’ajoute l’absence de structures d’accueil… A y voir de plus près, c’est comme s’il n’y a aucune prise de conscience de tant d’atouts domestiques. A tous ces périmètres, encore vierges d’infrastructures touristiques grandement génératrices de revenus et d’emplois, vient se greffer un front de mer, « laissé » presqu’exclusivement aux parcours sportifs !

A l’instar de belles baies, aux plages hissant fièrement leur Pavillon Bleu, à travers le monde, les nôtres sont « inexploitées » ! Pourtant le front de mer est un GISEMENT IMPORTANT d’emplois. Copacabana, la Côte d’Azur, Ibiza, la Costa del Sol … les exemples ne manquent pas. Ok pour quelques portions de parcours sportifs et un accès public gratuit aux plages, mais que les adeptes de la gym rejoignent les salles de muscu- un autre filon pour l’emploi des jeunes, mais pour l’amour de Dieu, exploitons ces espaces à très fort potentiel, au profit des populations locales, avant que d’autres le fassent pour leur réserver de menus emplois.

Je mets des guillemets à « laissé » et « inexploitées », pour la simple et bonne raison que des investisseurs opportunistes, qui ont le flair et le coup d’œil, arrivent à y insérer des projets fort rentables. En 2000, le site, où est implanté Magic Land à Dakar, était nu… Quelques années plus tôt, il en était de même pour le lieu qui abrite le complexe hôtelier Terou Bi ! Qu’est-ce qui empêchent nos gouvernements, de concert avec les mairies, les banques de développement, les aménageurs-développeurs, à investir sur ce front de mer, respectant une discipline architecturale, un respect de l’environnement qui interdit tout rejet d’effluents sans prétraitement dans l’océan … ?

De grâce, exploitons ce front de mer et sites exceptionnels au profit des jeunes

Outre une excellente météo, avec une température moyenne annuelle de 25°C, un ciel ensoleillé 365 jours/365, si nos décideurs n’hésitent pas à façonner cette nature, sans trop l’aliéner, se basant sur des textes de loi, le succès coulerait de source. Ce volet aménagement reste important. Dans une baie ou une anse, la baignade est tranquille, lorsque la plage est propre et exempte de toute souillure… A contrario  sur la Grande Côte sénégalaise, où presqu’aucun obstacle naturel (isthme, péninsule, îlot, rochers…) ne vient briser la force du courant, la plage a beau être dotée des eaux les plus limpides au monde, s’y baigner peut comporter de graves risques de noyades pour le commun des mortels. Sur cette portion de côte, les pouvoirs publics doivent intervenir pour dépolluer, construire des jetées, aménager des espaces… pour rendre ce front de mer exploitable pour les populations. Autour des corniches, plusieurs emplois directs et indirects seraient produits pour servir un farniente couru.

Aujourd’hui, il s’agit d’aller au-delà de lois coloniales, stipulant à tort et à travers, l’exploitation d’un domaine public ou une façade maritime, où subrepticement d’autres implantent des projets à forte valeur ajoutée au nez et à la barbe de populations locales qui n’ont d’autres sorts que de prendre les illusoires chemins de l’émigration.  

Economie : Fitch plébiscite la bonne santé de l’économie Rwandaise par un B+

Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Crédit : DR.

 Derrière la révision à la hausse de la note souveraine du Rwanda à B+, par l’agence de notation Fitch, se cachent de solides indicateurs économiques pour le pays d’Afrique de l’Est. Le Rwanda présente des perspectives de croissance robuste, une dette soutenable, de grands projets structurants, en dépit d’un IDH encore faible.

Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Cette perspective reflète une incertitude réduite quant à l’accès du Rwanda aux sources de financement externes, grâce à un engagement diplomatique accru qui a favorisé une désescalade du conflit sécuritaire régional depuis leur révision d’avril 2025, et à une confiance accrue dans la stabilisation du ratio dette publique/PIB au cours des prochaines années, selon la publication de l’agence américaine de notation du 13 mars 2026. Cette note est soutenue par de solides indicateurs de gouvernance par rapport aux pays comparables, un fort potentiel de croissance à moyen terme, le caractère très concessionnel de la dette publique et un historique de soutien financier et technique officiel important, analyse Fitch. Ces atouts sont toutefois limités par le faible PIB par habitant du pays et ses déficits budgétaires et de la balance des paiements courants persistants, qui ont engendré un endettement public et extérieur élevé.

Les raisons derrière cette notation ?

La révision des perspectives de la notation IDR « B+ » du Rwanda tient compte de plusieurs facteurs. Les risques budgétaires et de financement extérieur à court terme se sont atténués au cours des 12 derniers mois, grâce au soutien continu des bailleurs de fonds. La majorité des partenaires multilatéraux et bilatéraux du Rwanda ont maintenu un soutien financier important, les décaissements extérieurs atteignant environ 1 milliard de dollars (6,1 % du PIB) pour l’exercice clos en juin 2025.

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La récente désescalade du conflit a réduit l’incertitude à court terme quant à l’accès à des financements concessionnels, même si le risque d’une intensification des pressions diplomatiques demeure. Fitch estime les engagements de prêts extérieurs officiels à près de 1 milliard de dollars par an (5,5 % du PIB) pour les exercices 2026 et 2027, destinés à financer le budget et la balance des paiements, 89 % de la dette extérieure publique étant concessionnelle. Fitch prévoit que la dette du gouvernement rwandais atteindra un pic de 79 % du PIB en 2027, contre 75 % en 2025, un niveau supérieur à la médiane de 53,4 % pour les pays de catégorie B, avant de se stabiliser. Cette situation s’expliquera par la persistance des déficits primaires, la souscription d’engagements liés au projet Bugesera et à l’expansion de RwandAir, ainsi que par la dépréciation progressive du taux de change. Des dépenses liées aux projets, supérieures aux prévisions, constituent un facteur positif pour les projections d’endettement.

« Nous anticipons que le poids élevé de la dette sera atténué par les conditions très favorables de la dette extérieure, ce qui se traduira par une bonne soutenabilité. Nous prévoyons que le ratio intérêts/recettes restera inférieur à la médiane d’environ 16 % prévue pour 2027 pour les pays de catégorie B », précise le document consulté par Africa Income.

Fitch prévoit une réduction du déficit budgétaire de 1,1 point de pourcentage, à 3,6 % du PIB, pour l’exercice 2026, grâce à des recettes plus importantes, les réformes fiscales mises en œuvre depuis l’exercice 2025 portant leurs fruits. Les mesures de réforme fiscale ont dépassé les objectifs au premier semestre de l’exercice 2026, générant des recettes supplémentaires équivalentes à 0,6 % du PIB. La baisse des subventions, qui s’élèvent en moyenne à 2,5 % du PIB sur la période 2026-2027, compensera partiellement ces gains, dans un contexte de réduction de l’aide régionale.

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Chine-Afrique : Le pari du 0% de douane pour conquérir le 21ème siècle

La 39e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) qui s'est tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marquée par la déclaration du Président Chinois Xi Jinping annonçant la suppression des droits de douane pour 53 pays. (Crédit : DR).

Pour la première de l’histoire, une grande puissance mondiale propose un partenariat, une offre commerciale aussi généreuse, avec une exemption de 100% de tarifs douaniers pour tout un continent, l’Afrique en l’occurrence.  Une opportunité que quelques pays sont plus en position de saisir.

Alors que le monde a les yeux rivés sur le conflit entre Israel et les Etats-Unis contre Iran, la Chine avance ses pions en Afrique. La 39e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui s’est tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marquée par la déclaration du Président Chinois Xi Jinping annonçant la suppression des droits de douane pour 53 pays.  La mesure qui entre en vigueur le 1er mai 2026 va appliquer 0% de tarifs douaniers sur tous les produits en provenance de ces pays. Auparavant limité aux 33 pays les moins avancés (PMA), cet avantage s’étend désormais aux économies à revenus intermédiaires comme le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, le Kenya, le Nigéria ou l’Afrique du Sud. Le volume des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’est chiffré à 348 milliards de dollars selon les statistiques de l’exercice fiscal 2025, publié par l’administration générale des douanes de la Chine (GACC).

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Cette décision intervient dans un contexte où le programme américain AGOA (African Growth and Opportunity Act) fait face à des incertitudes de renouvellement. La Chine se positionne comme un partenaire stable et leader des pays en développement et de Sud global de manière générale, à contre-courant de certaines puissances occidentales. Les exemptions douanières, les pays africaines vont en profiter à condition de respecter les strictes normes sanitaires et phytosanitaires SPS de la Chine. Les pays bénéficiaires doivent aussi disposer d’infrastructures logistiques. Face à cette opportunité historique, tous les pays africains n’ont pas les mêmes capacités pour saisir l’opportunité. Les premiers réels bénéficiaires sont les pays africains qui possèdent déjà des infrastructures exportatrices et qui étaient taxés par la Chine. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, l’Egypte, du Maroc, du Kenya, du Nigeria, la Tunisie, l’Ethiopie. Parmi les produits exportables : les agrumes, le textiles, les huiles (olive) les composants automobiles, le café, les produits halieutique et autres produits agricoles. Pour les pays producteurs de minerais comme l’Afrique du Sud, la RDC, la Zambie, La Guinée… l’intérêt reste limité dans la mesure où ces produits étaient déjà faiblement taxés., mais les encouragent à exporter des produits miniers semi-transformés, apportant plus de valeur ajoutée.

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Ghana : Après la Côte d’Ivoire, la gronde des producteurs ghanéens de cacao

Les producteurs de cacao ghanéens s'inquiètent de ne pas avoir été payés pour leurs livraisons, malgré le déblocage de fonds par l'organisme de réglementation aux acheteurs afin de régler les arriérés et de soutenir un secteur en difficulté. (Crédit : DR).

Au moment où la Côte d’Ivoire premier producteur mondiale de Cacao peine à écouler sa production et fustige la baisse des prix, le Ghana deuxième producteur est confronté aux défis liés à la restructuration de la filière, à l’origine d’impayés. L’organisme de réglementation ghanéen a débloqué 337 millions de dollars pour permettre aux acheteurs de régler leurs arriérés. Mais plusieurs agriculteurs qui se plaignent d’impayés, redoutent que les montants servent plutôt à payer les dettes auprès des banques.

Les producteurs de cacao ghanéens s’inquiètent de ne pas avoir été payés pour leurs livraisons, malgré le déblocage de fonds par l’organisme de réglementation aux acheteurs afin de régler les arriérés et de soutenir un secteur en difficulté. Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) a annoncé la semaine dernière avoir débloqué 3,62 milliards de cedis (336,74 millions de dollars) pour les sociétés d’achat agréées (LBC) afin de régler les paiements dus aux producteurs depuis novembre 2025. Ce versement, effectué à la suite d’une directive du ministère des Finances, visait à faciliter le paiement rapide des producteurs et à améliorer la liquidité du secteur cacaoyer. Cependant, les producteurs et les acheteurs affirment n’avoir toujours pas reçu l’argent, ce qui soulève des questions quant à son utilisation potentielle pour rembourser les dettes des acheteurs de cacao auprès des banques. Les représentants des sociétés d’achats agréées nient en effet avoir été payés ni pour les livraisons effectuées au prix du mois de novembre, ni pour celles effectuées au nouveau prix.

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Dans le cas du Ghana, les problèmes d’impayés s’inscrivent dans une phase de transition où le pays tente de reprendre le contrôle financier de sa filière cacao en s’affranchissant des banques internationales, tout en gérant la chute de sa production historique. Le Ghana tente en effet de réformer son financement tout en luttant contre une chute de production historique et une crise environnementale liée à l’or. La Côte d’Ivoire, bien que confrontée aux mêmes défis climatiques, reste le leader, plus stable, préférant la continuité des modèles financiers traditionnels. Le Conseil Café-Cacao continue ainsi de s’appuyer sur un système de ventes par anticipation plus classique et des partenariats bancaires établis. Alors que la Côte d’Ivoire lutte contre un surplus de stock, le Ghana lutte contre une faillite financière de son système de gestion. Pour le planteur ghanéen en 2026, le défi n’est plus seulement le prix, mais le fait de savoir quand il recevra enfin son argent.

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Chronique- Conséquences d’un baril cher pour l’Afrique

Au moment où, le monde retient son souffle avec les tensions au Moyen Orient, le renchérissement du baril de brut est au cœur des préoccupations des pays africains. Le tandem USA-Israël a encore frappé, en fin de semaine dernière, la République islamique d’Iran. Ce dernier pays a fermé presque immédiatement le Détroit d’Ormuz avant de riposter, ciblant les bases américaines dans la région et Israël. Même si certains marchés semblent faire fi, maintenant des cours corrects, une flambée est à craindre en cas de guerre qui dure. Un pétrole cher, au-dessus de 100 $, aurait des conséquences très contrastées, selon que le pays africain soit exportateur net ou importateur net.

La majorité écrasante des pays africains sont importateurs nets de pétrole. Si la guerre, déclenchée unilatéralement par les Etats Unis d’Amérique et Israël, perdure un certain nombre d’effets sont attendus sur le continent, notamment au sein de cette catégorie de pays. Avec ce choc géopolitique, aux oubliettes une croissance à deux chiffres, bonjour la hausse des coûts du carburant, du transport y compris fret maritime, camionnage, aérien, mais aussi de l’électricité, des engrais… Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, le baril de Brent à 77,82 $, s’apprécie de + 7,31% par rapport à la veille, tandis que le WTI affiche 70,86 $ soit +5,40%. A cette augmentation forte de la facture énergétique, s’ajouteront une inflation accélérée, surtout alimentaire, et une dégradation de la balance commerciale. En effet, les coûts de production agricole en hausse impacteraient défavorablement et durement les ménages pauvres, tandis que les réserves de change seront sous pression. Plus de devises seraient dépensées pour importer du brut et des produits raffinés. A une volatilité accrue, les chocs pétroliers, rendant peu aisée la planification économique, s’ajouterait une pression sur les budgets. Doit-on rappeler que beaucoup de gouvernements, qui ne pratiquent pas l’indexation des cours sur les prix, subventionnent les carburants. Ces dépenses exploseraient avec un baril surenchéri. A contrario, les dépenses de santé, d’éducation … fléchiraient.  

L’alternative, énergie propre et renouvelable

Le corollaire à ces effets néfastes serait des tensions sociales, et une accentuation  de la pauvreté, consécutives à la hausse du coût de la vie. Un bémol au désastre attendu serait des investissements plus rapides dans les énergies renouvelables, essentiellement dans le solaire.

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Les rares pays exportateurs de brut connaîtraient un boom des revenus en devises, une amélioration de la croissance, boostée par un doublement des cours, un renforcement budgétaire avec plus de ressources pour assurer les dépenses publiques. Mais gare à des pièges classiques, tels que la Dutch disease ou maladie hollandaise, une dépendance accrue au pétrole et pire encore la concussion et la corruption d’une gouvernance peu vertueuse des rentes pétrolières. La maladie hollandaise émane d’une appréciation seule et réelle de la monnaie qui peut entraîner une perte de compétitivité des autres secteurs, comme l’agriculture et l’industrie.

Gageons que la sagesse l’emportera et que les équilibres géopolitiques seront maintenus.

Iran-choc pétrolier 2026 : L’Afrique de l’Ouest entre manne providentielle et défi de la souveraineté

En ce début mars 2026, l'envolée des cours mondiaux révèle une nouvelle carte de la puissance énergétique régionale. Entre l'émergence de nouveaux producteurs et l'entrée en scène d'infrastructures colossales, le continent tente de transformer ce risque géopolitique en opportunité historique. (Crédit : DR).

Alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis propulsent le baril de Brent vers les 90 dollars ce lundi 2 mars, le paysage énergétique africain se fracture. Si les nouveaux champions comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal profitent de revenus records, le Nigéria mise sur la méga-raffinerie Dangote pour briser sa dépendance historique et protéger son économie du chaos mondial.

L’onde de choc partie du détroit d’Ormuz fait trembler les marchés, mais en Afrique de l’Ouest, la réponse n’est plus la même qu’auparavant. En ce début mars 2026, l’envolée des cours mondiaux révèle une nouvelle carte de la puissance énergétique régionale. Entre l’émergence de nouveaux producteurs et l’entrée en scène d’infrastructures colossales, le continent tente de transformer ce risque géopolitique en opportunité historique.

Côte d’Ivoire et Sénégal : L’heure de la récolte

La métamorphose est spectaculaire pour la Côte d’Ivoire. Portée par le succès du gisement géant Baleine, elle s’affirme désormais comme un acteur pétrolier majeur, pompant plus de 150 000 barils par jour. Cette manne offre au gouvernement ivoirien des marges budgétaires inédites pour financer son développement, même si le défi reste de contenir l’inflation importée sur les produits raffinés. Le Sénégal savoure également son nouveau statut. Avec le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), Dakar devient le partenaire privilégié d’une Europe en quête désespérée d’alternatives au gaz du Moyen-Orient. Pour ces deux nations, la crise internationale agit comme un puissant accélérateur de croissance.

Le paradoxe du consommateur : Riche en pétrole, cher à la pompe

Pourtant, être producteur ne signifie pas être immunisé. C’est tout le paradoxe de cette crise de 2026 : bien que l’État ivoirien ou sénégalais s’enrichisse grâce aux exportations de brut, le citoyen, lui, subit la hausse des prix mondiaux. Les produits raffinés (essence, diesel) restant indexés sur les cours internationaux, le coût du transport et de l’électricité thermique continue de grimper à Abidjan comme à Dakar. Les gouvernements se retrouvent face à un arbitrage délicat : utiliser la manne pétrolière pour subventionner les prix à la pompe ou laisser l’inflation s’installer pour préserver les budgets de l’État.

Nigéria : Le grand gagnant avec la raffinerie Dangoté

Mais le véritable tournant se joue à Lagos. Longtemps paradoxal — premier producteur de brut mais importateur massif d’essence — le Nigéria dispose aujourd’hui d’un bouclier : la raffinerie Dangote. Avec sa capacité de 650 000 barils par jour cette infrastructure monumentale change la donne en 2026. En raffinant son propre pétrole sur place, le Nigéria réduit drastiquement sa dépendance aux importations coûteuses facturées en dollars. La raffinerie ne se contente plus de satisfaire le marché intérieur de plus de 230 millions d’habitants ; elle exporte désormais ses surplus vers ses voisins, positionnant le pays comme le nouveau centre névralgique du raffinage en Afrique de l’Ouest. Dans ce contexte de baril cher, cette souveraineté énergétique permet au Nigéria de stabiliser sa monnaie, le Naira, et d’amortir le choc des prix à la pompe pour sa population.

Le Sahel sous haute pression

Le contraste est brutal pour les pays de l’hinterland. Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’envolée du brut reste une taxe étouffante. Sans accès à la mer et sans capacités de raffinage équivalentes, ces pays subissent de plein fouet l’explosion des coûts de transport. Le prix des denrées de base grimpe en flèche, rappelant l’urgence d’une intégration énergétique régionale où les surplus de la raffinerie Dangote ou du gaz sénégalais pourraient, à terme, sécuriser toute la zone CEDEAO. Toutefois, la crise de mars 2026 confirme une réalité : l’Afrique de l’Ouest ne veut plus être une simple victime des soubresauts mondiaux. Entre la montée en puissance de la Côte d’Ivoire et l’indépendance industrielle offerte par Dangote au Nigéria, la région dessine les contours d’une résilience nouvelle. Le défi reste maintenant de transformer ces profits records en une baisse durable du coût de la vie pour les populations.

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