mardi 24 février 2026
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Ecobank et African Guarantee Fund signent un accord transformateur de dartage des risques de 200 millions USD

Le DG du Groupe Ecobank, M. Jeremy Awori (à gauche) et le DG Groupe African Guarantee Fund, M. Jules Ngankam échangent les documents après la signature de l’accord sur le partage des risques de 200 millions USD à Lomé, au Togo

L’accord de partage de risque de 200 millions USD marque le troisième renouvellement du partenariat entre Ecobank et AGF. Il s’agit du plus grand mécanisme de garantie en Afrique subsaharienne. L’accord de partage des risques marque le troisième renouvellement du partenariat entre le Groupe Ecobank et AGF. Les PME des 27 marchés africains dans lesquels opère Ecobank bénéficieront de ce partenariat, alors que seuls 7 pays avaient bénéficié de ce partenariat en 2013. L’accord prévoit des conditions de prêt favorables pour le financement des entreprises dirigées par des femmes et les projets verts.  

Ecobank, le principal groupe bancaire panafricain, et African Guarantee Fund (AGF), une institution panafricaine spécialisée dans l’octroi de garanties, ont uni leurs forces dans le cadre d’un accord novateur de partage des risques d’un montant de 200 millions USD, visant à stimuler la croissance économique et à soutenir les entreprises – notamment les PME détenues par des femmes – sur le continent. Les deux organisations ont signé un accord de partenariat stratégique aujourd’hui en marge de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS) à Lomé, au Togo, en présence de leurs dirigeants. L’accord de partage de risque de 200 millions USD marque le troisième renouvellement du partenariat entre Ecobank et AGF. La garantie initiale apportée par AGF en 2013 couvrait sept pays avec un portefeuille garanti total de 50 millions USD. En 2018, la portée de la garantie s’est élargie pour englober 14 pays, ce qui s’est traduit par des décaissements cumulés de 230 millions USD depuis lors. Le partenariat renouvelé porte désormais sur 27 pays au sein du réseau africain de Ecobank, offrant une couverture de 50 % pour les PME éligibles sur l’ensemble des marchés cibles. Ce partenariat catalysera près d’un milliard d’USD de financement pour les PME, qui sont les véritables moteurs de la croissance des économies africaines. En s’appuyant sur le vaste réseau et l’expertise financière de Ecobank et en les associant à l’expérience reconnue d’AGF en matière d’atténuation des risques, cette collaboration vise à relever les défis auxquels sont confrontées les PME pour accéder à un financement abordable.

Les points forts du partenariat sont les suivants. D’abord, une couverture de garantie améliorée à 75 % pour le financement des entreprises dirigées par des femmes et les projets verts : Des conditions favorables ont été fixées afin d’accélérer la mise en œuvre d’un plus grand nombre de transactions liées aux entreprises dirigées par des femmes et aux projets verts, avec des coûts réduits. Ensuite, une augmentation de la capacité de prêt : La facilité de 200 millions USD permet à Ecobank d’augmenter considérablement sa capacité de prêt aux PME, lui donnant la possibilité d’accorder davantage de facilités de crédit aux PME qui souhaitent se développer, innover et contribuer à la création d’emplois. Aussi, l’atténuation des risques : AGF jouera un rôle central dans l’atténuation du risque de crédit associé aux prêts aux PME, en instaurant un environnement plus propice pour que les institutions financières soutiennent ces entreprises sans compromettre leur profil de risque. De même il y a l’inclusion financière : En dirigeant les fonds vers les PME, la collaboration s’aligne sur des objectifs plus larges d’inclusion financière, permettant à un large éventail d’entreprises, notamment celles situées dans des zones mal desservies et éloignées, d’accéder aux ressources financières nécessaires à leur croissance. Et enfin l’impact économique : L’accord de partage des risques, d’un montant de 200 millions USD, devrait avoir un effet d’entraînement sur divers secteurs, contribuant à l’essor de l’activité économique, à la création d’emplois et au développement durable à travers l’Afrique subsaharienne.

Commentant ce partenariat, Jeremy Awori, directeur général du Groupe Ecobank, a exprimé son enthousiasme quant à l’impact potentiel sur les PME et le paysage économique général : « Notre partenariat renforcé avec African Guarantee Fund marque une étape importante dans notre engagement à soutenir les PME à travers l’Afrique en leur proposant des financements abordables. Grâce à ce partenariat, nous prenons des mesures audacieuses pour améliorer le financement vert et le financement des entreprises dirigées par des femmes. Ce faisant, nous visons à éliminer les exigences rigoureuses et restrictives en matière de garanties, qui entravent particulièrement l’accès au crédit des entreprises orientées sur les femmes« .

Jules Ngankam, directeur général de African Guarantee Fund Group, a salué le partenariat de longue date entre AGF et le Groupe Ecobank ainsi que son impact transformateur sur les PME : « Le renouvellement de notre partenariat avec le Groupe Ecobank, qui couvre désormais 27 pays, illustre l’importance des mécanismes de partage des risques que les banques devraient mettre à profit pour développer leur portefeuille de PME. Ce partenariat catalysera près d’un milliard d’USD de financement pour les PME, qui sont les véritables moteurs de la croissance des économies africaines« . Le programme Ellever de Ecobank bénéficiera aussi largement de notre programme ‘Garantie pour la croissance’ de l’AFAWA afin de stimuler de manière significative le financement des PME dirigées ou détenues par des femmes« , a-t-il ajouté.

L’accord de partage des risques, d’un montant de 200 millions USD, est voué à devenir une initiative de référence dans le paysage financier de l’Afrique subsaharienne, démontrant les efforts de collaboration d’acteurs clés pour stimuler la croissance économique et encourager l’esprit d’entreprise. Les pays couverts par le partenariat, classés par ordre alphabétique, sont les suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Guinée équatoriale, Kenya, Mozambique, Nigeria, Ouganda, République centrafricaine, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Sud-Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe.

Cameroun : Camco investit massivement dans les énergies renouvelables

Camco s'associera également à d'autres bailleurs de fonds et à des investisseurs privés pour mobiliser une enveloppe globale de 1,6 milliard de dollars, en vue de contribuer à combler le déficit énergétique en Afrique, où 600 millions de personnes n'ont pas encore accès à l'électricité. (Crédit : DR).

Au Cameroun, le fonds Camco envisage d’investir dans le développement des mini-réseaux, des systèmes solaires domestiques ainsi que dans la construction de centrales solaires, éoliennes et hydroélectriques de moins de 25 mégawatts. pour ce faire, il prévoit de mobiliser 1,6 milliard USD pour accélérer l’électrification en Afrique à travers son fonds REPP 2.

Camco, un gestionnaire de fonds d’impact spécialisé dans l’énergie durable et la finance climatique, prévoit de mobiliser 1,6 milliard de dollars pour des projets d’électrification en Afrique à travers son fonds de dette Renewable Energy Performance Platform 2 (REPP). « REPP 2 consacrera 50 % de ces actifs au développement de mini-réseaux et de réseaux sur des sites isolés, 40 % aux centrales solaires, éoliennes et hydroélectriques de moins de 25 mégawatts alors que le reste sera réservé aux systèmes solaires domestiques », a déclaré Benjamin Hugues, directeur d’investissement chez Camco. Selon lui, le fonds vise à lever 230 millions de dollars directement auprès de plusieurs institutions financières et gouvernements, dont le Fonds vert pour le climat et le gouvernement britannique.

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Camco s’associera également à d’autres bailleurs de fonds et à des investisseurs privés pour mobiliser une enveloppe globale de 1,6 milliard de dollars, en vue de contribuer à combler le déficit énergétique en Afrique, où 600 millions de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité. Lancé en 2015, le fonds REPP 1 avait levé 120 millions de dollars et mobilisé près de 500 millions de dollars en cofinancements. En 2022, le Cameroun s’était engagé dans des initiatives visant à diversifier son mix énergétique en faveur des énergies renouvelables. Cela comprenait des investissements dans des projets solaires, éoliens et hydroélectriques. Le pays cherchait à exploiter son potentiel en énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux sources d’énergie traditionnelles et promouvoir un développement plus durable. La centrale hydroélectrique de Lom Pangar était un exemple notable de projet visant à augmenter la capacité de production d’énergie du pays, avec un accent sur l’hydroélectricité.

Le Kenya reçoit 938 millions USD supplémentaires du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu un accord de niveau  avec le Kenya, l'accès immédiat à une tranche de 682,3 millions de dollars. (Crédit : DR)

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu un accord de niveau  avec le Kenya, l’accès immédiat à une tranche de 682,3 millions de dollars et le renforcement du programme de prêts actuel de 938 millions d’euros, a déclaré le Fonds jeudi.

Le Kenya, pays d’Afrique de l’Est est confronté à de graves problèmes de liquidité causés par l’inflation. Sa balance des paiements et sa situation financière ont également été mises à rude épreuve par les conséquences de la pandémie de COVID-19 et les fréquentes sécheresses induites par le changement climatique, a déclaré le fonds à l’issue d’une mission d’examen de deux semaines et demie à Nairobi. « Le resserrement des conditions de financement mondial pour les économies frontalières et les tensions géopolitiques mondiales aggravent les défis », a déclaré le chef de la mission, Haimanot Teferra. Sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du fonds basé à Washington, le Kenya aura accès à un total de 3,88 milliards de dollars, ce qui porterait son financement total au titre des arrangements existants en matière de facilité de financement élargie et de facilité de crédit élargie à 4,43 milliards de dollars, a déclaré le FMI.

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Le programme actuel, adopté en avril 2021, a été mis en place pour la première fois en mai pour un montant supplémentaire d‘un milliard de dollars, dont 544 millions de dollars au titre du mécanisme pour la résilience et la durabilité (RSF) du FMI, et un nouvel arrangement dans le cadre du même RSF. Les obligations internationales du Kenya ont légèrement augmenté ces temps-ci, le billet de 2 milliards de dollars ayant atteint la hausse en juin 2024. Il a augmenté de 0,43 centimes par rapport au dollar. Le nouveau financement du FMI, ainsi que les fonds attendus de la Banque mondiale et des banques régionales comme Afrexim, permettraient au Kenya de payer des dettes  étrangères arrivant à échéance sans réduire ses réserves de devises fortes. « Je suis très positive que les réserves soient supérieures à 6,5 milliards de dollars à la suite du paiement de l’euro-obligations (2024), et encore plus confiante à la suite de l’augmentation du FMI« , a-déclaré la directrice du fonds.

Angola : les opérateurs télécoms sommés d’améliorer la couverture

L'Angola et JPMorgan ont conclu il y a près d'un an un contrat dérivé d'un milliard de dollars sur un an, connu sous le nom de swap de rendement total, adossé à 1,9 milliard de dollars d'obligations d'État angolaises libellées en dollars. (Crédit : DR)

Selon les dernières statistiques officielles, l’Angola compte 10,08 millions d’utilisateurs d’Internet. Ces derniers sont essentiellement concentrés dans les zones urbaines. Il est donc important de couvrir le reste du pays d’où cette mesure prise par les autorités d’appeler les opérateurs de téléphonie d’étendre la couverture des services à l’intérieur du pays.

Les sociétés télécoms angolaises sont appelées à étendre leurs services Internet aux zones les plus isolées du pays. L’appel a été lancé par André Pedro, directeur de l’Institut national pour la promotion de la société de l’information (INFOSI), la semaine dernière, à l’occasion de la 5e édition du Forum angolais de peering (AOPF). Il parlait au nom de Mário Oliveira, ministre des Télécommunications, Technologies de l’information et de la Communication sociale. En parfaite symbiose avec ses ambitions de transformation du numerique, le gouvernement angolais ne cesse de multiplier les actions tendant à accélérer l’adoption de l’Internet. L’exécutif a récemment finalisé un accord de prêt d’une valeur de 248 millions USD avec la China Eximbank pour acheter des équipements et des services pour un projet national de haut débit. Luanda a également mis en place des programmes pour fournir de la connectivité Internet à travers l’Angola en utilisant les capacités du satellite télécoms AngoSat-2, entre autres.

« A Lunda-Sul, par exemple, où nous avons récemment ouvert des points d’accès Internet, nous avons en moyenne environ 2 000 personnes qui se connectent quotidiennement à partir de ces points. Cela signifie que la nécessité d’utiliser ce service existe, donc il doit y avoir du courage fondamentalement de la part du secteur privé, car aucun pays ne se développe en se basant uniquement sur le secteur public », a déclaré M. Pedro.

A rappeler que  l’Angola compte 10,08 millions d’utilisateurs d’Internet, selon les dernières statistiques de l’Institut angolais des communications (INACOM). Le pays d’Afrique australe tente de sortir de sa dépression financière. L’inflation de l’Angola s’est fortement ralentie en 2022 et au cours du premier semestre de l’année, mais elle a repris après une  dépréciation en  mai-juin du kwanza. En mars, la banque d’Angola a diminué  son principal taux d’intérêt, mais l’a maintenu en suspens lors des trois réunions depuis. Il devrait passer à la prochaine révision de sa politique monétaire le mois prochain.

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Inde-Afrique : forte hausse des échanges commerciaux en 2023

A signaler que plus de trente pays africains bénéficient du régime de préférences tarifaires en franchise de droits (DFTP), lancé par l’Inde en faveur des pays les moins avancés (PMA), qui a étendu les exemptions douanières à 98,2 % du total des lignes tarifaires indiennes. (Crédit : DR).

Une trentaine de pays africains bénéficient du régime indien de préférences tarifaires en franchise de droits (DFTP), mis en place  en faveur des pays les moins avancés. L’initiative peut être considérée comme un moyen de booster des échanges commerciaux entre l’Inde et les pays d’Afrique, lequels ont augmenté de 9% durant l’exercice 2022/2023, à 98 milliards USD.

98 milliards de dollars, c’est le volume en chiffre des  échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique durant l’exercice fiscal 2022/2023 (1er avril-31 mars), soit une hausse de 9,3% par rapport à l’exercice 2021/2022, a annoncé le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishanka. « Le commerce avec le continent africain a grimpé à 98 milliards de dollars durant l’année 2022/2023, contre 89,6 milliards de dollars au cours de l’année précédente », a-t-il déclaré lors du conclave de la Confédération de l’industrie indienne (CII) et de la Banque indienne d’import-export (Exim Bank of India) sur le partenariat Inde-Afrique, tout en se disant « convaincu que le volume des échanges dépassera 100 milliards de dollars durant l’exercice 2023/2024 ». Des éclaircissements ont été donnés par le  chef de la diplomatie indienne qui a affirmé que New Delhi a déjà accordé plus de 12,37 milliards de dollars de prêts concessionnels aux pays africains. L’inde est l’un des pays comptant parmi les cinq principaux investisseurs en Afrique. Le chef de la diplomatie a fait savoir d’autre part que les entreprises indiennes ont réalisé 197 projets sur le continent, alors que 65 projets sont en cours d’exécution et 81 sont en phase de pré-exécution.

A signaler que plus de trente pays africains bénéficient du régime de préférences tarifaires en franchise de droits (DFTP), lancé par l’Inde en faveur des pays les moins avancés (PMA), qui a étendu les exemptions douanières à 98,2 % du total des lignes tarifaires indiennes. L’Afrique et l’Inde deviennent des partenaires de plus en plus influents dans leurs échanges commerciaux réciproques. La part de marché conquise par leurs importations et leurs exportations s’accroît sensiblement entre les deux  partenaires. L’Inde s’est hissée aux premiers rangs des investisseurs en Afrique en s’efforçant d’accorder une place centrale au commerce et à l’investissement dans la politique diplomatique qu’elle mène avec l’Afrique.

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Climat : la « COP28 doit constituer un tournant décisif », selon l’ONU Climat

L'ONU Climat a analysé les CDN de 195 Parties à l'Accord de Paris, dont 20 CDN nouvelles ou mises à jour soumises jusqu'au 25 septembre 2023. Conformément aux conclusions de l'analyse de l'année dernière, le rapport d'aujourd'hui montre que même si les émissions n'augmentent plus après 2030, par rapport aux niveaux de 2019, ils ne démontrent toujours pas la tendance à la baisse rapide que la science juge nécessaire cette décennie. (Crédit : ONU climat).

Une nouvelle analyse des plans climatiques nationaux a estimé que les progrès réalisés sont insuffisants et que la COP28 doit préparer le terrain pour une action immédiate. Dans un nouveau rapport du 14 novembre, l’ONU Climat a révélé que les plans d’action nationaux sur le climat restent insuffisants pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius et atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Même avec des efforts accrus de la part de certains pays, le rapport montre que des actions bien plus importantes sont désormais nécessaires pour abaisser davantage la trajectoire des émissions mondiales et éviter les pires impacts du changement climatique. « Le rapport d’aujourd’hui révèle que les gouvernements conjugués prennent de petites mesures pour éviter la crise climatique. Et cela montre pourquoi les gouvernements doivent faire des progrès audacieux lors de la COP28 à Dubaï, pour être sur la bonne voie », a déclaré le secrétaire exécutif de l’ONU sur le changement climatique, Simon Stiell, cela signifie que la COP28 doit constituer un tournant décisif. Le document estime que les gouvernements devront non seulement se mettre d’accord sur les mesures climatiques plus strictes qui seront prises, mais aussi commencer à montrer exactement comment les mettre en œuvre. Stiell a souligné que la conclusion du premier bilan mondial à la COP28 est le moment où les nations peuvent retrouver leur élan pour intensifier leurs efforts dans tous les domaines et se mettre sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Le bilan est destiné à éclairer la prochaine série de plans d’action climatique dans le cadre de l’Accord de Paris (connus sous le nom de contributions déterminées au niveau national, ou « CDN ») qui seront proposés d’ici 2025, ouvrant la voie à une action accélérée.

Les dernières données scientifiques du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU indiquent que les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de 43 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2019. Cela est essentiel pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré Celsius d’ici la fin de ce siècle et éviter les pires impacts du changement climatique, notamment des sécheresses, des vagues de chaleur et des précipitations plus fréquentes et plus graves. « Chaque fraction de degré compte, mais nous sommes très loin du compte. La COP28 est le moment idéal pour changer cela », a déclaré Stiell. « Il est temps de montrer dès maintenant les énormes avantages d’une action climatique plus audacieuse : plus d’emplois, des salaires plus élevés, une croissance économique, des opportunités et une stabilité, moins de pollution et une meilleure santé », a-t-il ajouté.

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L’ONU Climat a analysé les CDN de 195 Parties à l’Accord de Paris, dont 20 CDN nouvelles ou mises à jour soumises jusqu’au 25 septembre 2023. Conformément aux conclusions de l’analyse de l’année dernière, le rapport d’aujourd’hui montre que même si les émissions n’augmentent plus après 2030, par rapport aux niveaux de 2019, ils ne démontrent toujours pas la tendance à la baisse rapide que la science juge nécessaire cette décennie. Si les dernières CDN disponibles sont mises en œuvre, les engagements actuels augmenteront les émissions d’environ 8,8 % par rapport aux niveaux de 2010. Il s’agit d’une amélioration marginale par rapport à l’évaluation de l’année dernière, qui révélait que les pays étaient sur la bonne voie pour augmenter leurs émissions de 10,6 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2010. D’ici 2030, les émissions devraient être inférieures de 2 % aux niveaux de 2019, ce qui souligne que le pic des émissions mondiales se produira au cours de cette décennie. Afin d’atteindre le pic des émissions avant 2030, indique le rapport, « les éléments conditionnels des CDN doivent être mis en œuvre, ce qui dépend principalement de l’accès à des ressources financières accrues, du transfert de technologie et de la coopération technique, ainsi que du soutien au renforcement des capacités ; ainsi que la disponibilité de mécanismes basés sur le marché. « En utilisant le Bilan mondial pour planifier à l’avance, nous pouvons faire de la COP28 un tournant décisif. Et fournir un tremplin pour une action climatique sur deux ans », a déclaré Stiell. Le rapport de synthèse des plans nationaux sur le climat publié souligne la nécessité d’agir avec plus d’ambition et d’urgence pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Car il n’y a tout simplement plus de temps pour les retards, a déclaré le Dr Sultan Al Jaber, président désigné de la COP28. « La COP28 doit être un tournant historique dans cette décennie critique pour que les Parties saisissent le moment du Bilan mondial pour s’engager à relever leurs ambitions et à s’unir, agir et obtenir des résultats qui maintiennent les 1,5°C à portée de main, sans laisser personne de côté. »

Stratégies de développement à long terme à faibles émissions

Un deuxième rapport de l’ONU sur les changements climatiques sur les stratégies de développement à long terme à faibles émissions, également, examine les plans des pays pour passer à zéro émission nette d’ici ou vers le milieu du siècle. Le rapport indique que les émissions de gaz à effet de serre de ces pays pourraient être inférieures d’environ 63 % en 2050 à celles de 2019, si toutes les stratégies à long terme sont pleinement mises en œuvre à temps. Les stratégies actuelles à long terme (représentant 75 parties à l’Accord de Paris) représentent 87 % du PIB mondial, 68 % de la population mondiale en 2019 et environ 77 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2019. C’est un signal fort que le monde commence à viser zéro émission nette. Le rapport note cependant que de nombreux objectifs de zéro émission nette restent incertains et reportent à l’avenir les mesures cruciales qui doivent être prises dès maintenant.

Ghana : rémission de l’économie ?

Le ministre des Finances du Ghana Ken Ofori-Atta (Ghana).

Dans un discours axé sur le budget, le ministre des Finances du Ghana a déclaré mercredi que l’économie se remettait sur les rails, soulignant un déficit budgétaire plus faible que celui visé jusqu’à présent cette année et une croissance économique plus élevée que l’année dernière. Un optimisme qui contraste avec des mois d’incertitudes financières.

L’économie du Ghana commence à se remettre sur pied, selon le ministre des Finances. Le pays d’Afrique de l’Ouest fait aujourd’hui face à sa pire crise économique depuis une génération, avec une monnaie nettement plus faible et une inflation galopante. Ce pays, grand producteur d’or, de pétrole et de cacao s’est tourné vers le Fonds monétaire international pour obtenir un soutien financier l’année dernière alors qu’il était exclu des marchés de capitaux internationaux. Face aux législateurs, le ministre des Finances Ken Ofori-Atta a annoncé que le Ghana avait enregistré un déficit budgétaire global de 3,0 % du produit intérieur brut (PIB) sur la période janvier-août, soit mieux que l’objectif de déficit de 4,6 % du PIB. Il a déclaré que la croissance du PIB réel avait été en moyenne de 3,2% au premier semestre de cette année, une amélioration par rapport à la croissance de 2,9% au cours de la même période en 2022. La banque centrale a acheté de l’or pour plus d’un milliard de dollars afin d’augmenter ses réserves depuis qu’elle a lancé un programme d’or contre réserves, a-t-il ajouté. Pour 2024, le Ghana vise une croissance du PIB d’au moins 2,8 %, un taux d’inflation de fin d’année de 15 % contre plus de 35 % en octobre de cette année soit un excédent budgétaire primaire de 0,5 % du PIB.

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onfrontées à la hausse du coût de la vie, au chômage et aux nombreuses difficultés du Ghana, l’une des plus grandes économies d’Afrique de l’Ouest (3eme de la CEDEAO), les populations ghanéennes sont descendues de nouveau dans la rue en octobre et ont exigé cette fois la démission du gouverneur de la banque centrale. En effet, le 03 octobre, des milliers de Ghanéens sont descendus dans les rues d’Accra, la capitale du Ghana, pour exiger la destitution du gouverneur de la banque centrale. Ils accusent Ernest Kwamina Addison – nommé à la tête de l’organisme par le président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo en avril 2017 – de ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion de l’économie au cours de la pire crise de la dette depuis une génération. La foule en colère a exigé entre autres des comptes sur les pertes de la Banque Centrale du Ghana. Cette dernière a enregistrée en juillet une perte record de 60,8 milliards de cedi (5,3 milliards de dollars) pour 2022, due principalement à la restructuration de la dette. Cette restructuration est une condition du Fonds Monétaire International (FMI), avec qui le Ghana a conclu un accord pour un programme de prêt de 3 milliards de dollars sur trois ans afin redresser l’économie.

Nigéria : la banque centrale se « recentre » sur la croissance

Olayemi Cardoso, gouverneur de la banque centrale du Nigéria
Olayemi Cardoso, gouverneur de la banque centrale du Nigéria. (Crédit : Dr).

Le Nigéria entame une nouvelle étape dans la gestion financière. Après des années d’interventions budgétaires sous l’ère Buhari, le nouveau gouverneur de l’institution financière, Olayemi Cardoso, veut cantonner la Banque à des rôles consultatifs pour mieux soutenir la croissance.

La banque centrale du Nigeria (NCB) renoncera à ses interventions budgétaires directes et assumera « des rôles consultatifs plus limités » dans le but de soutenir le programme de croissance économique du gouvernement, a déclaré mardi son gouverneur Olayemi Cardoso. L’approche actuelle de la banque a brouillé les frontières entre politique monétaire et politique budgétaire, compromettant sa capacité à gérer efficacement l’inflation et les réserves de change, selon Cardoso. La banque centrale, sous la direction de l’ancien gouverneur Godwin Emefiele qui a été écarté en juin, avait maintenu le naira artificiellement fort et poursuivi une politique monétaire peu orthodoxe en fournissant des liquidités aux marchés monétaires par le biais d’interventions.

Le discours du gouverneur intervient dans un contexte d’inflation, de dépréciation de la monnaie et d’endettement record dans la plus grande économie d’Afrique. La banque centrale « n’a pas de baguette magique pour faire face aux défis économiques actuels », a déclaré Cardoso. Il a toutefois suggéré que la banque centrale pourrait soutenir la croissance de diverses manières, notamment en catalysant les institutions et les produits financiers pour soutenir les secteurs émergents de l’économie, en élargissant l’inclusion financière et en réunissant les parties prenantes multilatérales pour soutenir les initiatives du gouvernement et du secteur privé. Le président Bola Tinubu s’est lancé dans les réformes les plus audacieuses que le Nigeria ait menées depuis des décennies, notamment en mettant fin à une subvention coûteuse sur le pétrole et en supprimant les restrictions sur les échanges de devises. Il a été sous pression pour relancer une économie en difficulté. Cardoso, qui a pris ses fonctions en septembre, a déclaré que la banque allait renforcer sa gouvernance d’entreprise, restaurer la confiance et se recentrer sur ses fonctions principales pour reconstruire sa crédibilité.

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Egalité femmes-hommes- Conférence d’Asma Chaabi, 1ère Maire au Maroc, à Mexico

Asma Chaabi à Mexico. Novembre 2023.

Invitée d’honneur du Conseil de coordination des entreprises (CCE), Asma Chaabi, première femme maire de l’histoire du Maroc, s’est rendue à Mexico pour y donner, mardi 7 novembre 2023, une conférence sur « Leadership des femmes pour la relance économique », dans le cadre de la Commission Inclusion et Diversité du CCE.

En Afrique, en général, et au Maroc en particulier, la gent féminine est un atout important pour le développement. Il n’en demeure pas moins que les femmes continuent d’y lutter, comme partout ailleurs à travers le monde pour l’égalité femmes-hommes. Tous et toutes nous gagnerions à y contribuer. C’est d’autant plus judicieux que des études sérieuses ont révélé que les femmes tiennent mieux le timon en période de crise. A la rencontre, présidée par Blanca Estela Pérez, présidente de la Commission Inclusion et Diversité du Conseil de coordination des entreprises (CCE) du Mexique, l’invitée spéciale, Asma Chaabi, 1ère Maire au Maroc, plusieurs fois parlementaire et fille de l’homme d’affaires feu Miloud Chaabi, président et fondateur d’Ynna Holding, conglomérat diversifié, a animé une conférence-débat sur « Le leadership des femmes pour la relance économique ». A cette conférence qui a aussi compté la participation de Karen Flores Arredondo, directrice générale de la Chambre des Mines du Mexique (CAMIMEX), Mari Nieves Lanzagorta, vice-présidente de liaison de l’Association mexicaine des administrateurs de fonds de retraite, A.C. (AMAFORE) et Juan Pablo Cervantes, président du comité bilatéral Mexique-UE de la COMCE, elle n’est pas allée loin pour illustrer le thème. Son expérience personnelle, qui a inspiré de nombreuses femmes, à travers son pays et le monde, lui a servi de point de départ.  Elle l’a partagée, après avoir présenté ses condoléances à la communauté d’Acapulco, touchée par l’ouragan Otis.

Elevée parmi 07 frères

Reconnaissante, elle a avoué que c’est surtout son défunt père qui fut l’un des hommes les plus riches du Maroc, qui a fait d’elle ce qu’elle est devenue. « J’ai été élevée parmi 07 frères… Maman, par nature, m’a éduquée pour le foyer, mais c’est mon père qui m’a donné cette force intérieure qui me fait aujourd’hui lutter pour cette égalité, il m’a élevée comme un homme », a-t-elle précisé. Elle a ajouté que « Les femmes marocaines se mariaient à 11 ans, elles étaient éduquées pour se consacrer au foyer, elles vivaient sous l’ombre des hommes, que ce soit leur père, leur frère ou leur mari, et aujourd’hui tout cela est presque impossible », elle a partagé. Elle a ajouté que depuis son élection comme Maire en 2003, il y a aujourd’hui environ 127 femmes, élues maires et conseillères, dans sa ville natale d’Essaouira, un chiffre qui, pour elle, n’est toujours pas suffisant… Asma Chaabi se réjouit qu’actuellement les villes les plus importantes du Maroc soient gouvernées par femmes. « C’est vrai que j’ai ouvert un fossé politique et je pourrais dire qu’à tous égards, aujourd’hui il y a des femmes qui sont médecins, architectes, politiques, elles peuvent même être chauffeur de bus ou de taxis… certaines femmes se présentent aux élections et ambitionnent beaucoup pour leur pays. », trouve-t-elle. Néanmoins, de son avis, il reste encore beaucoup à faire non seulement au Maroc, mais aussi dans le reste du monde. Toujours la diplomatie économique en bandoulière, Asma Chaabi, membre de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc, patronat Marocain) qui défend de lutter pacifiquement, sans violence, en ouvrant des brèches et en occupant les espaces vides, a profité de son passage à Mexico pour signer un Accord dans le cadre des Alliances CCE. Un rapprochement qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 61ème Anniversaire des relations diplomatiques Maroc-Mexique.

Chronique : Immobilier- un autre rythme, d’autres process pour combler le gap

Aujourd’hui, les process de construction conventionnels ne sont pas adaptés aux réalités de l'Afrique au sud du Sahara. Ils sont souvent trop coûteux, trop longs et trop complexes. (Crédit ; DR).

En Afrique au sud du Sahara, la demande croissante de logements est estimée à 250 millions de logements d’ici 2050. Les promoteurs immobiliers, estampillés grands groupes, n’y réalisent que 4 500 à 5 000 logements par an. Pire, il faut en moyenne 10 ans pour construire un logement social dans la région. Ce rythme est trop lent…

L’Afrique s’urbanise. C’est un mouvement irréversible. Le constat dans les grandes agglomérations est un déficit en logements décents. Aux alentours de villes, au schéma directeur pourtant bien défini, des banlieues, greffées à la va-vite ou de façon sauvage, créent des conditions d’habitat qui laissent à désirer.

D’un pays à l’autre, la demande annuelle dépasse les centaines de milliers de logements sociaux. Avec un cumul de moins de 30 000 logements économiques produits par an, cette problématique ne sera pas endiguée de sitôt. En adoptant un autre rythme et d’autres process, il est possible de combler le gap des logements standards en Afrique au sud du Sahara. Le rythme de construction des logements en Afrique au sud du Sahara est encore trop lent. Pour répondre à la demande croissante de logements, estimée à 250 millions de logements d’ici 2050, il est nécessaire de simplifier les procédures administratives, de mobiliser les ressources financières, d’instaurer des organes étatiques de garantie des prêts et de former les ouvriers. Il est aussi important de développer des technologies de construction plus rapides et plus efficaces. C’est un train de mesures qui engagent à la fois l’Etat et le secteur privé, appelés à travailler la main dans la main.

Vivement des Guichets Uniques

Concrètement, des Guichets Uniques faciliteraient une production et une vente de masse. Tous les intervenants dans l’immobilier social, allant de la conservation foncière aux banquiers, en passant par le cadastre, les notaires agréés, les services communaux, des impôts et domaines… s’y retrouveraient. Toutes les grandes villes africaines auraient différents Guichets Uniques (voire plus d’un par ville) où se dirigeraient tous les demandeurs. Au-delà de ces démarches administratives, il s’agira d’adopter des process adaptés. Aujourd’hui, les process de construction conventionnels ne sont pas adaptés aux réalités de l’Afrique au sud du Sahara. Ils sont souvent trop coûteux, trop longs et trop complexes. Il est nécessaire d’adapter les process de construction aux besoins et aux contraintes d’une région au climat chaud. Cela passe par l’utilisation de matériaux locaux moins coûteux, par la simplification des techniques de construction et par la formation des ouvriers. Des exemples de matériaux locaux peuvent être utilisés pour la construction de logements en Afrique au sud du Sahara. Il s’agit notamment d’un banco (traditionnellement usité) à améliorer, dont la terre crue mélangée à de la paille, la brique de terre cuite, le bois… Ce sont des matériaux peu coûteux, faciles à trouver et à travailler. Ils sont également adaptés au climat de la région et font inversion par rapport à la température ambiante. Dans un logement en banco ou construit de brique en terre cuite, l’isolation thermique ne nécessite aucun apport énergétique externe.

Toutefois, l’utilisation de ces matériaux locaux nécessite l’adoption de techniques de construction adaptées. A titre d’exemple, la construction en terre crue nécessite l’utilisation de techniques spécifiques pour assurer la solidité et l’étanchéité des bâtiments. Il est aussi important de former les ouvriers aux techniques de construction adaptées aux matériaux locaux. Nos écoles polytechniques, universités, architectes et ingénieurs en génie civile gagneraient à s’y pencher. Cela permettra de garantir la qualité des constructions et de réduire les coûts et par ricochet de démultiplier le nombre de logements sociaux (à moins de 10 millions F CFA, soit 15 000 €) livrés par an, dans nos différents pays.

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