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Nigeria : 2 milliards de dollars pour révolutionner le numérique

Le Nigeria dispose aujourd'hui d'environ 30 000 kilomètres de dorsale nationale. D-VIBE prévoit de porter ce chiffre à 120 000 kilomètres, soit un quadruplement du réseau existant. (Crédit : DR).

La Banque africaine de développement vient d’approuver un prêt de 200 millions de dollars en faveur du Nigeria pour déployer un réseau de fibre optique couvrant l’ensemble du territoire. Baptisé « BRIDGE », ce projet ambitionne de connecter 774 zones administratives au haut débit d’ici 2030 et de créer près de 3 millions d’emplois.

C’est un tournant majeur pour l’économie numérique africaine. Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a officiellement accordé, le 10 avril 2026, un prêt de 200 millions de dollars au gouvernement fédéral du Nigeria pour financer le projet D-VIBE « Digital Value Chain Infrastructure for Boosting Employment » , plus connu sous l’appellation BRIDGE. Objectif : doter le pays le plus peuplé d’Afrique d’une infrastructure numérique à la hauteur de son potentiel.

Un réseau de fibre optique quadruplé

Le cœur du projet repose sur un déploiement massif de fibre optique en libre accès. Le Nigeria dispose aujourd’hui d’environ 30 000 kilomètres de dorsale nationale. D-VIBE prévoit de porter ce chiffre à 120 000 kilomètres, soit un quadruplement du réseau existant. Ces 90 000 kilomètres supplémentaires relieront les 774 zones de gouvernement local du pays — écoles, établissements de santé, zones agro-industrielles, communautés rurales et pôles commerciaux. Le projet inclut également des liaisons transfrontalières avec le Bénin, le Cameroun, le Niger et le Tchad, faisant du Nigeria un véritable carrefour numérique régional. Et ce, pour faire passer le taux de pénétration du haut débit de 45 % à 70 % à l’échelle nationale d’ici 2030.

Un financement international inédit

La contribution de la BAD s’intègre dans un montage financier exceptionnel. Le financement souverain total atteint 800 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 500 millions de la Banque mondiale et 100 millions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L’Union européenne complète l’ensemble avec un don de 22 millions d’euros, tandis que le Centre de coopération multilatérale pour le financement du développement (MCDF) a apporté 2,6 millions de dollars pour la préparation du projet. Au total, le coût global est estimé à 2 milliards de dollars, dont au moins 1,2 milliard provenant d’investissements privés. Car la structure juridique du projet repose sur un partenariat public-privé via un véhicule ad hoc : le secteur privé devra détenir entre 51 % et 75 % des parts, garantissant ainsi une gestion dynamique et une levée des contraintes traditionnelles — coûts de construction et droits de passage notamment.

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Au-delà des câbles et des data centers, D-VIBE porte une ambition sociale forte. Le projet est censé contribuer à la création de 2,8 millions d’emplois et vise à renforcer les compétences numériques à grande échelle, en soutenant l’accès à des appareils abordables et le développement de plateformes dans les secteurs prioritaires. Des volets dédiés à la cybersécurité et à la régulation du marché sont également prévus, de même qu’une orientation vers les énergies hybrides et renouvelables pour assurer la résilience du réseau.

« Du nord au sud, des exploitations agricoles aux usines en passant par les salles de classe, cet investissement permettra à chaque communauté nigériane de bénéficier d’une connectivité à haut débit », a déclaré Abdul Kamara, directeur général de la BAD pour le Nigeria.

D-VIBE s’inscrit dans la Vision 2050 du Nigeria et son Plan de développement de l’espoir renouvelé (2026-2030), en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Stratégie décennale 2024-2033 de la BAD. Un projet qui, si ses ambitions se concrétisent, pourrait faire du Nigeria le moteur numérique de tout le continent.

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Finance : La RDC entre sur les marchés internationaux avec son premier Eurobond

La République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le 9 avril 2026 un cap inédit dans son histoire financière : le pays a officiellement lancé ses premières obligations souveraines sur les marchés internationaux. (Crédit : DR)

Riche en minerais stratégiques et portée par un rapprochement avec Washington, la République Démocratique du Congo (RDC) lance pour la première fois des obligations souveraines en devises étrangères. Une opération à fort enjeu, entre opportunité historique et risques persistants.

La République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le 9 avril 2026 un cap inédit dans son histoire financière : le pays a officiellement lancé ses premières obligations souveraines sur les marchés internationaux. Selon deux sources proches du dossier, l’opération porte sur deux tranches distinctes — une obligation à cinq ans arrivant à maturité en 2032 et une seconde à dix ans échéant en 2037. Les deux titres sont de nature senior non garantie et à amortissement progressif, c’est-à-dire que le capital est remboursé par étapes sur la durée de vie de l’emprunt. Si le montant définitif de l’émission n’a pas encore été confirmé, la banque centrale congolaise avait indiqué en janvier dernier viser une levée initiale de 750 millions de dollars, dans le cadre d’un programme d’Eurobond global de 1,5 milliard de dollars. Les rendements indicatifs communiqués aux investisseurs s’établissent à environ 9,125 % pour l’obligation 2032 et à environ 10 % pour l’obligation 2037. Les fonds collectés sont destinés au financement d’infrastructures nationales, selon les précisions apportées par la banque centrale.

Les minerais critiques, levier d’attraction des investisseurs

La RDC dispose de l’une des réserves les plus importantes au monde en minerais dits « critiques » — cobalt, cuivre, coltan — dont la demande mondiale explose dans le contexte de la transition énergétique. Ces matières premières sont au cœur des chaînes d’approvisionnement des batteries électriques, des panneaux solaires et d’une multitude de technologies vertes. Dans un contexte où les États-Unis et leurs alliés cherchent activement à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine sur ces approvisionnements stratégiques, la RDC se retrouve en position de force. Kinshasa a su capitaliser sur ce rôle central dans l’économie mondiale des minerais pour renforcer ses liens diplomatiques et économiques avec Washington, ce qui a contribué à rendre cette émission obligataire plus attractive aux yeux des investisseurs institutionnels internationaux.

Un contexte de marché fragilisé, mais en voie de stabilisation

L’opération intervient dans un environnement de marchés émergents qui avait connu des turbulences importantes au début de l’année. Les émissions obligataires avaient atteint des niveaux records en début d’exercice, avant d’être brutalement stoppées par les soubresauts liés à la guerre entre Israël et l’Iran, qui avait provoqué une forte hausse des prix de l’énergie et ravivé les craintes d’inflation et de remontée des coûts d’emprunt mondiaux. Cependant, la conclusion d’un cessez-le-feu provisoire de deux semaines entre Washington et Téhéran, intervenue plus tôt dans la semaine, a permis une détente sensible sur les marchés de capitaux internationaux. C’est dans cette fenêtre d’amélioration que la RDC a choisi de lancer son opération. Cette décision témoigne d’une certaine agilité de la part des autorités congolaises et de leurs banquiers-conseils, qui ont su identifier et exploiter un moment favorable dans un calendrier de marché incertain. La notation de crédit du pays avait par ailleurs bénéficié d’un signal encourageant en janvier, lorsque l’agence S&P Global Ratings avait attribué une perspective « positive » à la RDC, soulignant des perspectives de croissance économique solides ainsi que des améliorations notables en matière de réserves de change et de collecte fiscale.

Des risques structurels qui demeurent

Malgré l’enthousiasme suscité par cette émission, la RDC ne dissimule pas ses vulnérabilités. Dans son prospectus de base publié mercredi, le pays a lui-même listé les principaux facteurs de risque auxquels il reste exposé. Au premier rang figure sa très forte dépendance aux exportations minières, qui soumet ses finances publiques aux cycles erratiques des prix des matières premières sur les marchés mondiaux. La situation sécuritaire dans l’est du pays constitue un autre facteur de fragilité majeur. Les affrontements sporadiques avec des groupes armés soutenus par le Rwanda continuent de peser sur la stabilité régionale et sur le climat des affaires. Ces conflits récurrents représentent une incertitude que les investisseurs devront intégrer dans leur analyse du risque pays. À ces défis s’ajoutent des goulets d’étranglement infrastructurels persistants, qui limitent la compétitivité de l’économie et freinent la valorisation locale des ressources naturelles. Par ailleurs, la part écrasante du financement concessionnel dans la dette extérieure congolaise — qui représente encore 97 % du total — souligne la profonde dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale et des prêteurs multilatéraux. Cette structure de dette rend d’autant plus symbolique le pas franchi avec cette émission sur les marchés privés. Enfin, la concentration des échanges commerciaux avec quelques grands partenaires, au premier rang desquels la Chine, introduit un risque de dépendance économique que les autorités congolaises devront progressivement réduire pour assurer la résilience à long terme de leur modèle de financement.

Un signal fort pour le continent africain

Au-delà des chiffres et des rendements, cette émission revêt une signification symbolique et stratégique considérable pour l’Afrique subsaharienne. Elle témoigne de la volonté de Kinshasa de s’intégrer pleinement dans les circuits financiers mondiaux et de réduire sa dépendance aux bailleurs de fonds traditionnels. Pour les marchés émergents africains, l’entrée de la RDC sur la scène des Eurobonds pourrait ouvrir la voie à d’autres pays du continent disposant de ressources naturelles stratégiques mais encore peu présents sur ces marchés. Le succès de cette opération dépendra in fine de la capacité des autorités congolaises à convaincre les investisseurs que les fonds levés seront déployés efficacement dans des infrastructures productives, et que les réformes engagées en matière de gouvernance financière seront poursuivies avec constance. Un pari ambitieux, mais qui pourrait, s’il est tenu, transformer durablement le profil de crédit de l’un des pays les plus riches en ressources naturelles de la planète.

Conflit USA-IRAN- Cessez le feu en 10 points

Après 40 jours d’un conflit, déclenché unilatéralement par les Etats Unis d’Amérique, sous l’impulsion d’Israël, contre l’Iran, c’est le retour à la case départ, ce mercredi 08 avril 2026. Le Plan de Paix du Pakistan retient les 10 points proposés, voire « imposés » par l’Iran, pour une trêve de 15 jours.

Il a suffi d’un peu plus de 5 semaines pour que le monde suffoque, faute de gaz et de de pétrole. L’inflation consécutive et les perspectives sombres ont fini par avoir raison des poussées bellicistes des uns et des autres. Ceux, qui clamaient urbi et orbi au début de cette guerre vouloir l’anéantissement du nucléaire iranien, se rabattent aujourd’hui sur la réouverture « immédiate » du Détroit d’Ormuz pour fluidifier le passage des cargaisons d’hydrocarbures. Le président Donald J. Trump est en tête de ces protagonistes, mais à quel prix ? Fort heureusement, le cours du brut plonge…

Plan de Paix définitif ou simple trêve

Nous publions fidèlement les 10 points du Plan de Paix qui sous-tend cette ouverture du Détroit. Ce couloir doit voir passer quotidiennement 135 bateaux ! Lisez vous-mêmes, c’est quasiment sans commentaires une capitulation des belligérants qui avaient déclenché les hostilités.

  1. Garantie permanente de non-agression : engagement contraignant des États-Unis à mettre fin à la guerre, à cesser toute action militaire contre l’Iran et ses alliés, et à ne jamais attaquer ;
  2. Contrôle du détroit d’Ormuz : maintien du contrôle iranien sur cette voie navigable, probablement moyennant le versement de droits de passage s’élevant à 2 millions de dollars par navire ;
  3. Reconnaissance de l’enrichissement nucléaire : Acceptation formelle du droit de l’Iran à poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium ;
  4. Levée des sanctions principales : Suppression de toutes les sanctions américaines ciblant directement l’économie iranienne ;
  5. Levée des sanctions principales : Suppression de toutes les sanctions américaines imposées aux entités étrangères et aux pays faisant affaire avec l’Iran ;
  6. Abrogation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU : Levée de toutes les restrictions imposées par l’ONU à l’Iran ;
  7. Abrogation des résolutions de l’AIEA : Fin de toutes les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique visant le programme nucléaire iranien ;
  8. Réparations de guerre : Versement d’indemnités à l’Iran pour les dommages causés à ses infrastructures pendant le conflit ;
  9. Retrait des forces américaines dans la région : Retrait des forces de combat américaines de toutes les bases de la région ;
  10. Fin des hostilités régionales : cessation des conflits, notamment ceux impliquant le Hezbollah au Liban.

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Compte tenu du fait que le principal instigateur, à savoir Israël, ne soit pas cité dans ce Plan US-Iran, fait que certaines rédactions ont vite voulu dissocier l’état hébreu. Le 10ème point est clair à ce niveau. Aussi, suites aux attaques, dont ils ont été victimes, y compris celles pendant  8 jours en juin 2025, et le fait que les traités ne lient que ceux qui y croient, les dirigeants iraniens gagneraient à peaufiner leurs stratégies pour de très prochaines vagues. Quelques heures avant que cette trêve ne soit signée, l’ultimatum du président Américain était de renvoyer ce pays de grande culture, à l’âge de la pierre… 

L’Afrique résiste : une croissance soutenue malgré un contexte mondial turbulent

Dr Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement (au centre), entouré de représentants de gouvernements africains et d’institutions financières internationales, ainsi que de membres de la haute direction du Groupe de la Banque, lors du lancement du rapport « Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique 2026 » (MEO), à Abidjan, le 30 mars 2026.

Dans son rapport « Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique 2026 », la Banque africaine de développement (BAD) dresse un bilan encourageant : le continent affiche une vitalité économique supérieure à la moyenne mondiale, tout en appelant à la vigilance face aux chocs extérieurs.

Malgré les vents contraires qui soufflent à l’échelle régionale et mondiale, l’Afrique continue de faire preuve d’une résilience remarquable et conserve son statut de frontière mondiale de croissance. C’est la conclusion centrale du rapport présenté par le Groupe de la Banque africaine de développement le 30 mars 2026, à son siège d’Abidjan. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le PIB réel du continent a bondi à 4,2 % en 2025, contre 3,1 % en 2024, dépassant largement la moyenne mondiale de 3,1 %. Mieux encore, 12 des 20 économies à la croissance la plus rapide au monde en 2025 étaient africaines, et la croissance a dépassé 5 % dans 22 pays du continent, voire 7 % dans six d’entre eux. Cette dynamique a été portée par l’atténuation des pressions inflationnistes, l’amélioration de la gestion macroéconomique et une conjoncture agricole favorable.

L’Afrique de l’Est en tête, l’inflation en recul

Sur le plan régional, l’Afrique de l’Est s‘est imposée comme le moteur du continent, avec une croissance du PIB de 6,4 %, tirée par les performances exceptionnelles de l’Éthiopie (9,8 %), du Rwanda (7,5 %) et de l’Ouganda (6,4 %). Autre signal positif : l’inflation poursuit sa décrue. Elle est estimée à 13,6 % en moyenne en 2025, contre 21,8 % en 2024, avec de nouvelles baisses attendues pour 2026 et 2027. Les investissements directs étrangers ont également connu un rebond spectaculaire, progressant de plus de 75 % en 2024 pour atteindre 97 milliards de dollars. Les transferts de fonds des diasporas ont suivi la même tendance, bondissant de plus de 14 % pour s’établir à 104,6 milliards de dollars, s’imposant ainsi comme la principale source de financement extérieur hors dette du continent.

Un moment crucial, une vigilance de mise

Le président du Groupe de la Banque, le Dr Sidi Ould Tah, a néanmoins tenu à replacer ces résultats dans un contexte délicat. Il a souligné que le continent se trouvait à un « moment crucial où le monde évolue, parfois au détriment du continent africain », évoquant une fragmentation géopolitique accrue, des tensions commerciales et une baisse des flux financiers mondiaux destinés au développement. La crise en cours au Moyen-Orient constitue l’une des principales inconnues. Le Dr Ould Tah a précisé que l’analyse du rapport avait « été préparée avant le début de la crise actuelle » et que ses équipes évaluent désormais les conséquences potentielles pour le continent. L’économiste en chef Kevin Urama s’est toutefois voulu rassurant : « Selon nos estimations, si la crise dure plus de trois mois, elle pourrait entraîner une baisse de 0,2 point de pourcentage du taux de croissance économique de l’Afrique en 2026. » Avant d’ajouter : « L’Afrique a bien résisté aux chocs précédents et a la capacité de rebondir ensuite, à condition de ne pas céder à la panique. »

Des perspectives stables, des réformes urgentes

Pour l’avenir, la Banque projette une stabilisation de la croissance à 4,3 % en 2026, puis une légère accélération à 4,5 % en 2027. Un tableau globalement positif, mais qui masque une réalité plus nuancée : la croissance du PIB par habitant, bien qu’en progression — passant de 0,9 % en 2023 à 1,9 % en 2025 —, demeure trop faible pour impulser une réduction rapide de la pauvreté. Lors de la table ronde d’experts qui a suivi la présentation, ministres des Finances et représentants d’institutions internationales ont insisté sur la nécessité de soutenir les réformes de mobilisation des ressources intérieures : approfondissement des marchés financiers locaux, numérisation de la collecte fiscale, intégration régionale. Un consensus s’est dégagé : les expériences africaines face aux chocs successifs constituent autant de précieux enseignements pour affronter les défis à venir. Le Dr Ould Tah a conclu en décrivant cette série de rapports comme une démonstration de « l’engagement du Groupe de la Banque à fournir à ses pays membres, à ses partenaires et à ses investisseurs les analyses les plus rigoureuses, les plus opportunes et les plus exploitables ». Un engagement qui prend tout son sens à l’heure où l’Afrique, tiraillée entre ses ambitions et les incertitudes du monde, cherche à tracer sa propre voie.

Les Emirats arabes unis misent sur la RDC : un partenariat stratégique et ambitieux

Kinshasa envisage de réviser son cadre légal minier dans le sens d'un renforcement des prérogatives de l'État sur un secteur qui constitue le poumon de l'économie nationale. (Crédit : DR).

De Dubaï à Kinshasa, la coopération économique entre les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo (RDC) prend une ampleur inédite. Tourisme, infrastructures, énergie, numérique : les deux pays multiplient les accords et les engagements financiers, faisant de la RDC l’un des partenaires africains privilégiés d’Abou Dhabi.

Longtemps restée en marge des circuits d’investissement du Golfe, la République démocratique du Congo s’impose désormais comme une destination incontournable pour les capitaux émiratis. En l’espace de quelques mois, les annonces se sont succédé à un rythme soutenu, traduisant une volonté politique affirmée des deux côtés de tisser des liens économiques durables. Le signal le plus fort est venu de Dubaï. Lors du Sommet Émirats arabes unis–Afrique tenu du 25 au 29 octobre 2025, la RDC a obtenu un financement de 1,882 milliard de dollars américains pour développer son secteur touristique, soit 31 % du total de six milliards de dollars prévus pour l’ensemble du continent africain. Quatre projets ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs émiratis : le développement des circuits et des aires protégées de l’ouest du pays, incluant le Jardin zoologique et botanique de Kinshasa, le Parc marin de Mangrove de Mwanda, le Parc national de Kundelungu, ainsi que la Réserve de Mbombo-Numene.

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Mais le tourisme n’est que la vitrine d’un partenariat bien plus vaste. En février 2026, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé à Abou Dhabi un accord de partenariat économique global, à l’issue de deux années de négociations. Cet accord couvre des secteurs aussi variés que les mines, les infrastructures portuaires, les énergies renouvelables ou encore la coopération entre banques centrales. Les échanges commerciaux entre les deux pays auraient bondi de 27 % entre 2023 et 2025, selon les autorités congolaises.

La diversification économique portée par Kinshasa

Sur le front des infrastructures, les engagements prennent forme concrètement. La coopération prévoit notamment la construction de deux ports secs et de routes dans le corridor de Lobito par le groupe Abu Dhabi Ports, ainsi que des investissements dans les ports de Matadi et de Boma. Des projets structurants dont la RDC, pays enclavé aux besoins logistiques colossaux, a cruellement besoin. La transition énergétique est également au cœur de l’agenda commun. Un accord avec les Émirats arabes unis est en cours de finalisation pour financer des centrales solaires dans le Kasaï et le Katanga. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de diversification économique portée par Kinshasa, alors que les projections du ministère du Plan prévoient un ralentissement de la croissance minière à 7,1 % en 2025, contre 12,5 % l’année précédente. Le secteur numérique n’est pas en reste. Le ministre congolais de l’Économie numérique a reçu en février 2026 une délégation de la société The Founding, basée aux Émirats arabes unis, venue présenter des projets de centres de données destinés à accompagner le développement des infrastructures numériques en RDC.

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Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique diplomatique entamée depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. L’ouverture de l’ambassade des Émirats arabes unis à Kinshasa en 2023 a symbolisé cette nouvelle ère de coopération entre les deux nations, tandis que le volume des échanges commerciaux bilatéraux est passé de 1,5 milliard à plus de 4 milliards de dollars. Reste désormais à transformer ces promesses en réalités tangibles. Le gouvernement congolais travaille à la mise en place de fiches de projets d’investissement, en coordination avec les ministères des Finances, du Budget, des Affaires foncières et des Infrastructures, afin de permettre à la RDC de s’approprier pleinement ces fonds. Un défi institutionnel majeur pour un pays qui, malgré ses richesses exceptionnelles, peine encore à concrétiser ses ambitions de développement.

Afreximbank mise 2,5 milliards de dollars sur la raffinerie Dangote : un pari historique

Le 31 mars 2026, au Caire, Afreximbank a officialisé sa souscription de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d'un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). (Crédit ; Dr)

La Banque Africaine d’Import-Export devient le premier bailleur de fonds d’un prêt syndiqué de 4 milliards de dollars accordé à la plus grande raffinerie du continent. Une opération qui dépasse le simple financement pour incarner une vision : celle d’une Afrique capable de produire, raffiner et commercer par elle-même.

C’est une transaction qui fera date dans l’histoire financière et industrielle du continent africain. Le 31 mars 2026, au Caire, Afreximbank a officialisé sa souscription de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d’un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). Une participation qui représente la part la plus importante du consortium, co-arrangé avec Access Bank, et qui positionne la banque panafricaine comme le pivot financier du plus grand complexe de raffinage du continent.

Un mastodonte industriel à consolider

Implantée au Nigeria, la raffinerie Dangote est entrée en activité de raffinage en février 2024. Avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, elle n’a pas d’équivalent en Afrique. Mais derrière les chiffres impressionnants se cache un impératif stratégique : sécuriser le modèle financier d’une infrastructure dont dépend une large partie de l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés du continent. C’est précisément l’objet de ce prêt à terme d’une durée de cinq ans. L’objectif affiché est triple : consolider les financements existants, optimiser la structure du capital de DPRP et l’aligner sur le statut désormais pleinement opérationnel de la raffinerie, tout en soutenant son plan de croissance à long terme. En renforçant la flexibilité du bilan de l’entreprise, cette facilité de crédit vise à asseoir durablement la raffinerie comme fournisseur stratégique, non seulement pour les marchés africains, mais aussi à l’échelle mondiale.

Un mastodonte industriel à consolider

Depuis le lancement des opérations de raffinage, la banque avait déjà accordé à DPRP une facilité de fonds de roulement d’un milliard de dollars. Elle est également intervenue en qualité de conseiller financier dans le cadre de l’initiative « Naira-for-Crude », un mécanisme innovant permettant l’achat de pétrole brut et la vente de produits raffinés en monnaie locale nigériane, s’affranchissant ainsi de la dépendance aux devises étrangères. Une initiative aux implications bien au-delà du Nigeria, tant elle illustre la possibilité de construire des circuits commerciaux souverains à l’échelle du continent. Lors d’une réunion au Caire entre le conseil d’administration d’Afreximbank et la direction du groupe Dangote, le Dr George Elombi, Président de la banque, a affirmé que : la dimension africaine de l’investissement est au cœur de la démarche. Rappelant qu’Afreximbank a injecté près de 15 milliards de dollars dans le groupe Dangote depuis 2015.

Il a insisté sur le sens profond de cet engagement : « Lorsque nous investissons en nous-mêmes, nous faisons plus que créer des emplois et de la richesse — nous construisons un avenir sûr et résilient pour notre continent. »

Le prêt syndiqué a suscité un intérêt marqué auprès d’un consortium d’institutions financières africaines et internationales, signe que la confiance dans le projet Dangote — et plus largement dans le potentiel industriel de l’Afrique — dépasse les frontières du continent. Pour Aliko Dangote, président et directeur général de Dangote Industries Limited, cette opération constitue « une étape importante dans le renforcement des fondements financiers » de la raffinerie et prépare l’entreprise à sa prochaine phase de croissance.

Un signal fort pour l’industrialisation africaine

Au-delà de l’enjeu sectoriel, cette transaction s’inscrit dans une narrative plus large : celle d’un continent qui entend réduire sa dépendance aux importations de produits raffinés, dynamiser le commerce intra-africain des hydrocarbures et bâtir une véritable sécurité énergétique. En mobilisant des capitaux à cette échelle pour un actif industriel continental, Afreximbank envoie un signal aux investisseurs : l’Afrique est capable de financer, de construire et de faire fonctionner ses propres infrastructures stratégiques. La raffinerie Dangote n’est plus seulement un projet nigérian. Elle est devenue, avec ce jalon financier, un symbole de ce que l’ambition et l’exécution africaines peuvent accomplir — à grande échelle, et dans la durée.

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Sénégal- Qui sont dérangés par une gestion transparente et efficiente de la dette ?

Au Sénégal,  un nouveau pouvoir a les rênes du pays depuis bientôt deux ans. Ayant hérité, selon un auditeur indépendant, d’une dette abyssale de plus de 40 milliards de $, soit plus de 130% du PIB, dont au moins 7 milliards de $ dissimulés, il a opté pour une gestion  transparente et conforme aux règles en vigueur. L’ère de l’opacité dans la mobilisation des ressources financières est révolue au Sénégal.

Aux allégations de journaux étrangers, honteusement reprises par des périodiques locaux, portant sur une dette pseudo-secrète de 650 millions de $ pour éviter un défaut de paiement, le gouvernement du Sénégal apporte un démenti catégorique, preuves à l’appui.

Depuis deux ans, le Sénégal, qui a mis en avant la souveraineté, optant pour un PRES (Plan de redressement économique et social, JUBBANTI KOOM), rejetant toute restructuration de sa dette, a fonctionné sans le FMI. Depuis deux ans, le pays n’a presque pas connu de scandales de corruption ou de détournements de deniers publics, ni de surfacturation. Opérant un excellent profilage de la dette, le gouvernement du Sénégal déroule sa stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT), dans le respect de l’autorisation parlementaire, en phase avec les Lois de finances  en 2025, à savoir la LFI (la Loi de finances initiale) 2025, la LFR1 (la Loi de finances rectificative) 2025 et la LFR2 2025. Notre pays, le Sénégal reste pleinement engagé à poursuivre la gestion prudente, transparente et responsable de sa dette publique, aime à défendre M. Cheikh Diba, ministre des Finances et du budget (MFB).

Une communication transparente

Il y a quelques semaines des thuriféraires avançaient que le pays serait en défaut de paiement le 13 mars. Il n’en a rien été. Actuellement ceux, mus par une volonté de saper le développement du pays, soutiennent vaille que vaille la souscription d’une dette secrète… Malheureusement pour ces derniers, le ministère des finances et du Budget (MFB) vient rappeler que le recours à des instruments de financements diversifiés constitue un axe fondamental de la stratégie de mobilisation des ressources. Cette démarche est régulièrement partagée dans sa communication, notamment lors de son passage à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025. Le montant de 650 Millions de $, levé auprès d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, s’inscrit dans une démarche cohérente, maitrisée et assumée, avec une communication transparente vis-à-vis des partenaires et du peuple sénégalais, à travers l’Hémicycle.

Rappelons qu’à la page 31 de LFI 2026, il est clairement stipulé que le Ministère des finances est autorisé à contracter ces emprunts, à recevoir des dons au nom de l’Etat du Sénégal et à lever des ressources de trésorerie pour un montant total de 6 266, 693 milliards f CFA.  Ces financements pourront être mobilisés soit le marché national, soit sur le marché extérieur auprès de pays ou organismes. Qui plus est, dans le Rapport économique et financier 2025, annexé à la LFI 2026, il est inscrit noir sur blanc, à la page 39 (finances.gouv.sn/app/uploads/REf-LFI-2026.pdf), que le gouvernement pourrait recourir au Total Return Swap (TRS) pour couvrir ses besoins de financement. Le recours aux TRS, instruments financiers pour transférer le risque et le rendement d’un actif sous-jacent, permet d’attirer des investisseurs étrangers, afin d’approfondir le marché domestique et d’en améliorer la liquidité. Il s’agit d’opérations conduites sur le marché des titres publics dans  le cadre de sept opérations entre avril et novembre 2025, conformément au calendrier d’émission. Tous ces points et d’autres, au nombre d’une dizaine, sont rendus publics par l’argentier de l’Etat sénégalais. Il y dévoile que ces conditions d’emprunt sont beaucoup plus avantageuses, avec un taux net supporté d’environ 7,1%, nettement inférieur aux taux sur les marchés internationaux. Contre des niveaux moyens oscillant entre 12 et 11%, sur les marchés eurobonds en 2025, ces opérations ont permis de réaliser des économies substantielles au Trésor public sénégalais.

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Comment ce même FMI peut-il déclaré, selon certains journaux, que le Sénégal a emprunté secrètement des centaines de millions de $ sans les déclarer publiquement ? Le MFB soutient au contraire que l’exécution du plan de financement a fait l’objet d’un partage régulier avec le FMI, par messages écrits ainsi que des réunions sur le détail des mobilisations de financement, y compris les opérations de TRS. Ce département ministériel ajoute que les montants, mobilisés dans le cadre de l’exécution du plan de financement 2025, ont exclusivement servi à couvrir les besoins dudit plan. Ils ne sauraient en aucune manière adresser ceux de l’exercice 2026 en cours. L’argentier de l’Etat rappelle qu’il est de notoriété publique que l’échéance de l’Eurobond, à laquelle l’article du Financial Times fait référence, a été honorée en mars 2026. Les fins de non-recevoir d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank aux sollicitations de FT en disent long sur le crédit à son article.

Quid du fardeau hérité, loin des critères de convergences CEDEAO ?

Pourquoi Financial Times n’a rien publié sur la dette cachée de 7 milliards de $, contractée au nez et à la barbe du FMI, par le régime précédent au Sénégal ? Tout au moins, avait-il soutenu que « depuis le scandale des obligations thonières « Tuna bonds » au Mozambique, dans les années 2010, le Sénégal est devenu un test pour la capacité du FMI à lutter contre les cas de dette cachée et pour évaluer jusqu’où il est prêt à aller pour exiger un allègement de la dette d’autres créanciers, afin de garantir ses plans de sauvetage ». Qu’attend d’ailleurs l’Etat du Sénégal pour exiger un démenti à publier dans leurs colonnes sans délais ?

Le Sénégal ne veut être le cobaye de personne et entend poursuivre ce PRES, premier palier d’un redressement national indispensable pour restaurer les équilibres macroéconomiques et préparer la transformation structurelle du pays. Le FMI et tous les partenaires, réellement intéressés par le développement du continent africain, doivent s’inscrire dans cette dynamique et traquer les pratiques qui ont pondéré, jusqu’à présent son essor, en dépit de ressources abondantes.

Economie : Rationalisation de l’eau pour générer 250 millions d’emplois, principalement en Afrique

Rééquilibrer l'utilisation de l'eau dans le système alimentaire mondial est essentiel pour répondre durablement à la demande alimentaire future et pourrait créer 245 millions d'emplois à long terme, principalement en Afrique subsaharienne, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié le 19 mars. Photo : Barrage de la renaissance africaine en Ethiopie. Crédit : Dr

Une utilisation plus intelligente de l’eau pourrait nourrir 10 milliards de personnes et créer près de 250 millions d’emplois, selon le communiqué sur un nouveau rapport de la Banque Mondiale du 19 mars, envoyé à la Africa Income. Cette approche innovatrice de gestion de l’eau agricole établit un lien entre la disponibilité en eau, la production alimentaire et le commerce, surtout dans les pays plus vulnérables comme ceux d’Afrique Subsaharienne.

Rééquilibrer l’utilisation de l’eau dans le système alimentaire mondial est essentiel pour répondre durablement à la demande alimentaire future et pourrait créer 245 millions d’emplois à long terme, principalement en Afrique subsaharienne, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié aujourd’hui. Ce cadre novateur de gestion de l’eau agricole établit un lien entre la disponibilité en eau, la production alimentaire et le commerce. En classant les pays selon leur niveau de stress hydrique et leur statut d’importateurs ou d’exportateurs de produits alimentaires, il permet d’identifier les régions où le développement de l’agriculture pluviale peut accroître la production alimentaire, celles où les investissements dans l’irrigation peuvent créer des emplois et stimuler la croissance, celles où l’utilisation de l’eau doit être rééquilibrée pour protéger les écosystèmes et la productivité future, et celles où le commerce offre une voie plus durable que la production locale.

« La manière dont nous gérons l’eau pour l’alimentation aura des répercussions profondes sur l’emploi, les moyens de subsistance et la croissance économique. En faisant des choix plus judicieux quant aux lieux de culture, à la répartition de l’eau et à la manière dont le commerce soutient la sécurité alimentaire, nous pouvons renforcer la résilience, élargir les perspectives et préserver les ressources dont nous dépendons tous », a déclaré Paschal Donohoe, directeur général et responsable de la gestion des connaissances du Groupe de la Banque mondiale.

Pour atteindre ces objectifs, il faudra une participation et un financement accrus du secteur privé, aux côtés d’investissements publics, soutenus par des politiques, des institutions et des réglementations efficaces afin de stimuler la production alimentaire, de créer des emplois et de favoriser une croissance durable. Le financement public seul ne peut garantir les services durables, l’innovation et l’échelle nécessaires pour développer l’irrigation, améliorer ses performances et maintenir les résultats obtenus. Les agriculteurs, principaux utilisateurs et investisseurs de l’irrigation, sont déjà disposés à co-investir lorsque l’accès au financement, à des équipements de qualité, aux marchés et aux outils numériques réduit les risques et les coûts de transaction auxquels ils sont confrontés.

« Lorsque les investissements dans les infrastructures et les ressources naturelles, les politiques favorables aux entreprises et la mobilisation des capitaux privés convergent, l’impact peut être supérieur à la somme de ses composantes », a déclaré Guangzhe Chen, vice-président pour la planète au sein du Groupe de la Banque mondiale.

Il a également ajouté qu’en reliant les données mondiales aux réalités nationales, ce cadre peut aider les décideurs politiques à gérer les compromis et à adapter la production alimentaire aux réalités actuelles de l’eau et du climat, en assurant simultanément alimentation, emplois et résilience.

L’expansion de l’irrigation là où l’eau est disponible, conjuguée à la modernisation des systèmes existants, devrait nécessiter un investissement supplémentaire de 24 à 70 milliards de dollars par an jusqu’en 2050. Les gouvernements consacrent déjà environ 490 milliards de dollars par an au soutien agricole, principalement sous forme de subventions. La réorientation d’une partie de ces dépenses, associée à une réforme réglementaire, au recours à des financements mixtes et à des partenariats public-privé, permettra de mobiliser des capitaux privés, notamment grâce au co-investissement des agriculteurs, et de garantir la sécurité alimentaire et hydrique de manière financièrement durable.

9 milliards de dollars d’ci 2030 et 5 milliards annuels pour AgriConnect

Dans son rapport la Banque mondiale annonce travailler en collaboration avec les pays, les entreprises, les partenaires et les populations pour traduire ces constats en actions concrètes. Une collaboration qui consiste à combiner réformes politiques, investissements publics et capitaux privés afin de renforcer les systèmes alimentaires, de créer des emplois et de protéger les ressources naturelles. Il s’est engagé à doubler le financement annuel du secteur agroalimentaire pour atteindre 9 milliards de dollars d’ici 2030 et à mobiliser 5 milliards de dollars supplémentaires par an dans le cadre de l’initiative AgriConnect pour aider les petits exploitants agricoles à passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture excédentaire. À travers les piliers « L’eau pour l’alimentation » et « L’eau pour la planète » de son plan de mise en œuvre de la stratégie pour l’eau, le Groupe de la Banque mondiale s’attaque au double défi de la sécurité hydrique et alimentaire en renforçant les systèmes de production alimentaire et en améliorant les moyens de subsistance des agriculteurs.

Chronique : Cet emploi à portée de main, frein à l’émigration clandestine en Afrique

Les douloureuses opérations de rapatriement de migrants irréguliers, largués dans le désert ou laissés à leur sort loin de nulle part, cesseront-elles un jour? Nous osons l’espérer, compte tenu des potentialités et opportunités qui ne demandent qu’à être saisies dans les pays émetteurs.   

Une stratégie efficace développement touristique permettrait de générer des milliers d’emplois et des revenus colossaux à la jeunesse africaine. Dans nos pays, nous disposons de perles. Quand je pense à la beauté de nos innombrables parcs naturels, quasiment à l’état sauvage, à des  sites, tels que celui mégalithique de Wanar dans le centre ouest du Sénégal, ou encore aux dompteurs de caïmans du Burkina Faso, je me demande pourquoi ces pays n’en profitent pas assez, en termes de retombées ?

Les îles du Delta du Saloum au Sénégal sont pittoresques et d’une beauté inouïe, mais quelles infrastructures logistique et sécuritaire sont mises en place ou envisagées, pour une implantation et une fréquentation à la dimension de leur splendeur.

A une piètre promotion s’ajoute l’absence de structures d’accueil… A y voir de plus près, c’est comme s’il n’y a aucune prise de conscience de tant d’atouts domestiques. A tous ces périmètres, encore vierges d’infrastructures touristiques grandement génératrices de revenus et d’emplois, vient se greffer un front de mer, « laissé » presqu’exclusivement aux parcours sportifs !

A l’instar de belles baies, aux plages hissant fièrement leur Pavillon Bleu, à travers le monde, les nôtres sont « inexploitées » ! Pourtant le front de mer est un GISEMENT IMPORTANT d’emplois. Copacabana, la Côte d’Azur, Ibiza, la Costa del Sol … les exemples ne manquent pas. Ok pour quelques portions de parcours sportifs et un accès public gratuit aux plages, mais que les adeptes de la gym rejoignent les salles de muscu- un autre filon pour l’emploi des jeunes, mais pour l’amour de Dieu, exploitons ces espaces à très fort potentiel, au profit des populations locales, avant que d’autres le fassent pour leur réserver de menus emplois.

Je mets des guillemets à « laissé » et « inexploitées », pour la simple et bonne raison que des investisseurs opportunistes, qui ont le flair et le coup d’œil, arrivent à y insérer des projets fort rentables. En 2000, le site, où est implanté Magic Land à Dakar, était nu… Quelques années plus tôt, il en était de même pour le lieu qui abrite le complexe hôtelier Terou Bi ! Qu’est-ce qui empêchent nos gouvernements, de concert avec les mairies, les banques de développement, les aménageurs-développeurs, à investir sur ce front de mer, respectant une discipline architecturale, un respect de l’environnement qui interdit tout rejet d’effluents sans prétraitement dans l’océan … ?

De grâce, exploitons ce front de mer et sites exceptionnels au profit des jeunes

Outre une excellente météo, avec une température moyenne annuelle de 25°C, un ciel ensoleillé 365 jours/365, si nos décideurs n’hésitent pas à façonner cette nature, sans trop l’aliéner, se basant sur des textes de loi, le succès coulerait de source. Ce volet aménagement reste important. Dans une baie ou une anse, la baignade est tranquille, lorsque la plage est propre et exempte de toute souillure… A contrario  sur la Grande Côte sénégalaise, où presqu’aucun obstacle naturel (isthme, péninsule, îlot, rochers…) ne vient briser la force du courant, la plage a beau être dotée des eaux les plus limpides au monde, s’y baigner peut comporter de graves risques de noyades pour le commun des mortels. Sur cette portion de côte, les pouvoirs publics doivent intervenir pour dépolluer, construire des jetées, aménager des espaces… pour rendre ce front de mer exploitable pour les populations. Autour des corniches, plusieurs emplois directs et indirects seraient produits pour servir un farniente couru.

Aujourd’hui, il s’agit d’aller au-delà de lois coloniales, stipulant à tort et à travers, l’exploitation d’un domaine public ou une façade maritime, où subrepticement d’autres implantent des projets à forte valeur ajoutée au nez et à la barbe de populations locales qui n’ont d’autres sorts que de prendre les illusoires chemins de l’émigration.  

Economie : Fitch plébiscite la bonne santé de l’économie Rwandaise par un B+

Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Crédit : DR.

 Derrière la révision à la hausse de la note souveraine du Rwanda à B+, par l’agence de notation Fitch, se cachent de solides indicateurs économiques pour le pays d’Afrique de l’Est. Le Rwanda présente des perspectives de croissance robuste, une dette soutenable, de grands projets structurants, en dépit d’un IDH encore faible.

Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Cette perspective reflète une incertitude réduite quant à l’accès du Rwanda aux sources de financement externes, grâce à un engagement diplomatique accru qui a favorisé une désescalade du conflit sécuritaire régional depuis leur révision d’avril 2025, et à une confiance accrue dans la stabilisation du ratio dette publique/PIB au cours des prochaines années, selon la publication de l’agence américaine de notation du 13 mars 2026. Cette note est soutenue par de solides indicateurs de gouvernance par rapport aux pays comparables, un fort potentiel de croissance à moyen terme, le caractère très concessionnel de la dette publique et un historique de soutien financier et technique officiel important, analyse Fitch. Ces atouts sont toutefois limités par le faible PIB par habitant du pays et ses déficits budgétaires et de la balance des paiements courants persistants, qui ont engendré un endettement public et extérieur élevé.

Les raisons derrière cette notation ?

La révision des perspectives de la notation IDR « B+ » du Rwanda tient compte de plusieurs facteurs. Les risques budgétaires et de financement extérieur à court terme se sont atténués au cours des 12 derniers mois, grâce au soutien continu des bailleurs de fonds. La majorité des partenaires multilatéraux et bilatéraux du Rwanda ont maintenu un soutien financier important, les décaissements extérieurs atteignant environ 1 milliard de dollars (6,1 % du PIB) pour l’exercice clos en juin 2025.

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La récente désescalade du conflit a réduit l’incertitude à court terme quant à l’accès à des financements concessionnels, même si le risque d’une intensification des pressions diplomatiques demeure. Fitch estime les engagements de prêts extérieurs officiels à près de 1 milliard de dollars par an (5,5 % du PIB) pour les exercices 2026 et 2027, destinés à financer le budget et la balance des paiements, 89 % de la dette extérieure publique étant concessionnelle. Fitch prévoit que la dette du gouvernement rwandais atteindra un pic de 79 % du PIB en 2027, contre 75 % en 2025, un niveau supérieur à la médiane de 53,4 % pour les pays de catégorie B, avant de se stabiliser. Cette situation s’expliquera par la persistance des déficits primaires, la souscription d’engagements liés au projet Bugesera et à l’expansion de RwandAir, ainsi que par la dépréciation progressive du taux de change. Des dépenses liées aux projets, supérieures aux prévisions, constituent un facteur positif pour les projections d’endettement.

« Nous anticipons que le poids élevé de la dette sera atténué par les conditions très favorables de la dette extérieure, ce qui se traduira par une bonne soutenabilité. Nous prévoyons que le ratio intérêts/recettes restera inférieur à la médiane d’environ 16 % prévue pour 2027 pour les pays de catégorie B », précise le document consulté par Africa Income.

Fitch prévoit une réduction du déficit budgétaire de 1,1 point de pourcentage, à 3,6 % du PIB, pour l’exercice 2026, grâce à des recettes plus importantes, les réformes fiscales mises en œuvre depuis l’exercice 2025 portant leurs fruits. Les mesures de réforme fiscale ont dépassé les objectifs au premier semestre de l’exercice 2026, générant des recettes supplémentaires équivalentes à 0,6 % du PIB. La baisse des subventions, qui s’élèvent en moyenne à 2,5 % du PIB sur la période 2026-2027, compensera partiellement ces gains, dans un contexte de réduction de l’aide régionale.

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