lundi 23 février 2026
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Chronique- Quel arbitrage entre exploitation locale des ressources minières et recherche d’investisseurs étrangers?

L’exploitation des ressources naturelles, surtout minières, en Afrique est un enjeu complexe qui nécessite une approche équilibrée, tenant compte des spécificités de chaque pays et de chaque contexte. Les États africains doivent trouver un juste équilibre entre les avantages et les inconvénients de l’exploitation locale et des investissements étrangers, afin de maximiser les bénéfices pour leurs populations et pour leur développement durable. A l’ère de la révolution industrielle X.0, avec des unités industrielles de poche, quelle est la pertinence de continuer à rechercher des partenaires dont les versements de redevances peuvent rapidement devenir hypothétiques?

Entre l’exploitation locale des ressources minières, qui pèsent des trillons de dollars, et la recherche d’investisseurs étrangers en Afrique, l’arbitrage peut être délicat. question de l’exploitation des ressources naturelles en Afrique pose un dilemme complexe : comment concilier les aspirations de développement local avec les opportunités offertes par les investissements étrangers ? Cet arbitrage est délicat car il implique de peser les avantages et les inconvénients de chaque option, tout en tenant compte des spécificités de chaque pays et de chaque contexte.

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Que d’avantages

Si au lendemain des indépendances certains pays ont opté pour attendre l’arrivée d’investisseurs étrangers pour développer une industrie intégrée dans des filières endémiques, d’autres n’ont pas hésité à nationaliser les industries détenues par des colons et y implanter le creuset de leurs exploitations minières. Dans les mines de fer, de pétrole, de phosphates… les exemples de manquent pas et ont abouti à une réelle maîtrise du développement. Cette exploitation locale permit aux États africains de mieux contrôler le rythme et les modalités d’exploitation de leurs ressources, en privilégiant des projets qui répondent aux besoins spécifiques de leurs populations. Dans ces pays où le transfert de compétences, doublé d’une volonté politique, s’est fait très rapidement, le développement d’une expertise locale a favorisé la création d’emplois qualifiés et stimulé le développement de secteurs industriels locaux.

En outre, en privilégiant des projets à fort impact social, l’exploitation locale contribue à réduire les inégalités et améliore les conditions de vie des populations locales.

A l’aube d’une révolution technologique, les États africains ne peuvent plus afficher le prétexte d’handicaps majeurs, notamment en termes de moyens financiers limités pour investir dans l’exploitation de leurs ressources naturelles. L’absence de technologies de pointe, qui pourrait limiter l’efficacité et la rentabilité de l’exploitation locale, n’est plus à l’ordre du jour. Des offres d’unités d’exploitation de ressources naturelles sont disponibles partout y compris dans les réseaux sociaux.

Aux ultra libéraux, qui ont prôné un désengagement « violent » de l’Etat, jusqu’à l’éloigner de secteurs stratégiques, au risque de nuire d’hypothéquer la souveraineté, il est temps d’opposer la nouvelle vague en Afrique. Il s’agit d’une lame de fond contre toute mauvaise gestion des ressources naturelles pouvant entraîner des conséquences néfastes pour l’environnement et pour les populations locales.

Les enjeux des investissements étrangers

Certes les investisseurs étrangers peuvent apporter les capitaux nécessaires pour développer des projets d’envergure et générer des revenus importants pour les États africains et les entreprises étrangères peuvent apporter des technologies de pointe et du savoir-faire qui permettent d’optimiser l’exploitation des ressources naturelles, mais une trop grande dépendance, vis-à-vis des investisseurs étrangers, peut limiter la marge de manœuvre des États africains et les rendre vulnérables aux fluctuations des cours des matières premières.

A cela s’ajoutent le fait que les redevances, versées- si c’est le cas- par les entreprises étrangères, sont souvent jugées insuffisantes par les États africains, qui estiment ne pas tirer pleinement parti de leurs richesses naturelles. Sachant que les activités d’extraction ont des conséquences sur l’environnement et pour les populations locales, si elles ne sont pas encadrées de manière rigoureuse, les travaux de réhabilitation sont souvent « oubliés » ou bâclés.

Trouver un équilibre

Pour trouver un équilibre entre les intérêts de l’exploitation locale et ceux des investissements étrangers, il est nécessaire de mettre en place un cadre juridique et institutionnel solide. Un tel arsenal règlementaire peut garantir la transparence, la redevabilité, le développement local et la diversification économique.

Les contrats entre les États africains et les entreprises étrangères doivent être rendus publics et négociés de manière transparente. Les entreprises étrangères doivent être tenues de respecter les normes environnementales et sociales en vigueur. Aussi, les projets d’exploitation des ressources naturelles doivent contribuer au développement économique et social des communautés locales.

  • Quoi qu’il en soit, pour assurer la pérennité de la croissance, les États africains qui ont opté ou pas à des capitaux étrangers pour bénéficier de leurs ressources naturelles, gagneraient à diversifier leurs économies pour réduire leur dépendance vis-à-vis des revenus, issus des ressources naturelles.

Chronique- Rétrofit électrique, une seconde vie pour nos voitures ? 

Le rétrofit électrique est-elle une solution prometteuse pour le recyclage des véhicules et une transition énergétique réussie ?  Doit-elle être complétée par d’autres mesures pour accélérer la transition énergétique du secteur automobile ? L’achat de véhicules électriques neufs, le développement des transports en commun et la promotion des modes de déplacement doux restent des enjeux majeurs en Afrique. 

Le rétrofit électrique, une pratique qui consiste à transformer un véhicule thermique en électrique, suscite de plus en plus d’intérêt dans un contexte de transition énergétique. Mais cette solution est-elle réellement écologique et efficace ? Les enjeux ne manquent pas. Considéré comme une alternative à l’achat d’un véhicule électrique neuf, le rétrofit consiste à remplacer le moteur thermique et le réservoir d’un véhicule par un moteur électrique et une batterie. Cette opération permet de donner une seconde vie à des voitures existantes et de réduire ainsi leur impact environnemental. Parmi les arguments en sa faveur, l’écologie, l’économique et le maintien du parc automobile existant. 

En évitant la production d’un nouveau véhicule, le rétrofit réduit considérablement l’empreinte carbone liée à la fabrication. Sur le plan économique, le coût d’un rétrofit est généralement inférieur à celui d’un véhicule électrique neuf, ce qui le rend plus accessible. Enfin, le rétrofit permet de valoriser des véhicules encore en bon état, évitant ainsi leur destruction prématurée. 

Le rétrofit, une solution d’avenir ? 

Vu sous l’emprise de la réduction de l’empreinte carbone du parc automobile et pour favoriser l’économie circulaire, le rétrofit électrique est une solution intéressante. Cependant, il ne s’agit pas d’une panacée. Pour que le rétrofit se développe de manière durable, il est nécessaire de développer des offres standardisées qui permettraient de réduire les coûts et de simplifier les procédures. Aussi, investir dans le développement de nouvelles technologies permettrait d’améliorer l’autonomie et la performance des véhicules rétrofités. 

Pour ce faire, nos Etats gagneraient à mettre en place des incitations fiscales. Des aides financières pourraient encourager les particuliers et les professionnels à opter pour cette solution qui peut paraître onéreuse. 

Les limites du rétrofit 

Si le rétrofit est moins cher qu’un véhicule neuf, il reste néanmoins un investissement conséquent. Une autre entrave et non des moindres a trait à l’autonomie des véhicules rétrofités. Elle est souvent inférieure à celle des véhicules électriques neufs, en raison des contraintes liées à l’intégration de la batterie dans un châssis existant. Il se pose aussi un problème d’homogénéité des véhicules. Chaque véhicule étant unique, le rétrofit nécessite un travail d’adaptation spécifique, ce qui peut complexifier et augmenter les coûts.  

Enfin, le fait que l’’impact environnemental de la batterie reste entier pose avec acuité la pertinence d’une telle alternative. Bien que les véhicules électriques soient moins polluants à l’usage, la production des batteries reste un enjeu environnemental important. 

Rwanda- Une enveloppe attendue de près de 182 millions de dollars du FMI

Après que son Conseil d’administration aura terminé l’examen des programmes de soutien du pays, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu’il débloquerait 181,7 millions de dollars de fonds, en faveur du Rwanda.

Le Rwanda peut s’attendre très prochainement à une injection de flux financiers. Après avoir achevé son quatrième examen de l’instrument de coordination des politiques du Rwanda et de la facilité de résilience et de durabilité, puis son deuxième examen au titre de la facilité de crédit de confirmation, le Conseil d’administration du FMI a déclaré qu’il débloquerait des fonds, à hauteur de 182 millions de dollars.

Des mesures de politique monétaire efficaces

Le Fonds a réitéré ses prévisions de croissance économique pour le Rwanda, qui s’élèvent à 8,3 % cette année et à 7,0 % en 2025, contre une croissance de 8,2 % l’année dernière. « L’économie rwandaise a fait preuve de résilience, soutenue par une croissance robuste dans des secteurs clés et une reprise de la production agricole. L’inflation est restée stable dans la fourchette cible de la banque centrale, reflétant des mesures de politique monétaire efficaces », a-t-il indiqué. « Cependant, l’économie continue de faire face à des vulnérabilités externes, notamment un déficit croissant du compte courant et des pressions sur le taux de change. », a nuancé le FMI. Pour rappel, l’économie du Rwanda repose en grande partie sur l’agriculture, l’exploitation minière, le tourisme et l’industrie manufacturière.

Afrique centrale- Mise en garde du Président Camerounais Paul Biya contre un désastre financier

Le président camerounais, Paul Biya, vient de faire une mise en garde, contre des « conséquences désastreuses » pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale si des mesures urgentes ne sont pas prises pour remédier à la détérioration de leurs réserves extérieures nettes.

Les pays membres de la BEAC (Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale), à savoir le Cameroun, le Gabon , le Tchad, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et la République du Congo, partagent une politique monétaire et une monnaie communes. Ensemble, ils ont eu du mal à sortir de l’impact de la pandémie de COVID et d’autres chocs mondiaux externes. Ces aléas les ont laissés à court de devises ou d’autres actifs pour couvrir les factures d’importation et le remboursement de la dette. Ils sont également confrontés à des défis au niveau national, notamment une baisse de la production pétrolière dans cinq pays, un conflit civil prolongé en République centrafricaine et au Cameroun. A cela s’ajoutent un lourd fardeau de la dette au Gabon et un défaut de paiement en République du Congo. Dans une telle conjoncture, le Chef de l’Etat camerounais a appelé à des actions plus substantielles pour préserver la stabilité macroéconomique et financière de la région. « Selon les données récentes, nos réserves extérieures nettes se sont considérablement détériorées. Cette situation est préoccupante et appelle une action urgente de notre part pour inverser cette tendance », a-t-il déclaré, dans un discours d’ouverture au Sommet des dirigeants à Yaoundé.

A lire aussi: Restructuration de la dette Tchadienne : une bouée de sauvetage pour de nombreuses économies africaines

Menaces sur la stabilité financière

« Si rien n’est fait, selon plusieurs experts, nous pourrions être confrontés à des conséquences désastreuses pour nos pays et la sous-région. », a confié Paul Biya. Il n’a pas donné de détails sur les conséquences possibles ni sur la manière dont elles pourraient être traitées. Toujours est-il que toute demande des prêteurs internationaux, de maîtriser les dépenses, en réduisant les subventions ou davantage les aides, pourrait provoquer le mécontentement de l’opinion publique. Le Fonds monétaire international, représenté au sommet aux côtés de la Banque mondiale et d’autres partenaires, avertissait déjà, en juin, que les six pays avaient besoin d’actions décisives et coordonnées pour s’attaquer aux déséquilibres budgétaires et extérieurs. Le FMI a averti que les performances économiques divergentes et les politiques, inchangées entre les pays, pourraient menacer la stabilité financière.

Mines : les pays de l’AES accentuent la pressions sur les compagnies minières

Les données de la Banque centrale du Ghana ont montré que les exportations totales d'or pour 2024 s'élevaient à 11,64 milliards de dollars, soit une augmentation de 53,2 % d'une année sur l'autre.

L’arrestation de dirigeants miniers au Mali, les menaces des autorités au Burkina Faso de retirer des permis et la saisie d’un site d’uranium géré par la France au Niger ont perturbé les mineurs occidentaux opérant en Afrique de l’Ouest. Des contrôles musclés susceptibles de limiter de nouveaux investissements.

L’inquiétude ne faiblit pas en europe après des arrestations au Mali et la saisie d’un site au Niger. La production quotidienne au Mali et au Burkina Faso n’a jusqu’à présent pas été affectée. L’escalade devrait toutefois toucher les entreprises en quête de financement et d’assurance, freinant la croissance de l’offre dans le moteur de la production d’or en Afrique, ont déclaré plus d’une douzaine de personnes, dont des employés des mines, des financiers et des assureurs. La volonté des gouvernements militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger de renégocier les conditions avec les sociétés minières et d’obtenir une plus grande part des revenus a coïncidé avec une flambée des prix de l’or et de l’uranium. Cette situation fait également suite à une série de coups d’État, à commencer par celui du Mali en 2020, et au basculement des trois pays vers la Russie, s’éloignant de leurs soutiens traditionnels, la France, les États-Unis et les Nations unies. Moscou a renforcé sa présence militaire et diplomatique dans la région.

« Nous n’investirions pas au Mali aujourd’hui », a affirmé devant un média un gestionnaire de fonds occidental, ajoutant que les prix record de l’or avaient fait des mineurs opérant au Sahel une cible évidente pour les juntes.

Au cours de la dernière décennie, les entreprises désireuses de tirer profit de l’or d’Afrique de l’Ouest ont contré les menaces croissantes posées par les militants islamistes qui s’étendaient à partir de leur bastion initial dans le nord du Mali en travaillant avec les gouvernements pour renforcer la sécurité. Mais les relations se sont détériorées depuis les coups d’État. Le Mali, deuxième producteur d’or d’Afrique l’année dernière, selon le World Gold Council (WGC), a procédé à un audit de ses opérations et mis en place un nouveau code minier, déclenchant des discussions sur de nouveaux accords et des factures fiscales en suspens. Arrestations de salariés de la société australienne Resolute Mining, et la société canadienne Barrick Gold. Rappelons que le Mali a émis un mandat d’arrêt contre le PDG de Barrick, Mark Bristow, la semaine dernière. Le pays a jusqu’à présent reçu ou s’est vu promettre plus de 635 millions de dollars de paiements d’impôts supplémentaires de la part de diverses entreprises. Quatre employés de Barrick Gold sont détenus à Bamako, la capitale du Mali, dans l’attente de leur procès. Barrick, le deuxième producteur d’or mondial, a annoncé en novembre qu’il cherchait à conclure un accord.

A lire aussi : Mali: Les inquiétudes des miniers face au nouveau code  

HSBC et l’IFC promettent un milliard de financement aux pays émergents

La banque HSBC et l'IFC, filiale de la Banque mondiale, lancent un programme de financement du commerce d'un milliard de dollars pour les marchés africains émergents. (Crédit : DR).

HSBC (HSBA.L) et la Société financière internationale (IFC) de la Banque mondiale fourniront conjointement un financement pour des transactions commerciales d’une valeur maximale d’un milliard de dollars, dans le but de combler un déficit de financement du commerce sur les marchés émergents.

La banque HSBC et l’IFC, filiale de la Banque mondiale, lancent un programme de financement du commerce d’un milliard de dollars pour les marchés africains émergents. L’IFC et HSBC ont annoncé jeudi qu’elles partageraient à parts égales le risque sur un portefeuille d’actifs liés au commerce détenus par des banques des marchés émergents dans 20 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, selon un communiqué conjoint. L’accord vise à soutenir le commerce transfrontalier et à stimuler les exportations dans des secteurs essentiels alors que les économies sont confrontées à des tensions géopolitiques et à des barrières commerciales qui pourraient créer de l’incertitude pour les chaînes d’approvisionnement et menacer la croissance économique.

« Il existe un déficit substantiel et persistant en matière de financement du commerce sur les marchés émergents de la région Asie-Pacifique », a déclaré Riccardo Puliti, vice-président régional de l’IFC pour l’Asie-Pacifique, dans le communiqué.

La demande de financement du commerce dépasse largement l’offre, en particulier sur les marchés émergents, le déficit de financement du commerce mondial étant estimé à 2,5 billions de dollars, selon un rapport de la Banque asiatique de développement. « Réduire le déficit de financement du commerce et améliorer l’accès au financement seront essentiels pour favoriser la croissance et la durabilité à travers l’Asie et les chaînes d’approvisionnement de la région », a déclaré Aditya Gahlaut, co-directeur des solutions commerciales mondiales pour l’Asie-Pacifique chez HSBC, dans le communiqué. Cette nouvelle facilité est mise en place dans le cadre du Programme de liquidité du commerce mondial de l’IFC, qui a soutenu plus de 80 milliards de dollars de volume d’échanges mondiaux à travers près de 30.000 transactions au cours des 20 dernières années.

AFIS 2024- Le gotha de la finance africaine se donne rendez-vous à Casablanca

AFIS (Africa Financial Summit), événement majeur qui a marqué une nouvelle étape dans le développement du secteur financier africain, a posé ses valises à Casablanca, les 09 et 10 décembre 2024. Cette année AFIS 2024 offre plus jamais une opportunité unique de renforcer les liens entre les acteurs du secteur, de promouvoir l’innovation et de stimuler la croissance économique du continent.

Africa Financial Summit (AFIS)est un catalyseur pour le développement financier de l’Afrique. L’AFIS 2024 à Casablanca, co-organisé par la SFI, le ministère marocain de l’Économie et des Finances, le groupe Jeune Afrique et la BVC (Bourse des valeurs de Casablanca), a représenté une opportunité sans précédent pour l’Afrique de renforcer son paysage financier, d’attirer les investissements et de stimuler la croissance économique. En réunissant les acteurs clés plus d’un millier de leaders de l’industrie financière des secteurs privé et public d’Afrique et du monde (assureurs, banquiers, dirigeants de fintechs, opérateurs de marchés de capitaux et de Mobile Money, autorités publiques et autres régulateurs), cette plateforme d’échanges et de réflexions n’a pas failli à ses desseins.

A lire aussi: Chronique : David Malpasse en Afrique – quelle est l’efficacité du soutien limité de la Banque mondiale à l’Afrique subsaharienne ?

Cette année AFIS 2024 a proposé deux jours de conférences, de débats, et rencontres de haut niveau. Au cœur des débats, l’élaboration de solutions concrètes pour asseoir une industrie financière panafricaine. L’inclusion et la solidité des systèmes a été à l’ordre du jour. Parmi les différents sous-thèmes, la mobilisation de l’épargne locale pour des investissements à fort impact, le renforcement des institutions financières et la numérisation de l’économie informelle. Il a aussi été question de plancher sur la modernisation des modèles financiers, le renforcement de collaborations régionales et sur le fait de relever les défis mondiaux avec des solutions africaines locales. A noter que les participants ont ausculté l’intégration régionale, avec des discussions engageantes sur l’accélération des paiements transfrontaliers et la création d’une bourse panafricaine.
A titre d’exemple, le workshop Women in Finance, portant sur le thème « Pérenniser les talents : former les femmes dans un paysage numérique en pleine mutation », a compté la participation de Mme Maïmouna Sokhna Diop, DGA Exploitation Cbao.  

Une vitrine pour le potentiel de l’Afrique

Terrain fertile pour présenter les dernières innovations financières, telles que la fintech, la blockchain et les paiements mobiles, l’AFIS n’a pas occulté ces innovations peuvent révolutionner les services financiers en Afrique, en les démocratisant et les rendant plus efficaces.

Pour les hommes et femmes du secteur, ce sommet, qui leur permet de se connecter avec des investisseurs internationaux, des institutions financières et des régulateurs, pour éventuellement tisser des liens solides favorisant la mobilisation des capitaux et le développement de projets d’envergure, est d’une importance capitale.

A Casablanca, où la City (Casablanca Finance City) érige fièrement ses tours de verre, l’Afrique montre au monde entier son dynamisme économique et son potentiel de croissance. Cela attire les investisseurs et renforce la confiance dans les économies africaines.

Au sortir des 2 jours de rencontres, le Sommet s’est affiché comme un levier pour le développement des compétences financières. Les nombreuses opportunités de formation et de partage de connaissances, qui se sont présentées, ne resteront pas vaines.

Osons espérer que la balle sera saisie au rebond, au profit d’une Afrique, financée sans fardeau d’un service de la dette qui pondère son développement.

Maroc- ONCF, en quête d’un financement de 8,8 milliards de dollars

Pour financer son plan d’expansion, l’Office national des chemins de fer du Maroc (ONCF), opérateur ferroviaire public marocain, recherche 8,8 milliards de dollars auprès d’investisseurs. Un sourcing, finalisé à Rabat, fait état d’un apport dépassant de loin ce montant.

C’est devant un parterre de journaliste et après un Forum d’investissement en Afrique de trois jours à Rabat au Maroc, que les investisseurs étaient prêts à accorder à l’ONCF plus que le montant requis, avec des offres de financement totalisant plus de 13 milliards de dollars. Le Maroc prévoit d’étendre son réseau de trains sur lignes à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech, avant la Coupe du monde 2030, et encore plus au sud, jusqu’à Agadir. L’ONCF ambitionne également d’étendre son réseau, pour doubler le nombre de villes, qu’il dessert et le porter à 43. A terme, c’est une proportion de 87% de la population marocaine qui sera desservie, d’ici 2040.

A lire aussi: Maroc : financement de 100 millions d’euros par la BAD

L’importance du partenariat BAD

Selon Akinwumi Adesina, Directeur général de la Banque africaine de développement (BAD), la banque multinationale s’associe à d’autres banques et institutions financières pour certains projets de développement, à grande échelle qu’elle finance, à travers le continent.
Lors de cet événement à huis clos, la banque pourrait lever un financement total de 29,2 milliards de dollars pour des projets de développement africains, notamment l’approvisionnement en eau, l’énergie, les transports, le capital-investissement, le tourisme, les infrastructures et les produits pharmaceutiques.

Ghana- L’ancien président remporte la présidentielle en plein marasme économique

L’ancien président du Ghana, John Dramani Mahama, a réalisé un retour politique triomphant, remportant l’élection présidentielle dans ce pays d’Afrique de l’ouest. Son rival, le vice-président Mahamudu Bawumia, a reconnu sa défaite, dimanche.

La situation économique catastrophique du Ghana aura fait couler le bateau du président Nana Akufo-Addo. Le résultat des élections générales au Ghana est un nouveau coup dur pour le parti au pouvoir dans une région où les électeurs, touchés par les difficultés économiques, la forte inflation et la dépréciation de la monnaie locale, ont manifesté ardemment en réclamant des changements de direction. John Dramani Mahama, 66 ans, qui a été président du Ghana de 2012 à 2016, présentait son concurrent le plus sérieux, Bawumia, pendant la campagne, comme une continuation des politiques qui ont conduit à la pire crise économique du Ghana.

L’élégance démocratique du Ghana, saluée

Le deuxième plus grand producteur mondial de cacao et principal producteur d’or a conclu, l’année dernière, un accord avec le Fonds monétaire international pour un sauvetage de 3 milliards de dollars, après avoir fait défaut sur la majeure partie de sa dette internationale. S’exprimant lors d’une conférence de presse depuis sa résidence, Bawumia a déclaré qu’il avait appelé Mahama pour le féliciter, ajoutant que le Congrès national démocratique (NDC) de Mahama avait également remporté les élections parlementaires. « Les données issues de notre propre compilation interne des résultats des élections indiquent que l’ancien président John Dramani Mahama a remporté l’élection présidentielle de manière décisive », a déclaré Bawumia. Il a ainsi concédé sa défaite avant le résultat officiel pour apaiser les tensions. A noter qu’avant sa concession, des échauffourées avaient été signalées dans plusieurs centres de circonscriptions locales où les résultats arrivaient encore des bureaux de vote. « Je prononce ce discours de concession, avant l’annonce officielle de la Commission électorale, pour éviter de nouvelles tensions et préserver la paix dans notre pays », a t-il confié.

Le désormais ancien vice président a quand même eu un mot sur l’économie du pays, soutenant qu’il est important que la communauté mondiale des investisseurs continue de croire au caractère pacifique et démocratique du Ghana. Signalons que des centaines de partisans du NDC sont descendus dans les rues de la capitale Accra, dimanche 8 décembre 2024, pour célébrer leur victoire.

Chronique- Pas de logistique aisée, avec ces tracasseries

Partout en Afrique, les décideurs des secteurs public et privé attendent, généralement, l’opérationnalité de la Zone de Libre Echange Africaine (ZLECAf). Mais à quoi servirait un tel espace avec des procédures farfelues et illicites, à n’en plus finir, pour traverser un pays et se rendre à un autre ?  

En Afrique, malheureusement, voyager facile est devenu une chimère. Demandez à n’importe quel migrant qui décide de quitter Dakar pour se rendre à Valladolid, ou dans le sens inverse, dans son propre véhicule, quelles difficultés fait-il face ? Entendons-nous bien, ici, il ne s’agit que de migration régulière. Cela signifie que le Guinéen, Malien ou Béninois dispose de papiers et documents en règle. C’est un véritable parcours du combattant !!! Ayons le courage de dire que la plupart des tracas sont rencontrés sur le continent et pas en Europe.

Dans le sens Nord-Sud, par la transafricaine Atlantique, dès Tanger, commence le lot de longues attentes, souvent jusqu’à 6 ou 7 h… Police, gendarmerie… pour Dieu seul sait combien de contrôles pour quelqu’un en transit ! Pire, si le voyageur a eu l’imprudence de charger dans son véhicule quelque électroménager à offrir à destination, la douane marocaine fait signer des visas d’entrée provisoire, de reconnaissances de consignation et autres certificats d’exportation définitive. Ce n’est pas tout, il est imposé au voyageur de déposer en liquides une caution (reconnaissance de consignation) à récupérer à la sortie du territoire marocain à Guergarate, après une énième attente – veiller à la conformité entre les quantités inscrites et emballées… Pourtant, il est assez aisé de distinguer un vacancier d’un commerçant, sachant que les familles africaines ne sont pas atomiques.

Une fois que ce territoire est franchi, sans que la voiture de tourisme ou le camion n’ait pas essuyé des jets de pierres d’énergumènes qui se plaisent à caillasser de paisibles voyageurs, ce qui attend en Mauritanie est loin d’être une sinécure ! Rebelote pour d’interminables attentes de 6 à 7 h aussi ! Après un passavant de 120 €, document autorisant la circulation en franchise de marchandises soumises à certaines taxes, en transit sur le sol mauritanien– sachant que la redevance normale d’entrée est de 5 € à l’aéroport de Nouakchott- c’est le début d’un lot de prélèvements illicites et sans documents justificatifs reçus. Ceux, qui osent exiger des pièces justificatives, sont purement et simplement ignorés et une attente supplémentaire leur est assignée d’office. Une escorte, assurée par un ressortissant mauritanien, est imposée ! « Gratuite », au départ, elle va se facturer jusqu’à 50 € ! Sur un trajet de plusieurs centaines de km, à chaque portion de 50 km la gendarmerie ou la police – c’est selon- fait des contrôles qui deviennent rapidement intempestifs. « Vous n’avez pas marqué le stop ! », « Où est votre visite technique dans le pays » … Tout cela pour quelqu’un qui est en transit ! Osons le dire, ces prélèvements illicites sont du racket et renchérissent les coûts de transport sur nos routes ! Malheureusement, tout le monde y passe, africains, touristes étrangers, camionneurs… A tous ces dérapages sur le système de contrôle, s’ajoutent des attitudes basses et viles. Certains vont jusqu’à demander des « cadeaux » prêt à porter, smartphones… Jusqu’à la sortie à Rosso Mauritanie, les tracas vont se multiplier ! Il est arrivé qu’on fasse payer à des voyageurs jusqu’à 6 tickets (6 x 40 anciens UM, soit 0,57 €) par personne pour traverser par le bac sur le fleuve Sénégal, large de quelque dizaines de m seulement- au lendemain des indépendances, en signe de soutien, l’ex Président Senghor avait permis que son pays accorde unilatéralement cette barge à la Mauritanie dont la capitale se trouvait à Ndar (Saint-Louis). En face à Rosso Sénégal, il n’est exigé au voyageur qu’un ticket de 200 f CFA (0,31 €). Nos dirigeants et décideurs n’ont qu’à prendre des véhicules banalisés et tenter l’expérience !

Partout pareil… quid de la libre circulation ?

Malheureusement sur les axes Burkina Faso- Côte d’Ivoire, Mali-Sénégal… ce qui est valable sur le corridor Maroc-Mauritanie-Sénégal-Guinée… est quasi-identique. Alors que la libre circulation est de rigueur, tout un lot de rackets est déploré ! Certes le contrôle routier va de paire avec la libre circulation, cependant quand il devient intempestif et de surcroît illicite sur des routes, dont la qualité est loin des standards, il y a lieu de s’interroger. Fort heureusement, tous les agents des force de l’ordre et soldats de l’économie ne sont pas pareils.

A lire aussi: Chronique : rétrospective 2022 – La ZLECAF, un démarrage en catimini

Aujourd’hui, les populations attendent de leurs dirigeants un réseau d’autoroutes et des voies express séparées, un maillage de rail à écartement standard, des canaux fluviaux… pour plus de confort, atténuer les accidents et autres chocs frontaux. Bref, il est temps d’asseoir une logistique qui promeut la compétitivité. Africains, soyons conscients que les origines de la balkanisation sont domiciliées ailleurs ! A nous d’en atténuer les conséquences, en commerçant facile et au bénéfice de tous, pas uniquement dans un sens ! Aussi, sans délai, que les entités, qui ont des atomes crochus, s’élargissent et rendre leurs frontières permissives. Le succès est au bout de cet osmose. C’est d’autant plus juste que vous pouvez traverser plusieurs frontières européennes dans la journée sans anicroches majeures et en une journée.

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