Accueil Blog Page 24

Mines : la RDC réactive le dossier du détournement des recettes minières  

La République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le 9 avril 2026 un cap inédit dans son histoire financière : le pays a officiellement lancé ses premières obligations souveraines sur les marchés internationaux. (Crédit : DR)

La République démocratique du Congo a lancé une enquête sur le détournement de plus de 300 millions de dollars de la société minière d’État Gécamines entre 2012 et 2020, a annoncé samedi dernier le ministère de la Justice dans un communiqué. Et ce dans un climat ambivalent de traque politique et de réelle volonté de lutter contre la corruption.

La Gécamines, société nationales minières de la RDC, qui détient des participations minoritaires dans des plus grands projets de cuivre et de cobalt au monde, est depuis longtemps accusée de corruption par des organisations non gouvernementales et des politiciens de l’opposition. L’Inspection générale des finances (IGF), l’organisme de surveillance des finances publiques du Congo, a constaté en 2022 que plus de 400 millions de dollars d’avances fiscales et de prêts que la Gécamines avait déclaré avoir versés au trésor national n’avaient pas pu être retrouvés, selon les chiffres de l’organisation du gouvernement de Félix Tshisekedi. La période cité entre 2012 et 2020 inscrimine surtout les hommes de l’ancien régime dirigé par Joseph Kabila.  

Traque politique ou volonté de transparence ?

Règlement de compte politique ou volonté de transparence ? Toujours est-il qu’il a été déclaré dans un rapport à l’époque que les 413 millions de dollars manquants étaient présumés avoir été détournés et que les auditeurs poursuivraient leurs enquêtes, selon des informations relayées par Reuters. L’IGF avait également découvert dans un audit distinct sur les finances de la banque centrale du Congo que la Gécamines avait détourné des avances d’impôts d’une valeur d’environ 315 millions de dollars entre 2012 et 2020. Le ministère congolais de la Justice a déclaré samedi dans un communiqué qu’il avait chargé le procureur de la République d’ouvrir un procès contre les responsables du « détournement de fonds publics » signalé par l’IGF.

A lire aussi : RDC : 7 milliards d’investissement pour le secteur minier

Chronique- Les détournements de deniers publics pondèrent le développement

Les détournements de deniers publics, à coup de centaines de millions voire de milliards de dollars ou d’euros, constituent un obstacle majeur au développement de l’Afrique. Ces pratiques malsaines, entre 150 à 200 milliards de dollars par an, privent les populations des ressources nécessaires à leur bien-être, sapent la confiance dans les institutions et découragent les investissements.  

Les détournements de deniers publics constituent un fléau qui mine le développement de nombreux pays africains. Pour lutter contre ces entraves, il est essentiel de renforcer les institutions, de promouvoir la transparence, de lutter contre l’impunité et de sensibiliser les populations aux dangers de la corruption.  

Ces pratiques illicites, (chiffrés en milliards de dollars/an) qui vont de la concussion à la corruption, en passant par la surfacturation, la fraude, les pots de vin et autres dessous de table, les commissions et rétrocommissions à des agents du public, ou encore la délinquance économique, ont des conséquences désastreuses à de multiples niveaux.  

D’abord, elles sapent la confiance et la légitimité des institutions. En effet, les détournements érodent la confiance des citoyens en leurs institutions, notamment les gouvernements. Lorsque les fonds destinés à des projets de développement sont détournés, les populations se sentent lésées et perdent espoir dans l’amélioration de leurs conditions de vie.  

Atteinte à l’état de droit, les détournements de fonds sont souvent associés à l’impunité, ce qui affaiblit l’état de droit et encourage la poursuite de telles pratiques. La corruption érode les mécanismes de contrôle et d’équilibre, ce qui favorise la mauvaise gouvernance. Au Sénégal, du Haut de la tribune de l’hémicycle, un député du parti au pouvoir alors a eu l’outrecuidance d’avouer, en direct à la télévision, être au cœur d’une opération illicite de détournement de fonds. S’il n’avait pas été inquiété à ce moment-là, fort heureusement, aujourd’hui une procédure est en cours, à la fois au sein du Parlement et du Parquet financier, pour éclairer la lanterne des sénégalais. 

A lire aussi: Chronique : Afrique- Comment tirer profit du management du futur ?

Ensuite, les détournements de deniers publics affaiblissent la légitimité. Doit-on insister sur le fait que la corruption discrédite les élites politiques et les institutions ?  Une situation qui fragilise la gouvernance et favorise l’instabilité politique. 

Le syndrome du « pauvre assis sur l’or« 

Véritables freins au développement économique, de telles pratiques créent le manque d’investissements. Les fonds détournés ne sont pas investis dans des projets productifs, ce qui prive l’économie de ressources essentielles pour sa croissance. Outre la dégradation des infrastructures publiques, telles que les routes, les hôpitaux, les écoles… qui vont souffrir d’un manque d’entretien, de nouveaux investissements ne pourront pas être injectés dans la création de nouvelles. La résultante est un défaut criard et une grave entrave au développement économique et social. 

Autre conséquence gravissime, les sommes détournées sont souvent transférées à l’étranger, ce qui prive les pays africains victimes de ressources financières précieuses. Cette fuite de capitaux est loin d’être fictive. Aujourd’hui, un ex-président récemment “mis à la retraite” par une population déterminée, vient de créer sa holding dans un autre pays à un jet de pierre du sien ! 

Concomitamment à ce qui précède, les détournements de deniers publics aggravent les inégalités et renforcent l’exclusion sociale. Ils enrichissent une minorité au détriment de la majorité de la population. Les populations les plus pauvres sont les premières victimes de la corruption, car elles sont privées des services publics essentiels. 

A lire aussi:Lutte anti-corruption : le Nigéria récupère 30 millions USD

Actuellement, avec une quête à la transparence dictée par cette ère du numérique, les investisseurs, notamment ceux cotés dans les places financières mondiales sont vite découragés par ces pratiques malsaines. En effet, les investisseurs étrangers et nationaux sont réticents à investir dans des pays où la corruption est endémique, car ils craignent de perdre leurs investissements. De surcroît, la fraude et la délinquance économique favorisent l’instabilité politique. Un melting pot qui ne promeut pas les investissements à long terme. Bien au contraire, ils chassent ceux présents et découragent ceux qui ont l’intention de s’y implanter.  

Chronique- Le rôle clé de l’Etat dans l’industrialisation 

Dans un pays où le secteur secondaire est quasi-inexistant ou déliquescent, l’État joue un rôle crucial dans l’industrialisation. Dans un tel contexte de développement industriel, l’État doit non seulement guider et stimuler les investissements, mais aussi et surtout mettre la main à la pâte, notamment dans les secteurs dits stratégiques. Surtout ne pas hypothéquer les bijoux de la famille dans des économies à 80% informelles ! 

Dans les pays en voie d’industrialisation, où les capitaux privés peuvent être insuffisants ou réticents à s’engager dans des projets à long terme et à haut risque, il revient à l’Etat de s’engager. Des structures publiques, gérées de façons autonomes, sont nécessaires pour assurer des desseins ayant trait à la souveraineté alimentaire, la résorption d’un chômage qui progresse à deux chiffres, à générer des revenus, atténuer voire annihiler complétement les périodes de soudure des exploitants agricoles.  

Chaque pays a ses habitudes alimentaires. Il revient à l’Etat de fixer les priorités nationales et d’orienter les investissements vers des secteurs stratégiques qui correspondent aux besoins du pays (énergie, agriculture, industrie manufacturière, etc.).  

Il suffit d’implanter des industries ou groupes d’usines au sein des branches à forte demande locale. Bien entendu, le lait et les produits d’élevage, le sucre, l’huile, les céréales, les produits de l’économie bleue sont d’office considérés comme stratégiques un peu partout à travers la planète, tant leur pénurie peut être source de troubles ou d’émeutes. Pour nos Etats, il s’agit de mettre rapidement en place de telles industries, en les dotant suffisamment de moyens pour des capacités de production de qualité, à même de satisfaire la demande locale.  Les exploitants du secteur primaire y trouvent leurs comptes dans la mesure où toutes leurs moissons, récoltes, pêches ou cueillettes seraient commercialisées. Tous les moyens- je dis bien, tous les moyens- nécessaires pour acquérir des intrants, du matériel, frais des périmètres irrigués ou pour assurer la logistique (transport jusqu’à l’usine, frais de récolte…), peuvent être avancés par ces mastodontes nationaux. L’exploitant, qui est du reste, assuré contre certains aléas, verra défalquer à la commercialisation ou à la collecte, les avances reçues. A ce stade, l’Etat aura le rôle de combler le vide, laissé par des marchés financiers imparfaits.

Les leviers d’action

L’État dispose de nombreux outils pour stimuler l’investissement stratégique. Outre le financement direct, sachant que l’État peut investir directement dans des entreprises ou des projets, notamment dans les secteurs stratégiques, il peut fournir des garanties pour réduire les risques liés aux prêts bancaires aux entreprises. 

L’Etat, qui devient entrepreneur, peut instruire des réductions d’impôts, des crédits d’impôt ou des exonérations douanières pour encourager l’investissement privé. 

A cela s’ajoutent le PPP (Partenariat-Public-Privé) par lequel l’État peut s’associer avec le secteur privé pour mener à bien des projets d’envergure, et l’amélioration du cadre réglementaire. Doit-on rappeler qu’un environnement réglementaire stable et transparent est essentiel pour attirer les investissements ? Un “Acte d’investir” facilité est synonyme d’accroissement de création d’entreprises.   

Notons que les soubassements de la réussite d’une telle politique reposent sur le développement des infrastructures et la formation professionnelle. Pour générer des effets d’entraînement, les investissements dans les transports, l’énergie et les télécommunications sont fondamentaux pour le développement industriel. Par ailleurs, pour développer les compétences nécessaires à l’industrie, l’État gagnerait à investir dans la formation.  

Pour toutes ces raisons, l’Etat demeure un acteur clé. Aussi, il ne faut pas perdre de vue que les projets industriels, en particulier les premiers, sont souvent associés à des risques élevés d’échec. L’État peut absorber une partie de ces risques, incitant ainsi le secteur privé à investir. Compte tenu du fait que l’industrialisation est un processus de longue haleine, l’État peut assurer une vision à long terme et une stabilité politique et économique, indispensables pour attirer les investissements. 

Mali- Korali-Sud devient une grande Mine

Photo : Mine d'or au Mali (Crédit : DR)

Le Mali et le groupe Allied-Gold Corporation ont procédé à la signature d’une convention, pour l’extension de la Mine de Korali-sud (Or), en une grande Mine. La première première phase d’exploitation s’étend sur 5 ans, avec un chiffre d’affaires de 120 milliards f CFA par an.

Au Mali, une nouvelle configuration s’annonce dans le secteur des industries extractives. Korali-Sud rentre dans la cour des grands, en devenant une grande Mine. Cette mue s’effectue à travers la signature d’une convention entre l’État malien et la société Allied-Gold Corporation, mardi 7 janvier 2025. Le but est de permettre et supporter le coût de transition de la Mine de Sadiola pour son exploitation (Or) en profondeur, l’extension de la Mine de Korali-sud est un projet d’envergure qui aura aussi des retombées considérables sur l’économie du Mali.

Sur une période de 5 ans, la Mine de Korali-sud fournira 110 à 120 milliards de francs CFA par an, selon le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni SANOU. Une source de revenus considérables pour l’État, mais aussi pour les communautés, les sociétés et les entreprises maliennes, grâce à l’application des dispositions du nouveau code minier et son contenu local.  Le ministre de l’Economie et des Finances n’a pas manqué de mettre l’accent sur l’application rigoureuse des nouveaux textes, en prenant en compte l’intérêt supérieur du Mali, tel que promu par les plus hautes autorités de la transition. Quant au ministre des Mines, M. Amadou KEITA, il a fait part de toute son émotion pour le nouveau code minier qui, au-delà des 35% de l’État, permet aussi aux Mali et aux Maliens de tirer profit pleinement de leurs richesses souterraines.

A lire aussi: Mali- Le gouvernement renégocie le contrat avec Barrick Gold sur les mines d’or de Loulo et Gounkoto

Pour rappel, la Mine de Korali-sud exploite de l’oxyde qui sera transporté au niveau de la Mine de Sadiola pour le traitement. Plaque tournante de l’exploitation minière au Mali, la Mine de Sadiola, appartenant également à Allied-Gold, est de nos jours en phase de transition pour une exploitation en profondeur. Quelque 500 millions de dollars ont été injectés par les investisseurs y pour atteindre les priorités fixées. Pour Ilias KEITA, Vice-Président Exécutif de la société minière Allied-Gold, exploitant Korali-Sud, « l’extension de petite Mine en grande Mine est un signal fort » au Mali.

Infrastructures : la Banque de développement de Chine finance de nouveau le Nigéria

La construction du projet ferroviaire Kaduna-Kano, dont le coût est estimé à 973 millions de dollars, a été ralentie pour des retards de financement.

La Banque de développement de Chine a accordé un prêt de 254,76 millions de dollars au Nigeria pour un projet ferroviaire reliant les deux États du nord du pays, Kano et Kaduna, a annoncé la banque, avant une visite dans ce pays d’Afrique de l’Ouest du chef de la diplomatie chinoise cette semaine.

La Banque de développement de Chine débloque 255 millions de dollars pour un projet ferroviaire au Nigeria. Dans le cadre de sa tournée annuelle du Nouvel An en Afrique, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi arrivera au Nigeria rencontrera le président Bola Tinubu et de hauts responsables du gouvernement jeudi selon un communiqué du ministère nigérian des Affaires étrangères. La construction du projet ferroviaire Kaduna-Kano, dont le coût est estimé à 973 millions de dollars, a été ralentie pour des retards de financement. La Banque de développement de Chine a déclaré dans un communiqué publié sur son site Internet que le prêt fournirait un soutien financier au bon déroulement du projet de chemin de fer à écartement standard de 203 kilomètres (126 miles).

« Une fois terminé, il fournira une connectivité ferroviaire directe entre Kano, une importante ville du nord du Nigeria, et la capitale du pays, Abuja, offrant aux résidents locaux un mode de transport sûr, efficace et pratique », a déclaré la banque.

Le Parlement nigérian avait approuvé pour la première fois la banque chinoise Exim Bank comme financier du projet ferroviaire en 2020, mais la banque s’est ensuite retirée. Le projet ferroviaire Kano-Kaduna fait partie de l’initiative chinoise « les routes du soi » et est construit par la China Civil Engineering Construction Corporation. L’initiative devrait également faciliter la circulation des personnes et des biens dans une région où les voyageurs par route sont confrontés aux attaques de gangs armés spécialisés dans les enlèvements contre rançon. Pour mémoire, la Chine est l’un des plus grands prêteurs bilatéraux du Nigeria, accordant des prêts pour la construction de routes, de voies ferrées et de centrales électriques.

Benin : Kemi Seba affiche ses ambitions politiques

Depuis le début 2025, certains citoyens béninois font part de leurs volonté de se présenter. Parmi eux, le militant panafricaniste Kemi Seba. (Crédit : DR).

Kemi Seba connu pour ses luttes acharnées pour le panafricanisme a annoncer son intention de se présenter à l’élection présidentielle au Bénin prévue pour mi-2026.

Au Benin, plusieurs personnalités publiques sont plus ou moins pressenties pour succéder au président Patrice Talon, qui arrive au terme de son 2e et dernier mandat constitutionnel. Depuis le début 2025, certains citoyens béninois font part de leurs volonté de se présenter. Parmi eux, le militant panafricaniste Kemi Seba. À travers ses réseaux sociaux, il a informé qu’il compte se positionner pour être candidat à la présidentielle beninoise. À un peu moins de 2 ans du scrutin, c’est l’une des premières personnalités publiques à dévoiler officiellement son intention de succéder au président Patrice Talon, élu en 2016 et réélu en 2021 pour un second mandat.Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Kemi Seba a déclaré compter sur notamment le soutien du parti « Les Démocrates » de l’ancien président Boni Yayi, « le seul parti politique de l’opposition [ayant] le nombre de parrainages suffisant pour accéder aux élections ». Le code électoral béninois exige aux candidats d’obtenir au moins 20% des signatures de l’ensemble des maires et députés du territoire national pour se porter candidat à la présidence.

« La deuxième option aura pour seule et unique fonction de constituer une véritable coalition, bien plus large que celle qui existe actuellement, visant à exiger une réforme du code électoral pour que tout le monde puisse candidater à l’élection présidentielle au Bénin », a signifié Kemi Seba.

Logistique- Marsa Maroc va investir dans le terminal pétrolier de Damerjog à Djibouti

Marsa Maroc (MSA.CS), premier opérateur portuaire du Maroc, investira une somme non divulguée dans Damerjog Oil FZE à Djibouti. Ce complexe prévoit de construire un port pétrolier et gazier sur la côte du Golfe d’Aden à Djibouti, selon un décret du gouvernement marocain.

Dans le cadre de son expansion sur le reste du continent africain, Marsa Maroc a créé une filiale, baptisée Marsa Maroc International Logistics. Cette dernière devra gérer une branche spéciale, appelée Marsa Djibouti pour superviser l’investissement Damerjog, selon un récent décret gouvernemental. L’investissement vise à renforcer la présence de Marsa Maroc dans les chaînes d’approvisionnement logistiques de l’Afrique de l’Est.

Elargissement du périmètre au Maroc et dans le reste du continent

Marsa Maroc International Logistics, qui a été créée pour gérer les plans d’expansion de l’entreprise en Afrique, a également créé Marsa Bénin pour exploiter les terminaux 1 et 5 du port de Cotonou au Bénin, précise ce même décret. En juin, Marsa Maroc a remporté un contrat pour exploiter un terminal à conteneurs dans le port marocain de Nador West Med, d’une capacité de plus de trois millions d’unités équivalentes vingt pieds.

A lire aussi: Maroc : le Royaume champion africain des énergies renouvelables

Pour rappel, Marsa Maroc, ex-ODEP (Office d’exploitation des ports), cotée à Casablanca, gère neuf ports, à travers le Maroc, dont Tanger Med 1 et Casablanca.

Egypte- Nouvelle enveloppe du FMI, courant janvier

L’Egypte devrait recevoir, ce mois-ci, un décaissement de 1,2 milliard de dollars du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre d’un programme de 8 milliards de dollars.

Ahmed Kouchouk, ministre égyptien des Finances, annnonce une nouvelle rallonge du FMI. Le mois dernier, le FMI annonçait avoir conclu un accord au niveau des services avec l’Égypte, sur la quatrième revue de l’accord de facilité élargie de crédit de 46 mois, débloquant potentiellement le décaissement de 1,2 milliard de dollars.

A lire aussi: Economie : l’Egypte renfloué de nouveau par le FMI

« Le conseil d’administration (du FMI) se réunira en janvier et, si Dieu le veut, nous recevrons le montant en janvier », a récemment déclaré M. Kouchouk. L’argentier égyptien a ajouté que l’Egypte n’avait pas demandé d’augmentation du prêt de 8 milliards de dollars. Son pays, aux prises avec une forte inflation et une pénurie de devises étrangères, a accepté, en mars dernier, d’élargir le programme d’aide du FMI. La forte baisse des recettes du Canal de Suez, provoquée par les tensions régionales, au cours de l’année écoulée, a aggravé ses difficultés économiques. Le ministre égyptien des Finances a également notifié que l’Egypte comptait lever environ 3 milliards de dollars, sur le reste de l’exercice en cours, qui se termine fin juin, par le biais de « diverses émissions », destinées aux investisseurs, sans donner plus de détails.

A noter que ces commentaires ont été formulés, en réponse à une question sur l’éventuelle intention de l’Egypte d’offrir de nouvelles obligations aux investisseurs étrangers, cette année.

Mali : retour sur des projets phares de l’année

Au Mali, le gouvernement de transition a annoncé, ce dimanche 26 octobre 2025, la suspension des cours dans toutes les écoles et universités du pays à partir du lundi 27 octobre et jusqu’au dimanche 9 novembre inclus. (Crédit : Africa Income).

Que ce soit dans le secteur clé des mines, ou des énergies renouvelables, jusqu’à une révision de son patrimoine culture, le Mali a posé en 2024 les jalons de projets ambitieux qui devraient figurer en bonne place dans l’agenda 2025 du pays.

La confédération de l’alliance des États du Sahel dont le Mali est membre a marqué l’année 2024 à travers plusieurs grands projets afin dassurer la souveraineté tant prônée par les trois pays. Le Mali a démarré plusieurs projets symbolique. Le pays a inauguré sa toute première mine de lithium en Afrique de l’Ouest.  Le dimanche 15 décembre 2024, son Président de la Transition, Assimi Goita a procédé à l’inauguration de l’usine de lithium de Goulamina, située à 65 km de de la région Bougouni.  Il a souligné que ce projet, fruit de réformes profondes dans le secteur minier, marque une avancée significative dans l’exploitation des ressources naturelles du pays. En ce qui concerne les retombées économiques attendues, un chiffre d’affaires initial de 680 milliards de FCFA qui alimentera les banques maliennes et dynamisera les activités économiques. Les dividendes de la mine, estimés à 71 milliards de FCFA, bénéficieront à l’État (30 %) et au secteur privé (5 %), tandis qu’un investissement de 25 milliards de FCFA est prévu pour des projets communautaires : routes, centres de santé, écoles, et infrastructures énergétiques. La mine de Goulamina, exploitée sur une durée de 21 ans, générera plus de 400 milliards de FCFA et près de 2 000 emplois directs et indirects.

Avec ses nouveaux partenaire, le pays se tourne vers les énergies renouvelables

Aussi, face au defis énergétique, les autorités maliennes s’allient avec les nouveaux partenaires dont la Chine et la Russie pour développer le potentiel solaire du pays. A Safo, le 28 mai 2024 a eu lieu le démarrage des travaux de construction d’une centrale solaire de 100 MW crête en partenariat avec la Chine. La centrale de 100 MW qui s’étendra sur 228 hectares, utilisera des panneaux photovoltaïques en silicium monocristallin et devrait être achevée dans 15 mois. Le financement est à moitié assuré par le budget national alors que le pays fait face à un faible niveau d’investissement dans le secteur électrique accompagné d’une hausse de la demande d’électricité liée à l’évolution démographique.

Le Mali rebaptise son patrimoine historique

Le pays Oues-africain qui vient de quitter la Cedeao a inauguré en 2024, à Bamako, la place de la Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ce lieu était connu autrefois pour être la place du Sommet Afrique – France. L’avenue de la CEDEAO devient désormais l’avenue de l’AES, en hommage à l’Alliance des États du Sahel. Les autorités maliennes ont également procédé à la rebaptisation d’une vingtaine d’autres lieux publics de la capitale, Bamako. Parmi eux, des boulevards très fréquentés, des avenues, des rues, ainsi que des écoles publiques. Ces lieux portent désormais le nom de figures nationales et africaines ayant marqué l’histoire.

Mali :Mali-Russie : un nouveau cap franchi dans la coopération bilatérale

Chronique- 2024, Année de ruptures vers l’émergence 

L’année 2024 a marqué un tournant décisif pour le continent africain. Les dynamiques économiques, politiques et sociales ont connu des évolutions profondes, annonçant une nouvelle ère de transformations et de défis. 

Des évolutions profondes et complexes ont été vécues, sinon amorcées, en Afrique, au cours de l’année 2024. Si les défis sont nombreux, les opportunités sont également immenses. L’avenir du continent dépendra de la capacité des dirigeants africains à saisir ces opportunités et à mettre en œuvre des politiques ambitieuses et durables. Les plus récents exemples sont illustrés au Ghana, l’ancien président John Dramani Mahama a été porté à la magistrature suprême le 07 décembre, succédant à Nana Akufo Ado, au Sénégal, le Premier Ministre Ousmane Sonko vient de présenter sa déclaration de politique générale à l’assemblée nationale le 27 décembre… Rappelons que dans au moins 17 pays du continent africain, il y a eu des élections exécutives, singulièrement aux Iles Comores (janvier), à Maurice et en Tunisie (novembre), au Tchad (mai), en Afrique du Sud et en Mauritanie (juin), au Rwanda (juillet) ou encore au Mozambique et au Botswana (octobre).  

Croissance contrastée 

Sur le plan économique, tous les pays n’ont pas été logés à la même enseigne, avec notamment une croissance contrastée. Alors que certains pays ont connu une croissance soutenue, d’autres ont été confrontés à des ralentissements liés à la persistance de la pandémie, aux conflits régionaux et à la volatilité des prix des matières premières.  

Une certaine différenciation é été notée en termes d’efforts de diversification économique. S’ils se sont intensifiés, par endroits, avec un accent mis sur les secteurs à forte valeur ajoutée, tels que l’industrie manufacturière, les technologies de l’information et de la communication, et les services, dans d’autres pays l’accent reste toujours mis sur des ressources de rente. 

Avec une ZLECAf (Zone de libre-échange africaine) sur toutes les lèvres, en dépit des dégâts éventuels d’une mise en place sans mise à niveau préalable des économies moins avancées, les initiatives d’intégration régionale ont progressé. Certes le but est de favoriser la création de marchés communs et le renforcement de la coopération entre les pays africains, mais les pays à économie intermédiaire ou moins nantis risquent fort d’user de mesures de sauvegarde pour éviter des faillites en série. 

A lire aussi: Chronique : Enjeux des nouveaux métiers pour l’Afrique

Compte tenu de l’immense potentiel du continent, les investissements étrangers directs (IED) ont continué d’affluer en Afrique, attirés par les opportunités de croissance et les réformes économiques mises en œuvre par de nombreux pays. Sur une estimation mondiale de 685 milliards de $, l’Afrique au Sud du Sahara ne devrait recevoir que 56 milliards de $, soit jutse + 1 milliard de $ par rapport à 2023. 

La rupture, les ruptures… 

Il est clair que l’Afrique est à un tournant de son histoire. Toutefois pour saisir les opportunités de l’émergence, il est essentiel de relever un certain nombre de défis. Outre la diversification économique, pour réduire la dépendance aux matières premières et créer des emplois durables, il est impératif de renforcer les institutions, lutter contre la corruption et promouvoir la transparence. 

Quant au marché commun africain, souhaité par tous, pour renforcer le poids de l’Afrique sur la scène internationale, ses desseins ne doivent être égaux qu’à la volonté d’asseoir des échanges équitables. L’année 2024 sera-t-elle l’Année de la Qualité à tous les niveaux ? Sans se hisser aux standards et normes de qualité requis, certains n’auront que leurs yeux pour pleurer dans un marché commun où les plus “forts” monopoliseront les filons les plus rentables ! Reste à savoir si ces Etats prétendus émergents sont prêts à financer la mise à niveau des autres ?  

D’autres défis de taille sont à trouver dans la qualité du capital humain où il est impératif d’investir dans l’éducation, la formation et la santé, mais aussi dans des politiques qui intègrent le changement climatique pour s’adapter à ses effets et contribuer à la transition énergétique. 

Instabilité, gabegie… persistantes, mais lueur d’espoir 

Sur le volet politique, l’instabilité n’a pas été absente. Plusieurs pays africains ont été confrontés ou continuent d’être face à des crises politiques, notamment des coups d’État, des manifestations et des violences électorales. Pas plus tard qu’hier, samedi 28 décembre 2024, une Haute Cour de Justice a été installée à l’assemblée nationale du Sénégal pour juger les coupables de malversations, d’éliminations physiques, de concussion… La question de la gouvernance a été au cœur des débats, avec une volonté accrue de lutter contre la corruption et de renforcer les institutions. Dans d’autres contrées, les armes tonnent toujours, notamment au Sahel et dans la région des Grands Lacs. En 2024, les défis sécuritaires ont persisté, notamment liés au terrorisme, aux conflits ethniques et aux trafics illicites. 

Fort heureusement, certains pays ont organisé des élections démocratiques, marquant des avancées en matière de gouvernance et de respect de l’État de droit (Botswana, Ghana, Sénégal).  

Au plan social, dans un continent où près de 70% de la population a moins de 19 ans, la question de la jeunesse est devenue de plus en plus pressante, avec un besoin accru d’emplois et de services sociaux pour cette population. 

Dans certains pays- pour ne pas dire dans la plupart- les inégalités sociales se sont accrues, accentuant les tensions et les frustrations. 

Face à de fortes carences en utilités installées (électricité, eau courante potable, assainissement…), les effets du changement climatique ont été de plus en plus visibles, avec des sécheresses, des inondations et des déplacements de populations. 

Et pour compliquer les politiques publiques sectorielles, la pandémie de Covid-19 a continué d’avoir des répercussions sur les systèmes de santé et les économies africaines. 

Osons espérer qu’en 2025, cette partie de l’Afrique, qui n’a toujours fait qu’attendre des investisseurs étrangers pour exploiter ses ressources, se retrousse enfin les manches et commence à compter sur son propre capital, ses ingénieurs, agents de maîtrise et autres techniciens pour produire des produits à haute valeur ajoutée, tels que l’acide phosphorique, les dérivés phosphatés, des métaux précieux, véritables valeur-refuge ou qui s’arrachent dans tous les marchés.  

Africa leadership