mercredi 25 février 2026
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Nigéria : après Dangoté, trois nouvelles banques dans le collimateur de la justice

La Banque Centrale du Nigeria a limogé les conseils d'administration et la direction de trois banques pour non-respect des réglementations bancaires et défaillances en matière de gouvernance d'entreprise, a-t-elle annoncé mercredi. (Crédit : DR).

Au Nigéria où la purge contre la corruption continue, la banque centrale du Nigéria limoge les conseils d’administration de trois banques pour manquements à la réglementation. La semaine dernière, c’était surtout le cas du groupe Dangoté et d’autres entreprises qui ont été perquisitionnées.

La Banque Centrale du Nigeria a limogé les conseils d’administration et la direction de trois banques pour non-respect des réglementations bancaires et défaillances en matière de gouvernance d’entreprise, a-t-elle annoncé mercredi. Les banques concernées sont les banques privées Union Bank, Keystone Bank et Polaris Bank. Des entités bancaires passées sous le contrôle du gouvernement dans le passé. La décision du gouverneur de la Banque centrale, Olayemi Cardoso, intervient alors que le secteur se prépare à une augmentation des capitaux induite par la réglementation, qui, selon le gouverneur, est nécessaire pour soutenir les ambitions de croissance économique du Nigeria. « La Banque centrale du Nigeria (CBN) a dissous le conseil d’administration et la direction de l’Union Bank, de la Keystone Bank et de la Polaris Bank », a indiqué le régulateur. Les infractions des banques vont du non-respect de la réglementation, à l’échec de la gouvernance d’entreprise, au non-respect des conditions dans lesquelles leurs licences ont été accordées, et à la participation à des activités qui constituent une menace pour la stabilité financière, entre autres. L’Union Bank a récemment été vendue à la société privée Titan Trust Bank sous la direction de l’ancien gouverneur de la Banque centrale Godwin Emefiele, qui a été suspendu par le président Bola Tinubu en raison d’allégations de fraude. Les entreprises les plus importantes n’échappent pas à cette lutte anti-corruption. Vendredi dernier, les enquêteurs de la Commission des délits économiques et financiers ont effectué une visite inopinée dans les locaux du groupe Dangote.

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Ils se sont présentés avec une ordonnance concernant des détails sur toutes les devises étrangères qui lui ont été octroyées par la Banque centrale du Nigeria depuis 2014.  Une descente qui a déplu au groupe et il l’a fait savoir via un communique du dimanche 07 janvier 2024. Pour le géant, il a noté avec regret la décision de l’EFCC de s’inviter de manière imprévue dans ses murs après son refus de lui concéder plus de temps pour réunir les documents exigés. Le groupe Dangote précise par ailleurs qu’aucun document n’a été emporté par les enquêteurs lors de leur perquisition puisqu’ils avaient  été envoyés antérieurement dans les bureaux de la commission des délits économiques. Le groupe industriel a tenu également à informer de sa disponibilité et de son entière coopération afin d’aider l’agence dans sa tâche. Cela en fournissant toutes les informations nécessaires. Une précision de taille a été apportée par le communiqué, selon laquelle aucune accusation de corruption contre l’une de ses filiales n’est à signaler. Il ne s’agit pour le moment que d’une simple demande d’information peut-on lire dans le communiqué.

De son côté, l’EFCC, l’agence anti-corruption nigériane estime que  Dangote et 51 autres entreprises auraient bénéficié de taux de change préférentiels pour acheter des dollars à prix réduit afin de pouvoir importer les matières premières et poursuivre leurs activités. Même si aucune enquête officielle n’a été  ouverte à ce stade, cette simple perquisition est un coup dur pour l’image du Groupe Dangote réputé en Afrique et un modèle également. Ceci pourrait porter préjudice aux activités de l’entreprise notamment côte bourse.

RDC : La mine de Kamoa-Kakula dépasse les attentes de production de cuivre

L'entreprise a testé des matériaux, étudié des processus de travail et comparé des plans visant à améliorer la durabilité sociale et environnementale dans le but de trouver des partenaires à long terme. (Crédit : DR).

La République Démocratique du Congo (RDC), notamment son secteur minier, dont la valeur potentielle est estimée à 24 000 milliards de dollars, continue de fleurir. En ce sens, la société minière canadienne Ivanhoé Mines a récemment annoncé des résultats encourageants pour le complexe de Kamoa-Kakula.

En République Démocratique (RDC) la mine de Kamoa-Kakula dépasse les attentes de production de cuivre et ouvre la voie à une croissance économique prometteuse. Dans son rapport annuel clôturé le 31 décembre 2023, la société canadienne a atteint une production de 393 551 tonnes de cuivre à Kamoa-Kakula. Soit une augmentation de 18% par rapport à l’année précédente qui étaient fixées à 390 000 tonnes. Ces prouesses sont dûes en partie par au succès du programme de désengorgement de Kamoa Copper, terminé plus tôt que prévu en février 2023. Les concentrateurs Kamoa-Kakula ont broyé environ 8,5 millions de tonnes de minerai en 2023, produisant 824 382 tonnes métriques sèches de concentrés de cuivre. Les taux de récupération du cuivre par flottation ont été supérieurs aux attentes, atteignant en moyenne 87,4%. Au regard de ces grandes réalisations, Ivanhoé Mines prévoit d’intensifier sa production dans les années à venir afin de booster ses revenus. Les prévisions pour l’année 2024 oscillent entre 440.000 et 490.000 tonnes de cuivre sous concentré, avec la terminaison prévu du concentrateur de phase 3 au troisième trimestre. Cela augure de bonnes perspectives économiques pour la République démocratique du Congo (RDC) qui grâce à ses ressources minières se place comme un acteur majeur de l’économie africaine.

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Côte d’Ivoire : négociations toujours tendues entre investisseurs chinois pour le contrôle de la mine d’Abujar

Abujar est une mine d'or située à 400 kilomètres de la capitale ivoirienne Abidjan. (Crédit : Dr)

L’offre de rachat de 400 millions de la mine d’Abujar proposée par Zhaojin vient d’être rejeté par le conseil d’administration de Tietto Minerals. Ce rejet intervient au moment où la société fait preuve d’une performance en hausse. Une des raisons de ce positionnement réside également dans le fait que l’attention est partiellement portée sur des investisseurs américains dont la décision pourrait influencer la fin des tractations en cours.

Abujar est une mine d’or située à 400 kilomètres de la capitale ivoirienne Abidjan. Elle est contrôlée par un groupe d’actionnaires dont Tietto Minerals. Le conseil d’administration de cette entité a de nouveau repoussé l’offre de rachat à 400 millions USD faite par Zhaojin Mining, le deuxième plus gros actionnaire de l’entreprise. Cette décision est la suite logique d’une compétition en cours depuis début novembre 2023 entre investisseurs chinois qui luttent pour le contrôle de cette entité qui est cotée sur le marché financier australien. Selon les administrateurs, l’offre de Zhaojin Mining dévalue de manière réduite Tietto Minerals de 54% à 74% par rapport à son potentiel de valeur future basé sur les projections de revenus. Une réflexion relative à une analyse indépendante de la firme d’audit Grant Thornton qui est allée dans ce sens. Chifeng Jilong Gold Mining, le principal actionnaire de Tietto Minerals avec 12,47% des parts et coté sur la Bourse de Shanghai, a indiqué son refus de l’offre de Zhaojin.

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Parmi le groupe d’actionnaires ayant rejeté l’offre figure Kongwell Management Limited, un gestionnaire de fonds basé au Royaume-Uni disposant de 6,26% des parts de Tietto. Il faut dire que ces tractations se tiennent au moment où Tietto Minerals ne cesse d’élever la production de la mine d’Abujar. Pour l’année 2023, la société a informé d’une production totale de 2,8 tonnes d’or équivalant à environ 193 millions de dollars, selon les prix moyens de l’or estimés pour 2023. Le conseil d’administration présage pour Tietto Minerals l’atteinte de sa pleine capacité de production, d’ici la fin du premier semestre 2024. En ce qui concerne les investisseurs américains, il s’agit de T.Rowe Price Group, Van Eck Associates et The Vanguard Group. Ils ont collectivement 12,8% des parts de Tietto et pourraient jouer un rôle prépondérant dans les discussions en cours. Un avis favorable émanant d’eux par rapport à l’offre de Zhaojin pourrait changer la donne et faire de Zhaojin le premier actionnaire.

Ghana – Dette : le pays proche d’un accord avec le FMI

Le ministre des Finances du Ghana Ken Ofori-Atta (Ghana).

Le Fonds monétaire international s’est dit mardi « optimiste » quant à la possibilité pour le Ghana et ses créanciers bilatéraux officiels de parvenir prochainement à un accord de restructuration de la dette, ouvrant la voie à un nouveau prêt de 600 millions de dollars du FMI au pays.

Le FMI espère bientôt arriver à un accord officiel sur la dette des créanciers. Les discussions entre les autorités ghanéennes et le Comité des créanciers officiels, coprésidé par la Chine et la France, montrent des « progrès prometteurs », a déclaré le représentant résident du FMI au Ghana, Leandro Medina. »Nous sommes optimistes qu’un accord sera bientôt conclu, permettant de présenter rapidement la première revue du programme ECF (Extended Credit Facility) à notre conseil d’administration » selon un haut responsable. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a fait défaut sur la majeure partie de sa dette extérieure en décembre 2022 et doit conclure des accords de restructuration avec ses créanciers officiels, les détenteurs d’obligations internationales et d’autres prêteurs commerciaux, pour mettre en œuvre avec succès l’accord de prêt du FMI et sortir de sa pire crise économique depuis une génération.

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Les obligations souveraines internationales en dollars du Ghana ont augmenté mardi, après un rapport selon lequel le gouvernement s’attendait à recevoir prochainement un projet de conditions de la part de ses créanciers officiels pour restructurer 4,5 milliards de dollars de dette. Le projet de conditions ouvrirait la voie à l’approbation par le Conseil d’administration du FMI du décaissement de 600 millions de dollars au titre de son programme de sauvetage de 3 milliards de dollars, a déclaré le ministre des Finances du Ghana. Les obligations internationales du Ghana ont augmenté jusqu’à 1,1 cent par rapport au dollar, l’échéance de mai 2029 ayant le plus augmenté à 42,67 cents, selon les données de Tradeweb. Les créanciers officiels du Ghana devaient se réunir lundi prochain pour discuter des conditions de restructuration.

L’Algérie : ExxonMobil lorgne le pétrole et le gaz algérien

Pour soutenir la demande croissante en matière d’énergie, l'Algérie prévoit un investissement de 60 milliards de dollars dans le secteur sur cinq ans.

 L’Algérie mène des négociations sur des investissements pétroliers et gaziers. Le pays qui cherche à augmenter sa production est à la recherche active d’investissements. Les majors américaines comme ExxonMobil sont dans sa ligne de mire.

Le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab, a discuté hier des investissements pétroliers et gaziers en Algérie avec la major pétrolière américaine ExxonMobil (XOM.N), a indiqué mardi un communiqué dudit ministère. Un accord devrait être conclu dans les prochains jours, ajoute le communiqué. L’Algérie s’efforce d’augmenter sa production de pétrole et de gaz et s’attend à ce qu’ExxonMobil et d’autres sociétés américaines investissent dans son secteur énergétique, comme l’a déjà fait Occidental. La production algérienne de pétrole s’élève à environ 1 million de dollars et celle de gaz à 106 milliards de mètres cubes par an, selon les chiffres publiés par la Sonatrach. En effet, le ministre a reçu hier à son siège une délégation de l’American Oil and Gas Company « ExxonMobil » International, conduite par le vice-président d’ExxonMobil for Research and Exploration, John Ardell. Au cours de cette réunion, qui s’est tenue en présence de du Président, Directeur général de Sonatrach, les discussions ont porté les opportunités de partenariat et les consultations en cours entre la Sonatrach et ExxonMobil, dans le développement de nouvelles sources de productions pétrolières notamment.  A l’issu de la rencontre, les deux parties se sont accordées sur la signature d’un accord dans ce sens.

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Pour mieux vendre la destination Algérie à ces potentiels investisseurs, le ministre a insisté sur les opportunités d’investissements et de partenariat offertes par le secteur de l’énergie du pays nord-africain. Comme celles relatives au développement et l’exploitation des possibilités offertes par la nouvelle loi sur les torchages, qui offre quelques facilités et avantages aux investisseurs. Le ministre a également rappelé la stratégie du secteur basée sur la recherche d’investissements massifs, visant à augmenter la production, la transformation et la commercialisation du pétrole et du gaz naturel, afin de répondre aux besoins nationaux et de renforcer les capacités d’exportation. En soulignant des engagements de l’Algérie envers ses partenaires, il promit la fourniture de toutes les facilités aux partenaires étrangers, en particulier ExxonMobil dans toutes les étapes de réalisation de ces investissements. Pour le représentant d’Exxon Mobil, M. Ardell, il s’agit surtout pour le groupe de la création et l’identification de projets importants et tangibles en Algérie, notamment à la lumière d’un climat d’investissement propice et de la confiance caractérisée par les relations associées à la Sonatrach.

Nigéria : la raffinerie Dangoté prête pour ses premiers essais

TotalEnergies, major française de l'énergie (TTEF.PA), a conclu son premier accord d'approvisionnement avec la raffinerie de Dangote au Nigeria, a déclaré vendredi son directeur général Patrick Pouyanne.

La raffinerie de pétrole nigériane de Dangote pourrait commencer ses essais dès cette semaine après avoir reçu lundi une sixième cargaison de brut, ont annoncé des responsables de la société, accélérant le deploiement de l’usine de 650 000 barils par jour (b/j) après des années d’exploitation dû à des retards de construction.

La raffinerie nigériane de Dangote s’apprête à effectuer des essais après avoir obtenu davantage de brut. La raffinerie, financée à hauteur de 20 milliards de dollars par l’homme le plus riche du monde. Le Nigeria importe actuellement la majeure partie de son carburant, mais la raffinerie de Dangote deviendra autosuffisante et pourra exporter du carburant vers ses voisins d’Afrique de l’Ouest, transformant potentiellement le commerce du pétrole dans le bassin atlantique. Le Nigeria défie actuellement les sociétés énergétiques américaines et européennes qui alimentent les voitures, de camions et groupes électrogènes en Afrique depuis des années. L’usine a reçu 1 million de barils de pétrole du champ d’Agbami dans le delta du Niger, portant à 6 millions de barils la quantité de brut livrée depuis l’arrivée de la première cargaison en décembre, a indiqué le porte-parole de Dangote dans un communiqué, redonnant enfin vie à l’usine de 650 000 barils par jour (b/j) après des années d’exploitation.

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La raffinerie financée à hauteur de 20 milliards de dollars par l’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote, est en cours de construction à Lekki, à la périphérie de la capitale commerciale Lagos. La prochaine étape consistera à démarrer l’unité de distillation du brut, qui est un élément majeur de la raffinerie. Un processus qui commencerait « très probablement » cette semaine, a ajouté la direction exécutif du projet. « Par la suite, nous achèterons continuellement du brut et commencerons à mettre en service les autres départements. Les produits vendables commenceront à arriver dès la première semaine. Mais, bien sûr, le volume sera limité et la variété des produits vendables sera également limitée et elle commencera à s’accumuler, à mesure que chaque département majeur recevra des commandes », selon la communication du groupe. Les experts affirment que les tests incluent les différentes unités qui fabriquent des produits allant de l’essence au diesel et s’assurant qu’ils répondent aux cahiers de charges. Selon les experts, il faudra parfois des mois aux raffineries pour passer des essais à la production de carburants de haute qualité à pleine capacité. Dangote a annoncé qu’elle commencerait par raffiner 350 000 b/j et espère atteindre sa pleine production plus tard cette année. Le démarrage des premiers essais intervient alors que la société Dangoté doit faire face au scandale de taux de changes préférentiels, qui lui a valu une percution la semaine dernière.

Libye : plus de 20 milliards de recettes pétrolières en 2023

(Crédit : DR).

En 2023, les exportations de pétrole ont rapporté 20,7 milliards USD à la Libye. Durant l’année passée, les sites pétroliers ont continué à être bloqués. Ce qui a provoqué une diminution des recettes des exportations de brut comparativement à l’année précédente.

La Libye a mobilisé 99,1 milliards de dinars (20,69 milliards de dollars) en partie dûs aux exportations de pétrole en 2023 contre 105,4 milliards de dinars en 2022, selon des données publiées le dimanche 7 janvier 2024 par la Banque centrale. L’institution a également déclaré que les recettes publiques totales du pays se sont chiffrés à 125,9 milliards de dinars durant l’année écoulée contre 134,4 milliards de dinars une année auparavant. En ce qui concerne les dépenses globales elles ont été atteint 125,7 milliards de dinars en 2023 contrairement 127,9 milliards de dinars en 2022. Disposant des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique selon plusieurs sources scientifiques, la Libye a du mal à se sortir d’une situation sécuritaire précoce et de crise politique qui dure près d’une décennie.

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Plusieurs élements entrechevés empêche la mise en route d’un processus de transition efficace pour tourner la page de quatre décennies de de la règne du Colonel Mouammar Kadhafi. Depuis la chute du pouvoir en 2011 de Mouammar Kadhafi, les blocages de site pétrolier sont devenus récurrente en Libye. Ils sont liés soit à des protestations sociales, soit à des différends politiques. La Libye, grand pays de pétrole fait donc face à un manque de gagner estimé à des centaines de milliards de dollars. Il faut dire l’opposition entre les deux gouvernements rivaux n’aide pas en ce sens. Le pays espère porter sa production pétrolière à 2 millions de barils par jour d’ici 3 à 5 ans, soit un quasi-doublement par rapport au niveau actuel de 1,2 million de barils par jour.

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Télécom : le Mali va étendre son réseau national de fibre optique

Le Mali se penche actuellement sur la préparation d’une Politique nationale de développement de l’économie numérique 2024-2028. (Crédit : DR).

Le Mali veut renforcer sa couverture internet. Pour ce faire, le pays dont seuls les 65% de la population ont accés à internet compte étendre son réseau national de fibre optique.

Le gouvernement malien veut soutenir l’infrastructure télécoms nationale conformément à ses  ambitions annoncées de transformation numérique. Selon DataReportal, environ 65 % de la population malienne n’a pas accès à Internet. Pour mener à bon port cette opération le gouvernement du Mali a choisi comme société chargée de l’extension du réseau national de fibre optique, la holding chinoise China International Telecommunication Construction Corporate. Adopté en conseils des ministres, le projet coûtera au total 117,3 millions USD, et couvrira les zones de Mopti, Koro, Tombouctou, Gao, Ansongo et Labenzaga. La durée d’exécution du projet est estimée à 24 mois. Cet investissement s’inscrit en droite ligne avec la volonté des politiques maliens de donner un coup de pouce à la  transformation numérique. L’agriculture, la culture du coton, et les mines sont les moteurs de l’économie malienne. Avec ce financement, le gouvernement malien entend diversifier ses secteurs d’activités créant de ce fait un écosystème propice à l’émergence des start-up, la modernisation de l’administration et la prospérité économique durable. Le Mali se penche actuellement sur la préparation d’une Politique nationale de développement de l’économie numérique 2024-2028.

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L’extension du réseau national de fibre optique va  permettre d’améliorer la qualité et de diminuer les coûts des services Internet dans les zones ciblées, mais également d’étendre la portée de ces services à des milliers de personnes complémentaires. Selon des chiffres issus de la plateforme de données DataReportal, le Mali comptait 7,91 millions d’internautes au début de l’année 2023, avec un taux de pénétration de l’Internet de 34,5 %. Le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile s’élevait à 22,48 millions, soit 98 % de la population. 

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Chronique : quand la mauvaise gouvernance coûte 148 milliards USD annuels à l’Afrique

Le manque à gagner dû à la corruption chiffre à plusieurs milliards de dollars. Selon Transparency International, les gouvernements d’Afrique voient lui filer entre les doigts 148 milliards $ par an, soit le quart de son PIB, à cause de ce « cancer » ! (Crédit : DE).

En Afrique, la reddition des comptes reste encore un défi à relever. De nombreux pays africains souffrent de corruption, de népotisme et d’absence de transparence. Ces maux nuisent à la bonne gouvernance et à la rentabilité des deniers publics. S’ils arrivent que les organes de lutte mis en place arrivent à épingler des couples, ce sont très souvent les seconds couteaux qui tombent tandis que les gros bonnets passent entre les mailles des filets.

La corruption et la concussion, qui ne sont pas l’apanage du continent noir, pondèrent le développement de beaucoup de pays africains. Il n’est pas rare que des chantiers, censés générer des milliers d’emplois et beaucoup de revenus, voire porteurs de modernité, finissent en queue de poisson. Des projets qui s’insèrent dans des programmes de développement, estampillés « Emergence », en lice ces dernières années dans de nombreux pays africains. Dans la logique d’un tel élan des lois sur la transparence et la lutte contre la corruption ont été promulguées. Des organes, conventions et instances sont établis au niveau continental, régional ou national. Parmi ceux-ci, la Convention de l’Union africaine sur la lutte contre la corruption et les infractions connexes, le GIABA (Groupement intergouvernemental d’actions contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest) au sein de la CEDEAO, les Cellules nationale de Traitement des informations financières (CENTIF), des Cours des comptes et autres Directions de l’inspection financière et/ou d’Etat… pour lutter contre de tels fléaux. De plus, des organisations de la société civile et des médias jouent un rôle de plus en plus important dans le suivi des actions du gouvernement. En dépit de tous ces efforts, il reste encore du chemin à parcourir en Afrique, en termes de gouvernance et reddition des comptes. Le manque à gagner dû à la corruption chiffre à plusieurs milliards de dollars. Selon Transparency International, les gouvernements d’Afrique voient lui filer entre les doigts 148 milliards $ par an, soit le quart de son PIB, à cause de ce « cancer » !

La reddition des comptes reste encore un défi

Il est grand temps d’imposer et de faire respecter la reddition des comptes, élément essentiel d’une bonne gouvernance. Elle permet de garantir que les ressources publiques sont utilisées de manière efficace, efficiente et équitable. Souvent un défi en Afrique, la reddition des comptes est entravée par un certain nombre de facteurs, notamment la corruption, la faiblesse des institutions et la pauvreté. Pour améliorer la reddition des comptes en Afrique, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes efficaces de contrôle et de surveillance. Ces mécanismes doivent permettre aux citoyens de s’informer sur l’action du gouvernement et de signaler les cas de corruption ou de mauvaise gestion. Parmi les critères pour rentabiliser les deniers publics en Afrique, nous trouvons que la transparence des finances publiques occupe une place de choix. Les citoyens doivent avoir accès aux informations sur les recettes et les dépenses publiques. Aussi, l’indépendance des institutions de contrôle, telles que la Cour des comptes ou l’Inspection générale des finances, doivent être indépendantes du gouvernement. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas partout. Certains de ces organes sont logés à la Présidence de la République… dans des pays ouest africains. Pour plus d’efficience dans la lutte contre des dirigeants sans scrupules, il est important d’imposer des sanctions efficaces. Les personnes coupables de corruption doivent être sanctionnées de manière dissuasive. Il apparaît évident que la mise en œuvre de ces critères nécessite des efforts concertés de la part des gouvernements, des citoyens et des organisations de la société civile, dont les lanceurs d’alerte doivent être protégés. Il est clair qu’en améliorant la reddition des comptes, les pays africains peuvent contribuer à garantir que les ressources publiques soient utilisées de manière à améliorer la vie de leurs citoyens.

L’UEMOA : hausse du capital social des banques

Siège BCEAO, à Dakar.

L’UEMOA entend augmenter le capital social des banques en fixant les investissements à hauteur de 850 millions USD. Cette hausse du capital minimum requis, instruit par le conseil des ministres de l’UMOA, comprend 65 banques qui auront pour tâche de d’injecter 472,8 milliards de FCFA supplémentaires, soit 850,8 millions USD. Une situation qui créera des opportunités, mais qui survient dans un environnement aux risques croissants, estime l’organisme bancaire.

Le conseil des ministres de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) du 21 décembre 2023 a décidé de doubler le capital minimum requis pour les banques, en l’augmentant de  10 à 20 milliards de FCFA. 65 banques des huit pays de la zone sont concernées par cette mesure. Leurs missions sera de  lever un total de 472,8 milliards de FCFA (850,8 millions USD) de fonds propres complémentaires aux côté des investisseurs sous différentes aspects possibles, allant des ouvertures et augmentation de capital, des fusions ou des acquisitions et des recours aux réserves ou bénéfices conservés. Le Sénégal se place en tête avec 13 augmentations de capital à réaliser pour 98,3 milliards.  Suivi du Togo (9 banques, 83,6 milliards) et de la Côte d’Ivoire (12 banques, 82 milliards), principal marché du crédit dans la région. Au Burkina Faso, où 62,4 milliards devront être mobilisés par 10 banques, le défi est également de taille. Pour ce qui concerne le Burkina Faso Vista Bank Group et Coris Bank International, deux grandes institutions du pays sont engagés dans des opérations de rachat de filiales bancaires du continent, y compris celles de la Société Générale, ainsi que dans une prise de participation majoritaire dans le groupe Orabank.

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Selon la Commission Bancaire d’Afrique de l’Ouest, les fonds propres des banques de la zone ont produit un rendement moyen de 16,8% en 2022, en hausse par rapport aux 11,4% de 2020. Sur le fondement des nouveaux capitaux à lever, il faudrait mobiliser environ 77 milliards de FCFA de bénéfices nets supplémentaires pour commencer à dégager des revenus au bout de 6 ans minimum. L’impact économique attendu est une amélioration du financement des PME/PMI, avec une probable croissance des encours de crédit de 8 à 12% pour ce segment. À condition bien sûr que les nouveaux capitaux soient alloués au tissu productif et non à d’autres actifs. Plusieurs risques subsistent néanmoins : dégradation de la conjoncture, durcissement monétaire accéléré, ou intensification de la concurrence. S’y ajoute également des mouvements de contestation de la persistance des accords monétaires hérités de la colonisation française dans certains pays comme le Niger, le Burkina Faso ou le Mali. Les modalités et le calendrier de mise en œuvre du doublement des fonds propres bancaires n’ont pas encore été précisés par la BCEAO. L’opération devrait être assez aisée pour les filiales de grands groupes, plus complexe pour les banques devant chercher des investisseurs. À noter qu’avec 133 banques (dont 22 succursales) pour 128 millions d’habitants en 2022, le marché bancaire de la zone UEMOA reste très saturé en comparaison d’autres marchés africains. Le Kenya par exemple compte 42 banques pour 54 millions d’habitants, le Nigeria, 23 pour 206 millions.

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