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Chronique- Quels clés pour un transport aérien performant

Ethiopian Airlines décidera probablement dans les trois prochains mois d’une commande de 25 jets commerciaux de plus petites tailles destinés à étendre son réseau local, a déclaré son directeur général, Mesfin Tasew Bekele, samedi soir en marge d’un rassemblement de dirigeants du secteur aérien au Brésil. Photo éthiopian airlines

Atterrir sur certains aéroports en Afrique au sud du Sahara est souvent synonyme de désolation. Des tarmacs, quasi-vides, avec 02 ou 03 avions au maximum! Dans un tel secteur, où la croissance peut-être très rapide et importante, très au-delà de la moyenne mondiale, mais avec des marges très faibles (environ 1,3 % en moyenne) pour les compagnies africaines, les performances de leaders, tels qu’Ethiopian Airlines, peuvent inspirées.

En Afrique au sud du Sahara, le secteur aérien peut-être très porteur. Pourtant, le constat reste jusqu’à présent amer, avec des sociétés ou offices nationaux de gestion des aéroports et des compagnies aériennes surendettées ou qui battent de l’aile. Les coûts élevés et des barrières structurelles, pour ne citer que ceux-là, grèvent les marges des compagnies aériennes.

A mon avis, en se concentrant sur un certain nombre de facteurs clés, le transport aérien dans cette partie du continent peut profiter d’un avenir radieux. Le premier poste pour grandir est d’avoir une flotte moderne, bien entretenue et durable. Rappelons qu’aux indépendances, certaines compagnies, qui desservent maintenant pratiquement tout le continent, ne disposaient que d’un seul avion. Un avion, exposé actuellement dans un musée et qui- figurez-vous- vole toujours.

Ensuite, il faudra s’attaquer à la réduction de coûts opérationnels et fiscaux. L’allègement des taxes aéroportuaires, de surcharges carburant ou encore des redevances, parmi les plus élevés au monde, ajouté à la résolution des fonds bloqués, peuvent être un accélérateur de la rentabilité.

Un autre grand chapitre a trait à rendre effective la libéralisation du marché aérien (Open Sky). Une lueur d’espoir scintille avec la mise en œuvre réelle de la Décision de Yamoussoukro ou SAATM (Single African Air Transport Market). Elle a enregistré plus de 38 signataires en 2025-2026. Toutefois, l’application concrète, c’est-à-dire la 5ème liberté, la suppression des restrictions) reste inégale.

La suppression de taxes punitives (ticket, tourisme, solidarité) permettrait de réduire les tarifs intra régionaux de 20 à 40%, aux dessertes point à point à ouvrir dare-dare. Un focus doit être mis sur l’intra africain (Dakar- Casablanca, Dakar- Brazzaville, Abidjan- Lagos, …) seulement 15 à 20% du trafic actuel). Pas besoin de rallier Banjul depuis Dakar, en remontant par  Londres ! Un exemple, à peine exagéré… La création de corridors ouverts, tels que Free Route Airspace en Afrique de l’ouest/Central depuis 2025, génèrerait des économies de carburant et de temps.

Management, Hubs connectés, vision à long terme…

Nos compagnies aériennes et nos sociétés de gestion des aéroports iraient de l’avant, si un management compétent et autonome, du genre Ethiopianization, couplé de partenariats stratégiques, est pratiqué. Outre le transfert de compétences, de tels partenariats faciliteraient la diversification des activités. Aux côtés du tourisme et transport de passagers, le fret express, le cargo, le low-cost régional, restent des nichent porteuses. En misant sur une flotte durable (SAF ou Sustainable Aviation Fuel) local, Hybride/ Electrique, eVTOL, nos compagnies pourraient être attractives pour des financements verts.

L’élan doit aussi aller vers le développement de Hubs puissants et dotés d’une connectivité régionale. Encore une fois, le modèle Ethiopian Airlines, avec le hub Addis-Abeba, ultra-efficace, doublé d’une flotte moderne et géré de façon autonome, permet des profits constants… D’autres hubs émergents, tels que Nairobi, Johannesburg, Lagos, Abidjan, Kigali… se dotent de nouveaux aéroports ou sont en extensions, avec des capacités pouvant monter jusqu’à 110 M pax/an, avec des chaines d’approvisionnement MRO (Maintenance) locale, ce qui a pour avantages une réduction des coûts et du temps d’immobilisation.

Les normes de sécurité doivent être au top et conformes à ICAO SARPs. C’est là un levier majeur pour attirer des investissements et des partenariats. Pour éviter les blacklists et autres restrictions, d’importants investissements doivent être mis dans la formation, la certification et les audits.

Transport : Les points clés de l’accord Cameroun – Qatar Airways

Avec la ratification officielle, le 29 janvier 2026, de l'accord de transport aérien entre Yaoundé et Doha, le Cameroun s'offre un accès direct au réseau de Qatar Airways. (Crédit : DR).

Avec la ratification officielle, le 29 janvier 2026, de l’accord de transport aérien entre Yaoundé et Doha, le Cameroun s’offre un accès direct au réseau de Qatar Airways. Mais au-delà du prestige de l’emblématique sur le tarmac de Douala et Yaoundé, quels sont les véritables enjeux économiques et stratégiques de ce mariage entre l’Afrique centrale et le géant qatari ? Plongée au cœur d’un partenariat qui promet de redessiner la carte du ciel africain.

Après la signature initiale de l’accord à Doha en janvier 2025, le décret présidentiel de janvier 2026 marque le début opérationnel de cette coopération. Le Cameroun devient ainsi une porte d’entrée majeure pour la compagnie qatarie en Afrique centrale (zone CEMAC). L’accord prévoit une liberté de traficc avec des droits de trafic illimités et sans restriction pour les vols de passagers et de fret. Les aéroports de Douala et de Yaoundé-Nsimalen sont retenus comme première destinations pour accueillir les vols directs depuis Doha. L’arrivée de Qatar Airways devrait stimuler la concurrence, ce qui pourrait entraîner une baisse du prix des billets d’avion pour les Camerounais vers l’Asie et le Moyen-Orient.

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Le partenariat vise à désenclaver le Cameroun sur le plan international par accès direct au réseau mondial de Qatar Airways qui regroupe plus de 170 destinations. Par ricochet, il s’agit pour le Cameroun d’augmenter ses recettes fiscales aéroportuaires et le développement de l’exportation de produits agricoles camerounais vers les pays du Golfe. Des discussions sont en cours pour une coopération technique avec Camair-Co, afin d’aider la compagnie nationale à se restructurer et à devenir un transporteur régional de référence. En nouant ce partenariat, le Cameroun se positionne pour briser le quasi-monopole d’Ethiopian Airlines sur les trajets vers l’Est. C’est un signal fort pour les investisseurs et les touristes du Moyen-Orient et d’Asie, rendant la destination Cameroun plus « visible » et accessible. Mais le succès de ce partenariat dépendra aussi de la modernisation des infrastructures au sol (qualité de l’accueil, rapidité des services douaniers) pour répondre aux standards de Qatar Airways, qui s’est fait plusieurs fois distingués pour la qualité de son service.

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L’arrivée de Qatar Airways au Cameroun, bien plus qu’une simple formalité administrative ; est un catalyseur de croissance. Si le passager camerounais y gagne en confort et en connectivité mondiale, l’économie nationale, elle, se dote d’un levier puissant pour booster son commerce et son attractivité. Le défi reste désormais de taille : les infrastructures aéroportuaires nationales sauront-elles se hisser à la hauteur des standards d’excellence de Doha ? Une chose est sûre, le décollage est désormais acté, et le Cameroun semble enfin prêt à prendre son envol sur la scène internationale.

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Chronique- Pour une R&D bon marché et catalyseur d’industrialisation

La R&D est porteuse d’innovations. En Afrique, pour mettre en place une R&D à faible coût et qui serve de véritable catalyseur industriel, il est nécessaire d’adopter une approche frugale et orientée marché. Faire plus avec moins…

Nous sommes dans un continent qui regorge de ressources naturelles. Pour les transformer, concevoir des chaines de valeur et générer des revenus, la R&D reste un vecteur essentiel. Compte tenu du fait que la technologie de pointe ait un coût et ne soit pas forcément productive dans le court terme, le paramètre « moyens financiers » pondère toute R&D. Avec l’innovation frugale, il est fort heureusement possible de faire plus avec moins. Pour ce faire, il est important que nos équipes de chercheurs s’emploient à épurer les produits cibles pour ne garder que la valeur d’usage essentielle. On peut y arriver en supprimant toute option superflue.

En s’appuyant sur des matériaux et composants déjà disponibles, il est possible de réduire drastiquement les coûts logistiques et de prototypage.

Design for Manufacturing

Dans les universités et centres dédiés, il est important que nos chercheurs anticipent. En effet, une R&D efficace anticipe la production dès le premier schéma. La résultante c’est des coûts prohibitifs évités, lors de la mise en échelle.

La standardisation aidant, une R&D frugale penche vers des pièces interchangeables pour bénéficier d’échelles rapides. Dans ce sillage, la simplification des procédés permettrait de réduire le nombre d’étapes d’assemblage pour minimiser les besoins en main d’œuvre et surtout en machines complexes.

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Aussi, s’inscrire dans la dextérité et des cycles courts aiderait beaucoup une innovation frugale. Un prototypage rapide, grâce à l’utilisation de méthodes comme l’impression 3D ou la simulation numérique, serait fort judicieux. Une telle approche conduit à valider les concepts sans investissements massifs dans des moules ou des équipements industriels onéreux.

Sachant qu’avant même de se lancer dans la recherche, il faut songer à satisfaire un besoin, donc à vendre, il sera important de cibler des marchés. Afin de s’assurer un franc-succès, le chercheur devra tester son produit sur de petits marchés pour à la fois acquérir de l’expérience et limiter les risques financiers, avant tout déploiement massif.  

Entre intégration, mutualisation et partenariats

A ceux qui prônent qu’il ne faut pas tout faire seul, s’opposent les défenseurs d’industriels, tels que Wang Chuanfu, créateur et fondateur de BYD (voiture électrique chinoise, issue d’une intégration) qui produit quasiment l’essentiel de ses pièces détachées. Même si on y gagne en indépendance, une telle intégration exige des capitaux importants. En Afrique, où les capitaux peuvent faire défaut, des partenariats, qui permettent de partager les risques et les investissements de départ ou d’amorçage, semblent mieux appropriés. Justement l’open innovation pour s’appuyer sur des briques technologiques existantes, telles que les logiciels libres, les brevets tombés dans le domaine public, est un excellent tremplin pour réussir dans la pharmacie, la chimie-parachimie, etc.

Il reste à nos gouvernements d’instituer des programmes d’appui pour soutenir les phases de prototypage, d’amorçage et d’industrialisation pilote dans des incubateurs, disséminés un peu partout, autour des universités et des zones industrielles.

Agriculture : Comment Dubaï redéfinit la valeur du café africain ?

Historiquement, le café africain était exporté comme une matière première brute vers les pays importateurs et transformateurs. Aujourd'hui, Dubaï tente de bousculer ce modèle en se positionnant non plus comme un simple transitaire, mais comme un accélérateur de valeur. C’est dans cette perspective que s’est inscrite la conférence internationale du café, « World Coffee Dubai » qui s’est tenue au World Trade Center de Dubai du 18 au 20 Janvier. (Crédit : Africa Income).

Dubaï se position en hub mondial de transformation et de commerce du café. Une ambition qui se concrétise par la création d’entrepôts de stockages à la pointe de la technologie, le développement d’un écosystème en faveur de la transformation des graines de café en local, une stratégie de réexportation via des infrastructures de logistique rapides. Cette volonté est soutenue par l’organisation d’évènements réunissant tous les acteurs du café comme le World Coffee Dubai de la semaine dernière. Huit pays africains via une délégation de producteurs, exportateurs et torréfacteurs sous l’égide de l’International Trade Centre (ITC) sont venus exposés leurs produits, découvrir, partager sur les nouveaux outils et procédés ou encore négocier des partenariats. Les principaux acteurs du café africain présents ont confié à Africa Income leurs impressions et attentes.
Historiquement, le café africain était exporté comme une matière première brute vers les pays importateurs et transformateurs. Aujourd’hui, Dubaï tente de bousculer ce modèle en se positionnant non plus comme un simple transitaire, mais comme un accélérateur de valeur. C’est dans cette perspective que s’est inscrite la conférence internationale du café, « World Coffee Dubai » qui s’est tenue au World Trade Center de Dubai du 18 au 20 Janvier. Au cœur de cette stratégie, le Dubai Multi Commodities Center (DMCC), une structure à haute technologie qui joue un rôle d’entrepôt. Un traitement de pointe du café y est assuré avec des techniques avancées de tri, de nettoyage et de torréfaction locale de quantité journalière allant jusqu’à 16000 tonnes. Le pays du Golfe qui abrite l’un des plus grands ports au monde, Dubai Port World (DP World) peut compter sur ses infrastructures logistiques ultra-performantes, boostées par son programme World Logistics passport. Ce dernier réduit encore les délais de douanes et permet à des gammes de cafés réputées fragiles d’atteindre plus facilement leur marché de niches, notamment en Asie, en Europe et aux Etats-unis.


En 2024 , les réexportations de café via Dubai ont atteint plus de 950 millions de dollars US. Le World Coffee Dubai est un carrefour de rencontres directes entre producteurs africains et torréfacteurs, goûteurs, baristas, venus du monde entier. Certaines variétés africaines, rares, y sont négociés directement, atteingnant des prix records au – delà des cours des bourses. L’édition 2026 a accueillis près de pays producteurs. Les pays africains ont été représentés en force par la Côte d’Ivoire, le Togo, la République Démocratique du Congo (RDC), le Cameroun, l’Ethiopie, le Mozambique, le Ghana, le Libéria ou encore le Burkina Faso. Dubai offre à ces pays une ouverture vers des destinations en plein boom de consommation et de transformation comme la Chine, l’Inde et la région MENA. Cette dernière est désormais le marché du café à la croissance la plus rapide au monde, avec une valeur projetée de 11,5 milliards de dollars en 2025.

« Nous accompagnons les producteurs de café sur toutes les étapes allant aux meilleurs pratiques de semences, de cueillettes, de production, à la formation aux bonnes techniques de torréfaction et à la commercialisation. Pour faire la promotion du café africain, nous sommes venus avec une vingtaine d’entreprises d’Afrique de l’ouest, du Centre et de l’Ethiopie, des acteurs de la torréfaction, des coopératives et des exportateurs du secteur café », affirme Mory Diawara, Coordinateur régional du programme ACP Business-Friendly Program du Café en Afrique.

C’est un programme de l’International Trade Centre (ITC) Alliances For Action : un projet des Nations- Unies et de l’OMC en partenariat avec l’Union Européenne (UE), l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraibes et du pacifique (OACPS).
Le World of Coffee Dubai est un événement de café de spécialités. Les délégations africaines proposent principalement deux variétés de cafés : l’Arrabica et le Robusta. Ce dernier est un café de connaisseur et c’est lors de ces rencontres que les producteurs trouvent des clients pour ces variétés.


« Les prix du café sont fixés par les marchés à la bourse. Mais à la différence du café classique, le café des spécialités se vend mieux et différemment. Nous en vendons à nos partenaires notamment français autour de 3000 fcfa soit près de 6 dollars le kilo, alors que les prix du café classique sur le marché tournent autour de 1500 à 2000 Fcfa soit 3 à 4 dollars. C’est une clientèle en quête de café durable et équitable fourni directement par les producteurs locaux dont certains sont des groupements de jeunes camerounais qui se sont mis à la culture du Café. », explique Hermann Yanka Nana, Directeur développement du Conseil Interprofessionnel Cacao & Café venu promouvoir le café du Cameroun.


Comment faire profiter le pays du hub Dubaï ? Le marché du café compte plus de 10 millions de sacs de production par an. L’objectif du Cameroun est de bien se positionner sur les différents marchés du café dans le monde et de saisir les différentes opportunités de partenariats sur ce marché. « Notre plus gros challenger est de mettre davantage de valeur sur le café labellisé Cameroun. Au World Coffee Dubai nous ne sommes pas venus spécialement pour vendre, mais plutôt pour se connecter au marché, faire découvrir à travers des échantillons nos spécialités qui suscitent un vif intérêt auprès d’une certaine clientèle, qui se les est procurée à 6 dollars les 250g », a ajouté Hermann Yanka Nana.

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Un autre pays, à savoir le Mozambique mise également sur ses spécialités pour apporter de la valeur à son secteur café. Le pays a affiché deux objectifs au salon : rehausser le niveau de la production de café et augmenter les revenus issus du secteur. « Nous misons beaucoup sur des variétés de café locales spécifiques, comme le zanguebariae coffee, un produit épicé, peu caféiné très apprécié des connaisseurs. Pour l’instant, nous en produisons une quantité limitée que nous augmenterons au fur à mesure. Nous cultivons aussi le racemosa et surtout le café Arabica. Cette dernière représente près de 80% de nos ventes de café et nous voulons augmenter ses volumes de production au Mozambique. Le World Coffee de Dubaï a été pour nous l’occasion de prospecter et de faire découvrir nos spécialités et variétés, mais aussi d’étudier les variétés de graines sur le marché que nous pourrons éventuellement cultiver au Mozambique », a détaillé Bernardete Camilo, Coordinatrice Nationale du Programme EU-OACP Mozambique.
Asna Amhamednur a été la représentante de la coopéative Limu Inara Farmers, Multiporpose Cooperative Union d’Ethiopie. La coopéative créée en 2006 regroupe 108 coopéarives, 27produits organiques Fairtrade et certifiés café anti-déforestation. Au total l’Union compte 36716 membres dont 6716 femmes. « Dubai World Trade Coffee a été pour nous l’occasion de promouvoir le café made in Ethiopia, avec l’appui de l’ITC. L’Ethiopie est un grand producteur de café en Afrique, réputé pour ses variétés. Nous voudrions nouer des partenariats surtout pour les produits susceptibles de générer plus de valeurs pour nos coopératives productrices. Mais nous avons constaté que la plupart des clients s’intéressent aux produits les plus abordables », explique Asna Amhamednur, qui a été accompagnée d’une forte délégation éthiopienne.

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Quelques producteurs et torréfacteurs africains, notamment éthiopiens, en choisissant de stocker et de transformer leur production à Dubaï, bénéficient d’un écosystème structuré, de la possibilité de vendre en petits détails dans des emballages attractifs aux normes internationales, ajoutant de la valeur par rapport aux méthodes classiques d’exportations en vrac dans de gros sacs. A Dubaï, les conditions de stockages réduisent les risques de dégradation des produits ou d’altération du café. L’Emirat du Golfe a une position stratégique de carrefour entre l’Europe, l’Asie et le reste du monde et les acteurs du café africain veulent tirer profit de cette dynamique, même si leur objectif primaire est booster la consommation du café, d’approvisionner le marché africain en pleine croissance pour sortir du cycle de l’exportation des graines brutes du café africain.

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Finance : La Banque mondiale pointe la faiblesse des IDE dans les 56 économies à revenus intermédiaires au cours des dernières décennies

Une plus grande rigueur budgétaire sera essentielle pour que les marchés intermédiaires puissent réaliser leur plein potentiel dans les années à venir. (Crédit : DR).

Les économies des pays en développement situés dans la tranche supérieure, un ensemble d’économies dont plus d’un tiers de ces marchés se situent en Afrique subsaharienne et considérées comme le terrain d’expérimentation des futures superstars économiques – n’ont généralement pas exploité tout leur potentiel ces dernières décennies, selon une nouvelle étude de la Banque mondiale publiée ce 20 janvier. En moyenne, la croissance des investissements par habitant au cours des années 2020 a été inférieure à la moitié de celle des années 2010. Cependant, l’expérience des économies les plus performantes parmi les marchés frontières recèle des enseignements précieux pour les 56 économies qui composent actuellement ce groupe.

Les économies pays à revenus intermédiaires n’ont pas exploité tout leur potentiel depuis 2010. La croissance des investissements a été divisée par deux, plus fortement que dans les autres économies à revenu faible et émergente. Pour les investisseurs internationaux en quête d’opportunités au-delà des économies à revenu élevé, les marchés intermédiaires représentent une position médiane : ils sont généralement moins intégrés aux marchés financiers mondiaux que les marchés émergents, mais plus que les autres économies en développement qui n’appartiennent ni aux catégories « émergentes », ni aux catégories « frontières ». La création de ces deux catégories d’actifs dans les années 1980 et 1990 – une initiative grandement facilitée par la Société financière internationale du Groupe de la Banque mondiale – a contribué à canaliser d’importants flux d’investissements privés vers les pays en développement.

« Hormis une poignée d’économies ayant obtenu la notation d’investissement au cours des 25 dernières années, les marchés frontières représentent sans doute la plus grande déception du développement économique », a déclaré Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président chargé de l’économie du développement au sein du Groupe de la Banque mondiale. « Les populations des marchés frontières sont, en moyenne, plus instruites et vivent plus longtemps que celles des autres économies en développement. La qualité de leurs politiques et de leurs institutions est supérieure. Certains de ces marchés sont riches en ressources naturelles. Pourtant, ils n’ont pas su transformer ces atouts en progrès et demeurent les opportunités les plus faciles à saisir pour les pays en développement. »

Les marchés intermédiaires abritent aujourd’hui 1,8 milliard de personnes, soit un cinquième de la population mondiale, et devraient accueillir près de 800 millions d’habitants supplémentaires au cours des 25 prochaines années, soit plus que le reste du monde réuni. Plus d’un tiers de ces marchés se situent en Afrique subsaharienne. Nombre d’entre eux sont riches en minéraux qui seront indispensables aux nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables, aux télécommunications et à l’électronique grand public. Leurs institutions sont souvent plus solides que celles des autres économies en développement. De plus, ils présentent un attrait particulier pour les investisseurs : au cours des 25 dernières années, les actions cotées sur ces marchés ont évolué de manière largement indépendante des conditions financières mondiales, lesquelles n’ont expliqué qu’un huitième des fluctuations de leurs cours, une proportion bien moindre que pour les économies avancées ou les marchés émergents.

« Ces économies joueront un rôle crucial pour relever le défi de l’emploi auquel sont confrontés les pays en développement : elles représenteront près d’un cinquième des 1,2 milliard de jeunes qui atteindront l’âge de travailler dans ces pays au cours de la prochaine décennie », a déclaré M. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur du Groupe des perspectives. « Les marchés frontières les plus performants ont emprunté des voies différentes. Mais ils ont convergé vers des stratégies communes : des politiques favorables à la croissance, des infrastructures propices à l’investissement, une meilleure gestion budgétaire et un environnement institutionnel attractif pour les investissements privés. Les résultats ont été considérables : le revenu par habitant du quart supérieur a presque quadruplé au cours des 25 dernières années. »

Cependant, les économies frontières ont généralement peu progressé en matière d’attraction des investissements depuis 2000. Au cours des 25 dernières années, le taux de croissance des investissements par habitant dans ces économies a fortement ralenti, chutant à seulement 2 % dans les années 2020, soit moins de la moitié du taux des deux décennies précédentes. Aujourd’hui, les économies intermédiaires ne représentent que 3,1 % des entrées de capitaux mondiales et moins de 5 % de la production économique mondiale. Si l’on se base sur la législation en vigueur, les marchés frontières ont réalisé des progrès considérables en matière d’ouverture de leurs marchés financiers au cours des 25 dernières années : ils sont désormais environ deux fois moins ouverts que les économies avancées, contre environ un cinquième en 2000. Le développement effectif des marchés financiers, cependant, est resté lent. Les marchés des devises nationales, par exemple, demeurent relativement sous-développés et les banques et institutions financières nationales ont tendance à moins prêter aux ménages et aux entreprises que sur les marchés émergents.

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Une plus grande rigueur budgétaire sera essentielle pour que les marchés intermédiaires puissent réaliser leur plein potentiel dans les années à venir. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB ont augmenté, tandis que les recettes sont restées stables. Il en résulte une forte augmentation du fardeau de la dette et des défauts de paiement. Aujourd’hui, un marché intermédiaire type consacre une part plus importante de son PIB au paiement net des intérêts de sa dette (environ 2,5 %) que les marchés émergents ou les autres économies en développement. Près de 40 % des marchés frontières ont connu au moins un défaut de paiement entre 2000 et 2024. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les marchés frontières ont enregistré plus de défauts de paiement que tous les autres pays réunis. Malgré tout, certains marchés émergents ont mieux géré ces écueils. Le Vietnam, l’un des pays les plus pauvres du monde au début du siècle, figure désormais parmi les dix économies à la croissance la plus rapide de ces 25 dernières années. Le Rwanda, sorti de la guerre civile des années 1990, est devenu l’une des plus belles réussites économiques d’Afrique subsaharienne, misant fortement sur le tourisme et les services. Par ailleurs, quatre marchés émergents – la Bulgarie, le Costa Rica, le Panama et la Roumanie – ont accédé au statut de pays à revenu élevé depuis 2012. Pour exploiter pleinement leur potentiel, ces économies devront faire bien plus que simplement ouvrir leurs marchés. Elles devront les développer et mettre en place les mécanismes institutionnels nécessaires à leur gestion.

Politique publique- Forum économique Maroc-Sénégal, courant janvier dans le Royaume

Le patronat marocain, réuni autour de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) organise, lundi 26 janvier 2026 à partir de 15h, au siège de la CGEM à Casablanca, une rencontre économique Maroc-Sénégal. Cette réunion, en partenariat avec l’Agence Nationale chargée de la Promotion de l’Investissement et des Grands Travaux du Sénégal (APIX), réunira des opérateurs économiques et des acteurs institutionnels des deux pays.

Le Sénégal et le Maroc maintiennent des relations socio-économiques multiséculaires. Elles sont fort heureusement vivifiées par des rencontres économiques, plus ou moins régulières. S’inscrivant dans la démarche de la Haute Commission Mixte entre les Gouvernements marocain et sénégalais, dont la 15ème Session, suivie des Journées économiques maroco-sénégalaises, est prévue à Dakar en 2026, un Forum économique, rescousse du secteur privé, se tiendra, lundi 26 janvier à Casablanca.

S’il est vrai que la dernière session de la Grande Commission mixte remonte à plusieurs années, les derniers signes de rapprochements ont dicté la revitalisation majeure du cadre de coopération. Suite à la visite de M. Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le 10 novembre 2025 à Rabat, pendant laquelle, il avait réitéré, de concert avec son homologue marocain M. Nasser Bourita, c’est la preuve du renforcement d’un partenariat exemplaire fondé sur la confiance, la fraternité et une vision partagée du développement du continent.

La rencontre CGEM-APIX en témoigne. A en croire un document officiel qui nous est parvenu, elle sera rehaussée par la participation de M. Aziz Akhannouch, Chef du Gouvernement du Royaume du Maroc, et de M. Ousmane Sonko, Premier Ministre de la République du Sénégal.

Priorités de développement partagées

Nous apprenons que cette rencontre vise à renforcer les partenariats économiques bilatéraux, à travers l’identification de nouvelles opportunités d’investissement et de co-développement. « Elle permettra également de faire le point sur l’état d’avancement des travaux du Groupe d’Impulsion Économique Maroc–Sénégal, en tant que mécanisme clé de dynamisation des échanges et de concrétisation de projets structurants. », précise, par ailleurs le communiqué.

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La coopération économique entre le Sénégal et le Maroc englobe un large périmètre. Les autorités des deux pays ont mis l’accent, ces dernières années, sur le commerce, l’investissement et la finance, ainsi que sur des initiatives régionales, telles que l’initiative royale pour l’Afrique Atlantique, le projet de gazoduc Nigéria-Maroc, dont le Sénégal devrait jouer un rôle clé.

Dans cette même veine, ce Forum économique s’inscrit dans la promotion de la coopération Sud-Sud. Une coopération, fondée sur la complémentarité des économies marocaine et sénégalaise et notamment sur l’implication active du secteur privé dans les priorités de développement partagées (Win-Win).

Tech : Centres de données en Afrique, un potentiel de 1500 milliards US  

L’Afrique unie autour des centres de données, c’est un potentiel numérique estimé à 1 500 milliards de dollars menacé par les défis de la transmission et de la fragmentation. Le constat émane d’une étude d’Africa Data Centres (ADC) dévoilée ce janvier. (Crédit : DR)

Alors que les dynamiques de digitalisation à l’échelle du continent convergent pour façonner l’économie de l’intelligence artificielle (IA) de demain, l’Afrique affirme aujourd’hui une ambition partagée : s’imposer comme un marché dynamique, technologiquement souverain et compétitif, où des infrastructures numériques de rang mondial génèrent des retombées socio-économiques inédites, dans un environnement fragmenté. Car au-delà de l’obsolescence des infrastructures de transmission, la fragmentation constitue — en l’absence d’une réponse collective et coordonnée — un obstacle majeur au déploiement à grande échelle des centres de données. Réglementations hétérogènes, maturité inégale des marchés et normes transfrontalières non harmonisées contribuent à accroître les coûts, à limiter l’expansion et à affaiblir la confiance des investisseurs. Le constat émane d’une étude d’Africa Data Centres (ADC) dévoilée ce janvier.

L’Afrique unie autour des centres de données, c’est un potentiel numérique estimé à 1 500 milliards de dollars menacé par les défis de la transmission et de la fragmentation. Au cœur de cette vision collective se trouve un levier stratégique majeur : les centres de données. Ces infrastructures physiques, conçues pour héberger les capacités de calcul, de stockage et de connectivité, constituent l’ossature même des flux de données de bout en bout. Bien plus que de simples priorités nationales ou régionales, les centres de données représentent des actifs stratégiques essentiels. Ils forment le socle d’une économie numérique moderne et les moteurs fondamentaux de l’innovation, de la productivité et de la compétitivité propres à  » l’ère de l’intelligence « . Leur rôle est déterminant pour permettre à l’Afrique d’accélérer la montée en puissance de son économie numérique, de déployer des capacités avancées en intelligence artificielle et de rivaliser à l’échelle mondiale. Ces perspectives reposent sur des trajectoires réalistes et mesurables, comme l’attestent plusieurs indicateurs clés. Le marché africain des centres de données devrait ainsi atteindre 6,81 milliards de dollars d’ici 2030, contre 3,49 milliards de dollars en 2024, affichant un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 11,8 %.

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Dans la mesure où l’intelligence artificielle ne peut se déployer à grande échelle sans infrastructures de centres de données, le potentiel du marché africain de l’IA est tout aussi significatif. Évalué à 4,51 milliards de dollars en 2025, il pourrait dépasser 16,5 milliards de dollars d’ici 2030, avec un TCAC de 27,42 %, illustrant l’impact déterminant des centres de données sur la transformation économique du continent. Des défis structurels qui précèdent les opportunités. Malgré ces perspectives prometteuses, plusieurs obstacles structurels persistent, au premier rang desquels figure la transmission. Ce défi constitue l’un des freins les plus durables au développement des infrastructures critiques de l’IA et pourrait entraver les ambitions de compétitivité mondiale de l’Afrique. Cette analyse est partagée par le Dr Krishnan Ranganath, Directeur régional – Afrique de l’Ouest chez Africa Data Centre (ADC), qui se définit comme le plus vaste réseau africain de centres de données interconnectés, neutres vis-à-vis des opérateurs et des fournisseurs de services cloud. L’organisme met en avant ses trente ans d’expérience dans les domaines des centres de données, du cloud, de la connectivité et des services informatiques managés, ainsi qu’une expertise sur le paysage numérique africain.

« Les fondamentaux de la transmission ne sont pas encore en place à l’échelle régionale. Il s’agit d’un problème commun et de l’un de nos principaux défis, qu’il concerne la transmission de l’électricité ou la bande passante Internet », souligne le Dr Ranganath.

 » L’Afrique produit de l’électricité en quantité, mais les infrastructures de transmission sont vieillissantes, et les défis liés aux réseaux, aux fibres terrestres et à la distribution demeurent. La construction de centres de données est, en soi, relativement simple ; leur connectivité, en revanche, est essentielle ».

Lorsque les installations reposent sur une connectivité insuffisante, ou que les coûts de connexion sont élevés tandis que la disponibilité énergétique reste limitée, elles deviennent de simples structures inertes, incapables de répondre aux enjeux qu’elles sont censées résoudre. Chaque pays a besoin d’un réseau robuste. Il est impératif de consolider les fondamentaux dès aujourd’hui afin que, dans un horizon de cinq à dix ans, les infrastructures numériques africaines puissent converger efficacement.

Fragmentation : un frein majeur à l’échelle continentale

Dans plusieurs pays africains, des exigences strictes en matière de localisation et de souveraineté des données obligent les organisations à traiter et à stocker les informations localement. Cette divergence réglementaire engendre déjà des surcoûts significatifs et freine la croissance du secteur, selon l’étude de l’ADC . Les initiatives d’intégration régionale s’en trouvent affaiblies, réduisant la capacité de l’Afrique à se positionner comme un hub numérique et d’intelligence artificielle de référence, dans un environnement réglementaire complexe où les déploiements sont contraints, les investissements transfrontaliers dissuadés et l’innovation limitée. L’accumulation de ces facteurs empêche aujourd’hui le continent d’atteindre l’échelle, l’efficacité et les volumes d’investissement nécessaires pour rivaliser durablement sur la scène mondiale. Néanmoins, l’avenir numérique de l’Afrique ne saurait reposer exclusivement sur les centres de données.

« La véritable question est de savoir comment garantir une digitalisation complète du continent « , poursuit le Dr Ranganath.  » Comment bâtir une économie et une Afrique numériques ? Les centres de données constituent une composante essentielle, mais ils doivent s’inscrire dans une vision globale englobant les réseaux, l’énergie, les compétences humaines, les entreprises et les consommateurs. L’ensemble de ces éléments est indissociable de l’économie numérique ».

La collaboration, clé de l’ascension numérique africaine

Du Maroc au Kenya, de l’Égypte au Nigeria et à l’Afrique du Sud, de nombreux pays accélèrent la mise en œuvre de leurs stratégies d’infrastructures numériques, attirent les hyperscalers et se préparent à l’avènement de l’économie de l’IA, alors que la demande en intelligence artificielle, cloud computing, fintech et technologies numériques progresse de manière exponentielle. Cette dynamique positive se reflète également dans les projections économiques : le marché africain du cloud computing pourrait atteindre 45 milliards de dollars d’ici 2031, celui de la fintech 65 milliards de dollars d’ici 2030, et l’économie numérique africaine 1 500 milliards de dollars d’ici 2030. Toutefois, cette dynamique, à elle seule, ne suffira pas à concrétiser les ambitions africaines. La fragmentation des règles, des normes, des niveaux de préparation et de la maturité des marchés risque non seulement de créer des pôles de développement isolés, mais aussi de compromettre l’ensemble du potentiel du continent. Pour le Dr Ranganath, une étape décisive s’impose afin de poser les bases d’une montée en puissance numérique coordonnée. Il estime que si des pays du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest s’alignent, et que huit à dix pays issus de quatre régions différentes coopèrent étroitement, des avancées concrètes vers une Afrique unifiée pourront émerger, en parallèle de l’action des associations professionnelles et des instances compétentes.

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Chronique- La logistique, partie névralgique d’une manifestation sportive réussie

Les athlètes, les joueurs et leurs staffs respectifs, sont le cœur d’une manifestation sportive et les spectateurs son âme, mais la logistique en est le système nerveux. Sans elle, l’événement s’effondre, peu importe la qualité du spectacle sportif. Parallèlement à l’existant, organiser un grand événement sportif du type JO, JOJ, Coupe du Monde, Coupe d’Afrique des Nations (CAN)… revient à piloter une « ville éphémère », où l’erreur n’est pas permise.

Pour la réussite de l’organisation d’une grande manifestation sportive, la logistique reste le facteur clé. Elle est d’autant plus importante que partout à travers la planète on a coutume de dire « Une bonne logistique est celle que l’on ne remarque pas. » Donc, si tout se passe bien, on ne parle que des scores. Par contre, lorsque la logistique échoue, on ne parle que du chaos.

Les enjeux modernes de durabilité et digital doivent être pris en compte, de prime abord.  Aujourd’hui, une logistique réussie doit répondre à deux nouveaux impératifs, à savoir une logistique verte et la Smart Logistics. Il s’agit de réduire l’empreinte carbone, via des flottes de véhicules électriques, la gestion circulaire des déchets et la fin du plastique à usage unique. Segundo, l’utilisation de la data en temps réel permettrait d’anticiper les goulots d’étranglement aux entrées ou gérer les stocks de nourriture pour éviter le gaspillage.

Pour une logistique au top, un certain nombre de piliers sont donc à maîtriser. A mon avis, il faut réussir la gestion des flux et anticiper, voire faire face au défi du mouvement. C’est sans doute l’aspect le plus visible et le plus critique. Il est essentiel de garantir un transport millimétré entre le village, les sites d’entraînement et de compétition. Un retard de bus peut disqualifier une équipe, un champion ou décaler une retransmission TV mondiale.

Au niveau des spectateurs, il faudra gérer « l’accueil et le dernier kilomètre ». Il s’agit d’acheminer des dizaines de milliers de personnes simultanément, tout en assurant la sécurité et la fluidité aux entrées. Outre des autoroutes, des TGV (300 km en juste 2 h), et des relais entre aéroports et points de ramassage, où des navettes gratuites peuvent les acheminer vers les stades, les réceptifs doivent être disponibles et bon marché. A mi-parcours de la CAN2025 au Maroc, le royaume, qui a mis les petits plats dans les grands, a offert aux fédérations nationales africaines, ambassades et consulats respectifs, en accord avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) la possibilité de convoyer les supporters en avion, bus climatisés, TGV, trains rapides… vers les différents stades. Les amateurs du football ont l’embarras du choix, d’autant plus que, comme sur Tanger, de la gare du TGV au stade, des navettes gratuites sont disponibles pour rejoindre le Grand Stade de Tanger. Nombre de pays ont organisé des caravanes de supporters, dotés de lots de billets d’entrée, vers les différents stades, tous situés dans des villes où un transport multimodal existe déjà.

Quant aux officiels et médias, avec des milliers de journalistes, leurs besoins en zones de travail équipées et navettes dédiées, doivent être satisfaits. A cela s’ajoute la logistique de l’ombre, celle-là qui a trait aux accréditations et à la sécurité. La FAN ID de la CAN 2025 en est l’exemple patent. Chaque personne présente doit être identifiée. La logistique gère la fabrication et la distribution de milliers de badges, ainsi que le déploiement des agents de sécurité et du matériel de contrôle (scanners, caméras, barrières, stadistes, volontaires…).

Supply Chain « Éphémère » & Overlays

Un autre pilier, non des moindres, repose sur une Supply Chain « Éphémère ». En effet, contrairement à une usine, de tels événements sportifs ont une date de début et de fin fixes. En plus de l’équipement sportif à acheminer et qui peut se composer de tonnes de matériel spécifique, la restauration ou catering, pour nourrir les joueurs et athlètes (besoins nutritionnels stricts), les volontaires et le public, est un défi à relever. Cela représente souvent des millions de repas sur une période très courte, avec une gestion complexe de la chaîne du froid et des déchets. Il est vrai que les chaînes hôtelières et les chefs personnels de certaines équipes arrivent à pallier certaines difficultés.

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La logistique, c’est aussi transformer un espace vide en stade fonctionnel. Cet aménagement des sites ou Overlays a trait aux installations de tribunes provisoires, de la mise en place de l’énergie (groupes électrogènes de secours), de la connectivité (5G, Wi-Fi pour la diffusion), voire d’une signalétique adéquate, afin que personne ne se perde dans les enceintes.

Des spectateurs, qui savent apprécier un haut standard d’organisation et d’infrastructures (existantes, parce que non surfacturées), ont mis la main à la patte, allant jusqu’à nettoyer les gradins après des matchs de football pendant la CAN2025 au Maroc. Une compétition pendant laquelle, les stades ont été plus pleins que vides, lors des matchs n’impliquant pas le pays organisateur…

Finance : Le Sénégal rejette toute restructuration de sa dette

Après l’épisode de la « dette cachée » dont l’existence est toujours débattue, le Sénégal écarte toute solution de restructuration envisagé par le FMI. Le pays dont la volonté de transparence à été salué par l’institution du Bretton Woods, est parvenu à se financer depuis plus d’un an principalement sur les marchés locaux et régionaux en adoptant des mécanismes novateurs.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a déclaré jeudi que le pays, lourdement endetté, n’aurait pas besoin de mettre en œuvre de plan de restructuration malgré un calendrier de remboursement difficile. La nation ouest-africaine est aux prises avec une dette qui, selon le Fonds monétaire international (FMI), atteignait 132 % du PIB fin 2024, après que l’actuel gouvernement a révélé des milliards de dettes non déclarées par l’administration précédente. Rappelons que lors de sa visite de travail en novembre dernier, le FMI avait conclu que l’économie du Sénégal demeure résiliente en 2025, soutenue par le démarrage de la production de pétrole et de gaz ainsi que par la reprise du secteur agricole. L’organisme a dans son communiqué du 6 novembre appelé le pays à poursuivre ses progrès en matière de gestion de la dette, de renforcement des institutions budgétaires et de gouvernance sera déterminante pour maintenir une croissance soutenue et la confiance des investisseurs. Ainsi lors de sa dernière sortie tout en reconnaissant que le pays était confronté à des échéances de remboursement particulièrement difficiles cette année, Ousmane Sonko s’est dit confiant quant à la capacité du Sénégal à trouver des solutions. Le gouvernement a activé plusieurs leviers et innové pour combler avec succès le déficit.   

Le fonds Monétaire a analyséen novembre que « les autorités ont fait preuve d’un engagement fort en faveur de la transparence et des réformes, en prenant des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée passée et renforcer l’intégrité des finances publiques, tout en reconnaissant que des efforts importants seront encore nécessaires pour faire face aux pressions élevées sur la dette ».

« Nous estimons que nos projections de croissance et de recettes sont raisonnables, et cela ne fait aucun doute. Elles ont été validées par tous nos partenaires, y compris le Fonds. Le principal problème réside dans le financement », a expliqué Ousmane Sonko.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a déclaré que le Sénégal espérait finaliser « très rapidement » un programme avec le FMI, ajoutant que des progrès avaient été réalisés sur de nombreux points liés à la gestion de la crise de la dette du pays. Pour le FMI, les discussions avec le Sénégal restent productives et se concentrent sur les actions requises pour traiter les vulnérabilités budgétaires et de dette mises en évidence par l’épisode de la « dette cachée », dont l’existence reste à confirmer pour les partisans de l’ancien gouvernement de Macky Sall. Ce qui posera une base solide pour la poursuite des échanges dans les semaines à venir en vue d’un éventuel nouveau programme soutenu par le FMI.

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Angola : Shell acquiert des parts de Chevron et consolide sa stratégie africaine

Shell acquiert des participations dans des blocs offshore angolais auprès de Chevron. (Crédit : DR).

Shell acquiert des parts de Chevron sur fond de renforcement de la présence des majors pétroliers européens en Afrique. Shell a en effet conclu un accord avec Chevron pour l’acquisition de participations dans deux blocs offshores non exploités situés en eaux ultra-profondes au large de l’Angola, a annoncé mardi le géant pétrolier européen.

Shell acquiert des participations dans des blocs offshore angolais auprès de Chevron. Les grandes compagnies pétrolières européennes ont annoncé leur intention de d’investir des milliards en Angola, deuxième producteur de pétrole brut d’Afrique subsaharienne après le Nigeria. L’Angola a entrepris d’importantes réformes réglementaires afin d’attirer les investissements dans son secteur énergétique, où il vise une production supérieure à un million de barils par jour.

« De nouvelles explorations, comme en Angola, sont essentielles pour maintenir la production jusqu’en 2030 », a déclaré Shell, qui souhaite accroître sa production de gaz de 1 % d’ici 2030 et maintenir sa production de pétrole stable indique le document. Les majors pétroliers européens compte ainsi s’implanter durablement en Angola.

Renforcement des compagnies pétrolières européennes en Afrique

 Le 25 décembre dernier Cabinda Gulf Oil Company Limited (« CABGOC »), filiale de Chevron en Angola, et ses partenaires du Bloc 0 ont annoncé dans ce communiqué consulté par Africa Income, avoir produit avec succès les premiers barils de pétrole du projet South N’dola.  Assemblé dans les provinces de Cuanza Sul et de Cabinda, en Angola, le projet South N’dola vise à développer les ressources en hydrocarbures du Bloc 0, en acheminant le pétrole vers le terminal de Malongo et le gaz associé vers Angola LNG, renforçant ainsi l’infrastructure énergétique du pays. En effet, une douzaine de puits de production devraient produire environ 25 000 barils de pétrole par jour et 50 millions de pieds cubes standard de gaz par jour. Un pipeline de production de 15 km relie la plateforme de tête de puits au complexe de Mafumeira.

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