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Leadership & Œcuménisme- Du renforcement du dialogue interreligieux

L’invitation de Mme Asma Chaâbi, de confession musulmane et Membre du Conseil d’administration YNNA Holding, en charge des Relations Internationales1er Groupe privé Marocain, à la visite papale en Belgique, dimanche dernier, est un événement historique. Elle marque un tournant dans les relations interreligieuses et offre une perspective d’espoir pour l’avenir et témoigne de la volonté de nombreux hommes et femmes de bâtir un monde plus juste et plus fraternel.

L’invitation d’une musulmane à une visite papale est un symbole d’espoir dans un monde divisé. C’est un engagement en faveur de la paix. En ces temps de belligérance exacerbée au Moyen-Orient, l’invitation de Mme Asma Chaâbi, Présidente de la Fondation Miloud Chaâbi, fondation caritative, est un appel à la paix. Elle rappelle que la violence ne résout aucun problème et qu’il est urgent de privilégier le dialogue et la négociation pour construire un avenir meilleur.

Ce geste audacieux témoigne d’une volonté de rapprochement interreligieux et d’un appel à l’unité humaine, des valeurs universelles qui résonnent plus que jamais dans un monde marqué par les conflits et les divisions. La visite papale, présidée par Sa Sainteté le Pape François, qui s’est déroulée, du jeudi 26 au dimanche 29 septembre 2024, pour commémorer le 600ème anniversaire des universités catholiques de Louvain et de Louvain-la-Neuve, occasion de verser un peu plus dans cet œcuménisme qui contribue à plus de paix dans le monde, a en effet été un franc-succès.

Un pont entre les religions

En invitant une figure musulmane de premier plan à un événement d’une telle importance- Asmaa Chaâbi est Membre du Conseil d’administration YNNA Holding, en charge des Relations Internationales du 1er Groupe privé Marocain- l’Église catholique envoie un message fort, à savoir la possibilité d’un dialogue constructif et respectueux entre les différentes religions. Accepter cet honneur s’inscrit aussi dans la même veine. Cette invitation transcende les clivages confessionnels et ouvre la voie à une collaboration fructueuse entre les communautés religieuses, notamment dans le domaine de l’action humanitaire et sociale. Chapeau bas à EFESIA, association catholique reconnue par l’Église, dont la principale mission est « ENSEMBLE avec MARIE », à l’initiative de la rencontre.

Un message d’espoir en des temps troublés

Dans un contexte où les tensions interreligieuses sont souvent instrumentalisées à des fins politiques, cet événement apparaît comme un rayon de lumière. Il rappelle que les croyants de toutes les religions partagent des valeurs fondamentales, telles que la compassion, la solidarité et le respect de la dignité humaine. En unissant leurs forces, les musulmans et les chrétiens peuvent contribuer à bâtir un monde plus juste et plus pacifique.

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Un appel à l’unité dans la diversité

La présence d’une musulmane aux côtés du Pape et des ecclésiastes est un rappel puissant de la diversité de l’humanité. Elle souligne que les différences culturelles et religieuses ne sont pas des obstacles à l’unité, mais plutôt une richesse à célébrer. Cet événement invite chacun à dépasser les préjugés et à reconnaître la valeur inhérente à chaque être humain, quelle que soit sa foi. Le message de Mme Chaâbi sur le Livre d’Or est comme des lettres gravées sur marbre et restera indélébile pendant des millénaires. C’est à la dimension de la personne, une grande âme !

Mali- Le gouvernement renégocie le contrat avec Barrick Gold sur les mines d’or de Loulo et Gounkoto

Les données de la Banque centrale du Ghana ont montré que les exportations totales d'or pour 2024 s'élevaient à 11,64 milliards de dollars, soit une augmentation de 53,2 % d'une année sur l'autre.

Barrick Gold Corp et le gouvernement malien ont décidé de trouver une solution aux revendications et différends existants, concernant les mines d’or du complexe Loulo-Gounkoto, dans ce pays.

Le Mali, pays d’Afrique de l’ouest, est l’un des plus gros producteurs d’or d’Afrique. Le groupe Barrick Gold, deuxième plus grand producteur d’or du monde, est présent au Mali, à travers les mines d’or de Loulo et de Gounkoto. Actuellement des pourparlers sont en cours entre les représentants du groupe au Mali et le gouvernement malien. Ces échanges interviennent deux jours après l’ arrestation par le gouvernement malien de quatre employés de Barrick.

Le Mali, pour un plus grand contrôle sur ses ressources

Les deux parties négocient un nouveau contrat minier qui propose de donner aux autorités militaires du Mali un plus grand contrôle sur ses ressources. Le groupe Barrick a déclaré que les détails de l’accord seront rendus publics, une fois que les termes du règlement auront été finalisés. Une rénégociation qui a impacté le cours des actions de Barrick à la Bourse de Toronto, hier à 18 h 16 GMT, s’inscrivant à la baisse. « Les négociations actuelles se sont révélées difficiles, mais nous sommes encouragés par la reconnaissance par le gouvernement de l’importance de garantir la viabilité à long terme du complexe Loulo-Gounkoto, en tant que contributeur substantiel à l’économie malienne », a déclaré Mark Bristow, PDG de Barrick, dans un communiqué, rendu public.

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Jusqu’ici, le gouvernement malien n’a pas fait de commentaires. POur rappel, en juillet, Barrick Gold déclarait avoir investi plus de 10 milliards de dollars dans l’économie malienne, au cours des 29 dernières années.

Nigéria- Approbation imminente d’un Accord Exxon-Seplat

Le Nigeria est aux prises avec des vols de pétrole dans sa région de production du delta du Niger, des sabotages et des troubles locaux, qui ont entravé la croissance de la production.

Exxon Mobil Corp (XOM.N) vient d’annoncer le financement très prochain de la construction d’une nouvelle centrale électrique à charbon. L’Accord de vente de ses actifs terrestres nigérians à Seplat Energy sera approuvé, dans quelques jours, après l’approbation de l’autorisation du régulateur, a déclaré mardi 02 cotobre 2024, le Président Bola Tinubu.

Un Accord de 1,28 milliard de dollars entre Exxon et Seplat est en gestation au Nigéria. Surveillé de près, depuis son annonce en 2022, les analystes le prennent comme un test granderu-nature aux investisseurs intéressés. C’est d’autant plus juste que des accords similaires, comme la vente d’actifs de Shell à Renaissance, sont susceptibles d’être approuvés.

Dans une récente émission télévisée, marquant les 64 ans d’indépendance du Nigeria, le Président Bola Tinubu réaffirmait l’engagement de son gouvernement à faciliter les négociations avec les investisseurs, tout en respectant les processus réglementaires du pays. « Ainsi, la cession d’ExxonMobil-Seplat recevra l’approbation ministérielle dans quelques jours, après avoir été conclue par le régulateur », confiait-il. A noter qu’en amont, la Commission nigériane de réglementation du pétrole n’a pas encore approuvé l’Accord.

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Le constat est que le Nigeria a du mal à augmenter sa production de pétrole, sa principale source d’exportation, principalement en raison du vol de brut et du vandalisme des pipelines dans le Delta du Niger, forçant des entreprises comme Exxon et Shell à se tourner vers des projets en eaux profondes pour se développer. La présidence a annoncé, la semaine dernière, qu’Exxon avait proposé un investissement de 10 milliards de dollars dans des opérations pétrolières offshore, dans le cadre d’une nouvelle initiative d’investissement au Nigeria. Le chef de l’Etat nigérian a signalé que son gouvernement poursuivrait les réformes pour attirer les investisseurs, ajoutant que le Nigeria avait attiré des investissements directs étrangers d’une valeur de plus de 30 milliards de dollars, depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière. Toutefois, ces réformes, qui incluent l’assouplissement du contrôle des changes, la dévaluation de la monnaie et la réduction des subventions sur le carburant et l’électricité, ont aggravé la crise du coût de la vie et suscité la colère des citoyens. Le président Bola Tinubu a promis des réformes fiscales, notamment une réduction des impôts sur les entreprises, pour rendre le Nigeria plus attractif pour les investisseurs.

RDC-  Redressement fiscal de Glencore

La RDC (République démocratique du Congo) est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur mondial de cuivre, deux matières premières nécessaires à la transition énergétique. Pourtant, des questions subsistent au sujet des profits réels tirés par le pays de l’exploitation de ses richesses minières. Le Groupe Glencore, présent dans le pays, est au cœur d’un différend avec les autorités fiscales, singulièrement de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), pour 895 millions $ de redevances impayées.

En RDC, la mine de Kamoto (KCC), où Glencore a déclaré, au premier semestre une production de 88 000 tonnes de cuivre et 11 700 tonnes de cobalt, est au cœur d’un différend avec la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). La RDC revendique 895 millions $ de redevances impayées.

Si pour le moment la production n’est pas affectée, selon Bloomberg, tout changement de donne pourrait creuser davantage l’écart entre Glencore et le chinois CMOC qui l’a supplanté en 2023 pour devenir premier producteur mondial de cobalt. Si aucune déclaration officielle n’a encore été faite au sujet du litige, les détails relayés, en fin de semaine dernière, indiquent que la DGRAD a pris des mesures pour obliger Glencore à payer les redevances. Ces mesures comprennent le gel des comptes bancaires et la fermeture temporaire d’un entrepôt de la filiale du groupe. Ce redressement fiscal intervient quelques semaines, après la publication du rapport d’activité de Glencore à S1.

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Les exigences d’un nouveau Code Minier

La lecture par Bankable des chiffres de la société montre que l’opération de KCC (détenue à 75% par Glencore contre 25% pour Gécamines) reste la plus grande mine de cuivre et de cobalt du groupe en RDC, devant Mutanda. Dans le détail, sur les 100 600 tonnes de cuivre et 14 400 tonnes de cobalt, produits par le groupe dans le pays durant la période, la contribution de KCC était de 88% pour le cuivre et 81% pour le cobalt.

Pour l’exercice 2024, la compagnie suisse prévoit de produire entre 35 000 et 40 000 tonnes de cobalt (dans un contexte de baisse de prix, ses mines avaient livré 41 500 tonnes en 2023). Son rival CMOC, qui a vu sa production de cobalt augmenter de 174 % en 2023 pour atteindre 55 526 tonnes, n’a pas prévu de baisse de sa production. Par ailleurs, le litige entre Glencore et la RDC, s’il venait à être confirmé, raviverait les questions sur les profits tirés par le pays de l’exploitation de ses ressources minérales, stratégiques pour la transition énergétique. Premier producteur mondial de cobalt et 2ème producteur mondial de cuivre, la RDC a généré entre 2018 et 2022 une moyenne de 5,5 milliards $ de recettes, à partir de son secteur minier, contre une moyenne de 4 milliards $ sur la période 2013-2017, selon le FMI. Une hausse que l’institution attribue à plusieurs facteurs, parmi lesquels le nouveau Code Minier, la hausse de la production et des prix de cuivre et de cobalt. Le nouveau code adresse une augmentation des redevances et impose de nouvelles taxes.

Chronique- Quelle place de l’Afrique dans les technologies de pointe de la lithographie ?

Aux côtés des géants mondiaux asiatiques, tels que Samsung Electronics, TSMC et UMC, ou américains et européens comme ASML, Infineon, NXP, STMicroelectronics… la compétition est acharnée entre les grandes puissances mondiales pour le contrôle de la production de semi-conducteurs. Ces minuscules composants électroniques, présents dans notre quotidien, sont au cœur de la guerre des micro-puces. Où se situe l’Afrique, au moment où l’IA bat son plein ?

La lithographie, processus crucial dans la fabrication des micro-puces, est au cœur de la bataille technologique. Si la fabrication de ces éléments, devenus essentiels dans le développement économique, se trouve ailleurs, notamment en Asie, en Europe et en Amérique, l’Afrique dispose d’un potentiel immense pour se développer dans le domaine des technologies de pointe. Plutôt que de vouloir tout faire, les pays africains pourraient se concentrer sur des niches spécifiques de la lithographie, en fonction de leurs atouts. Cependant, elle doit relever de nombreux défis pour rattraper son retard. Nous croyons que la guerre des puces représente une opportunité unique pour le continent de diversifier son économie et de créer de nouveaux emplois. La prospective tablait naguère sur des marchés de semi-conducteurs, pesant 350 milliards de dollars et 280 milliards de dollars, à l’horizon 2030, respectivement pour l’informatique (ordinateurs et serveurs) et les télécommunications (Smartphones). De quoi s’agit-il ?

Les semi-conducteurs, circuits intégrés ou micro-puces représentent la base technologique indispensable de la microélectronique. On distingue parmi les puces numériques, les processeurs qui permettent à un dispositif électronique de fonctionner et la mémoire. Ces semi-conducteurs se retrouvent dans de nombreux produits électroniques de tous les jours, tels que les PC, les ordinateurs portables, les smartphones, les voitures… On les retrouve aussi dans bien des secteurs, à savoir la sécurité nationale, la défense ou dans la technologie spatiale.

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Mais quid de la lithographie ? Est-elle si importante ? La lithographie permet de graver des circuits complexes sur des tranches de silicium, rendant possible la miniaturisation constante des composants électroniques. Cette miniaturisation est essentielle pour améliorer la performance, réduire la consommation d’énergie et baisser les coûts de production des appareils électroniques.

Quelle place pour l’Afrique ?

L’Afrique, souvent perçue comme un continent en retard en matière de technologie, pourrait-elle jouer un rôle dans cette course à la domination technologique ? Nous croyons que le continent a un potentiel immense mais des défis colossaux. L’Afrique dispose d’un potentiel important grâce à sa jeunesse, à ses ressources naturelles et à une croissance économique soutenue dans certains pays. Cependant, elle fait face à de nombreux défis, à savoir le manque d’infrastructures de recherche et de production, souvent insuffisante, aussi, il y a un besoin urgent de former des ingénieurs et des chercheurs, spécialisés dans les domaines de pointe. Par ailleurs, les investissements dans la R&D sont limités et l’Afrique est souvent dépendante des technologies étrangères.

Malgré ces défis, l’Afrique pourrait tirer parti de cette révolution technologique. En se positionnant dans un premier temps dans la fabrication de composants moins complexes, notre continent pourrait se positionner sur des segments de marché moins exigeants en matière de technologie, comme la fabrication de composants électroniques pour des applications spécifiques.

En termes de R&D, des partenariats avec des universités et des entreprises étrangères pourraient permettre de développer des compétences locales, en matière de recherche.

En outre,le développement de PMI et autres startups innovantes dans le domaine des technologies, en symbiose avec la diaspora, pourrait stimuler l’économie numérique africaine.

Prochaines étapes

Pour que l’Afrique puisse jouer un rôle plus important dans la guerre des puces, plusieurs actions sont nécessaires. D’abord, il est nécessaire d’injecter des investissements massifs dans l’éducation et la formation. Former une nouvelle génération d’ingénieurs et de chercheurs africains reste impératif, si nous voulons jouer les premiers rôles.

La création de pôles d’excellence, de centres de recherche et de développement spécialisés dans les technologies de pointe, est essentielle. Pour ce faire des PPP (Partenariats public-privé) entre les gouvernements, les entreprises et les universités. Cela permettrait de mobiliser les financements et les compétences.

Par-dessus tout, les premières délocalisations de fondeurs devront s’accompagnerde transfert de technologies. Les pionniers, ainsi que les professionnels issus de la diaspora ne devraient pas faire une quelconque économie de la chaine de valeur des semi-conducteurs dont les étapes vont de la R&D à leur Utilisation finale dans les équipements électroniques, en passant par le Design du Chip, la Fabrication puis l’Assemblage.

Libye- Fin de l’impasse autour de la Banque centrale

Des représentants des deux chambres législatives rivales de l’Est et de l’ouest de la Libye ont signé, jeudi 26 septembre 2024, lors de discussions facilitées par les Nations unies, un Accord pour mettre fin à une crise autour de la direction de la Banque centrale, en nommant un Gouverneur par intérim et un Adjoint.

La crise de la Banque centrale va connaitre son épilogue. Un Accord a été trouvé entre les chambres législatives rivales. L’Accord pourrait contribuer à désamorcer une crise autour du contrôle de la Banque centrale de Libye (CBL) et des revenus pétroliers qui a considérablement réduit la production et les exportations de pétrole de la Libye. Les factions rivales ont convenu de nommer M. Naji Mohamed Issa Belqasem, Directeur des banques et du contrôle monétaire de la Banque centrale, au poste de Gouverneur par intérim. Aussi, M. Mari Muftah Rahil Barrasi, qui avait été nommé Vice-Gouverneur en 2023, est nommé pour continuer à occuper son poste.

La relance de l’économie en vue

Les délégués rivaux ont convenu d’accorder une semaine pour l’approbation des candidats. Le Gouverneur par intérim Issa Belqasem formerait ensuite un Conseil d’administration, dans un délai de deux semaines. La crise a éclaté lorsque le président du Conseil présidentiel, basé à Tripoli, Mohammed al-Menfi, a proposé le mois dernier de remplacer le gouverneur de la Banque centrale, Sadiq al-Kabir. Cette décision a conduit les factions de l’Est à ordonner l’arrêt de la production des champs pétroliers libyens, en signe de protestation.

« Je tiens à souligner le besoin urgent de mettre fin à la fermeture des champs pétroliers et à la perturbation de la production et de l’exportation de pétrole et je salue les engagements de l’Est de s’attaquer prochainement à ce problème », a déclaré la cheffe par intérim de la mission des Nations Unies en Libye (MANUL), Mme Stéphanie Koury. A noter qu’en Libye, les organes législatifs sont la Chambre des représentants (HoR) à Benghazi et le Haut Conseil d’État (HSC) à Tripoli. Le délégué du HSC, Jalil Al-Shawesh, a qualifié les négociations de « longues et difficiles », tandis que le délégué de la Chambre des représentants, Abdul Hadi Al-Sghayer, a déclaré que « l’Accord ne sera conclu que grâce aux efforts combinés des membres des deux conseils et à l’approbation du Gouverneur et de son Adjoint ».

Sénégal- L’audit révèle que le régime de Diomaye hérite d’une dette et d’un déficit plus élevés qu’annoncés

Senegal's Prime Minister Ousmane Sonko speaks during a press conference to present the governments economic action plan, in Dakar, on September 26, 2024. (Photo by SEYLLOU / AFP)

Après qu’un audit sur les comptes macroéconomiques du Sénégal ait révélé que la dette publique et le déficit budgétaire sont bien plus importants que ce qu’avait rapporté l’administration du régime sortant de Macky Sall, le pays va entamer des discussions avec ses partenaires, dont le Fonds monétaire international (FMI), pour prendre des mesures correctives.

Le régime du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui a accédé au pouvoir, le 24 mars 2024, a, au cours d’un point de presse, partagé avec l’opinion nationale et internationale, la vérité des chiffres des finances poubliques, jeudi 26 septembre 2024. M. Ousmane Sonko, Premier ministre, entouré de 4 ministres de son gouvernement, a dévoilé une dette abyssale (87% du PIB) et un déficit budgétaire autour de 10%, bien au-delà des ratios de l’Uemoa. Tour à tour, ils ont déconcé une corruption généralisée du régime sortant et promis que la reddition des comptes se fera, comme dans tout état de droit.

M. Abdourahmane Sarr, ministre de l’Economie, a révélé que cet audit des finances du Sénégal ordonné par le président nouvellement élu Bassirou Diomaye Faye, a montré que le déficit à fin 2023 s’élevait à plus de 10%, contre un maigre 5% annoncé par le gouvernement sortant. « Les autorités que nous avons remplacées ont menti au pays et ont menti aux partenaires en falsifiant les chiffres », a martelé le Premier ministre sénégalais M. Ousmane Sonko, lors de la conférence de presse gouvernementale, tenue jeudi. Dans le détail, l »héritage du régime MackySall c’est 605 milliards f CFA dépensés par anticipation, quelque 300 milliards f CFA dépensés mais non traçables, 1 800 milliards f CFAempruntés sans jamais les déclarer, une dette à hauteur de 87% du PIB, soit 16 200 milliards f CFA…

Une signature quasi-intact

SE Bassirou Diomaye Faye, Président du Sénégal, qui a été porté au pouvoir lors d’une victoire électorale écrasante, au mois d’avril dernier, avait promis des audits sur la gestion des affaires du gouvernement précédent. Rappelons que le scrutin s’était dértoulé dans un contexte de colère publique contre l’administration précédente de l’ancien président Macky Sall. Le ministre de l’économie notifié, lors de la conférence de presse, qu’en raison des chiffres erronés, rapportés par les autorités précédentes, le gouvernement en exercice a décidé de ne pas présenter la demande du Sénégal pour un décaissement du FMI en juillet, suite à l’examen du fonds en juin. Il a précisé que le fonds avait alors approuvé une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars, sur trois ans. Le Sénégal devait recevoir une partie de ce décaissement de la facilité après l’examen.

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« Un examen du dossier du Sénégal sur la base de chiffres erronés aurait conduit à ce qu’on présente une fausse déclaration au FMI », a-t-il ajouté. Avant tout décaissement du FMI basé, le Sénégal tient à présenter la vérité des chiffres. Ce pays qui bénéficie d’un dividende démocratique élevé, d’une jeunesse compétente et dispose de ressources non négligeables, ne craint pas pour sa signature et compte entreprendre des mesures correctives. Les partenaires, parmi lesquels le FMI, ont été informés et les discussions se poursuivent…

Ouganda- Une centrale hydroélectrique, financée par la Chine, opérationnelle

L’Ouganda vient de mettre en service sa plus grande centrale de production d’électricité. Une centrale hydoélectrique de 600 MW, construite sur le Nil, qui a coûté 1,7 milliard de dollars et financée par un prêt de la Chine. Ce projet hydroélectrique de Karuma (KHP), construit par Sinohydro Corporation, augmente considérablement la capacité de production de l’Ouganda, pour la porter à un peu plus de 2 000 MW.

L’Ouganda étrenne sa plus grande centrale hydroélectrique. La construction de cet ambitieux projet, qui a débuté en 2013, a été retardée de plusieurs années et n’a pas été achevée à plusieurs reprises. La centrale de Karuma, en Ouganda, va produire une énergie abordable. Elle contribuerait à fournir une énergie propre et durable pour le développement de l’Afrique de l’Est ».

Déjà, l’Ouganda exporte de l’électricité vers ses voisins, à savoir le Rwanda, la Tanzanie et le Kenya. Une ligne de transmission de 400 kV, s’étendant sur 248 kilomètres (154 miles) pour transporter l’électricité, a également été lancée jeudi. Des projets sont également en cours pour construire une ligne de transmission de 180 millions de dollars, pour permettre à l’Ouganda d’exporter de l’électricité vers le Soudan du Sud, en manque d’énergie.

Une énergie électrique bon marché, fiable et abordable

La ministre de l’Énergie, Ruth Nankabirwa, a déclaré que la centrale avait été confrontée à de nombreux défis logistiques, y compris conjocturels, tels que COVID-19, qui ont retardé son achèvement. La banque chinoise Exim Bank a accordé un prêt de 1,4 milliard de dollars, représentant 85 % du coût du projet, tandis que le gouvernement a fourni le reliquat du financement. Le président Yoweri Museveni a révélé que son gouvernement souhaitait garantir l’accès à une « électricité bon marché, fiable et abordable ». A noter que Karuma est la deuxième centrale hydroélectrique, financée par la Chine en Ouganda, ces dernières années.

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En 2019, l’Ouganda a mis en service le barrage hydroélectrique d’Isimba, d’une puissance de 188 MW, et d’un coût de 500 millions de dollars, également sur le Nil, financé par un prêt de la Chine. Il a été construit par la société chinoise China International Water and Electric Corporation (CWE).

Nigéria-Dangote contribuerait à – 40% des dépenses en dollars du Nigeria

L'opération a démarré à 8 heures (heure locale) à la Bourse de Lagos (NGX) et se refermera le 13 octobre. Dangote met sur le marché 4,1 milliards d'actions ordinaires à 525 nairas l'unité. Crédit : DR

Suite à l’accord, conclu entre la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) et Dangote Oil Refinery, qui a abouti à un prix du carburant produit par la raffinerie, très compétitif, le Nigeria réaliserait une économie de 40% de ses dépenses en dollars américains.

Le milliardaire nigérian, Aliko Dangote, a déclaré que la raffinerie du goupe éponyme, qui a nécessité un investissement de plus de 20 milliards de dollars, permettra à son pays d’économiser jusqu’à 40% de ses dépenses en dollars américains, soit l’équivalent du total des paiements effectués pour importer des produits pétroliers transformés sur les marchés mondiaux. « Les produits pétroliers consomment environ 40% des réserves de change du Nigeria et avec notre raffinerie, nous retirons cette pression sur le naira », a-t-il mentionné. A en croire les données de l’International Trade Center (Intracen), qui se base sur ceux des services des statistiques officielles du Nigeria, la part des produits pétroliers et connexes (20,3 milliards $) représente en effet près de 33,5% des importations de l’année 2023 (60,3 milliards $). L’homme d’affaires mise sur cet accord, conclu avec le gouvernement, pour permettre à sa raffinerie d’obtenir du pétrole brut contre des paiements en nairas (monnaie locale), en contrepartie de la vente de ses produits dans la même monnaie sur le marché intérieur.

De la rentabilité d’une raffinerie

« Je pense que c’est une situation gagnante pour tout le monde. Ce serait bizarre si une personne comme moi ou un groupe comme le mien venait à dire au gouvernement « Non ! Nous voulons que nos produits soient payés en dollars américains. » L’idée profonde est de savoir ce que nous laissons à notre pays, le Nigeria, comme héritage. Pour la première fois, nous rejoignons le statut des pays africains producteurs de pétrole, mais non importateurs de produits pétroliers. Jusque-là, seules l’Algérie et la Libye parvenaient à le faire », a signalé M. Dangote.

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Rappelons qu’un accord, en cours de finalisation, est annoncé entre sa compagnie et le gouvernement. La société nationale pétrolière, Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) devrait lui livrer 12 millions de barils de pétrole en octobre 2024, ce qui représente environ 390 000 barils de pétrole brut par jour. Dangote envisage de les transformer en carburant essence, diesel, et aussi en kérosène jet A1 pour les avions. Il compte transformer le maximum de produits dérivés du pétrole et de les commercialiser. La raffinerie de Dangote entre en activité à un moment complexe pour le Nigeria, dont la valeur de la monnaie s’est dépréciée de 70%, depuis que le président Bola Tinubu a décidé de modifier la politique de gestion des réserves en dollars. Dans un contexte où les prix des produits pétroliers sont en hausse dans le monde, la qualité du pétrole nigérian et des coûts d’exploitation maîtrisés permettent à Dangote d’avoir un produit compétitif par rapport aux autres marchés mondiaux.

Nécrologie- Disparition du Pr Amadou Mahtar MBow, ex-DG de l’Unesco

Le Sénégal se réveille dans la douleur, ce matin du mardi 24 septembre 2024. Le Professeur Amadou Mahtar MBow vient de nous quitter à l’âge de 103 ans. C’est une grande perte pour l’Afrique et le monde, mais aussi pour son pays le Sénégal.  

S’il y a un commis de l’Etat Sénégalais, un humaniste et leader qui a inspiré ses pairs et la jeunesse, c’est bien Pr Amadou Mahtar MBow. A l’aube de ce mardi 24 septembre 2024, coïncidant à l’ouverture de la 79ème Session de l’AG des Nations Unies, il vient de nous quitter à jamais. C’est tout un symbole pour celui qui a marqué de son passage l’UNESCO de 1974 à 1987. Pour magnifier son œuvre immense, régulièrement le RIFA (Réseau international francophone des Aînés) célébrait son anniversaire, le 20 mars, des associations, telles que Africa Mondo, louaient son oeuvre grandiose. Aussi l’Association des anciens fonctionnaires de l’UNESCO (AAFU) a fêté son Centenaire, le lundi 25 octobre 2021, baptisant l’événement « Amadou Mahtar M’Bow : Un homme debout dans son siècle ».

Le Sénégal, l’Afrique et le monde viennent de perdre un inlassable combattant, mais son discours d’une actualité prégnante continuera de nous inspirer et de nous guider.

Un parcours inspirant

Toujours guidé par cette assertion de feu son père, « N’oublie pas ce que tu es, ni ce que tu dois être ! », Amadou Mahtar MBow en fera son viatique. Au moment où nous pleurons ce grand homme, c’est le moment de présenter nos sincères condoléances aux peuples du monde, auxquels il s’identifiait et à ses proches, et de revenir sur son parcours.

Né à Louga dans le centre ouest du Sénégal, le 20 mars 1921, l’ancien combattant de l’armée de l’Air à la 2ème Guerre mondiale, universitaire et historien, qui fut plusieurs fois Ministre dans son pays le Sénégal, a été Directeur général de l’Unesco pendant 13 ans de 1974 à 1987, mais aussi précurseur de la Charte de Bonne Gouvernance Démocratique pour avoir présidé en 2008 les Assises nationales du Sénégal qui ont initié la CNRI (Commission nationale de réforme des institutions).

A la veille de la crise que vivait le Sénégal, ces 3 dernières années, il disait : « Les sénégalais vivent une crise. Une crise éthique, mais ils ne sont pas les seuls. Ils vivent également une crise morale et le besoin d’enrichissement individuel prend parfois le dessus sur la volonté de mener une politique nationale de solidarité, une politique de cohésion entre les populations ».

Il était et reste avant-gardiste. Justement, le patriarche qualifia alors son Sénégal natal de pays extraordinaire, en dépit de toutes les menaces et de toutes les difficultés. Il confia : « Il y a beaucoup de ses compatriotes qui continuent à penser que des progrès sont possibles dans l’intérêt de tous les sénégalais ».

« J’espère que le Sénégal s’orientera vers les transformations institutionnelles, économiques et sociales, telles que préconisées dans la Charte de gouvernance démocratique adoptées par les Assises nationales et que les participants et les citoyens se sont engagés à appliquer respectivement quand ils accèderont à des responsabilités politiques, économiques et sociales et dans leur vie de citoyen… »

Plein d’espoirs pour son pays, il ajouta : « J’espère que le Sénégal s’orientera vers les transformations institutionnelles, économiques et sociales, telles que préconisées dans la Charte de gouvernance démocratique adoptées par les Assises nationales et que les participants et les citoyens se sont engagés à appliquer respectivement, quand ils accèderont à des responsabilités politiques, économiques et sociales et dans leur vie de citoyen. Le Sénégal est un pays avec des diversités très grandes, ethniques, religieuses, et doit faire en sorte qu’elles ne conduisent à de la zizanie ou des oppositions, mais qu’elles servent d’éléments d’enrichissements de l’ensemble de la Nation. Pour ce faire, le respect des uns et des autres reste primordial.

L’Etat ne doit définir de politique, dans quelque domaine que ce soit, qu’en consultation et concertation avec les parties prenantes. L’ère du messie est terminée ! »

Pour rappel, ce digne fils de l’Afrique tint tête aux américains obnubilés de vider de sa substance l’Unesco.

A la tête de plusieurs combats

Engagé très tôt, pour avoir présidé à la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique noire en France), Amadou Mahtar MBow a été à la tête de plusieurs combats. Le 7 juin 1978, il a fait un plaidoyer sur le trafic illicite et la restitution des biens culturels. Alors, Directeur général de l’UNESCO, son appel raisonne encore dans les oreilles des moins jeunes pour la défense d’un patrimoine culturel irremplaçable. « Le génie d’un peuple trouve une de ses incarnations les plus nobles dans le patrimoine culturel que constitue, au fil des siècles, l’œuvre de ses architectes, de ses sculpteurs, de ses peintres-plasticiens, gravures ou orfèvres – de tous les créateurs de formes qui ont su lui donner une expression tangible dans sa beauté multiple et son unicité. Or, de cet héritage où s’inscrit leur identité immémoriale, bien des peuples se sont vu ravir, à travers les péripéties de l’histoire, une part inestimable… Les peuples victimes de ce pillage parfois séculaire n’ont pas seulement été dépouillés de chefs-d’œuvre irremplaçables : ils ont été dépossédés d’une mémoire qui les aurait, sans doute aidés à mieux se connaître eux-mêmes, certainement à se faire mieux comprendre les autres ». Avec les restitutions, en cours aujourd’hui, l’histoire lui donne raison.

« Le génie d’un peuple trouve une de ses incarnations les plus nobles dans le patrimoine culturel que constitue, au fil des siècles, l’œuvre de ses architectes, de ses sculpteurs, de ses peintres, gravures ou orfèvres… »

Mais peut-on parler de cet éminent Professeur et omettre sa défense pour un Nouvel Ordre Economique et Nouvel Ordre de l’Information ? Mieux, il défendait la décolonisation de l’information. Aujourd’hui, l’ex-Conseiller de SM le Roi Hassan du Maroc trouve qu’il y a des avancées, parce que l’Afrique est aujourd’hui présente dans le milieu médiatique international, contrairement à dans les années 70. A ce moment-là, l’idée d’un nouvel ordre mondial de de l’information et de la communication partait du constat que la communication et l’information dans le monde était dominait par 5 agences (grossistes de l’information), toutes situées en Europe. Les informations sur l’Afrique étaient reçues à travers ces agences de presse. Une information, envoyée de l’extérieur par des agences qui avaient une vision du monde, pas forcément similaire à celle des Africains, qui défendaient les intérêts des parties auxquelles elles appartenaient. En gros, une information biaisée… Le patriarche fit le constat d’une information qui circulait surtout dans le sens Nord-Sud, avec un Sud qui n’apparaissait qu’à travers des clichés, des présupposés famines, misères… On ne montrait presque jamais ce qui est positif dans ces pays du Sud qui étaient sans voix. Ce nouvel ordre de la communication et de l’information devrait leur permettre de s’exprimer sur le plan international.

Aujourd’hui, avec les TIC, le numérique et le digital, le continent se fait entendre un peu partout à travers la planète, via ses contenus propres. Mais le Pr Amadou Mahtar MBow trouve que l’Afrique n’a toujours pas la masse critique nécessaire dans les pays en voie de développement, pour occuper une place dans le milieu médiatique international. Il y a des balbutiements, des efforts sont faits, mais elle ne joue pas encore un rôle sur le plan international.

Indépendance… une Afrique, mal partie

Revenant sur les premières heures de l’indépendance du Sénégal, il nous appris avoir vécu d’abord l’indépendance de son pays, d’abord avec beaucoup de bonheur, puis avec beaucoup de réserves…

Avec beaucoup de bonheur parce qu’il fait partie de la génération qui a lutté depuis la fin des années 40 pour cette indépendance est celle de l’Afrique. Une génération d’étudiants Africains à Paris, dont certains, comme lui-même, avaient participé à la 2ème Guerre mondiale. A la fin de cette guerre, ces jeunes intellectuels et combattants africains avaient estimé que le fait d’avoir participé à la libération de la France, leur donnait aussi le droit de participer à leur propre liberté qui passait par l’indépendance. 

Mais le Pr, dont des Instituts de formation et Universités portent le nom, l’a aussi vécu de façon assez dubitative dans la mesure où, les conditions, dans lesquelles l’indépendance a été acquise, n’étaient pas sans doute celles rêvées. Leur rêve tirait vers une indépendance qui aurait permis à leurs pays respectifs, de de s’attaquer de façon déterminée à la solution des problèmes socio-économiques dont ils étaient confrontés.

Faisant son mea culpa, le patriarche a soutenu : « Nous avions alors manqué d’audace, parce que nous avons continué à gérer nos pays comme du temps du système colonial. On a eu comme l’impression que la plupart des nouvelles autorités n’ont cherchée qu’à perpétuer le système d’antan, sans chercher à le changer profondément. En tout cas, sous Léopold Sédar Senghor les ruptures n’ont pas été faites. J’ai d’abord été opposé à lui au moment de l’indépendance.  Ensuite mon parti et moi ont été d’accord avec lui en 1966. J’ai alors rejoint le gouvernement. Mais dans le cadre de ce gouvernement, j’ai eu l’expérience de l’impossibilité à changer dans un domaine précis, dont j’étais responsable, les rapports qui existaient auparavant. Sur l’Université de Dakar, mon opinion était divergente de celle du président de la République. La crise de 1968 ne tarda pas à le montrer.

«Nous avions alors manqué d’audace, parce que nous avons continué à gérer nos pays comme du temps du système colonial. On a eu comme l’impression que la plupart des nouvelles autorités n’ont cherché qu’à perpétuer le système d’antan, sans chercher à le changer profondément…»

Au chapitre des regrets, Pr Mahtar MBow a déploré que, même s’ils n’étaient pas ensemble politiquement, les réformes entamées par le Président du Conseil, Mamadou Dia, de 1960 à 1962, n’aient pas abouti. Il trouve qu’à l’époque, ces réformes auraient permis de changer la donne en matière économique. Malheureusement, elles ont été stoppées et anéanties, suite aux événements politiques de 1962 et qui ont conduit à l’élimination de son auteur… Mamadou Dia aurait voulu remettre en cause l’économie de traite, il n’a pas pu le faire… on connait la suite.

Après des décennies d’indépendance, parmi les motifs de fierté de ce professeur qui a sillonné le Sénégal, au lendemain des indépendances, en tant qu’Africain, il trouve que lui et ses pairs ont pu changer complètement la donne par rapport à la situation pendant la période coloniale. « J’ai vécu et grandi dans la condition coloniale… à la décolonisation j’avais un peu moins de 40 ans. Donc j’ai connu la situation avant la guerre de 1939-45, le travail forcé, les famines, le déni de justice avec le système de l’Indigénat pendant laquelle n’importe quel sujet français pouvait être arrêté mis en prison pendant 15 jours sans aucun jugement. On pouvait renouveler sa détention de façon permanente. Le commandant de cercle avait ce pouvoir », nous rappellait-il pour nous permettre de mesurer les changements.

Aussi, revinait-il sur le fait de vivre dans un pays et être formé dans une école où on enseignait à l’élève à mépriser ses propres cultures, soutenant qu’elles n’existaient pas… qu’elles devraient être assimilées à celles du colonisateur. Un pays sans histoire, dont l’histoire commençait avec la colonisation… en somme, on leur apprenait la négation d’eux-mêmes à l’école française, à l’époque.

Aujourd’hui, il a des changements, concède-t-il, mais la qualité de l’enseignement n’est pas ce qu’elle devrait être.

Quant aux Accords signés avec la France, le Pr MBow, fierté de tout un continent et au-delà, nous apprend que la plupart des Accords, conclus avec la France au moment des indépendances, ont été des Accords secrets. « On ne les connaissait pas. Mais à mon avis, tous les Accords ont abouti à la perpétuation de la situation d’antan. Les Accords n’ont pas été conclus pour changer les rapports qui existaient pendant la période coloniale. Ces Accords ont été façonnés de telle sorte que la situation reste analogue à celle d’avant l’indépendance, d’où l’impossibilité dans laquelle nous nous sommes trouvés de nous armer de volonté et d’imaginer les voies et moyens de changements et de nous donner nous les moyens d’assurer le changement », remémorait-il.

Je disais dans un précédent article sur lui que c’était une façon de nous titiller, afin de repartir sur un bon pied à l’aube d’une 4ème révolution industrielle qui peut réconcilier le continent noir avec ses scientifiques, précurseurs de la vallée du Nil, de Méroé… 

Africa leadership