Le Mali prévoit de réviser son code minier, avec l’objectifd’augmenter la participation de l’Etat et du secteur privé local à 35 % contre 20% actuellement, afin de s’assurer une part plus importante des ressources minières, une meilleure implication des ressources humaines et entreprises locales, ainsi que le transfert technologique. Le gouvernement malien qui n’a pas encore confirmé l’information a déjà entamé les consultations avec les majors minières dont Barrick Gold et B2Gold, selon les informations relayèes par Reuters.
Interview – Jan Tegze : « En Afrique, l’IA peut être utilisée efficacement dans les RH… »
Recruteur, formateur et auteur, Jan Tegze a répondu aux question d’AFRICA INCOME sur le rôle que pourrait jouer l’intelligence artificielle dans l’acquisition des talents. Et ce, en prenant en compte les différences susceptibles d’exister dans ce processus entre pays développés et ceux en développent comme en Afrique. Une intervention qui fait suite à sa participation au HR Insights Series organisées par Icubefarm.
AFRICA INCOME : Vous êtes à la fois recruteur, auteur et formateur, pouvez-vous revenir sur votre parcours pour vous présenter à nos lecteurs ?
Jan Tegze : Le recrutement étant ma passion, j’ai passé des années en tant que recruteur, aidant un large éventail d’entreprises à trouver les talents les mieux adaptés. Cette expérience pratique m’a motivé à partager mes idées et mes connaissances en écrivant des livres tels que « Full Stack Recruiter » pour les recruteurs et « Job Search Guide » pour les demandeurs d’emploi, qui sont devenus plus tard des best-sellers. J’ai également été impliqué dans le mentorat en tant que formateur, où je forme d’autres personnes sur les techniques de recrutement, la planification de carrière et les initie aux technologies émergentes dans ce domaine, telles que l’IA (intelligence artificielle).
Aujourd’hui l’IA est considérée comme une solution révolutionnaire, comme l’étaient les réseaux sociaux au début des années 2000. Que peut changer l’IA dans la gestion des ressources humaines ?
L’IA recèle un immense potentiel dans la gestion des ressources humaines. Il peut automatiser les tâches répétitives, telles que la planification des candidats, libérant ainsi du temps aux professionnels des RH afin qu’ils puissent se concentrer sur des tâches stratégiques. L’IA peut également aider à l’analyse prédictive, permettant aux entreprises de prévoir les besoins en personnel, les taux de rétention et les performances des employés. De plus, l’IA peut améliorer l’expérience des candidats grâce à une interaction en temps réel avec des chatbots et des outils qui associent les candidats aux emplois les plus appropriés.
Pensez-vous que l’IA va remplacer certains métiers des ressources humaines, comme certains le craignent ?
S’il est vrai que l’IA peut automatiser certaines tâches RH de routine, je ne pense pas qu’elle remplacera complètement les professionnels des RH ou de l’AT. Au lieu de cela, le rôle des RH est susceptible d’évoluer, en mettant davantage l’accent sur la prise de décision stratégique, en favorisant une culture d’entreprise positive et en promouvant l’engagement des employés. Le contact humain et la compréhension restent essentiels dans la gestion de problèmes RH complexes tels que la résolution de conflits, la gestion empathique et la prise de décision basée sur des facteurs nuancés. Cependant, l’industrie du recrutement peut être davantage impactée par l’IA que par les RH, car elle a le potentiel de remplacer des parties de l’équipe tout en conservant le même niveau d’efficacité.
Pour le recrutement, comment l’IA peut-elle concrètement améliorer les processus ?
C’est une très bonne question. L’IA peut améliorer l’efficience et l’efficacité ! Les algorithmes alimentés par l’IA et l’IA de manière globale peuvent réduire la subjectivité dans le processus d’embauche en prenant des décisions basées sur des données plutôt que sur des hypothèses personnelles. De plus, l’IA peut aider au processus d’intégration en fournissant des ressources d’apprentissage et de développement personnalisées. C’est là que je peux voir la puissance de l’IA – l’expérience personnalisée que vous vivrez pendant le processus d’entretien et lors de l’intégration.
Comment cela peut-il impacter le domaine de la formation et l’évaluation des ressources de l’entreprise (travailleurs) ?
Je pense que l’IA peut complètement révolutionner la formation et l’évaluation sur le lieu de travail. Les plates-formes alimentées par l’IA peuvent fournir des parcours d’apprentissage personnalisés, suivre les progrès et offrir des commentaires instantanés. Si j’étais capable de « construire » un coach d’entretien via ChatGPT, imaginez ce que les entreprises pourraient en faire. De plus, l’IA peut aider à identifier les lacunes en matière de compétences au sein de la main-d’œuvre d’une entreprise et à suggérer une formation pertinente. En termes d’évaluation, l’IA peut fournir des évaluations de performance plus objectives et basées sur des données, aidant à éliminer les préjugés humains. Car avouons-le, le préjugé humain n’est pas une relique du passé mais toujours présent.
Les bouleversements potentiels liés à l’IA sont-ils les mêmes dans les pays développés que dans les pays sous-développés comme en Afrique ?
L’impact de l’IA est susceptible de différer selon les régions développées et sous-développées. Les pays développés possèdent généralement l’infrastructure et les ressources nécessaires pour intégrer rapidement l’IA dans leurs cadres, tandis que les régions moins développées, telles que certaines parties de l’Afrique, peuvent être confrontées à des obstacles opérationnels. Par conséquent, en raison des coûts relativement élevés de l’intégration de certains outils d’IA, la mise en œuvre pourrait ne pas être aussi rapide que dans d’autres pays. Cependant, l’IA recèle encore un potentiel de changement transformateur dans ces domaines, en particulier si elle est associée à des améliorations des infrastructures et de l’éducation.
Pour une région comme l’Afrique, comment l’IA peut-elle être utilisée efficacement dans le domaine des ressources humaines ?
En Afrique, l’IA peut être utilisée efficacement dans les RH en aidant à identifier les talents locaux, en particulier dans les zones reculées, grâce à des évaluations en ligne et des entretiens virtuels. L’IA est aussi en mesure de fournir des solutions de formation rentables et évolutives pour améliorer les compétences des travailleurs. Prenez par exemple ChatGPT qui pourrait être utilisé comme coach de carrière ou aider les demandeurs d’emploi à se préparer aux entretiens. De la même manière, cette technologie pourrait aider les équipes RH à être plus efficaces et à offrir une meilleure expérience candidat. Cependant, la mise en œuvre réussie de l’IA dans les RH nécessiterait de surmonter des défis tels que l’accès limité à Internet sur tous les sites.
Votre livre « Job Search Guide : Be Your Own Career Coach » est considéré comme un outil pour aider ses lecteurs à mieux gérer leur carrière. Qu’ajouteriez-vous aujourd’hui (2023) à ce livre, dans le contexte d’une utilisation accrue de l’IA ?
Si aujourd’hui je devais ajouter quelque chose à mon livre « Job Search Guide : Be Your Own Career Coach », ce serait certainement le rôle accru de l’IA dans la recherche d’emploi et le développement de carrière. J’expliquerais comment utiliser les outils alimentés par l’IA pour la recherche d’emploi, l’image de marque personnelle et le développement des compétences. Mais j’essaie de couvrir toutes ces choses dans mon bulletin d’information sur le guide de recherche d’emploi « Job Search Guide Newsletter » afin de pouvoir aider autant de demandeurs d’emploi que possible.
Par : la rédaction
Maroc : les dessous de la révision du partenariat de pêche avec l’UE
A quelques jours de l’expiration des accords de pêche liant le Maroc à l’Union Européenne (UE), les différentes parties tentent de trouver un consensus pour renouveler l’accord. A Rabat, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita insiste pour des partenariats plus avancés avec une valeur ajoutée marocaine plus forte.
Le Maroc n’est pas dans un partenariat consistant en « des ressources en échange d’une aide financière », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita aux journalistes à Rabat ce mercredi, selon les informations relayées par Reuters. Il a en effet précisé que le Maroc revoit son partenariat de pêche actuel avec l’UE d’une manière qui tienne compte de sa propre stratégie de pêche et des facteurs biologiques. En 2021, le Tribunal de l’Union européenne a annulé les accords commerciaux UE-Maroc couvrant les produits agricoles et le poisson parce qu’ils auraient été conclus sans le consentement des populations des provinces du Sud au Sahara occidental. Le Maroc considère le Sahara occidental comme le sien, tandis que les rebelles du Polisario soutenus par l’Algérie ont cherché à y établir un État indépendant. La Commission européenne a fait appel de la décision après avoir publié une déclaration conjointe avec le Maroc indiquant qu’ils agiraient pour assurer la continuité du commerce bilatéral. Un verdict final n’a pas encore été rendu et l’accord de pêche expire lundi. Une commission mixte de la pêche Maroc-UE se réunira cette semaine à Bruxelles pour évaluer l’accord de quatre ans, a déclaré Bourita aux journalistes à Rabat, sans faire référence au processus judiciaire en cours de l’UE.
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Rabat veut « des partenariats plus avancés (…) avec une valeur ajoutée marocaine plus forte« , a déclaré Nasser Bourita. L’évaluation du gouvernement marocain tiendra compte de la stratégie de pêche du pays et des facteurs biologiques, a-t-il déclaré. Le Maroc interagira avec l’UE sur la base de cette évaluation en cours, a-t-il déclaré. La plupart des 128 navires de pêche opérant dans les eaux contrôlées par le Maroc dans le cadre de l’accord proviennent d’Espagne. Dans le cadre de cet accord, l’UE contribue à hauteur de 208 millions d’euros sur quatre ans. Les exportations marocaines de produits de la pêche ont augmenté de 13 % pour atteindre 2,8 milliards de dollars en 2022, selon les données officielles.
Interview | Aziz Son : le civisme fiscal, la simplication des procédures et le renforcement du contrôle sont les clés d’un meilleur recouvrement fiscal en Afrique

Abdoul Aziz Son : Fiscaliste et spécialiste de l’Afrique Subsaharienne
La faiblesse des recettes fiscales est l’un des talons d’Achille des économies africaines. Le taux de collecte des recettes atteignent à peine les 15% du PIB en Afrique (selon les chiffres de la CEA) contre le triple dans les pays développés. De ces recettes, la part de l’impôt sur le patrimoine reste marginale. A coût de réformes, certaines économies africaines parviennent à engranger d’avantages de recettes fiscales que d’autres. Dans cet entretien, Abdoul Aziz Son, fiscaliste, spécialiste de l’Afrique subsaharienne nous livre son analyse des difficultés liées au recouvrement fiscal, des défis et surtout des opportunités offertes par le développement du numérique ainsi que des pistes pour améliorer le taux de recouvrement fiscal en Afrique.
Finance verte en Afrique : de nouvelles sources de financement avec LeapFrog Investments

LeapFrog prévoit un investissement de 500 millions de dollars dans des entreprises asiatiques et africaines de transition énergétique. Par ses investissements, le gestionnaire d’actifs concentrera ses investissements sur ces marchés en développement en Afrique et en Asie où elle espère toucher jusqu’à 50 millions de personnes. Et ce, d’autant plus que le groupe considère certaines technologies 30 à 40 % moins chères que les alternatives à haute teneur en carbone.
Chronique : Togo, un potentiel immense, mais…

Classé parmi les PMA – Pays moins avancés – avec un PIB de 850 USD par habitant, le Togo, petit pays africain, d’à peine 56 785 km², entre le Ghana et le Bénin, qui s’ouvre sur le golfe de Guinée, compte une population d’environ 8,5 millions d’habitants. Avec un PIB estimé 5 120 milliards f CFA, environ 7,8 milliards d’euros en 2022, ce pays dispose néanmoins de ressources naturelles importantes, à transformer pour générer beaucoup plus de revenus.
Les Togolais ont ceci de commun aux Chiliens, ils habitent un pays plus long que large… Un auteur à succès disait d’ailleurs qu’on s’y déplace, en marchant sur le côté comme des crabes. Doté naturellement de ressources, notamment des gisements mono et polymétalliques (Phosphate, Attapulgite, Fer, Manganèse, Chrome, Zinc, Cuivre, Argent, Nickel, Uranium…) mais aussi du pétrole offshore, du marbre, de la tourbe, du calcaire, mais aussi des terres arables et fertiles, des forêts et de magnifiques paysages, cette richesse est encore peu exploitée, en dépit de programmes de transformation. La configuration économique actuelle fait ressortir une prédominance du secteur tertiaire, près de 59% (activités portuaire, aéroportuaire et financière, commerce, TI…). Quant aux secteur secondaire et primaire, ils rendent respectivement 23 et 18%. Ce sont les branches de la construction, de l’agroalimentaire, de la production d’utilités (électricité, eau) et de gaz qui constituent l’essentiel de l’industrie aux côtés du façonnage du clinker, du ciment et le coton-fibre.
Développement de chaînes de valeur
Parmi les programmes de transformation, principalement des phosphates, le PDGM (Projet de développement et de gouvernance minière) figure en bonne place. Des ZI (Zones industrielles) attendent des investissements pour produire plus de ciment et exploiter davantage la filière phosphate jusqu’à l’acide phosphorique. A Lomé, la capitale, ville renommée très propre, les panneaux d’affichage « Consommer local » ne manquent pas. Justement dans la ZI spéciale d’Adétikopé, il est prévu le développement de chaînes de valeur émanant du bois, du coton, du soja…). Dans cette perspective, le Centre autonome d’études et de renforcement de capacités pour le développement au Togo (Caderdt), sous la présidence de Mme Odilia Birenam Gnassingbe Essonam, participe, soutient et/ou organise régulièrement des colloques (lancement du CREAMO), forums, tels que Forum de haut niveau sur le développement sur le développement des zones de transformations industrielles à travers les partenariats public-privé au Togo, des rencontres internationales… Ces manifestations, qui bénéficient de l’appui du gouvernement togolais, du groupe de la BAD (Banque africaine de développement), d’organismes internationaux… sont à même de donner un grand coup de fouet au secteur agro-industriel.
SNPT, en fer de lance ?
Le taux de croissance, tombée à 1,8% en 2020, a prouvé une certaine résilience de l’économie togolaise, malgré Covid. Le rebondissement de 5,6% en 2022 pourrait se confirmer davantage cette année. Ce pays, qui compte beaucoup sur ses exportations de PH assurant plus de 40% des recettes, continue de comptabiliser des agrégats qui font ressortir un déficit budgétaire autour de 6,5% du PIB (367,5 milliards f CFA), une dette qui s’alourdit (environ 62% du PIB). Gageons que les réformes, envisagées pour relever les niveaux de production, entre autres dans la filière phosphate, avec le plan d’affaires pour la SNPT (Société nouvelle des phosphates du Togo), se poursuivent. La production s’est accrue de5,9% pour atteindre 1 541 772 tonnes en 2022 et les ventes de 14% avec un cours moyen de 300 $ la tonne. C’est encore très en deçà des potentialités de la branche. Des projets d’implantations d’usines d’engrais par OCP Group (Maroc)- à la suite de l’échec du projet Dangote Industries, NutriSource Pte Ltd (Singapour)- ou encore la mécanisation du groupe BKG (Bonkoungou) seraient fort favorables à l’agriculture togolaise. Dans le secteur primaire, ce pays côtier, situé au cœur d’une nurserie gagnerait à valoriser ses ressources halieutiques, préserver la ressource en respectant le repos biologique, interdisant des filets à mailles fines et en développent des chantiers navals pour passer à une pêche hauturière plus rentable que celle pélagique.
Le pays du pionnier Koffi Djondo
Togo, pays de Koffi Gervais Djondo, Président fondateur de la banque panafricaine Ecobank, de la compagnie aérienne Asky et de plusieurs autres entreprises à succès, qui pèse 1,75 milliard USD, pays dont la devise est « Travail- Liberté- Patrie », au potentiel touristique inestimable avec des sites, tels qu’Abdoulaye Fauna Reserve, Parc national Fazao Malfakassa, troglodytes (Nok & Mampong Cave Dwelling), le Lac Togo, les montagnes, le Palais des gouverneurs, des plages de sables fins bordés de cocotiers, peut mieux faire. Il s’agit de dépasser les clivages, d’apaiser les différends, notamment à l’université de Lomé. La convocation du Pr Adjita Akrawati Shamsidine, doyen de la Faculté de droit, devant un conseil de discipline ou l’intimidation des étudiants par des agents de sécurité dans le campus et cette autorisation préalable de sortie du territoire aux professeurs par le ministre de tutelle, syndrome de tensions à l’université de Lomé au Togo doivent cesser pour laisser la place à l’essor d’une nation qui peut contribuer au développement africain.
IDE : les flux d’investissement vers l’Afrique ont chuté à 45 milliards de dollars en 2022

Les opérations internationales de financement de projets ciblant l’Afrique ont enregistré une baisse de 47% en valeur. La répartition des IDE sur le continent révèle des disparités avec des baisses notables chez les champions habituels des investissement directs étrangers (IDE).
Les IDE ont été en baisse en Afrique pour l’année 2022. En effet, le Rapport sur l’investissement dans le monde 2023 de la CNUCED publié le 5 juillet montre que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers l’Afrique ont chuté à 45 milliards de dollars en 2022 par rapport au record de 80 milliards de dollars atteint en 2021. Ils ont représenté 3,5 % des IDE mondiaux. Le nombre d’annonces de projets nouveaux a augmenté de 39 % pour atteindre 766. Six des 15 principaux mégaprojets d’investissement greenfield (d’une valeur supérieure à 10 milliards de dollars) annoncés en 2022 se trouvaient en Afrique.
L’Egypte en tête en Afrique du nord alors le Nigeria connait une chute de ses IDE
En Afrique du Nord, l’Égypte a vu l’IDE plus que doubler pour atteindre 11 milliards de dollars, en raison de l’augmentation des ventes transfrontalières de fusions et d’acquisitions. Le nombre de nouveaux projets annoncés a aussi doublé, passant à 161. La valeur des opérations de financement de projets internationaux a augmenté de deux tiers, pour atteindre 24 milliards de dollars. Les flux vers le Maroc ont légèrement diminué, de 6 %, pour atteindre 2,1 milliards de dollars. En Afrique de l’Ouest, le Nigeria a entrainé des flux d’IDE négatifs, à -187 millions de dollars, à la suite de cessions d’actions. Les projets de création annoncés ont toutefois augmenté de 24 % pour atteindre 2 milliards de dollars. Les flux vers le Sénégal sont restés stables à 2,6 milliards de dollars. Les flux d’IDE vers le Ghana ont chuté de 39 % pour atteindre 1,5 milliard de dollars.
Rapport mitigé pour l’Ethiopie, la RDC et l’Afrique du Sud
En Afrique de l’Est, les flux vers l’Éthiopie ont diminué de 14 % pour atteindre 3,7 milliards de dollars ; le pays est resté le deuxième bénéficiaire d’IDE sur le continent. Les IDE vers l’Ouganda ont augmenté de 39 % pour atteindre 1,5 milliard de dollars, grâce à des investissements dans les industries extractives. L’IDE vers la Tanzanie a augmenté de 8 % pour atteindre 1,1 milliard de dollars. En Afrique centrale, l’IDE en République démocratique du Congo est resté stable à 1,8 milliard de dollars, l’investissement étant soutenu par des flux vers les champs pétroliers offshore et l’exploitation minière. En Afrique australe, les flux sont revenus à leurs niveaux antérieurs après le pic anormal de 2021 causé par une importante reconfiguration d’entreprises en Afrique du Sud. L’IDE en Afrique du Sud s’est élevé à 9 milliards de dollars – bien en dessous du niveau de 2021, mais deux fois plus que la moyenne de la dernière décennie. Les fusions et acquisitions transfrontalières dans le pays ont atteint 4,8 milliards de dollars, contre 280 millions de dollars en 2021. En Zambie, après deux années de valeurs négatives, l’IDE a augmenté pour atteindre 116 millions de dollars.
Quatre groupements économiques régionaux en croissance
Au cours des cinq dernières années, les flux d’IDE ont augmenté dans quatre des groupements économiques régionaux du continent. L’IDE dans le Marché commun de l’Afrique orientale et australe a augmenté de 14 % pour atteindre 22 milliards de dollars. Les flux ont également augmenté dans la Communauté de développement de l’Afrique australe (quadruplement, à 10 milliards de dollars), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (doublement, à 5,2 milliards de dollars) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (augmentation de 9 %, à 3,8 milliards de dollars). Les investissements intrarégionaux sont restés relativement faibles, malgré une augmentation au cours des cinq dernières années. En 2022, les annonces de nouveaux projets intrarégionaux représentaient 15 % de tous les projets en Afrique (2 % en termes de valeur), contre 13 % (2 % en valeur) en 2017. Cependant, en valeur, les trois quarts des projets annoncés dans lesquels investissent uniquement des entreprises multinationales africaines concernaient le continent.
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En 2022, la plus forte augmentation des annonces de projets entièrement nouveaux concerne l’approvisionnement en énergie et en gaz (à 120 milliards de dollars contre 24 milliards de dollars en 2021). La valeur des projets dans la construction et les industries extractives a également augmenté, pour atteindre respectivement 24 milliards de dollars et 21 milliards de dollars. Le secteur de l’information et de la communication a enregistré le plus grand nombre de projets. Les opérations internationales de financement de projets ciblant l’Afrique ont enregistré une baisse de 47 % en valeur (74 milliards de dollars, contre 140 milliards de dollars en 2021), mais une augmentation de 15 % du nombre de projets, qui s’élève à 157. Les investisseurs européens restent, de loin, les plus grands détenteurs de stocks d’IDE en Afrique, menés par le Royaume-Uni (60 milliards de dollars), la France (54 milliards de dollars) et les Pays-Bas (54 milliards de dollars).
Chine-Afrique : plus de 200 projets scellés par 11 pays d’Afrique à l’Expo de Hunan

Les liens économiques et commerciaux entre la Chine et les pays d’Afrique seront renforcés dans les prochaines années, selon les responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises, réunis à l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique qui s’est achevée le 02 juillet à Changsha, la capitale de la province de Hunan. Des centaines de projets ont été signés avec des pays d’Afrique notamment dans les domaines prioritaires de l’énergie et de l’agriculture.
De nouveaux projets sont venus enrichir la coopération entre la Chine et les pays d’Afrique, lors de l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique s’est clôturée dimanche dernier à Changsha, la capitale de la province de Hunan. Les liens économiques et commerciaux entre la Chine et les pays d’Afrique vont encore renforcer grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires des deux parties. Laquelle va permettre aux entreprises de s’engager dans leurs marchés respectifs. Cela aidera en retour à maintenir la stabilité des chaînes industrielle et d’approvisionnement mondiales au cours des années à venir, ont indiqué des responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises. Ils estiment que la coopération croissante entre les deux parties va créer un environnement propice aux affaires pour développer leurs opérations, permettant ainsi de créer des emplois, de stimuler la croissance et de faire avancer le développement écologique.
« La Chine et l’Afrique peuvent toutes deux travailler vers une situation gagnant-gagnant, car le succès remarquable de la Chine dans la poursuite d’un développement de haute qualité et l’accomplissement d’une croissance économique soutenue peut inspirer les pays africains », a expliqué Ashish Shah, le directeur de la Division des programmes par pays du Centre du commerce international basé à Genève, lors d’un séminaire au cours de la 3e Exposition économique et commerciale Chine-Afrique.
Selon les organisateurs, un total de 120 projets d’une valeur contractuelle de 10,3 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) ont été signés au cours de cette exposition de quatre jours et 99 projets de coopération d’une valeur de 8,7 milliards de dollars ont été annoncés, incluant 74 projets de grande envergure impliquant 11 pays africains, un record historique. Cet évènement a attiré quelques 1700 participants étrangers et plus de 10 000 participants locaux, enregistrant un niveau record de participation. La valeur cumulée des expressions d’intention de transaction a par ailleurs atteint les 400 millions de dollars, a indiqué le Département du commerce de la province du Hunan. L’exposition a permis de présenter des produits de 29 pays africains couvrant 1600 catégories, soit une augmentation de 166 % par rapport à la précédente édition. Les responsables gouvernementaux et les dirigeants d’entreprises ayant participé à l’exposition se sont dits enthousiastes vis-à-vis de l’exploration des opportunités potentielles dans différents secteurs, incluant l’agriculture et l’énergie.
Selon eux, cette plateforme aide à développer les relations commerciales entre la Chine et les pays d’Afrique, facilite les échanges et stimule une croissance mutuelle. Solomon Telila, l’ambassadeur d’Ethiopie à Beijing, a déclaré que la Chine dispose d’avantages notables dans les domaines des nouvelles énergies et a une expertise pour assister les nations africaines dans l’établissement de divers projets d’énergies renouvelables, incluant les centrales photovoltaïques, les fermes éoliennes et les initiatives hydroélectriques. « Ces projets collaboratifs ont le potentiel de renforcer la qualité de vie de la population en Afrique, tout en contribuant à la sécurité énergétique du continent », a-t-il souligné.
Simplex Banda, le ministre du Commerce et de l’industrie du Malawi, partage cet avis : « Le Malawi accorde la priorité aux nouvelles énergies et aux secteurs de l’exploitation minière pour les investissements. L’énergie propre a fait l’objet d’une attention soutenue, car le gouvernement vise à faire progresser la transformation énergétique vers des sources durables. […] Notre gouvernement est également particulièrement intéressé par l’assistance des entreprises chinoises pour faciliter le développement de l’industrie locale du voyage. »
Zhou Xiaoyan, la vice-présidente du Conseil de Chine pour la promotion de l’investissement international, note qu’en tirant parti de leurs forces et de leurs ressources respectives, la Chine et les pays d’Afrique peuvent favoriser une plus grande intégration dans les secteurs clés, comme la production manufacturière, l’agriculture, les infrastructures et la technologie. Selon elle, une telle intégration peut engendrer une augmentation de la productivité, une amélioration de l’efficacité et un renforcement de la compétitivité pour les entreprises opérant dans les deux parties. « Ces mesures aideront également les économies africaines à réduire leur vulnérabilité aux chocs externes et à renforcer leur résilience », souligne-t-elle. Sur les cinq premiers mois de cette année, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont augmenté de plus de 16 % en glissement annuel pour atteindre les 822,32 milliards de yuans (104,3 milliards d’euros), indiquent les données de l’Administration générale des douanes (AGD) de Chine.
Chronique : Comment être exempté des polluants éternels ou PFAS en Afrique

L’industrie, dont les effluents comportent des PFAS ou substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyliques, appelées polluants éternels et qui ne se dégradent jamais dans l’environnement, est à bannir en Afrique. Dans les pays, encore sous-industrialisés, il existe une alternative pour s’épargner de tels produits chimiques qui malheureusement se trouvent dans peintures, batteries de véhicules électriques, etc.
Eviter les polluants éternels ou PFAS et réduire leur impact sur l’environnement, nécessite un certain nombre de mesures. Il est d’abord utile d’opter pour une consommation responsable en réduisant la quantité de déchets produits. En réutilisant les objets autant que possible et en recyclant correctement les matériaux, il est possible de réduire la demande de nouvelles matières premières et à limiter la production de polluants éternels associés à la fabrication de nouveaux produits. Une autre alternative est à trouver dans l’emploi de produits et des matériaux durables qui sont conçus pour être moins nocifs pour l’environnement. Des produits électroniques, sans retardateurs de flamme bromés, des produits de nettoyage et des cosmétiques sans substances chimiques nocives, et des matériaux de construction respectueux de l’environnement, feraient l’affaire.
Favoriser des sources d’énergie propres
Aussi, en s’orientant vers une industrie qui réduit la dépendance aux combustibles fossiles, en utilisant des sources d’énergie propres et renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne, on arrive à réduire les émissions de polluants éternels, provenant de la combustion de combustibles fossiles. Un choix porté sur des aliments biologiques, cultivés sans l’utilisation de pesticides et d’herbicides chimiques persistants, ajouté au soutien d’agriculteurs qui utilisent des pratiques agricoles durables, telles que la rotation des cultures, la conservation des sols et la gestion intégrée des ravageurs, est une mesure pour atténuer ces PFAS. A cela faudra ajouter le soutien de politiques environnementales et réglementations qui visent à réduire l’utilisation de polluants éternels et la promotion des pratiques industrielles plus durables. Il est important de noter que la réduction des polluants éternels nécessite des efforts collectifs à tous les niveaux, y compris les gouvernements, les industries et le citoyen lambda. En travaillant ensemble, ils peuvent contribuer à un environnement plus propre et plus durable. Une vaste campagne d’information et de sensibilisation sur les polluants éternels, leurs sources et leurs effets sur l’environnement à l’importance de réduire l’utilisation de ces substances et de promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement.
Là où le bât blesse
Les polluants éternels ou polluants persistants sont généralement produits par diverses industries et activités humaines. L’industrie chimique produit de nombreuses substances chimiques synthétiques qui peuvent être persistantes dans l’environnement. Cela inclut des produits chimiques, tels que les polychlorobiphényles (PCB), les dioxines et les furanes. A partir de matières premières pétrolières, l’industrie pétrochimique produit des produits chimiques, dont certains, tels que les polybromodiphényléthers (PBDE), utilisés comme retardateurs de flamme, peuvent être persistants dans l’environnement.Les industries minière, électronique ou encore agricole produisent des effluents contenant des substances chimiques persistantes dans l’environnement. Respectivement, l’extraction de métaux tels que le mercure, le plomb et le cadmium peut produire des polluants éternels, la fabrication et l’élimination des produits électroniques peuvent entraîner la libération de substances chimiques persistantes, tandis que l’utilisation de pesticides et d’herbicides persistants (pesticides organochlorés, tels que le DDT) dans l’agriculture peut produire les mêmes dégâts. Vivement des réglementations environnementales et autres pratiques de gestion des déchets et des progrès technologiques pour réduire la production et l’impact des polluants éternels dans divers secteurs industriels, à défaut de s’en passer par une autre industrie qui pourtant pèse plusieurs milliards de dollars. Il faut être conscient qu’en l’absence de décarbonation, si le secteur secondaire croit au même rythme que le PIB en Afrique, il atteindrait environ 830 Mt éq CO2 d’ici 2050.
















