lundi 23 février 2026
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Mali : le FMI salue la résilience du pays et l’exhorte à maintenir les échéances électorales

Selon les premières appréciations qui feront par la suite l'objet d'un rapport qui sera soumis à l'appréciation du Conseil d'administration du Fonds d'ici la fin de l'année, les perspectives économiques sont de bon augure pour l'économie malienne qui a relativement bien résisté malgré les multiples chocs subis depuis 2020, notamment les coups d’État de 2020 et 2021, les sanctions et la crise du coût de la vie à la suite de la guerre en Ukraine.

Après plusieurs rounds de consultations, les services du FMI viennent d’achever leur mission de l’année 2023 pour le Mali. Selon les conclusions préliminaires, malgré les multiples chocs subis, l’économie malienne a relativement bien résisté avec une croissance économique supérieure à 3 % en 2021 et à 3,7 % en 2022. En dépit de la persistance de ces chocs notamment l’absence de l’appui budgétaire extérieur et les limites aux possibilités de financement en raison de la situation politique auxquelles s’ajoutent la dégradation continue de la situation sécuritaire et de l’insécurité alimentaire, la croissance devrait remonter à 5% pour les deux prochaines années selon le FMI qui la conditionne toutefois, à la tenue des élections dans les délais prévues c’est à dire en 2024.

C’est au terme de plusieurs consultations entamées l’année dernière et qui ont été accélérées lors des Assemblées générales d’octobre 2022 puis de la mission conduite par le guinéen Facinet Sylla en février dernier à Bamako suivie d’une autre en virtuel du 6 au 17 mars dernier sous la direction de Wenjie Chen que les services du FMI ont rendu public leurs conclusions préliminaires dans un communiqué en date du vendredi 24 mars 2023. Selon les premières appréciations qui feront par la suite l’objet d’un rapport qui sera soumis à l’appréciation du Conseil d’administration du Fonds d’ici la fin de l’année, les perspectives économiques sont de bon augure pour l’économie malienne qui a relativement bien résisté malgré les multiples chocs subis depuis 2020, notamment les coups d’État de 2020 et 2021, les sanctions et la crise du coût de la vie à la suite de la guerre en Ukraine. Par ailleurs, la mission a noté que la population malienne reste toutefois confrontée à une forte insécurité alimentaire tandis que le pays fait face à de graves problèmes de sécurité intérieure. Aussi, l’absence d’appui budgétaire extérieur et le resserrement des conditions financières limitent les possibilités de financement du Mali, alors que les pressions sur les dépenses ne faiblissent pas, en particulier en matière de sécurité et de masse salariale. Selon les services du FMI, la réduction du déficit budgétaire avec l’objectif de se rapprocher plus rapidement du plafond de 3 % du PIB de déficit budgétaire fixé par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) contribuerait à garantir la viabilité de la dette et à faciliter le financement de l’endettement.

Des perspectives favorables mais sujettes à des risques considérables

A l’issue de la dernière séquence des consultations  au cours desquelles la mission a eu des échanges constructifs avec divers homologues, y compris le gouvernement et le secteur privé, sur les perspectives et les risques économiques, les progrès en matière de réforme, les défis et politiques économiques, la Chef de mission, Wenjie Chen, a déclaré que bien que l’économie malienne a subi de multiples chocs depuis 2020, elle a cependant relativement bien résisté, avec une croissance économique supérieure à 3 % en 2021 et à 3,7 % en 2022 alors que le pays est toujours confronté à de graves problèmes de sécurité avec une incidence directe sur l’insécurité alimentaire.

 » Le déficit budgétaire de l’État, qui se situe juste en dessous de 5 % du PIB en 2022, reflète une augmentation rapide des dépenses de sécurité, des salaires de la fonction publique et de la facture des intérêts. Conjointement, ces postes consomment près de 80 % des recettes budgétaires et risquent d’évincer les dépenses favorables à la croissance, notamment dans les domaines de la protection sociale et des investissements. L’absence d’appui budgétaire extérieur, conjuguée au durcissement des conditions de financement dû au resserrement de la politique monétaire mondiale, a entraîné une augmentation du coût du financement. Les sources de financement, quant à elles, s’amenuisent », a-t-elle ajouté.

Selon la mission, « les perspectives à court terme restent positives, mais sujettes à des risques baissiers considérables ». Ainsi, la croissance du PIB réel devrait remonter à plus de 5 % en 2023 et 2024 grâce à une robuste production agricole et aurifère. « Cette prévision repose sur la tenue d’élections en 2024, qui devrait permettre de mobiliser à nouveau des appuis budgétaires extérieurs et attirer les investissements étrangers », a indiqué le FMI dans les conclusions préliminaires de ses consultations. Toutefois, tempère la même source, les risques sont plutôt défavorables et comprennent une détérioration de la situation en matière de sécurité, des retards potentiels dans les élections, la volatilité des prix internationaux des matières premières, le resserrement des conditions financières mondiales et les risques liés au climat.  « Parallèlement, les réserves budgétaires et extérieures ont diminué, fragilisant le Mali face à une nouvelle détérioration des conditions de financement », relève l’institution qui fait cas, par exemple, d’un durcissement des modalités de refinancement bancaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de faibles taux de souscription pour les émissions de dette régionale du gouvernement malien fin 2022 et au cours des premiers mois de 2023.

Des mesures essentielles et des réformes structurelles pour renforcer la résilience

Par conséquent, a estimé la mission du FMI, la réduction du  déficit budgétaire à court terme et le rapprochement du plafond de 3 % fixé par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) revêtent une plus grande urgence. Un objectif majeur est celui d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures et pour ce qui concerne les mesures essentielles à court terme, elles portent sur l’élimination de diverses exonérations fiscales et l’expansion de la fiscalité numérique. Sur le plan des dépenses, la mission du Fonds recommande la restriction de l’augmentation de la masse salariale du secteur public qui sera la mesure la plus importante. Aussi, est-il conseillé aux autorités, il conviendra également de supprimer progressivement les subventions et les transferts non ciblés et de redéfinir les priorités en matière de transferts sociaux afin de cibler les ménages les plus vulnérables. « L’efficacité des dépenses publiques devra également être améliorée grâce à une gestion plus rigoureuse de la trésorerie et à des contrôles plus stricts des engagements », a aussi plaidé le FMI.

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La mission du FMI préconise aussi « le renforcement de la gouvernance et l’intensification de la lutte contre la corruption seront essentiels pour favoriser les perspectives de croissance à moyen terme ». Parmi les mesures indispensables figurent  également le renforcement des rôles des organes judiciaires et de poursuite en matière d’enquête sur des faits de corruption, et l’amélioration de la transparence des marchés publics et de l’industrie minière.  

« Les politiques de lutte contre le changement climatique seront également importantes, de même que les réformes des secteurs de l’éducation et de la santé, telles que la création d’opportunités de formation professionnelle, la promotion de la participation des femmes au marché du travail et la recherche d’une plus grande équité entre les hommes et les femmes », a enfin recommandé le Fonds.

Il faut noter qu’au cours des consultations, l’équipe du FMI a rencontré le ministre des Finances, M. Alousséni Sanou, le directeur par intérim de la BCEAO à Bamako, M. Barema Bocoum, les directeurs et des membres du personnel des principaux ministères et organismes publics, des partenaires au développement ainsi le secteur privé. Ces échanges s’ajoutent à ceux déjà menées en amont par la précédente du FMI avec les autorités de transition notamment le Premier ministre M. Choguel Kokala Maiga. Des rencontres au cours desquels, la mission du FMI a tenu à saluer la résilience du Mali, « un pays confronté à une situation à la fois complexe et difficile » comme l’a expliqué le le ministre de l’Économie et des Finances, M. Alousseni Sanoun qui a imputé cette résilience de l’économie malienne  aux résultats des réformes opérées par le gouvernement malien sous la houlette du Président de la Transition, le colonel Assimi Goita.

Le Tchad nationalise tous les actifs d’Exxon Mobil

Sur le fond, le Tchad a rejeté l’accord de vente finalisé par la compagnie pétrolière car il estime qu’il viole les prérogatives légales reconnues à la société publique du pétrole du Tchad (SHT).

Nouvelle escalade dans le dossier qui oppose l’Etat Tchadien à la compagnie pétrolière américaine Exxon Mobil. Le pays opposé à la cessation des actifs de la major pétrolière et gazière à la junior britannique Savannah Energy a annoncé la nationalisation de tous les actifs détenus par le groupe.

Le Tchad a nationalisé tous les actifs et droits, y compris les permis d’hydrocarbures et les autorisations d’exploration et de production, qui appartenaient à une filiale d’Exxon Mobil, a déclaré le 23 mars le ministère Tchadien de l’énergie et des hydrocarbures dans un communiqué. En effet, depuis quelques mois, la junior britannique Savannah Energy essaye de ne pas perdre pied au Tchad, où les tribunaux multiplient les décisions bloquant son rachat des actifs d’ExxonMobil. Exxon Mobil a déclaré en décembre qu’elle avait conclu la vente de ses opérations au Tchad et au Cameroun à Savannah Energy cotée à Londres, dans le cadre d’un accord de 407 millions de dollars. Mais le gouvernement tchadien a contesté l’accord, affirmant que les conditions finales étaient différentes de celles présentées par ExxonMobil. Il avait évoqué la possibilité de demander aux tribunaux de bloquer l’achat par Savannah des actifs d’Exxon dans le pays et de prendre de nouvelles mesures pour protéger ses intérêts. Les actifs d’Exxon comprennent une participation de 40 % dans le projet pétrolier Doba au Tchad, qui comprend sept champs pétrolifères en production avec une production combinée de 28 000 barils par jour. Il inclut également les actifs d’Exxon dans le pipeline Tchad / Cameroun de plus de 1 000 kilomètres (621 milles) reliant le pays enclavé à la côte atlantique du golfe de Guinée par lequel son brut est exporté.

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Sur le fond, le Tchad a rejeté l’accord de vente finalisé par la compagnie pétrolière car il estime qu’il viole les prérogatives légales reconnues à la société publique du pétrole du Tchad (SHT), notamment son droit de préemption qu’elle n’a pas encore exercé. L’Etat tchadien reproche également aux parties prenantes de n’avoir pas respecté certaines des clauses signalées comme « déterminantes » pour donner son approbation à la conclusion de la vente. Lesquelles sont inscrites dans la convention de recherches, d’exploitation et de transport des hydrocarbures, signée en 1988 avec les sociétés engagées sur le périmètre de Doba. Ceci aura pour effet d’interrompre la cession et, éventuellement, de relancer les échanges sur le projet de vente. L’accord pour l’exploitation du périmètre est valable jusqu’en 2050 estiment les autorités tchadiennes.

Elliot Lee : STEM-STEAM, ces concepts révolutionnent la formation et les Ressources Humaines

Elliot Lee est consultant spécialiste des ressources humaines. Il est Directeur associé de LOF. Un cabinet de conseil et de formation basé à Singapour depuis 2005. (Crédit : Dr).

Le développement des nouvelles technologies a bouleversé le marché de l’emploi en quête de profils qui maitrisent les outils et compétences du 21eme siècle. Un besoin à l’origine du concept STEM acronyme anglophone de Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques, intégrant la formation et la gestion des ressources humaines. La notion – qui peut être vecteur de développement durable dans les régions défavorisées – a été améliorée avec les STEAM qui intègrent en plus l’art. De nouvelles idées au cœur du monde de l’éducation et de la formation que Elliot Lee, consultant et Directeur associé de LOF basé à Singapour a décortiqué lors de son intervention dans les HR Insights Séries organisées la semaine dernière par Icubefarm – sous le thème « Capacités durables pour les gestionnaires des ressources humaines et les RH ».

Le développement des nouvelles technologies, l’évolution de la demande du marché de l’emploi a fait émerger le concept STEM (Technologie, Ingénierie et Mathématiques) pour optimiser la formation et la gestion des ressources humaines. Selon Elliot Lee spécialiste des ressources humaines et Directeur associé de LOF, le terme renvoie aux domaines d’études et de carrières qui impliquent l’utilisation de ces quatre disciplines pour résoudre des problèmes, créer de nouveaux produits et technologies et explorer naturellement le monde du travail. Plus complet, les STEAM (Science, technologie, ingénierie, arts et mathématiques) est une approche pédagogique qui intègre l’apprentissage interdisciplinaires dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques. Elle intègre ces matières dans une expérience éducative qui prépare les étudiants aux défis du 21e siècle. Le « A » dans STEAM représente les arts, ajoutés à l’acronyme original STEM pour reconnaître leur rôle dans la promotion de la créativité, de l’innovation et de la pensée conceptuelle.

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Comment tirer profit des STEM-STEAM dans la formation et la gestion des ressources humaines ?

Pour Elliot Lee qui a une longue expérience dans la gestion des ressources humaines, les carrières dans le futur répondront aux compétences du 21e siècle – esprit critique, créativité, sensibilité culturelle, collaboration et résolution de problèmes. « On prévoit que les futurs travailleurs consacreront deux fois plus de temps à des tâches professionnelles exigeant des connaissances scientifiques, Mathématiques et pensées critiques par rapport à maintenant », a-t-il déclaré, reprenant la position du département d’éducation australien sur le sujet. Pour lui, les notions de STEM-STEAM renvoient aussi aux capacités et compétences. Il définit la capacité comme le potentiel requis pour comprendre, expérimenter ou faire quelque chose dans son environnement quotidien. Elliot Lee a assimilé la compétence à une constellation d’aptitudes, d’attitudes, de connaissances, de compréhension, pour soutenir à la fois la pose et la résolution de problèmes

Comment l’Afrique peut-elle s’approprier les concepts STEM- STEAM ?

L’enseignement des STEM -STEAM en Afrique ouvre des perspectives dans le domaine de l’emploi et de la formation. Il permet aux jeunes de se doter des compétences et des connaissances nécessaires pour être compétitifs dans une économie mondiale en évolution rapide. Aussi l’éducation et les carrières intégrant les STEM-STEAM peuvent stimuler l’innovation et la croissance économique en Afrique, essentielles au développement durable. Les STEM-STEAM peuvent en effet jouer un rôle important dans la résolution des défis les plus urgents de l’Afrique, tels que le changement climatique, les soins de santé et le développement des infrastructures. Conscients des opportunités qu’ils offrent, plusieurs organisations du continent travaillent à promouvoir l’enseignement des STEM en Afrique, notamment l’Institut africain des sciences mathématiques, le Next Einstein Forum ou encore l’Académie africaine des sciences.

Kenya : Meta groupe visé par une procédure judiciaire pour licenciement abusif

Le mois dernier, Meta a déposé un recours au Kenya pour contester une décision selon laquelle il pourrait être poursuivi dans le cadre d'un procès distinct intenté par un modérateur pour de prétendues mauvaises conditions de travail, même s'il n'a aucune présence officielle dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Au Kenya des modérateurs de contenus ont entamé des poursuites contre Meta pour « antisyndicalisme » présumé. Des telles poursuites judiciaires sont susceptibles d’avoir des implications sur la façon dont Meta fonctionne avec ses collaborateurs modérateurs de contenus dans le monde.

Des modérateurs de contenus de Facebook au Kenya poursuivent la société mère du site de médias sociaux Meta et deux entreprises de sous-traitance pour licenciement illégal, a déclaré un groupe de défense des droits des plaignants. Ces derniers au nombre de 43 candidats dénoncent la perte de leur emploi chez Sama, une entreprise basée au Kenya chargée de modérer le contenu de Facebook, pour avoir mis en place un syndicat. Le groupe dénonce une mise en quarantaine et le fichage dans une liste noire de sorte que ses membres ne peuvent plus postuler aux mêmes postes dans une autre société d’externalisation, Majorel, après que Facebook ait changé de prestataire. Le mois dernier, Meta a déposé un recours au Kenya pour contester une décision selon laquelle il pourrait être poursuivi dans le cadre d’un procès distinct intenté par un modérateur pour de prétendues mauvaises conditions de travail, même s’il n’a aucune présence officielle dans ce pays d’Afrique de l’Est.

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Les poursuites judiciaires sont susceptibles d’avoir des implications sur la façon dont Meta fonctionne avec les modérateurs de contenu dans le monde. La société américaine travaille avec des milliers de modérateurs à travers le monde, chargés de réviser le contenu graphique publié sur sa plateforme.

« Il s’agit d’une opération antisyndicale déguisée en licenciement collectif. Vous ne pouvez pas simplement changer de fournisseur et dire aux recruteurs de ne pas embaucher vos travailleurs parce qu’ils sont des » fauteurs de troubles « – c’est-à-dire parce qu’ils ont la témérité de se défendre », a déclaré Cori Crider de Foxglove, un groupe de défense des droits technologiques qui soutient les plaignants.

En janvier, 260 modérateurs de contenu travaillant au centre de modération de Facebook à Nairobi ont été informés qu’ils seraient licenciés par Sama, la société d’externalisation qui gère le bureau depuis 2019, a déclaré Foxglove dans un communiqué.

Chronique : gagner impérativement le combat du conditionnement

Aussi, la chaine du froid, qui va de la ferme au consommateur final, en passant par le transport (plusieurs fois maillon), le stockage, l’agro-industrie, le supermarché… se présente comme une solution dans la valorisation, pour générer des revenus, réduire le chômage... (DR : Frisomat Africa).

Sur le continent africain, jusqu’à présent les pertes post récoltes sont estimées en millions de tonnes. Pourtant le marché mondial de l’emballage a été évalué à 1 002,48 dollars en 2021 et estime à 1 275,06 Milliards en 2027. 

Autant dans les exploitations agricoles qu’au niveau des quais de débarquement et de pêche, des fermes d’élevage laitières ou aquacoles, on continue d’enregistrer en Afrique de grandes quantités de poissons, de produits agricoles (maraichage, fruits…) qui pourrissent ou de tonnes de lait qui sont déversées à même le sol, en période de forte lactation. Des situations ubuesques, dans des pays en voie de développement. Les solutions sont à trouver dans une bonne logistique pour relier les zones de productions aux marchés et sites d’exportation, mais aussi et surtout vaincre le combat du conditionnement. Il s’agira alors de réussir l’alliance entre sécurité alimentaire et transition écologique. L’Afrique pourrait faire l’économie des errements faits ailleurs.

Mutualiser les efforts

Mettre en place, dans des partenariats public-privé, des entités maîtrisant l’emballage et le conditionnement. S’il arrive que certains Etats n’y arrivent pas à titre individuel, quitte à mutualiser les efforts pour des sites sous-régionaux. Une large concertation avec les leaders dans leurs spécialités (ressources minières, agricoles, aquatiques, de l’élevage…) est nécessaire. De tels préalables permettraient de gagner le combat du conditionnement, rompre avec un emballage colmaté avec des flacons « débrouillés » ou glanés à droite et à gauche, pour d’abord satisfaire une consommation locale, avant de trouver des débouchés ailleurs.

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Une fois qu’une telle industrie est mise en place, il se posera la problématique de l’encombrement et le gaspillage. Il sera alors impératif de mettre en place une règlementation et de nouvelles normes pour un recyclage qui privilégie le biodégradable et le compostable. Le packaging de demain peut d’ores et déjà sur les planches de startups innovantes. Il s’agira aussi de surfer sur les bonnes pratiques à travers le monde, singulièrement l’eco-emballage, un conditionnement tous azimuts et labellisé. C’est un marché vaste. A titre d’exemple, Tetra Pak a réalisé un chiffre d’affaires de 11,5 milliards € en 2021 sur 54 sites de production et 6 centres de R et D.

Maroc : investissement de 580 millions de dollars dans le secteur touristique

Il vise à attirer 17,5 millions de touristes d'ici 2026, contre 11 millions l'an dernier. Le plan contribuerait à créer 200 000 nouveaux emplois dans le secteur au cours des quatre prochaines années, a déclaré le gouvernement.

Le Maroc prévoit de dépenser 6,1 milliards de dirhams soit 580 millions de dollars jusqu’en 2026 pour développer son secteur touristique afin d’attirer plus de visiteurs, faire rentrer plus de devises et redresser un secteur décimé par la crise du Coronavirus.

Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé ce vendredi 17 mars 2023 à Rabat, la cérémonie de signature de la convention cadre de partenariat pour le déploiement de la feuille de route stratégique du secteur du tourisme 2023-2026. Le gouvernement prévoit de dépenser plus d’argent pour le marketing, de développer plus de types d’attractions pour les touristes, de moderniser les hôtels, d’en construire de nouveaux, et de former plus de personnes pour travailler dans le secteur, a déclaré le bureau du Premier ministre.

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Il vise à attirer 17,5 millions de touristes d’ici 2026, contre 11 millions l’an dernier. Le plan contribuerait à créer 200 000 nouveaux emplois dans le secteur au cours des quatre prochaines années, a déclaré le gouvernement. L’an dernier, les recettes du secteur ont plus que doublé par rapport à 2021 pour atteindre 91 milliards de dirhams, dépassant les niveaux de 2019. Dans les détails, il s’agit de développer une nouvelle logique de l’offre articulée autour de l’expérience client et structurée autour de 9 filières thématiques et 5 filières transverses. Un plan offensif est prévu pour doubler la capacité aérienne et renforcer la promotion et du marketing, avec une importance particulière accordée au digital. Autre volet mis en exergue est la diversification des produits d’animations culturelles et de loisirs avec l’émergence d’un tissu de PME dynamiques et modernes auxquels s’ajoute la mise à niveau du parc hôtelier existant et la création de nouvelles capacités hôtelières.

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Un renforcement du capital humain sera effectué via un cadre plus attractif de formation et de gestion des ressources humaines, pour améliorer la qualité du secteur et offrir de meilleures perspectives de carrière aux jeunes, précise le document officiel de la primature marocaine qui espère relancer un secteur laminé par la crise du covid19. En effet, le Maroc a accueilli 13 millions de touristes en 2019. En 2021, ce chiffre est tombé à seulement 4 millions. Les recettes touristiques se sont effondrées par rapport à 2019, passant de 80 milliards de dirhams ( 8,6 milliards de dollars) en 2019 à seulement 30 milliards de dirhams (3,2 milliards de dollars) en 2021. L’embellie constatée en 2022 ne suffit pas à couvrir les dégâts subis par le tourisme marocain pendant la crise sanitaire.

Banques : Faillites en série aux Etats-Unis, quels risques pour l’Afrique ?

L’impact sur les grands marchés de la tech africaines que sont l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Nigéria et le Kenya reste minime et circonscrit. (Crédit : Dr).

Le monde des finances est entré en abullition suite à la faillite successive de trois banques américaines en moins d’une semaine. La peur de propagation a aussitôt fait plonger les bourses européennes. La Silicon Valley Bank, l’une des banques en question est l’un des principaux bailleurs de fonds des entreprises de la Tech africaine.

First Republic Bank a annoncé qu’elle a reçu des dépôts non assurés totalisant 30 milliards de dollars ce 16 mars 2023 de Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of New York Mellon, PNC Bank, State Street, Truist et U.S. Bank. Une réaction des plus grandes banques américaines pour rassurer les marchés à la suite des trois faillites bancaires. En effet, la semaine derrière, plusieurs banques ont fait banqueroute aux États-Unis, faisant craindre un risque systémique. Il s’agit de la Silicon Valley Bank, suivie de celles de Silvergate et de First Republic Bank, plus petites, mais connues pour leurs liens privilégiés avec le milieu des cryptomonnaies.

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Ce qui a provoqué de violentes secousses dans les bourses et sur les marchés financiers en début de semaine. En Europe, la sortie de Bruno le Maire, ministre de l’Économie Français, s’est voulue rassurante en écartant tout risque de contagion en France, tout comme le président américain Joe Biden qui a annoncé que la situation est sous contrôle. Les marchés se sont néanmoins emballés, car ayant encore en tête la crise des subprimes de 2008 qui a débuté par une faillite. En Europe les experts écartent le risque de contagion sur le vieux continent et dans d’autres régions du monde comme en Afrique où l’impact est minime.

Les entreprises de la tech africaine touchées ?

En effet, les banques américaines indexées restent peu liées aux principales banques africaines, mais certaines comme la SVB sont les principaux prêteurs de startups en Afrique ou investisseurs dans la cryptomonnaie, via des investissements directs et indirects. Founders Fund, le fonds d’investissement de Peter Thiel confondateur de Paypal a été financé par SVB avant de fermer ses comptes à la banque américaine. Founders Fund a participé aux fonds levés par le groupe Waves à hauteur de 200 millions de dollars en septembre 2021. Selon nos confrères de Jeune Afrique depuis 2019, SVB Capital, branche de la banque américaine dévolue au capital-risque, a participé à six investissements directs sur le continent. Ces structures financières sont ; Sequoia, client de SVB, Y Combinator dont 30% du portefeuille serait concerné par la chute de SVB, ou encore la société marocaine Outlierz Ventures . Il y a également la Healthlane du Camerounais Alain Nteff. Son confrère Nelly Chatue-Diop fondateur de la plateforme de cryptomonnaie Ejara a bénéficié du financement de stable Circle. Ce dernier a révélé avoir 3,3 milliards de ses réserves en liquidité sur un total de 40 milliards détenues par la Silicon Valley Bank (SVB).

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Entre autres sociétés de la finance africaine liées aux banques américaines en faillite sont notamment la fintech nigériane Chipper Cash, ainsi que Beco Capital (société émiratie) qui a investi dans des entreprises de tech en Egypte comme la fintech Thndr, le transporteur Swvl, la centrale d’achat MaxAB ou le health tech Vezeeta. Au regard des imbrications entre les banques américaines en faillite et les établissements bancaires en Afrique, l’impact sur les grands marchés de la tech africaine que sont l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Nigéria et le Kenya reste minime et circonscrit. Mais la secousse a mis à jour les risques liés au financement des startups innovantes de la tech.

Intégration sous-régionale : l’exploitation du pétrole pousse le Bénin et le Niger à renforcer leur coopération économique

Trois mois avant le coup d'Etat qui l'a emporté, le Président nigérien Mohamed Bazoum a effectué, du 13 au 14 mars, une visite de travail à Cotonou qui a été l’occasion, avec son homologue béninois Patrice Talon, de renforcer la coopération économique entre les deux pays.

Le Président nigérien Mohamed Bazoum a effectué, du 13 au 14 mars, une visite de travail à Cotonou qui a été l’occasion, avec son homologue béninois Patrice Talon, de renforcer la coopération économique entre les deux pays. Principale porte d’entrée des marchandises à destination du Niger, le port autonome de Cotonou va bientôt servir de débouchée pour le pétrole brut nigérien avec la fin des travaux de construction du Pipeline d’Exportation Niger-Bénin (PENB) prévue d’ici la fin de l’année.

C’est une visite à haute teneur économique que le chef de l’Etat nigérien, à la tête d’une importante délégation composée de plusieurs ministres et surtout d’hommes d’affaires, a effectué à Cotonou, à l’invitation de son homologue Béninois Patrice Talon. Les échanges entre les deux chefs d’Etat ainsi que les sessions de travail entre les délégations des deux pays ont presque été essentiellement consacrés aux aspects relatifs au renforcement des relations économiques entre les deux voisins membres du Conseil de l’Entente, de l’UEMOA et de la Cedeao, au point d’occulter l’un des défis communs majeurs de l’heure, la situation sécuritaire inquiétante avec la multiplication des attaques terroristes au niveau du « Parc du W » que les deux pays partagent avec le Burkina Faso. A l’occasion du tête-à-tête qu’ils ont eu au Palais de la Marina puis la séance de travail élargie aux deux délégations, les Président Talon et Bazoum ont tenu à mettre en avant, « la richesse du partenariat stratégique entre les deux pays notamment dans les domaines économique et commercial » et ont réaffirmé « leur ferme volonté d’œuvrer à son renforcement au bénéfice des deux Peuples. » A cet égard, d’ailleurs, les deux chefs d’Etat  convenu d’opérationnaliser, dans les meilleurs délais possibles, la Commission mixte permanente de coopération entre les deux pays, en vue d’assurer le suivi régulier des questions d’intérêt commun, selon le communiqué publié mardi à l’issue de la visite d’Etat.

Pétrole et trafic des marchandises

 » Nos deux économies sont complémentaires. La route Cotonou-Parakou- Malanville est la route du Niger. Et nous allons conforter cela en évacuant notre pétrole par le Bénin « , a déclaré lors d’un point de presse conjoint, le Président Bazoum Mohamed du Niger qui a tenu à féliciter par la même occasion  le Président Patrice Talon pour les performances économiques remarquables réalisées au Bénin sous son impulsion au cours de ces dernières années. Le président nigérien qui n’est qu’à sa deuxième année au pouvoir a fait savoir qu’il allait s’inspirer de certaines « succes-story » du modèle béninois dans le cadre de son programme dans lequel la réalisation de pôles agro-industriels figurant en bonne place dans son programme. En ce sens, il s’est rendu au complexe de la Zone industrielle intégrée de Glo-Djigbé, à une quarantaine de kilomètres de Cotonou, une plate-forme qui a été conçue comme un accélérateur de transformation, et axée sur la création de florissantes chaînes de valeur allant de l’approvisionnement en matières premières à la fabrication et à l’exportation de produits finis.

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Le Bénin est la principale porte d’entrée pour les marchandises en destination du Niger et l’examen des voies et moyens pour permettre d’améliorer les échanges commerciaux entre les deux pays a été passé en revue par les délégations des deux pays. Des mesures ont ainsi été annoncées pour fluidifier davantage le trafic sur le corridor qui va du port de Cotonou à Niamey et les principales villes du Niger en passant par Parakou, Malanville au Bénin et Dosso au Niger. Un corridor emprunté quotidiennement par plus de 1.000 véhicules en majorité des camions de transports de marchandises. L’autre aspect important de cette visite, c’est celui de l’exportation du pétrole brut nigérien qui va passer par le Bénin. Lors de son séjour en terre béninoise, le Président Bazoum a d’ailleurs tenu à visiter les infrastructures portuaires du Port Autonome de Cotonou (PAC) et de la Station terminale du Pipeline Export Niger-Bénin (PENB), à Sèmè Kraké, sur la côte sud-est du Bénin, dont les travaux sont exécutés à près de 80% et se termineront en fin 2023. L’occasion, pour le Chef de l’Etat, de voir de visu l’état d’avancement de la construction de cette composante importante du projet du Pipeline Export, réalisé par l’entreprise chinoise West Africain Pipeline (WAPCO).

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Il faut dire que le Niger a de grandes ambitions sur la mise en service de cet oléoduc, le plus grand d’Afrique avec une longueur de près de 1900kms dont 600 sur la partie béninoise, et qui va permettre au pays de porter sa production d’or noir de 20.000 barils actuellement à 110.000 barils dès l’année prochaine.

« Le pétrole du Niger sera aussi le pétrole du Bénin. C’est une décision que nous avons prise parce que nous utilisons les routes du Bénin et, par conséquent, le pétrole du Niger devrait aussi pouvoir profiter au Bénin », a assuré le chef de l’Etat nigérien.

Il faut qu’en plus des emplois directs et indirects que la construction et l’exploitation du pipeline va créer au Bénin, les caisses du pays puissent aussi profiter avec la perception des frais, taxes et autres redevances liés au passage de l’oléoduc. Des raisons qui expliquent donc en grande partie cette nouvelle de miel entre le Bénin et le Niger qui était jadis réunis au sein de l’Organisation commune Bénin-Niger (OCBN), une organisation destinée à renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays et qui a disparu depuis des années.

Chronique : ZLECAf – une gestation compliquée

(Crédits: UA)

Une Zone de libre-échange en Afrique ne manquera pas d’atouts, tant le potentiel du continent se passe de commentaires à tous les niveaux. C’est un marché de plus de 1,2 milliard de consommateurs, 2500 milliards $ de PIB, des richesses encore inexploitées et estimées en trillons de $. ne manquera pas d’atouts, tant le potentiel du continent se passe de commentaires à tous les niveaux. C’est un marché de plus de 1,2 milliard de consommateurs, 2500 milliards $ de PIB, des richesses encore inexploitées et estimées en trillons de $. Justement, cette sous-industrialisation et un commerce interafricain toujours insignifiant- les prévisions les plus optimistes situent ce dernier à une hypothèse haute de 15%- constituent un sérieux handicap à l’opérationnalisation de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).

Certes ce grand chantier pour un marché africain unifié, qui a pour fondement l’Accord de libre-échange africain négocié par l’Union africaine (UA) et signé alors par une quarantaine de pays sur les 55 Etats membres, le 21 mars 2018 à Kigali, contraint à une suppression de 90% des droits de douane sur l’importations des marchandises, mais qui va jouer le jeu ? Il a été précédé d’intenses négociations, avant l’entrée en vigueur de l’Accord d’Adhésion officiellement le 30 mai 2019, avant la Ratification de l’Accord d’Adhésion par l’Assemblée des représentants du peuple le 22 juillet 2020. Depuis, peu pays se sont bousculés aux portes de la ratification… une hésitation, soubassement de la crainte d’une parturition avec un mort-né, ou un organe pondéré par moult mesures de sauvegarde, la poussée de droits antidumping ou encore des barrières non tarifaires. Jusqu’à présent les saisies d’exportations font légion dans les aéroports, les amendes pleuvent et quelquefois les commerçantes sont gardées à vue. Quid des voies de recours et de contraintes, en cas de violation de l’Accord ?

Sans mise à niveau, flop assuré

Il reste évident que les niveaux de développement des pays africains sont différenciés. En prélude à la mise en œuvre de la ZLECAf, une mise à niveau des économies reste fondamentale. Elle doit être financée par les Etats les plus nantis et plus avancés sur le plan industriel et déjà acquis aux normes internationaux de qualité, d’hygiène et de packaging, et des partenaires, comme la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Comment s’explique dans la plupart de pays où l’informel continue de constituer 80% du tissu économique, l’absence de tels programmes d’appui aux Accords commerciaux en Afrique (AACA), la Promotion des activités d’exportation en Afrique (PAEA) ou autres Programmes d’Appui aux Associations Professionnelles (PAAP), d’Assistance à la réinsertion et à la Garantie ? A défaut, le Sommet Extraordinaire de la ZLECAf, annoncé le 25 novembre 2022 à Niamey par Wamkele Keabetswe Mene, Secrétaire général, avec au cœur sa mise en œuvre, l’adoption du Protocole de l’Investissement, le Commerce Numérique, sera un flop de plus.

Par Daouda Mbaye

Publié pour la première fois le 10-09-2022

Chronique : Et si AIMS ciblait le Next Moumouni Forum

Le NEF, organisé tous les deux ans, est un forum de trois jours qui rassemble 500 scientifiques de renom, décideurs politiques, chefs d’entreprise, journalistes, dirigeants de la société civile et entrepreneurs, en vue de mettre en exergue les talents scientifiques. (Crédit: Dr & AI)

Créé en 2003, l’Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS), premier et plus grand réseau de centres d’excellence d’Afrique pour une formation post-universitaire innovante en sciences mathématiques, organise le Next Einstein Forum pour la détection d’innovateurs. Et si cette rencontre portait le nom d’un savant africain…

La mayonnaise prend du temps à prendre. Depuis que l’Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS) existe, il y a 20 ans de cela, néanmoins le secteur industriel tarde à décoller comme il se doit, par endroits, en Afrique. Pourtant, AIMS ambitionne de permettre à la jeunesse africaine de façonner l’avenir du continent, grâce à l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), à l’engagement du public et à la recherche. Il ne s’agit certes pas d’une course de vitesse, mais l’essai est loin d’être transformé. Les causes proviendraient d’un manque de passerelles avec le local, d’accompagnements financiers, etc. Jusqu’à présent, il existe cinq centres d’excellence en Afrique du Sud, au Sénégal, au Ghana, au Cameroun et au Rwanda.

A lire aussi : UNESCO – Rapport mondial de suivi de l’éducation 2021-2022 :  Quel rôle pour le privé ?

Next Einstein Forum (NEF) est une initiative de l’AIMS en partenariat avec la Fondation Robert Bosch. Le NEF met l’accent sur le rassemblement des innovateurs africains en vue mettre en exergue les découvertes importantes et de catalyser la collaboration scientifique pour le développement humain. Le but de cette plateforme est d’identifier le prochain Einstein en Afrique, tel que l’annonça Neil Turok, fondateur de l’AIMS, alors qu’il recevait le Prix TED 2008. A mon sens, c’est là où le bât blesse. Turok a une bonne volonté. Pour la petite histoire, il est originaire d’Afrique du Sud, d’où il s’exila pour Londres, pendant l’Apartheid que combattait ses parents… Il ignorait peut-être qui étaient le Sénégalais Cheikh Anta Diop , le Nigérien Abdou Moumouni Dioffo (1929-1991) … Je parle du premier Agrégé de Sciences Physiques de l’Afrique francophone et qui fut l’un des grands spécialistes des énergies alternatives, notamment l’énergie solaire. Il est notamment connu pour son célèbre livre, intitulé « L’éducation en Afrique », publié chez Maspéro en 1964 à Paris. 

Un impact plus efficient si …

Le NEF, organisé tous les deux ans, est un forum de trois jours qui rassemble 500 scientifiques de renom, décideurs politiques, chefs d’entreprise, journalistes, dirigeants de la société civile et entrepreneurs, en vue de mettre en exergue les talents scientifiques et de proposer des solutions qui permettent de promouvoir les découvertes mondiales. Aussi, il met l’accent sur l’impact durable à travers combler les écarts entre la science en Afrique et dans le monde, contribuer à la transformation des idées en action, plaider pour la science en Afrique et pour une politique scientifique bien pensée, et renforcer la communauté scientifique. Je suis persuadé que son impact serait plus efficient s’il s’appelait NMF pour Next Moumouni Forum ou Next Cheikh Anta Forum…

Mais qui est Abdou Mounoumi ?

Abdou Moumouni Dioffo, qui a donné son nom à l’université de Niamey, est un savant nigérien. Dans le prologue de la biographie du savant, écrite par Salamatou Doudou et parue en 2018 aux Editions Sciences et Bien commun, j’ai relevé pour vous Abdou Moumouni, qui ne parlait pas beaucoup, disait ceci, peu de temps avant sa mort, dans une allocution prononcée à Niamey le 5 mai 1988, à l’occasion de la présentation officielle du Diplôme et de la Médaille d’or qui lui a été décernée par l’Organisation mondiale de la Propriété Intellectuelle :

« Mesdames, Messieurs,

Comme il est de tradition en pareilles circonstances, vous me permettrez de développer et exposer quelques réflexions qui me sont chères.

La première, découlant de l’expérience que j’ai vécue, est que nul n’est prophète en son pays, et qu’il est fondamental dans la vie d’un homme de s’attacher à un idéal et une vision de l’avenir de son pays, et plus généralement de l’humanité entière, plutôt que de se cantonner à une courte vue basée sur des calculs souvent sordides et conduits au jour le jour.

La deuxième est que seul le travail paie, et peut permettre de léguer un héritage à la postérité, et peut être un exemple à ceux qui nous suivent. Sur ce plan, comme j’aime à le dire à mes étudiants, la pensée d’Ibsen me semble d’actualité : Homme de la plaine, pourquoi grimpes-tu sur la montagne ? Parce que je ne découvre la beauté de la plaine que du haut des sommets.

La troisième est que le travail ne vaut et n’est valorisé que s’il est conduit en équipe et avec un esprit d’équipe que peut-être les partenaires, dans le feu et les exigences de l’action, ne saisissent pas clairement, mais que le chef (puisque chef il doit y avoir) doit, lui, avoir constamment en vue. Et c’est peut-être le contexte adéquat pour rappeler “qu’il y a bien des sots, mais pas de sot métier ».

De tels propos, transparaît tout ce qui peut faciliter le passage des idées au produit ou service fini, en passant par le prototype ou le MVP (Minimum Viable Product), et par conséquent l’industrialisation. Une condition sine qua non est que le créateur ou l’inventeur puisse souvent céder son idée aux industriels. AIMS promeut des promotions de vingtaines de scientifiques par an, sort du lot, les Shehu du Nigéria, Esrah du Darfour au Soudan, ou encore Lydia de RCA… Il reste à transformer tous ces essais.    

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