Accueil Blog Page 90

Guinée-Bissau: sanctionné aux législatives pour un bilan peu reluisant, le Président Embaló condamné à rebondir pour sauver son mandat

Le président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, tient une conférence de presse conjointe avec son homologue portugais au palais de Belém à Lisbonne lors de sa visite officielle au Portugal le 8 octobre 2020. (Photo de CARLOS COSTA / AFP)

L’annonce, le 8 juin dernier par la Commission électorale des résultats des législatives anticipées du 4 juin 2023 ont été un véritable camouflet pour le Président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo dont la coalition, le Madem G5, n’a remporté que 29 sièges contre 54 sièges sur les 102 sièges en jeu pour la coalition de l’opposition Pai-Terra Ranka. Désormais condamné à nommer un gouvernement de cohabitation, le chef de l’Etat voit ses marges de manœuvres de plus en plus réduites alors que pour beaucoup d’observateurs, sa défaite électorale s’explique en grande partie par son bilan peu reluisant notamment sur le plan économique où l’instabilité politique et surtout la chute des prix de la noix de cajou, principale source de recettes d’exportations du pays, a contrarié l’atteinte des objectifs de son ambitieux plan stratégique « Terra Banka » qu’il a dévoilée en grande pompe lors de son arrivée au pouvoir en 2020.

En mai 2022, lorsqu’il avait dissous l’Assemblée nationale déjà dominée à l’époque par le PAIGC, le principal parti de l’opposition, le chef de l’Etat bissau-guinéen avait invoqué de « divergences persistantes ne pouvant être résolues » avec le Parlement qui selon lui « un espace de guérilla politique et de complot ». Presque une année après, les résultats provisoires proclamés le 8 juin dernier par la Commission électorale indépendante des élections législatives anticipées du 8 juin dernier ont sonné comme un cinglant désaveu pour le Président Umaro Sissoco Embalo. Les électeurs se sont bien rendus aux urnes pour un scrutin qui a été qualifié par les observateurs de « libre, transparent et apaisé », une des rares fois dans le pays depuis son indépendance en 1974, et ont donné une large victoire à la coalition Pai-Terra Ranka du PAIGC qui a remporté la majorité absolue à l’Assemblée nationale avec 102 sièges. La coalition soutenant le Président, le Madem G15  n’a obtenu que 29 sièges, ce qui condamne le chef de l’Etat a nommé dans les prochains jours à nommer un Premier ministre issue des rangs de l’opposition ainsi qu’un gouvernement de cohabitation. De l’avis de plusieurs analystes avisés de la scène politique locale, cette défaite est certes imputable aux dissensions qui minent depuis quelques temps la coalition au pouvoir mais aussi et surtout, à l’incapacité du Président Embaló à résoudre le problème de la chute du prix de la noix de cajou, source importante de revenus pour la population et principal produit d’exportation et donc d’entrée de devises du pays.

Un bilan économique peu reluisant et des ambitions contrariées par des chocs internes et externes

Les résultats du scrutin législatif du 4 juin dernier s’interprètent donc comme ceux d’un vote sanction pour le Chef de l’Etat, arrivé au pouvoir en 2020 avec un ambitieux programme économique adossé à un Plan Stratégique Guinée 2025 qui vise à développer durablement les ressources naturelles renouvelables et les filières de niche. Dénommé « Terra Banka« , ce plan aux objectifs tout aussi ambitieux était destiné à impulser le progrès social dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest. Avec une population de 2 millions d’habitants et un PIB estimé à 1,6 milliards de dollars en 2021, la Guinée-Bissau présente des indicateurs socio-économiques parmi les plus faibles au monde. L’instabilité chronique que connait le pays depuis son indépendance en 1974 avec une succession de guerre civile et de coups d’Etat n’a jamais permis au pays d’amorcer véritablement son décollage socio-économique d’autant que le pays ne jouissait que de peu d’atouts favorables comparatifs.

A lire aussi : Burkina : avec la reprise des mines d’or d’Inata et de manganèse de Tambao par Afro Turk, le secteur minier retrouve des couleurs

L’arrivée au pouvoir de l’ancien général, élu en fin 2019 mais investi en février 2020, a soufflé pourtant un vent d’espoir pour le pays. Avec son Plan stratégique « Terra Banka », le nouveau pouvoir avait pour ambition de valoriser durablement les ressources naturelles renouvelables et de structurer des filières créatrices de nouvelles richesses et d’emplois. Le pays qui compte une population composée de 60% de jeunes de moins de 25 ans que le chef de l’Etat veut impliquer dans la diversification de l’économie portée principalement par le secteur piscicole, du tourisme et surtout la culture de la noix de cajou.

« Notre pays est vierge. Le seul produit que nous exportons chaque année vers l’Inde et le Viêt-Nam, et nous sommes leaders sur le segment, c’est l’anacarde. Les noix de cajou génèrent d’importants revenus pour l’Etat. Nous avons aussi l’agriculture et aussi la pêche qui sont aussi des piliers importants pour notre économie. Et il est désormais avéré que notre pays regorge de réserves pétrolières que nous n’avons certes pas encore commencé à exploiter», mettait fièrement en avant à l’époque le nouveau maître de Bissau qui rêvait alors grand pour son petit pays.

«J’ai un slogan qui dit il n’y a pas de petits Etats, il n’y a que des Etats. C’est vrai que nous sommes un pays pauvre mais je crois beaucoup en la solidarité sud-sud, mais surtout en la solidarité africaine pour me pousser», ne cessait-il de répéter dans les médias à chaque fois que l’occasion se présentait. Bien que peu résiliente face aux chocs économiques internes et externes, les perspectives de croissance du pays étaient alors des plus favorables. Malheureusement, les démons du passé ont ressurgit quelques mois après l’arrivée au pouvoir d’Umaro Sissoco Embaló, avant que des vents contraires ne viennent assombrir les perspectives de relance économique qui se profilait pour le pays. Les dissensions politiques ont refait surface au sein même de la coalition puis portées au Parlement que le Chef de l’Etat a fini par dissoudre en mai 2022. Quelques mois auparavant, en février de la même année, une tentative de coup d’état a été déjouée de justesse à Bissau, la capitale du pays. Ces tensions politiques sont venues exacerbées des fragilités économiques  engendrées par des chocs externes avec les effets néfastes de la pandémie de la Covid-19 dès la première année de pouvoir du Président Embaló. Le pays qui exportait habituellement entre 200 .000  et 230.000 tonnes chaque année a vu sa production chuté à 160.000 en 2020, en raison de la crise sanitaire qui sévissait chez son principal acheteur, l’Inde, aux prises avec la pandémie du Covid-19. Comme un malheur qui n’arrive jamais seul, en pleins préparatifs des législatives anticipées, la guerre en Ukraine est venue amplifiée ces chocs. L’inflation s’est ainsi renforcer, atteignant 4,1 % en 2022, avant de redescendre à 3,2 % en 2023, en raison notamment de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires consécutive à la guerre russo-ukrainienne. La variabilité du prix de l’anacarde sur le marché, la persistance de l’instabilité politique ainsi que l’insolvabilité des entreprises publiques présentent aussi des risques majeurs sur les prévisions  de croissance de la Guinée Bissau et le gouvernement a dû faire recours au FMI pour faire face à la multiplication des chocs.

A lire aussi : Accord tripartie entre le Mali, le Burkina Faso, la Guinée pour le commerce et les infrastructures

Fin janvier 2023, le FMI est venu à la rescousse de l’ancienne colonie portugaise avec un plan triennal de réformes économique adossé à une aide financière de 38,4 millions de dollars. Le programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) visait à améliorer la gestion des ressources budgétaires et des investissements publics, à accroître la transparence, mais aussi à bonifier les secteurs de l’éducation et de la santé, tout en réduisant la pauvreté. Concrètement, l’objectif visé selon les termes du programme convenu entre le gouvernement bissau-guinéen et le Fonds Monétaire international visait « la mobilisation des recettes, la rationalisation des dépenses, l’atténuation des risques budgétaires et des emprunts prudents devraient permettre de  réduire, à moyen terme, le déficit et la dette national) conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)». La Guinée-Bissau qui a été classé parmi les treize (13) pays africains présentant un «risque élevé» d’endettement dans le dernier rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), publié en avril dernier, continue de faire face aux effets persistants des pressions inflationnistes mondiales. « La croissance économique estimée s’est ralentie en 2022 pour atteindre 4,2 %. La flambée des prix des produits de base associée à la guerre en Ukraine, en particulier des denrées alimentaires et des carburants, a porté l’inflation moyenne à 7,9 % et a contribué à l’aggravation du déficit des comptes courants », a indiqué le FMI dans une note d’information publiée en mai dernier, suite au premier décaissement de près de 4 millions de dollars au titre de la FEC.  

Des ressorts économiques pour rebondir mais à quel prix pour le président Embaló?

Selon le FMI,  « le rebond de l’économie, prévu cette année, reste menacé par d’importants risques de dégradation liés aux faiblesses intérieures, à une fragilité de longue date, à la volatilité des exportations de noix de cajou et aux retombées de la guerre entre la Russie en Ukraine. Ces facteurs pourraient avoir un impact supplémentaire sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie». En dépit des fragilités, l’économie du pays s’en sort relativement mieux que certains voisins de la sous-région. Il faut dire que l’année dernière, pour soutenir les agriculteurs, notamment la culture de la noix de cajou, le gouvernement a supprimé la taxe sur les agriculteurs et abaissé plusieurs taxes sur les intermédiaires et les exportateurs. A cela s’ajoute deux projets industriels majeurs annoncés en 2022 dans le secteur et qui pourront booster la production du pays tout en permettant aux agriculteurs d’améliorer leurs revenus et aussi d’espérer plus de recettes d’exportations pour les caisses de l’Etat. Il s’agit d’abord du complexe industriel annoncé par l’entreprise indienne Beta Group pour une enveloppe de 100 millions de dollars dans la filière anacarde et ensuite, celui de la compagnie chinoise Grupo Human qui a fait part de son intention d’acheter la quasi-totalité de la récolte de noix de cajou du pays et de construire dans un second temps, des unités de traitement sur place. De quoi donner un coup de pouce à l’industrie locale d’autant que malgré la volatilité des prix sur le marché international, la production de la noix de cajou a retrouvé son rythme d’avant la pandémie de la Covid-19.

A lire aussi : Chronique : Sénégal en crise – la notation financière souveraine, toujours spéculative ou à haut risque

Des perspectives favorables et des ressorts pour rebondir avec un réajustement du Plan stratégique « Terra Banka » mais qui restent conditionnées par le maintien de la stabilité politique. Et c’est là que le pari est loin d’être gagner pour le Président  Umaro Sissoco Embaló. Au lendemain de sa défaite, il a promis de respecter le choix des électeurs en nommant le premier ministre qui sera désigné par la nouvelle majorité parlementaire.  Cette dernière qui l’attend au tournant n’entend toutefois pas lui faire de cadeaux. 

Aussitôt les résultats proclamés, Muniro Conté, le porte-parole de la coalition PAI-Terra Ranka a déclaré devant une foule en liesse au siège du PAIGC:  « nous venons de réaliser une victoire historique. La seule chose que nous demandons cette fois-ci est qu’on nous laisse gouverner le pays ».

A mi-chemin de son premier mandat, un gouvernement de cohabitation est de mauvaise augure pour le Président Embaló qui aura encore moins de marge pour mettre en œuvre son programme de réformes et de relance économique. Déjà très critiqué à l’interne pour un leadership jusque-là plus porté à l’international, l’actuel Président en exercice de la Cédéao aura fort à faire pour faire avancer des réformes majeures dans un Parlement où il n’a pas la majorité. Critiqué également pour sa très grande addiction aux réseaux sociaux, la partie qui va commencer pour cette seconde mi-temps de son premier mandat s’annonce à hauts risques pour celui qui s’est jusque-là plus fait remarquer par sa forte propension à jouer les « médiateurs » à l’international comme en attestent sa tentative de s’impliquer dans la résolution de la crise russo-ukrainienne avec des visites à Kiev et à Moscou, ou se faisant l’avocat du Président tunisien Kaïs Saïed lors de sa virulente charge contre les migrants subsahariens. Désormais, c’est chez lui qu’il est le plus attendu pour mettre de l’ordre et surtout garantir le maintien de la fragile stabilité, condition sine-quanone pour espérer rebondir sur l’échiquier politique nationale et envisager avec plus de sérénité un second probable mandat à la tête de la Guinée-Bissau.   

Egypte : l’inflation sous-jacente grimpe à 40,3% en mai, dans un pays en pleine réforme

crédit : Dr

En Egypte, l’inflation sous-jacente, qui permet de dégager une tendance de fond de l’évolution des prix, a connu une importante hausse le mois dernier. Un indice des difficultés de l’économie Egyptienne fragilisée par la dévaluation de la monnaie, des pénuries devises étrangères entre autres. Le pays qui peine à retrouver l’équilibre financière depuis les troubles de 2011 a entamé une série de réformes soutenues notamment par le FMI.

L’inflation sous-jacente annuelle en Égypte est passée à 40,3 % en mai contre 38,6 % en avril, selon les données de la banque centrale publiées dimanche et relayées par l’agence Reuters. En effet, l’inflation a fortement augmenté au cours de la dernière année en Égypte après une série de dévaluations monétaires, une pénurie prolongée de devises étrangères et des retards persistants dans l’acheminement des importations vers le pays. D’un mois à l’autre, il est passé de 1,7 % en avril à 2,9 % en mai, selon les données. L’Égypte a dévalué sa monnaie de moitié depuis mars 2022 après que les retombées de l’invasion russe de l’Ukraine ont révélé ses vulnérabilités économiques.

A lire aussi :Egypte : le français NGE annonce un accord pour la construction de 330 km de ligne à grande vitesse

Le FMI a approuvé en décembre un prêt de 3 milliards de dollars au titre du mécanisme élargi de financement pour l’Égypte, qui sera décaissé sur 46 mois. Dans son accord de décembre avec le FMI, l’Égypte a également promis de céder des actifs publics évalués à des milliards de dollars au cours des quatre prochaines années. Mais, il n’a pour l’heure effectué aucune vente majeure depuis la signature, bien que la banque centrale ait relevé ses taux d’intérêt au jour le jour de 500 points de base. Les décaissements sont soumis à huit évaluations dont la première datait de 15 mars 2023, dans un rapport des services du FMI publié en décembre.

A lire aussi : Egypte : le promoteur SODIC lorgne les actifs d’Orascom

Les chiffres de la banque centrale interviennent après que les données de l’agence de statistiques CAPMAS ont montré samedi que le taux d’inflation annuel de la consommation urbaine en Égypte en mai s’était accéléré à 32,7 % contre 30,6 % en avril, approchant un record absolu et est plus élevé que prévu par les analystes. D’un mois à l’autre, l’inflation urbaine a augmenté à 2,7 % contre 1,7 % en avril. L’économie égyptienne tente aujourd’hui de retrouver sa pleine croissance, avec un certain nombre de réformes, entamées par le président Al Sissi, à la suite de la période d’instabilité qui a suivi la révolution de 2011.

L’Egypte, une économie en pleine restructuration depuis 2011

En effet, les troubles de 2011 ainsi que les autres mouvements du printemps arabe, ont eu un impact significatif sur l’économie du pays. La période de turbulence politique et d’instabilité a entraîné une baisse de la confiance des investisseurs, une diminution des flux touristiques et une détérioration des indicateurs économiques. En 2011, le PIB égyptien a connu une contraction de 2% en raison de l’incertitude politique et des perturbations économiques. En 2012, la croissance économique a été de seulement 2,2%, bien en deçà des taux de croissance observés avant la crise. Cependant, au fil du temps, l’économie égyptienne a montré des signes de reprise. Le gouvernement a mis en œuvre des réformes économiques et structurelles visant à stimuler la croissance et à attirer les investissements étrangers. Certaines de ces réformes comprenaient la libéralisation du taux de change, la réduction des subventions aux carburants et la mise en place de mesures visant à améliorer le climat des affaires. Malgré ces progrès, l’économie égyptienne reste confrontée à des défis importants, tels que le chômage élevé, la pauvreté et des inégalités persistantes. La pandémie de COVID-19 a également eu un impact négatif sur l’économie, en raison de la baisse des activités commerciales et du tourisme international.

Chronique : Madagascar- Le Président Andry Rajoelina en France, les dessous d’une main tendue

Le Président Malgache Andry Rajoelina a rencontré ce week-end son homologue Français Emmanuel Macron à l'Elysée. (Crédit : Dr).

La grande île possède diverses ressources naturelles et de réels atouts économiques. Si sur certaines filières, elle caracole en tête, dans d’autres, des schémas laborieux ont freiné son développement. A sa tête depuis bientôt 5 ans, le Président Andry Rajoelina, ex-maire de la capitale, compte des tops mais aussi des flops. A l’Elysée ce week-end, il plancherait avec son hôte sur une coopération renforcée et surtout Win Win.

C’est un président jeune qui est à la tête de Madagascar. Andry Rajoelina est âgé à peine de 49 ans. Son élection à la magistrature suprême, le 18 janvier 2019, suscita énormément d’espoirs, tant son pays possède diverses ressources naturelles et atouts économiques qui peuvent contribuer à un essor économique réel. En dépit de son jeune âge, c’est un homme du pouvoir. Dix ans plutôt, en 2009, il avait été porté à la tête de la Haute autorité de la Transition de la République de Madagascar, après le coup de force qui déposa le président Marc Ravalomanana… Après un départ en trombe, au lendemain de ce mandat- entre autres bailleurs de fonds, le FMI a mis sur la table 292 millions $, puis 100 millions $, pour la réalisation d’infrastructures- ses efforts ont été atténués par les effets considérables de la pandémie Covid-19– qu’il renia longtemps, avant d’annoncer une médication locale (Covid Organics à base d’artémesia par IMRA) au succès surestimé- avec une contraction de l’économie de 7,1% en 2020. Dans cette perspective de développement d’infrastructures (réhabilitation des routes, autoroute sur la côte de l’océan Indien Antatanarivo-Tamatave, etc.), le Chef de l’Etat malgache compte poursuivre les investissements dans l’agriculture (canal d’irrigation de 100 km au profit des zones sud, accroissement de 25% de la production de riz…) et asseoir un tissu industriel solide pour soutenir la création de valeur ajoutée des produits et réduire les importations.

A lire aussi : Perspectives politiques 2023: une année électorale pleine d’incertitudes en Afrique [Partie II]  

Madagascar possède l’une des plus vastes zones économiques exclusives (ZEE) d’Afrique, couvrant environ 1,2 million km² dans l’océan Indien. Cela offre des possibilités pour l’exploitation durable des ressources marines, la pêche et le développement de l’aquaculture. Cette option va certainement orienter sa visite en France. Très actif sur Twitter, le Président Rajoelina a posté le 09 juin « Je remercie le Président @EmmanuelMacron pour son accueil chaleureux, son engagement en soutien aux initiatives pour appuyer l’émergence de #Madagascar. Nous renforcerons la coopération dans plusieurs domaines stratégiques, dont l’urgence climatique, en avant du Sommet, fin juin. »

L’agriculture, un pilier économique essentiel

Le pays ne manque pas d’atouts. Madagascar est connue pour sa biodiversité exceptionnelle, abritant une grande variété d’espèces endémiques. L’île possède des écosystèmes uniques, tels que les forêts tropicales, les mangroves, les récifs coralliens et les lacs, qui sont précieux du point de vue écologique et offrent des opportunités pour le tourisme écologique. Sur le volet agricole, Andry Rajoelina qui promeut la sécurité alimentaire s’appuie un potentiel avec des terres agricoles fertiles. Le pays est un important producteur et exportateur de produits agricoles, tels que la vanille (590 millions $, campagne 2021-2022), les fruits tropicaux (mangues, ananas, litchis), le café, le riz, les épices et les plantes médicinales. L’agriculture reste un pilier économique essentiel pour le pays. Aussi, Madagascar possède des ressources minérales significatives, notamment le graphite, le charbon, le nickel, le cobalt, le titane, le chrome et l’ilménite. Ces ressources minérales attirent l’investissement étranger dans l’industrie minière du pays. En termes d’énergie renouvelable, la Grande Île possède un fort potentiel, en particulier l’énergie hydroélectrique, éolienne et solaire. L’exploitation de ces sources d’énergie peut contribuer à réduire la dépendance du pays aux combustibles fossiles et à favoriser le développement économique durable. En dépit des promesses électorales, le secteur touristique, qui offre des opportunités inestimables, avec des paysages naturels exceptionnels, des plages pittoresques, des parcs nationaux, des réserves naturelles et une culture unique, gagnerait à être davantage accéléré. La tendance est certes prometteuse avec un secteur en plein essor et une source de revenus importante pour le pays, mais des programmes plus ambitieux sont à attendre.

Comment juguler une inflation rampante ?

Justement, le pays fait face à des défis économiques, tels que la pauvreté, l’insécurité politique et la faiblesse des infrastructures. La baisse des prix du carburant et de l’électricité promise en 2019 est devenue chimérique pour le premier cité. A la mi-2022, le prix du carburant à la pompe a bondi de 44%, (le litre de gasoil à 1500 Ar ou 0,36€, celui de l’essence sans plomb à 1800 Ar ou 0,44€). Quant à la production d’électricité, une gestion décriée de la JIRAMA (société malgache d’électricité et de distribution d’eau), avec des délestages récurrents, fait craindre des hausses…  L’exploitation efficace et durable de ses ressources naturelles ainsi que le développement d’industries clés sont essentiels pour stimuler la croissance économique et améliorer les conditions de vie de sa population. C’est à juste titre donc que les observateurs assurent que l’émergence économique présuppose l’accès gratuit à l’école jusqu’au Bac et au-delà, le développement de la formation professionnelle et de l’apprentissage, l’accès à l’eau potable, à une électricité continue… des utilités essentielles et non encore réalisées. Au tweet du président, un citoyen malgache, répondant au nom de Tenny répond « Je crois que vous aviez complètement oublié les Îles Eparses, vous aviez oublié tellement de choses, c’est dommage. », tandis qu’une certaine Tinah Christina, pour sa part, défend son président et note « J’apprécie personnellement vos efforts. ». Le moins qu’on l’on puisse dire est que Rajoelina a du pain sur la planche. Son jeune âge est un autre atout pour puiser dans une énergie alimentée de la révolution industrielle X.0 qui l’éloigne de quelconques influences, fussent-elles russes, françaises ou autres. C’est lui qui disait la semaine dernière à des confrères « L’Afrique ne veut pas recevoir de leçons des pays occidentaux. »

Etudes – Logistique portuaire : peu performants, comment les ports africains peuvent gagner en efficacité

L'indice CCPI qui a été mis à point par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence a comparé les performances de 348 ports à conteneurs dans le monde selon leur efficacité en mesurant le temps écoulé entre l’arrivée en rade d’un navire et son départ du poste d’amarrage, une fois l’échange de cargaison effectué. (Crédit : Dr).

Dans la dernière édition du rapport de la Banque mondiale sur l’Indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI) qui porte sur l’évaluation de près de 340 ports, les ports africains font pale figure et se classent parmi les moins performants du monde mis à part quelques exceptions qui peuvent servir de modèle. Alors que partout ailleurs, l’heure est à la reprise après les perturbations causées par la pandémie du Covid-19, de nombreux ports de la région pâtissent de la durée excessive des cycles de chargement ou de déchargement, faisant peser un risque constant de perturbation sur la chaîne logistique selon les auteurs. D’après les données du rapport, ils réussiraient à accroître la productivité et à améliorer la qualité des services en dématérialisant davantage les procédures et en modernisant les infrastructures. Des pistes qui peuvent également permettre aux pays africains d’améliorer leur performance en matière de logistique notamment portuaire.

La bonne nouvelle de cette édition 2023 de l’Indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI) et qui porte sur les données de l’année 2022, c’est qu’on assiste à  une nette amélioration des conditions opérationnelles depuis les perturbations sans précédent causées par la pandémie de COVID-19. La mauvaise, c’est que les ports africains, assez peu compétitifs, restent peu performants mis à part quelques exceptions sur le continent. L’indice CCPI qui a été mis à point par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence a comparé les performances de 348 ports à conteneurs dans le monde selon leur efficacité en mesurant le temps écoulé entre l’arrivée en rade d’un navire et son départ du poste d’amarrage, une fois l’échange de cargaison effectué. Il vise ainsi à identifier les lacunes des infrastructures portuaires commerciales et à formuler des recommandations qui profiteraient à tous les acteurs clés du commerce mondial : États, compagnies maritimes, opérateurs de ports et de terminaux, affréteurs, entreprises de logistique et consommateurs.

A lire aussi : Conjoncture: en Afrique subsaharienne, une dynamique économique au ralenti malgré un potentiel de croissance inexploité selon le dernier rapport Africa’s Pulse

Entre autres points saillants du rapport, le port chinois de Yangshan qui arrive en tête de classement, malgré la survenue de typhons et d’autres facteurs qui ont désorganisé son fonctionnement en 2022.  En dehors du port de Yangshan, le rapport indique à nouveau cette année la bonne performance des installations du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Trois ports de la région occupent les cinq premières places du classement, la deuxième revenant à Salalah (Oman), la troisième à Khalifa (Abou Dhabi) et la quatrième à Tanger Med (Maroc). Selon le rapport, les ports d’Amérique latine ont aussi progressé. En Colombie, le port de Carthagène ressort désormais à la 5e place, tandis que le port de Posorja, en Équateur, occupe le 19e rang du classement.  En Asie du Sud-Est, Tanjung Pelepas (Malaisie) se hisse au 6e rang, tandis que Cai Mep (Viet Nam) et Singapour pointent respectivement à la 12e et 18e places.  Pour l’Europe, le port d’Algésiras (Espagne) arrive en tête, à la 16e place, tandis qu’en Amérique du Nord, les deux ports les mieux classés sont Wilmington, en Caroline du Nord (44e) et le port de Virginie (52e). Le port de Berbera, à la 144e place, est le plus performant d’Afrique subsaharienne. De nombreux ports de la région pâtissent de la durée excessive des cycles de chargement ou de déchargement, faisant peser un risque constant de perturbation sur la chaîne logistique.

« Il est indispensable d’accroître la performance des ports d’Afrique pour libérer la croissance et le développement du continent. Ces ports sont autant de points d’accès vitaux pour le commerce et les échanges ; leur efficacité contribue à la sécurité alimentaire et constitue également un facteur déterminant pour le plein épanouissement économique de l’Afrique », a déclaré Martin Humphreys, économiste principal spécialisé dans les transports à la Banque mondiale.

Investissements dans les infrastructures et dématérialisation des procédures pour gagner en compétitivité

Selon le rapport, partout dans le monde, les ports continuent de récupérer leur retard et de se remettre des difficiles perturbations causées par la pandémie de Covid-19. « Les difficultés causées par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences sur le secteur se sont atténuées en 2022, une atténuation qui s’est poursuivie au début de l’année 2023. Cela s’est traduit par une amélioration de la congestion portuaire et une réduction des perturbations logistiques, qui a eu un impact positif sur la performance et le classement de certains ports », ont indiqué les auteurs du rapport pour qui, ils pourraient toutefois gagner en efficacité dans certains domaines. Et d’après les données du rapport, ces ports réussiraient à accroître la productivité et améliorer la qualité des services en dématérialisant davantage les procédures et en modernisant les infrastructures et cela leur permettrait également de réduire les émissions polluantes. Des mesures qui valent particulièrement pour les ports africains d’autant que comme l’a fait ressortir un autre rapport de la Banque mondiale sur l’Indice de performance logistique, qui mesure la capacité des pays à assurer une circulation internationale des marchandises dans des délais rapides et avec fiabilité, la numérisation des procédures s’accompagne de véritables gains de compétitivité en matière de commerce internationale.

A lire aussi : Croissance économique: de la résilience et des perspectives stables pour l’Afrique selon la BAD

Selon l’Indice CPPI, le Port de Tanger Med est classé à la 4e position du top 10 des ports à conteneurs les plus performants en Afrique en 2022. La méga-plateforme marocain, qui a progressé de deux rangs par rapport au classement 2021, confirme ainsi sa forte croissance portée par une amitieuse volonté politique qui s’est traduite par des investissements massifs  pour développer le complexe portuaire sur lequel est actuellement en train d’être érigée un quatrième terminal à conteneurs (TC4) pour une enveloppe de plus de 800 millions de dollars. De quoi accroitre les capacités du port qui se positionne également par ses performances, qui en font l’un des plus attractifs de la région et permet également de renforcer la connectivité du Maroc en matière de logistique.

Améliorer la performance portuaire pour renforcer l’attractivité logistique

Cette stratégie peut servir de modèle pour les autres places portuaires du continent afin qu’ils puissent pleinement tirer profit de la croissance attendue du commerce international.  Le défi pour les pays africains, au delà de la stratégie portuaire, c’est de pouvoir améliorer le secteur de la logistique, un véritable défi en matière d’intégration et à l’heure où des retombées sont attendues de l’ouverture du marché africain avec la Zlecaf ainsi que d’une intégration plus poussée des pays africains dans le commerce mondial. « La logistique est la pierre angulaire du commerce international, et le commerce est quant à lui un puissant moteur de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté», explique ainsi Mona Haddad, directrice mondiale pour le commerce, l’investissement et la compétitivité à la Banque mondiale, dans la dernière édition du rapport « Connecting to Compete« , publié il y a quelques semaines. L’édition 2023 de l’indice de performance logistique qui aide les pays en développement à recenser les domaines dans lesquels des améliorations peuvent être apportées pour stimuler la compétitivité, a été publiée après trois années de perturbations sans précédent des chaînes d’approvisionnement pendant la pandémie de COVID-19, au cours desquelles les délais de livraison se sont démesurément allongés. Couvrant 139 pays, l’indice  mesure la facilité avec laquelle il est possible d’établir des connexions fiables entre les chaines d’approvisionnement ainsi que les facteurs structurels qui le permettent, tels que la qualité des services logistiques, les infrastructures commerciales et de transport, et les contrôles aux frontières.

A lire aussi : INTERVIEW – Zakia Sekkat : « Poudrox, comme bien des industries marocaines, adopte une veille écologique dans toutes ses étapes de production »

En moyenne, a fait ressortir dans lequel les pays africains arrivent également dans la dernière catégorie du classement, sur l’ensemble des axes commerciaux potentiels, 44 jours s’écoulent entre le moment où un conteneur entre dans le port du pays exportateur et celui où il quitte le port de destination, avec un écart type de 10,5 jours. Pendant 60 % de ce temps le conteneur est chargé sur un navire. Selon le rapport 2023, la numérisation de bout en bout des chaines d’approvisionnement, en particulier dans les économies émergentes, permet à ces pays de réduire jusqu’à 70% les délais des opérations portuaires par rapport à ceux des économies développées. Selon les données du rapport, on observe par ailleurs une hausse de la demande en faveur de chaînes logistiques « vertes », 75 % des expéditeurs de marchandises privilégiant désormais des options respectueuses de l’environnement pour leurs exportations vers les pays à revenu élevé. « Si la majeure partie du temps est consacrée à l’expédition, les retards les plus importants se produisent dans les ports maritimes, les aéroports et les installations multimodales. Par conséquent, les politiques portant sur ces installations peuvent contribuer à améliorer la fiabilité »,a souligné Christina Wiederer, économiste senior au département Macroéconomie, commerce et investissement du Groupe de la Banque mondiale et coautrice du rapport. Ces mesures consistent notamment à améliorer les processus de dédouanement, investir dans les infrastructures, recourir aux technologies numériques et promouvoir des chaînes logistiques durables sur le plan environnemental en se tournant vers des modes de transport de marchandises à moindre intensité de carbone et des solutions d’entreposage plus économes en énergie.

Cameroun: un nouveau financement colossal de 30 milliards de dollars qui relance les inquiétudes sur l’exposition du pays aux prêts chinois

Paul Biya et Xi Jinping, le 31 août 2018 à Pékin. (Crédit : Getty Images).

Le gouvernement camerounais et le Fonds d’investissement chinois Silk Road Investment Fund ont signé la semaine dernière à Yaoundé, un mémorandum d’entente (MoU) en vertu duquel, le partenaire chinois s’engage à mobiliser 30 milliards de dollars soit près de 18.300 milliards de francs CFA pour la réalisation des projets à fort potentiel dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement du Cameroun (SND 30). Une bonne affaire pour le gouvernement certes qui va lui permettre d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie de développement mais qui expose un peu plus, et comme le passé, le pays à la dette chinoise. Cette dernière qui pèse déjà beaucoup dans son niveau d’endettement commence à inquiéter, Pékin étant depuis des années, le premier créancier de  Yaoundé.

Ce n’est pour le moment qu’un effet d’annonce avec la signature en grande pompe, le 29 mai 2023 au cabinet du Premier ministre, entre Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l’Economie, et Zhu Chunyu, le président du fonds d’investissement chinois Silk Road Investment Fund (SRIF) d’un accord qui va permettre au partenaire chinois de débloquer 30 milliards de dollars, environ 18,337 milliards de FCFA,  pour la réalisation des projets de développement au Cameroun dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND2030). Aucun autre détail de taille n’a été dévulgué et le ministre camerounais s’est borné à indiqué que la signature de cet accord est  «le début d’une démarche concertée entre les parties pour l’identification des projets à fort potentiel provenant tant du secteur public que privé ». Selon la même source, le fonds d’investissement va prochainement s’installer au Cameroun et il bénéficie du soutien de diverses banques et institutions financières chinoises de renommée notamment Eximbank China, China Development Bank et China Construction Bank.

Du financement pour la Stratégie nationale de développement (SND30)

La signature de cette convention de mobilisation de fonds constitue une bonne nouvelle pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND30) surtout en ces moments où l’accès aux financements internationaux constituent un parcours de combattant pour bien des économies en développement et notamment africains. Ce fonds a été créé par le président chinois à travers son initiative de la route de la soie pour permettre aux pays bénéficiaires de disposer de fonds pour les accompagner dans leur développement. Cet accord de financement chinois n’est qu’une partie des 88.000 milliards de FCFA dont le Cameroun a besoin pour implémenter sa Stratégie nationale de développement (SND30). Le montant initial de 30 milliards de dollars soit environ 18.337, 2  milliards de FCFA annoncé pour la réalisation des représente à lui seul plus de 21% des besoins financiers estimés dans le cadre des objectifs de la SND à l’horizon 2030 c’est à dire d’ici sept (07) ans. Un véritable coup de boost donc pour en accélérer la mise en œuvre des grands projets qui se concentrent particulièrement dans le secteur des infrastructures (31,7%),  du secteur rural (23,8%), de la santé (18,5%) et des industries et services (14,1%). A travers cette annonce, le gouvernement camerounais réussit le joli coup d’attirer dans le pays des fonds additionnels chinois dans le cadre de l’initiative « On Belt, One Road » (OBOR) ou « la route de la soie » du Président Xi Jinping. Le Silk Road Fund est, en effet,  un fond souverain lancé en 2014 par le Président chinois pour lequel Beijng avait annoncé une mise initiale de 40 milliards de dollars et qui n’a depuis, cessé de s’étendre avec des prises de participations dans des entreprises stratégiques et de grands projets d’infrastructures dans plusieurs pays.

Le spectre d’une surexposition à la dette chinoise  

Cette arrivée massive de nouveaux financements chinois relance toutefois le débat sur la très grande exposition de l’Etat du Cameroun à la dette chinoise. L’empire du milieu est d’ailleurs le premier créancier bilatérale avec un encourt qui a atteint, à fin mars 2023 et rien que pour cette année, 2.106 milliards de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), la dette du Cameroun auprès de la Chine au 1er  trimestre de l’année en cours s’élève à 2 106,5 milliards de francs CFA CFA dont 3,3 milliards  de l’Etat chinois et 2 103,4 milliards  provenant d’Eximbank China. L’enveloppe de la Chine représente de ce fait, 64,5% de la dette bilatérale établie à 3 266 milliards au cours de la période sous-revue. De manière générale, au 31 mars 2023 et selon toujours les données de la CAA,  la dette publique du Cameroun se situe à 12 203 milliards de FCFA en hausse de 5,2% en glissement annuel, ce qui représente 43,7% du PIB. Un niveau, selon la Caisse, qui est  « conforme avec les objectifs de la Stratégie d’endettement à moyen terme(SEMT) 2023-2025 qui vise entre autre à maintenir le taux d’endettement inférieur à 50% du PIB en dessous du seuil fixé dans le cadre de la convergence sous régionale (Cemac) à 70% du PIB ».

A lire aussi: Dette africaine : la Chine réfute les allégations américaines

Cependant, la première économique de l’Afrique centrale n’est pas épargnée par un risque de surendettement et surtout d’exposition à la dette chinoise, un spectre qui guette le pays depuis deux ans et que la pandémie de la Covid-19 et les autres chocs sont venus depuis amplifiés. Dans son rapport 2021 sur les perspectives économiques de l’Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) avait déjà alerté sur cette situation. La Chine détenait alors et  à elle seule, 61,3% de la dette bilatérale du Cameroun, ce qui  correspondait alors 27,4% de la dette totale du pays. Il faut dire que cette grosse dépendance du Cameroun vis-à-vis des prêts chinois est apparue au début des année 2010, avec le lancement dans le pays, dès 2012, de grands projets d’infrastructures dits structurants. notamment a construction des barrages hydroélectriques, des ponts et routes ou le port de Kribi… Des projets qui ont été en grande partie financés par la Chine, notamment la banque publique Eximbank China. L’exposition du Cameroun à la dette chinoise qui a atteint un niveau inquiétant a été tel qu’en juillet 2019, la banque chinoise a dû restructurer la dette à elle due par le pays pour desserrer l’étau des remboursements. La banque publique chinoise d’import-export a ainsi accepté de rééchelonner 70 % de la somme, intérêts non compris,  que devrait lui rembourser le Cameroun sur la période allant de juillet 2019 à mars 2022. Le Cameroun a été même placé sur la liste des pays « en situation de surendettement ou jugés à haut risque de surendettement » et avec le retour de l’appétit de plus en plus grandissants des prêts chinois, le spectre de cette surexposition dans un contexte de risque de surendettement refait encore surface pour les investisseurs et les partenaires financiers du pays.

Côte d’Ivoire : Comment les trois tours jumelles vont « sublimer » la capitale

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement touristique 2018/2025, « Sublime Côte d’Ivoire ». Dont les versants « Abidjan Business City », « Abidjan Medical City » et « Abidjan Smart City ». (Crédit : Dr).

Le ministre du Tourisme, Siandou Fofana, a signé en marge d’Africa Ceo Forum 2023, un accord avec la société ACC pour la construction de trois tours « jumelles », sur l’actuel site abritant le siège de l’Agence ivoirienne de presse (AIP) au Plateau, pour un coût de 285 millions d’euros, environ 187 milliards de francs CFA. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement touristique 2018/2025, « Sublime Côte d’Ivoire ».

Avec son programme « Sublime Côte d’Ivoire », la Côte d’Ivoire compte bien honorer son titre de « phare » d’Afrique occidentale francophone. C’est dans cette perspective qu’a été signé en début de semaine un accord portant sur la construction d’un projet immobilier et hôtelier structurant au cœur de la Cité des affaires de la capitale économique ivoirienne et qui intègre la stratégie nationale de développement touristique. Et ce, en présence du Président Alassane Ouattara et du Premier ministre Patrick Achi, en marge de l’ouverture de l’Africa Ceo Forum à Abidjan. L’événement a été marquée par la signature de trois importants accords au profit du secteur privé ivoirien. Ces trois accords portent sur un montant total de plus de 268 milliards de Francs CFA. Le troisième, notamment, un protocole d’accord, a été signé entre l’Etat de Côte d’Ivoire et la société ACC pour la construction d’un complexe immobilier formé de 3 tours dites « jumelles », sur le site abritant l’Agence Ivoirienne de Presse, d’une superficie de 13 062m2, pour un montant de 285 millions d’Euros, soit près de 187 milliards de Francs CFA.

A lire aussi : Côte d’Ivoire-Mali: après la crise politique, la coopération économique relancée

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement touristique 2018/2025, « Sublime Côte d’Ivoire ». Dont les versants « Abidjan Business City », « Abidjan Medical City » et « Abidjan Smart City » visent à renforcer le positionnement de la capitale économique ivoirienne en tant que destination touristique d’affaires, a rappelé le communiqué du ministère de la jeunesse. Il s’agit de faire de la capitale un hub du tourisme médical sous-régional et de l’établir en « ville intelligente » avec ce que cela comporte comme commodités en matière de mobilité et de connectivité. La vision étant de positionner durablement la destination touristique ivoirienne dans le Top 5 africain et de contribuer à plus de 10% de la génération de la richesse nationale, avec à la clé, une contribution à plus de 10% du vivier d’employabilité.

« Il incombe de préciser en guise de piqûre de rappel, que « Sublime Côte d’Ivoire » qui a pour ambition de faire de la Côte d’Ivoire un pays à vocation touristique, est sous-tendue par la mise en œuvre de 9 projets-phares et l’exécution de 9 réformes structurelles interministérielles et nécessite une implication importante et une prise de participation active du secteur privé », précise le communiqué.

Les Ministères du Tourisme et de la Construction, en tant que parties contractantes pour l’Etat, avec des cellules focales respectives ont planché des années durant, sous la férule du Comité national de pilotage des projets Public-privé (CNP-PPP), pour aboutir à ce dénouement avec ACC Côte d’Ivoire SAS. Cette dernière est une société de droit ivoirien, spécialisée dans l’exécution de contrats de construction, de travaux publics ou privés et de bâtiments ; la réalisation de tout type de travaux d’infrastructure, de superstructure et de bâtiments ; la fourniture de prestation en conseil, supervision, études, suivi de travaux. Et ce, après avoir jaugé les offres de plusieurs opérateurs nationaux comme internationaux ou des firmes multinationales.

A lire aussi : La Côte d’Ivoire en partenariat avec le GCA pour endiguer le changement climatique

Plus spécifiquement, le projet porte sur la conception, le financement, la réalisation, la commercialisation, la gestion et l’exploitation de trois immeubles de grande hauteur sur une emprise de 16720m² de superficie pour une aire constructible de 13062 m2, située au Plateau, à l’emplacement du siège de l’AIP. Les tours auront une hauteur différente les unes des autres et comprendront 40, 35 et 30 étages. Le projet intègrera : une clinique de première catégorie ; des commerces, un hôtel de grand luxe, des résidences et des espaces de bureaux, des parkings souterrains sur trois niveaux pour une capacité de l’ordre de 1370 emplacements. L’accord définit le périmètre d’activité à confier au partenaire privé, la répartition envisagée des investissements et les modalités de rémunération du partenaire.

Gabon – Mines : 63 ans après son indépendance, le Gabon inaugure sa première raffinerie d’or

le Président Gabonais déchu Ali Bongo Ondimba a procédé́ le 02 juin à la mise en service de la Raffinerie Gabonaise d’or ainsi qu’à l’inauguration de la Zone multimodale de Nkok. (Dr).

C’est en présence du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba que le Gabon a inauguré la Raffinerie Gabonaise de l’or et la Zone Logistique Multimodale de Nkok. L’ouvrage à une capacité de raffinage de 7 à 10 tonnes d’or par an. C’est une première pour le pays qui interdit désormais l’exportation de l’or à l’état brut et cherche à accélérer la production aurifère.

Le Gabon dispose désormais d’une raffinerie pour transformer l’or exploiter au niveau local afin de créer de la valeur ajoutée dans l’industrie minière. En effet le Président Gabonais Ali Bongo Ondimba a procédé́ le 02 juin à la mise en service de la Raffinerie Gabonaise d’or ainsi qu’à l’inauguration de la Zone multimodale de Nkok. Créée en début 2022 pour promouvoir la transformation et la valorisation sur place des matières premières produites au Gabon, la Raffinerie Gabonaise de l’or dispose d’une capacité de raffinage de 7 à 10 tonnes d’or par an. Première raffinerie d’or en Afrique centrale, cette usine a une triple vocation. Il s’agit d’abord de raffiner 100 % l’or issu de l’exploitation locale, dans l’optique de positionner le pays en hub régional dans le raffinage de l’or en Afrique centrale. Ensuite à alimenter l’industrie locale de la bijouterie en or pour créer des emplois et des produits à partir de cet or, qui seront compétitifs pour le marché local et l’exportation. Toujours dans cette politique de développement de la transformation locale des matières premières, le chef de l’Etat a aussi visité l’usine Chanta Group, spécialisée dans la production et la transformation du contreplaqué de bois. Celle-ci s’étend sur une superficie de 10 hectares et est dotée d’une capacité de transformation de 15.000 mètres cubes de grumes par an. Grâce au renforcement de 30 machines supplémentaires prévu d’ici 2024, cette usine de contreplaqué, présenté par le pays comme l’une des plus grandes sur le continent africain, devrait contribuer d’ici la fin 2023 à faire du Gabon le premier hub d’exportation en Afrique centrale dans ce domaine.

la Zone Logistique Multimodale de Nkok (ZLMN)

A cette infrastructure s’ajoute la Zone Logistique Multimodale de Nkok (ZLMN). Il s’étend sur une superficie de 15.000 mètres carrés et est dotée d’une capacité mensuelle de stockage de 2.000 conteneurs. Constituée entre autres d’un quai d’embarquement et de déchargement, d’une aire de stationnement de véhicules, de bureaux administratifs, de matériel logistique, d’infrastructures de transport routier, ferroviaire et fluvial, la ZLMN permet de fluidifier considérablement les mouvements entre les usines de Nkok et le Port d’Owendo. Elle vise également à réduire les délais d’approvisionnement et d’évacuation des produits, et ainsi d’augmenter et d’accroitre l’efficacité du transport de mm%archandises au Gabon.

L’or gabonais, un secteur embryonnaire

L’exploitation l’or au Gabon date de la période coloniale, mais à des quantités modestes comparées à d’autres pays comme le Ghana, la République centrafricaine, le Congo etc. L’or provenait surtout de divers sites d’orpaillage répartis sur l’ensemble du territoire. Mais le pays de 4 millions d’habitants a accéléré la cadence au cours de ces dernières années. Et pour booster le secteur, le Gabon a délivré en 2017, sept permis supplémentaires à quatre compagnies. Selon les chiffres de la direction générale des Douanes et des Droits indirects (DGDI), les exportations d’or gabonaise sont passées de 1,6 milliards en 2020 à 8,4 milliards de francs en 2021, soit 0,3 % du total des exportations du Gabon. Une part tout même marginale.

Chronique : Sénégal en crise – la notation financière souveraine, toujours spéculative ou à haut risque

Un rapide round up démontre que jusqu’à présent, le Sénégal, pays doté d’abondantes ressources minières, agricoles et halieutiques, présente des déficits de transaction courantes élevés, avec des besoins de financements extérieurs significatifs et une dépendance aux importations dont le corollaire est une inflation importée. (Dr).

Le Sénégal, pays d’Afrique de l’Ouest, second poumon économique de l’UEMOA-certes de taille moindre à la Côte d’Ivoire – est à la croisée des chemins. De temps à autre des agences de notation, telles que Standard & Poor’s (S&P) Global Ratings, filiale de McGraw-Hill, font l’évaluation du risque-pays. Cette année 2023, qui augurait de bien d’espoirs, est en train d’être freinée dans son élan.

L’année 2023 s’annonçait très belle… La production des hydrocarbures, pétrole et gaz, devrait être effective. Le taux de croissance annoncé devrait dépassait 10%, selon plusieurs analystes- la loi de finances, plus généreuse, attend 11,4%. Cependant, la crise politique, que traverse le pays ces derniers jours avec une économie à genoux, n’augure rien de bon. Les pertes, en vies humaines, frisent la trentaine dont beaucoup de jeunes, tandis que celles matérielles et en manque à gagner, sont estimées en centaines de milliards f CFA (20 000 Mrds f CFA/ 330 j). Un rapide round up démontre que jusqu’à présent, le Sénégal, pays doté d’abondantes ressources minières, agricoles et halieutiques, présente des déficits de transaction courantes élevés, avec des besoins de financements extérieurs significatifs et une dépendance aux importations dont le corollaire est une inflation importée.

A lire aussi : Ousmane Sonko condamné à 2 ans ferme, le Sénégal au bord du chaos

Le PIB par habitant est estimé à moins de 1700 $. Ce pays, qui comptabilise une population de 17 millions d’habitants-RGPH en cours- représente grosso modo 20% du PIB de l’UEMOA, mais seulement 4% de la CEDEAO. Des performances bien en deçà du potentiel sénégalais. En effet, la configuration économique du pays doit être prise en compte, avec un secteur l’informel à 80% dans l’économie du pays. Le tertiaire, qui tire l’économie vers le haut, face à une industrie moribonde et un secteur primaire encore extensif, peut-il fournir une évaluation précise ? Cette interrogation est d’autant plus judicieuse que la collecte de données précises et cohérentes reste essentielle pour la croissance et le développement. Une économie à l’arrêt, pendant quasiment une semaine, ne peut qu’aggraver la notation financière du Sénégal. Aujourd’hui, face à la crise politique que traverse le pays, avec un leader de l’opposition en résidence surveillée, depuis une semaine, après la sentence prononcée par la chambre criminelle du Tribunal de Dakar peut-on dire que la solvabilité du Sénégal soit relativement faible, avec un niveau de risque de crédit élevé ?

A lire aussi : Perspectives économiques 2023 : le Sénégal et le Niger vers une forte croissance tirée par les hydrocarbures

Le début d’une crise à circonscrire au plus vite Rappelons qu’outre la collecte et l’analyse des données, les agences de notation considèrent dans leurs critères d’évaluation, la surveillance continue du pays en fonction des évolutions économiques, financières et politiques. Ne perdons pas de vue que dans le contexte actuel, pour équilibrer le budget, l’Etat a émis des émissions de dettes commerciales en devises. Toutefois, cette part, à 40%, constitue une réelle menace le jour où le Sénégal adopterait un régime de change flexible. Même le respect des critères de convergence, limitant les déficits budgétaires à 3% du PIB dans l’espace sous-régionale, est devenu fort difficile. Le financement hors budget, l’appui financier à des entreprises publiques ou l’apurement d’arriérés accumulés ou encore le service de la dette, les scandales financiers successifs (Force Covid, La Poste, Prodac…) contrastent avec une nécessaire discipline budgétaire pour préserver la stabilité économique. Avec des subventions qui ont commencé à pondérer le budget, quadruplant en un an, le Sénégal a relevé, au début du mois de janviers 2023, le prix des carburants– un poste pourtant très sensible. Faute de sources fiables sur une récente notation financière d’une agence, je puis affirmer que dans un peu plus d’un mois, la 3èmeConférence annuelle Global Emerging Markets, prévue mardi 11 juillet 2023 à Londres et organisée par S&P, qui ambitionne d’être très informative sur les tendances du crédit et du marché en Asie, dans la région EMEA (Europe Middle Esat and Africa) et en Amérique latine, nous en édifiera un peu plus.

Soudan : les entreprises locales impliquées dans les combats, sanctionnées par les États-Unis

Le conflit n'est pas idéologique, mais une lutte de pouvoir pour le contrôle total de l'État et de ses ressources. Le principal point de discorde était l'accord-cadre de transition démocratique. Cet accord prévoyait l'intégration des Forces de soutien rapide (FSR) au sein de l'armée régulière (FAS). Les généraux n'ont pas pu s'entendre sur les modalités de cette intégration. Burhan voulait que l'armée soit la force dominante, Hemetti ne voulait pas perdre son autonomie et ses sources de revenus. (Crédit : DR).

Les États-Unis ont imposé jeudi des sanctions aux entreprises qu’ils accusaient d’alimenter le conflit au Soudan, intensifiant la pression sur l’armée et une force paramilitaire rivale pour qu’elles cessent les combats qui font rage à Khartoum et dans d’autres régions. Ces mesures interviennent alors que l’on assiste à une flambées des violences à Khartoum et au Darfour, poussant l’Arabie saoudite et les États-Unis à suspendent les pourparlers sur le cessez-le-feu de Djeddah.

Les Etats -Unis imposent des sanctions aux entreprises liées aux forces soudanaises alors que les combats font rage. Le département du Trésor américain a déclaré qu’il ciblait deux sociétés liées à l’armée, dont la plus grande entreprise de défense du pays, et deux sociétés liées aux Forces rivales paramilitaires de soutien rapide, dont une impliquée dans l’extraction de l’or. Le département américain promet de prendre des mesures supplémentaires si les parties continuent à détruire leur pays, a déclaré un haut responsable de l’administration américaine, à la presse sous couvert d’anonymat, selon les informations relayées par Reuters. Selon la même source, le ciblage des entreprises est loin d’être symbolique arguant que les mesures visent à étouffer l’accès des parties aux armes et aux ressources qui leur permettent de perpétuer le conflit.

A lire aussi : Soudan: la guerre des « généraux » plongent de nouveau le pays dans l’incertitude économique

Le conflit, qui a éclaté le 15 avril, a fait des centaines de morts, contraint plus de 1,6 million de personnes à fuir et transformé les trois villes qui composent la capitale autour du confluent du Nil – Khartoum, Omdurman et Bahri – en zone de guerre. Les habitants ont déclaré que des tirs d’artillerie lourde pouvaient être entendus dans le nord d’Omdurman et des tirs intermittents dans le sud de Bahri, malgré un accord pour un cessez-le-feu qui devrait durer jusqu’à samedi soir. Les affrontements se sont également poursuivis près d’un marché du sud de Khartoum, où au moins 19 personnes ont été tuées et 106 blessées mercredi, selon un membre d’un comité local de quartier.

Quid des médiations saoudiennes et américaines

Les États-Unis, aux côtés de l’Arabie saoudite, ont mené des efforts pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu effectif lors des pourparlers à Djeddah, bien que les deux parties aient rompu une série de trêves. L’Arabie saoudite et les États-Unis ont déclaré jeudi soir qu’ils suspendaient les pourparlers, un jour après que l’armée soudanaise a annoncé qu’elle mettait fin à sa participation. Les sanctions sont les premières mesures punitives imposées en vertu d’un décret signé par le président américain Joe Biden en mai. Ils ciblent la plus grande entreprise de défense du Soudan, Defence Industries System, qui, selon le Trésor, génère environ 2 milliards de dollars de revenus et fabrique des armes et d’autres équipements pour l’armée soudanaise. La société d’armement Giad, connue sous le nom de Sudan Master Technology, a également été ciblée. Du côté des RSF, Washington a imposé des sanctions à Algunade, qui, selon elle, était impliquée dans l’extraction de l’or et contrôlée par le commandant des RSF Mohamed Hamdan Dagalo et son frère, ainsi qu’à Tradive General Trading L.L.C., qui, selon elle, était une société écran contrôlée par un autre frère. Et acheté des véhicules pour les FSR, selon nos confrères de Reuters. Les entreprises, toutes essentielles aux activités commerciales et d’approvisionnement des deux forces, n’ont pas pu être jointes dans l’immédiat pour commenter. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que des restrictions de visa étaient imposées à des individus au Soudan, y compris des responsables de l’armée et des RSF et des dirigeants du gouvernement d’Omar el-Béchir, qui a été renversé il y a quatre ans. Les personnes frappées par des restrictions de visa n’ont pas été nommées.

Un sérieux risque d’embrasement

En dehors de Khartoum, des affrontements ont éclaté dans les principales villes de la région occidentale du Darfour. Un groupe régional de défense des droits a déclaré qu’au moins 50 personnes avaient été tuées la semaine dernière dans la ville la plus à l’ouest d’El Geneina, qui a été coupée des communications pendant plus de 10 jours. Dans une autre ville du Darfour, Zalingei, l’hôpital et l’université ont été pillés et des personnes ont été tuées « au hasard ». Certains responsables gouvernementaux ont déménagé dans la ville côtière de la mer Rouge contrôlée par l’armée, Port Soudan, qui est également devenue une base pour les Nations Unies, des groupes d’aide et des diplomates. Cependant, un couvre-feu a été décrété dans la ville cette semaine alors que l’armée mettait en garde contre les « cellules dormantes ». Les habitants disent que les bus ont été empêchés d’entrer dans la ville, qui est un point d’évacuation clé. À El Obeid, un centre régional au sud-ouest de Khartoum, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a signalé que de la nourriture était pillée.

« De la nourriture pour 4,4 millions de personnes est en jeu », a déclaré la chef de l’agence, Cindy McCain à Reuter.

Les dirigeants de l’armée et des RSF avaient occupé des postes de direction au sein du conseil au pouvoir du Soudan après avoir renversé Bashir en 2019. Ils se sont disputés sur la chaîne de commandement et la restructuration militaire dans le cadre d’une transition prévue vers un régime civil. Cameron Hudson, un ancien responsable américain actuellement au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, a déclaré que les sanctions auraient peu d’impact sur la capacité des parties à continuer à faire la guerre et qu’il était peu probable qu’elles soient appliquées par la Russie ou les Émirats arabes unis, qui ont des liens avec le RSF.

Chronique: Comment booster la création en Afrique ?

Le constat reste alarmant. Les budgets de la plupart des pays africains réservent une portion congrue à la R&D. N’est-il pas venue l’heure de repenser tous ces programmes autour de la recherche et l’innovation dans les facultés des universités, autres centres de recherche, écoles de formation professionnelle, écoles d’ingénieurs, entreprises… ? Nous le croyons et militons à des taux à deux chiffres- au moins 10% des investissements- singulièrement, en impliquant autant le public que le privé.

Pour avoir superviser plusieurs dizaines de pitchs de startups parmi les meilleures en Afrique et dans la diaspora, nous avons su apprécier toute la créativité. Des innovations dans des périmètres très larges, allant de la médecine à l’agriculture, en passant par les utilités (électricité, assainissement…), vaccination, process et équipements… ont été présentées. Malheureusement, aucun accompagnement dans des démarches pour breveter inventions et marques. Comment comprendre que dans un continent, où plus de 600 millions de foyers sont sans électricité, un générateur électrique autonome inventé en 2019 reste toujours à l’état de prototype ?

A titre de comparaison, le Global Innovation Index 2022 (Indice mondiale de l’innovation) révèle que la Suisse, les Etats Unis, la Suède sont en tête du classement mondial de l’innovation. Aussi, la Chine est proche du Top 10, tandis que des économies émergentes, telles que de l’Inde et de la Turquie, affichent un essor rapide et intègrent le Top 40.

Pourtant sur le portail de la propriété intellectuelle de l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) ipportal.wipo.int, guichet unique virtuel, le fait de déposer brevets, marques, dessins et modèles, indications géographiques et appellations d’origine, est facilité. Néanmoins pour le paiement, nos Etats ne mobilisent pas des ressources ou ne profitent pas de collaborations dans le cadre de partenariats bien définis avec des pays émergents, à l’image de celle du Brésil et du Japon pour développer la culture du soja au Mozambique, ou encore du Green Super Rice de la Chine avec plusieurs pays. Rappelons que 72 millions de $/an permettraient de réaliser les OMD, 3 millions de $/an de vacciner tous les enfants des pays pauvres, 10 millions de $/an de doubler les investissements dans la R&D sur l’agriculture tropicale…

Article publié le 22/11/2022

Africa leadership