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Angola : émission de dette sous forme d’obligation ESG (durable) à partir de 2024

Vera Daves de Sousa, Ministre des Finances d'Angola. (Crédit : Dr).

La prochaine émission de dette de l’Angola sera une obligation ESG ou durable, mais pas en 2023. L’information a été donnée par la ministre des Finances du pays Vera Daves de Sousa, en marge des réunions de printemps du FMI, en cours à Washington. Malmené par la crise liée au COVID-19, le pays d’Afrique australe reste prudent pour optimiser ses dettes.

La prochaine émission de dette souveraine de l’Angola sera une obligation ESG pouvant atteindre 1 milliard de dollars, a déclaré jeudi sa ministre des Finances à Reuters. Une déclaration en marge des rencontres du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington. Vera Daves de Sousa a aussi ajouté dans les colonnes de nos confrères de Reuters que le pays ne compte faire d’émission cette année. Une prudence compréhensible dans la mesure où l’Angola, ainsi que de nombreux pays africains ont essuyé des revers sur les marchés financiers internationaux. Le d’Afrique australe a émis pour la dernière fois des obligations en dollars fin 2019 pour financer ses ambitieuses réformes économiques. Mais les intérêts de ses obligations ont grimpé d’environ 30 % lors de la crise des marchés liée la pandémie COVID-19 en mars 2020.Vera Daves de Sousa a ainsi précisé que le gouvernement angolais a mis en place un cadre appropriée (qui serait publié en ce mois d’avril) à l’émission de dettes environnementales, sociales et de gouvernance.

« Nous sommes ouverts au financement des bailleurs de tout horizon ». (…) Nous savons déjà comment faire des émissions d’euro-obligations … Mais toute émission ESG sera la première pour nous, nous voulons donc commencer par le travail acharné », a ajouté la ministre qui estime que son pays doit rester prudent pour stabiliser sa dette.

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Daves de Sousa a de même déclaré que les efforts récents pour attirer de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier et gazier des membres de l’OPEP commencent à porter leurs fruits. Car la production pétrolière est en hausse. « Nous aurons une légère augmentation l’année prochaine mais toujours inférieure à 1,5 million de barils par jour, je pense. Et après cela, nous commencerons à voir une légère réduction », a-t-elle déclaré dans les colonnes de Reuters, ajoutant que la production actuelle était d’environ 1,12. millions de bpj. Au-delà de 2024, la production du pays devrait se stabiliser autour de 1 million de bpj. Le pétrole constitue l’essentiel des revenus du gouvernement angolais, et Daves de Sousa a déclaré que le pays a fixé un prix de référence de 75 dollars le baril pour calculer son budget.

Nigeria : fin des subventions aux carburants, un dossier chaud pour Bola Ahmad Tinubu

La suppression des subventions aux hydrocarbures sera donc la patate chaude que refilera l'administration Buhari à son successeur Bola Ahmad Tinubu qui entrera en fonction le 29 mai prochain. (Crédit Dr).

Annoncée depuis plusieurs années, la difficile réforme des subventions aux hydrocarbures est prévue pour entrer en vigueur dès la fin de ce premier semestre. Pour y parvenir et atténuer l’impact social de cette mesure déjà décriée au sein de l’opinion, le gouvernement fédéral compte procéder à des transferts financiers directs en faveur de 10 millions de ménages vulnérables soit plus de 50 millions de personnes considérées comme pauvres dans ce pays de près de 200 millions d’habitants. La Banque mondiale vient en ce sens d’accorder au pays une aide de 800 millions de dollars mais les nouvelles autorités vont devoir faire face à une levée de bouclier du front social bien qu’il n’a plus le choix au regard du coût de ces subventions dans le budget de l’Etat et les marges de manœuvres de plus en plus réduites pour ses finances.

Cette fois, c’est décidé et il n y aura ni marche en arrière ni période de grâce à en croire les autorités nigérianes ! Comme annoncé, en octobre dernier lors de la présentation du budget fédéral pour l’année 2023 par le Président sortant Muhammadu Buhari, la suppression des subventions aux hydrocarbures va entrer en vigueur dès la fin du semestre en cours. « Les subventions pour l’essence sont une question récurrente et controversée du débat public dans notre pays depuis le début des années 1980. Mais son impact budgétaire actuel est tel que cette politique n’est pas viable », avait alors tranché le chef de l’Etat nigérian qui avait alors présenté un budget record de 20,51 billions de nairas soit 47,4 milliards de dollars pour 2023, avec des dépenses en hausse de 18,4 % par rapport à 2022 mais des recettes en nette baisse en raison de la conjoncture économique nationale et internationale, ce qui devrait porter le déficit budgétaire à quelques 10,78 billions de nairas. Et pour acter cette mesure de suppression des subventions aux produits énergétiques, le gouvernement a inscrit dans le budget de l’année en cours, une provision de 3,36 trillions de nairas soit quelques 7,5 milliards de dollars pour le premier semestre et selon la ministre des Finances Zainab Ahmed, du Budget et de la Planification, c’est la dernière enveloppe que l’Etat fédéral va consacrée aux dépenses liées aux subventions aux hydrocarbures.  

« Le coût de la subvention du carburant était très élevé ; nous l’avons financé par des emprunts  mais cette politique de subvention est devenue insoutenable », a expliqué la ministre Zainab Ahmed.

Cette dernière ne cesse depuis, de mettre en avant la pression qu’engendre les dépenses de subventions sur les finances publiques dans un contexte marquée par une crise économique assez prolongée et des marge de manœuvres budgétaires de plus en plus réduites.

Des subventions coûteuses dans un contexte de crise et de marges de manœuvres réduites

Après plusieurs années de récession, la plus grande économie du continent est certes en train de renouer avec la croissance comme cette année où le rythme de croissance attendue tourne autour de 3,5 à 3,7%. Cependant, cette relative performance cache des disparités et comme il ressort du budget général, les recettes de l’Etat vont se traduire par une sensible baisse en raison de la baisse de la production pétrolière ainsi que des cours assez ternes sur les marchés internationaux de l’or noir, dont le pays est un des principaux producteurs du continent.

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La suppression des subventions aux hydrocarbures sera donc la patate chaude que refilera l’administration Buhari à son successeur Bola Ahmad Tinubu qui entrera en fonction le 29 mai prochain. Un défi de taille pour les nouvelles autorités fédérales du pays bien que le président élu s’est engagé, lors de la campagne pour l’élection présidentielle, à mettre fin aux subventions du carburant dont le budget, selon lui, dépasse largement les dépenses allouées au secteur de la santé et de l’éducation. Initialement d’ailleurs, la mesure devrait entrée en vigueur en juillet dernier mais en dépit de la pression du FMI et de la Banque mondiale qui juge cette politique de subventions « inefficace à juguler le niveau de  pauvreté des populations », le gouvernement a décidé de la prolongé de 18 mois c’est à dire pour mi-2023.  Il faut dire que la crise économique marquée par une chute drastique de la naira, une baisse de la production pétrolière ainsi que l’impact de la Covid-19 et de la situation sécuritaire, le contexte international marqué par l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne et son impact sur les prix alimentaires et énergétiques ont eu raison des ambitions du gouvernement fédéral qui a dû racler dans ses caisses pour ne pas amplifier la fronde sociale qui commençait déjà à se manifester.

Des mesures d’atténuation pour les couches vulnérables

Cette fois, le gouvernement fédéral n’a visiblement pas d’autres alternatives. Dans un contexte économique national et international plein d’incertitudes et qui réduit fortement les marges de manœuvres du gouvernement notamment en matière d’emprunts sur les marchés financiers internationaux, l’Etat ne peut mobiliser autant d’argent que l’année dernière pour continuer à subventionner les produits énergétiques. En 2022, sur les 8 premiers de l’année, la facture des subventions sur les carburants a atteint quelques  525,714 milliards de nairas soit près de 1,22 milliard de dollars et selon les estimations de la compagnie pétrolière nationale NNPC,  l’enveloppe consacrée à ces dépenses sur toute l’année s’élève à plus de 2,5 trillions de nairas. Des chiffres qui rejoignent les calculs de la Banque mondiale qui estiment que les pertes de revenus pétroliers au Nigeria sont estimées à 5. 000 milliards de nairas soit 12,04 milliards de dollars l’année dernier, en grande partie en raison des subventions, ce qui équivaut à 30 % du budget total du pays.

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Dans ce cadre, la Banque mondiale a accordé, en début de ce mois d’avril, un financement de 800 millions de dollars pour renforcer ses filets de protection sociale avant la suppression des coûteuses subventions du carburant, comme l’a annoncé la ministre nigériane des Finances, Zainab Ahmed.

« Le financement de la Banque mondiale nous permettra d’effectuer des transferts financiers directs aux personnes appartenant aux couches sociales les plus vulnérables, qui figurent désormais sur un registre social national », a-telle annoncé.

Selon la ministre, près de 10 millions de ménages soit 50 millions de personnes ont été enregistrés sur le registre national des ménages nécessiteuse et qui bénéficieront de cet appui. Aussi, le gouvernement compte également renforcer le réseau des moyens de transport en commun afin d’atténuer les conséquences de la suppression des subventions sur les personnes les plus pauvres. Avec une inflation qui a atteint 20% l’année dernière et qui est estimé à 17% cette année, la suppression de ces subventions risquent d’engendrer une amplification de la grogne social selon plusieurs analystes qui reconnaissant toutefois que la politique de subvention des produits pétroliers introduites dans les années 1970 pour faire face à l’impact du choc pétrolier, n’a pas produit les effets escomptés. Elle a certes permis d’ « acheter à prix d’or la paix sociale » mais face à la crise économique, la réforme est plus que nécessaire. Cependant, recommandent des experts, elle devrait se faire à pas progressifs pour en atténuer les effets négatifs. C’est là tout l’enjeu pour le nouveau président Bola Tinubu qui risque de ne pas avoir de période de grâce puisqu’il s’agira du premier défi urgent et prioritaire auquel son administration sera confrontée…

INTERVIEW – Zakia Sekkat : « Poudrox, comme bien des industries marocaines, adopte une veille écologique dans toutes ses étapes de production »

Zakia Sekkat est la Présidente Directrice Générale (PDG) de la société Poudrox spécialisée dans la production de peinture et basée au Maroc. (Crédit ; Dr).

Dans cet entretien Zakia Sekkat, Présidente Directrice Générale de Poudrox – fleuron de l’industrie marocaine de la peindure – revient sur son parcours, les produits qui ont fait le succès du groupe, mais aussi sur la veille technologique. Dans le secteur, les innovations sont de plus en plus axées sur le développement de produits écologiques. Poudrox suit la tendance avec son laboratoire de R&D. Le groupe installé dans la zone stratégique de Tanger Med a aussi en ligne de mire des pays en développement d’Afrique subsaharienne, un marché en pleine croissance.

AFRICA INCOME : Présidente Directrice Générale de Poudrox, vous avez reçu plusieurs distinctions pour votre travail en tant que capitaine d’industrie dans ce milieu plutôt « masculin ».  Pouvez-vous revenir sur votre parcours et le processus que vous avez adopté pour susciter aujourd’hui l’admiration de vos pairs ?

Zakia SEKKAT : Jeune ingénieure de 23 ans en 1990, j’ai choisi la création d’entreprise directement à la sortie des bancs d’école. Certes le secteur choisi n’était pas des plus faciles mais il constituait un secteur innovant, avec une grande valeur ajoutée pour l’industrie Marocaine de la métallurgie, et surtout indispensable pour son développement et en concordance avec ma formation de chimiste.  

Sur le marché de la peinture Poudrox propose des produits qui couvrent une large sphère avec notamment des solutions décoratives, fonctionnelles, pour l’industrie entre autres. Comptez-vous élargir votre gamme de produits ou voudriez-vous vous positionner uniquement sur ces types de produits ?

Le domaine des peintures électrostatique en poudre pour thermolaquage est un domaine récent malgré son apparition à la fin des années 60 comparés aux peintures liquides. C’est dire, qu’il est en perpétuel développement et que la R&D constitue une part importante. Après avoir été destiné uniquement aux métaux, aujourd’hui grâce au développement des technologies d’applications et des matières premières adaptés, nous pouvons l’appliquer à d’autres matériaux tels que le bois (MDF) et autres matériaux thermosensibles. Parallèlement, les exigences technologiques dans différents domaines tels que l’automobile, l’aéronautique ou encore le médical nous imposent d’être à la pointe de la technologie sans oublier les exigences environnementales et sanitaires. Nous disposons de produits adaptés pour tous les secteurs et grâce à notre laboratoire de R&D nous développons de nouveaux produits pour accompagner tous les secteurs et besoins aussi spécifiques soient-ils.

Dans le secteur de la peinture, l’heure est à l’innovation et au développement des produits plus écologiques, « verts ». Quelles sont les principales avancées de Poudrox dans ce domaine ?

Les peintures en poudre ont été créés principalement à l’origine dans un souci écologique : 100% à extrait sec, exempts de COV, sans risque d’inflammabilité ou d’explosion et depuis le début 2000 exempts de métaux lourds. Le choix des matières premières et du conditionnement en font un atout dans le domaine. La production est quant à elle tributaire de l’énergie électrique pour laquelle le Maroc apporte des réponses, des moyens et des facilitations de plus en plus grandes. Poudrox, comme bien des industries marocaines adopte une veille écologique dans toutes ses étapes de production.

Le marché des labels de peinture « verts » en est encore à ses débuts en Afrique. Qu’en est-il du Maroc ?

Entre le début des années 90 et notre démarrage le marché des peintures écologiques (en poudre) a été multiplié par 30. Il existe encore au Maroc des secteurs non équipés pour ce genre d’application. Nous les accompagnons régulièrement pour leur permettre l’accès à cette technologie devenue indispensable par ses performances, écologiques, et sécuritaires.  On considère que l’évolution de ce marché au Maroc se situe entre 3 à 5% par an depuis le COVID -19 et ses périodes de crise, alors qu’elle pourrait atteindre les 10% y compris sur les autres marchés africains.   

Poudrox est implantée dans la zone stratégique de Tanger avec le port Tanger Med. Comment pourriez-vous en faire un atout pour un positionnement stratégique sur le marché africain ?

Nous profitons de cette zone stratégique et du port Tanger Med pour nos importations et pour servir certains pays Européens. Mais pour l’Afrique, compte tenu de la faible demande et de l’inadaptation de la logistique de transport, le profit reste encore faible. La demande des utilisateurs africains est faible et ne permet pas de faire des conteneurs complets par client. Ce qui nous oblige à recourir à d’autres moyens que le maritime tel que le transport conventionnel en groupage, qui est généralement beaucoup plus couteux.

En parlant du marché africain de la peinture, il est en croissance de 3% à 5% annuellement, selon les estimations en 2022. Quels sont les marchés (pays) africains dans lesquels Poudrox voudrait se développer ?

Il est clair que notre souhait est d’être présent sur la plupart des marchés africains et surtout de pouvoir faire le même travail d’accompagnement pour l’application de ces produits auprès des opérateurs africains. L’utilisation de nos produits dépend du développement industriel dans un pays et l’Afrique est appelée à se développe inclusivement et rapidement à court et moyen terme. Actuellement nous sommes sur le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana où nous espérons se développer davantage. Tout comme nous projetons de nous positionner dans d’autres pays subsahariens et certains de la région CEMAC.

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Propos recueillis par Maimouna DIA

Dette : Janet Yellen alerte sur l’urgence de restructurer les dettes du Ghana et de la Zambie

De gauche à droite, de haut en bas, La secrétaire d’Etat américaine au trésor Janet Yellen, le président Ghanéen Nana Akufo-Addo et le président Zambien Hakainde Hichilema dont les deux pays sont au bord de la faillite financière. (Crédit : Dr).

La Zambie et le Ghana submergés par leurs dettes sont deux économies africaines au bord de la faillite. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen dont le pays s’est engagé à soutenir les Etats tire la sonnette d’alarme. Elle compte exercer la pression sur le FMI et la Banque Mondiale lors des sessions de printemps de ces institutions prévues cette semaine afin de trouver une solution.

La secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, demande une action immédiate en faveur de la restructuration des dettes souveraines du Ghana et de la Zambie. Elle compte faire pression sur le Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour faire évoluer ces dossiers lors des réunions de printemps 2023 des institutions de Bretton Woods prévues cette semaine.  

« Au cours de la semaine, la secrétaire Yellen maintiendra également l’urgence d’une résolution rapide des cas du Cadre commun comme la Zambie et le Ghana pour éliminer le surendettement et favoriser la croissance dans les pays en développement. Elle soulignera également l’importance de conclure le traitement de la dette du Sri Lanka« , a déclaré le Trésor américain dans un communiqué de presse.

La sécréatire d’Etat américain plaide également pour accélérer le processus d’allégement de la dette et le rendre plus transparent, selon le Trésor américain. Le cas de la Zambie dont la majorité de la dette est détenue par la Chine risque d’occuper moins les discussions que le Ghana. Au menu également des discussions sur l’endettement des pays en développement avec des responsables du G20. Un nombre record de pays en développement risquent une crise de la dette en raison de l’inflation, des coûts d’emprunt, de la guerre russo-ukrainienne et d’un dollar fort. Le président Ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo s’est montré optimiste quant à la conclusion des négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir le soutien du fonds. Cependant, certains critiques, dont la minorité au Parlement, ont déclaré que l’accord n’avait pas été conclu car le gouvernement n’avait pas été en mesure de satisfaire aux assurances de financement concernant le renflouement de 3 milliards de dollars du FMI.

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La révélation du soutien américain intervient après que le vice-président américain Kamala Harris s’est rendu au Ghana où elle s’est entretenue avec le président Akufo-Addo le mois dernier. Au cours de sa visite, il a été annoncé que le Bureau d’assistance technique (OTA) du Département du Trésor déploiera un conseiller résident à plein temps pour aider le ministère des Finances du Ghana à élaborer et exécuter les réformes à moyen et long terme nécessaires pour améliorer la viabilité de la dette. Selon les États-Unis, le projet complétera et s’appuiera sur les efforts de restructuration de la dette du gouvernement ghanéen. Harris a en outre révélé lors d’un point de presse conjoint avec le président Akufo-Addo que les États-Unis interviendraient au nom du Ghana auprès du Club de Paris pour demander une remise sur la dette dans le cadre du soutien à la balance des paiements du FMI.

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« Nous saluons l’engagement du Ghana à réformer son économie pour une croissance durable et inclusive. Nous soutenons l’engagement du Ghana avec le FMI et nous continuerons à pousser tous les créanciers bilatéraux à fournir une réduction significative de la dette aux pays qui en ont besoin. Il est essentiel de le faire pour bâtir une croissance et une prospérité économiques à long terme pour augmenter les investissements américains. Notre partenariat est déjà fort, et je crois qu’aujourd’hui nous l’avons renforcé », a déclaré mars dernier Kamala Harris, qui a promis que les États-Unis vont accorder au Ghana tout le soutien nécessaire pour sortir de sa crise.

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Gabon :  un potentiel de 3 à 5 trillions de pieds cubes de gaz naturel à exploiter

Géant pétrolier de longue date de l'Afrique subsaharienne, le Gabon cherche à exploiter son potentiel en tant que producteur de gaz naturel, à travers notamment des plans revitalisés pour une croissance durable et axée sur l'énergie. (Photo Osvald Severin Mayounou. Ministre de l'énergie. Crédit : Dr)

Le Gabon cherche à exploiter son potentiel commercial en matière de gaz, au moment où l’exploitation pétrolière, fleuron de son industrie extractive s’essouffle. L’évolution de la dynamique du marché, la coopération régionale croissante et le besoin d’énergie durable poussent le pays d’Afrique central à ouvrir un nouveau chapitre centré sur l’exploration, la production et la monétisation du gaz naturel, selon un communiqué résumant les ambitions du pays et relayé par Energy Capital & Power.

Géant pétrolier de longue date de l’Afrique subsaharienne, le Gabon cherche à exploiter son potentiel en tant que producteur de gaz naturel, à travers notamment des plans revitalisés pour une croissance durable et axée sur l’énergie. Jusqu’à présent, la dépendance à l’égard d’importantes réserves de pétrole à faible teneur en soufre, facilement accessibles, a freiné l’enthousiasme pour le développement d’autres sources d’énergie dans le pays. Mais la production de pétrole et les recettes publiques étant en baisse, l’attention se tourne vers le potentiel inexploité du gaz naturel. Le pays détiendrait entre trois et cinq trillions de pieds cubes de gaz naturel encore inexploité. Une manne qui pourrait améliorer sa capacité à faire progresser la coopération régionale, à soulager l’insécurité énergétique et à réduire les émissions de carbone. Les autorités gabonaises sont en liaison avec leurs homologues de la Guinée équatoriale pour le développement du Méga Hub régional du gaz.

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La diversification de l’économie gabonaise a pris plus d’une décennie. Soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, le Plan stratégique Gabon émergent a été lancé en 2009. Il visait à soutenir une croissance économique durable tout en préservant l’environnement, en partie grâce à l’adoption de combustibles propres tels que le gaz naturel. La Banque mondiale a notamment salué les performances du Gabon comme l’un des rares pays de la région à s’être manifestement engagé à préserver la biodiversité et à prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique. Le plan identifiait le gaz naturel et les industries à valeur ajoutée qui lui sont associées comme des secteurs stratégiques pour une croissance économique durable, et visait à porter la production à 220 000 pieds cubes par jour d’ici 2020. Bien que cet objectif initial n’ait pas été atteint, l’ampleur de son ambition témoigne de la volonté du pays de transformer son industrie énergétique, avec des implications qui s’étendent bien au-delà de ses frontières, peut-on lire dans le communiqué émanant des autorités de Libreville relayé par Energy Capital & Power.

Un plan pour optimiser les volumes exploitées

Le Gabon détient actuellement 1,2 trillion de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel, dont la majorité est située au large de la côte atlantique du pays. La production nationale de gaz s’est arrêtée à environ 70 milliards de pieds cubes en 2021, en grande partie à cause du gaspillage, de l’insuffisance des infrastructures et du manque d’expertise technique pour travailler dans l’environnement difficile des eaux profondes du Gabon, où se trouve la majorité des gisements de pétrole et de gaz associés du pays. Le plan directeur gazier du pays vise à remédier à ces insuffisances en réduisant le torchage du gaz, en attirant de nouveaux investissements et en améliorant la fiabilité et la portée de l’infrastructure gazière nationale.

Un nouveau cadre juridique pour assainir et optimiser

En conséquence, un nouveau cadre juridique pour le secteur a été adopté en 2019 dans le but d’attirer les investissements axés sur le gaz, et une autorité de régulation du secteur des hydrocarbures a été créée pour offrir un guichet unique aux investisseurs. La libéralisation des réglementations sectorielles qui en a résulté a été complétée par des cycles d’octroi de licences visant à octroyer des droits d’exploration en mer pour la première fois depuis 2014. Parallèlement, des investissements sont consacrés au développement de l’infrastructure du gaz naturel liquéfié (GNL) et à l’amélioration de la distribution grâce à la construction de nouveaux gazoducs et d’installations de traitement. L’augmentation de la capacité de liquéfaction domestique reste une priorité absolue pour le Gabon, ainsi que l’augmentation de l’utilisation du gaz de pétrole liquéfié au niveau local. Une Task Force présidentielle dédiée au gaz a été mise en place en 2021 afin de superviser le développement du secteur et de sensibiliser les investisseurs.

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Tout en mettant l’accent sur l’utilisation du gaz naturel pour la consommation domestique, le plan directeur pour le gaz vise également à tirer parti de la monétisation du gaz comme moyen de commerce régional de l’énergie. À cette fin, les autorités gabonaises sont en liaison avec leurs homologues de Guinée équatoriale pour le développement du Méga Hub régional du gaz. Cependant, de telles aspirations ne sont pas sans poser de problèmes. Le développement de l’infrastructure du gaz naturel nécessite un soutien international considérable, sous forme d’investissements et d’exécution technique. Les plans de développement durable doivent tenir compte des capacités nationales, le cadre politique devant trouver un équilibre délicat entre l’ambition et les limites pratiques. Si elle prospère, l’industrie du gaz naturel pourrait offrir des perspectives économiques généreuses au Gabon et représenter une étape importante dans la réalisation des objectifs internationaux en matière de climat.

Conjoncture: en Afrique subsaharienne, une dynamique économique au ralenti malgré un potentiel de croissance inexploité selon le dernier rapport Africa’s Pulse

Selon les nouvelles estimations de la Banque mondiale publiées dans la dernière édition du rapport Africa's Pulse qui vient d'être publiée avec les mises à jour économique d'avril 2023, la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait ralentir, passant de 4,1% en 2021 puis 3,6 % en 2022 et à 3,1 % en 2023. (Crédit : Banque mondiale).

Publié le 05 avril sous le titre: « Tirer le meilleur parti des ressources naturelles pendant la transition énergétique », la 27e édition du rapport Africa’s Pulse de la Banque mondiale dresse un état des lieux peu reluisants de la situation économique de l’Afrique subsaharienne ainsi que des perspectives malgré quelques raisons d’espérer une nouvelle dynamique de croissance. Selon le rapport, cette dernière reste faible, tirée vers le bas par l’incertitude de l’économie mondiale, la sous-performance des plus grandes économies du continent, une inflation élevée et une forte décélération de la croissance de l’investissement. Et  face à l’assombrissement des perspectives de croissance et à l’augmentation des niveaux d’endettement, les auteurs du rapport préconisent que les gouvernements africains doivent se concentrer davantage sur la stabilité macroéconomique, la mobilisation des recettes intérieures, la réduction de la dette et les investissements productifs afin de réduire l’extrême pauvreté et de stimuler la prospérité partagée à moyen et à long terme. En ce sens, le rapport souligne que la transition vers des économies sobres en carbone est irréversible et nécessitera l’utilisation de nombreux minéraux dont beaucoup sont abondants dans toute l’Afrique.

Selon les nouvelles estimations de la Banque mondiale publiées dans la dernière édition du rapport Africa’s Pulse qui vient d’être publiée avec les mises à jour économique d’avril 2023, la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait ralentir, passant de 4,1% en 2021 puis 3,6 % en 2022 et à 3,1 % en 2023. Cependant, tempèrent les auteurs du rapport, ce  ralentissement pourrait toucher à sa fin car dans les détails, la croissance est  en hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2022 d’Africa’s Pulse, un relèvement  qui reflète une performance plus positive de l’économie mondiale au cours du dernier trimestre de l’année 2022.  Selon le rapport, l’économie américaine a fait preuve de résilience, grâce aux récentes mesures politiques et à la baisse de l’inflation, les prix du gaz sont plus bas que prévu en Europe, et on s’attend à une reprise rapide de la croissance en Chine avec la fin de sa politique de «zéro COVID».  Malgré ces récentes améliorations, l’activité économique dans la région devrait continuer à ralentir en raison de la persistante de l’atonie de l’économie mondiale, des taux d’inflation en baisse mais qui restent élevés, et des conditions financières mondiales et nationales difficiles dans un contexte d’endettement élevé expliquent l’abaissement de la note. « La croissance est estimée à 3,7 en 2024 et 3,9 % en 2025, ce qui indique que le ralentissement de la croissance devrait atteindre un plancher cette année », met en exergue le rapport qui indique aussi qu’un rebond de la croissance mondiale plus tard dans l’année, l’assouplissement des mesures d’austérité et une politique monétaire plus accommodante dans un contexte de baisse de l’inflation seront les principaux facteurs qui contribueront à l’augmentation de la croissance à l’horizon des prévisions. Selon la Banque mondiale, « les conditions de croissance restent toutefois insuffisantes pour réduire l’extrême pauvreté et stimuler la prospérité partagée à moyen et long terme ».  La croissance du revenu par habitant estimée en Afrique subsaharienne à 1,0 en 2022 et 0,6 % en 2023, par exemple, est insuffisante pour avoir un impact significatif sur le double objectif alors que la faible élasticité de croissance de la pauvreté et la pandémie mondiale ont encore contribué à la lenteur de la réduction de la pauvreté dans la région. Il ressort des données contenues dans le rapport, que le taux de pauvreté en Afrique subsaharienne est projeté à 34 % en 2023, par rapport au pic de 35,3 % de la période de pandémie en 2020 alors que la lente reprise du revenu par habitant dans la région, à 1,2 % l’année prochaine et 1,4 % en 2025, ne permet toujours pas d’accélérer la réduction de la pauvreté pour que la région retrouve sa trajectoire d’avant la pandémie.

Faibles performances, risques de surendettement, inflation et baisse des investissements

Selon le rapport, les performances économiques de l’Afrique subsaharienne ne sont pas uniformes d’une sous-région ou d’un pays à l’autre. Ainsi, la croissance du PIB réel de la sous-région Afrique de l’Ouest et centrale  est estimée à 3,4 % en 2023, contre 3,7 % en 2022, tandis que celle de la sous-région Afrique de l’Est et australe est estimée à 3,0 % en 2023, contre 3,5 % en 2022. La performance de la région est toujours tirée vers le bas par une croissance à long terme plus faible dans les plus grands pays du continent. L’activité économique en Afrique du Sud devrait encore diminuer en 2023 de 0,5 % en raison de l’aggravation de la crise énergétique, tandis que la reprise de la croissance au Nigéria pour 2023, estimée à 2,8 %,  reste fragile à cause de la faiblesse de la production pétrolière et des nombreux défis politiques que confronte la nouvelle administration. « Ces perspectives compliquent la tâche des décideurs politiques de la région qui cherchent à accélérer la reprise après la pandémie, à réduire la pauvreté et à placer l’économie sur une trajectoire de croissance durable », ont estimé les auteurs du rapport.

 « La faiblesse de la croissance, combinée aux vulnérabilités de la dette et à une croissance morose des investissements, risque de faire perdre une décennie à la réduction de la pauvreté. Les décideurs politiques doivent redoubler d’efforts pour freiner l’inflation, stimuler la mobilisation des ressources intérieures et adopter des réformes favorables à la croissance, tout en continuant à aider les ménages les plus pauvres à faire face à l’augmentation du coût de la vie. »  a déclaré Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.

Selon les auteurs du rapport, les risques de surendettement restent élevés avec 22 pays de la région qui présentent un risque élevé de surendettement extérieur ou étant en situation de surendettement en décembre 2022. « Les conditions financières mondiales défavorables ont augmenté les coûts d’emprunt et les coûts du service de la dette en Afrique, détournant l’argent des investissements de développement indispensables, et menaçant la stabilité macro-budgétaire », souligne le rapport qui fait cas également « d’une inflation obstinément élevée et une faible croissance des investissements qui continuent de peser sur les économies africaines ». Selon le rapport, bien que l’inflation semble avoir atteint son maximum l’année dernière, elle devrait rester élevée, à 7,5 % en 2023, et dépasser les fourchettes cibles des banques centrales dans la plupart des pays. Par ailleurs, la croissance des investissements en Afrique subsaharienne est passée de 6,8 % en 2010-2013 à 1,6 % en 2021, avec un ralentissement plus marqué en Afrique de l’Est et australe qu’en Afrique de l’Ouest et du centre.

Le Kenya, la Côte d’Ivoire et la RDC : des économies résilientes aux chocs qui peuvent servir d’exemples

En dépit de ces défis dont certains persistants, le rapport note que de nombreux pays de la région font preuve de résilience face aux multiples crises. Il s’agit notamment du Kenya, de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo (RDC), qui ont enregistré des taux de croissance respectifs de 5,2 %, 6,7 % et 8,6 % en 2022. En RDC, par exemple, le secteur minier a été le principal moteur de la croissance en raison d’une expansion des capacités et d’une reprise de la demande mondiale. « La valorisation des richesses en ressources naturelles offre la possibilité d’améliorer la viabilité des finances publiques et de la dette des pays africains », mais le rapport met en garde contre le fait que cela ne peut se produire que si les pays adoptent des politiques adéquates et tirent les leçons des périodes d’expansion et de ralentissement économique passées.

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Dans un contexte de conditions financières mondiales défavorables et de niveaux d’endettement élevés, souligne le rapport, les décideurs politiques africains doivent miser sur leur propre marge de manœuvre pour rétablir la stabilité macroéconomique, renforcer les réformes structurelles afin de promouvoir une croissance inclusive, et mettre en œuvre des politiques qui saisissent la richesse des ressources de la région pendant la transition vers des économies à faible émission de carbone. « Cette richesse naturelle recèle un grand potentiel économique inexploité pour relever les défis budgétaires et stimuler la transformation économique. La transition vers des économies sobres en carbone est irréversible et nécessitera l’utilisation de nombreux minéraux dont beaucoup sont abondants dans toute l’Afrique », relève le document.

« La décarbonisation rapide du monde apportera des opportunités économiques significatives à l’Afrique. Les métaux et les minéraux seront nécessaires en plus grandes quantités pour les technologies à faible teneur en carbone telles que les batteries. Si de bonnes politiques sont mises en place, ces ressources pourraient augmenter les recettes fiscales, accroître les opportunités pour les chaînes de valeur régionales qui créent de l’emploi, et accélérer la transformation économique.»,  a noté James Cust, économiste principal à la Banque mondiale. 

Des pistes pour dégager des marges de manœuvres en tirant profit de la manne qu’offre l’exploitation judicieuse des ressources naturelles

Ainsi, comme le met en avant le rapport Africa-s Pulse, à l’heure de la transition énergétique et de l’augmentation de la demande de métaux et de minéraux, les gouvernements riches en ressources ont la possibilité de mieux tirer parti des ressources naturelles pour financer leurs programmes publics, diversifier leur économie et élargir l’accès à l’énergie. Le rapport indique que les pays pourraient potentiellement plus que doubler les recettes moyennes qu’ils tirent actuellement des ressources naturelles. « Capturer ces ressources fiscales sous forme de redevances et d’impôts, tout en continuant à attirer les investissements du secteur privé, nécessite des réformes et une bonne gouvernance », ont mis en avant les auteurs du rapport pour qui, également, « maximiser les recettes publiques tirées des ressources naturelles offrirait un double bénéfice pour les populations et la planète, en augmentant les recettes fiscales et en supprimant les subventions implicites à la production ».

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De ce fait, préconise la Banque mondiale dans son rapport, les décideurs politiques doivent par conséquent garantir de hauts niveaux dans l’exercice par le gouvernement de ses responsabilités et dans le contrôle par le public de la taxation des ressources et des investissements dans ces dernières de façon à maximiser l’impact de ces ressources sur le développement. Des mesures telles que la divulgation des contrats, l’adhésion à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives  (ITIE) ainsi que la protection et l’élargissement de l’espace civique peuvent contribuer à une meilleure gouvernance des ressources recommande les auteurs d’Africa’s Pulse pour qui, une transition équitable pour l’Afrique dépendra essentiellement de l’exploitation réussie des avantages économiques des ressources pétrolières, gazières et minérales, notamment de la bonne gouvernance et d’une gestion macrofinancière saine des recettes tirées des ressources, tout en se préparant à un avenir sobre en carbone. « Une gestion et une gouvernance efficaces des richesses en ressources naturelles peuvent débloquer d’importantes opportunités de création d’emplois, de valeur ajoutée et d’investissements dans le développement humain » poursuit le rapport qui ajoute que « compte tenu de l’abondance des ressources naturelles, cette richesse peut jouer un rôle central dans la transformation de l’avenir économique de l’Afrique« .

Zambie : Mfikeyi Makayi devient la première femme PDG d’une compagnie minière

La start-up de la Silicon Valley KoBold Metals, spécialisée dans le recours à l’intelligence artificielle pour identifier les gisements de métaux, a nommé Mfikeyi Makayi au poste de PDG de son unité de cuivre en Zambie, faisant d'elle la première femme à la tête d'une société d'exploration minière du pays. (Crédit : présidence de la républqie de Zambie).

La start-up américaine KoBold Metals a nommé Mfikeyi Makayi PDG de son unité de cuivre en Zambie. Femme du sérail, elle a été adoubée par le président Zambien Hakainde Hichilema. Ce dernier compte en partie sur KoBold Metals et ces procédés innovants pour atteindre son objectif de tripler la production de cuivre du pays d’ici 2032.

La start-up de la Silicon Valley KoBold Metals, spécialisée dans le recours à l’intelligence artificielle pour identifier les gisements de métaux, a nommé Mfikeyi Makayi au poste de PDG de son unité de cuivre en Zambie, faisant d’elle la première femme à la tête d’une société d’exploration minière du pays. Mfikeyi Makay est diplômée en génie civile de l’université américaine Old Dominion University à Norfolk en Virginie. De nationalité zambienne et femme du sérail, elle est passée par plusieurs grandes entreprises minières dont Barloworld Equipment et chez le canadien First Quantum Minerals. Il y a deux ans celle qui vient d’être nommée PDG par la startup KoBold Metals faisait une réflexion quant à la flexibilité au cours d’une carrière sur sa page linkedin :

« (…) Au fil des ans, travailler dans le secteur minier m’a ouvert l’esprit à lire au-delà de l’ingénierie, ce qui signifiait comprendre la gouvernance, la politique fiscale, la stratégie, les investissements étrangers, l’impact social, les perceptions culturelles, le développement du capital humain, les avancées technologiques et l’environnement. Aujourd’hui, mon objectif est de rapprocher davantage de jeunes Africains de l’action moteur (secteur minier) de l’économie de notre continent. Notre avenir en dépend. Laissez-vous impliquer », a -t-elle déclaré.

Selon les données de S&P Global Market Intelligence, les femmes dirigeantes des sociétés mondiales de métaux et d’exploitation minière occupaient un peu plus de 11 % des postes de direction en 2022. En Zambie, deuxième producteur du minerai de cuivre d’Afrique, très demandé pour la transition vers une économie à faible émission de carbone, Mfikeyi Makayi espère apporter sa pierre à l’édifice. Pays riche en cuivre, abondant principalement dans sa région minière du copperbelt, la Zambie veut accélérer sa production. Le président Hakainde Hichilema a promis de faire passer la production de cuivre à 3 millions de tonnes par an d’ici 2032, contre environ 850 000 tonnes en 2022. Il a de ce fait félicité Mfikeye Makayi à la tête de KoBold Metals devra contribuer à l’atteinte de ces objectifs.

« C’est avec une grande fierté que nous félicitons Mfikeyi Makayi pour sa nomination en tant que PDG de KoBold Metals Zambia. Mme Makayi est la première femme zambienne à diriger une grande société d’exploration minière et en tant que PDG, elle dirigera les efforts de KoBold pour explorer et développer le gisement de Mingomba en Zambie à Chililabombwe, Copperbelt », a déclaré la présidence zambienne.

En Zambie, le projet de cuivre de Mingomba de la start-up américaine KoBold Metals, contient 247 millions de tonnes de minerais à haute teneur en cuivre et a nécessité environ 1 milliard de dollars d’investissements. Il s’agit d’une joint-venture avec la société australienne de capital-investissement EMR Capital et le mineur étatique ZCCM-IH. KoBold Metals travaille en collaboration avec des géants miniers comme BHP Group et Rio Tinto. Grâce va ses procédés innovants par l’intelligence artificielle, elle est soutenue par Breakthrough Energy Ventures, un fonds climatique et technologique fondé par Bill Gates de Microsoft et soutenu par Jeff Bezos d’Amazon et Richard Branson de Virgin.

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Rwanda : prêt de 319 millions de dollars du FMI

Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Crédit : DR.

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu un accord avec le Rwanda sur les politiques nécessaires pour achever les premiers examens de l’accord de prêt de 319 millions de dollars, dans le cadre de la nouvelle Facilité de résilience et de durabilité de l’institution de Bretton Woods. L’accord fait suite à la visite des experts de l’organisme bancaire sur le territoire rwandais, lesquels ont émis quelques appréciations et réserves.

Les services du FMI et les autorités rwandaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur les politiques nécessaires pour achever les premières revues de l’instrument de coordination des politiques et du programme du Rwanda dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité.

« L’accord est soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. L’examen par le Conseil est provisoirement prévu pour mai 2023. À l’issue de l’examen par le Conseil d’administration, le Rwanda aurait accès à 55,46 millions de DTS (équivalant à environ 74,6 millions de dollars) au titre du FSR », a déclaré Haimanot Teferra, cheffe de la mission du FMI qui a visité le Rwanda en mars.

L’économie rwandaise a enregistré une forte croissance à 8,2 % en 2022, tandis que l’inflation globale est restée élevée à 20,8 % en février. L’activité économique alimentant la demande d’importations s’est ajoutée aux pressions existantes sur les réserves de change liées à la hausse des prix des produits de base et au resserrement des conditions de financement mondiales, et a encore exacerbé les déséquilibres intérieurs et extérieurs, a noté le FMI.  

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 En effet pour les experts du fonds monétaire international, le Rwanda reste vulnérable à l’environnement extérieur sujet aux chocs, ce qui nécessite de reconstituer en urgence des tampons politiques. Une nouvelle flambée mondiale des prix de l’énergie et des engrais, une baisse plus prononcée de la croissance des partenaires commerciaux ou des évolutions des marchés financiers et géopolitiques mondiaux qui affectent négativement la disponibilité des ressources concessionnelles exerceront une pression supplémentaire sur les amortisseurs externes. Ce qui limitera l’espace politique pour faire face aux défis du développement et lutter contre le changement climatique. Les autorités de Kigali devront ainsi resserrer davantage l’orientation budgétaire et monétaire pour garder quelques marges de manœuvre.

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Pour assurer la stabilité macroéconomique, les autorités doivent continuer à mettre en œuvre un plan d’assainissement budgétaire crédible et une politique monétaire plus stricte, tout en permettant une plus grande flexibilité du taux de change. En parallèle, la poursuite de leurs efforts continus pour renforcer les institutions afin d’atteindre et de surveiller les objectifs climatiques ambitieux du Rwanda aidera à mobiliser et à allouer efficacement des ressources supplémentaires, recommande le FMI.

Mali : 120 milliards de francs CFA mobilisés sur le marché sous-régional

Crédit : DR

Le Mali a mobilisé 120 milliards de francs CFA sur le marché de la sous-région. L’annonce faite ce lundi 03 avril, fait suite à l’emprunt réalisé sur le marché UEMOA du 15 au 31 mars 2023. La confiance des marchés confirme les appréciations des services du FMI qui ont achevé leur mission de l’année 2023 pour le Mali à la fin du mois de mars.

L’Etat malien est parvenu à lever 120 milliards de Fcfa à travers l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne « Etat du Mali 6,4% 2023-2030 ». L’information a été donnée par le ministre de l’Économie et des Finances Alfousséni Sanou dans un communiqué du 03 avril. L’opération a été réalisée par la SGI Mali, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, avec comme co-chefs de file : Global Capital, SGI Togo et SGI Benin. Cet emprunt obligataire lancé le 15 mars 2023 sur le marché financier de l’UMOA pour un montant de 120 milliards FCFA, avecun taux d’intérêt de 6,40% et une maturité de 7 ans a été clôturé le 31 mars 2023. L’opération a permis au Trésor Public de mobiliser la totalité du montant sollicité, soit un taux de souscription de 100%.

« Ce nouveau succès témoigne de la confiance des investisseurs à l’Etat du Mali, à son gouvernement et à la politique économique, financière et budgétaire des plus Hautes autorités », se félicite le ministre dans le communiqué.

Alfousséni Sanou a également remercié le syndicat de placement et l’ensemble des investisseurs nationaux et régionaux pour la confiance renouvelée et se réjouit de leur accompagnement pour le financement des projets structurants de développement économique et social du Mali dans un contexte de resserrement de la liquidité globale de la zone.

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La confiance des marchés conforte les bonnes notes du FMI sur l’économie malienne. En effet, après plusieurs rounds de consultations, les services du FMI ont achevé leur mission de l’année 2023 pour le Mali à la fin du mois de mars. Selon les conclusions préliminaires, malgré les multiples chocs subis, l’économie malienne a relativement bien résisté avec une croissance économique supérieure à 3 % en 2021 et à 3,7 % en 2022. En dépit de la persistance de ces chocs notamment l’absence de l’appui budgétaire extérieur et les limites aux possibilités de financement en raison de la situation politique auxquelles s’ajoutent la dégradation continue de la situation sécuritaire et de l’insécurité alimentaire, la croissance devrait remonter à 5% pour les deux prochaines années selon le FMI qui la conditionne toutefois, à la tenue des élections dans les délais prévues c’est à dire en 2024.

Chronique : David Malpasse en Afrique – quelle est l’efficacité du soutien limité de la Banque mondiale à l’Afrique subsaharienne ?

Le Président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, s’est rendu au Niger puis au Togo du 29 mars au 1er avril 2023. Au menu de cette visite, le renforcement de la sécurité et de la paix, de la croissance économique inclusive et durable, de la sécurité alimentaire, de l’accès à l’énergie et à l’éducation. (Crédit : Dr).

Dans le cadre de sa tournée d’adieu, David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, vient d’effectuer une visite du 29 mars au 1er avril 2023 au Niger et au Togo. S’il a rencontré, au cours de ce déplacement, les chefs d’Etat et partenaires respectifs de ces deux pays, en prélude aux réunions du printemps des institutions de Bretton Woods, prévues du 10 au 16 avril 2023 à Washington, évoquant des appuis supplémentaires aux programmes de développement, la taille et le montage laisse toujours à désirer.

Celui, qui contrôle l’argent, dirige le monde, a-t-on coutume de dire. Jacques Bordiot l’a très bien décrit dans son ouvrage « Une main cachée dirige », paru aux Editions du Trident. Larry Flint, CEO de Blackrock, conglomérat valorisé à 10 000 milliards de dollars, derrière les Etats Unis d’Amérique et la Chine, ne nous contredira pas. A ce titre, l’Afrique au Sud du Sahara doit prendre son destin en main. Nous continuons de croire, justement, que point de supplétifs pour des secteurs prioritaires, tels que la sécurité alimentaire, l’éducation, l’accès à l’énergie, la croissance économique et durable, le développement numérique, à la paix ou encore la protection sociale. L’Afrique au Sud du Sahara a certes besoin de soutiens financiers supplémentaires pour assurer tous les programmes de développement.

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Après une première visite en février 2021, David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale (BM), au Togo pour discuter de la coopération entre l’institution de Bretton Woods et ce pays, saluant les progrès réalisés dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, soulignant l’importance de la poursuite des réformes économiques pour soutenir la croissance du pays, puis encourageant le gouvernement à poursuivre ses efforts pour améliorer l’accès à l’électricité, renforcer le secteur privé et favoriser les investissements dans les infrastructures, il y est retourné, du 31 mars au 1er avril 2023, en compagnie de M. Ousmane Diagana, Vice-président BM en Afrique de l’ouest et du centre, et Sergio Pimenta, Vice-président Société financière internationale (SFI). Avant d’atterrir à Lomé, le président du Groupe de la Banque mondiale et sa délégation ont rencontré à Niamey au Niger, les 29 et 30 avril 2023, le président Mohamed Bazoum et les acteurs et partenaires. Le discours, dans ces 2 pays et pour la sous-région du Sahel, était quasi-identique. Il portait sur l’appui à l’agriculture, une réponse urgente à la sécurité alimentaire, à la paix, à l’éducation, au renforcement à l’accès à l’énergie.

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Sur les 10 dernières années, les financements de la BM ont quadruplé. En Afrique de l’ouest et du centre, entre avril 2020 et fin juin 2022, ce sont 234 projets qui ont bénéficié de 28,5 milliards de dolllars de la BM. Sur la seule année 2022, la SFI a injecté 9,4 milliards de dollars dans le secteur privé de 36 pays de la sous-région. Qu’on ne s’y méprenne, face aux besoins colossaux, nous trouvons ces financements insuffisants…

Quel impact pour une aide aussi limite?

ll reste légitime de se demander, quel a été l’impact de ces soutiens financiers apportés au cours des dernières années ? Les contributions à la modernisation des secteurs agricole et énergétique des pays, pour stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté, ont-elles été à la hauteur et efficientes ? Si nous prenons l’exemple du Togo qui se trouve dans le top 15 des producteurs mondiaux de phosphates, avec 1,3 million de tonnes en 2020, la BM a fourni un premier lot de 34 000 t d’engrais. Cette assistance s’inscrit dans le Programme régional de résilience des systèmes alimentaires (FRSP, suivant l’appellation en Anglais) et va profiter à 100 000 exploitants dont 25 000 femmes. Aucun détail n’est cependant donné sur l’origine de cet engrais. Le soutien serait plus efficient si ce don de la BM avait été produit par une entreprise togolaise, à partir de la transformation du phosphate togolais. Par conséquent, l’accent doit être mis sur l’industrialisation, entre autres secteurs prioritaires, pour asseoir une croissance économique et durable dans cette partie du continent.

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