samedi 5 avril 2025
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Ghana : comment Accra s’est finalement résigné à faire appel au FMI

Le président Ghanéen Nnana Akufo-Addo. (Dr)

Soumis à une forte pression financière, Accra s’est résigné à solliciter l’aide du FMI. La crise sanitaire du COVID-19 suivie de la guerre en Ukraine ont plombé l’économie ghanéenne caractérisée par une inflation record.  Un coup dur pour Nana Akufo-Addo qui avait promis de se passer des institutions de Bretton Woods.

Le Ghana connaît sa pire inflation en deux décennies, qui a atteint 28% en glissement annuel au cours du mois de mai 2022, selon les chiffres de l’agence nationale des statistiques. En conséquence, les manifestations contre la vie chère se sont multipliées dans la capitale Accra. Le parlement sans majorité s’est joint à la contestation populaire. L’hémicycle  a bloqué les réformes entreprises par le président Nana-Akufo Addo pour sortir de cette impasse, le poussant à faire à faire appel à l’aide financière du FMI. Début juillet, Kojo Oppong Nkrumah, ministre de l’Information du pays a annoncé que le président Ghanéen a autorisé son homologue des Finances Ken Ofori-Atta à entamer des engagements formels avec le FMI pour un prêt.

Une économie laminée par le COVID-19 et la crise Ukrainienne

 Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par le chef de division Carlo Sdralevich s’est rendue à Accra du 6 au 13 juillet 2022 pour évaluer la situation économique actuelle. Les experts du FMI se sont également penchés sur les grandes lignes du programme national renforcé du gouvernement qui pourrait être soutenu par un accord de prêt. Les analystes de l’institution de Bretton Wood ont estimé que le choc économique mondial causé par la guerre en Ukraine a frappé le Ghana à un moment où le pays se remettait encore du choc de la pandémie de Covid-19 et avec une marge de manœuvre limitée. Ces circonstances défavorables ont contribué au ralentissement de la croissance économique, à l’accumulation de factures impayées, à la forte dépréciation du taux de change et à l’inflation.

 « Le Ghana est confronté à une situation économique et sociale difficile dans un environnement mondial de plus en plus difficile. La situation budgétaire et de la dette s’est gravement détériorée à la suite de la pandémie de COVID-19. Dans le même temps, les inquiétudes des investisseurs ont entraîné des dégradations de la cote de crédit, des sorties de capitaux, la perte de l’accès aux marchés extérieurs et une augmentation des coûts d’emprunt intérieurs, a déclaré Sdralevich à la fin de sa mission au Ghana.

Les denrées de première nécessité ont connu une hausse de 30%  pour le pays ouest-africain qui importe 20% de ses besoins céréaliers de la Russie. Producteur de pétrole, le Ghana est un importateur de brut dont les prix ont  frôlé les 120 dollars le baril à la fin du premier trimestre 2022 plombant davantage le budget de l’Etat. L’effet est immédiat sur le coût du transport qui a connu une hausse de 39%.  Les prix du logement ont grimpé  de 32,3%. Ce tableau éloigne davantage le Ghana des objectifs fixé par Akufo-Addo à son accession au pouvoir en 2017. A travers son slogan, « Ghana Beyond Aid », le Ghana au-delà de l’aide, le président avait promis une émergence économique rapide. Cette conjoncture sombre ne doit pas occulter le potentiel ghanéen.  Deuxième producteur mondial de cacao et grand producteur de pétrole, le Ghana est l’une des rares démocraties africaines ayant connu plusieurs alternances politiques, soutenues par l’une des meilleures croissances économiques mondiales au cours de ces dernières décennies.

Maghreb – Moyen Orient : 1 milliard de dollars des USA pour lutter contre l’insécurité alimentaire

(Dr)

La flambée des prix des denrées alimentaires a rappelé la forte dépendance des pays d’Afrique du Nord des importations. Grand consommateurs de blés, leurs stocks se sont amenuisés depuis le début de la guerre Russie – Ukraine. Le financement américain est destiné à réduire cette vulnérabilité.

Le président Joe Biden a promis 1 milliard de dollars d’aide américaine pour la sécurité alimentaire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord lors d’un sommet des dirigeants du Golfe en Arabie saoudite, le samedi 16 juillet. La rencontre a réuni les représentants des pays du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et le Sultanat d’Oman-  ainsi que l’Égypte, la Jordanie et l’Irak. L’Égypte est le seul pays d’Afrique du nord présent. Mais l’aide américaine est destinée à l’ensemble de la sous-région en proie à une insécurité alimentaire aggravée par le Covid-19 et la guerre Russie-Ukraine.

«Dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, la situation de la sécurité alimentaire était déjà critique avant la pandémie, avec une aggravation de la faim et une accentuation des inégalités compromettant le bien-être des populations rurales, des femmes et des jeunes, ainsi qu’une augmentation des pénuries d’eau », a déclaré Qu Dongyu, Directeur général de la FAO lors de la 36eme session de la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient de février 2022.

Une vulnérabilité mise à nue par le conflit ukrainien

Une situation encore aggravé par la persistance de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le Maghreb est un grand importateur de blé, aliment de base de ces pays fortement dépendants des exportations russes et ukrainiennes. L’Egypte est le premier importateur mondial de blé pour nourrir sa population de plus de 100 millions d’habitants. Le pays qui dépend à 80% de ses importations de blé de la Russie et de l’Ukraine disposait d’un stock pour moins de neuf mois en mars dernier. L’Algérie deuxième consommateur de blé en Afrique et cinquième importateur mondial de céréales, disposerait d’un stock de moins de six mois. Le Maroc par le biais de son porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a annoncé en mai dernier un stock de blé couvrant 4 mois. De faibles stocks sont également constatés en Tunisie en proie à une grave crise économique, mais aussi au Soudan sous le coup de sanctions économiques internationales et à la Mauritanie qui importe l’essentiel de ses besoins alimentaires.

G7 : un projet quinquennal pour contrer l’influence chinoise

Sommet G7 de 2022 en Allemagne

Les pays développés veulent agir simultanément pour mieux investir dans des projets d’infrastructure des pays en développement, l’Afrique en tête. Ils annoncent des financements colossaux avec une approche différente de celle de la Chine.

Les pays du G7 veulent investir massivement dans le développement des infrastructures des pays pauvres notamment en Afrique. L’initiative PGII (partenariat mondial pour les infrastructures et les investissements) a un double objectif. Elle vise aussi à contrer l’influence chinoise grandissante sur le continent à travers son projet Belt In Road(BRI) ou les nouvelles routes de la soie.  Dans le cadre de ce programme mis en place il y a près d’une décennie, plusieurs infrastructures ont été construites en Afrique. Le tout sur fond d’endettement massif auprès de la Chine.

Le partenariat proposé par le club des pays développés réunis en Allemagne à la fin du mois de juin prévoit de mobiliser 600 milliards de dollars de fonds publics et privés jusqu’en 2027. Lancé sous l’acronyme anglais PGII, comme partenariat mondial pour les infrastructures et les investissements, l’initiative va surtout financer des projets d’infrastructures en Afrique. Les secteurs prioritaires dans ces financements sont la santé et la sécurité sanitaire, la connectivité numérique, l’égalité des genres, mais aussi les domaines de l’énergie. Les Etats-Unis prévoient  une contribution de 200 milliards de dollars. Il y a un an, en juin 2021, le pays a annoncé un projet similaire, le Build Better World (B3W) pour 300 milliards de dollars. Dans la foulée, l’année dernière, le Royaume –uni a  lancé le Clean Green au cours de la Cop26 alors l’Union  Européenne a aussi son propre fonds d’investissement doté de 320 milliards de dollars.

« Ce n’est pas de l’aide ou de la charité. C’est un investissement qui rapportera à tout le monde », a déclaré Biden lors du sommet G7 tenu fin juin en Allemagne.

L’Afrique aura-t-il son mot ?

Le club des pays développés veut une approche différente de celle de la Chine. En une décennie, l’empire du milieu par le biais de son programme a investi dans des projets d’infrastructures au niveau de plus de 100 nations en développement. Le pays a essuyé de vifs critiques de la part des occidentaux, accusé d’avoir endetté ces Etats à des niveaux excessifs. En tête l’Angola et Djibouti dont la dette chinoise dépasse 40% de leur PIB, mais aussi le Congo, la Zambie, le Mozambique. Le président américain propose une approche différente.

« Lorsque les démocraties démontrent ce qu’ils peuvent  faire, tout ce qu’ils ont à offrir, je ne doute pas que nous gagnerons la compétition à chaque fois », a averti Joe Biden.

Toujours est-il qu’il n’appartient pas au pays développés de désigner le meilleur partenariat pour l’Afrique, d’autant plus que ces critiques cachent un conflit d’intérêt. Il est plutôt du ressort des dirigeants et des peuples africains de trier les offres et de n’accepter que les plus rentables pour le continent, sans opposer les investissements chinois à ceux des occidentaux.

Mali : De retour sur les marchés financiers

Assimi Goita. Président du Mali.

Libéré des sanctions économiques de la Cedeao, le Mali tente de reprendre pieds sur les marchés financiers. Le gouvernement de transition d’Assimi Goita doit redresser une économie en souffrance.

La Cedeao a levé les sanctions économiques qui pesaient sur le Mali. La décision prise le 03 juillet à Accra au Ghana met un terme au gel des avoirs de l’État malien, des entreprises publiques et parapubliques. Le pays peut désormais procéder à des transferts via des systèmes de paiement à travers la Banque Centrale. A cela s’ajoute la réouverture des frontières terrestres, maritimes et la validation par la Cedeao du nouveau calendrier proposé par la junte lui permettant de rester au pouvoir jusqu’en 2024. La levée de ces sanctions en vigueur depuis janvier 2022 permettra au Mali de se redéployer sur les marchés financiers.

Regagner la confiance des créanciers

Les sanctions imposées au Mali par la Cedeao l’ont exclu des plateformes financières internationales, rendant impossible le remboursement de ses créances. Dés janvier, le Mali a accumulé les défauts de paiement qui se sont élevés à environ 82 millions d’euros au cours du mois de février. Depuis les impayés se sont accumulés sur six mois pour atteindre 550 millions de dollars d’impayés pour la dette émise sur le marché régional. Les arriérés de dette du pays envers des instituions internationales se sont envolés à  80 millions de dollars sur la même période. Soit un total cumulé de 3% du PIB malien, détériorant la confiance des bailleurs.

Transition  au Mali : La CEDEAO exprime sa déception

 Aussitôt la levée des sanctions annoncée, le Mali a entamé des discussions pour le remboursement de ses créances. Le gouvernement de transition dirigé par le Colonel Assimi Goita a  retrouvé l’accès à ses comptes domiciliés auprès de la BCEAO et procédé le 4 juillet au remboursement d’une créance arrivée à échéance, selon une information de Reuters. Le pays peut désormais émettre de nouveaux titres de dette pour financer le fonctionnement de l’Etat. Au début de l’année 2021, les besoins de financement du Mali sur le marché régional ont été évalués à près de 363 millions de dollars.

Redresser une économie en panne

Selon une note de l’agence Moody’s, le Mali devrait s’attendre à une croissance de 1,5% en 2022 contre 5,5% auparavant. Par ailleurs, la pandémie du COVID-19 associée à un coup d’État en août 2020 a fait passer l’économie d’une forte croissance de 5,1 % du PIB réel en 2019 à une récession au cours de laquelle le PIB réel a diminué de 2 % en 2020. Ce qui correspond à une perte totale de croissance de 7,1 points de pourcentage, d’après l’analyse de la Banque Africaine de développement (BAD) dans ses perspectives du pays 2021. L’économie malienne a été par la suite malmenée par une série d’événements défavorables. L’escalade des sanctions économiques de la Cedeao, la persistance des attaques terroristes menées par les djihadistes, les conséquences de la pandémie du COVID-19 ont affaibli le pays. Non producteur de pétrole et de gaz, le Mali subit la hausse des prix du baril qui se négocie à plus de 110 dollars en juillet 2022 contre 74 dollars en septembre 2021. Ces facteurs combinés à une flambée des prix des denrées alimentaires dans le contexte de la guerre Russie- Ukraine ont contribué à creuser les déficits budgétaires.

Leadership : Oramah Benedict, président d’Afreximbank primé

"Vous ne verrez pas le FEDA investir dans les minéraux et les métaux. Nous devons aller au-delà. Mais vous verrez FEDA investir dans les raffineries comme elle l'a fait avec la raffinerie de Cabinda en Angola", a déclaré Oramah Benedict, président d'Afreximbank.

Le secteur énergétique africain récompense le président d’Afreximbank pour son engagement en faveur du maintient des financements pour l’exploitation des ressources fossiles africaines.  Homme du Sérail, Oramah s’est distingué par sa réactivité lors de la pandémie du Covid 19 et sa prise de distance vis-à-vis  les décisions occidentales pour imposer les « énergies propres » en Afrique.

Le prix inaugural de l’ « African Energy Person of the Year » a été décerné au président d’African Export-Import Bank (Afreximbank), Benedict Okey Oramah. La distinction lui sera attribuée par la Chambre africaine de l’énergie (APPO) lors de la African Energy Week 2022  (www.AECWeek.com) à Cape Town en Afrique du Sud au cours du mois d’octobre. L’information a été donnée le 05 juillet par l’organisme panafricain basé à Johannesburg. Le prix de la personnalité africaine de l’année dans le domaine de l’énergie récompense une personne qui a exercé une influence ou joué un rôle de premier plan dans le secteur de l’énergie en Afrique au cours de l’année, ou qui a défendu l’Afrique et son secteur énergétique.

Qui est Bennedict Oramah ?

Oramah, titulaire d’un doctorat en économie agricole, est président du conseil d’administration d’Afreximbank depuis 2015. Avant de commencer sa carrière à Afreximbank en 1994, il a été  directeur adjoint de la recherche à la Nigerian Export Bank. Oramah est aussi un auteur publié et intervient fréquemment lors de conférences sur le financement du commerce dans le monde entier. En mai, il a été nommé banquier africain de l’année – pour la deuxième fois – en guise de reconnaissance de son leadership pendant la pandémie de COVID-19. Sous sa direction, Afreximbank a distribué plus de 7 milliards de dollars aux pays africains pendant la pandémie afin qu’ils puissent faire face à l’impact dévastateur du COVID-19 sur leurs économies. En outre, Afreximbank a garanti l’achat de 400 millions de doses de vaccins COVID-19 de Johnson & Johnson, une quantité suffisante pour vacciner 30 % de la population du continent.

Pour une transition énergétique mais sous le respect le calendrier africain

A sa présidence, Afreximbank remet le secteur énergétique africain au cœur de ses préoccupations. Il soutient la mise en place d’un secteur énergétique africain fort. Lequel doit combiner un mélange de pétrole, de gaz et de sources renouvelables. En 2021, l’Afrique a tenté de convaincre la communauté internationale de respecter les priorités du continent, en prônant cette solution. Un plaidoyer qui n’a pas trouvé une oreille attentive. Au cours de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26) de 2021 à Glasgow, plus de 20 pays et institutions financières se sont engagés à mettre fin au financement public de projets de combustibles fossiles à l’étranger. Les investissements étrangers dans les projets pétroliers et gaziers africains se sont rapidement taris. Aussitôt, la chambre africaine de l’énergie a réclamé une banque africaine de l’énergie pour compenser cette rupture.  L’établissement devrait financer les projets énergétiques et permettre aux nations africaines de passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables selon leur propre calendrier. L’appel a reçu un écho favorable d’Afreximbank sous la présidence d’Oramah. Il s’ensuit la signature d’un protocole d’accord en mai 2022 entre Afreximbank et APPO pour la création d’une banque africaine de transition énergétique

 « Nous vivons une époque difficile où nous devons nous efforcer de trouver un juste équilibre entre les impératifs d’atténuation du changement climatique et l’urgence d’éviter les bouleversements sociaux résultant de conditions économiques et financières de plus en plus difficiles en Afrique », avait alors déclaré le Dr Oramah.

Cette année encore, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) Limited a obtenu d’Afreximbank un engagement de 5 milliards de dollars pour le financement d’entreprises, qui soutiendra des investissements dans le secteur en amont du Nigeria. Le président d’Afreximbank s’est joint aux voix dénonçant le tarissement du financement des énergies fossiles dont l’Afrique a encore besoin. Il estime que l’équilibre est la clé d’une transition énergétique juste. C’est rapprocher le monde de ses ambitions de réduction nette de la consommation d’énergie, tout en permettant à l’Afrique d’exploiter encore ses réserves pétrolières et gazières pour financer son développement économique.

Sénégal : l’opposition maintient la pression malgré l’accalmie

De gauche à droite : le président Macky Sall, l'opposant Ousmane Sonko. (Dr).

Après les tensions suscitées par le rejet en juin de la liste des titulaires de YAW, principale coalition de l’opposition, le Sénégal connait une relative accalmie. Mais les partisans d’Ousmane Sonko qui ont sursoit à leurs marches interdites restent mobilisés pour arracher la majorité aux élections législatives du 31 juillet.

A l’approche de la fête de Tabaski, le chef de l’opposition Ousmane Sonko annonce une accalmie  dans son bras de fer avec les autorités sénégalaises pour ne pas perturber ou pénaliser les activités et festivités autour de cette fête. Une période durant laquelle les travailleurs du secteur informel réalisent une bonne partie de leurs chiffres d’affaires annuels. Ses partisans de la coalition Yewi Askan WI (YAW) évoquent l’intervention des chefs religieux, leur  volonté de ne pas perturber les examens scolaires ou encore le départ des pèlerins à la Mecque. Un soulagement pour ceux qui craignaient que la manifestation interdite du mercredi 29 juin, ne dégénère comme celle du 17 juin.  La police a tiré des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les foules, tuant trois personnes.

Ousmane Sonko, leaders du par Pastef a dans une série de tweets du 29 juin appelé les Sénégalais à se mobiliser massivement pour voter contre le président Macky Sall, lors des prochaines élections.

Report des marches certes,  mais l’opposition, qui a trouvé en ces concerts de casseroles une nouvelle manière de s’exprimer, ne relâche pas la pression sur le président Macky Sall à moins d’un mois des élections législatives programmées au 31 juillet. La coalition YAW avait conditionné sa participation aux législatives par la validation sa nationale de titulaires. Elle s’est rétractée pour se positionner derrière sa liste de suppléments, elle validée, pour rendre le président Macky Sall minoritaire à l’assemblée nationale.

Tout est parti du rejet de la liste principale de YAW – coalition des principaux partis de l’opposition sénégalaise – éliminant ses ténors dont le chef fil Ousmane Sonko. Les Sénégalais sont descendus massivement la rue à Dakar et Zinguichor le 17 jui afin de contester la décision, défiant l’arrêt du préfet de Dakar interdisant cette marche pour risque de trouble à l’ordre public. Ce qui n’est pas sans rappeler les événements de l’année dernière.

Le spectre de l’élimination d’un nouvel adversaire politique

En mars 2021, Ousmane Sonko avait été inculpé pour viol et menace de mort et placé sous contrôle judiciaire, à la suite d’une plainte déposée en février 2021 par Adji Sarr.  La jeune fille de 20 ans était employée dans un salon de beauté, où il se faisait massait pour mal de dos. L’interpellation du leader de Pastef en mars dans cette affaire avait déclenché les pires émeutes connues par le Sénégal au cours de ces dernières années. Plus d’une dizaine de personnes ont été tuées. Des voix se sont élevées pour accuser le leader de l’APR Macky Sall – qui maintient le flou – de vouloir briquer un troisième mandat et d’éliminer tout adversaire potentiellement dangereux. Le cas de Karim Wade est encore frais dans les mémoires. Le  fils de l’ancien chef d’Etat Abdoulaye Wade, leader du PDS, a été accusé de détournement de deniers publics. Reconnu coupable, il a écopé d’une peine de prison de plus de 6 ans lui dépouillant ses droits civils et politiques et le rendant inéligible. Il a été ensuite libéré par un accord, sans éclaircissement sur le devenir des fonds en question. Il s’ensuit le cas d’un autre adversaire politique. Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar, a été accusé de détournement, condamné et destitué de son poste de maire. Il a été aussitôt libéré, mais dépouillé de ses droits civils et politiques, lui rendant inéligible.

Hydrocarbure : Nouvelle étape pour le gazoduc transsaharien Niger, Algérie, Nigeria

Avec près des deux tiers de la construction achevée, Cabinda est la plus avancée des trois nouvelles raffineries prévues, aux côtés d'une usine soutenue par Eni à Luanda en cours de modernisation. (Crédit : DR)

Le trio Algérie, Niger et Nigéria annonce une avancée dans le projet de construction du gazoduc devant relier l’Afrique à l’Europe, appelé TSGP.  Après la déclaration de Niamey en février, les différentes parties ont établi une feuille de route pour le développement du projet estimé à plus de 13 milliards de dollars.

Une nouvelle marche a été franchie dans le projet de construction du gazoduc Niger, Nigeria et l’Algérie et devant fournir du gaz à l’Europe. Le ministère du Pétrole du Niger a de ce fait estimé que son pays a entamé une nouvelle étape dans l’ouverture du marché national et régional du gaz grâce au progrès du projet de la construction du gazoduc transsaharien (TSGP) de plusieurs milliards de dollars. La déclaration intervient à la suite de sa rencontre avec Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie et des Mines Algérien, et Timipre Sylva, ministre d’État aux ressources pétrolières du Nigeria ainsi que les directeurs généraux des compagnies pétrolières nationales (NOC) des trois pays africains. Lesquels ont mené des discussions sur la mise en œuvre du TSGP le 20 juin 2022, à Abuja. Un comité de pilotage composé des trois ministres et directeurs généraux des NOC, mis en place lors de cette rencontre sera chargé de mettre à jour l’étude de faisabilité du TSGP, se réunira fin juillet 2022 à Alger pour discuter de la marche à suivre.

Pour booster l’économie des trois pays

Avec 4128 km allant de Warri au Nigeria à Hassi R’Mel en Algérie via le Niger, le gazoduc créera non seulement une connexion directe entre le Nigeria et les champs gaziers algériens vers les marchés européens, mais apportera des avantages significatifs au Niger. Dotée d’une capacité de plus de 34 milliards de mètres cubes de gaz, le Niger, à part entière, a le potentiel pour devenir un exportateur. Initiative pour l’élargissement des liens énergétiques entre l’Europe et l’Afrique, le projet TSGP devrait marquer une nouvelle ère de coopération régionale en Afrique, renforçant la monétisation et les exportations de gaz tout en augmentant les exportations des pays connectés au gazoduc vers l’Europe via l’Algérie. L’Afrique a connu des ralentissements dans les flux d’investissements sur des projets énergétiques, des retards dans l’exploration, la production et le déploiement des infrastructures. Le continent a aussi subi la pandémie de COVID-19 et les politiques mondiales liées à la transition énergétique. Sebastian Wagner, président exécutif du Germany Africa Business Forum, appelle les investisseurs africains à se mobiliser pour le projet.

« CE QUE NOUS VOULONS VOIR, CE SONT LES FINANCIERS AFRICAINS QUI SE MOBILISENT POUR SOUTENIR LE DÉPLOIEMENT DU TSGP. L’AUGMENTATION DE L’EXPLORATION, DE LA PRODUCTION ET DU DÉVELOPPEMENT DES ACTIFS PÉTROLIERS ET GAZIERS EST CE QUI SORTIRA L’AFRIQUE DE LA PAUVRETÉ ÉNERGÉTIQUE D’ICI 2030. » A- T-IL DÉCLARÉ.

La redynamisation de ce projet intervient dans un contexte de guerre entre l’Ukraine et la Russie principale fournisseur de gaz à l’Europe. Cette dernière recherche activement de nouvelles sources d’approvisionnement pour réduire sa dépendance du gaz russe. Le projet TSGP pourra jouer un rôle essentiel pour mieux positionner le Niger, aux côtés de l’Algérie, du Nigeria, et plus tard d’autres pays africains producteurs dans la carte de la production de l’énergie au niveau mondial. Le projet de 13 milliards de dollars doit stimuler la croissance socio-économique en débloquant des investissements massifs dans le secteur de l’énergie. Il devrait aussi  contribuer à créer des emplois dans diverses industries, notamment l’énergie, la pétrochimie et la fabrication, tout en optimisant la production d’énergie et en positionnant l’Afrique en tant que plaque tournante énergétique mondiale.

La Côte d’Ivoire en partenariat avec le GCA pour endiguer le changement climatique

En Côte d'Ivoire c'est le début de la 3eme édition des Green Days Africa pour promouvoir les investissements verts.. (Dr : BondEvalue )

La Côte d’Ivoire noue un partenariat pour renforcer ses fonds verts.  Le Centre mondial pour l’Adaptation (GCA) a signé un protocole d’accord avec le Ministère de l’Économie et des Finances Ivoirien. L’accord permet de renforcer la part des investissements pour l’adaptation et la résilience du futur programme d’obligations durables du pays, doté de 2 milliards d’euros.

11 secteurs ivoiriens sont particulièrement vulnérables au changement climatique, selon la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) de la Côte d’Ivoire. L’organisme estime la mise en œuvre de ces mesures d’adaptation à 1,76 milliards de dollars. Conformément à l’accord, le GCA soutiendra la Côte d’Ivoire dans l’identification des projets. Il mettra l’accent sur les projets liés au changement climatique et à l’adaptation, à travers une intervention en deux phases. D’abord, l’assistance technique de la GCA portera sur l’examen du budget et l’identification des dépenses budgétaires éligibles, conformément au cadre de l’ESG ivoirien. Ensuite, il s’agit d’hiérarchiser, de répartir et de faire le suivi des dépenses liées au changement climatique. Mais aussi de former les entités gouvernementales concernées à ces processus et outils – y compris le Comité ESG.

G5 Sahel : La BAD finance la production d’énergie renouvelable à grande échelle

Patrick Verkooijen, PDG du Centre mondial pour l’adaptation estime que par cet accord, le GCA soutient le gouvernement de la Côte d’Ivoire pour mettre en route l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques. Il s’appuie de ce fait sur la crédibilité, la portée, la dynamique et la fluidité que le marché des obligations vertes a atteinte au cours des dix dernières années.

« Nous espérons que, grâce à notre Programme d’Accélération de l’Adaptation en Afrique, d’autres pays du continent suivront l’exemple de la Côte d’Ivoire afin que les financements soient en place pour mettre en œuvre les mesures d’adaptation nécessaires afin d’assurer l’avenir des vies et des moyens de subsistance des populations sur tout le continent », a-t-il déclaré.

Pour Adama Coulibaly, ministre Ivoirien de l’économie et des finances,  « Les dépenses publiques ne peuvent à elles seules combler le déficit de financement des mesures d’adaptation. Les investissements du secteur privé doivent donc évoluer en même temps que les investissements publics pour compléter les ressources limitées ».

La Côte d’Ivoire a mis en place un Comité ESG pour sélectionner les projets financés par les obligations durables. Le Comité ESG est dirigé par le Ministère de l’Économie et des Finances, à travers la Direction de la Dette Publique et des Dons. Son partenaire, le Centre mondial pour l’adaptation (GCA) est une organisation internationale, un courtier en solutions d’adaptation. Et ce, en partenariat avec le secteur public et privé.

Assurance : la BAD entre dans le capital du réassureur CICA-RE

Répartition du capital de la CICA-RE avant le financement de la BAD. (DR : CICA-RE)

Après Africa- RE, la Banque africaine de développement (BAD) rejoint le capital de CICA-RE, troisième réassureur de la sous-région.  A la clé, le renforcement des capacités d’intervention de l’assureur sur le marché africain.

La BAD entre au capital de la CICA-RE à hauteur de 6,56 milliards de FCFA, soit près de 10 millions d’euros et rejoint par la même occasion le conseil d’administration du groupe panafricain. L’opération devrait permettre à la CICA-RE de renforcer ses capacités de financement de ses opérations d’expansion en Afrique, mais aussi d’accroitre sa contribution au développement des marchés de capitaux domestiques grâce à la rétention d’une part substantielle des primes de réassurance générées localement. Les fonds sont aussi destinés à consolider le cadre de gouvernance et de gestion des risques, à diversifier les produits et services de réassurances offertes , mais aussi à accroitre la capacité de CICA-RE à fournir de l’assistance technique en matière d’assurance et de réassurance.

« Cette opération est l’une des interventions stratégiques que la Banque mène pour accroitre sa contribution au développement du secteur de la réassurance en Afrique, en épaulant de solides acteurs africains comme la CICA-RE, capables de rivaliser avec les standards internationaux », a déclaré Stefan Nalletamby, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la Banque africaine de développement, signataire de la convention au nom de la Banque.

De son côté, la CICA-RE par la voie de son DG Karim Diarassouba  estime que le partenariat renforcera la solidité financière de la compagnie, pour soutenir la croissance de ses activités de réassureur communautaire, et enrichir son expérience multisectorielle. Acteur clé du développement de l’assurance et de réassurance de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), la CICA-RE compte douze États membres : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le République centrafricaine, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Finance : Le Sénégal émet des Soukouks de 525 millions de dollars

Le Conseil national du patronat a déploré la perte de centaines de milliards de francs CFA dans de nombreux secteurs, lors des violentes manifestations de juin. (Dr. Palais présidentiel, Dakar, Sénégal).

Le produit de l’émission servira à financer l’acquisition d’immeubles devant servir en tant que bureaux administratifs et à financer divers autres projets gouvernementaux.

Sénégal a émet des soukouks d’une valeur de 330 milliards de francs africains (FCFA) (environ 525,4 millions USD)  en trois tranches, attirant les commandes d’investisseurs régionaux et du Moyen-Orient. La première tranche est une émission de Soukouk de sept ans, la seconde est une tranche de 10 ans et la troisième tranche a une durée de 15 ans. Les certificats Soukouk seront cotés à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières. Le produit de l’émission servira à financer l’acquisition d’immeubles devant servir en tant que bureaux administratifs et à financer divers autres projets gouvernementaux.
Le Soukouk a été émis récemment par le Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC), sous la tutelle de la Société Nationale de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine Bâti de l’État (SOGEPA SN), une société mise en place par le gouvernement sénégalais pour générer des fonds et couvrir les besoins immobiliers croissants du pays.
La Banque Islamique du Sénégal (BIS) était le chef de file aux côtés de la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), agissant en tant que co-arrangeur tandis que Taiba Titrisation agit en tant que société de gestion.

Africa leadership