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Île Maurice : 110 millions de dollars de la BAD pour l’électricité

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement BAD a approuvé mercredi, à Abidjan, un prêt de 110 millions de dollars américains en faveur de Maurice. (Crédit : BAD).

La Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 110 millions de dollars destiné à renforcer le réseau électrique et à construire de nouvelles sous-stations. Le pays pourra ainsi remplacer la production d’électricité basée sur l’énergie thermique utilisant des combustibles importés.

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement BAD a approuvé mercredi, à Abidjan, un prêt de 110 millions de dollars américains en faveur de Maurice. Le financement est destiné à mettre en œuvre le Projet de construction de sous-stations avec postes de transformateurs isolés au gaz. Le projet vise à améliorer la stabilité du réseau électrique mauricien, à le rendre plus opérationnel tout en facilitant son expansion et son raccordement aux productions d’énergies renouvelables. Le pays pourra ainsi remplacer la production d’électricité basée sur l’énergie thermique qui utilise des combustibles importés. L’impact attendu à long terme est d’accroître la résilience du réseau aux changements climatiques et d’augmenter le nombre de points d’injection pour les installations de production d’énergies renouvelables.

« Ce projet va surtout contribuer à renforcer la résilience du système énergétique mauricien face aux changements climatiques, en permettant d’intégrer les énergies renouvelables dans le réseau et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre résultant des pertes d’énergie et de l’usage de combustibles fossiles », a déclaré Tiana Manasse-Ratsimandresy, responsable du projet à la Banque africaine de développement.

Le projet prévoit ainsi de réhabiliter six postes existants : le poste de La Chaumière, ceux d’Henrietta, de Belle Vue, le poste du Fuel, les poste de commutation de Wootom et d’Ébène. Ces six postes ont plus de 30 ans d’exploitation et approchent la limite de leur durée de vie technique. Ce projet va surtout contribuer à renforcer la résilience du système énergétique mauricien face aux changements climatiques. Par ailleurs, quatre nouveaux postes électriques sous enveloppe métallique de 66/22 kilovolts seront construits pour répondre à la demande de charge des grands projets et servir de points d’interconnexion supplémentaires pour la production d’énergie renouvelable à grande échelle. Cette composante concerne les postes de Rose Belle, de l’aéroport, de la côte d’Or et de l’Avenir. La zone cible du projet comprend les dix emplacements des sites de sous-stations identifiés pour être réhabilitées. La plupart des sites sélectionnés sont liés à la demande croissante d’électricité du fait du développement industriel du pays. Les ménages, les entreprises et les industries du pays bénéficieront d’un approvisionnement accru, de la fiabilité et d’une meilleure qualité d’approvisionnement en électricité.

« La réhabilitation des infrastructures publiques existantes et la réalisation de nouvelles infrastructures sont considérées comme un axe stratégique par les autorités mauriciennes pour relancer l’économie », a précisé Tiana Manasse-Ratsimandresy, responsable du projet à la Banque africaine de développement.

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Contentieux Tchad-Savanah Energy: jusqu’où ira la crise entre Ndjamena et Yaoundé ?

A N'djamena, les autorités mettent en avant, une question de « souveraineté » pour le pays. Pour le Tchad, en effet, le secteur des hydrocarbures est vital puisqu'il représentait plus de 11% de son PIB  et 80% de la valeur de ses exportations en 2020. ( De gauche à droite : Mahamat Déby, Paul Biya).

Plus de 72h après le rappel par Ndjamena, de son ambassadeur au Cameroun, Yaoundé n’a pas encore réagi aux accusations des autorités tchadiennes dans le contentieux qui les oppose à Savanah Energy PLC. A travers cette décision, Ndjamena s’insurge de la cession des 10% des parts de la compagnie qui gère le pipeline d’exportation du pétrole entre les deux pays à la Société nationale des hydrocarbures camerounaise alors que le pays a engagé une procédure de nationalisation d’Esso Tchad, filiale locale de la société américaine Exxon Mobil, après que les autorités tchadiennes se sont opposées à son rachat par Savanah Energy. Les deux pays voisins ont pourtant tout intérêt à accorder leurs violons au regard de la menace qui pèse sur les intérêts stratégiques que tirent leurs économies si la tension perdure alors que l’affaire est désormais portée devant un tribunal arbitral.

Le contentieux entre l’Etat du Tchad et Savannah Energy PLC. est en train de virer à la crise diplomatique entre N’djaména et Yaoundé. Jeudi 20 avril dernier, la Présidence tchadienne a fait savoir par un communiqué qu’en raison des différends persistants avec son voisin, le Cameroun, il a décidé de rappeler pour consultation son ambassadeur à Yaoundé. Selon le communiqué, la décision est motivée par « la persistance des différends entre le Tchad et le Cameroun, notamment autour de la question de la prétendue acquisition des actifs de l’ex-ESSO (ex-filiale du géant américain des hydrocarbures ExxonMobil) par la nébuleuse Savannah Energy ».  N’djaména a ainsi déploré que  « par tous les canaux de communication existant entre le Tchad et le Cameroun, la question a été soumise à l’attention du Cameroun, tout en l’informant également des agissements inamicaux et contraires aux intérêts du Tchad posés par ses représentants dans les conseils d’administration de Cameroun Oil Transportation Company S.A (COTCO) et Tchad Oil Transportation Co. (TOTCO). Plusieurs lettres de suite ont été adressées aux autorités camerounaises, lettres qui sont restées sans réponses ». Aussi, poursuit le communiqué, « le Tchad se trouve dans l’obligation de défendre ses intérêts et sa respectabilité et dénonce les agissements répétés du Cameroun et de ses représentants qui mettent à mal, dans ces dossiers et au sein de la Communauté monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les relations entre les deux pays ».

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Plus de 72h après l’annonce de cette décision des autorités tchadiennes, le gouvernement camerounais n’a pas officiellement réagit. Contacté par les médias, le ministre camerounais des Affaires étrangères, Mbella Mbella Lejeune a juste indiqué que Yaoundé a «pris acte» de la décision des autorités tchadiennes.

Les dessous d’un bras de fer qui ne fait que commencer

Pour comprendre les dessous de cette crise diplomatique, il faut remonter à décembre 2022 lorsque  Exxon Mobil qui assure le transport du pétrole tchadien du champ de Doba jusqu’à Kribi au Cameroun, à travers un pipeline de 903 kilomètres, avait annoncé avoir vendu ses parts à la société Savannah. Une transaction estimée à 250 milliards de francs CFA  soit 381 millions d’euros, à laquelle le Tchad s’est opposé arguant que la société  ne « dispose pas de capacités ni de garanties demandées par le Tchad », comme rapporté dans le communiqué du conseil extraordinaire des ministres du 27 mars dernier qui a statué sur la question. Le gouvernement tchadien qui dit avoir émis  « des réserves et des objections à cette cession car le pétrole est un domaine stratégique pour le Tchad représentant plus de 80 % des recettes d’exportation », a par la suite décidé de nationaliser la société Esso, une décision validée par la suite et à l’unanimité par le Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif du pays, avant d’être  promulgué, fin mars, par le président Mahamat Idriss Deby.

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Face à cette décision des autorités tchadiennes, Savannah Energy a décidé de porter l’affaire devant un tribunal arbitral. Entre temps, le contentieux s’est transporté au niveau des deux sociétés créées, au Cameroun (Cotco) et au Tchad (Totco), pour la gestion de l’oléoduc de transport du pétrole tchadien via le territoire camerounais. Dans le cadre du processus de nationalisation qu’il a lancé, le gouvernement tchadien a annoncé sa décision d’acquérir « de commun accord », les 30 % des parts de la compagnie Malaisienne Pétronas, qui, avec Exxon et l’Etat tchadien, cogéraient le secteur pétrolier du pays. En ce sens, Ndjamena dit avoir sollicité via la CEMAC , les avis des ministres du Commerce de tous les pays de la sous-région, conformément aux lois communautaires. « Plus d’un mois après, seul le Cameroun n’a pas répondu à l’avis de non-objection adressée par la CEMAC », a dénoncé le Tchad pour qui, il s’agit de la seule réponse qui devrait, à terme, permettre à Ndjamena de poursuivre l’acquisition des parts de Pétronas. En outre, le Tchad s’est offusqué du fait qu’après plusieurs relances, les autorités de Yaoundé soit resté muettes sur le sujet bien qu’elles aient été informé « des agissements inamicaux et contraires aux intérêts du Tchad, posé par ses représentants au conseil d’administration de Cotco/Totco ». C’est dans ce contexte que le gouvernement dit avoir appris le 20 avril 2023, « par voie de presse, la signature d’un accord prévoyant la cession par une filiale de Savannah Energy PLC de 10 % du capital social de Cotco, en contradiction avec les conventions et les statuts de COTCO, à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) du Cameroun ». Pour le Tchad, donc, le Cameroun a finalisé avec Savanah Energy, l’opération de rachat de 10 % de ses parts dans Cotco, avec qui il est en froid dans le cadre du contentieux porté devant les tribunaux, ce qui constitue les raisons de l’incompréhension et de l’irritation de N’djamena. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’opération a été conclue  pour un montant de 44,9 millions de dollars, soit environ 26 milliards de francs CFA.

Des intérêts stratégiques partagés

Ce nouveau rebondissement dans l’Affaire Etat du Tchad contre Savanah Energy PLC risque de compliquer davantage la procédure arbitrale en cours notamment sur le montant des indemnisations que pourrait réclamer la britannique. A N’djamena, les autorités mettent en avant, une question de « souveraineté » pour le pays. Pour le Tchad, en effet, le secteur des hydrocarbures est vital puisqu’il représentait plus de 11% de son PIB  et 80% de la valeur de ses exportations en 2020. Cependant, les autorités savent aussi qu’ils marchent sur des œufs puisque l’économie du pays d’Afrique centrale dépend en grande partie de son grand voisin puisque le Tchad dépend majoritairement du port de Douala au Cameroun pour ses importations, qui représentent selon les statistiques officielles, près de 80 % d’entrées de marchandises sur son territoire tchadien. Pour les hydrocarbures, N’Djamena dépend aussi à 100 % du Cameroun pour l’exportation de son pétrole qui transite par une base flottante à Kribi dans le sud du pays via l’oléoduc construit entre les deux pays. Une infrastructure qui génère également de substantielles royalties pour le Cameroun. En 2022, le gestionnaire coté Cameroun, Cotco, a annoncé  avoir transporté le pétrole brut tchadien pour une valeur estimée à 4,5 milliards de dollars en 2022 soit près de 2700 milliards de francs CFA. Et dans son rapport du premier semestre de la même année, Cotco rapporte que le Cameroun a engrangé 18,6 milliards de francs CFA de droit de transit du pétrole tchadien.

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Des intérêts communs qui viennent s’ajouter à d’autres dans les domaines sécuritaires notamment la lutte contre Boko Haram. Les deux pays sont certes loin de la crise diplomatique et, de l’avis de plusieurs analystes, Ndjaména tout comme Yaoundé n’ont aucun bénéfice à faire perdurer cette crise. Dans la capitale camerounaise tout comme pour certains spécialistes de la question, à travers cette décision, les autorités tchadiennes visent plus à mettre la pression sur leurs homologues camerounaises et surtout, impliqué le Palais d’Etoudi dans cette crise qui s’annonce comme un chemin de croix pour Ndjamena. Le contentieux avec Savanah Energy PLC s’annonce, en effet, très sensible et les autorités tchadiennes vont devoir manœuvrer avec tact pour sortir de cette affaire sans trop de casse pour ses finances alors que sont économie s’appuie beaucoup sur la rente pétrolière pour sortir de la crise dans laquelle elle était engluée depuis des années et dont le pays peine à sortir après avoir beaucoup souffert d’un autre et couteux accord avec Gleencore.

Gaz : hausse de 6,7% des exportations du GNL des pays du GECF

Les 5 pays africains membres du GECF sont l'Algérie, la Guinée équatoriale, l'Egypte, la Libye, et le Nigéria.

En mars 2023, les exportations du GNL des pays membres et observateurs du GECF – Forum des pays exportateurs de gaz – ont continué à augmenter, avec une croissance en glissement annuel de 6,7%, soit 1,11 Mt de plus par rapport au même mois de l’année 2022. L’information publiée dans un rapport de l’organisation intergouvernementale a été relayée par l’agence de presse algérienne APS. Le GECF est composé de 12 pays membres dont 5 africains.

Les exportations du Gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des pays du GECF ont augmenté de 6,7% en mars dernier, pour atteindre 17,66 millions de tonnes (Mt), a indiqué l’organisation dans son rapport mensuel publié mercredi. Le forum des pays exportateurs de gaz (GECF) est composé de 12 pays membres, dont 5 pays africains. Ces derniers sont l’Algérie, la Guinée équatoriale, l’Egypte, la Libye, le et Nigéria. Des pays auxquels s’ajoutent le Qatar, la Russie, Trinidad et Tobago, les Emirats Arabes Unis (EAU) et le Venezuela, la Bolivie, l’Iran ainsi que de 7 pays observateurs, à savoir l’Angola, Azerbaïdjan, l’Irak, la Malaisie, le Mozambique, la Norvège et le Pérou. Le GECF est une organisation intergouvernementale créée lors de la 8ème session du Forum informel des mêmes pays, tenue à Moscou en décembre 2008.

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« En mars 2023, les exportations du GNL des pays membres et observateurs du GECF (Forum des pays exportateurs de gaz) ont continué à augmenter, avec une croissance en glissement annuel de 6,7%, soit 1,11 Mt de plus par rapport au même mois de l’année 2022 », précise la même source dans le rapport relayé par l’agence de presse algérienne Algérie Presse Services (APS).  Globalement, les exportations mondiales du GNL ont atteint en mars dernier un niveau record de 36,36 Mt, ce qui représente une augmentation de 6,5% (2,22 Mt) sur un an. Les pays du GECF ont représenté la moitié de l’augmentation supplémentaire des exportations du GNL, selon le document précisant que les Etats-Unis étaient le premier exportateur mondial en la matière suivis de l’Australie et le Qatar. S’agissant de la consommation du gaz, elle a enregistré en mars 2023 une baisse de 13% en glissement annuel dans les pays de l’Union européenne (UE), pour atteindre 34,1 milliards de mètres cubes, un recul de 1% au Royaume Uni (6,6 milliards m3), alors qu’elle augmenté aux Etats-Unis de 5,3% (82 milliards m3). La consommation en Chine a augmenté, quant à elle, en février dernier, de 4,6% sur un an avec un volume de 31 milliards m3, boostée notamment par la relance économique après la levée des mesures de restrictions liées à la Covid-19. S’agissant de la production gazière, elle a diminué en Europe de 3,3% pour s’établir à 15,3 milliards m3 en février 2023, principalement en raison de la baisse de la production des Pays-Bas, du Norvège et du Royaume-Uni, explique le document du GECF.

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La production en Chine a connu une croissance de 6% (20 milliards m3), d’après le même document soulignant par ailleurs qu’en Amérique du Nord, les sept majors pétroliers du gaz du schiste ont produit 84,5 milliards m3, soit une hausse de 7% sur un an. Pour ce qui est du commerce du gaz en mars 2023, les importations de l’UE par gazoduc ont drastiquement baissé de 39% pour atteindre 13,7 milliards m3. Le rapport du Forum fait état, par ailleurs, d’une baisse continue des prix sur les marchés spot. Ils ont diminué en mars dernier pour le troisième mois consécutif pour atteindre en moyenne 13,87 dollars/MMBTU.

Chronique : quelle position pour l’Afrique dans la guerre hégémonique entre le dollar et le yuan ?

Mais où se trouve l’Afrique dans ce classement. La première nation, en termes de réserve d’or est l’Algérie, 27ème mondial avec un peu moins que 174 t d’or. (Crédit : Dr, AI)

Le continent dispose d’importantes réserves d’or, estimées en plusieurs milliers de tonnes. Si de rares pays ont pris le pari du raffinage, hélas un grand nombre a opté pour la facilité, laissant leurs ressources entre les mains de multinationales qui ne leur octroient qu’une faible part dans le capital. L’or, valeur-refuge, par excellence, aiderait grandement à asseoir une ou des monnaies de réserve.

Lorsque l’or raffiné passe au nez et à la barbe de pays Africains pour aller renflouer les chambres fortes de de la Deutsche Bank, Fort Knox, de la Banque d’Angleterre ou encore de la Souterraine à Paris, qu’est-ce qu’y gagne le pays africain émetteur ? S’il est vrai que le stock d’or, à lui seul, ne détermine pas la solidité, ou mieux la consistance d’une monnaie, il y joue une part importante. C’est un élément essentiel à prendre en compte dans une politique monétaire qui doit considérer un contrôle de change strict, une composition savante d’un panier de devises fortes et autres actifs… 

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Aujourd’hui qu’un nouveau concept apparaît à côté du pétrodollar ; on parle de plus en plus de pétroyuan, une guerre hégémonique entre le dollar américain et le yuan chinois est plus qu’envisageable. Si cela se produit, il est probable que cela aura un impact significatif sur les marchés financiers et les économies mondiales. Dans un tel contexte, l’or est souvent considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude économique et financière. Les investisseurs peuvent chercher à acheter de l’or pour se protéger contre les fluctuations des devises et les risques géopolitiques. Historiquement, l’or a été considéré comme une réserve de valeur relativement stable et a été utilisé comme monnaie pendant des milliers d’années.

Une nouvelle donne

Si le trio de têtes des producteurs d’or est composé de la Chine, de la Russie et de l’Australie, les plus importantes réserves d’or se trouvent officiellement, dans l’ordre, aux Etats Unis d’Amérique (8 133,5 tonnes) surtout à Fort Knox, en Allemagne (3 355,1 t) à la deutsche Bank à Frankfort, en Italie (2 451,8 t) à Banca d’Italia, en France (2 436,6 t) à la réserve de France, plus connue comme la Souterraine, sous l’hôtel de Toulouse à Paris, en Russie (2 298,5 t), en Chine (1 948,3 t) et en Suisse (1 040 t) à la Banque nationale de suisse… Il est communément admis qu’outre ses objets personnels en or (lingot, bijoux, etc.), chaque suisse possède 128 g d’or. Ce peloton de tête est suivi par le Japon, l’Inde et les Pays Bas qui possèdent chacun moins de 1000 t d’or. Néanmoins si un pays comme le Japon, avec une dette qui fait 250% de son PIB, n’inquiète pas ses créanciers son stock d’or et son économie y sont pour quelque chose. Mais où se trouve l’Afrique dans ce classement. La première nation, en termes de réserve d’or est l’Algérie, 27ème mondial avec un peu moins que 174 t d’or.

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Une nouvelle donne en Afrique doit prendre en compte le fait que la valeur de l’or peut fluctuer en fonction de l’offre et de la demande, de la volatilité des marchés financiers et d’autres facteurs économiques, ce qui poussent les investisseurs à faire preuve de prudence lorsqu’ils investissent dans l’or et prendre en compte les risques associés à cet investissement. Aussi, il est impératif de consolider des dynamiques d’associations africaines analogues à la LBMA (London Bullion Market Association). Plus que la sécurité, c’est l’effervescence du marché de Londres qui a poussé certaines places fortes internationales à stocker une partie de leurs réserves d’or à la Banque d’Angleterre, à Malca-Amit, JP Morgan ou à G4S. L’Afrique a les moyens de ses ambitions. Il est grand temps de s’y mettre. Les nouveaux fondeurs au Botswana, au Rwanda, au Maroc, au Mali… tracent la voie.

Soudan: la guerre des « généraux » plongent de nouveau le pays dans l’incertitude économique

Le conflit n'est pas idéologique, mais une lutte de pouvoir pour le contrôle total de l'État et de ses ressources. Le principal point de discorde était l'accord-cadre de transition démocratique. Cet accord prévoyait l'intégration des Forces de soutien rapide (FSR) au sein de l'armée régulière (FAS). Les généraux n'ont pas pu s'entendre sur les modalités de cette intégration. Burhan voulait que l'armée soit la force dominante, Hemetti ne voulait pas perdre son autonomie et ses sources de revenus. (Crédit : DR).

C’est le scénario catastrophe pour l’économie soudanaise avec le retour de l’instabilité politique depuis le déclenchement de la guerre que mène, depuis presque une semaine, l’armée loyaliste dirigée par le chef de la transition, le général  Abdel Fattah al-Burhane, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son désormais ex vice-président, le général Mohamed Hamdane Dagalo dit «Hemetti». Alors qu’aucune solution pacifique ne semble encore se dessiner faisant amplifier les risques d’une nouvelle guerre civile dans le pays,  l’économie du pays déjà pénalisée par des années d’instabilité et de sanctions économiques, voit ses perspectives contrariées par ce nouveau saut dans l’inconnu qui renvoie aux calendes grecques, un retour des investisseurs l’aide internationale. Cette dernière reste, en effet, conditionnée par un retour des civils au pouvoir et le pays en a grandement besoin pour faire face à une double crise économique et humanitaire et engager la relance de sa stratégie de développement, prise en otage par des décennies d’incertitudes.

Près de 300 civils tués,  plus de 3.000 blessés et quelques 5 millions de personnes cloitrées à Khartoum où ils sont privés d’eau et d’électricité depuis des jours. C’est le macabre bilan dressé ce jeudi par l’ONU des six jours d’affrontements entre l’armée régulière soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Des chiffres provisoires qui sont en déjà de la réalité puisque malgré les appels à une trêve, les violents combats se poursuivent dans la capitale mais aussi dans plusieurs autres villes du pays, ce qui rend difficile l’assistance aux victimes.

Depuis le samedi 15 avril 2023, le Soudan est de nouveau en proie à une instabilité politique qui se traduit cette fois par de violents affrontements, avec utilisation d’armes lourdes et de l’aviation militaire, entre l’armée que dirige le général Abdel Fattah al-Burhane et les FSR du général Mohamed Hamdane Dagalo dit « Hemetti ».  La conséquence directe de plusieurs semaines de vives tensions, sur fonds d’enjeux géopolitiques, entre les deux principaux « généraux » à la tête du pays, le président et le vice-président du Conseil souverain de transition, l’organe qui dirige le pays depuis les évènements politiques d’avril 2019  et dont la rivalité est en train de virer pour le pays à une véritable guerre civile dont l’issue reste pour le moment incertaine.

Cycle d’instabilité sur fonds de tensions et de rivalité

Le Soudan renoue donc avec ses démons du passé avec les décennies d’instabilité politique et de crise sécuritaire qui ont jalonnées l’histoire politique du pays depuis son indépendance. En 2019 pourtant, le 11 avril exactement, le pays avait renoué avec l’espoir avec la chute, suite à un coup d’état militaire et sous pression de la rue, du régime d’Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989. Le processus qui a été initié devrait se traduire à  un transfert du pouvoir à un gouvernement civil après une transition démocratique qui devrait en principe intervenir en fin 2023. Un Conseil souverain de transition a été mis en place dirigé par le général Al Burhan et secondé par le général « Hemetti ». Un gouvernement civil a été également mis en place sous la direction de l’économiste Abdallah Hamdok. Le Soudan commençait pourtant à relever la tête avec, entre autres, la levée des sanctions économiques américaines qui frappaient le pays depuis les années 2000 ainsi que l’embargo sur les armes imposé par l’ONU en 2005 pendant le conflit du Darfour, dans l’ouest du pays. En 2020, Washington avait même retiré le Soudan de sa liste noire des pays qui soutiennent le terrorisme et l’aide internationale a commencé à revenir à compte gouttes.

Le 25 octobre 2021 pourtant,  alors que le processus de transition suivait tant bien que mal son cours, un autre putsch a été opéré par les deux généraux qui ont mis fin à la cohabitation avec les civils. Le général Abdel Fattah al-Burhane avait par la suite dissout le gouvernement intérimaire, expurgé le Conseil souverain de transition de son bloc pro-civils et placer en résidence surveillée le premier ministre Abdallah Hamdok avant de déclarer l’état d’urgence et de suspendre la charte constitutionnelle qui organisait le partage du pouvoir. Selon plusieurs analystes, cette situation a été engendrée par la crainte des militaires de perdre leurs intérêts économiques et d’être poursuivis pour leurs actions contre la population en cas de remise du pouvoir aux civils. Face aux militaires, la Coalition des Forces de la liberté et du changement, qui regroupent des partis politiques et associations ainsi que des comités de résistance populaire qui ont été les fers de lance de la révolution de 2019, ont continué à exiger le retrait des militaires de la vie politique.

Durant toute l’année 2022, le pays était paralysé par des manifestations, assez souvent violemment réprimées, jusqu’au 05 décembre 2022 où un nouvel accord préliminaire entre la Coalition et les militaires est venu détendre l’atmosphère avec de nouveau, un nouvel espoir de retour à l’ordre constitutionnel normal. C’est dans ce contexte que de nouvelles tensions sont apparues entre les deux généraux à la tête de l’exécutif et qui ont fini par déclencher une guerre qui renvoie encore le pays dans l’impasse politique et surtout un conflit meurtrier.

Des perspectives économiques prises en otage par un nouveau cycle de violences et d’incertitudes

Cette nouvelle guerre déclenchée au Soudan s’annonce comme le scénario catastrophe pour ce grand pays d’Afrique de l’Est, l’un des plus pauvres du monde et dont l’économie est plus qu’exsangue en raison des années de sanctions économiques américaines sous Béchir, de  l’indépendance en 2011 Sud Soudan, riche en pétrole ainsi que par l’instabilité politique.

La transition démocratique entamée en 2019, bien que fragile et suspendue jusqu’en fin 2022, avait pourtant augurer de bonnes perspectives pour le pays qui a même commencé à négocier avec des bailleurs de fonds et selon ce qu’il a été convenu avec les institutions financières internationales la reprise progressive de l’aide budgétaire devrait intervenir fin 2023, à condition que la transition se poursuit en bon ordre. Le Soudan aurait dû bénéficier d’ici la fin d’année de près de 3 millions de dollars d’aide extérieure, notamment de la Banque mondiale et des Etats-Unis,  un appui indispensable pour stabiliser et relancer une économie à bout de souffle.

En manque de financements extérieurs, et bien que atténué par des flux entrants du Golfe), la monétisation du déficit a alimenté l’hyperinflation à 3 chiffres. Avant le gel de l’aide, les prêts concessionnels et dons auraient dû représenter un tiers des revenus sur 2021-22. Depuis le coup d’Etat, des prêts de  2 milliards de dollars de la Banque mondiale destinés au financement du programme Thamarat d’allocations familiales ainsi que 700 millions de dollars des Etats-Unis ont été suspendus. En hausse, les recettes budgétaires ne représenteraient toutefois qu’environ 10% du PIB en 2023 et les dépenses 12,4%. Selon l’analyse de Coface, pour atteindre une stabilité macroéconomique, le Soudan dépend donc encore de l’assistance financière des partenaires étrangers (Etats-Unis, FMI, Banque mondiale, France, Etats-Unis, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Egypte), elle-même fonction de leur acceptation des nouveaux arrangements institutionnels. Avec l’aide budgétaire qui a été coupée après le coup d’Etat et, en l’absence de retour à un gouvernement civil, le Club de Paris a suspendu son programme de réduction et de restructuration de la dette en juin 2022. En un sens, l’accord trouvé fin 2022 a donc probablement été motivé en partie par les besoins de financement du pays, ce qui comme mentionné plus haut, devrait se traduire par une reprise progressive de l’aide budgétaire internationale qui devrait intervenir fin 2023, si la transition se poursuit en bon ordre. Par ailleurs, les cours élevés des matières premières alimentaires alourdissent la facture des importations, ce qui met la balance des paiements et la monnaie sous pression. S’étant fortement déprécié depuis 2018 et 2021 surtout, la livre soudanaise devrait commencer à se stabiliser, aidée dans le cas d’une reprise du soutien financier extérieur. D’après les mêmes projections, la balance commerciale pourrait tendre vers l’équilibre, en raison des difficultés du gouvernement à financer les déficits et de la compression subséquente des importations. A travers leurs investissements, en effet, les pays du Golfe apportent des devises et suppléent un Etat presque défaillant.

Malgré les risques liés à l’instabilité politique, les perspectives économiques du Soudan commençait à s’améliorer dans l’optique d’un processus normal de la transition qui devrait déboucher sur des élections et un retour du pouvoir aux civils. Le PIB du pays a été estimée à 2,5 % en 2022 et devrait grimper à 4,5 % en 2023, tiré par l’agriculture et l’exploitation minière et par la consommation et l’investissement privés. Les efforts qui étaient en cours pour former un gouvernement civil aurait dû, en effet, restaurer la stabilité politique et accélérer les réformes macroéconomiques et structurelles. Par conséquent, il est prévu que l’inflation chute à 246,4 % en 2022 puis de nouveau à 115,7 % en 2023. Aussi, la rationalisation des dépenses publiques devrait réduire le déficit budgétaire à 3,0 % du PIB en 2022 et à 3,2 % en 2023, grâce aux emprunts intérieur et extérieur et aussi en partie par l’allocation de DTS du Soudan qui équivaut à un total à 3,4 % du PIB. Le déficit du compte  devrait lui se réduire à 6,4 % du PIB en 2022 puis à 3,9 % en 2023, reflétant ainsi les réformes structurelles en cours.

C’est malheureusement toutes ces belles perspectives que le nouveau conflit en cours est venu contrarié. En plus de l’impasse politique qui se dessine sur fonds de risque de guerre civiles prolongée, l’économie est de nouveau prise en otage alors que des millions de soudanais sont confrontés à une crise alimentaire sans précédent qui plus est, se trouve aggravée par d’autres chocs liés à la conjoncture mondiale mais aussi les effets du changement climatique avec des cycles de sécheresse et d’inondations que connait l’un des pays les plus vastes du continent aux atouts stratégiques pourtant prometteurs.

Télécoms: l’Afrique de l’ouest face à la gronde des consommateurs contre la cherté du coût d’internet

Dans leur fronde, les utilisateurs des services télécoms n'hésitent, en effet, pas à faire des comparaisons entre les pays de la sous-région mais aussi avec les prix pratiqués dans d'autres régions notamment les pays anglophones comme au Ghana ou au Nigeria, où les coûts sont nettement plus abordables. (Crédit : Dr, AI).

Depuis quelques semaines, on assiste à une véritable levée de boucliers des abonnées des principaux opérateurs télécoms dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest qui jugent le coût des services excessifs. Une grogne provoquée par la récente hausse des tarifs de certaines offres, notamment l’Internet mobile,  annoncée dans certains pays et qui se manifeste par des appels spontanés à des mouvements de boycott qui s’amplifient sur les réseaux sociaux. Malgré la suspension des nouveaux réajustements, le mécontentement ne semble pas faiblir et partout sur les réseaux sociaux (où s’organise pour l’essentiel de la fronde), les utilisateurs et autres associations de consommateurs réclament plus qu’un simple réajustement des offres. Ils exigent une véritable baisse du coût des services pour tenir compte du pouvoir d’achat des populations. Une fronde contre l’inflation qui s’étend dans tous les pays de la zone UEMOA et qui pourrait bien s’étendre à d’autres secteurs où l’inflation devient de plus en plus prononcée.

Ce que l’explosion vertigineuse des prix des produits alimentaires n’a pas pu provoquer en Afrique de l’ouest, celle des services télécoms est en train de l’engendrer: une levée de boucliers généralisée contre la hausse des coûts des tarifs internet. Alors que malgré une inflation qui s’est hissé à 12% l’année dernière ans la zone UEMOA pour les produits de première nécessité, et même 50% ailleurs dans la sous-région comme au Ghana, il a fallut d’un simple réajustement du tarif des offres par certains opérateurs au Niger, au Sénégal ou en Côte d’ivoire, pour que la fronde des consommateurs s’organise et engendre un véritable mouvement de contestation qui s’est par la suite étendue non seulement aux pays voisins mais aussi et surtout contre la cherté des coûts de la téléphonie mobile notamment les forfaits internet. Dans leur collimateur, les géants télécoms qui se partagent le marché de la sous-région: Orange, MTN, Moov…

Au Niger l’Etat recule face à la pression

Au Niger, en janvier dernier, les clients des principaux opérateurs du pays ont été surpris par une soudaine et brusque hausse des tarifs. Officiellement, ont expliqué les compagnies télécoms, cette hausse consacre l’application d’une décision du régulateur, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP), qui selon sa présidente Mme Béty Aichatou Oumani, vise à règlementer les promotions organisées par les opérateurs et  fixer les tarifs planchers en fonction des coûts encourus par les opérateurs pour rendre leurs services. règlementer les promotions organisées par les opérateurs et  fixer les tarifs planchers en fonction des coûts encourus par les opérateurs pour rendre leurs services.

«La fixation de ces tarifs planchers vise à éviter la pratique du dumping observée chez certains opérateurs et éloigner le risque de banqueroute qui guette le secteur dont plus de la moitié des opérateurs présentent des résultats négatifs selon les états financiers certifiés par des commissaires aux comptes agréés», avait-elle, à l’époque déclaré.

Cependant, face à la levée de boucliers que cette décision a provoquée  chez les abonnées, le gendarme des télécoms nigérien ainsi que les opérateurs télécoms ont dû d’un commun accord, suspendre l’application des nouveaux tarifs jugés prohibitifs.

En Côte d’ivoire, c’est presque au même scénario  qu’on assiste depuis le début de ce mois d’avril et la contestation ne semble pas faiblir en dépit de la décision de suspendre la nouvelle hausse des services internet annoncée le 7 avril par certains opérateurs. Face au mécontentement des clients qui s’est fait virulent sur la toile, le gouvernement a fait pression sur les compagnies télécoms qui ont été rappelé à l’ordre par l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI). Les appels au boycott se succèdent depuis et le sujet a même pris une tournure d’affaire d’état avec des personnalités politiques, des célébrités et d’autres activistes et influenceurs qui se sont joints aux associations de consommateurs pour dénoncer « des hausses injustifiées ».

« La mesure d’augmentation des coûts des data est illégale et doit être retirée puisqu’elle fait augmenter de façon totalement indécente les coûts de la connexion en Côte d’Ivoire et exclut de l’accès internet nos étudiants, nos élèves, les Ivoiriens qui sont en difficulté financière.», s’est insurgé le député Assalé Tiémoko qui depuis, a pris la tête d’un mouvement de contestation très actifs sur les réseaux sociaux.

«Boycott citoyen» contre des tarifications des offres jugées «excessifs»

Ce n’est certes pas la première fois que de telles initiatives sont lancées un peu partout dans certains pays de la sous-région suite à l’annonce des hausses des tarifs des services de téléphonie mobile et surtout d’internet. Cette fois pourtant, les grands opérateurs qui sont dans le collimateur prennent les mouvements de contestation au sérieux. La particularité est que cette fois, la suspension des ajustements des tarifs ne semblent pas satisfaire les clients qui ne demandent ni plus et ni moins qu’une baisse significative du coût des services qu’ils jugent «excessifs». La contestation s’est d’ailleurs étendue à d’autres pays comme au Sénégal où un appel au boycott de ses produits  a été lancé par l’Association des clients et sociétaires des institutions financières (ACSIF) pour protester contre le changement tarifaire sur l’offre « Flybox » de l’opérateur et  fournisseur d’accès internet Orange (Groupe Sonatel). Dans d’autres pays de la sous-région, la grogne contre la cherté des services télécoms en particulier l’internet mobile a enflé alors qu’aucune hausse des tarifs  n’a été décidé par les opérateurs. C’est le cas au Burkina Faso où un appel à mettre les Smartphones sur « mode avion » pendant une heure (de 11h à midi) a été bien observée ce mardi 18 avril 2023 selon les Associations des consommateurs qui ont été à l’initiative du mouvement qu’elles comptent poursuivre. Au Togo ou au Bénin voisin, la toile s’enflamme aussi par des appels au «boycott citoyen» pour faire pression sur les opérateurs et les obligés les opérateurs à revoir leur tarification à la baisse.

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Pour l’heure,  les autorités politiques observent une certaine neutralité au nom des lois sur la libéralisation du secteur et donc le jeu de la libre concurrence ainsi que l’indépendance des régulateurs. Ces derniers sont les plus critiqués d’autant que mis en cause dans un premier temps, les opérateurs télécoms ont justifié leur décision de réajuster les prix des offres par les nouvelles règles édictées par les gendarmes des télécoms pour réglementer le secteur. Des mesures qui, à priori, étaient de bonnes intentions puisque comme au Niger, en Côte d’ivoire aussi le but visé par l’Autorité de régulation était «d’assainir la concurrence entre les opérateurs, assurer la protection des consommateurs et assurer un développement pérenne du marché de la téléphonie mobile», comme elle l’a indiqué dans un communiqué pour expliquer sa démarche.

« Nous protestons contre l’ARTCI pour sa décision incompréhensible et contre les opérateurs pour leur cupidité et pour l’ensemble de leurs œuvres contre les Ivoiriens, depuis des décennies. », s’emporte par exemple le député ivoirien  Assalé Tiémoko.

Cloués au pilori au même titre, les régulateurs et les opérateurs ont été obligé de s’entendre pour contenir la fronde. Au Niger, après une réunion sur la situation engendrée par la hausse des tarifs, l’ARCEP et l’association des compagnies télécoms ont parlé «d’incompréhension dans la mise en œuvre des nouvelles mesures» pour revenir sur la décision et en Côte d’ivoire, l’ARTCI s’est plutôt abritée derrière un «vice de forme» pour donner acte à l’injonction du gouvernement de revenir sur les hausses des offres annoncées. Au Burkina Faso, dans une intervention télévisée en début de cette semaine pour essayer de calmer le mécontentement des consommateurs qui ne cessent de prendre de l’ampleur,  la Directrice de la régulation des marchés fixes et mobiles de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP-Burkina), Salamata Rouamba, a expliqué qui si l’institution a un rôle à jouer dans l’encadrement des prix du gros c’est-à-dire entre opérateurs, celui du détail qui est appliqué aux abonnés est laissé à la libre décision des opérateurs au nom des textes régissant la libéralisation des prix. Pas assez pour contenter les utilisateurs qui, à travers les différentes associations de consommations et les autres plateformes, continue de réclamer une baisse des coûts de la connexion internet.

Un mécontentement qui se généralise pour une baisse des coûts de l’Internet

Au Mali, au Bénin ou au Togo, c’est aussi le même mécontentement qui se poursuit sur les réseaux sociaux avec des appels au boycott des produits des services proposés par les opérateurs ou des opérations téléphones sous « mode avion » pendant quelques heures à des journées bien choisies. Le mouvement semble bien prendre à en juger par son ampleur sur les réseaux sociaux même si les données sur l’impact réel de ces mots d’ordre de boycott sont difficiles à estimer même auprès des opérateurs.  La fronde ne semble pas prête de s’estomper malgré les assurances données par les autorités comme en Côte d’ivoire où le gouvernement a engagé l’ARTCI « à poursuivre les discussions avec les différents opérateurs pour préserver les intérêts des consommateurs mais aussi permettre au secteur de rester en équilibre », selon les déclarations du ministre Amadou Coulibaly, en charge de la Communication. Au Sénégal, l’ARTP joue la carte de l’apaisement et « invite les parties prenantes à la retenue et à l’usage des moyens légaux de saisine du régulateur pour que leur cause soit entendue, conformément aux textes en vigueur ». Au Burkina comme au Niger, les Autorités de régulation affirment avoir engagées des discussions avec les opérateurs pour que les prix des offres soient étudiés en se référant à ceux pratiqués dans la sous région.

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Dans leur fronde, les utilisateurs des services télécoms n’hésitent, en effet, pas à faire des comparaisons entre les pays de la sous-région mais aussi avec les prix pratiqués dans d’autres régions notamment les pays anglophones comme au Ghana ou au Nigeria, où les coûts sont nettement plus abordables. Ce que confirme d’ailleurs les données disponibles comme les résultats de l’étude  « Worldwide Mobile Data Pricing 2022 » du site britannique Cable.co.uk, qui compare le coût moyen d’un gigaoctet (1 Go) d’Internet mobile à partir de plus de 5.000 forfaits dans 233 pays et territoires, a révélé que parmi les 13 régions étudiées, les coûts sont plus élevées en Afrique subsaharienne notamment dans les pays de l’UEMOA pour ce qui est de l’Afrique de l’ouest. Bien que le rapport ainsi que d’autres qui portent sur le même sujet confirment que les prix ont drastiquement baissé ces dernières années, le coût moyen de l’Internet mobile dans la sous-région reste toujours assez élevé surtout si on le rapporte au pouvoir d’achat des populations. Avec le niveau moyen de dépenses quotidiennes qui est toujours inférieur à 5 dollars par jour dans une majorité de pays,  le prix moyen de l’internet dans les pays de la sous-région est de 3,06 dollars, soit plus de 1 800 FCFA le gigaoctet. Au Togo par exemple, il est de 12,94 dollars en moyenne pour un giga-octet d’internet, ce qui fait du pays, le plus cher de la sous-région en matière de coût d’internet mobile. A contrario relève l’étude, au Bénin le prix d’un gigaoctet a été divisé par sept, passant de 27,22 à 3,61 dollars entre 2020 et 2021. Au Mali et au Niger, également, les prix ont connu une baisse sensible ces derniers années et au Sénégal, la Sonatel (Orange) a avancé avoir divisé par deux les coût d’accès aux services de l’internet mobile depuis 2016.

L’inflation en ligne de mire

 Dans l’ensemble donc et malgré des prix supérieurs en moyenne au reste du monde, de nombreux pays africains, notamment dans la zone UEMOA, ont connu des baisses spectaculaires au cours des dernières années. Ce qui ne semble pas contenter les consommateurs qui s’indignent des récentes hausses des tarifs opérées par les compagnies de téléphonie mobile et qui ont été visiblement la goutte qui a fait déborder le vase. Désormais donc, en plus d’une amélioration de la qualité des services, les utilisateurs réclament une baisse des prix pou tenir compte de leur pouvoir d’achat. La grogne n’est pas prête de s’estomper à l’allure où vont les choses et à défaut d’un encadrement au niveau régional, comme annoncé depuis des années par la Cédéao qui s’est saisie de la question, les sociétés télécoms ainsi que les autorités de régulation continuent d’être dans le viseur des consommateurs.  Au regard de l’ampleur de la fronde, certains analystes n’écartent d’ailleurs pas le risque que cette grogne s’étende à d’autres secteurs comme les offres d’abonnement à la télévision payante où les services d’eau et d’électricité! De quoi augurer de mauvais jours pour les multinationales qui ont pignon sur rue dans la sous-région et qui doivent se confronter à ce qui ressemble à un éveil des consciences des clients et autres utilisateurs des services locaux…

Interview – Cheikh Oumar Ba : « IPAR est l’un des premiers think tank ouest-africains sur l’agriculture et le monde rural »

Dr. Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif de l’IPAR et Président du Réseau des Think tank de l’UEMOA. (Crédit : Dr).

Partis du constat qu’en Afrique en général la prospective reste marginale, le Dr. Cheikh Oumar Ba et ses collègues ont créé l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) en 2004. L’un des premiers think tank ouest-africains sur l’agriculture et le monde rural, l’IPAR mise sur la recherche, la renforcement des capacités et le dialogue politique. Au cœur des réflexions : le changement climatique, l’agriculture et l’agrobusiness, la migration et l’emploi des jeunes, la gestion des ressources naturelles et foncières. Afin d’appréhender ces problématiques, l’IPAR avec l’appui de partenaires institutionnels et non gouvernementaux, a adopté les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle (IA). A savoir le projet ClIM pour prédire les flux d’immigration, l’AGRIDATA sur les statistiques agricoles, le projet GRAIN relatif à l’égalité des genres. Aussi, Le projet Initiative pour le développement de l’Intelligence Artificielle (IDIA) vise à générer des connaissances sur les cadres politiques, réglementaires et juridiques dans 4 pays d’Afrique francophone.

AFRICA INCOME : Vous êtes un spécialiste du monde agricole et rural, des questions de genre et migration, pouvez – vous nous faire un retour sur votre parcours qui vous a conduit à la tête de l’IPAR (Intiative Prospective Agricole et Rural) ?

Dr. Cheikh Oumar Ba : Après avoir soutenu mon doctorat en anthropologie qui porte sur genre et migration dans la vallée du fleuve Sénégal, je me suis engagé en 1997 comme chercheur à l’institut sénégalais de recherches agricoles ou j’ai fini en 2004 comme directeur du Bureau d’analyses macro-économiques (BAME). Avec Jacques Faye et quelques autres collègues, nous avons mis en place IPAR en 2004 justement. L’importance de l’agriculture et du monde rural en Afrique de l’Ouest qui occupait encore plus de 70% de la population méritait une attention particulière au regard des fonctions que ce secteur assure et assume tant bien que mal. En effet, l’Afrique sub-Saharienne se présentait comme le seul continent en transition démographique, avec l’arrivée massive des jeunes sur le marché de l’emploi. Notre étude avec la BM, RuralStruc réalisée entre 2007 et 2009 avait conclu que 269 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché de l’emploi ; or, seul 10% trouvent un emploi formel. Nous sommes partis du constat qu’en Afrique en général et au Sénégal en particulier, la prospective n’est pas au cœur de l’action politique et reste souvent guidée par l’urgence. Deuxièmement, le secteur agricole en dépit des contraintes structurelles qui ne lui permettent pas de remplir ses principales fonctions (nourrir les populations, créer de l’emploi, fournir des devises pour l’État…), constitue l’exit option la plus sérieuse pour les décideurs politiques, à condition de structurer des réponses adaptées en termes d’infrastructures, de formation et d’investissement dans les chaines de valeurs pour nourrir les populations et créer des emplois décents. Aujourd’hui, nous totalisons 25 ans d’expériences en analyse et étude sur les enjeux et défis du monde rural Sénégalais et ouest-africain. IPAR s’est positionné comme l’un des premiers think tank ouest-africains sur l’agriculture et le monde rural. Au regard des défis démographiques, économiques et politiques à relever trois missions ont été assignées à notre think tank : recherche, renforcement des capacités et dialogue politique.

Le domaine agricole est un secteur sur lequel IPAR s’investit. Quels sont les projets agricoles majeurs sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Pour rappel, la finalité poursuivie est de renforcer les capacités de nos partenaires dans la réflexion prospective et stratégique sur l’agriculture et le monde rural mais aussi de proposer des analyses concrètes suscitant la mise en œuvre d’alternatives aux tendances actuelles du développement agricole et rural au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. A terme, il s’agit de participer à la création de capacités institutionnelles durables en matière de prospective agricole et rurale, de promouvoir et de soutenir des voies alternatives aux politiques et programmes en cours au Sénégal et dans la sous-région. Notre plan stratégique définit cinq principales thématiques d’intervention : la transformation structurelle de l’agriculture, la migration et l’emploi des jeunes, les changements climatiques ainsi que les objectifs de développement durable (ODD) et la gouvernance des ressources naturelles et foncières. Ces thématiques sont analysées à l’aune du devenir de l’agriculture et du monde rural sénégalais et ouest-africain.

Dans de récentes initiatives, l’IPAR a mis l’intelligence artificielle (IA) au cœur de ses débats. Comment comptez-vous intégrer l’IA dans vos projets ?

De nos jours, l’IA devient incontournable dans la planification des politiques de développement locales et constitue un levier important dans l’atteinte des ODD.  Dans cette dynamique, l’IPAR s’est positionnée dans la sphère de la réflexion sur l’IA et la production de données responsables en conduisant plusieurs projets en lien avec L’IA. Il s’agit essentiellement du projet GRAIN qui est un réseau sur le genre et l’Intelligence Artificielle Responsable coordonné par l’IPAR dans le cadre d’un consortium d’institutions de recherche fortes et innovantes visant à renforcer les capacités, faire du plaidoyer et mettre en œuvre un programme de recherche autour de l’IA responsable pour l’égalité des genres. Le projet Initiative pour le développement de l’Intelligence Artificielle (IDIA) vise à générer des connaissances sur les cadres politiques, réglementaires et juridiques en lien avec l’IA dans 4 pays d’Afrique francophone (Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Bénin) afin d’informer les politiques et les stratégies pour une IA responsable. Le projet CLIMB vise à prédire les schémas de mobilité spatiale et temporelle en Afrique par le développement des modèles prédictifs basés sur l’intelligence artificielle afin de simuler des scénarii futurs de migration induite par le climat en Afrique et au-delà. Le projet AgriData est une plateforme mise en place par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et l’IPAR, en collaboration avec l’ensemble des acteurs du secteur agricole au Sénégal qui vise à apporter au secteur agricole sénégalais des statistiques agricoles exhaustives et fiables pour constituer la base d’une politique de développement économique reposant sur des bases factuelles, tout en responsabilisant les agriculteurs et les autres acteurs de la chaîne de valeur.

Quels sont vos principaux partenaires ?  Qu’attendez-vous de l’Etat sénégalais et de vos partenaires ? De quels outils techniques et financiers avez-vous le plus besoin pour mener à bien vos projets ?

Nos principaux partenaires sont d’abord les populations au nom desquelles nous intervenons et leur soutien indéfectible constitue notre source d’inspiration et d’engagement. Je confonds dans les populations les femmes et les jeunes, les organisations paysannes et leurs représentant aussi bien dans l’exécutif que dans le législatif. Nos partenaires financiers varient des fondations américaines, notamment Hewlett aux institutions de recherches internationales qui ont cru en nous depuis 15 ans, comme le CRDI. Pour le reste, nous répondons à des appels d’offres internationaux avec l’USAID, l’Union européenne (UE), la Fondation Bill and Melinda Gates, SUA… et accompagnons les gouvernements africains, notamment au Sénégal (siège), en Mauritanie (antenne) et au Niger (jusqu’à récemment) ou nous disposons de bureaux.

L’IPAR définit ses domaines d’intervention autour de trois axes majeurs :  La recherche et la prospective, la formation et le renforcement de capacités, l’animation d’espaces d’échanges et de débats. Quel bilan d’étape faites-vous de chacun de ces axes ?

Le principal bilan est en cours de systématisation dans le cadre de notre parcours institutionnel. Au lendemain de notre reconnaissance officielle en 2008, IPAR comptait 3 agents. Aujourd’hui, nous accueillons plus de 60 experts, sans compter d’une dizaine de chercheurs associés affiliés dans des universités et centres de recherche aussi bien au Sénégal que dans le reste de l’Afrique.

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Nos principaux acquis vont de la reconnaissance de nos partenaires et de la confiance qui justifient le recours régulier à nos travaux de recherche et à notre expertise. Aujourd’hui, nous intervenons dans des programmes associant des équipes de la NASA sur l’impact des changements climatiques à l’horizon 2030. Cette reconnaissance nous a valu d’être choisi par le Secrétaire général des Nations-Unies, à travers le Dr Ibrahima Hathie, chercheur émérite de l’IPAR, comme l’un des quinze chercheurs à l’échelle mondiale pour écrire le rapport mondial sur le développement durable.  A titre d’exemple, le ministère de l’agriculture du Sénégal nous a choisi pour élaborer le COMPACT agriculture pour financer avec la BAD sa stratégie pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire. Il en a été de même quand le ministère en charge de la femme pour accompagner la tenue des premières assises de l’Entreprenariat féminin et de l’autonomisation de la femme présidées par le Président de la République du Sénégal. En Mauritanie, lors du conflit ayant opposé des populations du Sud à un projet financé par la BM, le gouvernement mauritanien nous a sollicités pour aider par la recherche et le dialogue à contribuer à la résolution du différend opposant des communautés de Ferallah (Brakna) à d’autres populations et qui s’est terminé par la signature d’une entente foncière ayant permis le projet de reprendre son intervention. Soucieux de l’impact de son intervention, l’IPAR a ouvert des chantiers de territorialisation des politiques publiques, avec une expérimentation dans le département de Podor au Sénégal.

Propos recueillis par Maimouna DIA

Namibie : le chinois Energy China investit dans la transition énergétique

L'Egypte envisage de construire deux centrales solaires d'une valeur d'un milliard de livres égyptiennes (20,60 millions de dollars), financées par l'Union européenne

En Namibie, la compagnie chinoise Energy China avance ses pions dans les énergies renouvelables. Elle a investi dans ce secteur promu par le pays d’Afrique australe, via un financement pour le développement d’une centrale éolienne de 50 MW dans la ville côtière de Luderitz, au sud-ouest du pays. Le gouvernement namibien s’est fixé des objectifs ambitieux pour développer les énergies renouvelables, afin de parvenir à une capacité de production de 70% de ce type d’énergie d’ici 2030.

La compagnie publique d’électricité namibienne, NamPower, et CERIM Luderitz Energy, une joint-venture entre Energy China et Riminii Investments, une entreprise locale, ont signé lundi des accords d’achat d’électricité pour développer une centrale éolienne de 50 MW dans la ville côtière de Luderitz, au sud-ouest de la Namibie. La centrale éolienne en question sera construite pour 1,4 milliard de dollars namibiens – environ 96,4 millions de dollars américains – à environ 16 km au sud de la ville de Luderitz, et devrait être achevée dans les 27 mois. La mise en service commerciale est prévue d’ici juillet 2025, a déclaré NamPower dans un communiqué. S’exprimant lors de la cérémonie de signature, le directeur général de NamPower, Kahenge Haulofu, a déclaré que la mise en service de ce projet devrait permettre de combler 50 MW d’importations. Ce partenariat avec l’entreprise chinoise est considéré comme un pas supplémentaire dans la bonne direction, par le pays qui cherche à développer ses sources d’énergies renouvelables.

« Le projet contribuera de manière significative au portefeuille d’approvisionnement de NamPower lorsqu’il sera combiné avec d’autres projets de production qui font partie de la stratégie intégrée et du plan d’affaires », a déclaré, Kahenge Haulofu, directeur général de NamPower.

Selon NamPower, CERIM Luderitz Energy sera responsable du développement complet de la centrale électrique, y compris le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance. De son côté NamPower sera l’acheteur exclusif de l’électricité produite par la centrale électrique selon le contrat d’électricité d’une durée de 25 ans. La Namibie importe actuellement environ 60 % de son électricité de pays voisins tels que l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Zambie, ce qui rend le pays vulnérable à la volatilité des prix et aux perturbations de l’approvisionnement.

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Cependant, la Namibie possède un potentiel énorme pour les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne, en raison de son climat sec et ensoleillé, ainsi que de ses vastes espaces ouverts. En 2019, l’énergie renouvelable représentait environ 10% de la capacité totale installée du pays. Le gouvernement namibien a mis en place des objectifs ambitieux pour développer les énergies renouvelables, avec pour objectif d’atteindre une capacité de production d’énergie renouvelable de 70% d’ici 2030. Pour accompagner l’initiative, la Namibie a lancé plusieurs actions pour favoriser les énergies renouvelables, notamment la mise en place d’un tarif d’achat garanti pour l’énergie solaire et éolienne, ainsi que l’investissement dans des projets d’énergie renouvelable à grande échelle. En outre, la Namibie travaille en étroite collaboration avec d’autres pays de la région pour développer des projets d’énergie renouvelable transfrontaliers.

Chronique : Réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, quelles lignes de financement pour l’Afrique ?

Avec l’atonie mondiale, conjuguée à une stagflation et des conditions difficiles liées à un endettement élevé, les argentiers du continent, qui participent aux réunions de Printemps 2023 de la Banque mondiale et du FMI à Washington ne sont pas à la fête. (Crédit : Dr).

Dans un contexte marqué par une croissance en chute libre, depuis 2021, passant de 4,1% à une estimation de 3,1% à fin 2023, l’Afrique a répondu, comme à l’accoutumée, présente aux réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI. Si les montants des engagements financiers spécifiques que les institutions de Bretton Woods prévoient pour l’Afrique en 2023, ne sont pas encore publics, on peut espérer que cette fois, les enveloppes seront à la hauteur des besoins, en phase avec Reshaping Development, thème retenu cette année.

Avec l’atonie mondiale, conjuguée à une stagflation et des conditions difficiles liées à un endettement élevé, les argentiers du continent, qui participent aux réunions de Printemps 2023 de la Banque mondiale et du FMI à Washington ne sont pas à la fête. Les réunions, qui se déroulent du lundi 10 avril au dimanche 16 avril au siège du GBM et du FMI, sont déjà axées sur un développement non carboné dans un contexte de crise. Aux yeux des financiers de ces institutions, l’Afrique au sud du Sahara, qui dispose de ressources naturelles nécessaires à ce nouveau modèle, n’est pas prête. Jugez-en vous-mêmes, tant le déroulé des événements aux Spring Meetings du groupe Banque mondiale et FMI en dit long. Dès le 10 avril, le Coin analytique, portant Climate finance en Afrique au sud du Sahara, et animé par l’économiste Anna Belianska, Monetary & Capital Market Department du FMI et son homologue Giovanni Melina, Senior Economiste, African Department du FMI, ont admis que dans cette sous-région, un financement supplémentaire est nécessaire pour soutenir l’adaptation et l’atténuation du changement climatique. Toutefois, pour accéder aux ressources, les autorités nationales doivent améliorer les cadres et les capacités nationales, avec le soutien de la communauté internationale. Le même jour, Garerth Anderson, Middle East & Central Asia Department du FMI, et Jiayi Ma, Middle East & Central Asia Department du FMI, tablaient sur les options d’un futur, bas carbone pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

Encore des vœux pieux

La suite des sessions, notamment celles sur « Climate Finance & Security Energy », animée par Bo Li, Deputy Managing Director, IMF, Rania Al-Mashat, Minister for International Cooperation, Egypt, Tim Gould, Chief Energy Economist, International Energy Agency, Kampeta Sayinzoga, CEO, Rwanda Development Bank, et Dan Yergin, Vice Chairman, S&P Global, ou encore sur « Surmonter la dette, générer de la croissance », par David R. Malpass, President of the World Bank Group,Tina Vandersteel, Head of Emerging Country Debt, GMO, Raghuram Rajan, Professor of Finance, University of Chicago’s Booth School, Ahmed Shide, ministre éthiopien des Finances, Nigel Clarke, ministre jamaïcain des Finances et de la Fonction publique, etc, ont été un chapelet de doléances suivies de vœux pieux. Les problématiques avec des difficultés de change, une dette qui s’alourdit entrainant le service de la dette sur cette tendance, une inflation supportée par les classes les moins nanties, un secteur privé qui attend plus de soutiens, en vain… En face, les institutions de Bretton Woods dictent une amélioration du climat des affaires, de la transparence et une réelle bonne gouvernance.

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En face, l’Ukraine, envahie depuis plus d’un an, par la Russie, reçoit des enveloppes, chiffrées en milliards de $, en appui aux efforts de relèvement et de reconstruction. Doit-on se demander si cette guerre entraîne de plus graves répercussions régionales et mondiales ? La 3ème Table ronde ministérielle organisée par Groupe BM et le FMI, mercredi 12 avril, collaboration avec le gouvernement ukrainien, a confirmé ce soutien pour combler les besoins de l’Ukraine à moyen terme, sur les projets prioritaires en matière de relèvement et de reconstruction et sur les champs de collaboration internationale. 

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Parallèlement pour l’Afrique, les engagements financiers spécifiques, que le FMI et la Banque mondiale prévoient pour l’Afrique en 2023, ne sont pas encore publiques. Certes, ces investissements dépendront des priorités et des besoins économiques et financiers de chaque pays africain, ainsi que de la capacité du FMI et de la Banque mondiale à fournir une assistance financière dans le cadre de leur mandat. Au moment où nous mettons sous presse, c’est mystère et boule de gomme. Le décollage de l’Afrique au Sud du Sahara repose certes sur l’investissement dans les infrastructures, le développement économique, la réduction de la dette et le renforcement des capacités institutionnelles, mais les initiatives pour lutter contre la pauvreté et améliorer la qualité de vie dans ces pays africains seront plus efficaces si la transformation des ressources naturelles est prise à bras le corps.

Venir à bout de la dette et générer de la croissance

A Washington, il a été admis que la pandémie de COVID-19 et ses répercussions en chaîne ont aggravé la crise de la dette qui menace de nombreux pays en développement. Fin 2021, la dette extérieure de ces pays avait plus que doublé par rapport à la décennie précédente, pour atteindre 9 000 milliards de dollars. La situation est particulièrement désastreuse dans les pays les plus pauvres, car le fardeau de la dette ralentit la croissance et enraye les progrès sur le front de l’éducation, de la santé et de l’action climatique.

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Le ralentissement de la croissance mondiale et la remontée des taux d’intérêt en réponse à l’inflation aggravent encore les choses, et le spectre d’une crise de la dette plane sur toujours plus de pays. Les efforts entrepris pour désamorcer la crise se sont hélas avérés insuffisants jusqu’ici. Le manque de transparence retarde et entrave les processus de restructuration de la dette, tandis que les clauses de confidentialité dans les contrats de prêts sont de plus en plus fréquentes. Aujourd’hui, l’urgence est de parvenir à une plus grande transparence et d’accélérer la conclusion d’accords sur le règlement de la dette,mais aussi de mener des réformes grâce auxquelles les pays seront mieux armés pour gérer leur endettement plus efficacement, ce qui permettra de libérer des ressources pour financer des investissements essentiels. Ce fil directeur a guidé une discussion animée par le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, et réunissant notamment le ministre éthiopien des Finances, Ahmed Shide, et son homologue jamaïcain, Nigel Clarke, qui ont pu témoigner de la situation dans leur pays.

Capaciter la femme africaine et œuvrer à la transformation des ressources

Outre les échanges sur « La place des femmes dans l’entrepreneuriat et le leadership », ces discussions autour de « Etat de l’Afrique : valoriser les ressources naturelles pour un avenir durable » m’ont surtout captivé. Les efforts mondiaux visant à décarboner les économies sont susceptibles de créer une demande de 3 millions de tonnes de minéraux et métaux, dont beaucoup se trouvent en Afrique. Le continent a donc la possibilité de valoriser les richesses en ressources naturelles pour accélérer l’accès à l’énergie et la transition verte, stimuler la transformation économique et l’emploi, et générer davantage de recettes fiscales. Il reste à se demander de quelle manière, les décideurs politiques peuvent-ils tenir cette promesse et éviter les écueils des précédents booms et effondrements des ressources naturelles ?

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Pour tirer un meilleur parti de leurs ressources naturelles, les décideurs doivent aller vers la R&D et une industrialisation tous azimuts. Aussi, il sera utile d’œuvrer afin que les femmes ne soient plus confrontées à de nombreuses difficultés, des barrières juridiques au manque d’infrastructures pour la garde des enfants, en passant par le poids des normes sociales, les obstacles dans l’accès aux financements et les pratiques discriminatoires des employeurs. Il ne faudra surtout pas laisser les femmes en marge de la révolution numérique, dans un monde mu par les avancées technologiques. Tous ces enjeux et tant d’autres ont été soulevés au cours des rencontres à Washington. Il reste à les surmontés. Le groupe de la BM et du FMI pourra y arriver de concert avec des décideurs du public et du privé transparents et responsables.

Éthiopie: après un lancement contrarié, le programme de privatisation à nouveau relancé

les autorités éthiopiennes sont en train de relancer et même d'accélérer la libéralisation de l'économie du pays. L'enjeu, c'est d'attirer de plus en plus d'investissements dans le pays qui fait face à une crise économique des plus aigues ces dernières années. (crédit : Dr).

Annoncé en grande pompe en 2018 par le premier ministre Abiy Ahmed à son arrivée au pouvoir, le programme de privatisation des principales entreprises publiques du pays a eu du mal à prendre forme malgré ses enjeux stratégiques pour la modernisation de l’économie du pays. La pandémie de la Covid-19 et surtout les répercussions du conflit dans la région du Tigré ont freiné le processus qui a été enclenché avec la privatisation d’Ethio Telecom, la compagnie publique de télécommunications. Depuis quelques mois pourtant, le train de réforme a été remis sur les rails et pourrait même s’accélérer d’autant plus que le gouvernement n’a pas d’autres alternatives pour relancer l’économie du pays qui plombent sous le poids d’un surendettement alarmant.

La privation d’Ethio Telecom, la compagnie publique de télécommunications, sera assurément le  test grandeur nature du programme de privatisation annoncée par les autorités éthiopiennes dans le cadre du programme de réformes destinées à relancer l’économie du pays et dont l’ouverture au secteur privé du capital de plusieurs fleurons de l’économie du pays en constitue la pierre angulaire. Un processus de libéralisation qui a commencé dans le secteur des télécoms avec une première licence télécoms privée accordée au  consortium Global Partnership for Ethiopia dès 2019, soit une année après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed et l’annonce de son programme de réformes. Après l’attribution, en mai 2021, d’une seconde licence de téléphonie mobile accordée à l’opérateur Kenyan Safaricom pour 850 millions de dollars, qui est venu définitivement casser le monopole de l’opérateur national, le gouvernement annoncé, en septembre 2021, sa décision d’ouvrir à des privés, le capital d’Ethio Telecom et qui a été aussitôt suspendue quelques mos plus tard, en décembre de la même année pour être reportée pour mars 2022. Il a fallu pourtant attendre novembre 2022, pour voir le processus de nouveau relancer et l’Etat a lancé un appel à propositions pour la cession de 40% du tour de table d’Ethio Telecom à une entreprise privée. Il faut dire qu’entre temps, la pandémie de Covid-19 puis le déclenchement du conflit du Tigré, dans le nord du pays, ont eu raison des ambitions d’Addis Abeba qui avait d’ailleurs justifiée ce report par « les récents développements et changements macroéconomiques rapides dans le monde et dans le pays».

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Au lendemain de la signature de l’accord de paix avec les rebelles du Tigré, en novembre dernier, ainsi en la faveur de la reprise post-Covid et en dépit de la conjoncture internationale encore difficile, le gouvernement a annoncé, le 9 février 2023, l’accélération du processus de privatisation partielle d’Ethio Telecom et selon l’annonce faite par le ministère des Finances, c’est 45% du capital de l’opérateur publique qui sera mis en vente en raison notamment de « la solide performance financière  de l’entreprise».

Un processus de privatisation pris en otage mais relancé pour sortir de la crise

Les péripéties qu’a connu le processus de privatisation partielle d’Ethio Telecom illustre à lui seul les déconvenues qu’a connu le programme de réformes et notamment de libéralisation prônée depuis 2018 par Addis Abeba. L’opérateur public de télécommunications n’est pas d’ailleurs le seul à connaitre ces déconvenues. Un temps, les autorités éthiopiennes alors en quête de liquidités et de devises, avaient envisager d’ouvrir le capital du pavillon aérien national, Ethiopian Airlines. Le projet avait été finalement mis en stand by en raison de la bonne santé financière ainsi que de la rentabilité du fleuron du marché aérien continental.  

Malgré ces couacs pourtant, les autorités éthiopiennes sont en train de relancer et même d’accélérer la libéralisation de l’économie du pays. L’enjeu, c’est d’attirer de plus en plus d’investissements dans le pays qui fait face à une crise économique des plus aigues ces dernières années. En mars 2022, alors que la situation économique du pays, le gouvernement éthiopien avait lancé un fonds souverain, Ethiopia Investment Holdings (EIH), qui, par le biais de la vente d’entreprises et d’actifs publics, visait à attirer quelques 150 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE). Selon les déclarations de Mamo Mihretu, à l’époque directeur général, le fonds gérera des actifs dans plusieurs secteurs notamment les télécommunications, la finance, l’agro-industrie, l’exploitation minière, les banque  ou la logistique. Des secteurs qui ont été longtemps dominés par l’État et qui recèle d’importants potentiels qui attisent la convoitise des investisseurs privés internationaux. « La faible densité téléphonique en Éthiopie y met en évidence l’énorme potentiel inexploité du secteur des télécommunications. L’infrastructure robuste de la société, associée à ses solides performances financières, offrira un avantage concurrentiel significatif à tout investisseur », miroite par exemple le ministère des Finances pour attirer les investisseurs dans le secteur des télécoms.

Relancer une croissance en berne

C’est justement sur ces opportunités et autres avantages stratégiques que les autorités comptes pour relancer l’économie du pays.  Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 114 millions d’habitants), l’Éthiopie a connu une croissance soutenue d’environ 10 % par an en moyenne au cours de la dernière décennie. Les principaux moteurs de la croissance ont été la production agricole et les services, soutenus par l’aide étrangère au développement. Cependant, en raison de la pandémie de COVID-19, de l’invasion de criquets pèlerins et du conflit dans la région du Tigré, la croissance économique a ralenti pour atteindre environ 2 % du PIB en 2021, contre 9 % en 2019.  En 2022, la croissance du PIB s’est certes accéléré modérément à 4 % en 2022, grâce notamment à l’assouplissement des restrictions liées au Covid-19 et à la reprise en cours des principaux partenaires commerciaux.  « Une dynamique qui devrait se maintenir cette année et même s’accélérer en raison de l’atténuation des risques liées à la persistance du conflit et l’augmentation des niveaux de la dette extérieure », notent les experts.

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Malgré ces vents favorables, la situation économique du pays est assez contrastée. La forte croissance économique de l’Éthiopie a été stoppée par la crise du coronavirus, une infestation de criquets pèlerins et un conflit de plus en plus violent. « Alors que le plan de soutien mis en place en réponse à la crise, et en 2021 l’augmentation des dépenses liées aux conflits et du service de la dette, ont conduit à la détérioration des finances publiques », note une analyse de Coface, le déficit public s’est  ainsi creusé de -2,8 % du PIB en 2020 à -3 % du PIB en 2021 pour atteindre -3,5 % du PIB en 2022. Le conflit du Tigré a, en effet, affecté les relations avec les principaux créanciers extérieurs avec notamment la suspension des programmes du FMI et de la Banque mondiale, ce qui fait que le déficit devrait donc être financé principalement par des sources domestiques. Selon le FMI, la dette publique est passée d’environ 55,4 % du PIB en 2020 à 57,1 % du PIB en 2021 et devrait  se hisser à  60 % du PIB en 2022. Par ailleurs, la dépréciation du birr pèse sur la dette publique extérieure. Présentant un risque élevé de surendettement, l’Éthiopie a demandé aux créanciers du G20 et du Club de Paris de bénéficier d’une opération de dette dans le cadre commun du G20. Le pays a bénéficié d’une suspension des paiements du service de la dette mais malgré les réformes annoncées, le processus de restructuration de la dette prend du temps. Poussée par la hausse des prix alimentaires et la dépréciation du birr et exacerbée par le conflit, l’inflation a grimpé à 25,2 % en 2022 et devrait s’améliorer à  22% en 2022 et 20 % en 2023, restant toutefois bien au-dessus de l’objectif à un chiffre de la banque centrale.

Des réformes pour libéraliser l’économie qui vont accélérer le processus de privatisation

Pour sortir de cette situation, les autorités entendent poursuivre le plan de réforme économique interne, qui consiste en un mélange de politiques macroéconomiques, structurelles et sectorielles, pour remédier aux vulnérabilités et s’attaquer aux goulots d’étranglement structurels qui entravent l’activité du secteur privé. Par ailleurs, de nombreux projets seront lancés dans le cadre du troisième Plan de Croissance et de Transformation 2021-2025. Selon le FMI, à moyen terme, les réformes macroéconomiques et structurelles devraient conduire à une réduction de la dette publique, à une diminution des vulnérabilités externes et à une croissance, des investissements et des exportations plus forts. Néanmoins,  poursuit la même source, ces perspectives peuvent être remises en cause par des risques baissiers, en particulier l’opposition nationale aux réformes, la montée du protectionnisme dans le monde, une croissance mondiale plus faible que prévu et les chocs liés au climat.

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Afin d’accompagner ce programme de réformes structurelles, le gouvernement éthiopien a repris depuis quelques mois, les négociations avec le FMI. Une équipe du fonds vient d’ailleurs de séjourner, en ce début du mois d’avril, dans la capitale éthiopienne. Selon les premières informations, un accord de soutien pourra être conclu d’ici la fin de l’année et permettra au gouvernement d’accélérer son programme de privatisation qui va concerner plusieurs entreprises publiques du pays et de s’orienter vers une économie de marché. En effet, malgré les annonces de privatisation de certains fleurons de l’économie nationale,  le secteur public détient toujours un rôle prédominant dans l’économie, avec des secteurs tels que les télécommunications, les services financiers et d’assurance, les transports aériens et terrestres, le transport et le commerce de détail qui sont considérés comme stratégiques et pourraient donc être mises à l’écart du processus de privatisation.

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C’est ce qui du reste suscite les inquiétudes des investisseurs mais aussi la méfiance des experts et agences de notation sur la capacité des autorités à aller au bout de leurs réformes. En ce sens, certains analystes mettent en avant le fait que malgré l’intérêt grandissant auprès d’investisseurs privés internationaux que suscitent les larges étendues de terre arables  que recèle le pays, les autorités ont récemment  modifié la constitution du pays et en vertu des nouvelles dispositions, l’État possède toutes les terres et ne fournit que des baux à long terme aux locataires. De quoi refroidir l’ardeur de potentiels investisseurs dans d’autres secteurs où l’Etat compte toujours garder un certain contrôle comme c’est le cas avec Ethio Telecom, ce qui risque d’atténuer les retombées attendues du processus de libéralisation de l’économie éthiopienne et principalement de privatisation des entreprises publiques stratégiques. Mais confronté à une crise sans précédent avec une économie à bout de souffle, le gouvernement n’ a véritablement pas le choix pour renflouer ses caisses et attirer davantage d’IDE.

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