dimanche 6 avril 2025
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L’Éthiopie boucle la troisième phase du remplissage du barrage du Nil

Reuters.

 L’Éthiopie a achevé la troisième phase de remplissage du réservoir de son immense barrage sur le Nil Bleu, a annoncé le gouvernement le 12 août. Un processus qui continue d’irriter les voisins en aval du pays, l’Égypte et le Soudan.

Addis-Abeba a affirmé que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), un projet hydroélectrique de 4 milliards de dollars, est crucial pour alimenter son développement économique, selon une information de Reuters.  Mais l’Égypte et le Soudan le considèrent comme une menace sérieuse pour leurs approvisionnements en eau. Les efforts diplomatiques pour résoudre le différend entre les trois pays ont eu peu de succès. L’Éthiopie considère le GERD comme la pièce maîtresse de son projet de devenir le plus grand exportateur d’électricité d’Afrique, avec une capacité projetée de plus de 6 000 mégawatts.

« Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé la réussite du 3e remplissage du GERD », a déclaré le bureau du Premier ministre sur Twitter. Il a  ajouté que l’Éthiopie travaillait « pour assurer les avantages des pays du bassin inférieur ».

Abiy a organisé jeudi une cérémonie de mise en marche officielle de la deuxième turbine du barrage, six mois après la mise en service de la première. Des photographies partagées par le bureau d’Abiy le montraient debout sur un podium devant un énorme panache d’eau déversé par l’avant du barrage.

UEMOA : Birahim Diouf nouveau directeur du DC-BR

Ibrahim Diouf nouveau DG du DC-BR. (DR).

Le Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC-BR), l’organe Dépositaire Central des titres de l’UEMOA a un nouveau directeur. Homme du sérail, lbrahim Diouf, économiste de formation a une expérience de près de 3 décennies des marchés financiers africains.

A l’issue de la réunion du Conseil d’Administration tenue le mardi 7 juin 2022 au Siège de l’institution, Birahim DIOUF a été nommé Directeur Général du Dépositaire Central/Banque de Règlement (www.BRVM.org). Le DC/BR est la structure du Marché Financier Régional de l’UEMOA en charge de la centralisation, de la conservation des valeurs mobilières. Il supervise également la bonne fin des opérations de compensation sur le marché financier, les opérations hors-marché ainsi que les opérations sur titres.

Qui est Ibrahim Diouf, nouveau DG du DC-BR

Birahim DIOUF bénéficie d’une trentaine d’années d’expérience dans le secteur financier, notamment sur les marchés de capitaux et la banque d’affaires. Avant sa nomination au poste de Directeur Général du DC/BR, il occupait le poste de Directeur Général Adjoint du DC/BR depuis janvier 2021. Auparavant, il a été Directeur du  Département des Etudes, de la Stratégie et du Développement du marché de la BRVM et du DC/BR, Directeur des Opérations du DC/BR. Il a débuté sa carrière à Citigroup et a intégré les structures centrales du Marché Financier Régional pour la première fois en février 1998 jusqu’en 2003 en tant que Directeur des Opérations du DC/BR. Il a rejoint ensuite respectivement la BMCE Capital. Le nouveau DG a aussi travaillé pour la Commission Economique pour l’Afrique en tant que Consultant Senior pour les marchés de capitaux puis, à la banque d’affaires African Alliance Investment Bank basée en Afrique du Sud. Le désormais patron du DC-BR est titulaire d’un MBA de la Sorbonne Graduate School of Business, d’un Executive MBA de l’INSEEC Business School, d’un Master en Economie de Paris-I Panthéon-Sorbonne. Il a également dans ses qualifications un troisième cycle en finance islamique de l’Institute of Islamic Banking and Insurance (IIBI) de Londres et d’une Maîtrise en Economie Appliquée de Paris IX Dauphine.

Le Dépositaire Central/Banque de Règlement est le Dépositaire Central des titres de l’UEMOA. Le DC/BR a été créé en 1996 et a effectivement démarré ses activités le 16 septembre 1998 en même temps que la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).

Congo : Eni acquiert une nouvelle unité de production et d’exportation du GNL

Crédit Reuters.

La compagnie d’hydrocarbures Eni confirme sa stratégie de renforcement de ses capacités au Congo pour améliorer son niveau de production de gaz. Eni est aussi en pourparlers avec d’autres pays africains producteurs pour soutenir le plan européen de sortie de sa dépendance du gaz russe.   

La groupe pétrolier et gazier Eni a acquis la société d’export LNG Ltd, propriétaire de l’installation flottante de liquéfaction Tango FLNG, du groupe Exmar. L’infrastructure sera utilisée par Eni en République du Congo dans le cadre des activités du projet de développement de gaz naturel au niveau du bloc Marine XII. Et ce en ligne avec la nouvelle stratégie d’Eni pour tirer partie des ressources en capital gazier, a déclaré le groupe dans un communiqué du 05 août. Le FLNG Tango, construit en 2017, a une capacité de traitement d’environ 3 millions mètres cubes standard/jour et une capacité de production de GNL d’environ 0,6 millions de tonnes par an, soit environ 1 milliard de mètres cubes standard/an. L’acquisition de cette installation permet le développement d’un modèle accéléré capable de saisir les opportunités du marché du GNL. De plus, la grande flexibilité et mobilité caractéristiques du Tango FLNG devraient favoriser un meilleur développement et valorisation du gaz.

Fournir du gaz à l’Europe

Tango FLNG démarrera son activité au Congo au second semestre 2023, à la suite de la réalisation des travaux d’amarrage et de raccordement nécessaires avec les réseau et infrastructures de la Marine XII. La production de GNL de Marine XII devrait commencer en 2023, et lorsqu’il sera pleinement opérationnel, il fournira des volumes supérieurs à 3 millions de tonnes/an – soit plus de 4,5 milliards de mètres cubes/an. Fin juin, en présentant ses résultats, Eni a réitéré sa volonté de nouer des alliances stratégiques pour assurer à l’Italie et à l’Europe de nouvelles sources d’approvisionnement pour les aider à sortir de leur dépendance du gaz russe. Il s’agit par exemple de remplacer d’ici 2025 les 20 milliards de mètres cubes de gaz livrés annuellement par la Russie à l’Italie. La compagnie négocie également avec d’autres pays africains producteurs comme l’Algérie, l’Égypte ou encore la Libye, l’Angola, le Mozambique.

Burkina Faso : hausse des recettes minières en pleine crise sécuritaire

Reuters. MICHAEL DALDER

Le département des Mines et des Carrières du Burkina Faso fait état de la hausse des recettes minières en 2021 comparé à l’année précédente. Une envolée soutenue notamment par la hausse des prix de l’or dont le Burkina Faso est devenu l’un des principaux producteurs en Afrique de l’Ouest en dépit d’un contexte sécuritaire difficile.

Le secteur minier burkinabé a connu une embellie en 2021. Le département des Mines et des Carrières a annoncé le 25 juin au cours de la première session de son Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année une augmentation des recettes d’exportations minières. Ces dernières sont passées 1 885,083 milliards de fcfa à 2 021, 941 milliards de 2020 à 2021. « La part des industries extractives dans le Produit intérieur brut (PIB) est passée de 16,1% en 2020 à 16, 9 en 2021 », a déclaré le ministre des Mines et des Carrières, Jean Alphonse Somé dans les colonnes de l’Agence d’Information Burkinabé (AIB). Malgré le contexte sécuritaire difficile et les restrictions budgétaires, son ministère peut revendiquer un bilan positif au titre de l’année 2021, a-t-il précisé. Il s’est exprimé en marge de l’ouverture des travaux de la première rencontre de 2022 de son département sous le thème « Réformes de l’artisanat minier au Burkina Faso : enjeux et perspectives pour une meilleure contribution au développement socio-économique ».

Des projets ambitieux dans une région en proie au djihadisme

Le responsable du secteur minier est ainsi revenu sur une liste de projets pour l’amélioration de sa productivité. Il a évoqué entre autres projets la réalisation d’une géophysique aéroportée, d’un annuaire statique et l’augmentation de la production d’or qui passe de 62,138 tonnes en 2020 à 66,858 tonnes en 2021 soit une hausse de 7,60%. En Afrique, le secteur minier est miné par l’informel et les mines artisanales à l’origine de nombreux éboulements. Le Burkina ne fait pas exception. Le ministre a expliqué qu’au regard des multiples incidents – éboulements – constatés sur le terrain, sa structure a initié des reformes pour mieux encadrer et réorganiser les mines artisanaux qui emploient des milliers de personnes.

Mines : Acculé, Glencore plaide coupable de corruption

Mais pour développer sa stratégie minière, le Burkina Faso doit enrayer la menace djihadiste. Le pays est gouverné par les militaires depuis le 23 janvier 2022 à la suite d’un coup d’Etat qui a renversé le président élu  Roch Marc Kaboré. Ces putschistes dirigés par Paul-Henri Sandaogo Damiba ont promis de faire de la lutte contre le terrorisme leur priorité. Et ce pour sortir le pays du cycle de violence dans lequel il est plongé depuis 2015, du fait de mouvements armés djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, qui ont fait des milliers de morts et près de deux millions de déplacés. Plus de 40% du territoire burkinabé est hors du contrôle de l’État, selon des chiffres officiels, et les attaques se sont multipliées sur le pays depuis le début de l’année. Les entreprises minières ont également fait l’objet d’attaques récurrentes et l’Etat devra relever le défi sécuritaire pour attirer nouveaux investisseurs dans le secteur minier.

RDC : les casques bleus de la MUNUSMO sous haute pression

ONU. MUNUSCO. Dr Sylvain Liechti.

Le gouvernement congolais a ouvert une enquête à la suite de la mort de deux Congolais et 15 blessés par des tirs de soldats de la MUNUSCO. La mission de maintien de la paix onusienne est soumise à de vives pressions de la part des populations des zones de conflits qui remettent en cause son efficacité.

Des soldats d’une brigade d’intervention des Nations Unies en République démocratique du Congo, de retour d’une permission, ont ouvert le feu sur un poste-frontière. Les tirs ont tué au moins deux personnes et en ont blessé 15 autres, ont annoncé ce dimanche 31 juillet le gouvernement congolais et la force de maintien de la paix de l’ONU. L’incident dans l’est agité du pays est le dernier en date impliquant la mission de maintien de la paix au Congo, connue sous le nom de MONUSCO – Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo. Laquelle a été confrontée pendant plusieurs jours à des protestations des populations de Goma. La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et cheffe de la Mission de paix de l’ONU en République démocratique du Congo, Bintou Keita, s’est dit profondément choquée et consternée par le grave incident survenu à Kasindi, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda.

« Face à ce comportement inqualifiable et irresponsable, les auteurs de la fusillade ont été identifiés et mis aux arrêts en attendant les conclusions de l’enquête qui a d’ores et déjà commencé en collaboration avec les autorités congolaises », a informé la mission onusienne.

Les représentants de la MUNUSCO ont également déclaré que des contacts ont été établis avec le pays d’origine de ces militaires pour qu’une procédure judiciaire soit initiée urgemment avec la participation des victimes et des témoins, afin que des sanctions exemplaires soient prises dans les meilleurs délais. La MONUSCO a pris le relais d’une précédente opération de l’ONU en 2010. Elle comptait plus de 12000 soldats et 1 600 policiers déployés en novembre 2021, qui se retirent progressivement depuis des années. Le 25 juillet, au moins 19 personnes dont trois soldats de la paix de l’ONU ont été tuées au cours de trois jours de manifestations violentes dans l’est de la RDC contre la présence de la MUNUSCO. La mission est critiquée pour son incapacité à rétablir la paix dans cette région minière déchirée par les conflits où elle est présente depuis plus de 20 ans. Les manifestants se sont indignés du fait que la mission n’a pas réussi à protéger les civils contre la violence des milices armées qui sévissent dans la zone.

Kenya : Facebook menacé de suspension

Reuters.

L’organisme kenyan de surveillance de la cohésion ethnique donne sept jours à Facebook pour éradiquer les discours d’incitation à la haine sur sa plateforme, relative aux prochaines élections présidentielles.  Faute de quoi ses opérations seront suspendues dans ce pays qui a déjà connu de violents heurts interethniques.

Facebook a une semaine pour mettre de l’ordre dans le contenu de ses pages relatives aux élections présidentielles du 09 août prochain. Par cet ultimatum, le pays ordonne à la firme américaine du groupe Meta de lutter contre les discours de haine sous peine de suspension. La Commission nationale du Kenya pour la cohésion et l’intégration (NCIC) a fait état de l’usage sur Facebook d’un langage abusif et incendiaire sur certaines pages du réseau social. En cas de non respect des directives de la NCIC, la société sera interdite dans le pays le mois prochain.

« Nous avons essayé de diffuser des messages de paix sur Facebook, qui les a supprimés. Nous n’avons pas été en mesure de lutter contre les discours de haine sur la plate qui a censuré nos message de paix », a déclaré la NCIC par l’intermédiaire de son commissaire Danvas Makori.

Le Kenya organise des élections présidentielles prévues le 09 août prochain, créant de vives tensions entre partisans du pouvoir d’Uhuru Kenyatta et de l’opposition. Le pays d’Afrique de l’Est a connu dans le passé de violents heurts interethniques qui ont émaillé des élections.

Prévenir le scénario de 2007

Les violences post électorales de 2017 restent encore fraiches dans les mémoires au Kenya. A l’époque les élections présidentielles remportées par Mwai Kibaki avaient fait 1200 morts, mettant en cause Uhuru Kenyatta, accusé d’avoir co-orchestré les violences à caractère ethnique. Élu à la présidence du Kenya en mars 2013, Kenyatta  a du répondre des accusations de crime contre l’humanité devant la Cours pénale internationale (CPI). Le 05 décembre 2014, les procureurs de la CPI ont annoncé l’abandon des charges contre lui faute de preuves. Le spectre de violences interethniques plane toujours sur les prochaines élections. Ce qui pousse les autorités de Nairobi à rester vigilants quant aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux dont Facebook, qui fait régulièrement sujet de discorde. La plateforme a fait l’objet de plusieurs allégations à travers le monde au cours des dernières années, notamment pour violation du droit à la vie privée dans de nombreux pays.

Tanzanie : La BAD finance l’accès au fonds des PME de femmes

Vue Dar Es Salam, capitale de la Tanzanie. (Dr)

La Tanzanie reçoit 110 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds africain de garantie à la CRDB Bank. Des montants destinés à améliorer l’accès au financement des PME détenues par des femmes.

La Banque africaine de développement a signé un accord financier de 60 millions de dollars comprenant une dette subordonnée de 50 millions de dollars pour soutenir les efforts d’expansion régionale de CRDB Bank et un prêt senior de 10 millions de dollars pour accélérer l’accès au financement des petites entreprises gérées et détenues par des femmes en Tanzanie. La facilité est associée à une assistance technique de 175 000 dollars sous forme de don émanant de l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) avec le soutien de l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (WE-FI). Il s’agit de renforcer la capacité de la CRDB Bank à aider les entrepreneuses de Tanzanie à devenir plus rentables. Le Fonds africain de garantie a par ailleurs accordé une ligne de garantie de 50 millions de dollars à la CRDB Bank. Cette ligne comprend le volet garantie de croissance de l’AFAWA, qui vise à réduire les risques liés à l’investissement dans les entreprises dirigées par des femmes et à soutenir davantage leur croissance.

« Ce partenariat tripartite va changer la donne, en particulier pour combler le déficit de financement des entrepreneuses », a déclaré le directeur général du Fonds africain de garantie, Jules Ngankam.

Pour son homologue Nnenna Nwabufo, ce partenariat permettra aux PME d’Afrique de l’Est d’accéder aux financements, grâce à l’expansion de la CRDB Bank. Plus important encore, il vient appuyer les efforts de la Tanzanie pour combler le déficit d’accès au financement des femmes entrepreneures, qui est estimé à 1,6 milliard de dollars.
« La facilité de prêt subordonné améliorera la capitalisation globale de la CRDB Bank et soutiendra la croissance future et l’expansion régionale sans mettre en péril les ratios de capital », a déclaré Abdulmajid Nsekela, PDG et directeur général du Groupe CRDB Bank. La banque finalise actuellement son implantation en République démocratique du Congo, et envisage de s’étendre à d’autres pays d’Afrique centrale et orientale.



Tunisie : la victoire sans surprise de Kais Saied au référendum

Le Président Tunisien Saied Kais dans un bureau de vote lors du référendum du 23 juillet 2022. (Reuters)

Le président Tunisien a sans surprise remporté le référendum sur la nouvelle constitution, alors que l’opposition qui a majoritairement boycotté le scrutin continue de dénoncer un vote illégal.

Le référendum sur la nouvelle constitution voulu par Kais Saied passe, mais avec une faible participation de 25%. L’opposition dénonce un score illégal et non représentatif du choix des tunisiens. Le 30 juin le gouvernement tunisien a publié son projet de constitution « au journal officiel ». Le texte provoque l’ire de l’opposition qui pointe du doigt plusieurs dispositions jugées régressives. D’abord le président de la république qui s’est arrogé les pleins pouvoirs. L’article 87 stipule que « le président de la république exerce la fonction exécutive avec le concours d’un gouvernement dirigé par un premier ministre ». Il supprime le parlementarisme, renoue avec le pouvoir présidentiel fort, réduit le rôle des instances constitutionnelles.

Le texte supprime aussi la majorité et prive du droit de grève l’armée, la police, la douane ainsi que la justice. «Le droit de grève est garanti conformément aux dispositions de la loi. Ce droit ne s’applique pas à l’armée nationale. Le droit de grève n’inclut pas les juges, les forces de sécurité intérieure et les douanes», précise l’article 41 de la nouvelle constitution.

Autre point de crispation est la suppression de l’Islam comme région d’État dans l’ancienne version. La nouvelle constitution dans son article 5 précise que « « la Tunisie fait partie de la nation islamique, et l’État seul doit œuvrer pour atteindre les objectifs de l’islam pur ». Ce qui laisse présager pour les détracteurs de la nouvelle constitution un glissement vers l’application de la charia. De pleins pouvoirs que les partisans du chef de l’État justifient par la nécessité de disposer d’une marge de manœuvre nécessaire pour dérouler sa stratégie et sortir le pays de sa crise économique et sociale.

« Les répercussions de la guerre en Ukraine aggravent les déséquilibres déjà profonds dont souffre l’économie tunisienne et mettent la population à rude épreuve. La gravité de la situation économique accroît ainsi la nécessité de mettre en œuvre sans délai des réformes ambitieuses », a déclaré Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI) en juin. Depuis 2011, à la suite de la révolution tunisienne qui a abouti au départ de l’ancien président Benali, le pays s’est embourbé dans une crise économique et sociale.

Banque mondiale: 100 millions de dollars pour renforcer la santé publique en Afrique

Le Groupe de la Banque Mondiale lance une initiative de garantie annuelle de 20 milliards de dollars. (Crédit : DR).

La Banque mondiale appuie les efforts du centre africain de prévention des maladies (CDC). Le financement devrait contribuer à enrayer les faiblesses structurelles et endémiques du système sanitaire africain, mises à nu par la crise sanitaire de la  COVID-19.

Le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) Afrique a reçu un appui de 100 millions de dollars de la Banque mondiale pour renforcer le secteur de la santé publique continentale. Le montant est destiné à améliorer la capacité technique de l’institution. Il s’agit d’améliorer son cadre institutionnel pour intensifier le soutien aux pays africains dans la préparation, la détection et la réponse aux épidémies et aux urgences de santé publique. Le continent africain fait face à plusieurs épidémies de maladies infectieuses en plus de la COVID-19 et il existe des risques croissants pour l’avenir, selon la Banque mondiale dans un communiqué du 23 juillet.

«Ce projet arrive à un moment critique alors que nous nous concentrons sur le renforcement de notre soutien aux États membres de l’UA sur le programme de sécurité sanitaire et sur la mise en place de notre institution autonome de l’UA », a déclaré le Dr Ahmed Ogwell Ouma, directeur par intérim du Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies.

Conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) : « L’Afrique que nous voulons », le programme appui les Centres africains de contrôle des maladies pour lutter contre les menaces actuelles et futures pour la santé publique. Plus tôt cette année, les États membres de l’UA ont accordé au CDC Afrique le statut d’organisme de santé autonome de l’Union africaine.

« Notre investissement dans le CDC Afrique souligne l’engagement à long terme de la Banque mondiale à soutenir les institutions régionales dirigées par l’Afrique et le programme de préparation de la santé publique de l’Afrique », a déclaré Boutheina Guermazi, directrice de la Banque mondiale pour l’intégration régionale pour l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et Afrique du Nord. Ce projet financé par l’Association internationale de développement (IDA) s’appuie sur le soutien existant de la Banque mondiale – le premier investissement dans le CDC Afrique a été approuvé en 2019 et renforce davantage la relation entre les institutions africaines sur le programme de préparation. Le partenariat est une opportunité pour la Banque mondiale de travailler avec Africa CDC sur l’élaboration du programme de préparation qui peut aider à stimuler le financement futur, la réflexion innovante pour réduire les maladies affectant les populations les plus vulnérables d’Afrique.

Centrafrique : la BEAC torpille la cryptomonnaie « Sango »

(Dr)

L’Union monétaire de l’Afrique centrale (BEAC) retarde le lancement de la cryptomonnaie centrafricaine Sango. La BEAC demande à Bangui de réviser sa copie avant de lancer sa monnaie qui devrait positionner la Centrafrique en capitale régionale de la cryptomonnaie.    

Réunie en session extraordinaire le 21 juillet, l’Union monétaire de l’Afrique centrale a déclaré que les règles de la cryptomonnaie centrafricaine comportent des normes compromettantes pour le cadre financier régional. Le lancement de la monnaie virtuelle prévu lundi prochain risque d’être reporté. La Centrafrique appartient à l’Union monétaire du franc CFA de la région dont les textes n’ont pas prévus de cryptomonnaie. Pour la BEAC, la loi centrafricaine a des dispositions incompatibles avec les accords et conventions régissant I‘Union monétaire de l’Afrique centrale et les statuts de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Les pays de la région ont néanmoins lancé un appel pour créer un cadre réglementaire adéquat à la mise en place des cryptomonnaies dans la région d’Afrique Centrale.

Sango ou la monnaie qui promet de révolutionner l’économie centrafricaine

C’est le 3 juillet dernier que la République centrafricaine a lancé officiellement le « projet sango ». Une cryptomonnaie voulue par le président Faustin Archange Touadéra qui en avril a fait du bitcoin une monnaie officielle de cet État de 4,8 millions d’habitants. Il vise à faire de son pays un hub régional du Bitcoin par le projet  « crypto island » à l’image du Salvador avec son « bitcoin city ». La Centrafrique veut ainsi créer une monnaie virtuelle centralisée dont le cours est fixé par rapport au franc CFA et la valeur garantie par les immenses ressources minières du pays. Mais le projet de Bangui doit vaincre les réticences de la BEAC qui interdit les transactions en monnaie cryptée dans la zone Cemac. Créée en 1972, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) est la banque centrale commune aux six Etats qui constituent la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Il s’agit respectivement du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad. Son rôle est d’émettre la monnaie fiduciaire, de conduire la politique de change de la CEMAC, de détenir et de  gérer les réserves officielles de change des Etats-membres, mais aussi de promouvoir le bon fonctionnement des systèmes de paiement et de règlement ainsi que la stabilité financière de la zone.

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