lundi 23 février 2026
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Soudan : les entreprises locales impliquées dans les combats, sanctionnées par les États-Unis

Le conflit n'est pas idéologique, mais une lutte de pouvoir pour le contrôle total de l'État et de ses ressources. Le principal point de discorde était l'accord-cadre de transition démocratique. Cet accord prévoyait l'intégration des Forces de soutien rapide (FSR) au sein de l'armée régulière (FAS). Les généraux n'ont pas pu s'entendre sur les modalités de cette intégration. Burhan voulait que l'armée soit la force dominante, Hemetti ne voulait pas perdre son autonomie et ses sources de revenus. (Crédit : DR).

Les États-Unis ont imposé jeudi des sanctions aux entreprises qu’ils accusaient d’alimenter le conflit au Soudan, intensifiant la pression sur l’armée et une force paramilitaire rivale pour qu’elles cessent les combats qui font rage à Khartoum et dans d’autres régions. Ces mesures interviennent alors que l’on assiste à une flambées des violences à Khartoum et au Darfour, poussant l’Arabie saoudite et les États-Unis à suspendent les pourparlers sur le cessez-le-feu de Djeddah.

Les Etats -Unis imposent des sanctions aux entreprises liées aux forces soudanaises alors que les combats font rage. Le département du Trésor américain a déclaré qu’il ciblait deux sociétés liées à l’armée, dont la plus grande entreprise de défense du pays, et deux sociétés liées aux Forces rivales paramilitaires de soutien rapide, dont une impliquée dans l’extraction de l’or. Le département américain promet de prendre des mesures supplémentaires si les parties continuent à détruire leur pays, a déclaré un haut responsable de l’administration américaine, à la presse sous couvert d’anonymat, selon les informations relayées par Reuters. Selon la même source, le ciblage des entreprises est loin d’être symbolique arguant que les mesures visent à étouffer l’accès des parties aux armes et aux ressources qui leur permettent de perpétuer le conflit.

A lire aussi : Soudan: la guerre des « généraux » plongent de nouveau le pays dans l’incertitude économique

Le conflit, qui a éclaté le 15 avril, a fait des centaines de morts, contraint plus de 1,6 million de personnes à fuir et transformé les trois villes qui composent la capitale autour du confluent du Nil – Khartoum, Omdurman et Bahri – en zone de guerre. Les habitants ont déclaré que des tirs d’artillerie lourde pouvaient être entendus dans le nord d’Omdurman et des tirs intermittents dans le sud de Bahri, malgré un accord pour un cessez-le-feu qui devrait durer jusqu’à samedi soir. Les affrontements se sont également poursuivis près d’un marché du sud de Khartoum, où au moins 19 personnes ont été tuées et 106 blessées mercredi, selon un membre d’un comité local de quartier.

Quid des médiations saoudiennes et américaines

Les États-Unis, aux côtés de l’Arabie saoudite, ont mené des efforts pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu effectif lors des pourparlers à Djeddah, bien que les deux parties aient rompu une série de trêves. L’Arabie saoudite et les États-Unis ont déclaré jeudi soir qu’ils suspendaient les pourparlers, un jour après que l’armée soudanaise a annoncé qu’elle mettait fin à sa participation. Les sanctions sont les premières mesures punitives imposées en vertu d’un décret signé par le président américain Joe Biden en mai. Ils ciblent la plus grande entreprise de défense du Soudan, Defence Industries System, qui, selon le Trésor, génère environ 2 milliards de dollars de revenus et fabrique des armes et d’autres équipements pour l’armée soudanaise. La société d’armement Giad, connue sous le nom de Sudan Master Technology, a également été ciblée. Du côté des RSF, Washington a imposé des sanctions à Algunade, qui, selon elle, était impliquée dans l’extraction de l’or et contrôlée par le commandant des RSF Mohamed Hamdan Dagalo et son frère, ainsi qu’à Tradive General Trading L.L.C., qui, selon elle, était une société écran contrôlée par un autre frère. Et acheté des véhicules pour les FSR, selon nos confrères de Reuters. Les entreprises, toutes essentielles aux activités commerciales et d’approvisionnement des deux forces, n’ont pas pu être jointes dans l’immédiat pour commenter. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que des restrictions de visa étaient imposées à des individus au Soudan, y compris des responsables de l’armée et des RSF et des dirigeants du gouvernement d’Omar el-Béchir, qui a été renversé il y a quatre ans. Les personnes frappées par des restrictions de visa n’ont pas été nommées.

Un sérieux risque d’embrasement

En dehors de Khartoum, des affrontements ont éclaté dans les principales villes de la région occidentale du Darfour. Un groupe régional de défense des droits a déclaré qu’au moins 50 personnes avaient été tuées la semaine dernière dans la ville la plus à l’ouest d’El Geneina, qui a été coupée des communications pendant plus de 10 jours. Dans une autre ville du Darfour, Zalingei, l’hôpital et l’université ont été pillés et des personnes ont été tuées « au hasard ». Certains responsables gouvernementaux ont déménagé dans la ville côtière de la mer Rouge contrôlée par l’armée, Port Soudan, qui est également devenue une base pour les Nations Unies, des groupes d’aide et des diplomates. Cependant, un couvre-feu a été décrété dans la ville cette semaine alors que l’armée mettait en garde contre les « cellules dormantes ». Les habitants disent que les bus ont été empêchés d’entrer dans la ville, qui est un point d’évacuation clé. À El Obeid, un centre régional au sud-ouest de Khartoum, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a signalé que de la nourriture était pillée.

« De la nourriture pour 4,4 millions de personnes est en jeu », a déclaré la chef de l’agence, Cindy McCain à Reuter.

Les dirigeants de l’armée et des RSF avaient occupé des postes de direction au sein du conseil au pouvoir du Soudan après avoir renversé Bashir en 2019. Ils se sont disputés sur la chaîne de commandement et la restructuration militaire dans le cadre d’une transition prévue vers un régime civil. Cameron Hudson, un ancien responsable américain actuellement au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, a déclaré que les sanctions auraient peu d’impact sur la capacité des parties à continuer à faire la guerre et qu’il était peu probable qu’elles soient appliquées par la Russie ou les Émirats arabes unis, qui ont des liens avec le RSF.

Chronique: Comment booster la création en Afrique ?

Le constat reste alarmant. Les budgets de la plupart des pays africains réservent une portion congrue à la R&D. N’est-il pas venue l’heure de repenser tous ces programmes autour de la recherche et l’innovation dans les facultés des universités, autres centres de recherche, écoles de formation professionnelle, écoles d’ingénieurs, entreprises… ? Nous le croyons et militons à des taux à deux chiffres- au moins 10% des investissements- singulièrement, en impliquant autant le public que le privé.

Pour avoir superviser plusieurs dizaines de pitchs de startups parmi les meilleures en Afrique et dans la diaspora, nous avons su apprécier toute la créativité. Des innovations dans des périmètres très larges, allant de la médecine à l’agriculture, en passant par les utilités (électricité, assainissement…), vaccination, process et équipements… ont été présentées. Malheureusement, aucun accompagnement dans des démarches pour breveter inventions et marques. Comment comprendre que dans un continent, où plus de 600 millions de foyers sont sans électricité, un générateur électrique autonome inventé en 2019 reste toujours à l’état de prototype ?

A titre de comparaison, le Global Innovation Index 2022 (Indice mondiale de l’innovation) révèle que la Suisse, les Etats Unis, la Suède sont en tête du classement mondial de l’innovation. Aussi, la Chine est proche du Top 10, tandis que des économies émergentes, telles que de l’Inde et de la Turquie, affichent un essor rapide et intègrent le Top 40.

Pourtant sur le portail de la propriété intellectuelle de l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) ipportal.wipo.int, guichet unique virtuel, le fait de déposer brevets, marques, dessins et modèles, indications géographiques et appellations d’origine, est facilité. Néanmoins pour le paiement, nos Etats ne mobilisent pas des ressources ou ne profitent pas de collaborations dans le cadre de partenariats bien définis avec des pays émergents, à l’image de celle du Brésil et du Japon pour développer la culture du soja au Mozambique, ou encore du Green Super Rice de la Chine avec plusieurs pays. Rappelons que 72 millions de $/an permettraient de réaliser les OMD, 3 millions de $/an de vacciner tous les enfants des pays pauvres, 10 millions de $/an de doubler les investissements dans la R&D sur l’agriculture tropicale…

Article publié le 22/11/2022

Ousmane Sonko condamné à 2 ans ferme, le Sénégal au bord du chaos

La peine actuelle qui est de 2 ans ferme rend de facto Ousmane Sonko inéligible à la présidentielle 2024. Le tribunal l’absout pour délit de viol et menaces de mort, mais le condamne pour 600 000 f CFA et 20 millions f CFA à la partie civile. Aussi la propriétaire du salon est condamnée à 2 ans de prison ferme pour complicité dans l’acte de corruption de jeunesse.

La chambre criminelle du Tribunal de Dakar au Sénégal vient de donner, jeudi 1er juin 2023, son verdict sur l’affaire dite Sweet Beauty, entre la plaignante Adji Raby Sarr, masseuse de son état, et le leader du parti d’opposition Pastef, Ousmane Sonko, sur un présumé viol. Il n’a pas été néanmoins condamné pour délit de viol et de menaces de mort… Le verdict plonge le pays dans une violente confrontation entre forces de l’ordre et manifestants, avec à la clé des morts et d’importantes pertes matérielles.

Sur une affaire qui a atterri au Tribunal pour viol et menaces de mort, la chambre criminelle du Tribunal de Dakar a retenu le délit de corruption de jeunesse sur la demoiselle Adji Raby Sarr, âgée de 22 ans aujourd’hui- et plus de 20 ans au moment des faits. A la lecture de la sentence, cette dernière a fondu en larmes. Tout dans ce procès semblait pourtant discrédité la thèse du viol, présumée sur la masseuse, qui a accusé le leader du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’équité et la fraternité). La défense a considéré, qu’il s’agit d’une conspiration… cette infraction n’a pas été discutée pendant l’audience, le procureur l’ayant rajoutée à la dernière minute. Les faits ont révélé certificat médical du gynécologue, Dr Alfousseyni Guèye, le Capitaine de gendarmerie Cheikh Oumar Touré qui a reçu le premier la plainte- radié depuis de ce corps militaire- propriétaire du Salon Ndèye Khady Ndiaye (enceinte de 8 mois), Mama Ba, la co-masseuse, et beaucoup d’autres témoignages ont été à décharge du leader de l’opposition politique sénégalaise.

Un innocent condamné ?

Des conversations enregistrées entre la plaignante et l’un de ses mentors, le marabout de sa famille, laisse à croire que ce procès est un procès ourdi contre un opposant politique dont le projet tourne autour d’une souveraineté recouvrée et que le peuple sénégalais, qui bénéficie de ressources abondantes, puisse en bénéficier davantage. Si l’avocat de la plaignante est sorti se féliciter de ce verdict, l’un des avocats du pool qui défend Ousmane Sonko, en l’occurrence Me Ciré Clédor Ly, trouve qu’il est temps d’arrêter les persécutions et les violences exercées contre le citoyen Ousmane Sonko dont la demeure est barricadée depuis 5 jours. Il a ajouté que le destin d’une nation peut être influencé par un verdict, mais l’histoire d’un peuple ne sera écrite que par les hommes et femmes qui se dressent contre l’injustice et l’oppression. Tous les observateurs s’attendent à l’aube d’une crise politique et sociale qui risque d’embraser un pays connu pour une démocratie mature. Beaucoup d’analystes prédisaient un procès moral et un complot pour écarter un candidat. Les avocats de la défense de Ousmane Sonko ont déjà esté en justice pour poursuivre tous les comploteurs et adressé un appel au peuple pour lever le blocus chez leur client. 

A lire aussi : Sénégal : 400 millions d’euros de financement de la BID, après l’accord SPPM/2023-2027

La peine actuelle qui est de 2 ans ferme rend de facto Ousmane Sonko inéligible à la présidentielle 2024. Le tribunal l’absout pour délit de viol et menaces de mort, mais le condamne pour 600 000 f CFA et 20 millions f CFA à la partie civile. Aussi la propriétaire du salon est condamnée à 2 ans de prison ferme pour complicité dans l’acte de corruption de jeunesse. A la lecture du verdict des manifestations ont éclaté à Dakar et dans plusieurs localités du pays, opposant les forces de l’ordre et les partisans du leader de Pastef. Les médias locaux font états de plus de 5 morts et de nombreux blessés. Des images ont montré des scènes de pillages, d’incendies, de saccages de biens publics, occasionnant d’importantes pertes matérielles dans ce pays connu pour sa stabilité politique.

Nigeria: les priorités et défis économiques du nouveau Président Bola Tinubu

Après deux mandats, c'est un géant aux pieds d'argile que le désormais ex-président a légué à Ahmed Bola Tinubu, investi lundi 29 mai à Abuja, la capitale fédérale, comme 16e président de la plus grande économie et du pays le plus peuplé d'Afrique. (Crédit : Dr).

Investi le lundi 29 mai dernier comme 16e Président de la République Fédérale du Nigeria, le Président Bola Ahmed Tinubu prend les rênes du pouvoir de la première puissance et plus peuplé pays d’Afrique frappé depuis plusieurs années par de multiples crises : insécurité, chômage des jeunes, marasme économique et corruption galopante. Un lourd héritage légué par son successeur Muhammadu Buhari qu’il va devoir gérer en misant sur le potentiel dont ne manque pas le géant nigérian et pour lequel, le leadership en matière de gestion dont il fait preuve lorsqu’il était gouverneur du puissant état de Lagos (1999- 2007) lui sera d’un précieux atout pour définir les priorités de l’heure et remettre l’économie du pays sur les rails. D’autant que malgré les difficultés conjoncturelles, le pays dispose de véritable atouts stratégiques pour confirmer son statut de véritable puissance économique du continent, actuellement classé à la 25e place au monde en terme de PIB.

L’élection encore contestée du candidat de l’APC lors de la présidentielle du 25 février 2023 a été une grande surprise pour bon nombre de nigérians mais aussi ailleurs. Bien qu’il soit l’un des principaux favoris, le dauphin du président sortant Muhammadu Buhari trainait comme un boulet le lourd bilan de son prédécesseur dont les résultats étaient loin de l’espoir qu’il a suscité lors de son arrivée au pouvoir en 2015. Après deux mandats, c’est un géant aux pieds d’argile que le désormais ex-président a légué à Ahmed Bola Tinubu, investi lundi 29 mai à Abuja, la capitale fédérale, comme 16e président de la plus grande économie et du pays le plus peuplé d’Afrique. La cérémonie d’investiture s’est déroulée en grande pompe avec la présence de près d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement, principalement du continent, ainsi qu’une centaine de délégations venues de tous les pays du monde. Une preuve du poids que jouit encore le pays dans la géopolitique régionale mais aussi du vent d’espoir qui souffle de nouveau pour l’avenir de ce mastodonte de l’Afrique de l’ouest, classé au 25e rang des puissances économiques mondiales.

Le lourd héritage de l’ancien président Muhammadu Buhari

Le pays que le nouveau président nigérian hérite en cette fin mois de mai 2023 ne fait pas figure de bonne mine notamment sur le plan économique avec une inflation à deux chiffres, des salaires misérables, une pénurie d’argent liquide et de carburant ainsi qu’un endettement extérieur qui atteint des proportions inquiétantes. A la décharge de Buhari, ses deux mandats de 8 ans n’ont pas été des plus favorables. Confronté à une insécurité ambiante avec la persistance des attaques terroristes de Boko Haram et de ses différentes factions dans le nord-est du pays, les attaques répétées des indépendantistes de l’IPOB et du MEND dans la partie sud-est du pays d’où le pays tire l’essentiel de ses ressources pétrolières, le pays a dû aussi faire face à l’impact de la morosité de la conjoncture économique mondiale avec la pandémie de la Covid-19 et tout récemment la guerre russo-ukrainienne. C’est le cas de le dire, l’ancien président a dû faire face aux pires difficultés économies et financières qui ont plongé le pays dans un marasme économie sans précédent avec une baisse notable des revenus tirés de l’exploitation du pétrole qui représente la moitié des recettes publiques et plus de 75 % des recettes totales d’exportation du pays, une chute drastique de la monnaie locale, le naira, qui n’a cessée de dégringoler face au dollar avec 750 nairas pour un dollar au marché noir en 2022, contre 200 en 2015. La crise a atteint son paroxysme en 2020, une année ou le Nigeria avait enregistré une profonde récession due aux chocs combinés de la Covid-19 et de la baisse des recettes pétrolières avec un PIB qui a chuté de près de 8 % au deuxième trimestre avant que la croissance économique ne redevenaient positive à partir du quatrième trimestre 2020 et de se maintenir depuis. Malgré quelques signes de reprises les derniers mois de l’ère Burhari, cette conjoncture économique a véritablement impacté la vie déjà difficile des 215 millions de nigérians, dont 63% de pauvres et un chômage des jeunes endémique qui atteint 43% pauvres selon les chiffres officielles, une inflation qui frôle actuellement les 22% selon la Banque centrale (CBN), l’explosion du prix de l’essence, qui a quasiment doublé (330 nairas le litre contre 165 il y a quelques mois et pour ne rien arrangé, la pénurie de devises qui a profonde marqué le pays durant les premiers mois de cette année suite à la réforme de la naira décidée par la Président sortant et mise en œuvre à coup de forceps par la CBN.

En dépit des signes de reprises enregistrés ces derniers mois, le pessimiste reste encore ambiant chez les opérateurs économiques ainsi que les analystes. «L’environnement opérationnel défavorable au Nigeria, caractérisé entre autres par des pressions inflationnistes et un faible pouvoir d’achat, continuera d’accroître le niveau de pauvreté», estime par exemple Sola Oni, du cabinet de conseil Sofunix Investment.

Remettre l’économie sur les rails, la priorité des priorités pour tourner la page Buhari

Dans son discours d’investiture, le nouveau Président nigérian a dévoilé ses ambitions qui du reste, s’imposaient d’eux-mêmes. « En tant que président de la République fédérale du Nigeria, je m’acquitterai de mes devoirs et de mes fonctions honnêtement, au mieux de mes capacités, fidèlement et conformément à la Constitution », a déclaré le nouveau chef de l’Etat qui a également appelé «à l’unité et à la cohésion» avant de promettre de faire de la sécurité « sa priorité ». Mais plus que tout le monde, il sait que là où il est le plus attendu, c’est sur les questions économiques. Son principal défi sera de remettre l’économie nigériane sur les rails. «En ce qui concerne l’économie, nous visons une croissance plus élevée du PIB et une réduction significative du chômage» a-t-il déclaré, ajoutant que ces objectifs seraient atteints grâce à une réforme budgétaire, à une augmentation de la production d’électricité et à une amélioration de la sécurité alimentaire. «J’ai un message pour nos investisseurs, locaux et étrangers: notre gouvernement examinera toutes les plaintes formulées au sujet de la fiscalité multiple et des divers obstacles à l’investissement», a aussi assuré celui qui passe comme un véritable businessman et donc plus ouvert aux affaires, ce qui pourrait jouer en faveur de l’amélioration du climat pour les entreprises nationales et investisseurs étrangers.

A lire aussi : Nigeria : fin des subventions aux carburants, un dossier chaud pour Bola Ahmad Tinubu

Le nouveau président nigérian s’est aussi engagé à mettre fin aux subventions accordées sur le carburant, une mesure populaire mais jugée coûteuse. Il a également promis de faire le ménage pour assainir la politique monétaire, estimant que la banque centrale devrait œuvrer en faveur d’un taux de change unifié, ce qui permettrait de faire converger les flux financiers vers des «investissements significatifs dans les usines, les équipements et les emplois qui alimentent l’économie réelle». Dans l’immédiat, l’un des premiers défis auquel va faire face le président Tinubu, c’est de parvenir à mettre fin à la persistance des pénuries qui pourraient par exemple entrainer une baisse de 25% des ventes sur les produits manufacturés si les crises du carburant et des liquidités n’étaient pas résolues dans les prochaines semaines comme annoncé par une des principales associations d’industriels du pays «cette situation n’est bonne pour personne. Ni pour l’industrie, ni pour le gouvernement, ni pour le citoyen ordinaire», a prévenu dans les médias, le patron de l’Association des fabricants du Nigeria (MAN), Segun Ajayi-Kabir.

La réforme de subventions, le premier dossier chaud sur la table du nouveau président

Le Président est aussi très attendu sur l’une des véritables patates chaudes que lui a légué l’ancien administration fédérale avec la fin des subventions pétrolières annoncé dès ce mois de juin avec l’épuisement des ressources du dernier fonds constitué à cette effet. Lors de sa campagne, il avait prévenu qu’il mettra fin à ces subventions qui coûtent énormément au budget de l’Etat et dans son discours d’investiture, il a réitéré les mêmes engagements. La nouvelle administration sait d’avance que cela va engendrer une véritable levée de boucliers dans le pays avec le front qui se met déjà en place entre syndicats de travailleurs et autres associations de consommateurs. Cette réforme qui est au cœur de tous les débats électoraux, politiques et économiques depuis près de 30 est ans comme imminente depuis plusieurs années, notamment sous pression du FMI et de la Banque mondiale. Il illustre tout le paradoxe du Nigeria. Le premier producteur de pétrole du continent africain n’exploite que du brut qu’il exporte et qui lui rapporte des milliards de dollars, mais faute d’infrastructures de raffinage, il doit importer son carburant qu’il subventionne. Cette mauvaise gestion énergétique, couplée à une corruption endémique, a entraîné une explosion de la dette mais aussi de la pauvreté qui touche près de la moitié de la population. L’urgence pour Bola Tinubu, c’est donc de renflouer les caisses de l’État et de relancer l’économie nationale, sous peine d’avoir à affronter au cours de son mandat la colère des gens, qui sont en mode survie. 

A lire ausi : Nigeria : Shell enquête sur un vol décennal de pétrole via son réseau

Au lendemain de son investiture, c’est l’une des premiers dossiers sur lequel il a eu a tranché en actant la fin des subventions au carburant, une décision audacieuse qui risque d’entraîner une hausse immédiate du prix de l’essence, qui pourrait atteindre 200 %, et de relancer immédiatement l’inflation. Dans une note d’explication, son cabinet a indiqué qu’il ne s’agit que de la mise en œuvre d’une décision déjà validée par la précédente administration et les fonds ainsi dégager vont servir à atténuer les risques d’inflation et seront aussi orienter vers des dépenses à caractères sociales pour atténuer l’impact chez les personnes vulnérables ainsi qu’à la réalisation d’ infrastructures socioéconomiques pour relever le niveau du développement du pays. 

Du potentiel pour relancer la machine économique

Il va falloir attendre la fin de l’Etat de grâce, qui risque de ne pas prendre beaucoup de temps, pour jauger de l’empreinte du nouveau Président. Il a deux mois pour constituer son gouvernement qui va s’atteler à relancer la machine économique du pays et à sortir près de 80 millions de personnes sur les 215 millions que compte le pays, de la pauvreté. Malgré les difficultés qu’il a hérité et qui continuer de peser sur le dynamisme de la première économie du continent, la nouvelle administration fédérale va prendre service dans un contexte relativement favorable.  Après la récession économique de 2020, l’ancienne administration a pu tant que mal à faire redémarrer l’économie du pays dès 2021. Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance économique du Nigeria devrait augmenter cette années à 3,2% , contre 3% estimée en 2022, alors que l’inflation s’inscrit dans une tendance baissière.

« Malgré le succès des autorités à contenir et à gérer les infections à la Covid-19, les conditions socio-économiques restent difficiles. Les retombées de la guerre en Ukraine, qui se sont transmises principalement par la hausse des prix intérieurs des denrées alimentaires, ont aggravé les effets néfastes de la pandémie, notamment sur les personnes les plus vulnérables – le Nigeria figurant parmi les pays où la sécurité alimentaire est la plus faible », avait indiqué le Fonds qui préconise  « des réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance, à renforcer le secteur agricole et à stimuler une croissance inclusive et durable afin de garantir la stabilité macroéconomique».

Dans une récente note, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a aussi indiqué que l’économie nigériane a maintenu une trajectoire de croissance positive pendant neuf trimestres consécutifs depuis sa sortie de la récession en 2020. Selon le gouverneur de la CBN, Godwin Emefiele, «cette performance a été largement due à la croissance soutenue des secteurs des services et de l’agriculture». Le gouverneur qui intervenait dans les médias au sortir de la dernière réunion du Comité de politique monétaire à Abuja du mois de mars a également attribué cette croissance à un rebond des activités économiques et à l’intervention continue de la CBN dans les secteurs propices à la croissance, ajoutant que la reprise de la croissance de la production devrait se poursuivre en 2023 et 2024. « Le comité a toutefois observé avec inquiétude l’augmentation marginale de l’inflation globale en février à 21,91%, soit une augmentation de 0,09 point de pourcentage par rapport au mois précédent », a ajouté la note de la banque centrale selon laquelle cette augmentation était en grande partie due à une hausse minime de la composante alimentaire. Dernièrement, c’est l’Office national des statistiques (NBS) qui dans un rapport publié le 24 mai 2023 a confirmé cette  croissance de l’économie nigériane au premier trimestre 2023 qui marque la dixième évolution trimestrielle positive consécutive du PIB de ce pays d’Afrique de l’Ouest. En dépit, « d’un ralentissement de la croissance est attribuable aux effets négatifs de la pénurie de liquidités survenue au cours du trimestre », l’Office a indiqué que la croissance enregistrée entre le 1er janvier et le 31 mars de l’année en cours découle essentiellement du bon comportement du secteur des services, qui a connu une progression de 4,35 %, ce qui a lui a permis de contribuer à hauteur de 57,29 % à la croissance globale du PIB. D’autre part que, l’Office national des statistiques a annoncé que la production de pétrole a augmenté à une moyenne quotidienne de 1,51 million de barils par jour au premier trimestre 2023, contre 1,49 million de barils par jour au trimestre correspondant de 2022.

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Malgré donc les difficultés conjoncturelles auxquelles fait face l’économie du pays, le Nigeria dispose de ressorts structurels pour relancer sa machine.  Première économie d’Afrique, le Nigéria, en concurrence étroite avec l’Afrique du Sud, le pays compte plus de 219 millions d’habitants et dans le monde, c’est la 25ème plus grande économie en volume de PIB. Cependant, l’économie nigériane est fortement dépendante du pétrole et est donc très vulnérable aux fluctuations des prix et de la production du pétrole brut. Si sur la dernière décennie la croissance économique a atteint 2,5% en moyenne, la pandémie de Covid-19 et la chute des prix du pétrole ont provoqué une contraction de l’économie en 2020. Néanmoins, la croissance économique a rebondi en 2021 avec +3,6% et 2022 avec +3,2%,  soutenue par un secteur des services dynamique et une augmentation des recettes provenant des exportations de pétrole et de gaz. La production de pétrole brut était en moyenne de 1,3 mbpj en 2022 et devrait augmenter légèrement pour atteindre 1,4 mbpj en 2023, bien que le secteur continuera d’être affecté par la combinaison du vol de pétrole, du vandalisme des pipelines et du vieillissement des infrastructures et pour 2023 et 2024, le FMI prévoit une croissance de 3 % et 2,9 %, respectivement. Parmi les risques à la baisse figurent une inflation élevée et des problèmes de sécurité.

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Autres leurs d’espoir, la hausse des prix du pétrole a entraîné une amélioration des recettes d’exportation de pétrole, entraînant un léger excédent du compte courant en 2022, par rapport à un déficit de 0,4 % en 2021 comme indiqué dans la dernière analyse de Fitch Ratings sur la notation du pays. Aussi, la baisse des niveaux de réserves qui ont été estimées à 36,3 milliards USD en 2022, contre 40,2 milliards USD un an plus tôt,  a contribué au resserrement des liquidités en devises. Le déficit budgétaire des administrations publiques en 2022 a été estimé à 6,1 % du PIB par Fitch Ratings, car la subvention à l’essence a coûté au gouvernement environ 5 000 milliards NGN (2,4 % du PIB) en revenus perdus de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). Dans la même dynamique, la baisse des coûts des subventions et une amélioration marginale de la production pétrolière devraient contribuer à réduire le déficit budgétaire en 2023 (toujours supérieur à 5 %).

GoGlobal étend sa présence à l’Afrique avec l’ouverture de bureaux locaux dans 18 pays

(Crédit : Dr).

GoGlobal, qui se définit comme l’un des principaux employeurs de référence (EOR), étend son empreinte mondiale avec l’ouverture de filiales opérationnelles dans 18 pays d’Afrique. Cette démarche stratégique permet au groupe d’offrir une couverture locale exhaustive sur un tiers du continent africain, positionnant l’entreprise comme un acteur clé dans le soutien aux entreprises multinationales (EMN) qui se développent en Afrique.

Avec le renforcement de sa présence en Afrique, GoGlobal s’ouvre de vastes opportunités de croissance. Pour les entreprises cherchant à se développer à l’échelle mondiale dans des secteurs tels que la technologie, l’agroalimentaire, les ONG, les services financiers, la construction et l’ingénierie, l’Afrique apparaît comme une terre aux possibilités illimitées. Avec une population croissante, un vivier de professionnels talentueux, une économie prometteuse, un développement robuste des infrastructures et des politiques favorables aux investisseurs, l’Afrique devient rapidement une priorité pour les multinationales du monde entier. Une association avec un employeur de référence (EOR) permet aux entreprises d’accélérer leur stratégie de croissance en Afrique, annonce la société dans un communiqué.

« L’Afrique a connu une transformation impressionnante, passant d’une perspective d’avenir à une région regorgeant d’opportunités immédiates. Dotée d’une main-d’œuvre jeune, pleine de talents et hautement qualifiée, l’Afrique est devenue un pôle dynamique à fort potentiel commercial. », a déclaré Nick Broughton partenaire chez GoGlobal.

En tant que plaque tournante du commerce international, l’Afrique offre une multitude d’avantages, en particulier pour les entreprises de Chine, d’Asie-Pacifique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord. Dans le cadre de son expansion, GoGlobal propose également des solutions de recrutement de bout en bout, offrant aux multinationales la possibilité de constituer des équipes performantes en Afrique et de dénicher les talents dont elles ont besoin. En puisant dans la vaste réserve de talents africains, les multinationales bénéficient d’une main-d’œuvre dynamique, d’un accès au savoir-faire local ainsi que d’opérations rentables.

« Une association avec un employeur de référence (EOR) permet aux entreprises d’accélérer leur stratégie de croissance en Afrique », explique Ashwin Tirvassen.

Il a ajouté que les entreprises stratégiques choisissent de s’associer avec GoGlobal pour la gestion des ressources humaines transfrontalières, qui peut s’avérer complexe. GoGlobal dispose d’experts locaux au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Ghana, au Kenya, au Mali, au Malawi, à Maurice, au Maroc, au Nigeria, au Rwanda, au Sénégal, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Tunisie, en Zambie et au Zimbabwe. Broughton a précisé que la profonde connaissance des usages culturels, de la langue et du cadre réglementaire de chaque pays permettant de proposer des solutions sur mesure aux multinationales, leur offrant les moyens de se développer rapidement, de manière rentable et dans le respect des règles.

BAD : tour d’horizon des moments forts des Assemblées annuelles 2023

Le groupe Banque africaine de développement (BAD) vient de tenir ses Assemblées annuelles 2023 du 22 au 26 mai 2023 à Charm el-Cheikh, en Égypte. Le maître-mot a été souveraineté africaine pour cette banque multinationale qui entend faire avancer le continent. (Crédit : Dr).

Cette année les Assemblées annuelles du groupe Banque africaine de développement (BAD), ponctuées de plénières et de panels thématiques, qui viennent de s’achever à Charm el-Cheikh en Egypte, ont coïncidé avec la 58ème Assemblée du Conseil des gouverneurs et le 49ème Assemblée du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD). Entre autres, les chantiers ont porté sur la souveraineté pharmaceutique, la souveraineté alimentaire de l’Afrique, une coopération multilatérale avec le privé et le public pour financer la transition verte en Afrique… Le lancement de l’Alliance pour les infrastructures vertes (AGIA), par le groupe et plusieurs partenaires, dans le but de verdir les infrastructures de l’Afrique et de mobiliser 10 milliards de $ pour couvrir les coûts supplémentaires des infrastructures vertes, à faible émission de carbone et résilientes dans le cadre de la transition vers Net Zero en Afrique, a été salué. Mieux son accélération est encouragée.

Le groupe Banque africaine de développement (BAD) vient de tenir ses Assemblées annuelles 2023 du 22 au 26 mai 2023 à Charm el-Cheikh, en Égypte. Le maître-mot a été souveraineté africaine pour cette banque multinationale qui entend faire avancer le continent. Dans un contexte, marqué par un environnement extérieur de plus en plus difficile, y compris les risques géopolitiques, l’escalade du conflit au Soudan, les impacts plus larges de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le changement climatique, l’insécurité, les tendances inflationnistes élevées, ainsi que l’augmentation des coûts du service de la dette résultant des effets de la hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale et de vulnérabilités suite à l’escalade de la dette, l’Afrique a maintenu un taux de croissance de 3,8 %, bien au-dessus du taux de croissance du PIB mondial de 3,4 % estimé pour 2022. En droite ligne de l’Agenda 2030 pour le développement durable (ODD) et l’Accord de Paris, le groupe reste attaché à la réalisation de ses objectifs.

Un leader donne le ton

A Charm el-Cheikh, le Conseil des gouverneurs a souligné l’importance d’accroître la coordination entre tous les acteurs du développement et de créer des synergies entre les différents programmes, sources de financement et stratégies de développement, en les alignant sur les priorités insérées dans l’Agenda 2063 – L’Afrique que nous voulons- le cadre stratégique du continent pour donner la priorité et au développement économique, l’intégration continentale et régionale, la gouvernance démocratique et la paix et la sécurité. Le début des pourparlers de pré-négociation entre les représentants des Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, à Djeddah le 6 mai 2023, a été salué. Les Gouverneurs, représentant les pays membres de la BAD et les États participants au FAD, réunis à ces rencontres périodiques, tenues cette année du 2023 du 22 au 26 mai 2023 à Charm el-Cheikh, en Égypte, ont salué la présidence de M. Hassan Abdalla, Gouverneur de la Banque Centrale d’Egypte et Président des Conseils des Gouverneurs, et loué la présence effective du Président d’Egypte, M. Abdel Fattah El-Sisi, du Président de l’Union des Comores et Président de l’Union Africaine, M. Azali Assoumani, du Président du Zimbabwe, Dr. Emmerson Dambudzo Mnangagwa, du Vice-Président de Tanzanie, M. Philip Isdor Mpango, représentant Mme Samia Suluhu Hassan, Présidente de Tanzanie, du Premier Ministre de la République du Rwanda,  M. Édouard Ngirente, représentant M. Paul Kagame, Président du Rwanda, du Premier Ministre de Burundi, M. Gervais Ndirakobuca, représentant M. Evariste Ndayishimiye, Président du Burundi, du Premier Ministre de la République Fédérale de Somalie M. Hamse Abdi Barre,  représentant M. Hassan Sheikh Mohamud, Président de la République Fédérale de Somalie, du Président de la Commission de l’Union Africaine, M. Moussa Faki Mahamat, du Premier Ministre égyptien, M. Moustafa Madbouli, du Gouverneur du Gouvernorat du Sinaï Sud, le Général-Major Khaled Fouda, du Ministre de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis et Envoyé spécial des Émirats arabes unis pour le changement climatique et Président désigné de la COP 28, Dr Sultan Ahmed Al Jaber, etc.

Un AAA, fièrement affiché

Comme à l’accoutumée, les activités et résultats ont été examinés par le Conseil des gouverneurs qui a félicité le groupe BAD pour sa gestion financière et des risques solide et prudente. Un management qui lui a permis de maintenir sa cote de crédit triple A par toutes les principales agences de notation de crédit mondiales ainsi que son leadership en matière d’étirement de ses bilans, en utilisant des approches innovantes de transfert des risques de marché, y compris l’utilisation de la titrisation synthétique et du risque de portefeuille assurance. Les conseils d’administration, la direction et le personnel ont été congratulés pour la performance opérationnelle et financière en 2022, dans des circonstances difficiles. Aussi, l’opinion sans réserve des auditeurs externes du groupe sur les états financiers clos le 31 décembre 2022 et leur confirmation de l’efficacité des contrôles internes ont été salués.

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Relativement aux réformes de certains instruments de gouvernance du groupe de la Banque, adoptées conformément à la résolution B/BG/2022/08 –F/BG /2022/05, les Conseils d’administration et la Direction ont été félicités, quant à la mise en œuvre des principales recommandations du Comité ad hoc. Les progrès accomplis dans le cadre de l’examen global et global en cours, visant à renforcer l’indépendance des principales fonctions de surveillance, de conformité et de responsabilité conformément aux normes internationales et aux meilleures pratiques (architecture financière mondiale), ont été salués. Des recommandations concernant les modifications du Règlement régissant l’élection du Président, afin de permettre l’utilisation du vote électronique, lors des futures élections, et les modifications correspondantes du Règlement intérieur du Conseil des gouverneurs de la BAD et du Règlement Procédure du Conseil des gouverneurs du FAD, pour prévoir expressément la convocation d’Assemblées annuelles virtuelles, ont été approuvées.

BMD la Plus Transparente au Monde

Au chapitre des satisfécits, la BAD étrenne son titre d’Institution de Développement la Plus Transparente au Monde pour ses opérations souveraines. Elle a en effet obtenu le score le plus élevé, jamais enregistré, pour la transparence sur les opérations souveraines. Aussi, le FAD a remporté une honorable 2ème place, en tant que Meilleure Institution Financière Concessionnelle au monde par le Center for Global Development (CGD) en 2021. Pour l’exercice écoulé, face aux défis auxquels sont confrontés les pays membres régionaux (PMR), le groupe a soutenu avoir apporté une réponse forte et continue via du financement anticyclique, du dialogue sur les politiques et des produits du savoir pour gérer les risques externes, et pour soutenir le renforcement de la stabilité macroéconomique et budgétaire, la gouvernance économique, la viabilité de la dette et la transformation structurelle de les économies des PMR, tout en renforçant la résilience des États fragiles. Le Conseil des gouverneurs a approuvé la demande de la direction de tirer parti des fonds propres du FAD, son Guichet de Prêts Concessionnels, pour mobiliser davantage de ressources sur les marchés des capitaux. Une fois pleinement mis en œuvre, le groupe pourrait débloquer jusqu’à 27 milliards de $ pour aider les États à faible revenu et fragiles, a déclaré le président du Groupe de la Banque, Dr Akinwumi Adesina, vendredi dernier. Il a ajouté « Cela signifie que lorsque cela sera lancé, nous pourrons lever 4 milliards de $ supplémentaires ou même plus par cycle pour ces pays les moins avancés à faible revenu ». En outre, pour faire avancer l’Afrique, divers programmes de soutien au capital humain sont mis en œuvre par la Banque pour soutenir les startups. Il s’agit notamment de son programme YouthAdapt, lancé conjointement avec le Centre mondial pour l’adaptation.

Un leadership en matière de financement climatique en Afrique

Quant aux États participants et les donateurs du FAD pour la reconstitution historique du FAD-16, ils ont été félicités, suite à un apport de 8,9 milliards de $, dont 8,5 milliards de $ de financement de base du FAD et 429 millions de $ pour le nouveau guichet d’action pour le climat. Cela renforcera la capacité du Groupe de la Banque à répondre aux multiples besoins de développement de nos PMR les moins avancés, y compris la reprise après la pandémie de COVID-19, l’insécurité alimentaire, les effets du changement climatique, la fragilité, la dette et les vulnérabilités économiques, y compris les effets de l’invasion de l’Ukraine, assure-t-on. Le groupe reste préoccupé de la nécessité de ressources financières substantielles pour soutenir l’adaptation au climat en Afrique, y compris la réalisation de l’engagement des pays développés de mobiliser 100 milliards de $ par an, en financement climatique pour les pays en développement, dans le contexte d’actions d’atténuation significatives et de transparence sur la mise en œuvre. « Dans cet esprit, nous appelons à une action urgente pour doubler la fourniture collective de financements climatiques pour l’adaptation et à l’opérationnalisation de nouveaux accords de financement pour répondre aux pertes et dommages conformément aux décisions des Conférences des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de la Conférence des Parties à l’Accord de Paris, dont les dernières sessions se sont tenues à Charm el- Sheikh, Égypte, et d’explorer l’introduction de clauses de dette résilientes au changement climatique« , ont indiqué les Gouverneurs.

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A noter que sur le financement climatique en Afrique, le groupe BAD a dépassé son objectif d’engager 40 % dans le financement climatique (engagement de fournir 25 milliards de $ entre 2020 et 2025), atteignant 45 % en 2022 ; consacrer 63 % de son financement climatique en 2022 à l’adaptation, ce qui en fait la première BMD au monde pour le financement de l’adaptation à avoir dépassé l’objectif de 50/50 pour l’adaptation et l’atténuation, tout en visant toujours un équilibre entre le financement de l’adaptation et de l’atténuation ; et consacrant 87 % de ses investissements dans la production d’énergies renouvelables depuis le lancement de la stratégie New Deal sur l’énergie pour l’Afrique du Groupe de la Banque en 2016. Un certain nombre de mesures sont à encourager, il s’agit notamment de continuer à adopter des approches qui garantissent une transition juste, la sécurité énergétique et la durabilité, conformément à l’Accord de Paris accord, élargir l’accès à des services énergétiques propres, renouvelables, abordables, fiables et durables pour tous et stimuler un développement à faible émission de carbone et résilient au changement climatique conformément à l’Accord de Paris. En droite ligne du thème de ces Assemblées annuelles «  Mobiliser le financement du secteur privé pour le climat et la croissance verte en Afrique « . Il s’agit d’encourager une participation active aux partenariats africains pour une transition énergétique juste, y compris des ressources plus concessionnelles pour garantir que la transition soit juste le Groupe de la Banque, tout en restant axé sur la réduction de la pauvreté, à approfondir sa collaboration avec l’Union africaine, les PMR, d’autres banques multilatérales de développement (BMD), des institutions financières internationales et d’autres partenaires au développement à mobiliser davantage de financements climatiques publics et privés pour des investissements verts et durables. Il faudra combler le déficit annuel de financement climatique du continent, d’environ 213,4 milliards de $.

Financements structurants et soutien à l’intégration africaine

Aux assemblées annuelles de la BAD en Egypte, le ferme soutien du groupe au Mécanisme de préparation des projets d’infrastructure du Nouveau Partenariat pour l’Afrique (NEPAD-IPP) a été approuvé, ainsi que le renforcement de son soutien à l’intégration régionale, conformément à l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), son efficacité et exécuter strictement sa stratégie de sélectivité approuvée par le Conseil d’administration pour répondre aux besoins uniques des PMR, en particulier des pays à faible revenu (PFR), y compris ceux en situation de fragilité et de conflit, et des États insulaires, y compris en plaidant et en incitant, notamment par le dialogue politique, des cadres de politique macroéconomique prudents , la consolidation des institutions et de l’état de droit, l’inclusion sociale et la promotion de l’égalité des sexes. Il en a été de même sur l’aide aux PMR à accroître leurs ressources nationales, à l’amélioration de la gouvernance économique, la gestion des finances publiques, la viabilité de la dette, l’exactitude et la transparence des données sur la dette, ainsi qu’au renforcement des cadres de lutte contre le blanchiment d’argent, en coordination avec le FMI, le Groupe de la Banque mondiale et le Club de Paris, sur la base des cadres stratégiques du Groupe de la Banque.

Allier sécurité alimentaire et souveraineté pharmaceutique

Les efforts du Groupe de la BAD, visant à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique, à travers des programmes dans le cadre de sa stratégie Nourrir l’Afrique et via sa co-organisation au Sommet Nourrir l’Afrique à Dakar, tenu du 25 au 27 janvier 2023, ont été salués.  Même son de cloche pour son engagement continu à soutenir les efforts du continent pour atteindre la sécurité en eau et la performance du secteur de l’eau en 2022. La mise en œuvre sa Stratégie de l’eau 2021-2025 et par ricochet la sécurité de l’eau, pour favoriser une croissance et un développement durables, verts et inclusifs en Afrique, sont encouragées. L’exemple de Zagora au Maroc où l’abondance de « l’or bleu » a apporté de nouvelles opportunités a été magnifié. Dans cette province, l’Etat a pris les devants en lançant, en 2016, la construction du barrage d’Agdez. Financée à plus de 60 millions d’euros (9 milliards f CFA) par la BAD, l’infrastructure comprend une station d’épuration d’un débit de 250 litres par seconde. Dans quelques semaines, plus de 125 km de canalisations alimenteront en eau potable les villes d’Agdez, à 27 km du barrage, et de Zagora, à 125 km du barrage. Pour améliorer la préparation et la résilience de l’Afrique, aux futures pandémies sanitaires, un certain nombre d’actions sont entreprises par le groupe de la BAD. Elles vont du soutien au développement d’infrastructures de soins de santé de qualité au renforcement des capacités locales de l’industrie pharmaceutique à fabriquer des médicaments et des vaccins de qualité, conformément à la Stratégie pour des infrastructures sanitaires de qualité en Afrique 2022-2030, en passant par un financement accru pour le renforcement des systèmes de santé.

Financements innovants

Les risques de cybersécurité, les problèmes de numérisation et d’accès et de transfert de technologies et le développement de l’écosystème de recherche et développement ne sont pas en reste, grâce notamment à la création de la Fondation africaine des technologies pharmaceutiques (APTF) approuvée par le Conseil d’administration, le financement à hauteur d’un milliard de $ par le biais de son mécanisme de financement positif pour les femmes en Afrique (AFAWA) et aider les PMR à collecter des données ventilées par sexe afin d’accroître l’autonomisation économique des femmes et leur accès au financement. Leshego Microfinance Bank Nigeria, connue sous le nom de Letshego MFB Nigeria, a reçu le Prix éponyme du Programme Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA) de la Banque africaine de développement. AFAWA est soutenue par divers partenaires au développement dont les pays du G7 (France, Canada, Italie, Allemagne et Commission européenne), les Pays-Bas, la Suède et la Women Entrepreneurship Finance Initiative (We-Fi) du Groupe de la Banque mondiale. Le groupe va continuer à développer des approches innovantes pour mobiliser beaucoup plus de ressources pour l’Afrique, conformément à la recommandation du Groupe de travail du G-20 sur le cadre d’adéquation des fonds propres, notamment en mobilisant davantage d’investissements et de financements du secteur privé, en travaillant à accroître la mobilisation des ressources nationales dans les PMR, optimiser son bilan, approfondir ses travaux et son leadership existant sur la titrisation synthétique et utiliser des garanties et d’autres instruments de transfert des risques de marché pour mobiliser les investisseurs institutionnels.

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Parallèlement à la mobilisation des ressources nationales, le groupe BAD va s’employer à attirer davantage de financements du secteur privé, singulièrement via la plate-forme Africa Investment Forum (AIF) qui a contribué à mobiliser des intérêts importants pour l’Afrique en 2022. Il a été précisé que le fort engagement de la Banque dans le financement des infrastructures de transport, en coordination avec la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, est remarquable, en particulier l’intérêt d’investissement exprimé au FIA pour le corridor routier Lagos-Abidjan, d’un montant de 15,6 milliards $, et l’intérêt d’investissement exprimé pour le rail lignes en Afrique de l’Est reliant la Tanzanie, la République démocratique du Congo et le Burundi, pour un montant de 3,6 milliards $. Entre autres bons points, le leadership mondial du groupe au sein des BMD dans le développement et le fer de lance d’options innovantes, avec l’appui technique du FMI, qui pourraient soutenir l’acheminement volontaire des droits de tirage spéciaux des pays développés, vers les pays les plus vulnérables, en tenant dûment compte des législations nationales applicables. En termes d’amélioration des performances, le groupe BAD attend les futures discussions, pour voir comment optimiser l’utilisation de ses ressources par la Banque, comme le proposent les recommandations du Cadre d’adéquation des fonds propres du G-20. D’ores et déjà, rendez-vous est pris pour les prochaines Assemblées annuelles, prévues à Nairobi, au Kenya, du 27 au 31 mai 2024. A noter qu’en marge des assemblées annuelles, Andrew Mitchell, ministre d’État britannique chargé du développement et de l’Afrique, a annoncé, mercredi 24 mai 2023, le lancement de deux premiers projets dans le cadre de son programme de garantie Room to Run (de 2 milliards $ signé avec la BAD) pour l’assainissement des eaux usées égyptien sur 80 millions € et l’assainissement de l’eau sur 37 millions € au Sénégal.

RDC: A Pékin le Président Tshisekedi a « revisité » la coopération sino-congolaise pour un partenariat plus équilibré

Lors de cette visite qui a été préparée depuis des mois, Pékin a déroulé le tapis rouge au Président Tshisekedi qui s'est entretenu le vendredi 26 mai dernier avec son homologue Xi Jinping ainsi que le Premier ministre chinois Li Quiang avec qui il a évoqué l'état ainsi que les perspectives de coopération entre les deux pay. (Crédit : Dr).

Le Président congolais Félix-Antoine Tshisekedi a effectué sa première visite d’Etat en Chine du 24 au 28 mai 2023 pour officiellement relancer le partenariat entre Kinshasa et Pékin sur de nouvelles bases. Une visite à très fort cachet économique donc, même si aucun nouvel accord d’envergure n’a été signé au terme des 4 jours qu’a duré le séjour du chef de l’Etat Congolais, à la tête d’une importante délégation. De quoi décevoir certains à Kinshasa qui s’attendaient à une renégociation du « contrat du siècle » ou « mines contre infrastructures », signé en 2008 sous l’ancien Président Joseph Kabila, et qui de l’avis de l’Inspection générale des finances congolaises (IGF) a largement été en défaveur du pays.

Pour la Présidence congolaise, l’essentiel c’est la nouvelle ère de coopération sino-congolaise que cette visite du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, préparé depuis des mois, qui mérite d’être mise en avant. Dimanche 29 mai 2023 à Shenzhen, au terme d’un séjour de quatre jours à l’agenda chargé en République populaire de Chine, le Président de la RDC a indiqué à la presse que son « ambition est d’industrialiser son pays et de le développer ». En ce sens, il a estimé que la Chine s’est montrée disposée à accompagner la RDC à travers notamment l’implantation locales d’industries de transformation des matières premières produites au pays.  

« Je pense que la Chine peut être un bon partenaire pour nous accompagner. Il y a aussi d’autres partenaires. Mais la Chine était la plus prompte à venir. Et on ne va pas fermer la porte à un partenaire qui est disposé à nous accompagner. C’est ce que j’ai répondu directement répondu à cette invitation lancée par le Président Xi Jinping », a expliqué Félix-Antoine Thisekedi.

 Selon le chef de l’Etat Congolais, « l’industrialisation est importante parce que c’est par là que le développement arrive. L’industrialisation commence par la transformation ou la création de la richesse chez nous. La création de chaines de valeur des produits extraits en RDC, doit se faire en RDC. Ça va créer des richesses et des emplois et ça sera bénéfique à notre économie. C’est ça mon rêve, c’est ça mon vœu. Et je suis prêt à tout pour y arriver ».

Des engagements pour un nouvel élan à la coopération sino-congolaise

Lors de cette visite qui a été préparée depuis des mois, Pékin a déroulé le tapis rouge au Président Tshisekedi qui s’est entretenu le vendredi 26 mai dernier avec son homologue Xi Jinping ainsi que le Premier ministre chinois Li Quiang avec qui il a évoqué l’état ainsi que les perspectives de coopération entre les deux pays. A cette occasion, les deux chefs d’Etat qui ont animé une conférence de presse conjointe à l’issue de leur entretien, ont  magnifié l’excellence et la solidité de leurs relations notamment sur le plan économique. Le président chinois a salué «la coopération fructueuse» réalisée par les deux pays, ajoutant que les deux parties ont forgé «une étroite communauté d’intérêts partagés et un avenir partagé». Il a assuré au Président Tshisekedi que la Chine travaillera avec la RDC pour que les deux nations « se soutiennent mutuellement et développent ensemble leur coopération à travers la promotion d’un développement commun et bénéfique pour les populations des deux pays ». Selon le Président chinois,  dans cette dynamique de progresser ensemble sur la voie du développement, la Chine entend offrir plus d’opportunités de coopération et un marché plus large pour la RDC et favorisera un plus grand développement des relations bilatérales», ajoutant que  « la Chine aiderait, comme toujours, la RDC dans son développement économique et social ». De son coté, le Président Félix Tshisekedi a aussi salué la solidité de cette coopération ainsi que les perspectives qui s’offrent aux deux pays dans le cadre de la relance de leur partenariat sur de nouvelles bases.  

« Nous avons exprimé de part et d’autre la volonté d’accroitre notre coopération par des partenariats gagnants-gagnants qui seront bénéfiques à nos deux peuples. Nous avons énormément évolué dans nos relations. Nous avons au Congo beaucoup de symboles de l’amitié entre nos deux pays. Ces symboles qui datent déjà de nombreuses années et qui montrent que dans cette coopération avec la Chine, la République démocratique du Congo peut être tirée vers le haut et ressemblé à la Chine qui nous a impressionnés par le bond en avant qu’elle a effectuée », a déclaré le chef de l’Etat Congolais.

Une coopération dynamique et portée par de nouvelles perspectives

En la matière, la RDC et la République populaire de la Chine ont du potentiel pour développer leur coopération économique. Les officiels de la RDC ont d’ailleurs profité de leur séjour en Chine pour promouvoir les opportunités de croissance qu’offre le marché congolais. Lors de son séjour chinois, le président congolais s’est rendu dans les principales villes chinoises notamment Shanghai où il a rencontré des hommes d’affaires et investisseurs chinois et a même visité le siège du géant mondial de la technologie numérique Huawei où il s’est entretenu avec les principaux dirigeants pour renforcer la présence de la multinationale en RDC.  

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Dans un entretien qu’il a accordé à l’agence de presse officielle Xinhua, le ministre d’État congolais chargé des Infrastructures et des Travaux publics, Alexis Gisaro Muvuni, a vanté la dynamique sur laquelle surfe actuellement l’économie congolaise et qui peuvent intéresser les investisseurs chinois. Poussée par les investissements et les exportations du secteur minier, la croissance économique du pays a augmenté de 8,6% en 2022 après une expansion de 6,2% en 2021, selon les données de la Banque mondiale. Le ministre d’Etat Alexis Gisaro Muvuni a aussi saisi l’occasion pour mettre en avant les résultats de la coopération entre les deux pays qui s’est densifié au fil des années.  «A travers la signature d’une série d’accords et de protocoles d’accord couvrant l’agriculture, la santé, le commerce, les infrastructures et d’autres domaines,  la coopération amicale entre la Chine et la RDC n’a cessé de s’approfondir», a-t-il mis en avant, rappelant que la Chine a été le plus grand partenaire commercial et l’une des principales sources d’investissements étrangers de la RDC pendant de nombreuses années consécutives. En 2022, le volume des échanges bilatéraux a atteint 21,898 milliards de dollars, une augmentation annuelle de 51,7 %. La coopération en matière d’infrastructures entre les deux pays a également donné des résultats fructueux. La Chine a aidé la RDC à la construction de projets d’infrastructures  tels que le Palais du Peuple, le siège de l’Assemblée nationale et du Sénat, le Stade des Martyrs et le Centre culturel et artistique d’Afrique centrale, qui seront achevés d’ici la fin de cette année. L’hôpital de l’amitié Chine-RDC est aussi un autre projet qualifié « d’historique» dans cette dynamique impulsée ces dernières années à la coopération bilatérale sino-congolaise.

En attendant de nouveaux accord, la renégociation du « contrat du siècle » va attendre

Des engagements pour repartir sur de nouvelles bases mais pas de nouveaux accords d’envergure comme annoncé et surtout pas grand chose sur la très attendue renégociation du « contrat du siècle »  qui a été pourtant mis en avant comme au cœur de cette visite d’Etat du Président de la RDC à Pékin. Pour rappel, en 2008 sous la présidence de l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila,  un contrat « mines contre infrastructures » a été signé en grande pompe entre Kinshasa, à travers une société créée à cet effet, la Sino-congolaise des mines  (Sicomines), et Pékin et prévoyait plus de 6 milliards de dollars d’investissements chinois en échange d’accès aux mines de cobalt et de cuivre. Quinze ans après, les résultats enregistrés ont été loin des objectifs fixés comme l’a d’ailleurs mis en évidence une évaluation publiée en début d’année faite par la très rigoureuse Inspection générale des Finances (IGF), qui dépend de la Présidence congolaise. Selon les conclusions de l’enquête, le « deal » a été très en défaveur de la RDC et en février dernier, malgré la contestation des autorités chinoises, la justice congolaise avait même décidé d’ouvrir une information judiciaire pour de présumées «irrégularités financières» dont des détournements, des versements de commission et retro-commission qu’a donné lieur ce contrat léonin pour Kinshasa selon l’IGF.

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En prélude à cette visite en Chine, le Président de la RDC a lui même laissé entendre que les discussions avec la partie chinoise tourneront autour du rééquilibrage du partenariat économique entre les deux pays et en particulier à la renégociation de ce contrat. Selon des documents publiés par plusieurs médias internationaux comme l’agence Reuters, la délégation congolaise à Pékin est allé pour rééquilibrer les actions de la Sicomines, la coentreprise montée avec la société publique congolaise Gécamines et le Groupement d’entreprises chinoises (GEC). D’après la même source, Kinshasa veut passer de 32% de parts détenues actuellement par la Gécamines à 60% plus 10%  non diluables  de parts pour l’État congolais, soit 70% pour la partie congolaise alors que la part du GEC passerait minoritaire. Dans ce qui ressemble fort à un manifeste de négociation, la partie congolaise voulait également des garanties sur la gouvernance future de la coentreprise en mettant fin  au rôle de figurant des mandataires de la Gécamines, faire un audit technique et financier de la Sicomines, mettre en place des mécanismes de contrôle sur les sites de production, mais aussi solder le financement des travaux d’infrastructures pour 1, 5 milliards de dollars par une ligne de crédit qui sera gérée par la partie congolaise et que la Sicomines assure aussi la réalisation d’infrastructures à hauteur de 667 millions de dollars.

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Sauf qu’aucune information officielle sur la renégociation de ce contrat  n’est sortie de la visite d’Etat du Président Tshisekedi en Chine. Les deux  parties ont certes fait le bilan de leur relation bilatérale et annoncer un nouvel élan à cette coopération sur laquelle le président congolais dit compter « pour en faire profiter mon pays », avant d’annoncer, lors de son entretien avec le Premier ministre chinois Li Qiang:  « nous aurons dans les années qui viennent un partenariat à une amitié indéfectible ». Autant dire qu’il va falloir repasser…

Industrie automobile: grâce à une stratégie des plus attractives, le Ghana se hisse en hub ouest-africain de l’assemblage

Nissan va tester la demande africaine pour son véhicule hybride e-Powe. L'Afrique est la dernière frontière automobile mondiale en raison du faible niveau de possession de véhicules. (Crédit : DR).

Après  l’allemand Volkswagen en août 2020,  le japonais Toyota en juin 2021, le français Nissan en mars  2023, c’est au tour du constructeur sud-coréen Kia  qui a ouvert début mai, une usine d’assemblage au Ghana. D’autres firmes mondiales aussi emblématiques sont aussi annoncées pour les prochaines années, ce qui confirme l’attractivité du marché ghanéen pour l’industrie mondiale de l’assemblage automobile. Le résultat d’une ambitieuse stratégie lancée en 2017 par le Président Nana Akufo Addo pour faire du pays un hub régional de l’industrie automobile en Afrique et qui s’est avérée payante comme en témoignent les investissements drainées par un secteur en pleine croissance et dont les perspectives sont tout autant prometteuses avec les perspectives d’un marché local et à l’export qui surfe sur de bonnes perspectives. De quoi donner davantage d’appétit aux autorités qui voient désormais plus grand avec la valeur ajoutée que le secteur pourrait encore générée avec le développement d’un véritable écosystème de production locale de composants et de pièces de rechange.

L’accord signé il y a quelques jours entre le Ghana et le FMI pour sauver l’économie du pays qui est engluée depuis quelques années dans une crise sans précédent n’a pas fait que le bonheur du gouvernement qui attendait désespérément cette bouffée d’oxygène pour se donner des marges de manœuvres budgétaires. Il a constitué une sorte de caution pour de nombreux investisseurs étrangers attirés par le potentiel de croissance de  cette puissance économique ouest-africaine en devenir dont la croissance soutenue et durable enregistrée entre 2010 et 2020 a été subitement mise à mal par les multiples chocs exogènes engendrés par la conjoncture mondiale et dont la pandémie de la Covid-19 et la guerre en Ukraine sont venus amplifiées. Plongée dans une crise de surendettement et marquée par une inflation galopante à deux chiffres, l’économie ghanéenne a continué à attirer les IDE particulièrement dans le secteur de l’automobile comme en témoigne la série d’ouverture d’usines d’assemblage de grands constructeurs mondiaux de ces deux dernières années. Les firmes allemande Volkswagen en juin 2020 et japonaise Toyota en juin 2021 ont été les premiers à se greffer au constructeur local « Kantanka » et au constructeur de camions chinois Sinotruck, qui sont considérés comme les pionniers sur le marché local. 

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Bien que certains de ces investissements ont été annoncés avant la crise, ils ont été maintenus et rien que cette année, en dépit du fait que le pays soit placée depuis fin 2022 en défaut de paiement, deux marques mondiales viennent de se greffer à la dynamique à travers l’ouverture de leurs usines d’assemblage dans le pays.  Il s’agit du français Nissan qui a ouvert son usine fin mars dernier dans la zone industrielle de Tema, et du sud-coréen Kia qui vient d’ouvrir, en début de ce mois de mai, son usine à Amasaman, à une vingtaine de kilomètres d’Accra, la capitale de l’ancienne « Gold Coast« .

Au départ, « Ghana Automotive Developement Policy », une stratégie politique ambitieuse pour l’industrie automobile

En quelques années donc, le Ghana est parvenu à attirer plusieurs marques de renommée mondiale de l’industrie automobile, ce qui le place désormais en véritable hub régional du secteur. De quoi faire pavoiser le Président Nana Akufo-Addo, présent à chacune des inaugurations des nouvelles usines et qui ne manque de rappeler à toutes ces occasions célébrées en grande pompe,  qu’il s’agit-là, «d’une étape importante dans notre ambition de faire du Ghana un nouveau centre d’assemblage pour l’Afrique en particulier, conformément à notre vision de devenir un acteur majeur de l’industrie automobile en Afrique». A la base de ce qui prend à tout point de vue l’air d’une véritable « success story« , une ambition du chef de l’Etat que dès 2017, soit une année après son accession au pouvoir, a poser les jalons d’une véritable stratégie visant à développer le secteur industriel du pays, en particulier les secteurs à fort potentiel notamment celui de l’industrie automobile. Il faut dire que le Ghana justifiait d’un passé historique industriel dans l’automobile avec l’installation en 1969, d’une usine Nissan installée à Accra, et qui assemblait  des véhicules pour plusieurs marques.  Par la suite, l’entreprise publique National Investment Corporation (NIC) a également créé une usine et un atelier de montage dans le cadre de la politique d’industrialisation du pays. Après la fermeture de ces usines, le constructeur local Kantanka  qui a vu le jour en 2016, était la seule société automobile encore en service. et assemblait des véhicules en petite série à partir de pièces importées en grande partie de la Chine. Dans le cadre de la nouvelle politique d’industrialisation du pays lancée par les nouvelles autorités, le gouvernement a élaboré un vaste programme de relance avec la mise en place d’un cadre favorable à l’industrie automobile pour booster la production locale. Lancée en 2017, la stratégie « Automotive Developement Policy » devrait permettre, selon le gouvernement,  à atténuer les difficultés économiques que le pays commençait déjà à rencontrer et à stimuler la production industrielle du pays. Le développement de la filière de l’industrie automobile devrait ainsi, selon les objectifs qui lui ont été assignés :

« participer au développement du pays et à son industrialisation avec notamment la création d’emplois directs et indirects qualifiés; substituer la production locale de véhicules aux importations et ainsi améliorer l’excédent commercial qui était jusque-là soutenu par les exploitations aurifères et pétrolières, et in fine,  réduire le déficit de la balance des paiements ».

Grace à cette ambition, un plan pour le développement de l’industrie automobile au Ghana a vu le jour avec comme priorités, l’installation progressive d’une filière autonome avec une mise en place progressive, en commençant par l’assemblage de kits semi-démontés, puis par la fabrication avec assemblage de kits entièrement démontés et, en s’appuyant sur ce dernier mode d’assemblage, promouvoir la production locale de composants afin d’élargir la valeur ajoutée locale. Dans cette dynamique, le pays a élaboré, sous l’égide du ministère du Commerce et de l’Industrie, un ensemble complet d’incitations et de mesures politiques pour soutenir la création d’une industrie d’assemblage et de fabrication de composants automobiles afin de faire du secteur un pilier stratégique de l’industrialisation et nouveau pilier de la croissance au Ghana. C’est ainsi que le gouvernement a instauré toute une batterie de mesures fiscales favorables à l’installation d’usines d’assemblage. Les usines d’assemblage de kits semi-démontés bénéficieront d’une exemption d’impôt complète sur une période de 5 ans à compter de leur installation, alors que les usines d’assemblage de kits entièrement démontés, plus bénéfiques à l’industrialisation ghanéenne, bénéficieront de 10 ans d’exemptions fiscales. Aussi, le régime fiscal a été revu afin de permettre la mise en place d’une différenciation fiscale favorable aux véhicules assemblés au Ghana. La machinerie et les équipements destinés à ces usines seront exemptés de droits de douanes, ainsi que les kits de fabrication des véhicules tandis que les véhicules importés seront taxés à hauteur de 35 %  ad valorem, contre 20 % avant la mise en œuvre des nouvelles mesures.

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Dans la même lancée, le Parlement ghanéen a adopté l’amendement, en mars 2020, le « Custom Act » qui vise à interdire l’importation de voitures accidentées et de véhicules de plus de 10 ans. Cette mesure qui s’inscrit dans la volonté de renouvellement du parc automobile ghanéen qui a été un peu critiquée par certains opérateurs pour le manque à gagner qu’elle pouvait engendrer pour les vendeurs locaux de voitures d’occasions et les mécaniciens, a été plutôt motivé par les autorités comme un signal fort envoyé aux constructeurs car le Ghana est aussi un marché en pleine expansion pour l’industrie automobile.

Le Ghana, un marché en pleine croissance pour l’industrie automobile

Le soutien à la croissance du marché local est aussi un autre enjeu de la stratégie des autorités ghanéennes. Troisième économie de l’espace CEDEAO avec une population estimée à 30 millions d’individus, le marché ghanéen dispose d’un réel potentiel de croissance qui attise les convoitises des constructeurs internationaux d’automobiles. Selon le cabinet spécialisé du secteur Mordor Intelligence, basée en Inde, le marché automobile ghanéen était évalué à 4 milliards USD en 2020, contre 1,2 milliards en 2018, et il devrait atteindre 11 milliards USD d’ici 2026. Passée la parenthèse Covid-19, on estime entre 100.000 et 120.000 véhicules importés annuellement dans le pays dont 70% à 80% d’occasions. Il faut dire qu’en l’absence de solutions de financement abordables, les véhicules d’occasion restent l’option la plus attrayante pour les acheteurs de véhicules notamment privés. Le marché de l’occasion reste encore certes un créneau porteur pour l’industrie locale du secteur en particulier pour ce qui est des pièces de rechanges et le prochain défi pour le pays sera de donner un cachet plus inclusif au secteur en œuvrant pour la production locale de composants et de pièces de rechanges qui pourrait également servir le marché locale des véhicules neufs assemblées localement. Une perspective qui sera soutenue par un programme incitatif pour les investisseurs qui est en cours d’élaboration, comme indiqué dans le plan du ministère du Commerce et de l’Industrie.

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Aussi, afin de stimuler le marché des véhicules assemblées localement et pour pallier à l’insuffisance de solutions de financement notamment bancaires, le gouvernement ghanéen a introduit un programme qui vise à permettre aux ghanéens d’acheter des véhicules à moindre coût à travers notamment la suspension de la TVA et d’autres facilités de financement. Le gouvernement a même prévu d’étendre ces mesures destinées à rendre les véhicules assemblés localement abordables au niveau sous-régional et continentale dans le cadre de la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) qui est également perçue par les autorités  comme un avantage pour l’industrie automobile du Ghana, notamment par l’exportation de véhicules assemblés localement vers les pays voisins moyennant des tarifs douaniers réduits. L’industrie automobile de l’Afrique subsaharienne et certains gouvernements africains, dont le Ghana, qui abrite le Secrétariat exécutif de la Zlecaf, ont d’ailleurs entamé des discussions sur la possibilité de créer des centres de fabrication automobile dans le cadre du marché africain.

Le « Made in Ghana », une succès story qui fait des émules sur le continent

«Je suis ravi que dans le secteur automobile, nous ayons attiré des investissements de plusieurs marques emblématiques mondiales », s’est félicité le chef de l’Etat ghanéen lors de l’inauguration de la dernière usine d’assemblage dans le pays, début mai. Comme en témoignent les résultats, la stratégie de développement de l’industrie automobile du Ghana est en train de devenir une véritable « Success Story » sur le continent.  Les mesures incitatives mises en place pour rendre l’environnement des affaires et soutenir la compétitivité de l’industrie locale ne cesse d’attirer l’intérêt de différents groupes mondiaux de l’industrie de la construction automobile. Avec à la clé, des investissements directes étrangers (IDE) et la  création d’emplois directs et indirects dans un secteur de pointe. Selon plusieurs analystes, la croissance du secteur automobile au Ghana surfe sur de bonnes perspectives en raison justement du soutien qu’elle bénéficie à travers les politiques gouvernementales qui va permettre d’attirer plus d’investissements et donc plus de gain de croissance inclusive surtout avec la croissance d’emplois hautement qualifiés dans l’assemblage automobile et la fabrication de composants et de pièces. L’autre avantage c’est aussi les retombées attendues du marché de l’export car c’est ce que vise le pays en plus de répondre à la forte de demande locale du marché de l’automobile. De quoi donner raison au président Nana Akufo-Addo qui, dès le lancement de son programme de transformation industrielle a annoncé les couleurs de l’ambition nourrie par son pays en abritant de tels investissements.

« L’utilisation de devises étrangères pour importer des voitures au Ghana sera réduite, en même temps, l’exportation de voitures fabriquées au Ghana vers d’autres marchés africains rapportera à notre pays des devises étrangères dont il a tant besoin ».

En cette période de crise que le pays traverse suite à la pandémie de la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne qui sont venues s’ajouter à la mauvaise conjoncture mondiale, le pays s’est offert une véritable bouée de sauvetage à travers sa volonté politique, un modèle qui commence à faire des émules ailleurs sur le continent comme au Rwanda.

Niger : le pays à la « politique d’endettement prudente» lève 56,1 millions US sur les marchés UMOA

Pour Kader Amadou, Directeur Général du Trésor du pays, le Trésor Public du Niger, à l'instar de ceux des autres Etats membres de l'UEMOA, participe à l'animation du Marché Financier Régional de l'UMOA à travers des interventions régulières en bons et obligations du Trésor. Il répondait ainsi à des rumeurs sur l’endettement excessif de son pays dans un communiqué du 09 mai. (Crédit : Dr/AI).

C’est pour boucler le financement de son budget que le Niger – quatrième producteur mondial d’uranium et depuis 2011 producteur de pétrole brut – a levé le 25 mai 2023 sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA), un montant de 33 milliards de FCFA soit 56,100 millions de dollars, au terme de son émission simultanée d’adjudication de bons assimilables du trésor (BAT). Le pays par le biais de son directeur du trésor, Kader Amadou, a dans un communiqué du 9 mai expliqué comment son pays est l’un des meilleurs élèves de la sous-région en matière d’endettement.

Le Niger avait mis en adjudication 30 milliards de FCFA et a reçu des soumissions globales de 67,254 milliards de FCFA. Ce qui donne un taux de couverture moyen du montant mis en adjudication de 224,18%. Le montant des soumissions retenues est de 33 milliards alors que 34,254 milliards FCFA ont été rejetés. Ce qui correspond à un taux d’absorption de 49,07%. Les investisseurs dont les soumissions sont retenues devraient profiter d’un rendement moyen pondéré de 7,58% pour les bons de 182 jours et 7,47% pour ceux de 364 jours. Les bons sont remboursables par le Niger le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 23 novembre 2023 pour les titres de durée 182 jours. Les intérêts quant à eux seront payables à l’avance et précomptés sur la valeur nominale des bons.

Le Marché des Titres Publics de l’UEMOA

Par ailleurs, le Marché des Titres Publics est l’unique marché régional, par adjudication, exclusivement dédié au financement des États membres de l’UEMOA. Les émetteurs souverains sollicitent, à travers des procédures adaptées, l’émission de titres publics souscrits par des acteurs spécifiques soit pour leur compte propre ou pour celui de tiers. Le marché est composé des émetteurs, des Spécialistes en Valeurs du Trésor, des intermédiaires de marché (banques, SGI) et des autres investisseurs (particuliers, entreprises et organisations). Pour Kader Amadou, Directeur Général du Trésor du pays, le Trésor Public du Niger, à l’instar de ceux des autres Etats membres de l’UEMOA, participe à l’animation du Marché Financier Régional de l’UMOA à travers des interventions régulières en bons et obligations du Trésor. Il répondait ainsi à des rumeurs sur l’endettement excessif de son pays dans un communiqué du 09 mai.

Le Niger un bon élève de l’espace UEMOA ?

Il a expliqué que depuis une dizaine d’années d’existence de UMOA-Titres, le Niger a toujours su conduire une politique d’endettement prudent, en témoigne le dernier bulletin statistique publié en avril par cette structure en charge d’accompagner les Etats dans la mobilisation de ressources sur le Marché Financier Régional, a précisé le communiqué. Lequel a ajouté que la liste des titres publics émis par voie d’adjudication en vie au 30 avril 2023 montre que le Niger a l’encours de la dette de marché le plus faible de l’UEMOA mis à part la Guinée Bissau. A titre illustratif, l’encours de la dette de marché du Niger s’est établi à cette date à 1.111,9 milliards de FCFA contre 1.270,4 milliards de FCFA pour le Bénin, 1.479,3 milliards de FCFA pour le Burkina Faso, 1.610,8 milliards de FCFA pour le Mali, 1.649,6 milliards de FCFA pour le Togo, 2.395,0 milliards de FCFA pour le Sénégal, et 2.989,0 milliards pour la Côte d’Ivoire.

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Toujours selon la même source, le Niger affiche le taux d’endettement (encours de fa dette rapporté au PIB) le plus faible de l’UEMOA. En effet, en se référant aux derniers chiffres publiés dans Les Perspectives de l’Economie Mondiale d’avril 2023 par le Fonds Monétaire International {FMI), l’encours de la dette publique (intérieure et extérieure) du Niger ressort à fin 2022 à 4.839,2 milliards de FCFA (51, 1% du PIB) contre 5.677,7 milliards de FCFA (52,4% du PIB) pour le Bénin, 6.309,6 milliards de FCFA (53,6% du PIB) pour le Mali, 6.614,4 milliards de FCFA (54,3% du PIB) pour le Burkina Faso, 24.789,3 milliards de FCFA (56,8% du PIB) pour la Côte d’Ivoire, 3.461,2 milliards de FCFA (68,0% du PIB) pour le Togo, 12.814,4 milliards de FCFA (75,0% du PIB) pour le Sénégal et 843,8 milliards de FCFA (79,5% du PIB) pour la Guinée Bissau.

Rwanda : décaissement de 98,6 millions du FMI du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (RST)

Le Rwanda quitte le bloc d’Afrique centrale de la CEEAC, en raison d'un conflit avec le Congo. (Crédit : DR).

Le FMI a achèvé l’examen du prêt de durabilité du Rwanda, permettant un décaissement de 98,6 millions de dollars. Début avril, le Fonds a conclu un accord avec le Rwanda sur les politiques nécessaires pour les premiers examens de l’accord de prêt de 310 millions de dollars, dans le cadre de la nouvelle Facilité de résilience et de durabilité de l’institution de Bretton Woods.

Le Fonds monétaire international a déclaré mercredi que son conseil d’administration avait achevé les premiers examens du programme de prêts du Rwanda dans le cadre de la Facilité de résilience et de durabilité et d’un programme politique d’accompagnement, permettant un décaissement immédiat de 98,6 millions de dollars. Le Rwanda va bénéficier d’un prêt de 310 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de son nouveau fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (RST). Le fond a été lancé en mai 2022 dernier pour aider les pays en développement et à faibles revenus à s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique. Dans un communiqué, le Fonds a déclaré que l’économie rwandaise avait connu une croissance robuste en 2022, mais qu’elle était confrontée aux défis des récentes inondations désastreuses qui s’ajoutent aux pressions sur les dépenses antérieures après des crises qui se chevauchent. Les réformes du pays dans le cadre du programme d’instrument de coordination des politiques étaient globalement sur la bonne voie et « l’engagement des autorités à faire avancer l’agenda climatique a été très fort », a-t-il ajouté. En avril, les services du FMI et les autorités rwandaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur les politiques nécessaires pour achever les premières revues de l’instrument de coordination des politiques et du programme du Rwanda dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité.

« L’accord est soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. L’examen par le Conseil est provisoirement prévu pour mai 2023. À l’issue de l’examen par le Conseil d’administration, le Rwanda aurait accès à 55,46 millions de DTS (équivalant à environ 74,6 millions de dollars) au titre du FSR », a déclaré Haimanot Teferra, cheffe de la mission du FMI qui a visité le Rwanda en mars.

L’économie rwandaise a enregistré une forte croissance à 8,2 % en 2022, tandis que l’inflation globale est restée élevée à 20,8 % en février. L’activité économique alimentant la demande d’importations s’est ajoutée aux pressions existantes sur les réserves de change liées à la hausse des prix des produits de base et au resserrement des conditions de financement mondiales, et a encore exacerbé les déséquilibres intérieurs et extérieurs, a noté le FMI.  

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 En effet pour les experts du fonds monétaire international, le Rwanda reste vulnérable à l’environnement extérieur sujet aux chocs, ce qui nécessite de reconstituer en urgence des tampons politiques. Une nouvelle flambée mondiale des prix de l’énergie et des engrais, une baisse plus prononcée de la croissance des partenaires commerciaux ou des évolutions des marchés financiers et géopolitiques mondiaux qui affectent négativement la disponibilité des ressources concessionnelles exerceront une pression supplémentaire sur les amortisseurs externes. Ce qui limitera l’espace politique pour faire face aux défis du développement et lutter contre le changement climatique. Les autorités de Kigali devront ainsi resserrer davantage l’orientation budgétaire et monétaire pour garder quelques marges de manœuvre.

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Pour assurer la stabilité macroéconomique, les autorités doivent continuer à mettre en œuvre un plan d’assainissement budgétaire crédible et une politique monétaire plus stricte, tout en permettant une plus grande flexibilité du taux de change. En parallèle, la poursuite de leurs efforts continus pour renforcer les institutions afin d’atteindre et de surveiller les objectifs climatiques ambitieux du Rwanda aidera à mobiliser et à allouer efficacement des ressources supplémentaires, recommande le FMI.

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