lundi 23 février 2026
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Tech : par une nouvelle infrastructure au Ghana, Africa Data Centres maintient son intérêt pour le marché ouest-africain

Africa Data Centres, réseau d’installations de centres de données interconnectés sur le continent, annonce son projet de construction d’une nouvelle installation à Accra, au Ghana. (Crédit : Dr).

Africa Data Centres annonce la construction d’une nouvelle installation à Accra, au Ghana. Initialement conçu pour 10 MW, le site va disposer d’une option d’extension à 30MW en fonction de la demande. Au côté des centres de données en Afrique du Sud et au Kenya, l’infrastructure ghanéenne se veut précurseur d’une révolution numérique en Afrique de l’Ouest où le Nigeria fait figure d’exception.

Africa Data Centres, réseau d’installations de centres de données interconnectés sur le continent, annonce son projet de la construction d’une nouvelle installation sur son terrain récemment acquis dans le quartier d’affaires d’Accra, au Ghana. Initialement conçu pour 10 MW, le nouveau site disposera d’une option d’extension à 30MW en fonction de la demande. Le projet a été présenté comme la plus grande installation de ce type en Afrique de l’Ouest, en dehors du Nigeria. Les centres de données sont la base d’une croissance économique axée sur le numérique, permettant de développer des écosystèmes TCI durables et autonomes. L’installation sera construite dans le cadre du Projet de réaménagement de la foire commerciale d’un des quartiers clés du centre-ville d’Accra. La pose de la première pierre est attendue au cours de l’année 2024.

« Nous continuons à apporter des services et des produits reconnus à l’international par l’entremise de Liquid Intelligent Technologies et Africa Data Centres. Liquid dispose déjà du plus grand réseau fibré transfrontalier en Afrique, et l’expansion de nos centres de données vient compléter cette présence pour accélérer la transformation numérique sur le continent », déclare Hardy Pemhiwa, CEO, Liquid Intelligent Technologies.

La prochaine installation fait partie des plans d’expansion continentale d’Africa Data Centres couvrant dix des principaux centres économiques d’Afrique (Afrique du Sud, Zambie, Kenya, Rwanda, Égypte, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire et Angola). Pour Tesh Durvasula, CEO, Africa Data Centres, le projet permettra à Africa Data Centres, de contribuer à réduire la fracture numérique en Afrique de l’Ouest. Les centres de données hyperscale, qui reçoivent les faveurs des principales sociétés technologiques américaines, des banques et des entreprises locales, sont le domaine de spécialisation d’Africa Data Centres. Il met en avant le fait que leurs infrastructures soient alimentées par une énergie solaire et un stockage sur batterie indépendants, pour déployer des technologies numériques tout en atténuant l’impact environnemental. En partie financée par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) du gouvernement américain, cette expansion est une initiative pour accélérer les infrastructures et les services numériques du secteur privé en Afrique. La nouvelle installation à Accra est perçue comme un investissement dans une infrastructure critique contribuant à mieux connecter les populations et les marchés africains.

« La DFC est fier de soutenir African Data Centres. Cette nouvelle installation à Accra représentera un investissement dans une infrastructure critique contribuant à mieux connecter une population et un marché africains en forte croissance à des opportunités mondiales. L’engagement de DFC à renforcer l’infrastructure TCI en Afrique de l’Ouest repose sur la volonté du président Biden de mobiliser des capitaux privés au profit d’investissements d’infrastructures de haute qualité qui améliorent la vie des populations », a déclaré Scott Nathan, CEO, U.S. International Development Finance Corporation (DFC).

Amos Hochstein, conseiller principal auprès du gouvernement américain a précisé que cet investissement illustre l’engagement du gouvernement américain, dans le cadre du Partenariat pour les infrastructures et les investissements mondiaux (PGII), de débloquer des capitaux publics et privés afin d’investir dans des infrastructures durables. Pour le gouvernement local, cet investissement résulte de la volonté du Ghana de numériser tous les secteurs de l’économie pour accroître la capacité d’accès aux services numériques et attirer davantage d’investissements étrangers directs dans le pays dont l’économie en souffrance est suspendue à un prêt du FMI.

Assemblées annuelles 2023 de la BAD : l’Afrique étouffée par la pénurie de flux de financement climatique, selon le président de la BAD

Le chef de la Banque africaine de développement (BAD) a dénoncé la pénurie de flux de financement climatique qui « étouffe » l'Afrique, appelant les pays développés à honorer leur promesse de 100 milliards de dollars de financement par an. (Crédit : Dr).

« L’Afrique est lésée en matière de financement climatique. L’Afrique étouffe », a déclaré le président de la Banque africaine de développement (BAD) aux journalistes, lors de des Assemblées annuelles 2023 de la banque, qui se déroulent du 22 au 26 mai à Sham El Cheikh en Egypte. Selon les estimations de l’établissement panafricain, le continent aura besoin de 2700 milliards de dollars d’ici 2030 pour financer ses besoins en matière de changement climatique, et il rappelle ainsi aux pays développés leurs promesses de financement de 100 milliards de dollars annuels pour l’Afrique.

Le chef de la Banque africaine de développement (BAD) a dénoncé la pénurie de flux de financement qui étouffe l’Afrique, appelant les pays développés à honorer leur promesse de 100 milliards de dollars de financements par an. Une diatribe prononcée face à des dizaines de journalistes d’Afrique et du monde lors d’un déjeuner de presse organisé pour lancer ses Assemblées annuelles 2023 dans la station balnéaire égyptienne de Sharm El Sheikh.

« Votre rôle en tant que média est très important pour aider à diffuser l’information – à relayer les efforts déployés, des défis à relever et de l’urgence impérieuse d’obtenir maintenant le financement climatique dont l’Afrique a tant besoin », a déclaré le chef de la Banque.

Les Assemblées annuelles du Groupe de la BAD permettront au Conseil des gouverneurs de la Banque, aux dirigeants africains et aux partenaires au développement d’explorer des moyens pratiques de « mobiliser le financement du secteur privé pour le climat et la croissance verte en Afrique », conformément au thème des réunions de cette année. Adesina a déclaré que le thème avait été choisi pour attirer l’attention sur le besoin urgent de financement climatique. Selon la BAD, en Afrique, le changement climatique cause des ravages. En prenant le cas du Sahel où les températures en hausse assèchent l’eau limitée, provoquent un stress hydrique pour les cultures et le bétail, aggravant l’insécurité alimentaire. Aussi l’on estime que dans de vastes régions d’Afrique orientale, australe, et dans la Corne de l’Afrique, une combinaison de sécheresses et d’inondations cause des pertes massives de personnes et d’infrastructures, entraînant une hausse du nombre de réfugiés. « Il reste encore beaucoup à faire, car le financement climatique du secteur privé africain devra augmenter de 36 % par an », a déclaré Adésina.

A lire aussi : Afrique : le changement climatique réduit la croissance du PIB

La Banque africaine de développement se veut le fer de lance des efforts d’adaptation au climat sur tout le continent. Elle y a consacré 63 % de son financement climatique, le plus élevé de toutes les banques multilatérales de développement, selon les chiffres de l’institution bancaire. Les investissements de la banque devraient soutenir des millions d’agriculteurs, leur permettant d’accéder à des semences résistantes au climat. L’institution a également lancé l’initiative Desert to Power pour développer 10 000 mégawatts d’énergie solaire au profit de près de 250 millions de personnes à travers le Sahel. La BAD et le Centre mondial pour l’adaptation ont lancé le Programme africain d’accélération de l’adaptation (AAAP) afin de mobiliser 25 milliards de dollars pour soutenir l’adaptation de l’Afrique au changement climatique. Il a également créé l’Alliance pour les infrastructures vertes (AGIA) en partenariat avec d’autres institutions, afin de mobiliser 10 milliards de dollars d’investissements privés pour les infrastructures vertes en Afrique. Selon les estimations de la Banque, l’Afrique aura besoin de 2700 milliards de dollars d’ici 2030 pour financer ses besoins en matière de changement climatique.

Adesina a déclaré : « Si l’Afrique avait cet argent, le Sahel aurait l’électricité. Si l’Afrique avait cet argent, nous rechargerions le bassin du Tchad, qui fournit des moyens de subsistance à des millions de personnes au Tchad, au Nigeria, au Niger et au Cameroun. Tout va changer dans tous ces pays ; nous reverdirons le Sahel. Nous assurerons chaque pays africain contre les événements météorologiques catastrophiques. Il a estimé le capital naturel mesuré de l’Afrique à lui seul à 6200 milliards de dollars. Une richessse, qui si elle est bien exploitée, peut stimuler une croissance économique et une génération de richesse plus rapides ».

Dans cette perspective de valorisation des richesses locales, le programme phare de la BAD, Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT), fournit des variétés de semences adaptées à la chaleur pour augmenter le rendement de cultures telles que le blé. L’objectif est de parvenir à l’autosuffisance alimentaire, comme c’est déjà le cas de l’Ethiopie, autosuffisante en production de blé et qui envisage d’exporter le surplus vers les pays voisins. Face à la presse, Adesina était accompagné des vice-présidents de la BAD, Kevin Urama, Kevin Kariuki, Beth Dunford, Solomon Quaynor, Marie-Laure Akin-Olugbade et Simon Mizrahi, qui ont aussi répondu aux questions sur la possibilité d’utiliser des instruments du marché des capitaux tels que les obligations vertes pour soutenir les investissements liés au climat. La question devrait figurer en bonne place dans le rapport annuel sur les Perspectives économiques en Afrique, une publication phare sur l’état des économies africaines que la Banque lancera demain.

Chronique : Fonds public de garantie, orientés développement ou clientélisme politique en Afrique ?

Dénommé BlueEarth Credit Strategies II, ce fonds de crédit soutenu par une base d’investisseurs internationaux réalisera des acquisitions stratégiques dans une diversité de secteurs, sur 3 continents.

Parmi les fonds souverains, le fonds de garantie occupe une place de choix. Hautement stratégique, ce fonds public est une entité financière créée par le gouvernement ou une autorité publique dans le but de protéger les dépôts, les investissements ou d’autres types de créances des particuliers et des entreprises, en cas de défaillance d’une institution financière. Quid en Afrique ?

Compte tenu des marges actuelles de développement de certains pays africains qui ne sont premiers que lorsque les classement des PMA (Pays moins avancés) ou PPTE (Pays pauvres très endettés) sont publiés ; comment ne pas fustiger que l’objectif de fonds souverains soient dévoyés ? A titre d’exemple, au Sénégal, le Fongip (Fonds de garantie des investissements prioritaires), au nom si pompeux, n’arrive qu’à d’éparses réalisations malheureusement creuses de surcroît. Quelque 500 millions f CFA, soit environ 750 000 €, viennent d’être injectés directement dans une clientèle politique du « Ndoucoumane » ! Contrairement aux utilisations courantes d’un fonds public de garantie, allant de la protection des dépôts bancaires, au soutien aux entreprises, en passant par la protection des investissements, la stabilité financière… on récompense des partisans ou on utilise ces fonds pour recruter des militants !

De l’efficience, encore de l’efficience

L’une de ses fonctions principales est de garantir les dépôts des clients dans les banques. Si une banque fait faillite ou rencontre des difficultés financières, le fonds intervient pour rembourser les dépôts des clients jusqu’à un certain montant prédéterminé. Cela permet de maintenir la confiance dans le système bancaire et de prévenir les paniques bancaires. En termes de protection des investissements, notons que certains fonds publics de garantie peuvent également offrir une protection aux investisseurs en cas de faillite d’une société de gestion d’actifs ou d’une institution financière qui gère des fonds d’investissement. Cette garantie peut couvrir une partie ou la totalité de la valeur des investissements, offrant ainsi une certaine sécurité aux investisseurs.

A lire aussi : Chronique : Réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, quelles lignes de financement pour l’Afrique ?

Quant au soutien aux entreprises, importantissime dans des contrées où les PME-PMI manquent de moyens, certains fonds de garantie publics doivent surtout fournir des garanties ou des cautionnements pour faciliter l’accès des entreprises au financement- nous disons bien garanties ! Ces garanties permettent aux entreprises d’obtenir des prêts bancaires ou d’autres formes de financement, en réduisant le risque perçu par les prêteurs. Cela encourage l’investissement et la croissance économique. Un fonds de garantie n’est pas un financeur d’investissement à fonds perdus ! Last but not least, en cas de crise financière ou de perturbations du système financier, un fonds public de garantie peut jouer un rôle essentiel dans la préservation de la stabilité financière. En fournissant des garanties ou des soutiens financiers aux institutions en difficulté, il contribue à maintenir le fonctionnement normal du système financier et à atténuer les risques systémiques.$

Kenya – Télécoms : Safaricom acquiert les actifs M-Pesa transfert de Vodafone, sur fond de renforcement de sa mainmise sur le secteur

Safaricom s’apprête à acquérir les parts de M-Pesa Holding Company Limited (des centaines de milliards de shillings alimentant son service d'argent mobile) de Vodafone Group Plc, basé à Londres.

Le géant des télécommunications au Kenya Safaricom renforce son contrôle sur le secteur avec l’annonce de l’acquisition des actifs de M-Pesa détenus par Vodafone. Ce dernier a précisé qu’aucun gain ou perte substantielle n’est à prévoir à la finalisation de cette transaction, soumise à diverses approbations attendues d’ici deux mois. Néanmoins, le transfert de M-Pesa Holding à Safaricom marque le contrôle accru de l’opérateur de télécommunications sur les principaux aspects du service de transfert d’argent mobile au Kenya et offre une meilleure souplesse à Vodafone qui pourra se livrer à des investissements plus lucratifs.

Safaricom s’apprête à acquérir les parts de M-Pesa Holding Company Limited (des centaines de milliards de shillings alimentant son service d’argent mobile) de Vodafone Group Plc, basé à Londres. La société cotée à la Bourse de Nairobi devrait verser à la multinationale britannique – qui était auparavant son principal actionnaire – un dollar symbolique dans le cadre de l’accord pour recevoir les approbations réglementaires. La transaction, divulguée par Vodafone, devrait augmenter les flux de trésorerie de Safaricom et générer des bénéfices pour la société grâce à l’investissement partiel des montants engrangés dans des titres à court terme.

« Le 17 avril 2023, le groupe a conclu un accord pour vendre M-Pesa Holding Company Limited (MPHCL) à Safaricom Plc, une entité associée du groupe, pour 1 dollars US symbolique », a déclaré Vodafone en début de semaine, annonçant ses résultats du premier trimestre 2023.

Vodafone a précisé qu’aucun gain ou perte substantielle n’est à prévoir à la finalisation de cette transaction, soumise à diverses approbations attendues d’ici deux mois. Mais reste que M-Pesa Holding est une entité à priori lucrative, car détenant et investissant des centaines de milliards de shillings à court terme dans un contexte de croissance rapide des dépôts des clients ainsi que des volumes et des valeurs des transactions. Il est passé d’une plateforme de transfert d’argent de personne à personne pour proposer désormais des services de paiements et du crédit. Vodafone a indiqué que M-Pesa Holding avait des investissements à court terme de 1,34 milliards de dollars et a annoncé détenir 1,32 milliards US de fonds de clients M-Pesa.

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La multinationale a ajouté que les potentiels bénéfices générés par M-Pesa Holding ne serviront à financer des fonds caritatives publiques qu’après soustraction des coûts directs. Par ailleurs, la société a vendu des services d’une valeur de 705,28 millions de dollars à M-Pesa Holding au cours de l’exercice clos en mars 2022, selon son dernier rapport annuel disponible. Une hausse substantielle par rapport aux 534,06 millions de dollars de l’année précédente. Le transfert de M-Pesa Holding à Safaricom marque le contrôle accru de l’opérateur de télécommunications sur les principaux aspects du service d’argent par mobile qui a été lancé au Kenya mais dont la propriété intellectuelle était auparavant détenue par Vodafone.

A lire aussi : Télécoms: l’Afrique de l’ouest face à la gronde des consommateurs contre la cherté du coût d’internet

Les sociétés Safaricom et le sud-africain Vodacom Group Limited détiennent désormais la marque de services de transfert mobile dans leur joint-venture M-Pesa Africa. En effet, elles se sont associées en mars 2020 pour acquérir la marque M-Pesa de Vodafone à 50/50 chacun pour un coût de 15,3 millions de dollars. Cette décision a permis à Safaricom d’économiser des frais de licence importants qu’elle payait à la société britannique pour utiliser la marque. Vodafone est l’actionnaire majoritaire de Vodacom avec une participation de 65,1 % et détient également une participation indirecte de 5 % dans Safaricom. Le transfert de M-Pesa Holding à Safaricom intervient alors que la nouvelle directrice générale de Vodafone, Margherita Della Valle, a promis de simplifier l’entreprise et d’améliorer ses performances. « Aujourd’hui, j’annonce mes plans pour Vodafone. Notre performance n’a pas été assez bonne. Pour bien servir constamment, Vodafone doit changer. Mes priorités sont les clients, la simplicité et la croissance », a-t-elle déclaré. Elle promet de réduire la complexité du groupe afin qu’il retrouve sa compétitivité. Il s’agit de réaffecter certaines ressources pour fournir un meilleur service et stimuler la croissance grâce à la position unique de Vodafone Business.

RDC : suspension d’un milliard de dollars de financements de projets de la Banque mondiale

Les rebelles du M23 se sont emparés l'année dernière de plusieurs territoires qu'ils continuent d'occuper dans la province du Nord-Kivu. (Crédit : DR).

Après la dissolution de la Caisse sociale de la République démocratique du Congo (RDC) par le président Congolais Félix Tshisekedi, la Banque Mondiale a suspendu le financement de projets humanitaires et de développement d’une valeur de plus d’un milliard de dollars dans le pays. La décision, qui a pénalisé des organisations bénéficiaires de ces fonds, suscite la colère d’opposants politiques.

La Banque Mondiale (BM) a suspendu le financement de projets humanitaires et de développement en République démocratique du Congo d’une valeur de plus d’un milliard de dollars après que le gouvernement ait dissous la structure qui hébergeait le fonds sans prévenir, a déclaré l’institution. La suspension devrait affecter plus de 600.000 bénéficiaires, y compris des victimes de violences sexuelles, a déclaré la Banque mondiale au ministre congolais des Finances la semaine dernière dans une lettre consultée par nos confrères de Reuters qui ont relayé l’information. Selon les mêmes sources, la Banque Mondiale réclame également des éclaircissements sur l’usage fait de 91 millions de dollars avancés sur les 1,04 milliard de dollars. Tout est parti de la décision prise en début de ce mois par le gouvernement congolais de dissoudre la Caisse sociale de la République démocratique du Congo, par decret présidentiel et de créer une autre caisse publique. Une mesure qu’il a justifié par « l’évolution du cadre juridique régissant les établissements publics ». Dans une lettre adressée au gouvernement congolais annonçant la suspension de son financement et datée du 12 mai, la Banque mondiale s’est plaint d’être informée de ces réformes par la presse. « Avant de pouvoir continuer à engager les fonds du projet, le gouvernement et la Banque mondiale devraient s’entendre sur des mesures transitoires… afin de s’assurer que les fonds sont utilisés aux fins prévues », a estimé l’institution de Bretton Woods.

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Dans les colonnes de reuters, la porte-parole présidentielle Tina Salama a nié toute suspension de financement et a déclaré qu’il y aurait une gestion transitoire du fonds. « Je pense que des dispositions ont été prises », a-t-elle déclaré, sans fournir davantage d’informations sur les 91 millions de dollars. Plusieurs organisations étaient soutenues par les fonds de la Banque mondiale. Parmi elles, la Fondation Panzi dirigée par Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 pour son travail auprès des victimes de violences sexuelles. La décision est critiquée par des organisations de la société civile, qui dénoncent une mauvaise gouvernance.

« Comment se fait-il… qu’un service public, qui a signé un contrat programme d’un milliard de dollars avec la Banque mondiale, ait été dissous ou ait changé de vocation sociale sans que cette dernière en soit consciente ? », s’est interrogée Valery Madianga, directeur d’une organisation congolaise spécialisée dans l’audit des finances publiques.

La décision abrupte de changer la structure de financement était un exemple de mauvaise gouvernance, a déclaré Valery Madianga, directeur d’une organisation congolaise spécialisée dans l’audit des finances publiques. Face au tollé suscité par cette suspension, les politiques sont montés au créneau. Quatre des principaux politiciens de l’opposition congolaise ont écrit la semaine dernière aux dirigeants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD) pour leur demander de procéder à un audit de leurs fonds au Congo, pour écarter la thèse du détournement des fonds engagés.

Chronique : Sahel- Rififi dans l’armement et poudrière incontrôlée

De lances missiles Stinger aux drones, en passant par des chars à chenilles, sans omettre l’aviation, les artilleurs et fusiliers de l’air africains s’équipent davantage d’équipements modernes. (Tchad défilé du 11 août 2018).

Pour lutter contre l’instabilité et l’insécurité, de nombreux pays africains sont devenus un marché juteux pour les marchands d’armes. Au Sahel, région semi-aride qui s’étend de l’océan Atlantique à l’est de l’Afrique, couvrant une partie de 12 pays, notamment le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso, en proie à des conflits armés, depuis des décennies, face à des groupes terroristes, la prolifération d’armes légères et de petits calibres, mais aussi modernes reste préoccupante. Le marché des armes en Afrique en 2022 aurait atteint 20 milliards de dollars en 2022.

Si au cours des années 1980 et 1990, avec la série de conflits armés qui avaient éclaté dans la région du Sahel, la plupart des armes, qui circulaient dans le Sahel étaient légères et de petits calibres, y compris des fusils d’assaut, des pistolets et des mitrailleuses pour lutter contre des groupes criminels et terroristes, tels qu’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), Ansar Dine, Al Mourabitoun, le GICL (Groupe islamique combattant libyen), … depuis l’avènement d’Al Qaïda, de Boko Haram, puis l’éclatement de la Libye, les arsenaux se sont modernisés. De lances missiles Stinger aux drones, en passant par des chars à chenilles, sans omettre l’aviation, les artilleurs et fusiliers de l’air africains s’équipent davantage d’équipements modernes. Le peloton de tête, avec des pays comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, le Tchad, l’Ethiopie, ou le Kenya dépensent en milliards de dollars pour la dissuasion, s’activent même dans le nucléaire « civile » et exhibent quelques fois des « biceps ». En Afrique du Sud, depuis la fin de l’Apartheid, il est question de réhabiliter l’arme nucléaire…

Poudrière au Sahel

Dans la région du Sahel, la prolifération d’armes légères a été alimentée par le commerce illicite des armes. Elle implique souvent des trafiquants et des réseaux criminels transfrontaliers. Les armes sont souvent introduites illégalement dans la région, à partir de pays voisins, notamment la Libye, où des armes sont facilement disponibles, depuis la chute de Kadhafi en 2011. La prolifération d’armes légères et de petits calibres dans le Sahel a entraîné de nombreux défis pour les gouvernements et les forces de sécurité de la région. Les groupes terroristes et criminels utilisent ces armes pour commettre des actes de violence, tels que des vols à main armée et des enlèvements.

A lire aussi : G5 Sahel : La BAD finance la production d’énergie renouvelable à grande échelle

La coopération régionale et internationale, avec des instances, comme le G5 Sahel, entre en lice pour résoudre ce problème, renforcer les capacités de contrôle des armes, lutter contre le commerce illicite des armes et soutenir les efforts de développement économique et social pour réduire les causes profondes des conflits dans la région. Néanmoins, avec les récents développements et une géopolitique en mutation, certains pays ont exprimé leur volonté de moderniser leurs armements. Les ventes d’armes sont souvent opaques et difficiles à quantifier avec exactitude. A titre d’exemple, au Sénégal, des acquisitions d’armes et équipements légers, à hauteur de 45,3 milliards de FCFA, soit environ 73 millions d’euros, ont défrayé la chronique ces derniers mois. Une transaction, passée par le ministère en charge de la protection de l’Environnement, au nez et à la barbe du département de la Défense, et qui a soulevé un tollé…

Arsenaux modernes au Mali et Burkina Faso

Les arsenaux modernes au Mali et au Burkina Faso font référence à la présence croissante d’armes et d’équipements militaires plus avancés dans ces pays, dans le contexte de la lutte contre l’insécurité et le terrorisme au Sahel. L’objectif avoué de ces pays est d’assurer la stabilité, avoir le contrôle de leurs ressources et des frontières. Au-delà de Wagner, la Russie est de plus en plus sollicitée, mais aussi les Etats-Unis, tandis que la Chine et Israël, le sont dans une moindre mesure, au détriment de la France. Difficile d’avoir les chiffres exacts, tant une certaine omerta règne dans les quantités réelles. Il est malheureux de constater que la hausse de l’armement au Sahel a des conséquences négatives, notamment en termes d’augmentation de la violence, de menace pour la stabilité régionale, etc. En effet, la disponibilité d’armes plus sophistiquées a renforcé la capacité des groupes armés- qui en profitent aussi s’armant à moindre coût – à mener des attaques violentes, causant des pertes en vies humaines et des déplacements massifs de populations. Aussi, l’augmentation de l’armement crée une course entre les pays de la région, ce qui peut conduire à une escalade des tensions régionales et mettre en danger la cohésion et la stabilité régionales. Quant aux gouvernements des pays africains concernés, pour se défendre contre les menaces terroristes et sécuriser leurs frontières, l’acquisition et l’entretien d’arsenaux modernes représentent une charge financière importante. Ils sont alors tenus de dépenser des sommes importantes.

Pour remédier à la prolifération des armes au Sahel

Pour mettre un terme à cette escalade, les États gagneraient à renforcer les contrôles aux frontières pour dissuader les trafiquants d’armes et arrêter la contrebande transfrontalière, encourager la coopération régionale, en travaillant ensemble pour échanger des informations sur les mouvements d’armes et les réseaux de trafiquants d’armes, mais aussi lutter contre la corruption dans les appareils de sécurité et les douanes.  Pour lutter contre le trafic illicite d’armes, il est important de prendre des mesures pour combattre la corruption. En élaborant une réglementation plus stricte de la vente d’armes et en appliquant des lois plus strictes pour réglementer la vente d’armes et empêcher la vente illégale, les pays concernés peuvent atténuer le phénomène. Il faudra aussi, à un moment ou un autre, renforcer les mécanismes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) des groupes armés consentants.

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La feuille de route la plus importante a trait à l’investissement dans le développement économique et social dans les zones touchées par la prolifération des armes. Il va sans dire que la pauvreté et le manque d’opportunités économiques peuvent conduire à la participation à des groupes armés. Enfin, en s’attelant à éduquer les populations au danger des armes, en les sensibilisant sur les impacts de la prolifération des armes, et les autres formes de violence, la stabilité et la paix pourront perdurer.

Article publié le 9 avril 2023 21 h 27 UTC+0

Afrique subsaharienne : Avec 300 millions d’euros d’investissements en Côte d’Ivoire, la BEI rappelle ses engagements pour la région  

Selon Jane Feehan, cheffe du pôle régional pour l’Afrique occidentale et centrale de la BEI, la banque devrait mobiliser plus d’investissement dans le financement des projets dans la région à travers l’initiative Gobal Gateway qui prévoit 300 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2027, dont 150 milliards d’euros en Afrique. (Crédit : Dr)

Dans le sillage de l’engagement croissant de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) en Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire bénéficie de 300 millions d’euros pour des projets de partenariat public-privé (PPP).  Le financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative Gobal Gateway d’appui des pays de la région notamment dans les secteurs de la santé, de l’énergie, de l’environnement, de l’eau.

La Banque européenne d’investissement (BEI) met à la disposition de la Côte d’Ivoire un portefeuille de 300 millions d’euros pour le financement des projets publics et privés, a déclaré, à Abidjan, la cheffe du pôle régional pour l’Afrique occidentale et centrale de la BEI, Jane Feehan. Une déclaration en marge d’une conférence de presse tenue la semaine dernière à Abidjan et portant sur « La Banque européenne d’investissement impacts et perspectives ». Les investissements de la Banque européenne sont destinés à accompagner des projets gouvernementaux dans le secteur de l’énergie et de l’eau en Côte d’Ivoire. Un pays où la BEI prévoit de financer aussi des projets dans le transport, la protection de l’environnement avec notamment la réhabilitation des forêts et de la biodiversité de ce pays dont la course à la culture du cacao est pointée comme l’une des principales causes de la déforestation. La Banque a aussi prévu d’accompagner des projets transfrontaliers notamment dans les secteurs de l’énergie, du transport et numérique. En effet, selon Jane Feehan la BEI devrait mobiliser plus d’investissement dans le financement des projets dans la région à travers l’initiative Gobal Gateway qui prévoit 300 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2027, dont 150 milliards d’euros en Afrique.

« Nous soutiendrons les investissements intelligents dans des infrastructures de qualité, qui respectent les normes sociales et environnementales les plus élevées, conformément aux valeurs et aux normes de l’UE. La stratégie «Global Gateway» offre un modèle de la manière dont l’Europe peut établir des liens plus résilients avec le monde », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Une initiative qui place au cœur de ses priorités le soutien aux PME pour les projets d’autonomisation de la femme et de la jeunesse, des projets de santé, de renforcement de la résilience des pays à la Covid-19, et d’adaptation aux changements climatiques. Dans le rapport global de la BEI 2022-2023 « The Impact », publié au début de ce mois de mai, la Banque Européenne a estimé que les gouvernements ne peuvent pas à eux seuls éliminer les goulots d’étranglement structurels qui entravent le développement. Pour soutenir la reprise économique, la croissance soutenue et la création d’emplois, un système d’économie financière florissante est nécessaire, analyse la BEI.

Atténuer le difficile accès au financement

Cependant, les secteurs bancaires restent sous-développés par rapport à la taille de la région d’Afrique subsaharienne où seulement 20 % des petites et moyennes entreprises ont accès à une marge de crédit ou à un prêt d’une institution financière officielle, selon le rapport. Dans 14 pays africains, la part est inférieure à 10 %, et même à ce niveau, les Etats restent vulnérables aux chocs externes. Les banques interrogées pour le rapport de la BEI Finances en Afrique 2022 ont exprimé leur inquiétude quant à la hausse des coûts locaux de financement en raison du resserrement des conditions financières internationales, alors que les préoccupations concernant la santé financière de leurs clients sont en hausse depuis la pandémie.

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EIB Global soutient la politique de l’UE en Afrique subsaharienne dans le contexte d’une vision européenne globale. L’orientation stratégique concerne les pays moins développés et les États fragiles ou touchés par des conflits. Il s’agit de les aider à atteindre les Objectifs de développement durable, d’inverser la tendance postpandémique négative mais aussi d’initiatives pour soutenir l’adaptation au changement climatique. De ce fait, le soutien d’EIB Global au développement du secteur privé est axé sur les groupes défavorisés et les investissements en faveur de l’égalité des genres. En 2022, elle a signé des accords 2,6 milliards d’euros de financements en faveur de la région, notamment pour des projets de déploiement de systèmes solaires domestiques au Bénin, de l’internet haut débit au niveau de neuf villes dans les zones mal desservies en République démocratique du Congo (RDC). Autres projets concernent l’amélioration de l’accès à l’eau potable au São Tomé et le financement de la fabrication de médicaments contre le paludisme au Nigeria.

Chronique : Commerce international  – Ces barrières qui ne disent pas leur nom

Aussi bien en commerce conventionnel qu’en e-commerce, les mesures de protection sont constatées au sein d’économies qui se soucient de leur pérennité. Si les mesures de sauvegarde sont prévues dans les clauses des traités de commerce pour atténuer, voire éliminer les barrières tarifaires, celles dites non tarifaires, plus subtiles peuvent persister y compris dans le commerce électronique.

Que les défenseurs des zones de Libre-échange ne s’y méprennent… même parmi les économies, considérées comme avancées en Afrique, où existent des « champions » parmi les défenseurs d’un commerce international ouvert, des barrières non tarifaires pourront affecter les conventions. Au-delà des mesures de sauvegarde qui sont des mesures temporaires, mises en place pour protéger les industries nationales contre une augmentation soudaine des importations qui pourrait leur causer un préjudice grave, la protection n’épargne même pas le e-commerce. Pour un même article, on peut constater de grandes différences de prix dans deux aires géographiques distinctes. Cette barrière du paiement vise à décourager le client dans le pays qui entend protéger son économie.

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Das le commerce conventionnel, un pays peut ériger des normes et réglementations techniques qui sont des exigences relatives à la qualité, à la sécurité et à d’autres caractéristiques des produits. Evoquées pour protéger les consommateurs, elles peuvent être utilisées pour limiter des importations. D’autres obstacles peuvent rendre le commerce plus difficile et plus coûteux pour les entreprises. Ces entraves administratives comprennent les procédures complexes, des exigences en matière de documentation, des délais d’attente aux frontières et autres formalités administratives. A cela peut s’ajouter du contingentement avec des restrictions quantitatives qui limitent la quantité de produits à importer. Ces restrictions peuvent prendre la forme de quotas d’importation ou de licences d’importation.

Des freins au e-commerce

Comme je l’ai signifié plus haut, les barrières de paiement, notamment en termes de différences dans les systèmes de paiement et les pratiques de paiement, peuvent rendre difficile pour les entreprises de recevoir des paiements des clients dans d’autres pays, mais aussi les barrières non tarifaires pour le commerce électronique peuvent être différentes de celles du commerce traditionnel. D’un pays à l’autre, les barrières juridiques (lois et réglementations) peuvent varier dans ce domaine. En effet, les entreprises peuvent être confrontées à des obstacles juridiques, tels que la protection des données, la protection des consommateurs et la propriété intellectuelle. A cela s’ajoutent des défis logistiques, tels que les délais de livraison, les coûts d’expédition et des surcoûts. Ceux-ci peuvent limiter la capacité des entreprises à fournir des biens et des services aux consommateurs dans d’autres pays. In fine, des barrières de confiance peuvent être attendues de consommateurs réticents à acheter en ligne auprès d’entreprises étrangères, en raison de la méfiance envers les transactions en ligne ou la sécurité des données.

Le Ghana franchit un pas supplémentaire vers l’obtention des 3 milliards du FMI

Ghana ministre des Finances
Pour enrayer la fonte de ses réserves de devises et l’affaiblissement du Cedi, sa monnaie locale, le Ghana a tenté en novembre l’achat de ses produits pétroliers avec de l’or plutôt qu’en dollars américains. (Photo / Ken Ofori-Atta, ministre des finances du Ghana).

Le Ghana, la Chine et la France mettent en place un comité permettant d’ouvrir la voie à un prêt de 3 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI). Après avoir défendu une politique économique sans l’aide des institutions de Bretton Woods, le Ghana de Nana Akufu-Addo dont l’économie est au bord du gouffre s’est résigné à faire appel au FMI, qui, à ses conditions.

En décembre, le Ghana a accepté un programme de crédit de trois ans avec le FMI pour renforcer les finances du pays et restaurer la confiance de ses créanciers alors que le pays faisait face à sa pire crise économique depuis des décennies. Les pourparlers se sont concentrés sur les assurances d’un comité des créanciers du Ghana quant à savoir si un programme d’échange de dette proposé serait suffisant pour garantir l’accord avec le FMI. La mise en place du comité conjoint formé par le Ghana, la Chine et la France a été de ce fait favorablement accueillis par le Fonds Monétaire International. Vendredi, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a salué la déclaration du comité des créanciers du Ghana dans le cadre G20 pour le traitement de la dette.

 « Je salue la déclaration du Comité des créanciers officiels du Ghana sur l’importance d’un programme économique soutenu par le FMI, ainsi que son engagement à négocier les conditions de restructuration de la dette en conséquence. Cette déclaration fournit les assurances de financement nécessaires au Conseil d’administration du FMI pour examiner le programme proposé soutenu par le FMI et débloquer les financements indispensables des partenaires de développement du Ghana », a-t-elle déclaré.

Le FMI annonce également souscrire fermement à l’appel lancé par le Comité des créanciers officiels aux créanciers privés et aux autres créanciers bilatéraux officiels pour qu’ils s’engagent à appliquer des traitements de dette comparables. Pour l’organisme financier de Bretton Woods, l’action du Comité des créanciers reconnaît le solide programme de réformes des autorités ghanéennes, qui vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette tout en jetant les bases d’une reprise inclusive. Cela signale également que de nouveaux progrès sont réalisés dans le cadre du Cadre commun du G20, démontrant que les partenaires internationaux sont prêts à travailler ensemble pour aider les pays à résoudre leurs problèmes de dette. C’est essentiel pour permettre à des pays comme le Ghana d’atteindre une croissance durable et de réduire la pauvreté, analyse le FMI.

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Le Ghana est au bord de la faillite. Le pays a du mal à refinancer sa dette depuis le début de l’année après les dégradations par plusieurs agences de notation de crédit, craignant qu’il ne soit pas en mesure d’émettre de nouvelles euro-obligations. Cela a aggravé l’endettement du pays dont la dette publique s’élève à 467,4 milliards de cedis ghanéens (55 milliards de dollars selon les données de Refinitiv Eikon) en septembre, dont 42 % en dette domestique. Le Ghana a eu un déficit de la balance des paiements de plus de 3,4 milliards de dollars en septembre, en baisse par rapport à un excédent de 1,6 milliard de dollars à la même période l’an dernier. Pour enrayer la fonte de ses réserves de devises et l’affaiblissement du Cedi, sa monnaie locale, le Ghana a tenté en novembre l’achat de ses produits pétroliers avec de l’or plutôt qu’en dollars américains. Alors que 70% à 100 % des recettes publiques sont actuellement consacrées au service de la dette, l’inflation du pays a grimpé jusqu’à 50 % en novembre. Ses réserves internationales brutes se sont élevées à environ 6,6 milliards de dollars fin septembre, ce qui équivaut à moins de trois mois de couverture des importations.

Interview – Anta Kébé : « au Sénégal, les cancers infantiles sont le parent pauvre de la lutte contre cette maladie »

EntreAide Sénégal est la seule association, qui avec d’énormes difficultés paie régulièrement les soins des enfants atteints de cancer : ordonnances, analyses et radiologies, hospitalisations, biopsies, chirurgies, etc. (Crédit : Dr)

Une entrepreneure Sénégalaise au chevet des enfants atteints de cancer, c’est le surnom donné à Anta Kébé dont l’association EntreAide Sénégal se distingue dans le soutien et l’accompagnement des enfants atteints de cancer. Une maladie diagnostiquée chaque année chez plus de 1.000 enfants au Sénégal, selon les chiffres de l’OMS. Face à la sous-médiatisation du cancer des plus jeunes, Africa Income est allé à la rencontre de la présidente de l’association EntreAide Sénégal avec des questions sur leurs activités, les réalités du terrain, les besoins spécifiques à ces jeunes patients.  

AFRICA INCOME : Pouvez-vous revenir sur le parcours qui vous a conduit à la mise en place de l’association EntreAide Sénégal ?

ANTA KEBE : Depuis petite, je fais du social car, j’ai eu très tôt la conscience de la pauvreté et de la souffrance des uns et des autres. Dès l’âge de 7 ans, je préparais le week-end des friandises que je redonnais aux enfants dans le besoin. J’ai toujours voulu avoir une fondation, sachant que je faisais déjà du social dans la discrétion. Puis en 2020, Dakar a été victime de graves inondations, je voyais les populations dans le désarroi. J’ai fait une collecte dans les réseaux et parmi mes proches pour aller distribuer des fonds et des habits à 104 familles de la banlieue. Fin 2020, j’ai suivi un reportage à la télévision sénégalaise sur les enfants atteints de cancer, j’ai décidé de faire une collecte pour aller payer leurs soins. Ce qui m’a choqué c’est l’âge des enfants : des bébés et la majorité avait moins de 6 ans. Je devais juste y aller une fois mais devant la souffrance des enfants et le désarroi des parents, je me suis dite, je n’ai pas le choix que de continuer à collecter des fonds pour payer leurs soins. Depuis janvier 2021, l’association paie les soins des enfants pauvres atteints de cancer au Sénégal et ceux de la sous-région qui viennent se soigner à Dakar. Il s’agit à la fois des enfants hospitalisés et ceux qui viennent en consultation. Donc l’association a été créée en janvier 2021, en premier pour venir en aide aux enfants pauvres atteints de cancer, en aidant à payer leurs soins de façon continue afin d’en sauver le maximum.

Quels sont les principaux domaines d’intervention de l’association EntreAide Sénégal ?

L’association EntreAide Sénégal a comme mission d’aider à la réduction de la pauvreté au Sénégal. Spécifiquement, nous mettons l’accent sur tout ce qui touche aux enfants vulnérables :  les malades, les orphelins, ceux qui sont atteints de handicapes moteurs, etc. Nos principaux domaines d’intervention sont d’abord les cancers des enfants. EntreAide Sénégal est la seule association, qui avec d’énormes difficultés paie leurs soins régulièrement : ordonnances, analyses et radiologies, hospitalisations, biopsies, chirurgies, etc.

Un autre volet du travail de l’association porte sur la lutte pour l’accès à l’eau potable.  Nous avons réalisé 15 puits en 2022 et 14 puits en 2023, dans toutes les régions du Sénégal nous avons construit des puits. L’association fait aussi des dons de vivres et des produits de première nécessité pour bébés et enfants, dans des orphelinats à Dakar, Diourbel, Kaolack et St Louis. Nous prévoyons cette année de mettre en place des orphelinats dans de nouvelles régions, 10 daaras et 2 centres handicapés moteurs. L’association distribue des vêtements et jouets lors des différentes fêtes religieuses musulmanes et chrétiennes dans plusieurs services pédiatriques : 500 enfants ont bénéficié de notre arbre de noël de 2022. Des produits destinés à la fois aux enfants atteints de cancer et ceux victimes du VIH.

L’association EntreAide Sénégal s’est particulièrement distinguée dans le soutien apporté aux enfants et adolescents atteints de cancer. Pourquoi le choix des plus jeunes seulement, sachant qu’au Sénégal la question de la prise en charge des personnes atteintes de cancer se pose à toutes les catégories ?

Parce que la plupart des associations justement s’occupent davantage des cancers des adultes surtout de la femme, cancers des seins et col de l’utérus, qui obtiennent plus de soutiens des pouvoirs publiques, des médias et des organisations et que les cancers des enfants au Sénégal sont le parent pauvre de la lutte contre les cancers. En discutant avec des Sénégalais, certains ne savent même pas qu’il existe le cancer de l’enfant.

Au Sénégal, l’OMS a estimé en 2022 entre 800 à 1200 le nombre d’enfants atteints de cancer annuellement. Et la majorité des décès causés par les cancers de l’enfant sont évitables grâce à un diagnostic précis, précoce et l’accès aux soins estime l’organisation. Comment l’association EntreAide Sénégal intervient-elle pour soutenir ces enfants et adolescents atteints de cancer ?

En effet, il y a au Sénégal 800 à 1200 nouveaux cas par année, sur ces niveaux cas 200 à 230 viennent se soigner dans la seule unité onco- pédiatrique publique du pays. Nous les aidons en étant tous les jours à l’onco-pédiatrie pour payer leurs soins et sensibiliser les parents sur leurs besoins nutritionnels. Sont concernés à la fois les enfants hospitalisés et ceux qui viennent en consultation en privilégiant les enfants les plus pauvres. Comme je l’ai expliqué nous misons aussi sur la sensibilisation aux cancers des enfants au Sénégal et essayons de faire adhérer le plus grand nombre et motivons les parents afin qu’ils n’arrêtent pas le traitement. De la même manière, c’est une question de coordination en tout temps avec le service onco-pédiatrique pour enlever les différents goulots d’étranglement.

Selon vous, quelles sont les actions les plus urgentes à mener par le Sénégal pour améliorer la prise en charge des malades de cancer, surtout des plus jeunes ?

Je peux parler pour les cancers des enfants que je maitrise mieux. D’abord, il faut un diagnostic précoce qui nécessite la formation de tout le personnel de santé dans les régions les plus reculées du Sénégal. Car 80% des enfants viennent des régions. Il est nécessaire d’avoir plus d’onco-pédiatres et de personnel de la santé dont les infirmiers formés en onco-pédiatrie partout au Sénégal. Il doit aussi exister des centres d’onco-pédiatrie régionaux pour réduire la pénibilité aux enfants contraints de quitter les régions via des transports en commun pour se soigner à Dakar. Autres volets importants consistent à rendre les soins gratuits ou améliorer le taux de prise en charge, à garantir la disponibilité des médicaments anti cancéreux et à améliorer le plateau médical de l’onco-pédiatrie, mais aussi à subventionner et à faciliter le travail des associations qui luttent contre les cancers des enfants. Pour la leucemie qui concerne 30% des cas de cancer infantile, il est impératif de d’assurer la disponibilité en temps et en heure des poches de sang et de plaquettes.

Quels sont les principaux partenaires de l’association EntreAide Sénégal ? Et qu’attendez-vous de ces partenaires dont l’Etat sénégalais dans cette lutte contre le cancer infantile ?

L’association ne dispose d’aucun partenaire. Nous sommes obligés chaque jour depuis 2021 de faire une collecte journalière pour pourvoir aller payer les soins du lendemain. On demande à tout un chacun de donner 1000 FCFA ou 5 dollars ou 5 euros par mois pour en sauver le maximum et même cela on n’a du mal. En plus des urgences précitées, nous attendons de l’Etat d’ouvrir d’autres unités d’onco-pédiatries dans des régions du Sénégal et de soutenir des associations comme la nôtre qui œuvrent dans cette lutte. Il s’agit par exemple d’obtenir un agrément à la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA) pour acheter directement chez elle etéconomiser dans les dépenses de médicaments pour mieux appuyer ces jeunes patients dans les analyses, les radiologies et les scanners.

Par Africa Income

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