lundi 23 février 2026
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Finance Islamique : 3 pays africains bénéficient 1,1 milliards de financement de l’ITFC

Pour la Gambie, le Mali, le Djibouti la Banque Islamique de développement (BID) accorde des financements pour appuyer les secteurs clés des pays à savoir l'agriculture, l'énergie et les secteurs de la santé, ainsi que le secteur privé. (Crédit : Dr).

Le Mali, la Gambie et Djibouti ont bénéficié d’un financement de 1,1 milliards de dollars de la part de la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC). Les accords au nombre de quatre, conclus en marge des Assemblées Annuelles 2023 du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID) à Djeddah, portent sur les secteurs clés de ces pays d’Afrique de l’Ouest et de la corne de l’Afrique.

A la Gambie, au Mali et à Djibouti, la Banque Islamique de développement (BID) accorde des financements pour appuyer les secteurs clés des pays à savoir l’agriculture, l’énergie et les secteurs de la santé, ainsi que le secteur privé. En effet, la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC) membre du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID), a signé quatre accords majeurs avec le Mali, la Gambie et Djibouti pour un montant de plus de 1,1 milliard de dollars US, au premier jour des Assemblées Annuelles 2023 du Groupe de la BID tenues, à Djeddah, en Arabie Saoudite. Les fonds devraient contribuer à créer des opportunités de croissance économique pour les pays et à assurer un approvisionnement stable et fiable en produits essentiels.

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Le premier est un accord-cadre d’une durée de 5 ans et d’un montant de 500 millions de dollars US entre l’ITFC et la République du Mali. Ce dernier a été signé par Alousséni Sanou, Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, et Hani Salem Sonbol, Directeur Général de l’ITFC. L’accord assurera une coopération plus étroite et une coordination des efforts entre le gouvernement du Mali et l’ITFC, pour ouvrir la voie à une extension du partenariat stratégique à de nouveaux domaines de collaboration dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, du secteur privé et de la santé. La collaboration comprendra également des programmes d’assistance technique et de renforcement des capacités, dans le cadre du Programme des Ponts Commerciaux Arabo-Africains (AATB).

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Deux autres accords de financement direct Murabaha ont été signés par Seedy Keita, ministre des Finances et des Affaires Economiques de la Gambie, et Directeur Général de l’ITFC. Le premier est une opération de financement direct Murabaha de 35 millions de dollars US pour la National Water & Electricity Company (NAWEC) en Gambie. Ce financement permettra à la NAWEC de produire de l’électricité pour le pays de manière plus rentable. Le deuxième accord est une opération de financement direct Murabaha de 20 millions de dollars pour la Gambia National Petroleum Company (GNPC), pour l’importation de produits pétroliers raffinés.

L’ITFC a également signé un accord-cadre de 3 ans avec Djibouti pour un montant total de 600 millions de dollars US. Depuis sa création en 2008, l’ITFC a fourni prêt de 1,4 milliard de dollars US de financement et de facilités de renforcement des capacités à Djibouti. Au cours des trois prochaines années, l’ITFC mobilisera des ressources financières auprès de banques et d’institutions financières internationales et régionales pour financer les secteurs de l’Energie, de l’Agriculture, de la Santé et le secteur privé, tout en fournissant une assistance technique. En outre, l’accord couvrira la collaboration sous l’égide du Programme AATB. Un accord également paraphé par le ministre de l’Économie du pays et le DG de ITFC.

Pour ce dernier : “L’ITFC est ravie de travailler avec ses partenaires du secteur privé de la République du Mali, de Djibouti et de la Gambie pour accompagner le développement économique de ces pays. Grâce à nos accords de financement dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie et la santé, nous visons à créer des opportunités de croissance économique pour ces pays tout en assurant un approvisionnement stable et sûr en produits essentiels. Ces accords démontrent également l’engagement continu de l’ITFC à soutenir nos pays membres et à contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies.”

La BID intervient dans plusieurs régions du monde, y compris en Afrique, où elle accorde des prêts, des subventions et des assistances techniques pour soutenir des projets de développement. En Afrique, la BID finance des projets dans divers secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures, l’éducation, la santé, l’énergie et les petites et moyennes entreprises.

Mines – hydrocarbures – électricité : La Côte d’Ivoire égrène ses priorités 2023

Le Ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly Presente les Priorites pour l’Annee 2023. (Crédit : Dr).

Par le biais de son ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la Côte d’Ivoire a rappelé sa stratégie de développement de son secteur minier, des hydrocarbures et de la production d’énergie, afin de rehausser leur contribution dans le PIB du pays, qui regorge et de minerais et d’hydrocarbures.

Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a annoncé les grands chantiers de son département ministériel pour l’année 2023 au cours d’une rencontre avec les acteurs des secteurs des mines, pétrole et électricité, le lundi 08 mai 2023 à Abidjan. Pour les mines, il a annoncé que dans les semaines à venir, son département ministériel proposera au gouvernement et à la représentation nationale, une solution innovante dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Pour le secteur des hydrocarbures et pour relever les défis structurants au bénéfice des générations actuelles et à venir, le ministre a insisté sur la sécurisation de l’approvisionnement de la Côte d’Ivoire en produits pétroliers, dans un contexte international marqué par une géopolitique où les faibles subissent les décisions des plus puissants. Il a exhorté ses collaborateurs à plus de mobilisation et d’engagement professionnel, pour que l’année 2023 soit effectivement marquée, à tous les niveaux. En ce qui concerne le volet électricité, il a appelé d’urgence à un équilibre physique et financier du secteur dans un contexte où les coûts de production se renchérissent et l’accès de tous à une électricité bon marché.

Des défis de taille, mais relevables

A l’en croire, ces défis sont certes de taille mais pas hors de portée des agents de son ministère. La première condition, a-t-il indiqué, porte sur l’impérieuse nécessité de doter la Côte d’Ivoire d’une politique sectorielle qui reconnaît et optimise les liens synergiques existant entre les filières énergétiques et les ressources minérales. Quant à la seconde condition, elle est liée à l’exigence de renforcement de la gouvernance générale du secteur. Il a exhorté ses collaborateurs à plus de mobilisation et d’engagement professionnel, pour que l’année 2023 soit effectivement marquée, à tous les niveaux du sceau de l’action efficace.

Bilan des richesses minières et d’hydrocarbures de la Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire possède des ressources minières et d’hydrocarbures. Concernant les ressources minières, il s’agit notamment de gisements de minerai de fer, de bauxite, de nickel, de cuivre, de plomb, de zinc et d’or. Ce dernier est la principale ressource minière du pays. Les principales zones aurifères sont situées dans les régions de Bondoukou, Daloa, Séguéla, Korhogo et Touba. En ce qui concerne les hydrocarbures, le pays dirigé par Alassane Ouattara depuis 2011 dispose de réserves de pétrole et de gaz naturel, relativement faibles comparés à ses voisins de la sous-région. Les principaux gisements de pétrole se trouvent au large de la côte sud-est du pays, dans le bassin sédimentaire de la Côte d’Ivoire-Ghana. Le gouvernement ivoirien a récemment lancé des appels d’offres pour explorer et développer de nouveaux champs pétroliers et gaziers offshore. En dépit de ces ressources l’économie ivoirienne reste largement tributaire de l’agriculture, qui représente plus de 30% du PIB du pays. La diversification de l’économie ivoirienne et l’amélioration du part de ces ressources dans le PIB a ainsi été érigé en priorité par le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly

Chronique : les banques de l’espace Cedeao, une zone hyper-rentable  

(Crédit : Dr).

En dépit d’être un espace où le système bancaire reste très atomisé, la sous-région Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) est une zone qui reste toujours très fertile pour les banques. Les résultats financiers du trimestre T1 de 2023 le confirment à bien des égards. 

Contrairement à des pays, tels que le Maroc qui ont adopté une stratégie de massification de leurs banques locales, afin qu’elles atteignent une certaine taille et aillent boxer dans un espace où les marges sont encore importantes, la plupart des pays de la Cedeao sont à l’époque de la floraison, de surcroît de micro-banques avec un PNB de quelques millions d’euros seulement, si elles arrivent à équilibrer leurs comptes. Dans l’ensemble, le paysage bancaire a beaucoup évolué dans cette sous-région de 15 pays (Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo) pour 350 millions de consommateurs. D’abord, à côté des établissements financiers, à participations majoritaires étatiques pour favoriser tel ou tel autre secteur, il y avait des groupes privés, notamment filiales de Françaises, et de rares locales. Ces dernières années, le fait marquant est une forte présence des Marocaines qui sont allées jusqu’à bousculer une hiérarchie longtemps établie, dans l’espace francophone, et occuper les premières places de collecteur de l’épargne, d’acteur de la banque digitale et de paiements. Les banques de développement, internationales et locales, mais aussi celles créées par des milliardaires locaux en association avec des capitaux étrangers, ainsi que les Nigérianes et d’autres établissements financiers à vocation panafricaine sont présentes, mais à un degré moindre.  

Une zone hyper-rentable 

Il ressort des derniers résultats, une santé financière certes différenciée, mais bonne. Dans le sous espace UMOA (Union monétaire ouest africaine), la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest) a décidé, au début du mois de mars, de rehausser de 25 ppb (points de base) son taux directeur qui passe de 2,75 à 3%.  Cet élément est déterminant dans l’évaluation de la santé financière des banques, mais ce n‘est pas le seul. Dans une telle région, de nombreux autres facteurs, tournant autour du taux de bancarisation, de la règlementation du secteur bancaire, de la situation économique globale, de la concurrence… y interfèrent.  Aussi, les banques dans un espace économique peuvent être affectées par des facteurs spécifiques, tels que les politiques fiscales, les taux de change, les niveaux d’endettement des gouvernements… A l’image d’un pays comme le Sénégal, dont les membres de l’APBEF (Association professionnelle des banques et établissements financiers) sont passées de 15 en 1978 à 31 en 2021, dont 27 banques, on pourrait croire que les parts du gâteau peuvent s’amoindrir. Il n’en est rien. Les groupes bancaires, les mieux structurés, tirent leur épingle du jeu. Les PNB (Produit Net Bancaire) de groupes continuent de croître, dépassant le milliard d’euros et mieux encore, la contribution de la banque de détail à l’international dans ces groupes suit une tendance à la hausse à 2 chiffres. A fin mars 2023, BOA- une des banques marocaines, pionnières dans la Cedeao- a annoncé un RNPG, à 230 millions €, en hausse de 15%.

Un encours de crédits au service du développement ?

Si les BGFI Bank, Ecobank, Coris Bank, Orabank, Bimao, Banque Outarde, Banque de Dakar, FNB Bank, BSIC, Bridge Banque, CBAO, Citibank, Banque Atlantique, CBAO Attijari, Banque islamique, BHS, OA, BNDE… se font une concurrence saine jouant sur des stratégies axées sur une dynamique commerciale dans le Greenfield, un positionnement sur une fintech qui a de beaux jours devant elle, etc. le top 10 des Nigérianes donnent l’impression de négliger le reste de la sous-région. Compte tenu de la résilience dont elles ont fait montre, Zenith Bank, Access Bank, Guaranty Trust Holding, UBA ou encore First Bank pourraient se positionner dans la région pour soutenir et financer les entreprises de toute taille, les porteurs de projets, les institutionnels et les ménages. Non seulement, elles peuvent prendre des parts dans les projets d’investissements structurants, mais aussi et surtout encourager le crédit avec des encours plus conséquents, sur la base de taux d’intérêts moins élevés et en contribuant à réduire l’informel dans le tissu économique. Rappelons que certains pays de la sous-région ont une économie à 80% informelle. L’élargissement de l’assiette des entreprises formelles passerait par encourager l’implantation d’un statut Auto-Entrepreneur. Dois-je rappeler qu’une telle structure peut être enregistrée facilement sur une plateforme électronique, en partenariat avec une ou des banques de la place pour ouvrir un compte, n’impose pas une tenue obligatoire de comptabilité… ?

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Il paraît évident que se focaliser à faire du chiffre uniquement, dans ce marché qui va connaître des mutations très prochainement, pourrait produire son implosion. C’est d’autant plus juste que certaines banques ont commencé à accuser le coup de la concurrence et ont été sanctionnées. L’une d’elles a écopé d’une sanction pécuniaire de 300 millions f CFA de la BCEAO suite à des manquements et infractions au dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.  

Maroc – SIAM 2023 : 19 nouveaux contrats-programmes pour moderniser l’agriculture

A l’occasion de la 15ème édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), le premier ministre Aziz Akhannouch, a présidé le 04 mai 2023 à Meknès, la cérémonie de signature de 19 contrats-programmes entre l’Etat et la profession, pour le développement et la modernisation des filières de production agricole, un axe essentiel de la mise en œuvre de la stratégie « Génération Green », une directive royale présentée en février 2020. Crédit : Dr).

Il s’agit de la signature de 19 contrat-programmes de nouvelle génération pour le développement des filières de production. Des contrats pour un partenariat public-privé, base de la gouvernance du secteur agricole. Le projet nécessitera la mobilisation de plus de 110 Milliards de DH, soit près de 11 milliards de dollars pour mieux rentabiliser et moderniser ce secteur clé de l’économie marocaine.

Des contrats-programmes de nouvelle génération entre l’Etat et la profession ont été mis en œuvre de la stratégie Génération Green. En effet, à l’occasion de la 15ème édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), le premier ministre Aziz Akhannouch, a présidé le 04 mai 2023 à Meknès, la cérémonie de signature de 19 contrats – programmes entre l’Etat et la pression, pour le développement et la modernisation des filières de production agricole, un axe essentiel de la mise en œuvre de la stratégie « Génération Green », une directive royale présentée en février 2020.

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Ces contrats-programmes, signés avec les principales filières de productions végétales et animales, reposent sur trois principes, à savoir d’abord la mise en œuvre des différents axes de la stratégie Génération Green surtout en relation avec l’élément humain. Un deuxième volet porte sur le conditionnement de l’octroi des aides aux organisations professionnelles à la réalisation des objectifs contractés. Il y a également l’engagement des organisations professionnelles à se restructurer pour améliorer leur gouvernance et leur niveau de représentativité nationale et régionale. Elaborées en concertation avec les fédérations interprofessionnelles concernées pour la fixation des objectifs et des indicateurs de développement de chaque filière à l’horizon 2030, les 19 contrats-programmes mobilisent un budget de 110,698 Milliards de DH soit environ 11 milliards de dollars sur 10 années dont un apport de l’Etat de 42,477 MMDH – soit 4,2 milliards de dollars, dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). Ces contrats-programmes concernent 4 filières animales, à savoir la filière laitière, la filière des viandes rouges, la filière avicole et la filière apicole ; ainsi que 15 filières végétales, à savoir l’oléiculture, l’arboriculture, les agrumes, le palmier dattier, les céréales et légumineuses, les cultures sucrières, les oléagineux, le maraîchage, l’arganier, les semences, la filière biologique, les fruits rouges, le safran, le riz et la rose à parfum.

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La mise en œuvre des engagements de ces contrats-programmes a pour objectif d’améliorer la rentabilité de la production agricole, de valoriser la production et de moderniser les méthodes de commercialisation et de distribution. Ils visent également à améliorer la recherche, la formation et les conditions de travail des agriculteurs et des travailleurs, ainsi que le soutien à l’organisation et la structuration des organisations professionnelles pour créer une nouvelle génération d’organisations professionnelles agricoles efficaces. La signature de ces contrats-programmes rentre dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie « Génération Green » qui repose sur trois dimensions : la dimension territoriale, la dimension filières de production et la dimension thématique. Engageant l’agriculture marocaine dans une nouvelle phase stratégique de développement, cette stratégie consolide les résultats de la stratégie « Plan Maroc Vert », qui a donné aux différentes filières agricoles, un essor significatif, notamment grâce au soutien de l’Etat et au renforcement du partenariat avec les professionnels.

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L’agriculture est un secteur important de l’économie marocaine, représentant environ 15 % du PIB et employant plus de 40 % de la population active. Le Maroc est un pays à forte vocation agricole en raison de sa diversité climatique et de sa position géographique favorable. Les principales cultures au Maroc sont les céréales, notamment le blé, qui est la principale culture céréalière du pays, ainsi que l’orge et le maïs. Les cultures maraîchères sont également importantes, avec la tomate, le poivron, l’oignon, la carotte et la pomme de terre comme cultures les plus importantes. Il est également un important producteur de fruits, notamment les agrumes tels que les oranges, les mandarines et les citrons, ainsi que les fruits à noyau tels que les pêches et les abricots. Les cultures d’olives et la production d’huile d’olive occupent aussi une part importante. Le Royaume exporte une grande quantité de ses produits agricoles vers l’Union européenne.

RDC: accord avec le FMI pour un décaissement supplémentaire de 200 millions de dollars

Après la conclusion, en décembre dernier, d'un accord au titre de la troisième revue de l’accord de Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC) qui a permis un décaissement de 203 millions de dollars US pour répondre aux besoins de la balance de paiement du pays, les deux parties viennent de rééditer l'expérience. La directrice générale Kristalina Georgieva rencontre le président de la RDC Félix Tshisekedi au FMI à Washington, le 2 mars 2020. Crédit : Joshua Roberts /IMF-FMI.

Après plus de deux semaines de négociations, le FMI et le gouvernement de la RDC sont parvenus à un accord au niveau des services pour la quatrième revue de l’accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) avec à la clé, un nouveau décaissement de 200 millions de dollars dès l’approbation de l’accord par le Conseil d’administration du Fonds lors de sa réunion de juin prochain. Selon la mission de l’institution de Breton Wood, malgré l’apparition des déséquilibres macroéconomiques qui alimentent les pressions inflationnistes ainsi que le conflit à l’Est du pays et les élections prévues en fin d’année qui amplifient les inquiétudes, l’économie congolaise a fait preuve de résilience avec une croissance du PIB réel de 8,9% en 2022 et anticipée à 6,8% en 2023. Pour le FMI, afin d’assurer la stabilité macroéconomique dans le contexte de la persistance du conflit armé à l’Est et des risques externes et domestiques grandissants, les autorités doivent mettre en œuvre un plan d’assainissement budgétaire crédible et une politique monétaire plus restrictive, tout en poursuivant leurs réformes structurelles de la gestion des finances publiques, du secteur monétaire et financier, ainsi que de la gouvernance et de la lutte contre la corruption. En ligne de mire, l’accès pour la RDC à d’autres ressources du Fonds comme la Facilité de résilience et de viabilité pour laquelle les eux parties ont déjà engagés des négociations.

La lune de miel entre le gouvernement de le RDC et le FMI se poursuit de plus belle! Après la conclusion, en décembre dernier, d’un accord au titre de la troisième revue de l’accord de Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC) qui a permis un décaissement de 203 millions de dollars US pour répondre aux besoins de la balance de paiement du pays, les deux parties viennent de rééditer l’expérience. Et ce, à l’issue de la mission qu’a mené, du 19 avril au 3 mai 2023 à Kinshasa, une équipe du FMI dans le dans le cadre de la quatrième revue de l’accord triennal au titre de la FEC. « Les autorités de la République démocratique du Congo et l’équipe du FMI sont parvenues à un accord au niveau des services sur les politiques économiques et financières nécessaires à la conclusion de la quatrième revue au titre de l’accord soutenu par la FEC, sous réserve de l’approbation de la direction générale du FMI. L’examen par le Conseil d’administration du FMI est prévu pour fin juin 2023. L’achèvement de la revue rendra disponible 152,3 millions de DTS pour le soutien à la balance des paiements », a annoncé le FMI dans un communiqué publié à l’issue de la mission. Durant son séjour, la mission a eu des entretiens laborieux avec le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie Nationale Vital Kamerhe, le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense Jean-Pierre Bemba, le vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau, le ministre d’État et du Budget Aimé Boji, le ministre des Finances Nicolas Kazadi, la ministre des Mines Antoinette N’Samba Kalambayi, la gouverneure de la BCC Malangu Kabedi Mbuyi, d’autres hauts fonctionnaires, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé et d’organisations de la société civile.

« Nous sommes restés ici pendant deux semaines pour des discussions sur le programme FEC. On a communiqué à Monsieur le Premier Ministre sur un accord au niveau des services du FMI qui permet de nous avancer à la préparation au Conseil d’Administration à la fin du mois de juin. Nous avons discuté de la situation macroéconomique avec une croissance résiliente au niveau de la RDC et de l’appui pour le développement du secteur minier. Au même moment, nous avons discuté de l’accélération de l’inflation dans un contexte difficile avec les conflits de l’Est et l’organisation des élections. », a déclaré à la presse Madame Mercedes Vera Martin, cheffe de la mission du FMI en RDC lors de la conférence de presse qu’elle animé mercredi dernier à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge à qui elle a fait le compte rendu du résultat des négociations.

il a ajouté qu’il a été question de la politique monétaire et budgétaire pour diminuer les pressions inflationnistes, accélérer la mise en œuvre des réformes institutionnelles, ainsi que des efforts des autorités pour avancer sur la diversification économique. La proposition, par rapport au montant, c’est de 200 millions de dollars qui seront mis à la disposition de la République Démocratique du Congo, après décision du Conseil d’Administration prévue à la fin du mois de juin au FMI a-t-il précisé.

Une économie résiliente malgré des risques macroéconomiques

Selon le FMI, si l’économie fait preuve de résilience, des déséquilibres macroéconomiques sont apparus. La croissance du PIB réel est estimée à 8,9 % en 2022, en raison d’une production minière plus importante que prévu, et devrait atteindre 6,8 % en 2023, toujours grâce au secteur extractif. Aussi, les recettes fiscales plus élevées que prévu en 2022, y compris des recettes exceptionnelles du secteur extractif, ont permis d’augmenter les dépenses courantes, principalement des dépenses exceptionnelles liées à la sécurité et le remboursement d’arriérés. Le déficit budgétaire intérieur s’est de son coté creusé en 2022 pour atteindre 1,3 % du PIB et l’accélération des dépenses à la fin de 2022 a généré un excès de liquidités et contribué à des pressions inflationnistes et sur le taux de change. Au 22 avril 2023, note le FMI dans le communiqué de fin de mission publié le 3 mai,  le taux de change parallèle du franc congolais s’était déprécié de 13 % en glissement annuel par rapport au dollar américain et l’inflation avait accéléré pour atteindre 17 %. Selon le constat fait la mission, la forte croissance des importations a affaibli la position extérieure en 2022, avec un déficit du compte courant estimé à 5,7 % du PIB. Toutefois, indique la même source, d’importants flux financiers entrants ont permis à la Banque centrale du Congo (BCC) d’accumuler des réserves internationales, dont le niveau brut équivalait à environ deux mois d’importations à la fin de 2022.

«Les perspectives à moyen terme restent favorables, soutenues par l’augmentation de la production minière et dépendent d’efforts de réforme proactifs. Dans un contexte d’incertitude élevée avec le conflit armé en cours à l’Est, les élections à venir et les risques externes en lien avec l’affaiblissement des perspectives économiques mondiales, la volatilité des prix des produits de base et la guerre prolongée en Ukraine, des politiques économiques prudentes sont justifiées pour le reste de l’année 2023», a estimé Mercedes Vera Martin.

Selon le FMI,  la politique budgétaire devrait permettre de répondre avec prudence aux besoins de dépenses supplémentaires en matière de sécurité, d’aide humanitaire et de préparation des élections dans le contexte de la détérioration de la situation à l’Est, tandis que les recettes en 2023 sont projetées au même niveau que lors de la troisième revue du programme. Aussi, a indiqué le Fonds, les recettes additionnelles non anticipées, si elles se matérialisent, contribueront à constituer des réserves budgétaires.  «La hiérarchisation des dépenses, la révision à la baisse des dépenses en biens et services et le maintien de la masse salariale au niveau prévu dans le budget permettront de soutenir les dépenses d’investissement tout en réduisant les pressions inflationnistes», a aussi estimé le Fonds.

La feuille de route du FMI pour l’accès à d’autres mécanismes de financement

Suite à cette dernière évaluation de l’économie de la RDC que son équipe a réalisée au cours de sa mission, le FMI a estimé que le renforcement de la discipline budgétaire et de la gouvernance financière ainsi que l’amélioration du climat des affaires constituent les principaux ingrédients pour que le pays puisse accéder à d’autres ressources supplémentaires mises en place pour venir en aide à des catégories de pays dans le besoin.  Selon le Fonds, la mobilisation des recettes et les réformes de la gestion des finances publiques renforceront la politique budgétaire et les efforts visant à améliorer l’administration fiscale et à rationaliser les taxes parafiscales sont importants pour faciliter la mobilisation des recettes. Plus généralement, poursuit la même source, la mise en place du compte unique du Trésor, le renforcement du système de passation des marchés publics et l’amélioration de la gestion des investissements publics et des rapports d’exécution budgétaire contribueront à améliorer l’exécution du budget, à renforcer la gouvernance budgétaire et à améliorer l’efficacité des dépenses.

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Aussi,  recommande le FMI, la BCC pourrait resserrer la politique monétaire pour contenir les pressions inflationnistes, tout en continuant à constituer des réserves pour résister aux chocs extérieurs. En ce sens, le maintien du rôle du taux de change en tant qu’amortisseur de chocs reste essentiel pour préserver les réserves alors que les réformes visant à renforcer le cadre de la politique monétaire et la gouvernance de la banque centrale seront essentielles pour améliorer la gestion de la liquidité et l’efficacité de la transmission de la politique monétaire. «Des réformes ambitieuses sont également nécessaires pour renforcer la résilience du secteur bancaire et promouvoir l’inclusion financière, en commençant par la mise en œuvre de la nouvelle loi bancaire approuvée en décembre 2022», a aussi plaidé le FMI pour qui les autorités congolaises doivent également poursuivre les efforts pour améliorer le climat des affaires et renforcer le cadre législatif et réglementaire pour renforcer la lutte contre le blanchiment des capitaux.  «L’amélioration du climat des affaires reste essentielle pour la diversification de l’économie et pour une croissance tirée par le secteur privé et repose sur des efforts continus pour mettre en œuvre le cadre de lutte contre la corruption, rationaliser le système fiscal, améliorer la transparence dans le secteur minier et publier des informations sur la propriété effective des bénéficiaires des marchés publics », a indiqué en ce sens le Fonds pour qui également, «des réformes majeures sont nécessaires pour rendre opérationnelle la loi sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme adoptée en décembre 2022, et pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) ».

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Selon le FMI, au cours de son séjour dans la capitale congolaise, la mission a également tenu des discussions sur les plans de réformes liées au climat afin de soutenir la demande des autorités d’accéder à la Facilité de résilience et de viabilité (RST) du FMI. Les mesures de réforme sont destinées à renforcer la résilience face aux risques liés au climat et à atteindre la contribution déterminée au niveau national, à favoriser les investissements verts et résilients, à renforcer la gouvernance dans le secteur forestier et à mettre en œuvre la réforme des subventions aux carburants a annoncé l’institution financière internationale qui a ajouté que ces réformes ont également bénéficié de consultations avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale et d’autres partenaires. «Sur la base de ces discussions constructives, les équipes du FMI et les autorités continueront de travailler dans les semaines à venir», a annoncé Mercedes Vera Martin, ce qui laisse entrevoir une porte ouverte pour la RDC qui pourrait, à condition de mener les réformes nécessaires estimées par le FMI, bénéficier de ce mécanisme auquel plusieurs pays du continent comme le Kenya sollicitent désespérément et que seul le Rwanda a pu jusque-là en bénéficier.

Benin : Les défis majeurs de la campagne agricole 2023-2024 pour ce secteur vital de l’économie béninoise

Le secteur agricole du Bénin est confronté à de nombreux défis, notamment la faible productivité agricole, la faible utilisation des technologies modernes, la difficulté d'accès au crédit agricole et la faiblesse de la valeur ajoutée des produits agricoles. (Crédit : Dr)

Pour la campagne agricole 2023-2024, Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a annoncé deux défis majeurs. Lesquels portent notamment sur une série de décision pour améliorer la productivité agricole du secteur qui représente près de 23 % du PIB et emploie plus de 70 % de la population active béninoise.

Pour la campagne agricole 2023-2024, le Ministre Gaston Cossi Dossouhoui a annoncé deux défis. Le premier, c’est d’améliorer la productivité, renforcer les capacités des acteurs pour développer les chaînes de valeurs, assurer la diversification agricole, pour avoir une production de plus en plus accrue, à partir de laquelle chaque acteur tire son profit.« Désormais, c’est de tradition de faire un bilan participatif avec les acteurs, de ne pas tenir la langue de bois, de mettre en relief nos insuffisances et d’indiquer les voies de progrès, afin d’avoir une agriculture qui permette de résoudre deux défis majeurs de notre temps », a -t-il déclaré dans un communiqué du 29 avril. Le deuxième défi est celui de rendre disponible la matière première pour l’industrialisation du pays. Laquelle devrait passer par l’agro-industrie.

« C’est d’abord ce que nous avons à portée de main. Le jour où nous aurons les mines, de l’or, du pétrole, il y aura une autre industrialisation. Mais, pour le moment, ce dont nous sommes certains, c’est que nous pouvons produire avec nos dix doigts, nos deux mains ; c’est tout ce que la terre peut permettre d’obtenir, c’est-à-dire l’eau et la nature que nous devons maîtriser dans des conditions de résilience, pour être à même de produire et d’alimenter cette chaîne industrielle qui naît devant nous et qui va grandir à grands pas », a-t-il déclaré.

Il a procédé au lancement officiel de la campagne agricole 2023-2024, le jeudi 27 avril 2023 à Kétou, en présence des acteurs du monde agricole. Une campagne placée sous le thème : « Cluster agricole pour la promotion des chaînes de valeurs : Acquis et perspectives ». En 2022, le Gouvernement avait pris la décision de subventionner les intrants agricoles. Ainsi, Firmin Kouton, préfet du département du Zou, assurant l’intérim de son collègue du département du Plateau, a salué les efforts déployés par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche et ses équipes pour accompagner le Chef de l’État dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2), volet Agriculture. Il a de ce fait inviter tous les producteurs agricoles à accompagner les efforts du Gouvernement et à rester dans la dynamique des avancées remarquables enregistrées par l’agriculture béninoise ces dernières années. Ces avancées ont permis de booster davantage la production agricole, d’améliorer les revenus des producteurs et de créer beaucoup d’emplois dans le secteur, a -t-il souligné.

« En 2022, le Gouvernement a pris la décision courageuse de subventionner les intrants agricoles. Ces mesures nous ont galvanisés », a reconnu, pour sa part, Dominique ALADJODJO, Vice-Président de la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin.

Le secteur agricole est très important pour l’économie du Bénin, car il représente environ 23 % du PIB et emploie plus de 70 % de la population active. Le Bénin est un pays agricole par excellence avec une grande diversité de cultures et une production alimentaire variée. Les principales cultures du pays sont le coton, le maïs, le manioc, le riz, les légumineuses, les ignames, les patates douces, les arachides, les bananes et les fruits. Le gouvernement béninois a mis en place plusieurs politiques et programmes visant à promouvoir le développement de l’agriculture. Parmi les programmes phares, on peut citer le Programme d’Appui au Secteur Agricole (PASA), le Programme d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PISA) et le Programme d’Appui à la Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO). Cependant, le secteur agricole du Bénin est confronté à de nombreux défis, notamment la faible productivité agricole, la faible utilisation des technologies modernes, la difficulté d’accès au crédit agricole et la faiblesse de la valeur ajoutée des produits agricoles. En outre, la pression foncière, la dégradation des sols, le changement climatique et la faiblesse de la commercialisation sont des défis majeurs à relever pour le développement durable du secteur agricole béninois.

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Hydrocarbures : avec Congo LNG, le Congo bientôt exportateur de gaz sur un marché en pleine croissance

La preuve de l'ambition du gouvernement congolais pour le développement de ce projet, c'est le Président Denis Sassou Nguesso en personne, accompagné pour la circonstance par le Directeur général d'ENI S.P.A, Claudio Descalzi, qui ont procédé, le mercredi 25 avril dernier près de Pointe-Noire, à la pose de la première de Congo LNG, un projet de liquéfaction de gaz naturel qui promet de transformer le pays en un exportateur clé de gaz naturel liquéfié (GNL). (Crédit ; Dr - AI)

Annoncé en grande pompe en avril 2022 entre le gouvernement congolais et la major italienne ENI S.P.A, l’ambitieux programme de développement de l’exploitation de gaz au Congo vient de connaitre un coup d’accélérateur. Le 25 avril dernier a eu lieu la pose de la première pierre de Congo LNG, le premier projet de liquéfaction et de commercialisation de gaz naturel liquéfié. D’un investissement initial de cinq (5) milliards d’euros, le projet devrait atteindre une capacité globale de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de 3 millions de tonnes par an soit environ 4,5 milliards de mètres cubes/an à partir de 2025 et devrait permettre non seulement au pays de satisfaire ses besoins en matière de production d’électricité tout en assurant les moyens de sa transition énergétique. Il devrait aussi permettre à ENI de diversifier ses sources d’approvisionnement dans le sillage de son objectif de la réduction de sa dépendance au gaz russe, amplifiée par la crise russo-ukrainienne. Une aubaine pour le Congo qui dispose de ressources importantes en la matière et qui va tirer de substantielles gains sur un marché du GNL en pleine expansion à l’international. De quoi tourner la page de l’or noir qui malgré les immenses gisements exploités n’a pas encore permis au pays d’amorcer son décollage socioéconomique.

La preuve de l’ambition du gouvernement congolais pour le développement de ce projet, c’est le Président Denis Sassou Nguesso en personne, accompagné pour la circonstance par le Directeur général d’ENI S.P.A, Caudio Descalzi, qui ont procédé, le mercredi 25 avril dernier près de Pointe-Noire, à la pose de la première de Congo LNG, un projet de liquéfaction de gaz naturel qui promet de transformer le pays en un exportateur clé de gaz naturel liquéfié (GNL). Le projet qui va nécessiter une enveloppe de 5 milliards d’euros d’investissements devrait atteindre une capacité de production de GNL globale de 3 millions de tonnes par an, soit environ 4,5 milliards de mètres cubes par an, à partir de 2025. Selon les responsables du projet, il vise à exploiter les énormes ressources de gaz de Marine XII pour répondre aux besoins de production d’électricité du pays et alimenter les exportations de GNL vers les marchés internationaux, principalement en Europe. Et pour ce faire, deux usines de liquéfaction de gaz naturel flottantes (FLNG) seront installées aux champs de Nenè et Litchendjili, qui sont déjà en production et d’autres champs vont être également développer. La première usine FLNG, d’une capacité de 0,6 million de tonnes par an, est actuellement en conversion et devrait commencer la production en 2023. La deuxième usine FLNG, d’une capacité de 2,4 MTPA, est déjà en construction et devrait devenir opérationnelle en 2025. Selon toujours les responsables du Projet, sa particularité est qu’il va s’appuyer sur un calendrier de développement accéléré et une approche zéro torchage, garantissant que le projet est à la fois rentable et écologiquement durable. C’est ce qu’a indiqué le Directeur général d’ENI Congo, Mirko Araldi selon qui, le projet bénéficiera des technologies les plus avancées pour que le gaz soit brûlé intentionnellement et ainsi valoriser l’énergie.

« Ce projet permettra également d’atteindre l’objectif de zéro torchage. Il n’y aura plus de torchage de routine dans nos usines, conformément à la stratégie de décarbonation de la République du Congo et d’Eni », a-t-il expliqué.

La mise en œuvre de ce projet est le fruit de l’accord signé entre le gouvernement du Congo et la société italienne ENI S.P.A, en avril 2022. Dans les faits, il s’agit d’un partenariat public-privé (PPP), notamment pour l’important et très prometteur bloc marine XII dont ENI est le principal opérateur, mais en partenariat stratégique avec la société publique SNPC (Société nationale de Pétrole du Congo) et le groupe Loukoil. L’accord d’avril 2022 fait suite au lancement du Plan Directeur pour le Gaz (PDG) par le ministère congolais des Hydrocarbures avec pour principal objectif, de faciliter et d’optimiser l’utilisation des ressources en gaz naturel du pays, y compris le gaz associé, qui est le gaz produit dans les puits de pétrole.  Selon le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, « le gaz naturel dans le siècle présent car il est le moteur par excellence de la transition énergétique ».

Exportation, diversification et transition énergétique

Pour le Congo, en effet, le projet revêt un intérêt particulier. En plus de permettre au pays de satisfaire ses besoins de consommation locale notamment pour la production de l’électricité, la mise en œuvre du projet va permettre au pays de gérer sa transition énergétique et pour la première fois de son histoire malgré ses importantes ressources, pouvoir exporter du gaz naturel liquéfié.  Présente au Congo depuis plus une cinquantaine d’années, l’entreprise italienne fournit à travers sa filiale locale, ENI Congo, fournit du gaz à la Centrale électrique du Congo, qui garantit 70 % de la production d’électricité du pays avec une capacité de production de 484 mégawatts. Les volumes estimés avec la mise en œuvre de Congo GNL dépassant largement les besoins du marché congolais, ENI Congo entend valoriser cet excédent en l’exportant, ce qui se traduira par de substantielles ressources pour les caisses de l’Etat congolais.

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Selon le Directeur général d’Eni, Claudio Descalzi, le lancement de Congo LNG est l’un des principaux projets de l’entreprise, en termes de diversification de son approvisionnement et de transition énergétique en République du Congo. Congo LNG est, en effet, destiné à contribuer de manière significative à la sécurité énergétique et à la compétitivité industrielle de l’Italie et de l’Europe. Lors de la pose de la première pierre de l’usine, il n’a pas manqué de souligner l’importance d’une collaboration à long terme avec les partenaires africains, en particulier à un moment où des choix stratégiques importants doivent être opérés dans la dynamique de diversification des itinéraires d’approvisionnement et des mélanges énergétiques européens, vers l’accessibilité et la disponibilité de l’énergie et la décarbonisation progressive. Il convient de noter que dans la même dynamique, la major italienne a signé plusieurs accords avec d’autres pays africains pour son approvisionnement en gaz, ce qui anime davantage le marché africain du GNL.

Une demande mondiale en GNL en hausse qui stimule le marché africain

Avec la mise en œuvre de ce projet, le Congo va donc bientôt devenir un exportateur de GNL, un marché stimulé par la croissance de la production d’électricité et de la demande industrielle en Afrique et à l’international. Dans les pays en développement qui ont besoin de plus d’énergie, le marché du GNL devrait augmenter de 50% d’ici à 2030 selon les estimations en la matière et cela va se traduire par des dizaines de milliers d’emplois générés dans chaque installation de GNL, ainsi que par une augmentation des activités économiques dans les zones d’implantation. Le fait d’être considéré comme une énergie de transition n’est qu’un des avantages du GNL dont le Congo pourrait bien en tirer davantage de bénéfices.

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La réalisation de ce projet revêt aussi un intérêt stratégique pour ENI, en quête accélérée de diversification de ses sources d’approvisionnement en gaz depuis le début du conflit russo-ukrainien. Cette guerre a, en effet, perturbé l’approvisionnement en énergie dans la majorité de pays européens et plusieurs pays africains qui disposent d’importantes gisements se positionnent pour combler le vide. Selon la dernière édition du rapport Global Energy Monitor (GEM) du cabinet World Energy Review, basée aux Etats-Unis d’Amérique, « la part de l’Afrique dans les exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) était de 11,3 % en 2021 mais les projets déjà en cours pourraient augmenter cette part jusqu’à 15% ». Le rapport estime que « l’Afrique peut augmenter sa capacité de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de près de 80 % dans les prochaines années ». En décembre dernier, la publication a recensé qu’au moins 31 terminaux, d’une capacité de 75,8 millions de tonnes par an, sur le continent africain, ont été dénombré alors que sept autres terminaux pour 14 millions de tonnes de GNL par an sont en construction, et 20 autres terminaux pour 45,8 millions de tonnes de GNL par an sont à la phase de pré-investissement.

« La production gazière en Amérique du Nord est de 73,9 millions de tonnes par an tandis que celle de l’Afrique pourra atteindre 135,6 millions de tonnes de GNL par an, soit le triple de l’exportation de gaz des pays producteurs de l’Amérique du nord », projette la même source en surfant sur les bonnes perspectives du GNL en Afrique.

En plus de leurs besoins locaux pour satisfaire leur déficit en électricité et assurer leurs transitions énergétiques, les fournisseurs de gaz africains cherchent désormais à répondre à la future demande de GNL de l’Europe, ce qui ouvre de nouvelles perspectives au marché du gaz africain.  En 2021, l’Europe a importé 37,2 milliards de mètres cubes de gaz par gazoduc en provenance d’Algérie (34,1 milliards) et de Libye (3,1 milliards), selon l’étude « World Energy Statistical Review 2022 » du géant mondial BP et de manière globale, indique les mêmes statistiques, l’Afrique représentait 6,4 % de la production mondiale de gaz et 11,4 % des exportations mondiales de GNL en 2021, avant l’invasion russe de l’Ukraine. Des chiffres qui ne manqueront pas d’augmenter compte tenu du pipeline de projets du continent et de la demande croissante de l’Europe anticipent les experts.  Selon un rapport de février 2023 du Forum des pays exportateurs de gaz, la part de l’Afrique dans la production totale de gaz devrait passer de 260 milliards de mètres cubes en 2021 à 585 milliards de mètres cubes en 2050, date à laquelle le continent représentera plus de 11 % de l’offre mondiale. La demande sur le continent devrait pour sa part augmenter de 82 % d’ici à 2050, le gaz représentant 30 % du bouquet énergétique. Autant dire que la dynamique pour une hausse de la demande en GNL sur le marché va connaitre de beaux jours dans les prochaines années et permettre à beaucoup de pays comme le Nigeria, l’Algérie, la Lybie, le Mozambique, le Sénégal ou le Congo et autres, de tourner la page de l’après pétrole et la « malédiction » qui va avec au regard de son faible impact pour ne pas dire effet retardataire dans leur quête de développement et d’émergence…

Burkina : avec la reprise des mines d’or d’Inata et de manganèse de Tambao par Afro Turk, le secteur minier retrouve des couleurs

Selon les données récentes de l'Initiative pour la Transparence dans l'Industrie Extractive (ITIE), dont le pays est membre,  les mines représentent 12 % du PIB et 75 % des exportations au Burkina Faso. (Crédit : DR).

Les choses sont allés très vite entre le gouvernement burkinabé et l’entreprise Afro Turk. Deux mois après la décision des autorités de céder les actifs miniers pour l’exploitation industrielle du manganèse de Tambao et de la grande mine d’or d’Inata à la société Afro Turk par une procédure d’entente directe, les deux parties ont acté la transaction le 25 avril dernier pour un montant de 30 milliards de francs CFA. En plus d’apporter de l’argent frais aux caisses de l’Etat, l’opération redonne du souffle au secteur minier burkinabé qui traverse une crise depuis plusieurs années en raison notamment de l’amplification des menaces sécuritaires qui ont poussé plusieurs investisseurs miniers à tempérer leur ambition de développer de nouveaux projets.

Tout n’est pas encore réglé pour permettre le démarrage de l’exploitation industrielle sur les deux sites, mais pour le gouvernement burkinabé, c’est une étape importante qui vient d’être franchit dans la redynamisation du secteur très stratégique des mines du pays. Le 1er mars dernier, les autorités avaient validé en conseil des ministres la cession des actifs miniers pour l’exploitation industrielle du manganèse de Tambao et de la grande mine d’or d’Inata à la société Afro Turk.  Le 25 avril 2023 à Ouagadougou, les deux parties ont procédé à la signature des contrats y afférents et selon les explications du ministre des Mines, Simon-Pierre Boussim, l’Etat burkinabè a cédé à Afro Turk la mine de manganèse de Tambao pour un montant de 28 milliards de francs CFA et la mine d’or d’Inata pour un montant de 2 milliards de francs, soit un total de 30 milliards de francs CFA.  Selon les données officielles, les réserves de Tambao sont estimées à 55 millions de tonnes de manganèse et celle d’Inata dispose d’un potentiel de 1,85 million d’onces d’or. L’acte de cession a été paraphé lors d’une cérémonie solennelle de signature du contrat entre d’une part, Simon Pierre Boussim, ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, assisté de son homologue de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, et d’autre part, Savas Balcik, PDG d’Afro Turc. Avec cette session, la société turque va ainsi pouvoir désormais opérer au Burkina avec les dénominations Afro Turk Tambao et Afro Turk Inata.

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Toutefois, a souligné le ministre, la signature du contrat ne donne pas immédiatement un droit d’exploitation à Afro Turk Tambao et Afro Turk Inata qui devront encore déposer une demande de permis d’exploitation, conformément à la réglementation du code minier du pays. « Cette signature va permettre à ces sociétés d’être propriétaires de ces actifs miniers. A l’étape actuelle, avec cette signature, les sociétés ne sont pas d’abord autorisées à l’exploitation. Elles vont donc actualiser les études technico-économiques et déposer une demande pour qu’on puisse leur autoriser l’exploitation » a-t-il expliqué. C’est à l’issue de cette procédure, qui risque de prendre du temps, que le gouvernement donnera l’autorisation d’exploitation à la société turque.

Des retombées attendues par le gouvernement alors que le secteur minier est en crise

Pour le gouvernement, cette opération s’annonce de bonne augure non seulement pour le Trésor public mais aussi pour l’ensemble du secteur minier du pays. La preuve, c’est par entente directe que la transaction a été conclue, ce qui n’a pas manqué de susciter des critiques dans le pays mais au regard de ses besoins urgents, le gouvernement n’a véritablement pas le choix pour relancer le secteur qui est stratégique pour l’économie du pays. Depuis 2015, en effet, le secteur minier burkinabé traverse une crise sans précédent avec la dégradation de la situation sécuritaire qui se traduit par des attaques attribués à des groupes armés terroristes (GAT) notamment dans les zones où se trouvent les importants sites miniers du pays. Des attaques qui ont visé plusieurs unités industrielles poussant les investisseurs à fermer certaines mines et à reporter leurs projets de développement. La question de la sécurisation des mines a d’ailleurs été bien prise en compte dans le contrat signé par l’Etat burkinabé et l’entreprise turque. Selon les clauses du contrat, il est prévu des bases pour les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. En plus de la construction des bases pour les FDS, il aussi évoqué les questions de création d’emplois pour les jeunes et le développement des communautés locales.

« Comme vous le savez, mettre une mine en exploitation va profiter à l’économie du Burkina Faso. Dans ces zones ciblées c’est aussi pour une question de sécurisation. Effectivement, les questions sécuritaires font aussi partie des clauses du contrat. Nous avons demander à ces sociétés de construire également des bases pour donc permettre à nos FDS d’intervenir dans ces sites miniers. C’est une façon ici de contribuer à la résolution de la crise sécuritaires. Nous estimons que ces sociétés ont ces compétences pour nous aider car elles sont aguerries dans l’exploitation de minerai dans d’autres pays », a indiqué le ministre Pierre Boussim lors de la signature du contrat.

L’autre aspect important pour le gouvernement, c’est aussi de tirer de substantielles rentrées budgétaires pour les caisses de l’Etat et permettre la relance économique alors que le pays traverse une crise sans précédent. Suite aux deux coups d’état militaires du 24 janvier puis du 30 juillet 2022, les principaux partenaires du pays notamment la Banque mondiale, le FMI, l’Union européenne ou les Etats-Unis ont suspendu leur appui financier alors que l’économie du pays faisait face aux chocs engendrés par la crise sécuritaire mais aussi d’autres facteurs exogènes comme la pandémie de la Covid-19, la guerre en Ukraine ainsi que conjoncture mondiale. Les autorités de transition qui avait besoin de cash notamment pour accroitre les capacités des forces de défense et de sécurité ainsi que la crise humanitaire provoquée par le déplacement des populations fuyant les violences, ont vu leur marge de manœuvre encore réduite par les conséquences de la crise sécuritaire sur le secteur extractif du pays. «Dans la perspective de la reprise des exploitations des mines de Tambao et Inata, nous prévoyons contribuer à la résorption du chômage des jeunes en privilégiant le recrutement au sein des populations locales. Nous entendons enfin contribuer par notre apport à la relance de l’économie burkinabè», a indiqué le ministre.

De nouvelles perspectives pour le secteur minier en dépit de la situation sécuritaire

Avec cette opération, l’entreprise Afro Turk, proprité de l’Etat turc et présente dans le domaine d’exploitation des mines dans le monde depuis 1938 réalise une belle opération dans le cade du développement de ses activités en Afrique et permet au secteur minier burkinabé de surfer sur de nouvelles perspectives. Le gisement de manganèse de Tambao est situé dans la commune de Markoye, province de l’Oudalan, dans la région du Sahel, près de la frontière du Mali et du Niger,  renferme plus de 100 millions de tonnes de minerai selon des estimations. D’après le gouvernement burkinabé, son exploitation permettra de générer 1.000 emplois directs et 3 000 emplois indirects ainsi que des recettes au profit du budget de l’Etat. S’agissant de la mine d’or située à Inata, province du Soum, dans la région du Sahel, son exploitation favorisera un accroissement des ressources minières et la création de nouveaux emplois, selon le gouvernement burkinabè.

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Il faut dire que depuis 2009, l’exploitation minière a pris de l’ampleur au Burkina Faso qui figure aujourd’hui parmi les plus grands producteurs d’or d’Afrique, à côté de l’Afrique du Sud, du Ghana et du Mali. D’une production de 5,6 tonnes d’or en 2008, le pays a exporté 66,858 tonnes en 2021 avec une contribution au budget de l’Etat qui s’est fortement améliorée ces dernières années passant de 8,912 milliards de francs CFA soit 13,3 millions de dollars en 2008 à 322 milliards de francs CFA soit quelques 536 millions de dollars en 2020, selon les données disponibles au ministère en charge des Mines. La production moyenne annuelles ces dernières années est  de 70 tonnes par an, ce qui fait de la  production des mines d’or légales, le premier produit d’exportation du pays, devant le coton. A coté, le secteur artisanal génère une production annuelle supplémentaire d’environ 10 tonnes d’or, selon le ministère des Mines. Avec la crise, plusieurs sites miniers ont été abandonnés et la situation sécuritaire du pays ne permet plus au gouvernement de contrôler les sites d’orpaillages artisanales qui pullulent dans le pays. Certains de ces illégaux ont été fermés par les autorités mais selon plusieurs sources, beaucoup sont tombés dans le joug des groupes armés terroristes qui en tirent de substantielles retombées au détriment des caisses de l’Etat.

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Selon les données récentes de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE), dont le pays est membre,  les mines représentent 12 % du PIB et 75 % des exportations au Burkina Faso. Le secteur des mines a aussi créé 51.635 emplois directs selon les données de 2022 et c’est particulièrement l’or qui est devenu le véritable fer de lance de cette dynamique minière et qui en fait aujourd’hui un véritable pilier de l’économie du burkinabé puisque le métal jaune représente à lui seul plus de 16 % du PIB et 80 % des exportations. Les autorités envisagent d’ailleurs d’accroitre sa contribution à l’économie avec le projet de mise en place d’une chaîne de transformation locale de ce produit minier afin de générer davantage de revenus pour les caisses de l’État. En février dernier, le Président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré,  a annoncé la volonté du gouvernement de construire dans les prochains mois une raffinerie pour assurer la transformation locale de la production nationale d’or. D’autres changements sont prévus dans les prochains mois, avec une révision du code minier actuel et le gouvernement a écarté l’option de nationaliser certaines mines opérées par des compagnies étrangères. Au contraire, annoncent les autorités, des mesures sont en train d’être prises pour améliorer le climat des affaires et attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur en dépit de la situation sécuritaire que traverse le pays et qui frappe de plein fouet l’industrie extractive du pays. La signature de double contrat avec Turk Afro, s’inscrit dans cette dynamique et permet au secteur de surfer sur de nouvelles et prometteuses perspectives  surtout dans l’optique d’une reprise plus robuste de l’économie mondiale et donc d’une hausse plus vigoureuse projetée de la demande mondiale en or. Pour rappel, en décembre dernier, le gouvernement burkinabé avait  déjà octroyé un permis d’exploitation d’une nouvelle mine d’or à la société russe Nordgold.

Marchés des capitaux : estimant les vents assez favorables, le Kenya envisage une émission de 2 milliards de dollars d’euro-obligations

Le Kenya va devoir manœuvrer avec tact pour réussir son émission car les conditions d'emprunts restent toujours assez étroits sur les marchés internationaux des capitaux surtout pour un pays confronté à un risque de surendettement. (Crédit : Dr).

En dépit des incertitudes qui prévalent encore sur l’économie mondiale et des conditions d’emprunts toujours difficiles, le Kenya compte retourner sur les marchés des capitaux internationaux à travers une émission de 2 milliards de dollars d’euro-obligations. L’opération qui est prévue durant l’année fiscale 2023-2024 vise selon le Trésor du pays, à refinancer l’euro-bond de 2 milliards sur 10 ans que le pays a émis avec succès en 2014 et qui arrive donc à échéance en juin 2014. Malgré le risque de surendettement, une crise de trésorerie et une politique monétaire mondiale encore rigide, les autorités comptent sur certains vents favorables pour réussir ce retour sur les marchés internationaux annoncé depuis des mois comme l’une des seules alternatives pour permettre à l’économie kényane, l’une des plus dynamiques de l’Afrique de l’est, de continuer à tenir le choc engendré par la crise mondiale.

De la dette pour financer la dette ! C’est l’option finalement choisie par les autorités kényanes pour mobiliser des ressources financières destinées à rembourser l’euro-bond que le pays avait émis en 2014 et qui arrive à échéance en juin 2014. « Le gouvernement de la République du Kenya, par l’intermédiaire de son Trésor national, envisage d’accéder aux marchés internationaux des capitaux avant la fin de l’année fiscale 2023/24, qui s’étale du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024, pour émettre des obligations souveraines », a annoncé la semaine dernière, le Trésor public kényan dans l’appel à manifestation d’intérêt qui a été lancé pour le choix des arrangeurs de cette prochaine sortie sur les marchés internationaux des capitaux.

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Le gouvernement kényan avait déjà envisagé de recourir au marché international de la dette en juillet dernier pour faire face aux difficultés de trésorerie que le pays rencontrait en raison des conséquences de la Covid-19, de la guerre en Ukraine, du resserrement de la politique monétaire mondiale ainsi que de la dépréciation du shilling, la monnaie locale. L’opération a été finalement reportée en raison des conditions d’emprunt assez difficiles sur les marchés des capitaux internationaux. Cette fois, la décision est actée et selon les mêmes sources, les fonds qui seront levés grâce à cette émission serviront à refinancer l’euro-bond de 2 milliards de dollars qui a été émis en 2014. D’après les détails de l’opération qui ont été publiés dans l’appel à manifestation, le taux d’intérêt appliqué à cet euro-bond d’une échéance de dix ans s’élève à 6,875 % par an.

Des conditions de marché de plus en plus favorables malgré la crise et les chocs

Le Kenya va devoir manœuvrer avec tact pour réussir son émission car les conditions d’emprunts restent toujours assez étroits sur les marchés internationaux des capitaux surtout pour un pays confronté à un risque de surendettement. La hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale ainsi que la dépréciation du shilling ont, en effet, engendré une forte augmentation du coût du service de la dette, qui siphonne environ 63% des recettes fiscales du pays. Selon les estimations officielles, la dette publique globale du Kenya, qui s’est établie à 68 milliards de dollars en janvier 2023, devrait atteindre 69,7 milliards de dollars en juin prochain. Selon certains analystes, malgré la persistance des incertitudes qui planent sur la conjoncture mondiale et les risquent de surendettement pour le pays qui rendent encore difficiles l’accès aux capitaux internationaux à des pays comme le Kenya, classé parmi les marché intermédiaires, les autorités peuvent surfer sur certains facteurs favorables pour réussir leur sortie sur le marché des euro-obligations.

« Les conditions du marché s’amélioreront si la Fed commence à réduire ses taux. Cela augmenterait la probabilité que le Kenya soit en mesure de refinancer sa prochaine échéance au lieu de puiser dans ses réserves de change », avait prédit à l’agence Blooomberg, Eva Wanjiku-Otieno, analyste des marchés africains chez Standard Chartered Bank Kenya.

Des prévisions qui se confirment au regard de l’évolution de la conjoncture économique mondiale notamment de la situation qui s’améliore aux États-Unis avec la baisse de l’inflation, ce qui, d’après les mêmes analyses pousse la Réserve fédérale à cesser de relever ses taux et commence à réduire les coûts d’emprunt plus tôt que prévu, ce qu’attendent les investisseurs et qui pourrait aider les marchés frontières comme le Kenya à émettre des euro-obligations. Le Kenya pourrait également compter sur d’autres signes encourageants de son économie pour son retour sur les marchés internationaux. Malgré la crise de liquidités que connait encore l’une des économies les plus dynamiques de l’Afrique de l’Est,  avec le retard accusé dans le versement des salaires des fonctionnaires pour le mois de mars dernier notamment, le Kenya est encore loin de se retrouver dans la situation du Ghana ou la Zambie, en défaut de paiement depuis quelques mois, où même comme l’Éthiopie, la Zambie ou le Tchad qui ont sollicité une restructuration de leurs dettes auprès de leurs principaux créanciers. Mi-avril, en marge des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le directeur du Fonds monétaire international (FMI) pour l’Afrique, Abebe Aemro Sélassié, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que ce pays d’Afrique de l’Est demande la restructuration de sa dette au titre du cadre commun du G20, et cela « malgré les tensions actuelles et le remboursement imminent d’un eurobond ».

Des ressources additionnelles attendues pour atténuer les risques

D’autres facteurs concourent également à instaurer un climat assez favorables pour la sortie du Trésor kenyan. Les autorités s’attendent, en effet, à de substantielles rentrées d’argents pour limiter la détérioration de ses réserves de change, qui ont baissé à 6,4 milliards de dollars au 5 avril contre 7 milliards au 30 janvier 2023. Au total, le Kenya s’attend à une augmentation des financements de 1,2 milliard de dollars au deuxième trimestre et cherche à obtenir de nouveaux fonds du FMI. C’est ce qu’a déclaré mi-avril à la presse, le gouverneur de la Banque centrale kényane, Patrick Njoroge, qui a confirmé que Nairobi a sollicité un nouveau financement du FMI, au titre du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (RST), un mécanisme de prêt lancé en 2022 par l’institution financière multilatérale pour aider les pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires confrontés à des risques macroéconomiques. Il a aussi annoncé que le Kenya devrait obtenir 250 millions de dollars d’ici fin avril dans le cadre d’un prêt syndiqué, et en mai prochain,  un appui budgétaire d’un milliard de dollars de la Banque mondiale«Nous ne sommes pas très inquiets parce que nous avons des rentrées d’argent importantes», a déclaré à Reuters, le gouverneur Patrick Njoroge pour qui,  pour qui, en plus de compenser les 1,2 milliard de dollars que le pays n’avait pas pu obtenir sur le marché l’année dernière, ces fonds vont permettre d’améliorer les réserves extérieures du pays qui s’élevaient à 6,4 milliards de dollars au 5 avril dernier soit suffisamment pour couvrir 3,6 mois d’importations, selon les dernières données de la banque centrale. Des déclarations visant à rassurer ceux qui spéculaient sur la capacité du pays à honorer ses engagements vis-à-vis de ses bailleurs à l’image du Ghana et de la Zambie.

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Il convient aussi de souligner qu’une mission des services du FMI est attendu à Nairobi début mai pour poursuivre les discussions sur le prêt RST ainsi que pour la cinquième revue d’un programme de 2,4 milliards de dollars convenu en 2021, avec la possibilité, selon le gouvernement, de négocier un financement supplémentaire après que le FMI ait temporairement élargi les limites d’accès. «Nous pourrions obtenir 163 millions de droits de tirage spéciaux supplémentaires avec les décaissements des cinquième et sixième revues du programme 2021», a déclaré le gouverneur Njoroge de la Banque centrale kényane. Le Kenya avait déjà bénéficié de quatre tranches de prêt du FMI dans le cadre des accords relatifs à la facilité élargie de crédit (FEC) et au mécanisme élargi de crédit (MEDC), qui ont été approuvés par le Conseil d’administration de l’institution financière multilatérale en avril 2021.

Tribune : Afrique – Le reniement aux ressources ou les racines d’une sous-industrialisation chronique

Depuis le samedi 15 avril 2023, le Soudan est de nouveau en proie à une instabilité politique qui se traduit cette fois par de violents affrontements, avec utilisation d'armes lourdes et de l'aviation militaire, entre l’armée que dirige le général Abdel Fattah al-Burhane et les FSR du général Mohamed Hamdane Dagalo dit "Hemetti". ( crédit: Dr).

Contrairement à certaines régions du monde où des populations font face à un stress hydrique sévère, en Afrique des stations peuvent recevoir jusqu’à 4 m d’eau de pluies, par an. De manière analogique, le sous-sol est riche et procure matières précieuses et minerais indispensables à l’industrie moderne. Cependant, une sous-industrialisation chronique est en train de pondérer le développement des régions africaines concernées.

L’Afrique n’a pas que des amis. Ceux, qui veulent y contrôler des secteurs stratégiques pour le développement économique, défendent souvent que la décision pour nombre d’États africains de céder l’exploitation de leurs mines d’or plutôt que de les exploiter eux-mêmes peut être influencée par des capacités techniques et financières limitées, le souci de transférer une partie des risques associés à l’activité minière ou encore de bénéficier de capitaux, de technologies et de savoir-faire provenant de sociétés internationales spécialisées dans l’exploitation minière ou de se focaliser sur d’autres priorités de leur économie, tels que l’éducation, la santé, les infrastructures ou l’agriculture. Mais lorsque les teneurs sur les champs aurifères sont connues et très importants, que le travail de l’or fait partie d’un patrimoine historique qui ne demande qu’à être revisité, quels sont les risques encourus ? Au contraire, comme pour ces exploitations minières de poche en Alaska ou en Australie, les coûts d’investissement pour une mine d’or de taille moyenne peuvent n’atteindre que quelques dizaines de milliers de dollars. 

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Vu sous cet angle, la décision de céder l’exploitation minière à des sociétés privées ou étrangères reste controversée. Certains observateurs affirment que cela peut entraîner une exploitation non durable des ressources naturelles, des pratiques minières non éthiques, une fuite des bénéfices à l’étranger et une dépendance accrue envers les sociétés étrangères. Il est donc essentiel d’établir des cadres réglementaires solides, de renforcer les capacités locales et de promouvoir la transparence et la responsabilité dans le secteur minier pour maximiser les avantages économiques et sociaux pour les États africains et leurs populations.

Manque à gagner

En termes d’exportations de matières premières brutes, le manque à gagner fait référence à la perte potentielle de valeur économique résultant de ces ventes sans les transformer ou les traiter davantage. Lorsque nos pays exportent des matières premières brutes, telles que des minéraux, des produits agricoles non transformés ou des ressources naturelles, ils vendent souvent ces produits à des prix, relativement bas par rapport à leur valeur ajoutée potentielle. N’est-il pas grand temps que ces décideurs publics s’affranchissent des fluctuations des cours des matières premières brutes, réalisent qu’une matière première brute exportée sans être transformée, fait perdre au pays exportateur la valeur économique potentielle ? Si des industries locales ajoutaient de la valeur aux matières premières en les transformant en produits finis ou semi-finis, cela pourrait se traduire par des revenus plus élevés et une création d’emplois accrue.

Approche de la diversification économique

En décidant de rompre avec ces pratiques qui consistent à faire l’économie de la transformation, ces pays deviendraient invulnérables aux chocs externes et ignoreraient une baisse de la compétitivité à long terme. En effet, la dépendance excessive à l’exportation de matières premières brutes peut freiner le développement d’autres secteurs de l’économie, tels que l’industrie manufacturière ou les services à valeur ajoutée. Des solutions sont à trouver dans la promotion de la transformation locale des matières premières. Pour ce faire, il est nécessaire d’investir dans des industries de transformation et en encourageant la création de chaînes de valeur ajoutée, les pays peuvent augmenter leurs revenus, créer des emplois et réduire leur dépendance aux prix des matières premières brutes. On considère alors l’approche de l’industrialisation ou de la diversification économique que fort heureusement le Botswana, le Kenya, le Mali… commencent à adopter.

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