lundi 23 février 2026
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Chine-Afrique : plus de 200 projets scellés par 11 pays d’Afrique à l’Expo de Hunan

Selon les organisateurs, un total de 120 projets d’une valeur contractuelle de 10,3 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) ont été signés au cours de cette exposition de quatre jours et 99 projets de coopération d’une valeur de 8,7 milliards de dollars ont été annoncés, incluant 74 projets de grande envergure impliquant 11 pays africains, un record historique. (Crédit :Dr).

Les liens économiques et commerciaux entre la Chine et les pays d’Afrique seront renforcés dans les prochaines années, selon les responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises, réunis à l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique qui s’est achevée le 02 juillet à Changsha, la capitale de la province de Hunan. Des centaines de projets ont été signés avec des pays d’Afrique notamment dans les domaines prioritaires de l’énergie et de l’agriculture.

De nouveaux projets sont venus enrichir la coopération entre la Chine et les pays d’Afrique, lors de l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique s’est clôturée dimanche dernier à Changsha, la capitale de la province de Hunan. Les liens économiques et commerciaux entre la Chine et les pays d’Afrique vont encore renforcer grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires des deux parties. Laquelle va permettre aux entreprises de s’engager dans leurs marchés respectifs. Cela aidera en retour à maintenir la stabilité des chaînes industrielle et d’approvisionnement mondiales au cours des années à venir, ont indiqué des responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises. Ils estiment que la coopération croissante entre les deux parties va créer un environnement propice aux affaires pour développer leurs opérations, permettant ainsi de créer des emplois, de stimuler la croissance et de faire avancer le développement écologique.

« La Chine et l’Afrique peuvent toutes deux travailler vers une situation gagnant-gagnant, car le succès remarquable de la Chine dans la poursuite d’un développement de haute qualité et l’accomplissement d’une croissance économique soutenue peut inspirer les pays africains », a expliqué Ashish Shah, le directeur de la Division des programmes par pays du Centre du commerce international basé à Genève, lors d’un séminaire au cours de la 3e Exposition économique et commerciale Chine-Afrique.

Selon les organisateurs, un total de 120 projets d’une valeur contractuelle de 10,3 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) ont été signés au cours de cette exposition de quatre jours et 99 projets de coopération d’une valeur de 8,7 milliards de dollars ont été annoncés, incluant 74 projets de grande envergure impliquant 11 pays africains, un record historique. Cet évènement a attiré quelques 1700 participants étrangers et plus de 10 000 participants locaux, enregistrant un niveau record de participation. La valeur cumulée des expressions d’intention de transaction a par ailleurs atteint les 400 millions de dollars, a indiqué le Département du commerce de la province du Hunan. L’exposition a permis de présenter des produits de 29 pays africains couvrant 1600 catégories, soit une augmentation de 166 % par rapport à la précédente édition. Les responsables gouvernementaux et les dirigeants d’entreprises ayant participé à l’exposition se sont dits enthousiastes vis-à-vis de l’exploration des opportunités potentielles dans différents secteurs, incluant l’agriculture et l’énergie.

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Selon eux, cette plateforme aide à développer les relations commerciales entre la Chine et les pays d’Afrique, facilite les échanges et stimule une croissance mutuelle. Solomon Telila, l’ambassadeur d’Ethiopie à Beijing, a déclaré que la Chine dispose d’avantages notables dans les domaines des nouvelles énergies et a une expertise pour assister les nations africaines dans l’établissement de divers projets d’énergies renouvelables, incluant les centrales photovoltaïques, les fermes éoliennes et les initiatives hydroélectriques. « Ces projets collaboratifs ont le potentiel de renforcer la qualité de vie de la population en Afrique, tout en contribuant à la sécurité énergétique du continent », a-t-il souligné.

Simplex Banda, le ministre du Commerce et de l’industrie du Malawi, partage cet avis : « Le Malawi accorde la priorité aux nouvelles énergies et aux secteurs de l’exploitation minière pour les investissements. L’énergie propre a fait l’objet d’une attention soutenue, car le gouvernement vise à faire progresser la transformation énergétique vers des sources durables. […] Notre gouvernement est également particulièrement intéressé par l’assistance des entreprises chinoises pour faciliter le développement de l’industrie locale du voyage. »

Zhou Xiaoyan, la vice-présidente du Conseil de Chine pour la promotion de l’investissement international, note qu’en tirant parti de leurs forces et de leurs ressources respectives, la Chine et les pays d’Afrique peuvent favoriser une plus grande intégration dans les secteurs clés, comme la production manufacturière, l’agriculture, les infrastructures et la technologie. Selon elle, une telle intégration peut engendrer une augmentation de la productivité, une amélioration de l’efficacité et un renforcement de la compétitivité pour les entreprises opérant dans les deux parties. « Ces mesures aideront également les économies africaines à réduire leur vulnérabilité aux chocs externes et à renforcer leur résilience », souligne-t-elle. Sur les cinq premiers mois de cette année, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont augmenté de plus de 16 % en glissement annuel pour atteindre les 822,32 milliards de yuans (104,3 milliards d’euros), indiquent les données de l’Administration générale des douanes (AGD) de Chine.

Chronique : Comment être exempté des polluants éternels ou PFAS en Afrique

Eviter les polluants éternels ou PFAS et réduire leur impact sur l'environnement, nécessite un certain nombre de mesures.

L’industrie, dont les effluents comportent des PFAS ou substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyliques, appelées polluants éternels et qui ne se dégradent jamais dans l’environnement, est à bannir en Afrique. Dans les pays, encore sous-industrialisés, il existe une alternative pour s’épargner de tels produits chimiques qui malheureusement se trouvent dans peintures, batteries de véhicules électriques, etc.

Eviter les polluants éternels ou PFAS et réduire leur impact sur l’environnement, nécessite un certain nombre de mesures. Il est d’abord utile d’opter pour une consommation responsable en réduisant la quantité de déchets produits. En réutilisant les objets autant que possible et en recyclant correctement les matériaux, il est possible de réduire la demande de nouvelles matières premières et à limiter la production de polluants éternels associés à la fabrication de nouveaux produits. Une autre alternative est à trouver dans l’emploi de produits et des matériaux durables qui sont conçus pour être moins nocifs pour l’environnement. Des produits électroniques, sans retardateurs de flamme bromés, des produits de nettoyage et des cosmétiques sans substances chimiques nocives, et des matériaux de construction respectueux de l’environnement, feraient l’affaire.

Favoriser des sources d’énergie propres

Aussi, en s’orientant vers une industrie qui réduit la dépendance aux combustibles fossiles, en utilisant des sources d’énergie propres et renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne, on arrive à réduire les émissions de polluants éternels, provenant de la combustion de combustibles fossiles. Un choix porté sur des aliments biologiques, cultivés sans l’utilisation de pesticides et d’herbicides chimiques persistants, ajouté au soutien d’agriculteurs qui utilisent des pratiques agricoles durables, telles que la rotation des cultures, la conservation des sols et la gestion intégrée des ravageurs, est une mesure pour atténuer ces PFAS. A cela faudra ajouter le soutien de politiques environnementales et réglementations qui visent à réduire l’utilisation de polluants éternels et la promotion des pratiques industrielles plus durables. Il est important de noter que la réduction des polluants éternels nécessite des efforts collectifs à tous les niveaux, y compris les gouvernements, les industries et le citoyen lambda. En travaillant ensemble, ils peuvent contribuer à un environnement plus propre et plus durable. Une vaste campagne d’information et de sensibilisation sur les polluants éternels, leurs sources et leurs effets sur l’environnement à l’importance de réduire l’utilisation de ces substances et de promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement.

Là où le bât blesse

Les polluants éternels ou polluants persistants sont généralement produits par diverses industries et activités humaines. L’industrie chimique produit de nombreuses substances chimiques synthétiques qui peuvent être persistantes dans l’environnement. Cela inclut des produits chimiques, tels que les polychlorobiphényles (PCB), les dioxines et les furanes. A partir de matières premières pétrolières, l’industrie pétrochimique produit des produits chimiques, dont certains, tels que les polybromodiphényléthers (PBDE), utilisés comme retardateurs de flamme, peuvent être persistants dans l’environnement.Les industries minière, électronique ou encore agricole produisent des effluents contenant des substances chimiques persistantes dans l’environnement. Respectivement, l’extraction de métaux tels que le mercure, le plomb et le cadmium peut produire des polluants éternels, la fabrication et l’élimination des produits électroniques peuvent entraîner la libération de substances chimiques persistantes, tandis que l’utilisation de pesticides et d’herbicides persistants (pesticides organochlorés, tels que le DDT) dans l’agriculture peut produire les mêmes dégâts. Vivement des réglementations environnementales et autres pratiques de gestion des déchets et des progrès technologiques pour réduire la production et l’impact des polluants éternels dans divers secteurs industriels, à défaut de s’en passer par une autre industrie qui pourtant pèse plusieurs milliards de dollars. Il faut être conscient qu’en l’absence de décarbonation, si le secteur secondaire croit au même rythme que le PIB en Afrique, il atteindrait environ 830 Mt éq CO2 d’ici 2050.

Chronique – Sommet de Paris : nouveau pacte financier mondial ou l’assurance de débouchés à l’industrie européenne décarbonée ?

Le président français Emmanuel Macron (c), et ses homologues brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva (g) et égyptien Abdel Fattah al-Sissi (d), lors du Sommet "pour un nouveau pacte financier mondial", le 23 juin 2023 à Paris (Lewis Joly).

A Paris, la capitale française s’est achevée la semaine dernière le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial. Sous les desseins d’orienter la finance internationale au service du climat, des vœux pieux et de subtiles transactions pour éviter à l’Union européenne un dumping écologique.

Au récent Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, tenu à Paris les 22 et 23 juin 2023 et qui a connu la présence d’une quarantaine de chefs d’états et de gouvernements, les déclarations l’ont emporté sur du concret. Face à des besoins, estimés à hauteur de 27 000 milliards de dollars d’ici 2030, selon des sources sures, les PMA et pays émergents sont loin du compte. Les pays riches, devant injecter 100 milliards de dollars par an depuis la COP de Copenhague, n’ont pas tous joué le jeu. La réallocation de ce montant en DTS depuis 2021 par des pays riches n’a pas non plus fait l’affaire. Excepté un mécanisme de suivi des engagements, une prochaine refonte des institutions de Bretton Woods et quelques mesurettes, le nouveau pacte financier n’aura pas ratissé large. Faire payer les plus grands pollueurs a été aux oubliettes. Les sources de financement nouveaux portent sur une éventuelle taxation sur les billets d’avion sur le transport maritime… Certes le Sénégal et la Zambie ont pu bénéficier de mesures concrètes, respectivement un partenariat pour une transition énergétique équitable, à hauteur de 2,5 milliards de dollars, avec un groupe de pays développés et des banques multilatérales de développement pour atteindre 40 % d’EnR en 2030, et une restructuration de la dette de 6,3 milliards de dollars, plus de 2 ans après le défaut de paiement. Kristalina Georgieva, DG du FMI, Ajay Banga, nouveau président de la Banque mondiale, et Mia Mottley, PM de la Barbade, ont plaidé pour ces nouvelles méthodes. De toute évidence, les présidents sud-africain Cyril Ramaphosa, et Kenyan William Ruto, veulent de profonds changements qui privilégient coopération et partenariat.

La taxe carbone en toile de fond

Il ne faut pas perdre de vue que l’orientation souhaitée par ce nouveau pacte financier va d’abord profiter à l’industrie européenne. Dois-je rappeler que le mécanisme carbone aux frontières (MCFA) ou en anglais, Carbon Border Adjustment Mechanism (CBAM), est une proposition politique de l’Union européenne, visant à réduire les émissions de carbone associées aux importations de produits provenant de pays où les réglementations climatiques sont moins strictes. Ce principe du MCFA, qui repose sur l’idée de créer une taxe carbone sur les produits importés en fonction de leur empreinte carbone, entrera pleinement en vigueur courant 2026. Cette taxe serait calculée en fonction des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long de la chaîne de production du produit, depuis son lieu d’origine jusqu’au point d’importation. L’objectif est de réduire les distorsions concurrentielles qui peuvent se produire lorsque certains pays imposent des réglementations climatiques strictes à leurs industries nationales, tandis que d’autres pays avec des normes plus laxistes peuvent produire des biens à moindre coût. Le président Lula Dasilva du Brésil, et le PM chinois Li Qiang étaient présents à Paris…

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Le MCFA vise à inciter les pays qui exportent vers des régions où des réglementations climatiques strictes sont en place à réduire leurs émissions de carbone, en appliquant une taxe sur les produits importés qui ne respectent pas ces normes. Cela peut encourager les entreprises étrangères à adopter des pratiques plus durables sur le plan environnemental et à investir dans des technologies à faible émission de carbone. L’objectif de l’UE est de s’assurer que les industries européennes ne soient pas désavantagées par rapport à leurs concurrents étrangers qui ne sont pas soumis à des réglementations climatiques aussi strictes. Ces dernières années, le système financier international n’a pas occulté les impacts environnementaux. Le MCFA, qui soulève plusieurs défis et questions complexes, notamment en ce qui concerne la mesure précise de l’empreinte carbone des produits importés, risque aussi de soulever des représailles commerciales de la part des pays touchés. Quels sont ses impacts sur les économies des pays en développement qui exportent avec l’UE et qui ne sont pas encore préparées à la décarbonation de leurs économies. Quid de la mise en œuvre pratique. Au lieu de se focaliser sur une remontée de fonds alloués au mix énergétique à fort taux d’EnR, bénéficiant à l’industrie européenne, sous prétexte de contrer du dumping écologique, il est nécessaire d’asseoir une coordination internationale, du transfert de technologie, une mise à niveau industrielle…

Hydrocarbures : Eni étoffe ses actifs avec l’acquisition de Neptune présent en Algérie et en Egypte

Eni finalise la vente de 30 % de sa participation dans le projet Baleine en Côte d'Ivoire à Vitol. (Crédit : DR)

Eni S.p.A. et sa filiale norvégienne Vår Energi ASA vont acquérir Neptune Energy Group Limited. Laquelle est une société d’exploration et de production indépendante de premier plan, avec des opérations à faibles émissions de carbone, axées sur le gaz en Europe occidentale, en Afrique du Nord, en Indonésie et en Australie.

Le géant italien des hydrocarbures Eni annonce l’acquisition des actifs de Neptune. Cette dernière fondée en 2015 par Sam Laidlaw appartient actuellement à la China Investment Corporation, à des fonds conseillés par Carlyle Group et CVC Capital Partners notamment. Les acquisition d’Eni comprennent l’intégralité du portefeuille de Neptune autres que ses opérations en Allemagne et en Norvège (Neptune Global Business). Les opérations allemandes seront scindées avant la transaction Eni et les opérations norvégiennes (Neptune Norway) seront acquises par Vår directement auprès de Neptune dans le cadre d’un accord d’achat d’actions distinct. La transaction Vår sera conclue juste avant la transaction Eni. Vår est une société cotée à la Bourse d’Oslo et détenue à 63 % par Eni. Selon les termes convenus, Neptune Global Business sera évaluée à environ 2,6 milliards de dollars, tandis que Neptune Norway Business aura une valeur d’environ 2,3 milliards de dollars. Au 31 décembre 2022, la dette nette de Neptune Global Business, pro forma pour la vente de Neptune Norway Business, était d’environ 0,5 milliard de dollars. La contrepartie nette finale pour les deux transactions sera soumise aux ajustements de clôture habituels et sera payée en espèces à la clôture, alors que la transaction Eni sera financée par les liquidités disponibles.

« La transaction représente un ajustement exceptionnel pour Eni. Il complète les principaux domaines géographiques d’Eni et soutient son objectif d’augmenter la part de la production de gaz naturel à 60 % et d’atteindre des émissions nettes nulles (Scope 1+2) de l’activité Upstream d’ici 2030 », selon le communiqué de la compagnie pétrolière et gazière italienne du 23 juin.

La transaction s’aligne sur la stratégie d’Eni de fournir une énergie abordable, sûre et à faible émission de carbone pour la société, pour laquelle le gaz naturel reste une source importante. La transaction est également conforme au cadre opérationnel et financier d’Eni, ainsi qu’aux objectifs définis dans le plan 2023-2026 d’Eni, qui génèrent des bénéfices et une augmentation des flux de trésorerie, une valeur actionnariale supplémentaire et une augmentation de la rémunération, assure le groupe.

La transaction en chiffres

Au 31 décembre 2022, les réserves 2P déclarées s’élevaient à environ 484 millions de bep, dont environ 386 millions de bep sont nets pour le portefeuille d’Eni, et dont 80% de gaz naturel. La transaction équivaut à un coût d’acquisition 2P de 10,1 $/bep. En outre, il existe un important potentiel de hausse des ressources supplémentaires, selon les chiffres d’Eni. Pour l’exercice clos le 31 décembre 2022, Neptune a enregistré des revenus d’environ 1,22 milliard de dollars et un EBITDAX d’environ 0,95 milliard de dollars pour Neptune Global Business. La transaction ajoutera environ 130 kboed aux portefeuilles Eni et Var. À partir de là, Eni estime que la transaction ajoutera plus de 100 kboed de production à faibles émissions entre 2024-2026, dont plus de 70% seront du gaz naturel (contre 53% pour Eni en 2022), la quasi-totalité de cette quantité étant capable d’approvisionner les marchés de l’OCDE par gazoduc ou GNL, a souligné le groupe. La transaction devrait être immédiatement relutive sur les bénéfices et le CFFO par action, ainsi que sur le cash-flow libre positif. Il est également cohérent avec le Plan 2023-2026 présenté en février 2023. Il s’agit notamment d’atteindre 1 Milliards d’euros de contribution nette positive des activités de portefeuille sur la période et 37 Milliards d‘euros de capex organiques sur la période. Il s’agit aussi d’avoir un effet de levier dans une fourchette de 10 % à 20 % et d’atteindre un TCAC de production 2023-26 de 3 à 4 % principalement grâce à des investissements organiques plus l’impact net des activités inorganiques à haute teneur. Cela verra Eni intégrer de nouveaux actifs qui apportent une valeur supplémentaire, tout en en cédant d’autres à mesure qu’elle restructure et simplifie son portefeuille.

 « Cette transaction offre à Eni un portefeuille de haute qualité et à faible intensité de carbone avec une complémentarité stratégique et opérationnelle exceptionnelle. Eni considère le gaz comme une source d’énergie de transition essentielle dans la transition énergétique mondiale et se concentre sur l’augmentation de la part de sa production de gaz naturel à 60 % d’ici 2030 », a déclaré le PDG d’Eni, Claudio Descalzi.

En Afrique, par cette transaction, Eni renforce sa présence en Algérie et en Egypte. Neptune exploite le champ de Touat en Algérie. Toute la production est actuellement suspendue mais redémarrera une fois les mises à niveau des installations de traitement terminées avec une production de plateau à 100 % de plus de 400 Mscfd (70 kboed). La production de Neptune du désert occidental en Égypte en 2022 était de 3 kboed. En 2022, Eni a produit 95kboed en Algérie et 346kboed en Egypte. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’Algérie est devenue un fournisseur clé de gaz pour l’Europe. Eni, en tant que principal CIO du pays, a joué un rôle majeur dans cette initiative et s’attend à ce que la production en 2023 soit en moyenne supérieure à 120 kboed dans le pays nord-africain.

Comment la Zambie va restructurer 6,3 milliards USD dans le cadre commun d’allégement de la dette des pays les plus endettés

La BAD accorde un prêt de 13,2 millions de dollars américains en faveur de la Zambie pour faciliter l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène. (Crédit : DR).

La Zambie a conclu à Paris un accord pour restructurer 6,3 milliards de dollars de dettes dues à des gouvernements étrangers, dont la Chine. Et ce dans le cadre de reéchelonnement de la dette des pays les plus endettés du monde. Lesquels ont dû faire face à de longues négociations avec leurs créanciers. Et ce dans le cadre de reéchelonnement de la dette des pays les plus endettés du monde. Lesquels ont dû faire face à de longues négociations avec leurs créanciers.

La Zambie est parvenue à rééchelonner 6,3 milliards de dettes avec ses créanciers gouvernmentaux. La Chine est le plus grand créancier officiel de la Zambie, avec 4,1 milliards de dollars dus à la seule Export-Import Bank of China, ce qui souligne l’importance du soutien de Pékin à l’accord. La Zambie est devenue en 2020 le premier pays africain à faire défaut sur sa dette souveraine pendant la pandémie de COVID-19 et a lutté depuis lors dans de longues discussions pour conclure un accord, selon les informations relayées par reuters. « La Zambie est parvenue à un accord sur le traitement de la dette avec nos créanciers officiels – une étape importante dans notre cheminement vers la reprise et la croissance économique », a écrit le président zambien Hakainde Hichilema sur Twitter.

L’accord conclu lors du sommet qui s’est achevé ce vendredi à Paris prévoit un rééchelonnement de la dette zambienne sur plus de 20 ans avec une période de grâce de trois ans pendant laquelle seuls les paiements d’intérêts sont dus. La dette destinée à la restructuration comprend 1,3 milliard de dollars d’arriérés, et les créanciers du secteur privé devraient faire de même sur les 6,8 milliards de dollars qui leur sont dus, selon une sources anonyme citée par Reuters.

La Zambie est considérée comme un cas test pour un cadre de restructuration de la dette soutenu par le Groupe des 20 pays riches et destiné à rationaliser l’allégement des pays pris dans une crise de la dette du monde en développement déclenchée en partie par la pandémie. Cependant, le processus a été douloureusement lent pour la Zambie, un fait qui a découragé tous, sauf une poignée d’autres gouvernements en difficulté, de demander de l’aide dans le cadre du mécanisme. Le président français Emmanuel Macron a qualifié l’accord de restructuration de la dette de « réalisation historique ». « Nous restons mobilisés pour que d’autres pays pris au piège de la dette bénéficient d’une réponse multilatérale », a ajouté Macron sur Twitter. L’accord avec les créanciers officiels signifie que la Zambie pourra recevoir une autre tranche de 188 millions de dollars du Fonds monétaire international, dans le cadre d’un paquet de 1,3 milliard de dollars approuvé en septembre.

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« Cet accord ouvre la voie à l’achèvement de la première revue de l’accord de facilité élargie de crédit de trois ans de la Zambie, qui aide à mettre la Zambie sur la voie d’une croissance économique durable et d’une réduction de la pauvreté », a déclaré la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, dans un communiqué. L’ampleur de l’allégement de la dette dont la Zambie a besoin a été une préoccupation pour certains de ses principaux créanciers. Certains responsables occidentaux ont accusé la Chine de traîner les pieds dans les pourparlers de restructuration, ce que Pékin a nié. Alors que la dette destinée à la révision s’élevait à 6,3 milliards de dollars, la dernière analyse de viabilité de la dette du FMI indique que la Zambie devait 8 milliards de dollars à des créanciers bilatéraux fin 2021. On ne savait pas d’où venait l’écart. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré dans un communiqué : « J’exhorte tous les créanciers officiels bilatéraux et du secteur privé à finaliser rapidement le processus de restructuration de la dette qui soulagera les familles zambiennes et encouragera les investissements privés nécessaires pour relancer l’économie ». Le Premier ministre chinois Li Qiang, s’exprimant à Paris, a déclaré que Pékin était « prêt à s’engager dans des efforts d’allégement de la dette de manière efficace, réaliste et globale, conformément au principe d’un partage équitable du fardeau ». Cependant, d’autres se sont montrés plus prudents quant au Cadre commun en tant qu’outil de révision du fardeau de la dette.  » Si nous avons un cadre commun, le problème est que nous avançons aussi vite que le créancier le plus lent, donc nous sommes liés « , a déclaré le président Ranil Wickremesinghe du Sri Lanka, qui subit une restructuration de sa dette mais était trop riche pour se qualifier pour le programme du G20. « C’est pourquoi nous ne sommes pas en faveur d’un cadre commun – nous avons pu obtenir du terrain auprès des créanciers les plus engagés. » Hichilema de Zambie était l’un des quelque 40 dirigeants participant à un sommet en France jeudi et vendredi visant à alléger le fardeau de la dette de certains des pays les plus vulnérables du monde tout en libérant des milliards de dollars de nouveaux fonds pour le financement climatique. Les obligations internationales de la Zambie se sont échangées jusqu’à un demi-cent de plus vendredi, l’émission de 2024 atteignant un sommet de neuf mois au début, selon les informations de Reuters.

Tunisie : prêt de 268 millions USD de la banque mondiale pour une ligne électrique avec l’Italie, dans un contexte financier tendu

Malgré la résilience des entrées de capitaux, l’explosion de la facture d’importation aura mis à mal la balance des paiements. Le déficit du compte courant s’est détérioré de 59 % en 2022, atteignant 12,4 milliards de dinars (soit 8,5 % du PIB par rapport aux 6 % enregistrés en 2021).

Le Groupe de la Banque mondiale a prêté 268,4 millions de dollars à la Tunisie pour financer un projet d’interconnexion électrique avec l’Italie qui reliera les réseaux énergétiques entre la Tunisie et l’Europe, a annoncé ce jeudi l’agence de presse TAP. Avec la dégradation de la croissance et de l’emploi, la Tunisie s’est de plus en plus appuyée sur l’État‑providence pour répondre aux attentes des citoyens en faveur d’une amélioration de leurs moyens de subsistance. Ce qui met en mal les finances du pays au bord du gouffre.

La Banque Mondiale prête 268 millions de dollars à la Tunisie pour une ligne électrique avec l’Italie. L’accord met fin à une pause temporaire dans le travail de la banque avec la Tunisie qui a suivi les commentaires du président tunisien Kais Saied sur les migrants d’Afrique subsaharienne au début de cette année qui ont été accusés d’avoir déclenché le harcèlement et la violence racistes.

Un projet d’environ 850 millions euros.

L’Italie cherche à devenir une plaque tournante énergétique européenne et la création d’un lien vers l’Afrique pour importer de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables s’inscrit dans sa stratégie visant à éliminer sa dépendance gazière vis-à-vis de la Russie. Les performances économiques de la Tunisie ont marqué le pas après 2011, entraînant une décennie de croissance perdue dans un contexte encore aggravé, à partir de 2020, par la pandémie de COVID-19, selon les chiffres de la banque mondiale. Entre 2011 et 2019, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est tombée à 1,7 % en moyenne. Une réglementation excessive de l’activité économique, une orientation moindre sur le commerce extérieur, la faiblesse des investissements et le manque d’innovation ont considérablement pesé sur la croissance de la productivité.

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Avec la dégradation de la croissance et de l’emploi, la Tunisie s’est de plus en plus appuyée sur l’État‑providence pour répondre aux attentes des citoyens en faveur d’une amélioration de leurs moyens de subsistance. La création d’emplois s’est ralentie après la révolution, l’économie ne parvenant pas à produire suffisamment de débouchés, en particulier pour les diplômés de l’université et les forces vives de la population. Si l’État a tenté de pallier ces défaillances en créant des emplois dans le secteur public et en accordant d’importantes subventions aux consommateurs et aux producteurs, il lui reste à s’attaquer aux profondes distorsions qui freinent l’économie. Les marchés sont de plus en plus concentrés, créant ainsi des barrières à l’entrée, tandis que les coûts de l’activité économique restent élevés dans tous les secteurs, notamment en raison de la lourdeur des règles relatives à l’investissement, au commerce et aux licences, des difficultés d’accès au financement et d’une administration publique en expansion. Cet élargissement du rôle de l’État a fait s’envoler la dette publique, qui est passée de 40,7 % du PIB en 2010 à 79,9 % en 2021. La pandémie de COVID‑19 et, plus récemment, l’invasion russe en Ukraine ont exacerbé les fragilités socioéconomiques. En 2022, la hausse des prix des produits de base a entraîné un creusement de 63 % du déficit commercial, qui a atteint 15 % du PIB. Le recul de la production de pétrole et de gaz et l’augmentation de la demande de produits énergétiques et agricoles ont aggravé la vulnérabilité de la balance commerciale face aux aléas des marchés internationaux.

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Malgré la résilience des entrées de capitaux, l’explosion de la facture d’importation aura mis à mal la balance des paiements. Le déficit du compte courant s’est détérioré de 59 % en 2022, atteignant 12,4 milliards de dinars (soit 8,5 % du PIB par rapport aux 6 % enregistrés en 2021). Les pressions sur le dinar se sont accrues, mais les réserves de change en dinars sont restées relativement stables, tandis qu’elles ne couvrent désormais (fin 2022) que 100 jours d’importations (contre 133 un an plus tôt). La hausse des cours internationaux des produits de base a créé des pressions supplémentaires sur les finances publiques, principalement par le biais des dépenses de subventions (+99 % en 2022 par rapport à 2021), qui s’établissent à 8,3 % du PIB (contre 4,6 % en 2021). La hausse des subventions se traduit par une pression croissante de la dette publique, qui a grimpé entre 2017 et 2022, passant de 66,9 à 79,3 % du PIB. Le recours croissant au financement local a entraîné un effet d’éviction du crédit dans l’économie. Compte tenu des difficultés persistantes d’accès aux financements internationaux, la Banque centrale continue de refinancer les émissions de bons du Trésor, ce qui accroît la liquidité.

 » A noter, une augmentation considérable des pressions inflationnistes, provenant surtout des marchés mondiaux et de l’augmentation des prix administrés. En février 2023, le taux d’inflation a progressé pour le dix‑huitième mois consécutif pour atteindre 10,4 % (contre 7 % en février 2022 et 6,16 % en août 2021). Il s’agit du taux le plus élevé depuis décembre 1984. La hausse de l’inflation a poussé la Banque centrale à relever son taux directeur de 175 points de base au total sur l’année 2022, pour le porter finalement à 8 % « , selon la Banque Mondiale.

La reprise économique s’est tassée en 2022. Après la légère embellie de 2021 (4,4 %) qui succédait à la forte contraction de 2020 (-8,8 %), l’économie tunisienne a marqué le pas, avec une croissance du PIB réel de 2,5 % en 2022. Les services, qui ont progressé de 4 % à la faveur du tourisme et des transports, ont apporté la plus forte contribution à la croissance annuelle du PIB (2,4 points de pourcentage). Le redressement des services d’hôtellerie et de restauration et des transports s’est poursuivi, alors que ces secteurs étaient tombés au plus bas pendant la crise de la COVID‑19 en 2020, leur valeur ajoutée respective ne représentant que 75 % et 86 % des performances de 2019. Le secteur manufacturier, dont la progression s’est établie à 5 % en 2022, a contribué à hauteur de 0,7 point de pourcentage à la croissance du PIB. Le secteur textile et les industries mécaniques et électriques ont été les principaux moteurs de la dynamique du secteur manufacturier, enregistrant un taux de croissance de 14 % et 7,9 % respectivement en 2022. La contribution au PIB de l’agriculture, qui avait enregistré une croissance négative en 2021, s’est élevée à 0,2 point de pourcentage, avec un gain de valeur ajoutée de 2 %. En revanche, celle des secteurs minier, énergétique et non manufacturier (électricité, eau et BTP) ressort négativement à -0,9 point de pourcentage, selon les chiffres de la banque mondiale.

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Au dernier trimestre 2022, le taux de chômage atteignait 15,2 % (12,9 % pour les hommes et 20,1 % pour les femmes), signe d’un lent retour du marché du travail à la situation de 2019, année où le chômage s’était élevé à 14,9 % (12,1 % chez les hommes et 21,7 % chez les femmes). Toutefois, cette légère décrue en 2022 s’explique moins par une hausse de l’emploi que par une baisse du taux d’activité (46,5 % en 2022 contre 47,1 % en 2019). Sur cette période, on dénombre un total de 66 800 suppressions d’emplois. Le taux d’activité reste faible chez les femmes par rapport aux hommes, les disparités entre les sexes se réduisant légèrement. Chez les hommes, le taux recule depuis le quatrième trimestre 2019 (passant de 68,3 à 65,7 %), alors qu’il remonte doucement chez les femmes (de 26,8 à 28,2 %). De la même manière, les pertes d’emploi ont été massives chez les hommes (132 800), alors qu’un gain net d’emplois chez les femmes (66 000) est observé. Les pertes d’emplois se concentrent dans le secteur non manufacturier, notamment dans le domaine du BTP (-82 900), le secteur manufacturier créant dans le même temps 29 600 emplois.

Tribune : Méga-raffinerie Dangoté – comment l’infrastructure propulse le Nigéria dans une nouvelle ère énergétique

Mahaman Laouan Gaya et Aliko Dangote. (Crédit : Dr)

Située sur un terrain de 2635 hectares dans la zone franche de Ibeju-Lekki, dans l’Etat de Lagos au Nigéria, la « Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals » (DPRP) fraichement inaugurée est la plus grande raffinerie d’Afrique, la 6ème au monde, mais aussi la plus grande raffinerie de pétrole à « train unique » au monde. L’usine dispose d’un système unique intégré de distillation atmosphérique et sous-vide de pétrole brut. Une fois l’ouvrage pleinement opérationnel, il est prévu que le pays n’importera plus de produits pétroliers et le gouvernement nigérian va lever ses couteuses subventions aux importations de l’essence. Mais en matière de logistique, il serait difficile de mesurer les obstacles et les contraintes que les équipes d’Aliko Dangote ont dû soulever pour faire aboutir ce projet… Pour Africa Income, Mahaman Laouan Gaya, Ingénieur Pétrochimiste, Ancien Ministre de la République du Niger, Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) revient sur les challengers surmontés ainsi que les tenants et aboutissants de ce Méga-projet dans cette tribune.         

Par Mahaman Laouan Gaya, Ingénieur Pétrochimiste, Ancien Ministre de la République du Niger, Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO)                      

La « Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals » (DPRP), a été inaugurée le 22 Mai dernier sur un terrain de 2635 hectares dans la zone franche de Ibeju-Lekki, dans l’Etat de Lagos au Nigéria. Je rappelle que les travaux de construction de cette raffinerie ne sont pas encore terminés ; le Président Muhammadu Buhari devant quitter le pouvoir le 29 mai 2023, a souhaité lui-même inaugurer en grande pompe ce méga projet. Selon le rapport de la « Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulation Authority (NMDPRA) – Autorité Nigériane de Régulation des secteurs Amont et Intermédiaire Pétroliers« , la raffinerie de Dangote doit au préalable passer le test obligatoire d’acceptation technique (TAT) avant de démarrer ses activités. Étant donné que cette procédure prend techniquement, beaucoup de temps, l’exploitation de cette raffinerie ne pourrait pleinement commencer qu’en 2024. Aujourd’hui, on estime à près de 20 milliards dollars US le coût total des investissements et que 50% de ces investissements l’ont été sur fonds propres du Groupe Dangote et les autres 50% sur emprunts bancaires ; 70% des emprunts bancaires sont à ce jour remboursés. L’usine produira quotidiennement, 53 millions de litres d’essence, 34 millions de litres de diesel, 2 millions de litres de Jet A1-aviation, du bitume et des produits de la synthèse pétrochimique (tous conformes aux spécifications Euro V). Elle a, en annexe une usine pétrochimique de production de polypropylène (900.000 tonnes) et une usine de fabrication d’engrais. Cette unité de fabrication d’engrais disposera de deux (2) lignes de production, chacune produisant chaque jour 2200 tonnes d’ammoniac et 4000 tonnes d’urée granulée. Pour son fonctionnement, elle va disposer d’une centrale électrique de 435 MW. Les raffineries de pétrole nécessitant beaucoup d’eau (pour alimenter les systèmes de refroidissement…), il a été prévu 177 réservoirs d’une capacité de 4,742 milliards de litres. Elle sera approvisionnée en pétrole brut par la plus grande infrastructure d’oléoducs sous-marins du monde (1100 km de long). 

« En matière de logistique, beaucoup ne sauront peut-être jamais ce que Aliko Dangote a dû endurer pour faire aboutir ce projet. »

En matière de logistique, beaucoup ne sauront peut-être jamais ce que Aliko Dangote a dû endurer pour faire aboutir ce projet. Sa construction a exigé du matériel qui pesait environ 3000 tonnes, alors que la capacité des ports du Nigéria (y compris Lagos-Apapa) est comprise entre 200 et 250 tonnes. Pour ce faire, il a fallu procéder à l’aménagement d’un nouveau port pour amener directement les cargaisons surdimensionnées à proximité du site, mais aussi faciliter l’approvisionnement en pétrole brut et l’exportation des produits issus de la raffinerie. Pour le transport terrestre du matériel et équipements du port jusqu’au site de la raffinerie, il a fallu des travaux de construction de routes spéciales. Notons que la plus grande grue au Nigéria a une puissance de 650 tonnes, alors qu’il fallait une grue de 5000 tonnes pour les besoins de soulèvement de certains équipements. Pire encore, il n’y avait alors que deux (2) grues de ce type d’une capacité de 5 000 tonnes dans le monde, et qui étaient toutes en service ; alors, au lieu de louer une pour 300.000 dollars US par jour, Aliko Dangote a préféré carrément en acheter. À l’intérieur de l’usine même, il a été construit environ 126 km de routes bitumées. Pour ce qui est des ressources humaines, Alhaji Aliko Dangote a mis en formation neuf cents (900) jeunes ingénieurs en technologie de raffinage de pétrole à l’extérieur du pays, six (6) ingénieurs en mécanique formés à l’Université GE en Italie, cinquante (50) ingénieurs en process formés par Honeywell/UOP et cinquante (50) cadres en management. Lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, elle fournira 135.000 emplois permanents. Sur place, il y a plus de 200 bâtiments construits pouvant accueillir environ 50.000 employés et leurs familles.

Les défis énergétiques du Nigéria et de ses voisins liés à la mise en service de la DPRP

Lorsque la raffinerie sera pleinement opérationnelle, il est prévu que le Nigeria n’importera plus aucun produit pétrolier et aussi qu’elle permettra au gouvernement nigérian de lever une bonne fois pour toutes les très couteuses (et inutiles) subventions aux importations de l’essence. Au fil des années, ces subventions ont fait naître et entretenu, un important lobby des tradeurs-spéculateurs d’essence qui a délibérément œuvré à la faillite des quatre (4) raffineries publiques gérées par la NNPC (1 à Kaduna, 2 à Port Harcourt, et 1 à Wari). Lors de la cérémonie d’inauguration de la DPRP, le Directeur Général de la  » Nigeria National Petroleum Corporation  » (NNPC), Mr Mele Kyari disait d’ailleurs qu’il « est très, très difficile pour l’Etat de continuer à payer chaque année 4800 milliards de nairas (soit 10,33 milliards dollars US de subvention par an !) ». Tous les grands candidats aux dernières élections présidentielles avaient, durant la campagne, promis qu’une fois élu, ils suspendraient les subventions aux importations de l’essence. Comme il fallait s’y attendre, dans son discours d’investiture le lundi 29 mai 2023, le nouveau Président Ahmed Tinubu annonçait la suppression totale de cette subvention, qui il faut le rappeler est un système qui nourrit la corruption et assèche les caisses publiques. Dès le 30 mai 2023, la décision fut officiellement confirmée et elle devrait prendre effet ce 1er juillet 2023. Le carburant devrait alors passer du prix officiel à la pompe de 185 nairas (0,37 Euro) à 550 nairas (1,11 Euro). Mais dès l’annonce de cette mesure, les prix ont tout de suite flambé au point d’atteindre le plafond de 700 nairas (1,41 Euro) le litre à Abuja. Si cette tendance perdure, il est fort à craindre que l’essence en vente dans les pays limitrophes aille frauduleusement se retrouver sur les marchés noirs au Nigeria, et l’occasion est toute trouvée par certains gouvernements pour justifier une augmentation artificielle du prix du litre d’essence dans leur pays. Les voisins producteurs de pétrole (Niger, Tchad, Cameroun), avec les insignifiantes productions de leurs raffineries risqueraient de se trouver en situation de « panne sèche ». Pour combien de temps ? 

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Toutefois, il ne fait aucun doute que la subvention du carburant a un impact très négatif sur les finances de l’Etat fédéral nigérian et qu’il aurait été fiscalement irresponsable de la conserver indéfiniment. Cette levée de subvention crée déjà un immense mécontentement chez les consommateurs, même si par ailleurs, elle permettra d’arrêter définitivement la corruption et la spéculation sur les produits pétroliers et les finances fédérales de gagner annuellement 4800 milliards de nairas (soit environ 9,70 milliards Euros). A sa pleine capacité (650.000 b/j), la DPRP couvrirait largement la demande totale du Nigeria en produits raffinés (450.000 b/j), et comme il est aussi question de réhabilitation des quatre (4) raffineries nationales en souffrance (capacités cumulées de 445.000 b/j), en sus des autres raffineries modulaires privées (de très petites capacités) du pays (la Walter Smith refinery, la OPAC refinery, la Niger Delta Petroleum refinery et la Edo Petroleum refinery), la production totale du pays en produits raffinés doublera la consommation nationale. Le lundi 22 Mai 2023 à la tribune de la cérémonie d’inauguration de la raffinerie, Aliko Dangote a promis de « reproduire ce que le groupe Dangote a déjà réalisé sur le marché du ciment et des engrais, en faisant passer le Nigeria d’importateur à exportateur net ». Pour l’homme le plus riche d’Afrique, c’est une question de détermination et d’obstination, imprégnée d’un courage qui porte aujourd’hui ses fruits.

Agriculture : OCP, le géant marocain du phosphate prévoit d’ouvrir une usine d’ammoniac vert de 7 milliards de dollars

A plus long terme, l'OCP envisage de renforcer sa chaîne d'approvisionnement domestique, notamment en construisant une usine à Tarfaya, dans le sud du Maroc. D'ici 2026, l'usine devrait produire 200 000 tonnes d'ammoniac par an, passant à 1 million de tonnes d'ici 2027 et 3 millions de tonnes d'ici 2032.

L’Office Chérifienne des phosphates (OCP) du Maroc a annoncé des investissements de 7 milliards de dollars dans une usine d’ammoniac utilisant de l’hydrogène vert, produit à partir de carburant renouvelable, selon les informations relayées par Reuters le 20 juin. OCP, l’une des plus grandes sociétés de phosphates et d’engrais au monde cherche à augmenter sa production et à atteindre ses objectifs de faible émission de carbone, dans un contexte de hausse des prix soutenus par le conflit Russo-ukrainienne.

L’OCP du Maroc prévoit de construire une usine d’ammoniac vert de 7 milliards de dollars pour prévenir des difficultés d’approvisionnement. L’entreprise publique OCP est l’un des plus gros importateurs d’ammoniac, dépensant 2 milliards de dollars pour la matière première l’année dernière alors que la guerre en Ukraine faisait grimper les prix mondiaux. L’impact de la guerre sur les approvisionnements a également accru l’importance mondiale d’OCP et son orientation vers les énergies renouvelables. C’est un élément important d’une stratégie industrielle marocaine visant à réduire les importations d’énergie. Pour compenser ses difficultés d’approvisionnement, l’OCP a conclu un accord pour acheter de l’ammoniac d’Amérique du Nord cette année, a-t-il déclaré dans les colonnes de Reuters. A plus long terme, il envisage de renforcer sa chaîne d’approvisionnement domestique, notamment en construisant une usine à Tarfaya, dans le sud du Maroc. D’ici 2026, l’usine devrait produire 200 000 tonnes d’ammoniac par an, passant à 1 million de tonnes d’ici 2027 et 3 millions de tonnes d’ici 2032. Son projet d’utiliser l’hydrogène produit à partir de l’électrolyse solaire et éolienne comme matière première pour fabriquer de l’ammoniac fait partie d’une stratégie de 13 milliards de dollars que la société a annoncée en décembre pour passer aux énergies renouvelables.

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Le Maroc a beaucoup investi dans les énergies renouvelables, en partie parce qu’il a un potentiel énormes en éolienne et énergie solaire, mais aussi parce qu’il manque de pétrole ou de gaz et entretient des relations difficiles avec son voisin algérien producteur d’hydrocarbures. Le gouvernement souhaite porter les énergies renouvelables à 52% de la capacité électrique installée contre 38% d’ici 2030 et fait également pression pour une augmentation du dessalement pour aider les villes et l’agriculture à faire face à l’impact des années de sécheresse.  L’entreprise publique OCP a déclaré qu’elle prévoyait de s’appuyer entièrement sur l’eau dessalée pour ses opérations industrielles d’ici 2027 et a déclaré à Reuters qu’elle lancerait des appels d’offres au début de l’année prochaine pour étendre la capacité de dessalement à Safi et Jorf Lasfar sur l’Atlantique. Son projet Tarfaya porte sur une usine de dessalement alimentée par des énergies renouvelables d’une capacité de 60 millions de mètres cubes par an pour alimenter les installations industrielles.

L’Afrique une priorité pour l’OCP

En 2022, la guerre en Ukraine avec à la clé la hausse des prix a permis à OCP d’enregistrer des revenus de 11,29 milliards de dollars, en hausse de 40 % par rapport à 2021, et un bénéfice net de 4,9 milliards de dollars, en hausse de 38 %. Les bénéfices ont chuté cette année en raison de la baisse des prix, mais OCP s’attend à ce qu’ils se redressent au second semestre. « Nous allons augmenter notre production pour répondre à la demande supplémentaire », a déclaré OCP à Reuters qui possède les plus grandes réserves de phosphate au monde et prévoit d’augmenter la capacité de production d’engrais à 15 millions de tonnes cette année et à 20 millions de tonnes en 2027. La société a promis d’allouer 4 millions de tonnes de production d’engrais au marché africain, où elle a mis en place des unités de mélange et cartographié la composition des sols sur 30 millions d’hectares pour aider à produire des engrais personnalisés. Les investissements d’OCP en Afrique subsaharienne ces dernières années, où l’approvisionnement en engrais est crucial pour le développement économique, reflètent l’expansion d’autres entreprises marocaines sur le continent qui a servi à étayer un engagement diplomatique accru. OCP a déclaré à Reuters qu’il commencerait la production dans son usine d’engrais au Nigeria fin 2026 et lancerait la même année une étape de pré-production dans son usine éthiopienne.

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Chronique : Aéronautique, un juteux filon en Afrique ?

L’industrie aéronautique mondiale pèse des milliards de dollars et contribue de manière significative à l'économie. Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), l'aviation commerciale soutient directement ou indirectement environ 65,5 millions d'emplois dans le monde et contribue à plus de 2,7 milliards $ au PIB mondial, soit environ 3,6 %. (Crédit : Dr).

S’il y a un secteur où les marges peuvent être importantes en Afrique, c’est bien celui de l’aéronautique. A l’image du reste du monde, il joue un rôle significatif dans l’économie. Néanmoins, vu la profondeur de la filière qui va de la fabrication d’aéronefs (avions commerciaux, avions militaires, hélicoptères, etc.), aux bureaux d’études, en passant par la fourniture de services de maintenance et de réparation, ainsi que les activités liées aux services aéroportuaires et à la gestion du trafic aérien. Il est nécessaire de l’accompagner, de le soutenir et d’apprêter son cadre.

L’industrie aéronautique mondiale pèse des milliards de dollars et contribue de manière significative à l’économie. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), l’aviation commerciale soutient directement ou indirectement environ 65,5 millions d’emplois dans le monde et contribue à plus de 2,7 milliards $ au PIB mondial, soit environ 3,6 %. Quant au transport de passagers, via l’aviation commerciale l’IATA l’estimait, en 2019, à environ 4,5 milliards de passagers. Excepté les années Covid, ce nombre a été en constante augmentation. Depuis l’après Covid d’ailleurs, il est reparti de plus belle. Le constat, fait sur des applications mobiles, telles que FlightRadar, révèle que notre continent accuse un sacré retard. Cette configuration reflète l’implantation des grandes compagnies aériennes et constructeurs d’aéronefs qui jouent un rôle majeur dans l’industrie aéronautique. Des sociétés, telles qu’Airbus, Boeing, Lockheed Martin, Embraer, Bombardier et bien d’autres sont des acteurs clés dans la fabrication d’aéronefs et génèrent des revenus importants. Aucun de ces constructeurs n’est africain. En termes de compagnies aériennes, certaines du continent arrivent à tirer leur épingle du jeu, faisant du point à point, étoffant leur flotte, mais restent très en deçà de mastodontes, telles qu’American Airlines Group (États-Unis), Delta Air Lines (États-Unis), United Airlines (États-Unis), Lufthansa Group (Allemagne), Air France-KLM (France), International Airlines Group (IAG) – comprenant British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling, etc. (Royaume-Uni/Espagne/Irlande), China Southern Airlines (Chine), Southwest Airlines (États-Unis), China Eastern Airlines (Chine), Emirates (Émirats arabes unis) – classées selon leur chiffre d’affaires 2021, par l’IATA.

Forte valeur ajoutée et catalyseur d’innovation technologique

Hautement technologique, l’industrie aéronautique est un moteur d’innovation. Les progrès dans la conception aérodynamique, les matériaux composites, les moteurs plus efficaces, les systèmes de contrôle de vol avancés, l’électronique embarquée, l’avionique et bien d’autres domaines ont permis d’améliorer la sécurité, la performance et l’efficacité des avions. Depuis les succès de Solar Impulse, des études sérieuses sont faites pour quitter le moteur thermique et privilégier le solaire et l’hydrogène… Dans un premier temps, les pays africains qui optent pour implanter des aéropoles (Plug & Play), forment leur jeunesse aux métiers afférents, peuvent tirer profit des chaînes d’approvisionnement.  L’industrie aéronautique repose en effet sur une vaste chaîne d’approvisionnement mondiale. Des milliers de fournisseurs et de sous-traitants dans différents pays contribuent à la fabrication des composants et des systèmes nécessaires à la construction d’aéronefs. Cette chaîne d’approvisionnement crée des emplois et stimule l’activité économique dans de nombreuses régions.  Les Etats africains plus ambitieux peuvent réussir la migration allant de la sous-traitance au produit fini (aéronef, semi-conducteur, câblage, moteur vert, batteries…)

Plus que des fonds d’amorçage

L’accompagnement du numérique et de l’innovation dans l’aéronautique est crucial pour l’industrie aérospatiale. Les progrès technologiques rapides dans le domaine numérique offrent de nombreuses opportunités pour améliorer l’efficacité, la sécurité et les performances globales des avions et des opérations aériennes. Les pays africains qui comptent miser sur le secteur gagneraient à y injecter des fonds conséquents. Certes, il faudra des fonds d’amorçage pour mettre le pied à l’étrier de startups innovantes, mais dans ce secteur très capitalistique, des capitaux plus importants, apportés en financements innovants seraient une condition sine qua non.  Jugez vous-mêmes, dans le domaine du numérique, plusieurs domaines d’application se démarquent. Les outils de conception et de modélisation assistés par ordinateur permettent aux ingénieurs de développer et de tester virtuellement des aéronefs et leurs composants. Cela réduit les coûts et les délais de développement, tout en améliorant la précision et la qualité des conceptions. Quant à la fabrication additive ((impression 3D) elle permet de créer des pièces complexes et légères directement à partir de modèles numériques. Cela offre des avantages en termes de poids, de résistance et de flexibilité de conception, ainsi que la possibilité de produire des pièces de rechange rapidement et localement.

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L’utilisation de capteurs et de l’Internet des objets (IoT) permet de collecter des données en temps réel sur les performances et l’état des aéronefs. On parle alors de maintenance prédictive. Ces données peuvent être analysées pour détecter les anomalies, prévoir les pannes et planifier la maintenance de manière proactive, réduisant ainsi les temps d’immobilisation des avions. Aujourd’hui, les technologies numériques ont permis le développement de cockpits plus avancés avec des écrans multifonctions, des commandes électroniques et des systèmes d’assistance au pilotage. Last but not least, l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique jouent un rôle croissant dans l’aéronautique. Ils sont utilisés pour l’optimisation des trajectoires de vol, la gestion du trafic aérien, l’analyse des données de vol, la détection des fraudes et la sécurité des systèmes.

S’impliquer

Pour soutenir toutes ces initiatives, de nombreuses organisations, notamment les constructeurs aéronautiques, les fournisseurs de technologie et les universités, doivent travailler en étroite collaboration pour promouvoir la recherche et le développement (R&D) dans le domaine de l’aéronautique numérique. Les gouvernements et les organismes de réglementation gagneraient à s’impliquer pour garantir la sécurité et la conformité réglementaire de ces nouvelles technologies. En somme, l’accompagnement du numérique et de l’innovation dans l’aéronautique permet, non seulement de repousser les limites de l’efficacité, de la sécurité et de la durabilité dans cette industrie cruciale, mais aussi de permettre à l’Afrique de combler son retard. Ces avancées continueront à façonner l’avenir de l’aéronautique en proposant des aéronefs plus performants, des opérations plus efficaces et une expérience de vol améliorée pour les passagers et l’équipage. Cette image d’aéroports internationaux de grandes villes africaines, avec juste un ou deux avions sur le tarmac, serait ainsi aux oubliettes.

Article publié le 19 juin 2023

Hôtellerie – Afrique : le Forum AHIF 2023 se penche sur l’optimisation des chaines d’approvisionnement

Peter Greenberg, Lara Dupre, Vimbai Masiyiwa et Clemence Lormand en discussion sur la façon ces panélistes dirigent leurs entreprises et les divers procédés dans leur leadership.(Crédit : Dr).

Réunis du 12 au 14 juin à Nairobi, lors du Forum annuel de l’investissement hôtelier en Afrique (AHIF) 2023, les leaders de l’hôtellerie ont placé au cœur de leurs discussions, les défis relatifs aux chaînes d’approvisionnement du secteur. Il s’agit de déterminer comment les mesures commerciales intra-africaines, la technologie et une nouvelle génération de leaders de l’hôtellerie remettent en question les procédés en vigueur dans le secteur promis à un bel avenir.

Cette semaine, des dirigeants du secteur de l’hôtellerie se sont réunis à Nairobi, la capitale du Kenya pour assister au Forum annuel de l’investissement hôtelier en Afrique (AHIF). Au menu, des discussions sur les opportunités de croissance dans la région et le partage d’information sur les développements commerciaux et opérationnels du secteur. Parmi les participants, le PDG de Toggle Market, Fuad Sajdi, et le vice-président pour l’Afrique, Abraham Muthogo Kamau. Ils ont mené des discussions sur l’exploitation de l’approvisionnement local et régional et sur les moyens innovants utilisés par les hôteliers pour réduire les coûts opérationnels. Les panélistes sont partis du constat que pendant plusieurs années, les dirigeants africains de l’hôtellerie ont travaillé d’arrache-pied pour maintenir les normes opérationnelles lorsque les produits critiques ne sont pas disponibles pour des raisons liées aux restrictions commerciales, aux mauvaises infrastructures de transport, aux fluctuations monétaires et aux ruptures de la chaîne d’approvisionnement. Les défis à relever dans la chaine d’approvisionnement des hôtels en Afrique ont été l’un des principaux obstacles à la croissance et à la diversification dans le secteur. En effet, les entreprises hotellières paient des prix gonflés pour des produits consommables et opérationnels importés. Aussi les pays africains peinent à répondre aux besoins du marché régional en raison de la faiblesse des réglementations intra-commerciales, estiment les spécialistes réunis à Nairobi.

Des signes prometteurs en dépit des faiblesses structurelles dans la logistique hôtelière

Les experts du secteur hôtelier réunis au AHIF 2023 reconnaissent néanmoins les prémices d’un statu quo qui évolue rapidement. En effet, l’industrie hôtelière africaine est en pleine transformation. Les catalyseurs ? Des mesures commerciales révolutionnaires, une technologie en évolution rapide et une nouvelle génération de leaders. Ces forces remettent en question l’état d’esprit traditionnel du « business as usual » et remodèlent le paysage de l’hôtellerie africaine. La Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce, devrait renforcer considérablement le commerce intra-africain. En réduisant les barrières commerciales, il permet une circulation plus fluide des biens, des services et des personnes à travers les frontières. L’effet d’entraînement devrait être profond, le secteur de l’hôtellerie étant l’une des nombreuses industries récoltant les bénéfices de cette intégration régionale, ont analysé les spécialistes.

« Il y a un changement de paradigme majeur en cours avec des politiques commerciales progressistes et une technologie de pointe. Cette nouvelle génération de dirigeants est sur le point de redéfinir l’essence de l’hospitalité en Afrique. Nous sommes ravis de participer cette année à AHIF 2023 qui se poursuit année après année, pour aider à façonner l’industrie hôtelière africaine et mettre en lumière les opportunités d’investissement », a déclaré Abraham Muthogo Kamau, vice-président de l’Afrique chez Toggle Market.

Dans ce processus, la technologie est considérée comme le moteur de la transformation. La numérisation imprègne toutes les facettes de l’expérience hôtelière, des systèmes de réservation au service de chambre, avec un nombre croissant d’hôtels utilisant désormais une forme de technologie de chambre intelligente ou employant des services basés sur l’IA tels que les chatbots pour le service client et offrant des applications mobiles pour les réservations et services, ont précisé les panélistes. L’on considère également que l’intégration de la technologie a amélioré l’efficacité et la durabilité du secteur. Les hôtels africains peuvent voir jusqu’à 30% d’augmentation de l’efficacité énergétique et 25% de réduction de la consommation d’eau, grâce à l’adoption de technologies intelligentes.

Baisse de 15% des délais de livraisons dans l’approvisionnement des hôtels en 2022

Une enquête récente a révélé que le délai moyen de livraison des fournitures avait chuté de 15 % en 2022. Cette amélioration est due à des processus transfrontaliers plus rationalisés et à la mise en œuvre de systèmes numériques de gestion de la chaîne d’approvisionnement. De plus, l’utilisation accrue de cette technologie a conduit à des systèmes plus résilients et réactifs. De plus en plus de chaînes hôtelières peuvent désormais suivre leurs livraisons en temps réel, prévoir la demande avec plus de précision et réagir rapidement aux évolutions du marché.

« Alors que le commerce intra-africain continue de prospérer et que le paysage technologique évolue, le secteur hôtelier africain se prépare à un avenir exaltant. Cette nouvelle ère est inaugurée par des dirigeants ambitieux et férus de technologie qui sont prêts à se débarrasser de l’ancien système et à faire émerger le nouveau », a conclu le communiqué du AHIF 2023.

L’Afrique ne reçoit que 5% de la part régionale du tourisme mondial. Ce chiffre est en hausse après la crise de Covid avec 47 millions de touristes retournant sur le continent en 2022 après le pic de 69 millions en 2019. L’OMT prévoit 134 millions de visiteurs d’ici 2035, ce qui en fait la deuxième région touristique à la croissance la plus rapide après l’Asie-Pacifique. Il existe également un tourisme intérieur robuste et en croissance en Afrique, car de plus en plus de familles de la classe moyenne et de jeunes voyageurs optent pour des voyages plus locaux et régionaux.

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